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Full text of "Faune de France 5. Polychétes errantes."

FÉDÉRATION FRANÇAISE DES SOCIÉTÉS DE SCIENCES NATURELLES 

OFFICE CENTRAL DE FAUNISTIQUE 



FAUNE 



DE FRANCE 



5 

POLYCHÈTES ERRANTES 



Pierre FAUVEL 

PROFESSEUR A L'UNIVERSITÉ CATHOLIQUE D'ANGERS 



Avec 2011 dessins en 181 figures 



PARIS 

Paul LECHEVALIEK, 12, rue de tournon (vi 8 ) 
1923 

Collection honorée de subventions de l'Académie des Sciences de Paris 

(fondations P. Bonaparte et Loutreull), de la Caisse des Recherches Scientifiques 

et d'un* souscription du Ministère de l'Instruction Publique 



PRÉFACE 



Bien que les Annélides Polychètes aient été l'objet d'un nombre 
considérable de travaux, il n'existe, encore aucun ouvrage d'ensemble 
traitant systématiquement de la faune de la France. 

L' « Histoire des Annelés », de de Quatrefages (1865) est une vaste 
compilation, à peu près inutilisable, de diagnoses insuffisantes et 
n'a plus qu'un intérêt historique. Les « Annélides de Dinard » et 
des « Côtes de France », du Baron de Saint-Joseph (1887-1906), 
ouvrage indispensable à tous ceux qui étudient les Polychètes, ne 
renferment pas toutes les espèces de notre faune et si certaines y sont 
décrites en détail, d'autres y sont seulement mentionnées briève- 
ment. 

L'étranger n'est guère mieux partagé. A peine peut-on citer, 
comme travaux d'ensemble, « Nordiska Hafs Annulater » (1865) et 
« Annulata Polychaeta Spetsbergiae » etc. (1867), de Malmgren, 
excellent ouvrage, avec des diagnoses latines précises et des figures 
très claires, mais limité à la faune des Mers arctiques et des côtes 
Scandinaves et déjà ancien; « Systematisk-Geographisk Oversigt over 
des Nordiska Annulata » (1882), de Levinsen, réduit à des tableaux 
analytiques en danois, avec de très courtes descriptions et peu ou 
pas de figures; « Wurmfduna von Madeira » (1879-1884), de Lan- 
gerhans, et enfin « British Annelids » (1900-1915), de Me' Intosh, 
ouvrage considérable, luxueusement illustré, mais non encore terminé 
et manquant de clefs analytiques. Cette faune anglaise ne correspond 
qu'à une petite partie de la nôtre. 

Cette absence d'ouvrages classiques et complets de systématique 
entraîne la nécessité d'une bibliothèque considérable pour déterminer 
quelques Annélides. Encore faut-il être très au courant d'une syno- 
nymie fort embrouillée pour pouvoir utiliser avec fruit la plupart des 

I 



2 FAUNE DE > FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

mémoires tels que ceux de Glaparède sur les « Annélides Chéto- 
podes du Golfe de Naples » (1868-1870) et sur les « Annélides de 
Port- Vendres » (1864). C'est pour cette raison que nous avons dû 
étendre davantage le présent travail et sortir un peu du cadre général 
de la Faune de France. Il a fallu développer un peu plus la partie 
bibliographique et donner tous les synonymes avec leurs références. 
Le lecteur pourra ainsi utiliser tous les mémoires portant sur la faune 
de nos côtes et qui renferment souvent de bonnes descriptions, avec 
d'excellentes figures, sous des noms périmés ou tombés en synonymie. 

Nous avons cherché à produire un ouvrage pouvant être utilisé 
par tout- zoologiste ayant quelques notions de systématique et pou- 
vant également rendre service aux spécialistes en leur fournissant 
une synonymie mise au point, autant que possible, des diagnoses 
suffisamment détaillées et- comparables, avec des figures exactes et 
des renvois aux mémoires dans lesquels ils trouveront la bibliogra- 
phie complète qu'il était inutile de rééditer. 

L'index bibliographique du premier volume contient : 1° la liste des 
notes et mémoires spécialement relatifs à la faune de nos côtes, laissant 
de côté les travaux purement anatomiques ou histologiques, sauf lors- 
qu'ils sont cités dans l'introduction ; 2° l'indication de tous les autres 
ouvrages sur les* Annélides cités dans le texte. Ceux qui sont rela- 
tifs aux Sédentaires feront l'objet d'un index supplémentaire dans le 
deuxième volume 

Nous nous sommes conformé autant que "possible aux règles de 
la nomenclature édictées par les divers Congrès de Zoologie, mais 
nous avons dû appliquer parfois la loi de priorité « cum grano 
salis », suivant l'expression d'un éminent collègue. Il est, à notre 
sens, absolument injuste et déplorable de remplacer un nom généra- 
lement admis depuis de longues années,* et. basé sur d'excellentes 
descriptions, par un nom plus ancien, mais en somme fort douteux, 
correspondant le plus souvent aune description inexacte ou tellement 
vague et incomplète qu'elle peut convenir à plusieurs espèces et que 
parfois elle ne permet même pas de préciser le genre ! C'est cepen- 
dant ce que font trop fréquemment certains zoologistes d'outre-Atlan 
tique. La nomenclature n'est pas. un but en soi mais un instrument. 
Il ne faut pas le rendre inutilisable. Ces vieux noms doivent être sim- 
plement cités avec un point de doute. 



PREFACE o 

L'idéal eût été de revoir tous les types. Malheureusement la plu- 
part n'existent plus, les autres, dispersés dans les Musées d'Europe 
et d'Amérique, sont trop souvent en mauvais état de conservation 
et inutilisables. En admettant qu'un homme pût mener à bien pareille 
tâche, les frais et le temps nécessaires seraient hors de proportion 
avec le résultat obtenu. 

Depuis trente ans, nous avons toujours continué nos recherches 
d'Annélides sur les côtes de la Manche et de l'Océan, à mer basse 
et en dragages. On nous a confié la détermination du matériel con- 
sidérable des campagnes du Prince de Monaco, d'importantes collée 
tions du Muséum de Paris, de récoltes faites dans les Mers arctiques, 
l'Atlantique Sud, l'Océan Indien, le Pacifique. Enfin, de nombreux 
correspondants, parmi lesquels nous sommes heureux de remercier 
ici MM. Dollfus, de Beauchamp, Fage, Mercier, Michel, Monod, 
du Réau et Seurat, nous ont communiqué les Polychètes recueillies 
par eux sur nos côtes. Nous avons donc eu l'occasion d'examiner un 
grand nombre d'espèces représentées par des milliers de spécimens 
vivants ou conservés. C'est pourquoi, bien qu'effrayé par l'immensité 
de la tâche, nous avons cru pouvoir céder aux instances de nombreux 
zoologistes et entreprendre un travail aussi long et aussi difficile, 
sans cependant nous faire illusion sur l'imperfection du résultat. 

Nous avons pu avoir entre les mains la plus grande partie des 
espèces décrites, le nombre de celles dont nous n'avons pu nous pro- 
curer ni spécimen ni préparation étant fort restreint. 

Nous avons reproduit nous-méme, et aussi exactement que pos- 
sible en dessin au trait, les figures des auteurs des meilleures descrip- 
tions, après les avoir soigneusement contrôlées, et nous y avons 
ajouté un nombre considérable de figures originales d'après nos pré- 
parations. 

Cette Faune comprend toutes les Polychètes de la partie méridio- 
nale de la Mer du Noid (côtes d'Angleterre, de Hollande et de Bel- 
gique), de la Manche, de l'Atlantique (des côtes d'Irlande à Gibraltar) 
et de toute la Méditerranée., Pratiquement, elle renferme donc toutes 
les Polychètes de l'Europe, à l'exception seulement des mers arcti- 
ques, de l'Ecosse, de la Scandinavie^ de la Baltique et de la. Mer 
Noire. 



INTRODUCTION 



Les Polychètes forment, avec les Oligochètes, une importante subdi- 
vision du groupe des Chétopodes, Vers Annelés pourvus de soies locomo- 
trices. Chez les Oligochètes, ces soies peu nombreuses à chaque seg- 
ment sont implantées directement dans les téguments, le corps étant 
dépourvu de pieds. Il n'existe pas d'appendices. L'hermaphroditisme est la 
règle dans ce groupe, tandis que chez les Polychètes les sexes sont ordi- 
nairement séparés. Chez celles-ci, les soies, très nombreuses, sont portées 
par des parapodes différenciés et il existe souvent des appendices variés. 
Enfin, sauf rares exceptions, les Polychètes vivent dans la mer, alors que 
la plupart des Oligochètes habitent l'eau douce ou la terre humide. 

1» MORPHOLOGIE EXTERNE 

La forme générale du corps est extrêmement variable suivant les familles. 
Théoriquement, on le divise enprostomium, ou lobe céphalique, métas- 
tomium, comprenant tous les segments suivants, et pygidium formant 
l'extrémité postérieure. Pratiquement, au moins chez les Errantes, on 
désigne, sous le nom impropre, mais commode, de tête le prostomium, le 
segment buccal et un certain nombre de segments plus ou moins profon- 
dément modifiés portant des appendices divers : antennes, palpes, cirres 
tenlaculaires (fig. 2, at, pp, et). Le reste du corps peut se composer d'un 
nombre parfois très élevé de segments tous semblables entre eux, comme 
chez certains Syllidiens, Alciopiens, Glycériens, Néréidiens, Euniciens 
(fig. 1, c, d, e) ou, au contraire, présenter des régions différenciées en 
thorax, abdomen, queue, comme chez les Arénicoles, les Hermelles, les 
Térébelles et la plupart des Sédentaires (fig. 1, f à 1). Le corps peut donc 
ère très allongé, vermiforme (fig. 1, c,d) ressemblant à un ver de terre, ou, 
au contraire,, court, ramassé, à régions profondément différenciées por- 
tant des appendices nombreux et variés, tels que cirres, branchies, élytres, 
(fig. i,a,b,f,h,m,k, 1). 



POLYCHETES ERRANTES. — INTRODUCTION 




Fio. 1. — a, Lepidonotus clava. — b, Notopygos megalops. — c, Callizona Angelini. — 
d, Glycère. — e, Perinereis cultrifera. — f, A renicola marina. — g, Travitia œslroïdes, 
— h, Lagis Koreni. — i, Térébelle. — k, Sabelle. — 1, Mercierella enigmalica et son 
tube m, grossis. Toutes les autres figures sont environ de grandeur naturelle. 



Le prostomium, ou lobe céphalique, peut présenter de grandes varia- 
tions, simple cône obtus chez les Lumbriconereis (fig.2, h), annelé chez les 
Glycères (fig. 2, d), carré, ou en écusson, chez les Nephthys (fig.. 2, e), 
plus ou moins compliqué chez les Néréidiens et les Aphroditiens (fig. 2, b, 
f,) ; il se réduit à une bandelette transversale chez les Sabellcs et les Ser- 
pules. Le prostomium porte souvent des yeux au nombre d'une ou deux 
paires, parfois davantage, simples taches pigmentaires, ou organes bien 
différenciées pourvus d'un cristallin (fig. 2, a, b, c, f). 

Appendices. — Les appendices, ou productions saillantes du corps des 
Annélides, peuvent se classer en deux groupes : Les uns sont purement 
épidermiques et pleins, ce sont les styles et les stylodes, les autres sont 
creux et constitués par l'ensemble des couches formant la paroi musculo- 
cutanée du corps. 

Dans la catégorie des styles, rentrent l'extrémité des antennes, des 
cirres, des palpes. Quand l'organe est supporté par un article basilaire 
creux, on donne à ce dernier la dénomination -phore. L'antenne se di- 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



vise, par exemple, en cêratostyle et cèratophore, le cirre, en cirrostyle et 
cirrophore, le palpe en palpostyle et palpophore (fig. 2, b, ps et pp). 
Parmi les appendices céphaliques, on distingue : 1° les palpes, inner- 
vés par un gros nerf provenant du cerveau antérieur. Ils peuvent être 
simples, allongés, préhensiles (Spionidiens) ou courts et articulés (Néréi- 
diens, Syllidiens (fig. 2,b, c, k, f, p); 2° les antennes, innervées . par le 
cerveau moyen (fig. 2, at) ; 3° les cirres tentaculaires, qui n'appartien- 
nent pas au prostomium mais qui représentent les cirres des segments 
fusionnés pour former la tête. 




Fig. 2. — a, Tête et trompe de Phyllodoce mucosa. — b, id. de Perinereis cultrifera. — 
c, région antérieure de Syllis cornula. — d, id. de Glycera convoluta. — e, id. de 
Xephthys cirrosa. — f, id. de Lepidonotus clava. — g, id. d'Ampharete Grubei. — 
h, id. de Lumbriconereis. — i, id. de Clymene lumbricoïdes. — k, id. de Nerine vul- 
garis. — 1, trompede Lagisca, de face, avec papilles et mâchoires. — (at, antennes; br, 
branchies ; et, cirres tentaculaires ; el, élytrophore ; p, palpes ; pp, palpophore ; pr,' 
prostomium; ps, palpostyle; on, organes nucaux). 



Parapodes. — Les parapodes, ou pieds, sont des expansions latérales 
de la paroi du corps présentant une structure souvent fort complexe. Ces 
organes sont extrêmement importants au point de vue de la classification. 
Avec les soies qu'ils supportent, ils fournissent les principaux caractères 
distinctifs. 



POLYCHETES ERRANTES. — INTRODUCTION 7 

Chaque segment porte une paire de parapodes composés typiquement de 
deux rames : 1° une rame dorsale ou haemale; 2° une rame ventrale, ou 
neurale. Lorsque les deux rames se détachent d'une base commune, comme 
c'est le cas le plus fréquent chez les Errantes, le parapode est dit monos- 
tique (fig. 3, d, e, f) ; quand les deux rames sont distinctes et plus ou 
(moins écartées, comme chez les Sédentaires, le parapode est distique 




Fig. 3. — Parapodes: a, subbirème, de Podarke palllda. — b, d'Eunice. — c, d,birèmes, 
élytrigère et cirrigère d'Aphroditien. — e, birème, de Sereis. — f, birème, de Neph- 
thys. — g, sesquirème, de Slaurocephalus. — h, unirème, de Phyllodoce. — i, dis- 
tique, d'Amphicteis, rame dorsale et pinnule ventrale. — k, d'Aricien. — 1, distique, 
d'Arénicole. — (ac, acicule; br, branchie; cd, cirre dorsal; ai, cirre ventral; el 
élytre; pi, pinnule; to, tore uncinigère). 



Dans un parapode de Nereis, par exemple (fig. 3, e), on distingue : 
i° deux mamelons sétigères supportant les soies et soutenus intérieure- 
ment par de gros aiguillons bruns que l'on désigne sous le nom di'acicules 
(ac) ; 2° des lobes parapodiaux, languettes et lèvres, expansions mem- 
braneuses arrondies plus ou moins développées; 3° un cirre dorsal et un 
cirre ventral [cd, cv). Les parapodes peuvent porter en plus, chez les 
Euniciens, par exemple, des branchies simples ou ramifiées situées à la 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



face dorsale, ou parfois entre les deux rames, chez les Nephthys (fig. 3,. 

b, f). 

Les parapodes sont dits birèmes, ou biramés, lorsque les deux rames- 
sont également développées [Nereis, Nephthys, flg. 3,d, e, f); subbirèmes, 
avec un cirre dorsal développé mais soies et mamelon dorsal notablement 
réduits (Podarke, fig. 3, a) ; sesquirèmes lorsque le mamelon dorsal a dis- 
paru et n'est plus représenté que par quelques soies ou acicules [Eu- 
nice, Staurocephalus, fig. 3, b. g) ; unirèmes, ou uniramés, quand la rame 
dorsale n'est plus représentée que par son cirre {Syllidiens, Phyllodociens) 
ou manque complètement [Lumbriconereis, certaines Sédentaires, fig. 3, h). 

Chez les Sédentaires, la rame ventrale est souvent réduite à un bour- 
relet transversal saillant, ou tore uncinigere, dépourvu de cirre et armé 
de courtes soies (fig. 3, 1). 

Soies. — Les soies des Annélides sont des productions chitineuses, des 
sortes de poils présentant les formes les plus variées et fournissant des- 
caractères très précieux pour la détermination. On peut les diviser en soies 




Fig. 4. — Soies simples, grossies de 100 à 200 fois : a, acicule. — b, barbelée d'Her- 
mione. — c, capillaire épineuse. — d, en brosse, de Panthalis; e, de Lagisca. — f, 
capillaire lisse. — g, à plaquette, de Nephthys. — h, lyriforme, de Nephthys — i,, 
limbée; — k, bilimbée, d'Amphitnle. — 1, d'Apomatus. — m, de Salmacine. — n, de 
Serpule. — o, géniculée de Serpulien. — p, en palette, d ePoiamilla. — q, styliforme, 
de Chétoptère. — r, pectinée, d'Eunicien. — s, t, palées de Sabellaria. 



POLYCHETES ERRANTES. — INTRODUCTION 9 

proprement dites et uncini, que l'on désigne encore sous le nom de cro- 
chets ventraux, plaques onciales, crochets aviculaires. . 

Les soies proprement dites peuvent être simples ou composées. Les 
soies simples, longues et minces, sont dites capillaires (fig. 4, c, f). Elles 
peuvent être simplement filiformes et lisses, comme chez l'Aphrodite, ou 
ornées de fines épines, comme chez les Clyméniens; plus ou moins 
arquées, aplaties, bordées d'un limbe sur un ou deux côtés (fig, 4, i, k, 1), 
Ce limbe peut se décomposer en épines ou en filaments donnant des soies 
plumeuses ou en balai (fig. 4, d). Plus souvent, elles sont garnies d'écaillés 
tranversales ou de rangées d'épines, de bandes dentelées, d'ailerons, ou 
de grosses dents saillantes (Aphroditiens, Nephthys, Serpuliens, fig. 4, e y 
g, m, n, o), pectinées, géniculées ou en cornet (fig. 4, o, r). 

Lorsqu'elles sont courtes, robustes, en aiguillon, ou aplaties en palette, 
elles portent le nom de palées (fig. 4, p, q, s, t). Elles peuvent alors être 
disposées en peigne ou en couronne dans la région antérieure, chez les 
Ampharétiens, Amphicténiens, Sabellariens (fig. 1, h, fig. 2, g). Très 
exceptionnellement, elles sont bifurquées, telles les soies lyriformes de 
certaines Nephthys (fig. 4, h). 

Les soies articulées des Flabelligériens (fig. 5, b) forment le passage aux 
soies composées qui sont formées d'une partie basilaire, ou hampe, et d'un 
article terminal plus ou moins long s'articulant avec elle. Lorsque les deux 
branches latérales de l'articulation de la hampe sont de même longueur, 
la soie est dite homogomphe. Dans le cas contraire, l'articulation est hèté- 
rogomphe (fig. 5, g). Si la différence entre les deux côtés de l'articulation 
est peu marquée la soie est hémigomphe. 

Les uncini, que l'on trouve généralement dans la rame ventrale des 
Sédentaires, sont des soies plus courtes, souvent de forme ramassée en 
plaque dentelée ou en étrille (fig. 5, o à y). On peut souvent y distinguer 
un rostre avec son vertex, une garde et un manubrium, ou manche. Les 
uncini des Arénicoles (fig. 5, 1) sont sigmoïdes, avec une grosse dent ros- 
trale et un long manubrium. Ils ressemblent à des soies d'Oligochètes. 
Ceux des Clyméniens (fig. 5, m) sont dentelés au vertex et munis de bar- 
bules sous-rostrales. Les plaques onciales des Sabelles (fig. 5,u) à large- 
manubrium, à rostre en bec d'oiseau surmonté de nombreux denticules au 
vertex, sont dites aviculaires. Les uncini des Ampharétiens et des Téré- 
belliens (fig. 5, o, p, q, r, s) sont plus courts, en plaque découpée avec des 
denticules au vertex souvent disposés en plusieurs rangées transversales. 
Ces plaques onciales peuvent être soutenues à l'intérieur du tore par des- 
filaments chitineux, ou soies-tendons (fig. 5, p, r, t). Suivant que les ran- 
gées d'uncini ont les dents dirigées vers la tête ou vers la queue de l'ani- 
mal, on les nomme rétrogressives ou progressives parce qu'elles servent à> 
l'animal à progresser dans son tube en avant ou en arrière en s'ancrant 
dans la membrane qui le tapisse intérieurement. Les uncini peuvent être 
disposés sur une ou deux rangées opposées ou alternées, dans chaque- 



10 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 5. — Soies : a, aciculaire, d'Eunicien. — b, articulée, de Stylarioïdes. — c, com- 
posée, de Siphonostoma. — d, de Leanira. — e, de Syllis. — f, de Phyllodoce. — 
g, hétérogomphe, de Nereis.. — h, natatoire, d'Heteronereis. — i, en serpe, de Ly- 
sidice. — Crochets et uncini grossis de 300 à 400 fois : k, de Polydora. — 1, d'Aréni- 
cola. — m, de Maldanien. — n, de Trichobranchus. — o, de Serpula, — p, d'Amphic- 
teis, — q, d' Ampharete. — r, de Polymnia, face et profil. — s, d'Amphitrite, face et 
profil. — t, de Chétoptère. — u, aviculaire deSabelle. — v, de Protula. — x, de Mer- 
cierella. — y, de Chone. 



tore. On dit alors qu'elles sont simples, doubles, opposées ou engre- 
nantes. 

2° ANAT0MIE 



Téguments. — Les téguments des Polychètes sont constitués par un 
épiderme, improprement appelé jadis hypoderme, recouvert d'une cuti- 
cule plus ou moins épaisse, transparente, souvent finement striée et 
percée de pores. La structure de cet épiderme est le plus souvent alvéo- 
laire, c'est-à-dire qu'il est formé de cellules de soutien alternant avec des 
cellules à. mucus. L'extrémité inférieure des cellules de soutien peut- 
former un feutrage plus ou moins serré constituant alors une basale. Chez 
les larves, et en certains points du corps des adultes, l'épiderme peut 



POLYCHÈTES ERRANTES. — INTRODUCTION 11" 

être cilié. Dans d'autres régions il peut au contraire acquérir une grande 
épaisseur, comme dans les boucliers ventraux des Térébelliens et des 
Sabelliens qui forment, à la face inférieure des segments, des plaques 
saillantes rectangulaires ou polygonales, entières, chez les Térébelliens, 
ou divisées en deux par un sillon copragogue chez les Sabelliens et les 
Serpuliens. Ces boucliers, très riches en cellules à mucus, servent à la 
sécrétion du tube. 

Tube. — Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le tube n'est pas 
spécial aux Sédentaires, ou Tubicoles, comme on les désigne parfois. On 
peut rencontrer ce mode de protection chez des Errantes typiques telles 
que certaines Eunices ou Néréis. En ce cas, le tube peut être réduit à un 
simple manchon de mucus plus ou moins durci, ou constitué par une enve- 
loppe membraneuse recouverte de débris de coquilles ou de petits gra- 
viers. Par contre, le tube de certaines Sédentaires, Arénicoles, Térébelles, 
Ariciens, n'est qu'une simple galerie, souvent transitoire, creusée dans le 
sable ou la vase et lubréfiée par du mucus. 

Chez la Sabelle, le tube, formé de couches successives de mucus durci 
et mélangé de fines particules vaseuses, acquiert l'aspect et presque la 
consistance d'un tube de caoutchouc gris (fig. 1, k). Chez le Bran- 
chiomma, ce tube se recouvre de gravier et de débris de coquilles, tandis 
que celui de Lanice conchilega (fig. 6, h) se termine en éventail aplati 
dont les franges sont formées de grains de sable collés bout à bout. Cette 
disposition conduit aux tubes constitués par des matériaux étrangers, tel 
celui des Pectinaires, formé de grains de sable disposés sur une seule 
couche en maçonnerie en mosaïque soigneusement jointoyée par un 
ciment blanc. L'intérieur est doublé d'une fine membrane. Ce tube n'est 
pas fixé et la Pectinaire le traîne avec elle, comme un Dentale sa coquille 
(fig. 6, f). Les tubes chitineux de VHyalinœcia tubicola, également 
libres, ressemblent à un cosseau de plume transparent muni d'un système 
de valves en mitre protégeant l'habitant contre les intrus. 

Le tube des Serpuliens, sauf chez les Ditrupa, est fixé au substratum. 
Il est calcaire, épais, blanc ou rose et porte des ornements divers : 
carènes, stries, dents, collerettes (fig. 1, m). Il peut être transparent 
comme du cristal (Placostegus) ou laiteux comme de la calcédoine, 
droit, sinueux ou enroulé en spirale dextre ou sénestre (Spirorbes, 
fig. 6, g). t 

Musculature. — Les muscles des Polychètes sont lisses (•). La musculature 
générale comprend trois groupes principaux de fibres : 1° une couche 
circulaire sous l'épiderme; 2° des faisceaux de muscles longitudinaux plus 
ou moins développés; 3° des muscles obliques. Les différents organes, 
parapodes, pinnules, branchies, tentacules ont chacun, de plus, leurs mus- 
cles propres. La musculature longitudinale est de beaucoup la plus 

1. Sauf chez Magelona qui a desmuscles striés (Rohieu, C. R. Acad. Se. Paris, 1933, clxxvi, p. 864). 



12 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 6. — a, branchie] de Térébelle. — b, de Spionidien avec branchie dressée. — c, 
pied de Glycera gigantea avec branchie cœlomique rétractile. — d, mâchoire de 
Glycère. — e, mâchoires d'Eunicien. — î, tube de Pectinaire. — g, tube de Spirorbe. 

— h, tube de Lanicr conchilega. — Néphridies : i, d'Amphicteis. — k, d'Ampharele. 

— 1, d'Eunicien. — m, de Nereis. — n, d'Eulalia (d'après F âge). — o, d'Arenicola ecau- 
data avec gonade cf. — p, de Nephthys et solénocytes q (d'après Goodrich.). 

importante. Elle forme, soit une couche continue, soit un large faisceau 
dorsal et deux ventraux, soit quatre gros faisceaux, ou davantage. 

Cavité générale. — La cavité générale est ordinairement spacieuse chez 
les Polychètes. Outre sa division en trois chambres longitudinales inégales 
par les planchers musculaires obliques, elle peut être recoupée transver- 
salement par des diaphragmes plus ou moins nombreux. Chez les 
Errantes à corps composé d'un grand nombre de segments semblables 
[Nei-eis, Nepkthys, Eunicé), chaque segment est séparé du suivant par 
un diaphragme étranglant le tube digestif et lui donnant l'aspect monili- 
forme (fig. 7, c, e). Chez les Sédentaires à corps court, à régions diffé- 
renciées, les diaphragmes sont moins nombreux, la région thoracique en 
est généralement dépourvue, sauf dans sa partie antérieure (fig. 7, d, Aré- 
nicole). 

La cavité générale est tapissée par un mince endothélium. Elle ren- 
ferme des amibocytes, des cellules lymphoïdes, des leucocytes, des éléo- 
cytes, des phagocytes et les éléments sexuels. 



POLTCHETES ERRANTES. — INTRODUCTION 



13 



Appareil digestif. — Le tube digestif s'étend le plus souvent en ligne 
droite de la bouche à l'anus. Cependant, chez les Ampharétiens et les 
Térébelliens, il peut exister une tendance à la formation d'une anse intes- 
tinale, mais ce n'est guère que chez les Flabelligériens, les Sternaspis et 
les Pectinaires que l'intestin décrit plusieurs boucles, sa longueur étant 
alors très supérieure à celle du corps (fig. 7, a). 




Fia. 7. — Appareil digestif : a, de Pectinaire. — b, d'Aphrodite. — c, de Nereis. — d, 
iXArenicola. — e, de Syllls. — f, d'Eulalia. — g, d'Amphicleis Gunneri. 



Les différentes régions du tube digestif ne se distinguent parfois que 
par leur structure histologique. Fréquemment, cependant, on peut y 
reconnaître des parties macroscopiquement distinctes désignées sous les 
noms, d'ailleurs arbitraires, de pharynx, proventricule, ventricule, gésier, 
estomac, intestin. Chez la plupart des Errantes et un certain nombre de 
Sédentaires, le tube digestif débute par une trompe exsertile, parfois 
très volumineuse, qui peut être garnie de nombreuses papilles molles 
(Phyllodociens, Nephthys, fig. 2, a, d, e, 1) ou de denticules cornés (para- 
gnathes des Nereis, fig. 2, b). La trompe peut, en outre, être armée d'une 
grosse dent ou d'une ou plusieurs paires de mâchoires cornées, parfois . 
très compliquées (fig. 2, b, c, d; fig. 6, d, e). L'appareil,digestif peut com- 



14 FAUNE DE FRANCE» POLYCHETES ERRANTES 

porter encore des glandes salivaires, des cœcums, des diverticules [Aphro- 
dite, Nereis, Syllis, fig. 7, b, c, d, e). 

Chez les Syllis, par exemple (fig. 7, e), au bulbe buccal pourvu de 
glandes fait suite un pharynx armé d'une grosse dent impaire. Le pro- 
ventricule, tout à fait caractéristique, est en forme de barillet très épais 
ponctué ou quadrillé. Il est suivi d'un ventricule musculeux auquel sont 
annexés deux cœcums appelés glandes en T à cause de leur forme. L'in- 
testin, moniliforme, se divise en intestin glandulaire et intestin urinaire, 
ou rectal. 

Chez les Phyllodociens (fig. 7, f), armés d'une longue trompe, on dis- 
tingue: l°une gaine pharyngienne molle, couverte de nombreuses papilles 
qui forme le revêtement externe de la trompe lorsque l'organe est extro- 
versé ; 2° la trompe pharyngienne à parois musculaires très épaisses revê 
tues d'un épithélium interne renflé en bourrelets longitudinaux; 3° une 
partie postérieure moins développée, souvent recourbée et garnie de 
papilles internes; 4° un intestin divisé en deux parties. 

La trompe des Nereis (fig. 7, c) très robuste, courte, cylindrique, porte- 

• de nombreux paragnathes cornés et deux fortes mâchoires incurvées et 
dentelées. L'œsophage est suivi d'un gésier, à parois épaisses en pavage- 
polygonal, dans lequel débouchent deux caecums glandulaires. L'intestin 
est moniliforme. 

Chez l'Arénicole (fig. 7, d), la trompe est cupuliforme, molle, garnie de- 
papilles mais sans mâchoires. L'œsophage long et mince débouche dans- 
l'estomac d'abord brusquement dilaté et muni de deux cœcums piriformes,. 
puis graduellement atténué et passant insensiblement à l'intestin. L'appa- 
reil digestif de l'Aphrodite (fig. 7, b) est très particulier. La gaine pha- 
ryngienne se termine par des papilles molles couronnant l'ouverture de 
la trompe dévaginée. Le pharynx est inerme, très épais, rigide, nacré. Un. 
petit repli dans le plan vertical le relie à l'intestin qui s'étend en ligne 
droite jusqu'à l'anus. Sur cet intestin, sont insérées de nombreuses paires 
de cœcums à long pédicule grêle portant une crête ramifiée et un gros 
renflement terminal piriforme qui va se loger dans la base du pied. 

L'estomac de YAmphicteis (fig. 7, g) renferme une singulière invagina- 
tion destinée, sans doute, à augmenter sa surface absorbante. Eisig a 
signalé chez les Capitelliens un curieux « intestin annexe », sorte de 
siphon parallèle à l'intestin dans lequel il débouche à ses deux extrémités. 

Le régime alimentaire des Annélides (') est fort variable, les unes sont 
carnassières, se nourrissant de proies vivantes qu'elles chassent active- 
ment, d'autres se nourrissent d'Algues. Beaucoup de Sédentaires, telles 
les Arénicoles, ingèrent du sable vaseux chargé de débris organiques, à 

1. De Blainville, qui a créé le terme Annélide, l'employait au féminin. Cdvieu, de Savigny, 

• Milne-Edwards, de Qcatrefages, Ciaparède l'ont également employé au féminin, contrairement 
aux lexicographes. Nous suivrons la tradition de nos meilleurs auteurs français, sans nous- 
préoccuper de la nouvelle mode. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — INTRODUCTION 15 

la façon des vers de terre. Les Sabelliens, Serpuliens et Térébelliens se 
nourrissent de petits organismes, Protozoaires, Algues, Diatomées, en 
suspension dans l'eau de mer. -Ils les capturent au moyen de leurs bran- 
chies ou de leurs tentacules couverts de mucus et garnis de cils vibratiles 
dont le mouvement achemine le bol alimentaire vers leur bouche. 

Appareil circulatoire. — L'appareil circulatoire présente, chez les Poly- 
chètes, des dispositions si variées qu'il est difficile d'en donner un schéma 
général. Notons cependant que cet appareil est d'ordinaire clos, le sang 
circulant dans un réseau plus ou moins compliqué de vaisseaux parmi 
lesquels on peut, le plus souvent, distinguer un vaisseau dorsal, un vais- 
seau ventral et des vaisseaux transverses allant aux parapodes. Un organe 
spécial d'impulsion, ou cœur, n'existe que dans quelques familles de 
Sédentaires (Arénicoliens, Térébelliens, Ampharétiens, etc.). Ce cœur 
peut renfermer à l'intérieur un corps cardiaque sur lequel on a beaucoup 
discuté et qui, d'après les dernières recherches de M. Romieu, est un rein 
d'accumulation et un chloragogène vasculaire. 

L'appareil circulatoire ne présente pas toujours un si haut degré de 
perfection; il est parfois incomplet, rudimentaire ou même nul, comme 
chez les Aphroditiens, les Glycéricns, les Capitelliens et les Polycirrus. 

Le sang est mr liquide parfois incolore (Syllidiens, Phyllodociens), le 
plus souvent rouge vif (Nereis, Arenicola), plus rarement vert émeraude 
(Ampharétiens, Sabelliens, Serpuliens). Sa coloration est due à l'hémo- 
globine ou à la chlorocruorine en solution dans le plasma, les amibocytes 
en suspension étant incolores. 11 existe cependant quelques exceptions. La 
Terebella lapidaria, à sang rouge, possède, en outre, dans le liquide 
cœlomique,Nle nombreuses hématies rouges. Il en est de même chez le 
Polycirrus heematodes et les Glycères qui sont dépourvus d'appareil cir- 
culatoire différencié. 

Respiration. — La respiration, chez beaucoup de petites Annélides, et 
chez d'autres à téguments très .vascularisés [Nereis, Lumbriconereis), se 
fait uniquement par la peau. Mais le plus souvent cette fonction est rem- 
plie par des organes spéciaux de formes et de dispositions très variées et 
nullement homologues. 

Lorsque ces expansions des téguments no renferment qu'une cavité où 
pénètre seulement le liquide cœlomique, on leur donne le nom de bran- 
chies lymphatiques ou branchies cœliaques. On les rencontre chez les 
espèces dépourvues d'appareil circulatoire différencié, par exemple, chez 
les Capitelliens et les Glycères (fig. 6, c). 

On réserve le nom de branchies proprement dites aux expansions tégu-. 
mentaires renfermant une anse vasculaire. Celles qui contiennent seule- 
ment un caecum vasculaire se classeraient plutôt parmi les cirres. 

Morphologiquement, les branchies peuvent être de simples filaments 
droits ou recourbés (Audouinia, Armandia, fig. 8,1; Nephthys, fig. 3, f). 
Elles peuvent être pectinées (Eunice, fig. 3, b) ou constituées par un axe 



16 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

garni de filaments disposés en spirale (Diopatra). Chez l'Arénicole, elles 
sont ramifiées en buisson (fig. 3, I). Les branchies des Errantes sont, le 
plus souvent, insérées sur les parapodes - et réparties sur presque toute 
la longueur du corps, tandis que chez les Sédentaires, elles sont fréquem- 
ment localisées à la région antérieure et leur forme se complique à me- 
sure que leur nombre diminue. Elles sont subulées et au nombre de trois 
ou quatre paires chez les Ampharétiens (fig. 2, g). Celles des Térébelliens, 
ramifiées en dichotomie plus ou moins régulière (fig. 6, a) sont, en général, 
au nombre de deux à trois paires seulement. Il ne reste que deux paires 
de branchies lamelleuses, très différenciées, chez les Pectinaires (fig. 1, 
h). Enfin, chez les Sabelliens et les Serpuliens, elles forment un élégant 
panache terminal et se composent d'un grand nombre de filaments insérés 
sur deux forts pédoncules. Ces filaments, soutenus par un axe, sont 
pourvus de nombreuses barbules ciliées (fig. 1, k, b; fig. 8, i). Chez les 
Serpuliens, un des pédoncules branchiaux porte un opercule corné ou cal- 
caire qui ferme l'entrée du tube quand l'animal se retire à l'intérieur. 

Excrétion. — L'excrétion se fait principalement par les néphridies, ou 
organes segmentaires, dont la forme la plus simple se ramène à un tube 
cilié s'ouvrant dans la cavité générale par un pavillon vibratile [néphro- 
stome) et débouchant à l'extérieur par un petit pore [néphridioporé) situé 
latéralement. Typiquement, il existe une paire de néphridies par segment. 
Le pavillon interne s'ouvre dans un segment tandis que le néphridiopare 
se trouve dans le segment suivant, au voisinage du parapode. 

Chez les Sédentaires à régions différenciées, le nombre des néphridies 
diminue, on n'en rencontre plus que dans quelques segments thoraciques . 
Elles se spécialisent et présentent des formes différentes suivant leur rang. 
Dans le cas le plus fréquent, la . néphridie sert, à la fois, à l'excrétion 
et à l'expulsion des produits sexuels. Plus rarement (Térébelliens, Am- 
pharétiens, fig. 6, i, k), il se fait une division du travail ; les néphridies 
antérieures sont uniquement excrétrices, les postérieures servent princi- 
palement d'oviductes ou de spermiductes. 

Goodrich et ensuite Fage ont montré que l'organe segmentaire des 
Polychètes est en réalité un organe complexe formé de la réunion d'un 
rein et d'un pavillon génital. En effet, dans plusieurs groupes d'Errantes, 
on observe encore chez l'adulte la disjonction de ces fonctions. Chez les 
Nereis (fig. 6, m), on observe un large organe cilié, sans communication 
avec l'extérieur, et une néphridie, masse ovoïde parcourue par un tube 
très étroit et fortement contourné terminé par un petit néphrostome. Ces 
néphridies ne servent pas à la ponte qui se fait par rupture des téguments. 
Chez les Nephthys, on observe aussi un organe cilié en forme de coquille 
de Pecten, La néphridie proprement dite n'a pas d'ouverture interne. Elle 
se termine par des bouquets de cellules spéciales, les solénocytes, à col 
tubulaire, à long flagellum rappelant les flammes vibra tiles des cellules 
excrétrices des Turbellariés (fig. 6, p, q). 



POLYCHETES ERRANTES. 



INTRODUCTION 



17 



Chez les Phyllodociens (fig. 6, n), la néphridie se termine aussi par un 
bouquet de solénocytes. Elle est d'abord close, puis, au moment de la 
maturité, apparaît un vaste pavillon vibratile qui vient se greffer sur elle 
la fait communiquer avec le cœlome et sert à la ponte. Chez les Capitel- 
liens on trouve des néphridies et des pavillons génitaux restant distincts. 

Système nerveux. — Le système nerveux comprend : 1° une masse su- 
praœsophagienne pouvant être formée de plusieurs paires de ganglions 
cérébroïdes à laquelle on donne encore le nom d'encéphale; 2° les con- 
nectifs périœsophagiens ; 3° la chaîne nerveuse ventrale. Cette chaîne, 




Fig. 8. — Système nerveux et organes des sens : a, de Serpule (d'après Quatrefages). 
— b, de Tumopteris (d'après Pkuvot^ — c, d'Arénicole, avec les 2 otocystes. — d, 
d'Ampharete Gi~ubei. — e, cirre de Nereis avec cellules sensitives. — f, cirre de Po- 
lynôme, avec nerf central et ganglion. — g, œil d'Ampharete. — h, œil d'Alciope 
(d'après Grabeu). — i, branchie deBranchiominaavec œil terminal (d'après Benham). — 
k.pygidium ocellé d'Amphiglene. — 1, 2 segments d'Armandia avec branchies et yeux 
latéraux. — m, otocyste de Jasmineira. — n, otocyste d'Arenicola Grubii. — o, oto- 
cyste d'Arenicola marina. — p, organe latéral d'Aricia Latreillii. — q, organes 
sensitifs dorsaux de Spiophanes Bombyx (d'après Soderstrùm). 



ventrale est constituée par deux cordons longitudinaux renflés en gan- 
glions à chaque segment et émettant des nerfs transversaux. Ces deux 
cordons peuvent être plus ou moins indépendants l'un de l'autre. Ainsi, 
chez les Serpuliens (fig. 8, a), ils sont très écartés et reliés l'un à l'autre, 



18 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

à chaque segment, par une ou deux longues et minces commissures 
transverses. Le plus souvent, les deux cordons sont accolés l'un à l'autre, 
les commissures étant courtes et larges (fig. 8, d). Chez les Tomopteris 
(fig. 8, b), la fusion s'accentue, les ganglions sont moins distincts, les 
connectifs s'accolent. Enfin, chez les Arénicoles (fig. 8 c), la soudure est 
encore plus complète et il ne subsiste plus qu'un cordon unique sans 
renflements ganglionnaires. 

Organes des sens. — Les organes des sens comprennent les organes 
ciliés, les organes latéraux, les organes nucaux, les organes tactiles, les 
yeux et les otocystes. 

Les organes ciliés peuvent se rencontrer sur les parties du corps les 
plus différentes, comme ceux des Spionidiens étudiés par Sôderstrôji 
(fig. 8, q). Les organes latéraux sont ordinairement des coussinets vi- 
bratiles - richement innervés, comme on en rencontre chez les Anciens 
(fig. 8, p), les Ophéliens, les Capitelliens,au voisinage des parapodes. On 
peut en rapprocher les coussinets vibratiles des pieds des Sigalioninés. 

Les organes nucaux sont des fossettes ciliées, au nombre d'une paire, 
insérées sur la partie postérieure de l'encéphale et innervées par lui. Ces 
organes,. très développés chez certaines espèces, sont parfois susceptibles 
de s'extroverser (fig. 2, h, on). 

Les organes tactiles comprennent les palpes, les antennes, les cirres, 
les papilles de la trompe, les élytres. Ils peuvent renfermer un gros nerf 
renflé en ganglion, ou des cellules sensitives que colore en bleu la méthode 
de Retzius (fig. 8, e, f). 

Les yeux, très répandus chez les Polychètes, manquent même rare- 
ment. Ils occupent généralement la face dorsale du lobe céphalique et 
sont innervés par le cerveau moyen, mais ils peuvent occuper toute autre 
situation. Très nombreux, ils forment une ' demi-couronne en arrière du 
voile céphalique des Polymnia. Chez le Placostegus ils sont disposés en 
ceinture autour du premier segment. Chez d'autres Serpuliens, on ren- 
contre de gros yeux terminaux à l'extrémité des branchies [Branchiomma 
fig. 8, i) ou bien ils sont groupés par paires au dos de ces organes [Po- 
tamttla, Dasychone). On en trouve une paire, à chaque segment, au 
voisinage des parapodes chez les Dasychone, les Armandia, les Polyoph- 
thalmus (fig. 8, I). Enfin, chez quelques petits Sabelliens (Oria, Am- 
phiglene), il en existe même plusieurs paires sur le pygidium (fig. 8, k). 
Les yeux ventraux du Palolo sont des organes énigmatiques dont le rôle 
n'est pas encore nettement démontré. 

Entre les simples taches oculiformes, réduites à du pigment entourant 
des cellules sensitives [Ampharete, fig. 8, g), et les yeux énormes des 
Alciopiens, pourvus d'une cornée, d'un cristallin, d'un corps vitré et d'une 
rétine (fig. 8, h), on trouve tous les intermédiaires. 

Les yeux simples sont parfois groupés ensemble en une seule masse 
comme chez les Potamilla. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — INTRODUCTION 19 

Les otocystes, qui mériteraient mieux le nom de stalocystes — car il 
est fort douteux qu'ils jouent un rôle auditif et il semble démontré que ce 
sont des organes d'équilibre, — sont peu répandus chez les Polychètes. 
En dehors des Sabelliens et des Arénicoliens, chez lesquels ils sont assez 
fréquents, on ne les rencontre que rarement chez quelques Ariciens et 
Térébelliens. Ce sont des organes métamériques, pouvant exister sur 
plusieurs segments consécutifs, chez les Ariciens. Chez les Serpuliens,. 
ils occupent toujours le premier sétigère et chez les Térébelliens le pre- 
mier segment branchifère. Laissant de côté les simples otocryptes douteux, 
on peut distinguer trois types d'otocystes : 

1° Une cavité contenant des otolithes d'origine étrangère — grains de 
sable — et communiquant à l'extérieur par un canal cilié [Arenicola 
marina, fig. 8, 0, Lanice conchilega, Branchiomma). 

2° Une cavité close, non ciliée, renfermant de nombreux otolithes sé- 
crétés, agités de mouvements browniens {Arenicola Grubii, A. ecaudata 
(fig. 8, n). 

3° Une cavité close, ciliée, renfermant un seul gros otolithe sécrété 
{Jasmineira, fig. 8, m). 

3» REPRODUCTION. 

Les sexes sont séparés chez les Polychètes. On n'observe à cette règle 
que de rares exceptions, chez la Platynereis Dumerilii, YHesione sicula, 
quelques Serpuliens de petite taille, le Branchiomaldane V'incenti et 
plusieurs Archiannélides. 

Il n'existe pas d'organes génitaux distincts. Les produits sexuels se 
développent aux dépens du revêtement péritonéal des vaisseaux pédieux, 
tombent de bonne heure dans le cœlome et y achèvent leur développement. 
Chez VArenicola ecaudata, cependant, il existe de véritables gonades se 
développant sur les digitations des vaisseaux néphridiens (fig. 6, o). 
VHesione sicula possède aussi des gonades différenciées, mais ces cas 
sont absolument exceptionnels. 

Les produits sexuels sont évacués par les néphridies, ou par simple 
rupture des téguments (Heteronereis). Watson, cependant, a découvert, 
chez VOwenia fusiformis, deux pores anaux servant à la ponte. 

Les deux sexes ne se distinguent d'ordinaire que par la nature de leurs 
produits génitaux. Ce n'est guère que chez les Polychètes se reproduisant 
par bourgeonnement, avec générations dites alternantes (Sylîidiens) et 
celles qui subissent une épitoquie, sorte de métamorphose au moment de 
la reproduction, que l'on observe alors un dimorphisme sexuel marqué. 
Cependant, les mâles de la Micronereis variegata et de quelques Capitel- 
liens possèdent des crochets spéciaux, ou soies d'accouplement, qui 
manquent aux femelles. 



20 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

Les femelles de certains Syllidiens {Pionosyllis, Exogone) portent, 
attachés à leurs parapodes, leurs œufs ou même des embryons jusqu'à 
un stade avancé de développement (fig. 111, d). 

Quelques espèces incubent leurs œufs dans leur tube, sous leurs élytres 
ou même à l'intérieur de leur opercule [Spirorbes). 

Épitoquie. — Uépitoquie, ou métamorphose sexuelle, se rencontre sur- 
tout chez les Néréidiens. On l'a aussi signalée, plus ou moins marquée, 
chez les Cirratuliens, les Euniciens, les Phyllodociens, les Nephthydiens(?). 
Celle des Aphroditiens me semble fort douteuse, les cas cités me parais- 
sant plutôt se rapporter à des stades pélagiques post-larvaires. 

Au moment de la reproduction, les Néréidiens subissent des transfor- 
mations si remarquables que les adultes ainsi modifiés avaient été décrits 
jadis, sous le nom d' Heteronereis, comme des animaux complètement 
différents. Ces modifications se font rapidement, en quelques semaines, et 
à époque fixe pour certaines espèces. Les yeux grossissent, les antennes 
s'allongent, les produits sexuels s'accumulent dans la région antérieure 
qu'ils gonflent fortement. Les premiers cirres dorsaux et ventraux chan- 
gent de forme. Les segments de la région postérieure se tassent en accor- 
déon, de larges lamelles foliacées se développent sur leurs pieds dont 
les soies tombent et sont remplacées par de longues soies natatoires en 
palette (fig. 5, h). Les couleurs de l'animal s'avivent. L'élargissement et 
l'aplatissement de la région postérieure contraste avec le renflement de la 
région antérieure peu modifiée. Des 'phénomènes d'histolyse des muscles 
et du tube digestif accompagnent cette métamorphose. Quand elle est com- 
plète, les Heteronereis mâles et femelles quittent brusquement leurs tubes 
ou leurs galeries et viennent essaimer â la surface, souvent en immenses 
quantités et presque toujours la nuit. Certains Euniciens, entre autres le 
fameux Palolo du Pacifique, présentent des phénomènes analogues. 

Blastogamie et schizogamie. — Chez les Syllidiens, on observe encore 
d'autres modes de reproduction par bourgeonnement et par division du 
corps auxquels on a donnné les noms de blastogamie et de schizogamie. 
Dans la reproduction par blastogamie, un individu souche asexué bour- 
geonne, à sa partie postérieure, une chaîne d'individus sexués, stolons, ou 
blastoïdes qui se détachent ensuite et nagent librement, Chez les Autolytus 
et Myrianida les mâles portent le nom de Polybostrichus et diffèrent pro- 
fondément des femelles, ou Sacconereis (fig. 119, e, f). Le bourgeonne- 
ment se fait immédiatement en avant du pygidium. Un des segments du 
bourgeon s'organise en tête, l'autre en pygidium, l'intercalaire produit les 
autres segments par division. On peut' observer ainsi une chaîne dune 
trentaine d'individus (fig. 124, a). Dans la schizogamie, il y a plutôt scis- 
siparité que bourgeonnement. Un des segments de la souche s'organise en 
tête, acquiert des appendices, des yeux et l'individu ou stolon, ainsi formé 
aux dépens de la région postérieure de la souche, se détache {Syllis, fig. 
9, a). 



POLYCHETES ERRANTES. — INTRODUCTION 



21 



Souvent schizogamie et blastogamie se combinent, les stolons produits 
par scissiparité bourgeonnant en outre un certain nombre de segments 
avant de quitter la souche. {Autolytus, Procerast ea, fig. 9, b, c). 

Développement. — Les œufs pondus isolément ou agglomérés en pontes 
plus ou moins volumineuses, parfois incubés dans le tube, sous les élytres 
ou dans l'opercule (Spirorbis), ne tardent pas à se segmenter. Cette seg- 
mentation est complète et égale, ou complète et inégale. Elle aboutit à la 



A Â i< 




Fio. 9. — a, b, c, stolonisation chez Autolytus et Myrianida (d'après Malaquin et 
Benuam). — d, trochophore mésotroque de Chétoptère. — e, larve mésotroque de 
Chétoptèro. — f , trochophore de Nephthys (d'après Eemiam). — g, embryon polytroque 
d'Ophryotroc/ia puerilis. — h, larve de Phyllodoce (d'après Gravier). — i, larve de 
Serine (d'après Agassiz). — k, larve de Salmacina (d'après de Saint-Joseph). — 1, larve 
de Grubea pusitla (d'après Malaquin). — m, larve de Térébelle. — n, larve de Nereis. 
— o, larve de Spio (d'après Claparède). — p, larve de Terebella fulgida (d'après Agas- 
siz). 



formation d'une larve trochophore (fig. 9, d, f) qui peut être céphalotroque, 
mësotroque ou polytroque, suivant le nombre et l'emplacement des cein- 
tures ciliées (fig. 9, e, g, h, k). La trochophore se transforme en larve, le 
plus souvent pélagique et généralement très différente de l'adulte. Avec 
l'âge, l'aspect général de cette larve se modifie, les soies larvaires sont 
remplacées par les soies d'adulte, les branchies, les appendices se déve- 



22 FAUNE DE FRANCE. POLYCHÈTES ERRANTES 

loppent (fig. 9, ià p). Les stades post-larvaires sont parfois assez différents 
de l'adulte pour avoir été rangés d'abord dans des genres différents. Tel 
est le cas des stades Clymenides des Arénicoles, Nectochaeta des Aphro- 
ditiens, Rostraria, Mitraria, etc. 

La série des formes larvaire d'un grand nombre d'espèces est malheu- 
reusement encore inconnue. 



5° ETHOLOGIE ET FAUNISTIQUE 

Habitat. — Les Annélides Polychètes sont des animaux essentiellement 
marins. Quelques Néréidiens, un Capitellien et un petit nombre de Sabel- 
liens, environ une douzaine d'espèces en tout, font seuls exception à cette 
règle et vivent dans l'eau douce. Quelques espèces euryhalines, VHaplo- 
branchus sestuarinus, Polydora ciliata et Nereis diversicolor, sur nos 
côtes, remontent dans l'eau saumâtre des estuaires. Dans le canal deCaen 
à la mer, un Serpulien, Mercierella enigmatica Fauvel, abonde actuelle- 
ment dans l'eau contenant seulement deux grammes de sel par litre.- La 
Nereis diversicolor s'accommode aussi bien de l'eau sursalée des marais 
salants que de l'eau saumâtre. 

Les Polychètes abondent surtout dans les limites du balancement des- 
marées et au voisinage des côtes. Cependant, la drague en ramène aussi 
des plus grandes profondeurs. Ces Annélides abyssales, peu nombreuses, 
appartiennent parfois à des espèces vivant également à la côte. 

L'habitat est fort varié. Les larves et un certain nombre d'espèces 
adaptées à ce genre de vie sont pélagiques. Les autres vivent sur le fond, 
creusent leurs galeries dans la vase ou le sable, se fixent sur les pierres, 
sur les coquilles, circulent parmi les cailloux et les Algues, se cachent 
dans les crampons de Laminaires ou se glissent profondément dans les 
fentes des rochers, les interstices des coquilles brisées encroûtées d'Algue& 
calcaires, de Bryozoaires et d'Ascidies. Plusieurs vivent sur les Éponges, 
les . Hydraires, les Echinodermes. 

A propos du tube digestif, nous avons déjà étudié leur alimentation. 

Parasitisme. Commensalisme. — Le parasitisme est exceptionnel dans ce 
groupe. A peine peut-on citer comme ectoparasites Ylchthyotomus sangui- 
narius, fixé sur la nageoire d'une Anguille, Myrus vulgaris, étudié par 
Eisiu, deux Syllidiens mal connus et Y Histriobdella Homari que Mesnil. 
et Caullery ont montré être un Eunicien. 

Les parasites internes, un peu plus fréquents, sont tous des Euniciens 
de petite taille vivant à l'intérieur d'autres Annélides ou de la Bonellie : 
Oligognathus Bonellise, Oligognathusparasiticus duSpio, Labrorostratus 
parasiticus de YOdontosyllis, Labidognathus parasitions et Haemato- 
cleptes Terebellidis des Térébelliens, Ophryotrocha puerilis. 

Comme exemple de commensalisme, on peut citer l'association bien 



POLYCHETES ERIUNTES. — INTRODUCTION 23 

connue de la Nereis fucata avec Y Eupagurus bernhardus dans une 
coquille de Buccin sur laquelle se fixent souvent des Actinies. Le Syllis 
cornuta partage avec le Phascolion Strombi une coquille de Mollusque 
[Nassa) englobée dans une Eponge, Ficulina ficus. Divers Polynômes, 
Hannothoë lunulata, Gattyana cirrosa, Polynoë scolopendrina, par 
exemple, vivent en compagnie des Synaptes, du Chétoptère ou de Téré- 
belles, à l'intérieur de leur tube. \ï Acholoë astericola habite entre les am- 
bulacres des Astropecten et la Flabelligera affinis sur les Oursins. 

La Mercierella enigmatica forme, sur les tiges de Phragmites, une 
curieuse association avec un Mollusque, Congeria cochleata, un Amphi- 
pode, Corophium volutator et un Bryozoaire, Membranipora Lerouxi. 

Les Serpules, les Spirorbes, les Hermelles se fixent sur des coquilles ou 
sur de gros Crustacés qui les véhiculent avec eux. 

Autotomie. Régénération. — L'autotomie est fréquente, surtout chez les 
Aphroditiens, les Hésioniens et les Euniciens. Certains Aphroditiens 
perdent cirres et élytres avec une facilité déplorable. Les Kefersteinia, les 
Marphyses se brisent en nombreux tronçons au seul contact de la main. 

Cette propension à l'autotomie a comme contre-partie, chez ces espèces, 
une singulière puissance de régénération. Les élytres et les cirres repous- 
sent rapidement, ainsi que l'a montré Michel. Il est rare de rencontrer 
une Marphyse ou une Lumbriconereis dont l'extrémité postérieure ne soit 
régénérée. Un fragment d'Eunicien privé de tête est capable d'en refor- 
mer une nouvelle de toutes pièces. Un fragment de Procerastea, réduit à 
deux ou trois segments, peut régénérer un animal entier qui ne tarde pas 
à se reproduire par scissiparité. 

Le panache, si fragile, des Sabelliens repousse rapidement. 

Coloration. Phosphorescence. — Beaucoup d'Annélides sont ornées des 
plus brillantes couleurs. Malheureusement, ces couleurs pigmentaires dis- 
paraissent rapidement dans l'alcool et on ne connaît encore aucun procédé 
pour les conserver. Seules persistent les couleurs de structure, dues à une 
fine striation ou à des phénomènes de lames minces, qui produisent ces 
magnifiques irisations des soies des Aphrodites et de la cuticule des Euni- 
ciens. 

L'Arénicole secrète un pigment soluble jaune d'or, dont l'étude serait 
intéressante à reprendre. Ses téguments renferment, en outre, un pigment 
formé de fines granulations noires qui semblent dériver du lipochrome 
jaune. Dernièrement, M. Romieu a montré que le pigment vert du Chéto- 
ptère est d'origine alimentaire et dérive de la chlorophylle des Algues dont 
il fait sa nourriture. 

Ce singulier Chétoptère est doué d'une magnifique phosphorescence 
verte et bleu azur. Beaucoup de petits Syllidiens et de larves de Térébel- 
liens sont aussi phosphorescents. Quand, la nuit, on renverse sur le pont 
la poche du chalut remplie d'Algues et de débris, on y voit s'allumer et 
s'éteindre alternativement d'innombrables petites étoiles bleues, vertes, 



24 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

violettes, rouges dont la plupart sont produites par des Syllidiens accro- 
chés aux Algues et aux Hydraires. 

Utilité. — Les Annélides ne sont pas comestibles pour l'homme, si l'on 
excepta toutefois le fameux Palolo du Pacifique, mangé par les indigènes 
des îles Sandwich. 

Dans nos pays, les pêcheurs récoltent, pour amorcer leurs lignes, quel- 
ques espèces seulement, d'abord l'Arénicole (Sandeau, sur les côtes de 
Normandie), puis les Nephthys (Chatte), quelques Nereis : Perinereis cul- 
trifera (Pelure, Pelouze verte), Nereis diversicolor.iyev mou); la Mar- 
physa sanguinea (Ver de roche). Les Poissons sont, en effet, très friands 
* de Polychètes et l'examen de leur contenu stomacal procure parfois des 
espèces qu'il serait difficile d'obtenir autrement. 

Sur les grandes plages de sable, l'Arénicole joue un rôle analogue à 
celui du Ver de terre, en brassant le sol, en ramenant perpétuellement les 
couches profondes à la surface et eii y mélangeant intimement la matière 
organique qui est ensuite rapidement oxydée, diminuant ainsi la putré- 
faction. 

Répartition géographique. — 11 n'existe, pas, pour les Polychètes, de 
provinces zoologiques tranchées. Beaucoup sont cosmopolites et se ren- 
contrent dans presque toutes les mers du globe. Les espèces circumpolaires 
descendent plus ou moins loin le long des côtes, dans le sens des méri- 
diens. Un grand nombre d'espèces des mers boréales se retrouvent ainsi 
dans nos mers. Souvent, elles manquent à la côte sous les basses lati- 
tudes, mais on les y retrouve dans les grandes profondeurs grâce aux- 
quelles elles peuvent même parfois franchir l'équateur et reparaître à la 
côte dans les régions plus froides de l'autre hémisphère. Il y a ainsi com- 
pénétration des faunes arctique et antarctique. 

Ceci s'explique facilement, la température étant le facteur influençant 
le plus les Annélides. Or, à partir d'une certaine profondeur, la tempé- 
rature, voisine de zéro, est uniforme dans toutes les mers, les espèces 
boréales y retrouvent donc des conditions analogues à celles des hautes 
latitudes. Nous avons déjà vu que le facteur pression paraît assez 
négligeable. 

La région intertropicale comprend un grand nombre d'espèces répan- 
dues tout autour du globe par cheminement le long des côtes, quand cet 
itinéraire ne les amène pas trop en dehors de la zone chaude, ou trans- 
portées à l'état larvaire par les courants équatoriaux dirigés dans le sens 
des parallèles. . 

En Europe, nous retrouvons, dans la Méditerranée et sur les côtes 
d'Espagne, un certain nombre de ces espèces tropicales mélangées aux 
espèces du Nord susceptibles de descendre aussi bas. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — INTRODUCTION 25 



5 MÉTHODES DE CHASSE ET CONSERVATION. 

Chasse. — Les Annélides pélagiques se pèchent au filet fin. La pêche 
nocturne à la lumière électrique permet de recueillir en abondance les 
formes épitoques, leslarveset bien des petites espèces rares. Mais c'est la 
chasse à marée basse qui fournit le plus grand nombre d'espèces variées. 
Le matériel approprié se compose d'une solide bêche, d'un ciseau ou d'un 
levier en fer et d'une série de bocaux et de tubes de verre. Les bocaux, 
d'une capacité de 200 à 300°% au maximum, peuvent être disposés dans 
un seau en toile, quand on excursionne à proximité du laboratoire. Dans 
le cas contraire, il est plus commode de les arrimer dans un panier de 
pêche en osier, plus facile à transporter à distance sur son dos ou à 
bicyclette. Bocaux et tubes de verre doivent être assez nombreux pour 
isoler les spécimens suivant leur taille ou leur provenance. Il faut mettre 
à part les grandes espèces carnassières, Ëunices, Marphyses, Nereis qui 
dévoreraient les autres. 

Les espèces fouisseuses seront déterrées du sable avec la bêche. Les 
herbiers deZostères, surtout sur leurs bords en surplomb, sont très ri- 
ches en Polychètes. Pour les recueillir, on enlève à la bêche une grosse 
motte et on l'émiette ensuite à la main par petits fragments. On peut aussi 
passer le sable au tamis dans une mare. En retournant les pierres et en 
examinant leur surface on peut se procurer bien des formes errantes ou 
fixées. Les plus délicates seront recueillies avec un pinceau ou avec une 
baleine longue de 10 à 12 centimètres, large de 6à8 millimètres, taillée en 
pointç à une extrémité, arrondie à l'autre. On peut, à la rigueur, la rem- 
placer par un cure-dent. Le ciseau ou le levier serviront à démolir les 
rochers fissurés dont les fentes recèlent une nombreuse population d'An- 
nélides, de Némertes, de petits Crustacés. 

On ramassera des touffes d'Algues tapissant les mares rocheuses, des 
crampons de Laminaires, des fragments de croûtes de Lithothamnion, et 
au retour on les mettra dans des cristallisoirs pour les examiner à loisir. 
En mer, la drague et le chalut ramènent du fond des coquilles brisées cou- 
vertes de Serpules et de Bryozoaires, des Algues calcaires, des pierres 
rongées et encroûtées et des Algues. Les grosses espèces seront immédia- 
tement vues et recueillies. Le meilleur procédé pour se procurer les autres 
est le suivant : les cailloux et les coquilles riches en trous, en fissures et 
bien encroûtés seront d'abord débarrassés des Ascidies, lavés rapidement, 
puis entassés dans des cristallisoirs, ou mieux dans des cuvettes profondes 
en faïence blanche (cuvettes de toilette) remplies d'eau de mer. Au bout 
de quelques heures, l'eau commençant à se corrompre, les Annélides sor- 
tent de leurs cachettes et viennent s'accumuler au fond et sur les bords. 
Après les avoir recueillies, on change l'eau de mer et d'autres continuent 



26 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

à sortir, souvent pendant plusieurs jours. Ce procédé fournit un grand 
nombre de Syllidiens, Phyllodociens, Néréidiens et de petites espèces de 
tous les groupes. 

Préparation. Conservation. — L'alcool à 70° est le seul liquide conser- 
vant convenablement les Polychètes. Le formol à 3 ou 5 % donne des ré- 
sultats déplorables. Les Annélides y deviennent rapidement molles, gluan- 
tes, blanchâtres et inutilisables. Si, en excursion, faute d'alcool, on est 
obligé d'y avoir recours, il faut n'y laisser les Annélides que le moins 
longtemps possible et se hâter de les mettre dans l'alcool si l'on veut les 
sauver. Après fixation, ou séjour suffisant dans l'alcool, elles peuvent sans 
inconvénient être mises dans le formol pour une période pas trop prolongée. 

L'alcool dénaturé au bichlorure de mercure détermine à leur surface la 
formation d'une croûte crayeuse et détériore le matériel d'une façon irré- 
médiable. 

Le liquide de Perenyi ('), médiocre fixateur histologique, fournit, au 
contraire, de superbes pièces de collection pouvant être disséquées même 
au bout de longues années. Il ne faut pas y laisser les grosses espèces 
plus de 12 heures. Suivant la taille, la durée d'action variera entre quel- 
ques minutes et plusieurs heures. On passe ensuite directement à l'alcool 
à 70° que l'on change deux ou trois fois, à 12 ou 24 heures d'intervalle. 
Le liquide chromo-acétique (eau 200 gr., acide chromique 1 gr., acide acé- 
tique 70 gr.) m'a donné aussi d'excellents résultats. Laisser agir 2 à 3 
heures, laver à l'alcool plusieurs fois et conserver dans l'alcool à 70° ou 
90°. Pour l'histologie, les liquides de Bouin ( 3 ), de Brasil, de Zenker four- 
nissent de bons résultats. 

Beaucoup d'espèces, très fragiles, perdent leurs appendices, se contrac- 
tent affreusement ou se brisent quand on les plonge directement dans 
l'alcool, [lest donc nécessaire de les anesthésier au préalable. Le meilleur 
procédé, bien supérieur à la cocaïne, au chloral, etc. — quand il est judi- 
cieusement employé — est celui de Lo Bianco, à l'eau de mer alcoolisée. 
On ajoute l'alcool à l'eau de mer en petite quantité, 1 à 10 % et très pro- 
gressivement. Suivant le cas, le résultat cherché est obtenu en quelques 
minutes ou en quelques heures. Quand l'animal ne réagit plus que faible- 
ment, on le plonge dans l'alcool à 70° ou dans le fixateur et on l'immobilise 
avec des baleines ou des agitateurs pour le maintenir droit. 

On a aussi parfois avantage à tuer les espèces moins fragiles en les 
immobilisant dans une petite quantité d'alcool à 50° ou 70" avant de les 
porter dans le Perenyi ou dans l'alcool à 90° qui les contracteraient trop. 
Certaines espèces dévaginent leur trompe dans l'alcool à 70°, d'autres l'y 
rétractent. En appuyant sur leur cou avec un agitateur on peut les forcer 
à la dévaginer et les empêcher de la rétracter. 

i. Solution d'acide azotique à 10 #400°°, solution d'acide chromique à 0,S #,300 co , alcool à 70" 
ou 90°, 300". 
2. Formol à 40, 10 vol., sol. aqueuse d'acide picrique, 30 vol., acide acétique, 2 vol. 



POLYCHETES ERRANTES. — INTRODUCTION 27 

Les bocaux fermés par un disque de verre collé au mastic caoutchouc- 
paraffine conviennent pour les Musées mais non pour une collection 
d'étude. Ils sont d'ailleurs trop coûteux. Il est plus commode de les rem- 
placer par des tubes de verre de taille appropriée bouchés au liège. Si 
l'on a la précaution d'enduire au préalable le bouchon, bien sec, de mastic 
caoutchouc-paraffine (la paraffine seule est trop cassante) puis, après 
bouchage définitif, d'enduire bouchon et extrémité du tube de ce mastic 
on peut ainsi conserver ces tubes des années, parfois plus de vingt ans, 
sans que l'alcool diminue de moitié. Les tubes ainsi préparés peuvent être 
rangés à plat dans des tiroirs, ce qui facilite beaucoup l'examen de la col- 
lection. 

Les préparations de parapodes et les petites espèces seront montées dans 
la glycérine, ou dans le sirop d'Apathy ('), ou mieux dans la gélatine glycé- 
rinée de Kaiser. Dans le baume, les soies deviennent presque invisibles. Il 
faut toujours avoir soin de monter des parapodes antérieurs, moyens et 
postérieurs en notant leur numéro d'ordre. Quoi qu'en disent certains traités 
de micrographie, on peut passer les pièces directement de l'alcool à 70* 
dans la gélatine glycérinée en les égouttant seulement sur la lame avant 
d'y déposer la goutte de glycérine-gélatine fondue. 

On peut, au besoin, colorer les soies par la méthode de R. de La Vaulx 
au sulfate ferrique et au pyrogallol ou plus simplement par la safranine 
ou le bleu de méthylène. 



. 6° CLASSIFICATION 

L'historique des anciennes classifications des Annélides se. trouvant 
tout au long dans 1' « Histoire des Annelés » de Quatrefages (1865) nous 
y renvoyons les lecteurs curieux de cette question. Actuellement on divise 
les Polychètes en un certain nombre de familles que la plupart des au- 
teurs répartissent encore en deux grands groupes ; les Errantes et les 
Sédentaires. On y rattache les Archiannélides et' les Philocrinides ou 
Myzostomes, groupes assez aberrants. 

Benham, en 1894 et 1896, divisa les Chétopodes en : I. Archiannelida, 
II. Polychaeta, III. Myzostomarià, IV. Oligochaeta, élevant ainsi les Ar- 
chiannélides et les Philocrinides (Myzostomes) au rang d'ordre tandis que 
pour Ed. Perribr les Oligochètes et les Polychètes représentent des classes . 

Benham subdivise ensuite les Polychaeta de la façon suivante : 

Branche A. Phanerocephala (tête distincte). 

Sous-Ordre I. NEREIDIFORMIA [Errantia auct. et Ariciidae). Des 
antennes et des palpes. Péristome portant des cirres tentaculaires. Pha- 
rynx fréquemment armé de mâchoires. 

1. Gomme arabique, sucre de canne, eau, a parties égales et un peu de thymol, ou 1 à 2 % de 
formol. 



28 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

Familles : Syllidae, Hesionidae,Aphrodilidaej Phyllodocidae, Tomo- 
pteridœ, Nereidae, Nephthydidae, Amphinomidae, Eunicidae, Glyceri- 
dae, Sphaerodoridee, Ariciidae, Typkoscolecidae. 

Sous-Ordre II. SPI0N1F0RMIA. — Prostomium réduit à un petit lobe 
sans antennes ni palpes définis. Péristome s'étendant en avant de chaque 
côté du prostomium et portant ordinairement de longs tentacules flexibles. 
Trompe exsertile, sans mâchoires. 

Familles : Spionidae, Polydoridae, Chaetopleridae, Magelonidae, Am- 
mocharidae. 

Sous-Ordre III. TEREBELLIFORMIA. — Prostomium sans appen- 
dices. Péristome achète pouvant porter des filaments. Région buccale non 
éversible. 

Familles : Cirratulidae, Terebellidae, Ampharetidae, Amphictenidae. 

Sous-Ordre IV. CAP1TELLIFORMIA. — Prostomium sans appen- 
dices. Péristome sans cirres. Des organes sensitifs latéraux. 

Famille : Capitellidae. 

Sous-Ordre V. SCOLECIFORMIA. — Ni palpes, ni antennes, Péristome 
sans cirres. Trompe sans mâchoires. , Pas d'organes sensitifs latéraux(?). 

Familles : Opheliidae, Maldanidae, Arenicolidae, Scalibregmidae, 
Chlorhaemidae, Sternaspidae. 

Branche B. Cryptocephala (pas de tête distincte). 

Sous-Ordre I. SABELL1FORMIA. — Prostomium masqué par le 
grand développement du péristome, palpes très développés fonctionnant 
comme branchies. 

Familles : Sabellidae, Eriographidae, Amphicorinidae, Serpulidae. 

Sous-Ordre II. HERMELL1FORMIA. — Péristome très développé, 
bilobé, rejeté en avant. 

Famille : Hermellidae. 

Dans cet ouvrage, nous adopterons les coupures suivantes : Poly~- 
chètes, Myzostomaires, Archiannélides. 

Les Myzostomaires forment un petit groupe réduit principalement 
aux Myzostomes, à corps aplati, pourvu de tentacules marginaux, de cinq 
paires de parapodes, de quatre ventouses; à trompe inerme; généralement 
hermaphrodites.- Ils vivent en parasites sur les Crinoïdes. 

Les Archiannélides, composent Un groupe des plus disparates où 
l'on a réuni des formes très primitives, ou très modifiées, différant sou- 
vent des Polychètes par l'absence de soies, de segmentation extérieure 
nette ou par d'autres caractères anatomiques plus ou moins importants. 
Cette division comprend les genres Chaetogordius, Polygordius, Sacco- 
cirrus, Protodrilus, Nerilla, Dinophilus. 

Quant aux Polychètes proprement dites, nous les diviserons en 
Errantes et Sédentaires que l'on peut définir de la manière suivante : 

P. Errantes. Segments du- corps tous semblables entre eux, sauf les 
segments avoisinant la bouche et le segment terminal, ou pygidium. 



POLYCHETES ERRANTES. — TABLEAU DES FAMILLES 29 

P. Sédentaires. Corps divisé en plusieurs régions distinctes. Tête 
petite, peu distincte ou profondément modifiée. Pieds presque toujours 
simples, les rames ventrales, souvent en forme de tore ou de pinnule, 
armées de soies à crochet ou d'uncini. Branchies ordinairement limitées 
à une région déterminée. Habituellement tubicoles. 

Nous donnons ci-dessous la division des Errantes en familles. Les 
Sédentaires seront traitées dans le deuxième volume avec les Archianné.- 
lides et les Myzostomes. 



S.-CL. POLYCHETES ERRANTES 

Tableau des familles (') 

1. Des élytres (fig. 1, a; fig. 3, c, d) à un certain nombre de pieds, 
les autres portant des cirres . .— -. F. Aphroditidae, p. 30 

— Pas d'élytres 2 

2. Des larges soies en palette disposées en éventail sur tous les seg- 
ments. Trompe à 2 mâchoires (fig. 44, t, u) 

F. Chrysopetalidae, p. 122 

— Pas de soies en palette en éventail 3 

3. Prostomium confondu avec le segment buccal échancré en avant. 
A tous les pieds, des soies simples et composées (fig. 45, a, d.). 
F. Pisionidae, p. 124 

— Prostomium fusionné avec les segments suivants, flanqué de 2 
longs cirres renfermant des acicules. Pieds bilobés, sans soies 
(fig. 82. a, b.) F. Tomopteridae, p. 217 

— Prostomium indistinct. Trompe inerme. Gésier en barillet. 

Téguments à capsules sphériques (fig. 149, a, d.) 

F. Sphaerodoridae, p. 377 

Prostomium distinct 4 

4. Prostomium petit. 5 antennes. Une caroncule. Bouche ventrale 
refoulée en arrière. Branchies bien développées. Trompe inerme, 
Des soies simples, bifurquées (fig. 48, b, c). Cirres filiformes. 
F. Amphinomidae, p. 125 

— Prostomium conique, sans palpes ni antennes. Cirres dorsaux et 
ventraux foliacés. Soies rares, simples, aciculaires (fig. 86 jb.). 
F. Typhloscolecidae, p. 226 

— Prostomium bien développé portant des antennes et souvent des 
palpes 5 

t. Les'a petites familles aberrantes des Ichthyotomidac et llistriobdellidae sont traitées avec 
les Eunicidae dont elles se rapprochent. 



30 ' FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

5. Armature buccale compliquée, une mâchoire dorsale à nombreuses 

pièces denticulées, une ventrale ou labre (fig. 6, e) 

.F. Eunicidae, p. 395 

— Une seule paire de mâchoires dentelées, souvent des paragnathes 
cornés. 2 antennes, 2 palpes biarticulés, des cirres tentaculaires, 
4 yeux. Parapodes généralement biramés, soies composées (fig. 
2, b, 3, e) . . F. Nereidae, p. 328 

— 4 petites antennes, pas de palpes, parapodes biramés avec bran- 
chie en faucille entre les deux rames. Trompe à papilles molles. 
Soies simples (fig. 2, e, 3, f.).. . F. Nephthydidae, p. 362 

— 3 antennes, 2 palpes simples, 1 grosse dent ou une couronne 
dentelée. Proventricule en barillet ponctué. Parapodes uniramés 
sans branchies. Soies composées, (fig. 2, c). F. Syllidae, p. 252 

— 4-5 antennes. Pas de palpes. 2 yeux. Trompe inerme. Parapodes 
généralement uniramés. Cirres dorsaux et ventraux foliacés. 
Soies composées (fig. 2, a; fig. 3, h). F. Phyllodocidae, p. 141 

— 5 petites antennes. Pas de palpes. Prostomium flanqué de 2 gros 
yeux globuleux. 2 longues papilles cirriformes à la trompe. Pieds 
uniramés. Cirres dorsaux et ventraux foliacés. Pélagiques, trans- 
parents (fig. 75 a, c) F. Alciopidae, p. 200 

— Prostomium simple ou bilobé. 2-3 antennes. 2 palpes. 4 yeux. 
Trompe cylindrique avec ou sans mâchoires. Pieds sesquirèmes 
ou birèmes. Cirres dorsaux allongés plus ou moins nettement 
articulés (fig. 87) F. Hesionidae, p. 231 

— Prostomium conique, annelé, terminé par 4 petites antennes en 
croix. Trompe couverte de papilles, 4 mâchoires au moins. Para- 
podes biramés. Cirres dorsaux en bouton. Soies simples et com- 
posées (fig. 2, d) F. Glyceridae, p. 281 



F. APHRODITIME 

(Aphroditiens, Savigny, sensu stricto.) 

Corps court, ovale ou oblong, ou allongé vermiforme. — Prostomium arrondi 
ou bilobé enfoncé entre les premiers segments ramenés en avant (fig. 2, f). 
Ordinairement 4 yeux sessiles ou pédoncules. Une à trois antennes. 2 palpes 
filiformes ou coniques insérés latéralement sous la tête. Au 1 er segment, 
2 paires de cirres tentaculaires avec soies à la base. — Trompe cylindrique 
exsertile garnie de papilles autour de l'ouverture. 4 mâchoires chitineuses 
(sauf chez les Hermioninés). — Des élytres, expansions membraneuses arron- 
dies, ovales ou réniformes, insérées à la face dorsale des parapodes et alter- 
nant avec des cirres dorsaux, soit sur toute la longueur du corps, soit dans 
la partie antérieure seulement. Les premières paires sont toujours insérées 
sur les segments 2, 4, 5, 7. — Des cirres ventraux à tous les parapodes. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — APHRODITIDAE 31 

Parapodes biramés (fig. 3, c, d) exceptionnellement sesquirèmes. Soies dor- 
sales simples. Soies ventrales simples ou composées. — Intestin émettant 
une paire de caecums dans chaque segment. 

La famille des Aphroditiens est caractérisée principalement par la présence 
d'élytres, organes tout à fait spéciaux qui lui sont particuliers. En outre, la 
présence de 4 mâchoires recourbées, chitineuses, ou cartilagineuses, disposées 
par paires en haut et en bas et se croisant comme des crocs (fig. 2, 1), la 
singulière disposition de l'intestin qui émet dans chaque segment de longs 
diverticules terminés en caecums pouvant pénétrer jusque dans la base de 
l'élytrophore {fig. 7, b) font de ces Annélides une famille en somme bien 
homogène dans laquelle l'arrangement des élytres et quelques caractères acces- 
soires permettent de distinguer plusieurs groupes que divers auteurs récents 
érigent même au rang de famille. A l'exemple de Saint-Joseph, de Darboux et 
des auteurs plus anciens, il nous semble préférable de considérer ces groupes 
comme de simples tribus ou sous-familles. 

Sur nos côtes, quatre seulement de ces tribus sont représentées : les Hermio- 
ninés, les Polynoinés, les Acoëtinés et les Sigalioninés. De rares espèces exo- 
tiques, pour la plupart encore assez mal connues, constituent les deux tribus des 
Peisidicinés et des Eulépidinés. Quant aux Polylépidinés, dont tous les seg- 
ments porteraient des élytres, ils doivent disparaître car des recherches récentes 
ont montré que la Pelogenia antipoda de Schmarda et le Lepidopleurus inclusus 
de Claparède, les deux seules espèces les représentant, sont des Sigalioninés 
appartenant au genre Psammolyce et dont les élytres alternent bien dans la 
partie antérieure du corps, suivant la règle générale. Le tableau ci-dessous, 
emprunté presque textuellement à Darboux, indique les tribus d'Aphroditiens 
représentées sur nos côtes. 

"Tableau des sous-familles. . 

1. Des segments avec des élytres et d'autres intermédiaires aux 
précédents avec des cirres dorsaux 2 

— Dans la partie antérieure du corps, les segments à élytres alter- 
nent avec ceux qui sont dépourvus de ces appendices. Dans la 
région postérieure, tous les segments portent des élytres. Des 
soies composées. Corps long et cylindrique. S. -F. Sigalioninae, p. 101 

2. Entre deux segments pourvus d'élytres, il s'intercale, dans la 
partie antérieure du corps, un segment pourvu de cirres dorsaux; 
dans la partie postérieure, tous les segments portent des cirres 
dorsaux, ou bien entre 2 segments à élytres s'intercalent au 
moins 2 segments consécutifs pourvus de cirres dorsaux. Pas de 
soies composées 3 

— Entre 2 segments pourvus d'élytres il n'y a jamais qu'un seul 
segment pourvu de cirres dorsaux. Corps vermiforme. Pas de 
soies composées S. -F. Acoétinae, p. 95 

3. Yeux pédoncules (rarement sessiles) . Une seule antenne. Un tuber- 
cule facial très développé (fig. 10, b). . S. -F. Hermioninae, p. 32 



32 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

— Yeux sessiles, 3 antennes ( 1 ). Tubercule facial nul ou peu déve- 
loppé (fig. 14, a) S.-F. Polynoïnae, p. 39 



S.-F. HERMIONINAE Grube. 

Segments peu nombreux, corps ovale, déprimé. — Une antenne impaire, 2 pal- 
pes allongés, des yeux pédoncules ou rarement sessiles. Sous l'antenne médiane , 
un tubercule facial. — - Papilles de la trompe sur plusieurs l'angées circulaires. 
Pas de mâchoires cornées. — Sole ventrale et pieds couverts de fines papilles 
globuleuses. 2 paires de cirres tentaculaires accompagnées de soies capillaires. 

Élytres, 15 paires, rarement 20, insérées sur les segments 2, 4, 5, 1 21, 23, 

25, 28, 31, alternant avec des cirres dorsaux filiformes. Parapodes birèmes , tous 
pourvus d'un court cirre ventral. A la rame ventrale, des soies peu nombreuses 
grosses, courtes, simples ou fourchues, parfois pennées. En outre, aux premiers 
sétigères, de fines soies bipennées. A la rame dorsale, de grosses soies relevées 
sur le dos et de fines soies capillaires formant souvent un feutrage au-dessus 
des élytres. 

Remarques. Les Hermioninés sont généralement des formes courtes, mas- 
sives, ovalaires, à dos bombé, dont les élytres sont plus ou moins cachées par 
un feutrage provenant de l'enchevêtrement de fines et longues soies dorsales. 
Chez les Hermiones et les Lsetmatonice, ces soies feutrantes sont beaucoup 
moins développées que chez les Aphrodites et comme elles sont facilement 
arrachées quand on nettoie l'animal de la vase qui le recouvre au sortir du 
chalut on ne peut attacher une grande valeur à la présence ou à l'absence plus 
ou moins complète de ce léger feutrage. 

En ce qui concerne les soies, il importe de ne pas perdre de vue que la pré- 
sence de fines soies bipennées aux premiers sétigères est un caractère commun 
à toute la sous-famille et non pas spécial à quelques espèces. Il en est de même 
des petites papilles globuleuses qui revêtent la face ventrale et les parapodes. 
Elles peuvent être plus ou moins développées, mais j'ai toujours constaté leur 
présence, aussi bien sur les espèces de nos côtes que sur les exotiques. 

Enfin, il ne faut pas oublier que les soies se modifient souvent beaucoup avec 
l'âge et par l'usure, ainsi chez les jeunes Aphrodites, les grosses soies ventrales 
portent une frange de poils en brosse qui disparaissent complètement chez les 
adultes. 

Tableau des genres. 

1. Des soies dorsales en flèche barbelée (fig. 11, h) 2 

— Grosses soies dorsales non terminées en flèche 3 

2. Soies ventrales avec des éperons (fig. 11, i, j). G. Hermione, p. 34 

— Soies ventrales à frange unilatérale (fig. 12, f). G.Laetmatonice.p. 36 

3. Soies dorsales lisses, aciculiformes (fig. 10, f). G. Aphrodite, p. 33 

— Soies dorsales en cimeterre, crénelées. Soies ventrales fourchues 
(fig. 13, f, d, e) G. Pontogenia, p. 38 

1. Sauf dans le genre Macellicephala qui manque d'antennes latérales et dans les genres exoti- 
ques Iphione et Bylgia qui ont 2 antennes. 



POLYCHBTES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



33 



G. APHRODITE Linné. 

•Corps ovale ou oblong. Épais feutrage dorsal cachant complètement les ély- 
tres. — Prostomium globuleux. Yeux sessiles. Une très petite antenne impaire, 
un tubercule facial comprimé, 2 longs palpes. — 15 paires d'élytres fortement 
imbriquées. Girres dorsaux filiformes. Cirres ventraux courts, subulés, soies 
ventrales simples, grosses, foncées, aciculiformes, parfois armées d'un croc 
latéral, réparties en 3 faisceaux superposés. Soies dorsales : 1° grandes acicu- 
liformes, foncées, perçant le feutrage dorsal; 2° capillaires, très nombreuses, 
très fines, très longues, les unes fortement irisées s'étendant sur les flancs, les 
autres formant un épais feutrage dorsal. 

1. Soies ventrales lisses (ou pileuses chez les jeunes), sans croc 

latéral (fig. 10, g) . . A. aculeata, p. 33 

— Soies ventrales à croc latéral (fig. 10, h). . . A. perarmata, p. 34 




Fia. 10. — Aphrodite . aculeata : a, face dorsale (grandeur naturelle); J>, tête, grossie; 
c, un parapode cirrigère; d, soie bipennée des pieds antérieurs x 120; e, soie 
épineuse des derniers sétigères; f, grosse soie dorsale x 15; g, soie ventrale pileuse 
de la forme jeune x 50 (d'après Roule). — A. perarmata : h, soie ventrale à croc x 
15 (d'après Roule). 



A. aculeata (L.). Fig. 10, a, g. — Claparède 1868, p. 41 ; Me' Intosh 
1000, p. 247 (bibliographie). — Aphrodita sericea Quatrefages 1865, l, 
p. 197. A. borealis Johnston 1865, p. 104. — Halithea aculeata Savigny 

3 



34 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

1820, p. 20. H. aurata Risso 1826, p. 412. — Forme jeune -.Milnesia nuda, 
Quatrefages 1865, I, p. 211 ; Aphroditella pallida Roule 4907, p. 15, pi. 
i, fig. 1-2, ii, fig. 8, vu, fig. 53-54. 

Corps ovale ou fusiforme, rétréci en arrière. Large sole ventrale aplatie 
Face dorsale convexe. Feutrage cachant complètement les élytres (fig. 10, 
a). Environ 40 sétigères. — Prostomium à 2 yeux sessiles portés sur des 
renflements ovoïdes. Antenne impaire petite, légèrement dilatée à l'extré- 
mité. Tubercule facial très comprimé, recouvert de papilles globuleuses 
(b). Palpes longs, subulés, couverts de très fines papilles. 2 paires de 
cirres tentaculaires subégaux, plus courts que les palpes. — Élytres lisses, 
fortement imbriquées. Cirres ventraux acuminés, plus courts que le para- 
pode (c). — Soies ventrales à pointe mousse, lisses ou garnies de poils en 
brosse chez les jeunes (g). Soies dorsales aciculiformes foncées, courtes, 
dressées (f). Soies capillaires soyeuses- magnifiquement irisées sur les 
flancs, celles du feutrage dorsal plus ternes. Soies ventrales des 1 er et 2 e 
sétigère fines et bipennées (d). Aux derniers sétigères, des soies capil- 
laires épineuses (e). — 2 cirres anaux. 

L. 10 à 20 cm. — Dos gris foncé, flancs irisés à coloration changeante 
variant du bleu paon au vert, au jaune, à l'or brun. Sole ventrale brunâtre 
ou jaunâtre. 

Fonds de vase ou de sable. Fréquemment ramenée par le chalut, exception- 
nellement rejetée à la côte. 
Manche, Atlantique, Méditerranée, Mer du Nord. 

A. perarmata Roule. Fig. 10, h. — Roule 1901, p. 12, pi. i, fig. 5, m, 
fig. 20, vu, fig. 47-48. 

Corps ovalaire, légèrement terminé en pointe vers l'avant comme vers 
l'arrière. Sole ventrale lisse (?). Epais feutrage dorsal. 34 sétigères. — Pro- 
stomium petit. Pas d'yeux. 2 longs palpes épais, terminés en pointe, 
atteignant, en arrière, jusqu'aux 7 e et 8 e segments. — 15 paires d'élytres 
circulaires, transparentes, fortement imbriquées. Cirres dorsaux longs et 
relativement épais. Cirres ventraux longs, épais à leur base, résistants et 
peu caducs. Soies ventrales épaisses, à sommet recourbé en crochet, 
munies d'une dent obtuse à la base du crochet (fig. 10, h). Soies dorsales 
de deux sortes : 1° en aiguillon, droites, de couleur noire, fort longues, 
surtout les plus internes, tournées en divers sens mais principalement 
vers l'arrière,' 2° capillaires formant un feutrage pâle, très épais, très ré- 
sistant, cachant complètement les élytres. — L. 45 mm. sur 20 mm. 

Las Pilones, 640 mètres, fonds de Lophohelia. 

G. HERMI0NE Blainville. 

Corps ovale, allongé, aplati. Pas de véritable feutrage dorsal. — Prostomium 
arrondi, déprimé. 1 grande antenne'impaire. 2 longs palpes. — 15 paires d'élytres 



POLYCHETES ERRANTES. — APHR0D1TIDAE 



35 



imbriquées. Cirres dorsaux filiformes, cirres ventraux courts, subulés. Soies 
ventrales munies d'un éperon latéral et de denlicules accessoires sous le rostre 
en nombre variable. Soies dorsales : 1° aciculiformes, granuleuses; 2° longues 
soies terminées en flèche barbelée; 3° soies capillaires courtes .et peu nom- 
breuses, non feutrantes. 

H. hystrix Savigny. Fig. 11. — Quatrefages 1865, p. 206, pi. vi, fig. 9- 
14; Me' Intosh 1900, p. 264 (bibliographie). H. hystricella Quatrefages, 
Kinberg 1857, p. 5, pi. ii, fig. 5; H. fallax Quatrefages 1865, p. 204; 
H.Kinlergi Quatrefages 4SG5,p. 209. — Halitheahystrix S avigxy 1820. — 
Aphrodita hystrix Audouin et M. -Edwards 183'i, p. 70, pi. i, fig. 1-9. 




Fig. 11. — Hermione hyslrix : a, face dorsale, grandeur naturelle; b, 5" élytro X 4 ; 
c. d, un pied cirriçère et un pied l'lytrijrère, grossis; e, tête; f, soie dorsale en sabre 
d'un pied ôlytrigère X 80; g, h, grandes soies dorsales en harpon, avec et sans 
valves; i, j, soies ventrales x 80. — (b, c, e, h, i, j, d'après Kinberg, d, g, d'après 

MILNE-EOWARDS). 



Corps ovale, aplati, à 32-34 sétigères (fig. lia). — Prostomium arrondi, 
élargi, déprimé; deux pédoncules oculaires renflés portant chacun deux 
taches oculaires inégales (e). Longue antenne impaire filiforme légèrement 
renflée à l'extrémité. Tubercule facial comprimé, verruqueux. Deux longs 
palpes subulés, couverts de fines papilles. Deux paires de cirres tentacu- 
laires, plus courts que les palpes, terminés par un petit article claviforme, 
accompagnés de nombreuses et fines soies capillaires. — Élytres lisses, im- 



36 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

briquées, les antérieures ovales, les suivantes réniformes (b). Cirres dor- 
saux filiformes, semblables aux tentaculaires. Cirres ventraux styliformes 
atténue's, insérés sous le milieu du parapode et atteignant à peine son 
extrémité. — Soies ventrales bifurquées, branche courte en éperon, longue 
branche incurvée, lisse aux parapodes médians, ou armée de dents de 
plus en plus nombreuses aux pieds antérieurs et: aux postérieurs (i, j). 
Rame dorsale : aux parapodes cirrigères, un faisceau de longues soies 
arquées à extrémité très effilée et de fines soies capillaires qui ne sont pas 
assez développées pour former un feutrage dorsal ; aux parapodes élytri- 
gères, un faisceau de soies recourbées en sabre, quelques rares soies 
capillaires et un faisceau ■ de longues et fortes soies brunes dirigées en 
arrière, à extrémité dentelée en flèche parfois renfermée entre deux 
•calées (fig. 11, g, h). 

L. 5 à 6 cm. — Sole ventrale grise ou jaunâtre, face dorsale variant du 
sbrun pâle au brun rougeâtre foncé avec des reflets pourprés ou faible- 
ment irisés. Soies dorsales jaune clair ou marron. 

Fonds de gravier et de coquilles brisées. Ramenée assez fréquemment par 
la drague avec les Huîtres ou les Pectens. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, Océan Indien. 



G. UETMATONICE Kinberg 
[Laetmonice auct.; Letmonicella, Roule]. 

Corps ovale allongé, aplati (fig. 12, a). Feutrage dorsal plus ou moins déve- 
loppé. — Prostomium triangulaire. Yeux brièvement pédoncules. Une longue 
antenne impaire, un tubercule facial, deux longs palpes, deux paires de longs 
cirres tentaculaires accompagnés de soies capillaires (fig. 12, b). — 15à 20 paires 

d'élytres imbriquées, insérées sur les segments 2, 4, 5, 7, 9... 23, 25, 28, 31 

43, 46. Cirres dorsaux filiformes, cirres ventraux courts. Soies ventrales ar- 
mées d'un éperon latéral et d'une frange unilatérale de longs filaments raides, 
en outre, aux2 e -3 e sétigères, de fines soies ventrales bipennées. Soies dorsales - 
1° aciculiformes, 2° longues soies terminées en flèche barbelée, 3° soies capil* 
laires feutrantes. 

1. 34-36 sétigères, 15 paires d'élytres . . . . L. filicornis, p. 36 
— 45-47 sétigères, 18-20 paires d'élytres. . . . L. producta, p. 38 

L. filicornis Kinberg. Fig. 12, a-f. — Kinberg 1858, p. 7, pi. m, fig. 7; 
Mcl Intosh 1900, p. 258 (bibliographie). L. Kinbergi Baird 1865, p. 180. 
— Forme jeune : Letmonicella spinosissima Roule 1901, p. 23, pi. n, 
fig. 9, m, fig. 15, 16, 17, vu, fig. 55-56. 

Corps élargi, environ 34 à 36 sétigères (fig. 12, a). Sole ventrale et para- 
podes couverts de papilles globuleuses très fines. Feutrage dorsal lâche, 
plus ou moins développé. — Prostomium arrondi, divisé en 3 par deux 
sillons longitudinaux arqués ; deux courts pédoncules oculaires peu ou pas 



POLYCHETES ERRANTES. — APHR0D1TIDAE 



37 




Fig. 12. — Laelmatonice filicornis : a, face dorsale x 2; b, tête ; c, 5* élytre x 2; d, ' 
14* sétigère (d'après Kinberg) ; e, 1, soie en harpon x 20 et soie ventrale x 15 (d'après 
Roule). 



pigmentés. Antenne impaire filiforme légèrement renflée à l'extrémité (b). 
Grand tubercule facial comprimé, couvert de papilles marailliformes. 2 très 
longs palpes subulés, pouvant atteindre en arrière jusqu'au 15 e -16° séti- 
gère, couverts de fines papilles. Deux paires de cirres tentaculaires 
filiformes, plus courts que les palpes, légèrement renflés à l'extrémité, ac- 
compagnés de fines soies capillaires lisses. — 15 paires d'élytres lisses, 
imbriquées, les antérieures ovales, les suivantes réniformes (c). Très longs 
cirres dorsaux filiformes, semblables aux tentaculaires. Cirres ventraux 
courts, épais, ne dépassant pas le parapode. — Soies ventrales robustes, 
armées d'une dent recourbée en éperon sous le rostre recourbé garni 
d'une frange unilatérale de longs filaments raides (f), en outre, aux 5 pre- 
miers sétigères, de fines soies bipennées. Rame dorsale : aux parapodes 
cirrigères, un faisceau de longues soies aciculiformes, arquées, lisses et un 
faisceau de fines soies capillaires formant le feutrage dorsal ; aux parapo- 
des élytrigères, un faisceau de soies arquées, lisses, quelques soies ca- 
pillaires et un faisceau de longues soies à extrémité dentelée en (lèche, 
parfois renfermée entre deux valves (12, e). 

L. 20 à 35 millimètres. — Face dorsale souvent bleuâtre ou violacée, 
sous le feutrage dorsal grisâtre. 



38 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Fonds vaseux, à une profondeur souvent considérable. 

Mer du Nord, Manche (Guernesey), Atlantique (golfe de Gascogne). — Golfe 
du Mexique, Pacifique, Mers Australes. 

Nota. La Letrnonicella spinosissima de Roule n'est que la forme jeune (15 mil- 
limètres, 28 sétigères) de cette espèce. 

L. producta Grube. — L. producta var. britannica Me' Intosh 1900, 
p. 262, pi. xxxvi, fig. 4-5, xxxvu, fig. 3. 

Corps ovale, allongé.. 45-47 sétigères. Sole ventrale et parapodes cou- 
verts de fines papilles. Pas de feutrage dorsal. — Prostomium triangulaire ; 
2 pédoncules oculaires allongés et renflés à l'extrémité. Antenne impaire 
filiforme, plus courte que les palpes. Tubercule facial à papilles lobées. 
Deux longs palpes subulés, à fines papilles. Ci'rres tentaculaires plus longs 
que l'antenne impaire, à extrémité plus allongée que chez L. filicornis, 
accompagnés de fines soies capillaires. — 18-20 paires d'élytres fortement 
réticulées. Longs cirres dorsaux filiformes, renflés à l'extrémité. Cirres 
ventraux subulés, aussi longs que les parapodes. Soies ventrales à éperon 
latéral et frange unilatérale à filaments moins nombreux et plus raides que 
chez L. filicornis (?), en outre, jusqu'au 4 e sétigère, de fines soies bipennées. 
Rame dorsale : 1° de longues soies noduleuses, 2° de grandes soies en 
flèche à 5-6 dents et à valves, 3° des soies capillaires peu développées. 

Taille pouvant atteindre 10 cm. — Coloration rose chair, pâle. 

Fonds de sable et gravier à 500 brasses. — Atlantique (Achill Head), 
Manche(?). 

G. P0NTOGENIA Claparède. 

Corps ovale, dos bombé . Un feutrage dorsal. Yeux pédoncules . — Prostomium 
globuleux. Une antenne impaire. Un tubercule facial. 2 palpes, 2 paires de cirres 
tentaculaires, accompagnés de soies capillaires. — 15 paires d'élytres imbri- 
quées. Cirres dorsaux grêles. Cirres ventraux courts. Soies ventrales fourchues, 
à deux branches inégales, courtes, lisses, en outre, aux premiers sétigères, de 
fines soies bipennées. Soies dorsales : 1» de grandes soies en cimeterre, créne- 
lées, recourbées en berceau sur le dos, 2° de courtes soies capillaires, 3° des 
soies capillaires feutrantes. 

P. chrysocoma (Baird). Fig. 13. — Claparède 1868, p. 58, pi. i, fig. 3; 
Saint-Joseph 1906, p. 189, pi. m, fig. 58-68. — Hermione chrysocoma 
Baird 1865, p. 178. — Aphrodite echinus Quatrefages 1865, p. 199, pi. 
vi, fig. 5-7. 

Dos fortement bombé (fig. 13, a), recouvert par les soies dorsales recour- 
bées, 34 sétigères. Sole ventrale et parapodes couverts de papilles globu- 
leuses. Feutrage dorsal léger. — Prostomium petit, globuleux. 4 yeux 
noirs portés sur des- pédoncules en massue dirigés en avant (c). Une 
antenne impaire, plus courte que les palpes, à 4 articles : un basilaire 



POLYCHETES ERRANTES. — ÀPHRODITIDAE 



39 



conique, papilleux, un long grêle et deux terminaux, plus courts. Tuber- 
cule facial couvert de papilles. 2 courts palpes bruns, subulés, papilleux. 
2 paires de cirres tentaculaires, plus courts que les palpes, à 4 articles : 
un basilaire, épais, et trois grêles de taille décroissante ; à la base, de 
nombreuses soies capillaires.—- Elytres delà 1" paire, qui manquent sou- 
vent, munies de franges irrégulières (?), les suivantes ovales, puis réni- 
formes, parsemées de petits tubercules, ornées d'une tache brune au-des- 
sus de l'élytrophore et de traînées de granulations Brunes. Cirres dorsaux 
semblables aux cirres tentaculaires. Cirres ventraux petits. Soies ven- 
trales peu nombreuses, grosses, courtes, robustes, émoussées (d, e). A 
la rame dorsale : 1° de grandes soies brunes en cimeterre dentelées sur 
le bord convexe et recourbées en berceau sur le dos (f), 2" de courtes soies 
capillaires, 3» de longues soies capillaires formantle léger feutrage dorsal. 
L. 30 mm. — Ventre brun clair, dos plus foncé. 

Fonds de Posidonies. — Méditerranée. 




Fig. 13. — Pontogenia chrysocoma : a, face dorsale X 2 ; b. un parapode cirrigère X 3; 
c, prostomium x 0; d, e, soies ventrales x W; I, soie dorsale en cimeterre x 30. 



S.-F. POLYNOINAE Gbube. 



Corps ovalaire, aplati, ou cylindrique, allongé, verraiforme. — Prostomium 
bilobé. 4 yeux sessiles. Une antenne impaire et deux latérales plus courtes ('). 

l. Sauf dans le genre Macellicephala qui n'a pas de véritables antennes latérales et auquel les 
yeux font souvent défaut et chez Iphione et Bylgia, genres exotiques n'ayant que deux antennes. 



40 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



2 longs palpes. — Trompe exsertile cylindrique, avec une rangée de papilles au- 
tour de l'ouverture et 4 mâchoires chitineuses. 2 paires de cirres tentaculaires 
avecacicule àlabase.— Elytres : 12-18paires, ou très nombreuses, insérées sur 
les segments 2,4,5, 7, 9... 23, 26, et ainsi de suite de 3 en 3 segments. Segments 
sans élytres avec un long cirre dorsal. Cirres ventraux à tous les segments. 
Parapodes biramés à rame dorsale plus ou moins développée. Pas de soies com- 
posées. Soies dorsales différentes des ventrales. — 2 urites, ou cirres anaux. 
— Des papilles néphridiennes plus ou moins saillantes. 




Fig. 14. — Polynoin^e. — Prostomium : a, type Lepidonotus; b, type Harmathoë ; c, 
l_ type Halosydna. — Elytres : d, frangée, à papilles cornées ; e, lisse, sans franges ; — 
f, trompe vue de face avec ses papilles et ses 4 mâchoires. 

Remarques ; La plupart des Polynoiniens ont le corps court, ovalaire, aplati • 
cependant, dans les genres Polynoë, Lepidasthenia, Acholoê, le nombre des séti- 
gères peut de beaucoup dépasser la centaine et le corps allongé, plus ou moins- 
cylindrique, prend alors un aspect vermiforme. 

Le prostomium est bilobé, les deux lobes pouvant être arrondis* ou terminés 
en pointes chitineuses auxquelles on donne le nom de cornes frontales (fig. 14, 
b). Les yeux, toujours sessiles, sont au nombre de 4, généralement disposés en 
carré ou en trapèze. Certains auteurs attachent une grande importance à la 
façon dont les yeux de la paire antérieure sont disposés, plus ou moins latéra- 
lement, plus ou moins en avant, ou en partie au-dessous des cornes frontales,, 
et au fait qu'ils sont ainsi visibles ou non d'en dessus. Ce caractère n'a mal- 
heureusement pas grande valeur car il est fort variable dans une même espèce 
suivant l'âge, la taille ou le mode de fixation qui contracte plus ou moins les 
tissus. Les stades pélagiques ont ordinairement des yeux très développés. 

Sauf dans les genres Macetticephala, Iphione et Bylgia qui font seuls exception 
à cet égard, le nombre des antennes est toujours de trois : une longue impaire dont 
le cératophore est inséré plus ou moins loin entre les deux lobes du prostomium 
et deux antennes latérales, généralement bien plus courtes que l'impaire. Le 



POLYCHÈTES ERRANTES. — APHliODITIDAE 41 

mode d'insertion des cératophores dés antennes latérales fournit un caractère 
dont l'importance a été précisée par Darboux. Suivant la façon dont les anten- 
nes latérales sont implantées, on peut distinguer 3 types chez les Polynoiniens : 

1° le type Lepidonotus, dans lequel les cératophores des antennes latérales 
forment directement le prolongement des lobes du prostomium et sont souvent 
un peu au-dessus du cératophore de l'antenne impaire. Les antennes latérales 
sont dites alors à insertion marginale ou à insertion terminale (fig. 14, a). 
. 2° Le type Harmothoë. Le prostomium se termine généralement en cornes 
frontales plus ou moins divergentes, les cératophores des antennes latérales 
naissent au-dessous des lobes du prostomium et en partie au-dessous du céra- 
tophore de l'antenne impaire. C'est le type à insertion centrale (fig. 14, b). 

3° Le type Halosydna. Ce type, dont \H. gelatinosa fournit le meilleur exemple, 
est intermédiaire entre les deux précédents. Les cératophores des antennes 
latérales terminent bien les lobes du prostomium, mais ceux-ci sont cependant 
délimités par un léger sillon transversal, en outre, le cératophore de l'antenne 
impaire étant inséré à la face dorsale du prostomium, entre les deux lobes, 
recouvre en partie les cératophores des antennes latérales. L'insertion de 
celles-ci est donc subterminale (fig. 14, c). 

Le bord postérieur du prostomium est parfois recouvert en partie par un 
repli saillant du segment suivant auquel on donne le nom de repli nucal ou 
tubercule nucal. 

La trompe exsertile, cylindrique, fortement musclée, est armée de 4 mâchoires, 
robustes crocheta chitineux, recourbés, jaunâtres dont deux dorsaux et deux 
ventraux se croisant. Le bord antérieur de son ouverture est garni d'une seule 
rangée de papilles coniques, molles, au nombre de 9 à chaque lèvre, rarement 
11 (fig. 14, f). On remarque, parfois, sous le prostomium, et surplombant l'ori- 
fice buccal, un tubercule conique ou recourbé, c'est le tubercule facial auquel 
fait souvent suite un repli saillant de couleur foncée. 

Le premier segment du corps porte 4 cirres allongés, semblables aux 
antennes. Ce sont les cirres tentaculaires (fig. 14, et). Les deux supérieurs 
sont un peu plus longs que les deux inférieurs. Leurs cirrophores sont plus 
ou moins soudés à la base qui est soutenue par un acicule accompagné le 
plus souvent de quelques soies (1 ou 2) différant peu des soies dorsales des 
pieds suivants. Le segment tentaculaire est donc le premier segment sétigère 
dont les parapodes sont réduits à la rame dorsale (cirre supérieur et soies), la 
rame ventrale n'étant plus représentée que par le cirre 'inférieur. Le segment 
suivant a des parapodes bien développés, portant la première paire d'élytres, 
un cirre ventral plus long que les suivants et dirigé en avant et des soies dor- 
sales et ventrales ne différant que légèrement des suivantes. C'est le premier 
segment des auteurs qui ne comptent pas le segment tentaculaire parmi les 
sétigères. 

Les élytres sont au nombre de. 12 à 15 ou 18 paires chez la plupart des Poly- 
noinés à corps court, et très nombreuses chez les autres. Elles sont insérées 
sur les segments 2, 4, 5, 7 et alternativement de deux en deux segments jus- 
qu'au 23 e , ensuite de 3 en 3 segments. Ce n'est guère que dans les genres 
Lepidasthenia et Pseudohalosydna que l'on rencontre quelques exceptions à 
cette règle. Pour les auteurs qui ne comptent pas le segment tentaculaire, elles 
sont insérées sur les segments 1, 3, 4, 6, 8... 22, 25, 28 etc.. Les segments 



•42 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

dépourvus - d'élytres portent un long cirre dorsal, et souvent, au-dessus, un 
tubercule dorsal. Dans le genre Acholoë, ce tubercule très développé et cilié 
forme une sorte de branchie analogue à celle des Sigalioninés. 

Les élytres peuvent être lisses ou garnies de papilles, de tubercules cornés 
ou de verrues parfois énormes. Leur bord libre peut être frangé de longues 
papilles molles, cylindriques ou renflées en massue, souvent désignées sous 
le nom de cils (fig. 14, d). Ces caractères sont importants. Malheureusement 
les élytres sont souvent très caduques, se détachant au moindre froissement 
ou par autotomie lorsque l'animal est plongé dans l'alcool. Néanmoins, on peut 
toujours reconnaître leur nombre et leur emplacement grâce à leurs élytro- 
phores faciles à distinguer des cirrophores. 

Les soies ne sont jamais composées. Les dorsales diffèrent toujours des ven- 
trales. Ces dernières ont généralement une longue hampe nue qui s'élargit et 
s'aplatit dans sa région distale couverte d'épines. L'extrémité est nue, terminée 
en rostre plus ou moins recourbé et portant ou non à la base une dent accessoire. 
Suivant le cas, ces soies sont dites unidentées ou bidentées ou encore entières 
ou bifides (fig. 18, e, f). 

La grosseur relative, la forme et l'ornementation des soies dorsales et ven- 
trales fournissent de bons caractères spécifiques, mais il ne faut pas perdre de 
vue que les soies se modifient avec l'âge, la taille, et le milieu auxquels corres- 
pondent une usure plus ou moins accentuée. Les spécimens jeunes ont les soies 
plus longues, plus effilées que les adultes. Sauf indication contraire, .les soies 
représentées correspondent à des parapodes de la région moyenne du corps. 
En effet, les soies des segments antérieurs et postérieurs sont souvent assez 
différentes. Il convient aussi de remarquer qu'à la rame dorsale les soies supé- 
rieures sont ordinairement plus courtes, plus arquées et plus épineuses que 
les inférieures. A la rame ventrale, les soies de la partie supérieure du faisceau 
sont plus fines, plus allongées, fréquemment unidentées, celles du milieu, les 
médianes, plus grosses, plus larges, sont les plus typiques, les plus nette- 
ment bidentées, tandis que les inférieures sont larges, courtes, peu épineuses 
et très souvent unidentées. 

Le pygidium est accompagné de 2 urites semblables aux cirres dorsaux. 

Les papilles néphridiennes s'ouvrent à la base des parapodes. 

Tableau des genres 

1. Pas d'antennes latérales, une antenne impaire (fig. 15.) . . . 
G. Macellicephala, p. 43 

— Des antennes latérales et une impaire 2 

2. 12 paires d'élytres G. Lepidonotus, p. 45 

— 15 paires d'élytres 3 

. — 18 paires d'élytres 10 

— Élytres très nombreuses, jusqu'à l'extrémité du corps. Antennes 
latérales à insertion terminale ou subterminale. Corps vermi- 
forme 11 

3. Corps court, complètement revêtu par les élytres. Ordinaire- 
ment moins de 40 sétigères (fig. 24, a.). . 4 



POLYCHÈTES ERRANTES. — APHRODITIDAE 43 

— Corps incomplètement revêtu, région postérieure sans élytres 
(fig. 28, d) 9 

4. Antennes latérales à insertion subterminale (fig. 17, h). . . . 
G. Malmgrenia, p. 48 

— Antennes latérales à insertion terminale (fig. 14, a) 5 

— Antennes latérales à insertion ventrale (fig. 14, b) 6 

5. Parapodes subbirèmes, appendices glabres (fig. 35, b). . . ■ 
;. . . G. Nectochaeta, p. 90 

— Parapodes birèmes, appendices à papilles (fig. 36, a). . . . 
.G. Allmaniella, p. 93 

6. Soies ventrales unidentées 7 

— Soies ventrales bidentées 8 

7. Soies dorsales capillaires (fig. 17, e). . . . G. Gattyana, p. 49 

— Soies dorsales plus épaisses que les ventrales (fig. 18, d). . . 
G. Eunoë, p. 50 

8. Soies sans poches épineuses (fig. 18, d). . G. Harmothoë, p. 52 

— Soies à poches épineuses (fig. 27, e, f) , . G. Scalisetosus, p. 73 

9. Corps court, effilé postérieurement, 40 à 50 sétigères (fig. 28, d) 

- ." . G. Lagisca.p. 76 

— Corps vermiforme, 50 à 100 sétigères et davantage (fig. 30, c) 
G. Polynoë, p. 80 

10. Antennes latérales à insertion subterminale. Soies dorsales 

capillaires. Un repli nucal très marqué (fig. 32, a) 

G. Halosydna, p. 84 

— Antennes latérales à insertion ventrale. Soies dorsales plus 
grosses que les ventrales (fig. 32, m) . G. Acanthicolepis, p. 85 

11. Un gros tubercule dorsal en T aux pieds cirrigères. Élytres 
grandes. Antennes subterminales (fig. 36, h). . G. Acholoë, p. 94 

— Pas de tubercules en T aux pieds cirrigères. Élytres très petites. 
Antennes terminales (fig. 33) G. Lepidasthenia, p. 86 



G. MACELLICEPHALA Me' Intosii 
(Fauvel, char, entend.). 

Corps court massif, souvent large, aplati. 18 à 29 sétigères environ. — Pros- 
stomium bilobé, ordinairement avec cornes frontales très effilées. Pas d'yeux 
(sauf chez M. macrophthàlma). Une antenne impaire. Pas d'antennes latérales. 
2 longs palpes, 2 paires de cirres tentaculaires. — 8 à 13 paires d'élytres insé- 
rées sur les segments 2, 4, 5, 7... 13, 15, 17... 23, 26. Parapodes biramés, à 
rame dorsale réduite parfois à un acicule, à rame ventrale allongée. Soies 
dorsales absentes ou peu nombreuses, courtes, épineuses. Soies ventrales 
longues et minces, transparentes. — 2 urites. — Papilles néphridiennes parfois 
volumineuses. 



44 



FAUNE DE FRANCE. POLTCHETES ERRANTES 



1. Prostomium à cornes frontales filiformes. Pas d'yeux (fig. 15, d) 
M. abyssicola, p. 44 

— Prostomium à cornes frontales courtes. 2 gros yeux latéraux 
(fig. 15, aï M. macrophthalma, p. 45 




Fig. 15. — Macellicephala macrophthalma : a, partie antérieure x 6 ; b, parapode X 10J 
c, pointe d'une soie ventrale x 140. — M. abyssicola : d, partie antérieure ; e, para- 
pode X 10; f, soie ventrale x 40; g, soie dorsale x 40. 



M. abyssicola Fauvel. Fig. 15, d-g. — Fauvel 1913, p. 7, fig. 2 ; 191k, 
p. 41, pi. i, fig. 9, m, fig. 4-5, 18-20. 

Corps court, large, aplati. 18 sétigères. — Prostomium bilobé, sans 
yeux, cornes frontales filiformes (fig. 15, d); antenne impaire à gros céra- 
tophore cylindrique inséré entre les lobes du prostomium ; pas de tubercule 
facial. Très longs palpes filiformes, lisses. Soies bien développées au 
segment tentaculaire. — 8 paires d'élytres. Parapodes allongés, recourbés, 
à très long cirre dorsal inséré loin de la base (e). Pas de tubercule dorsal 
sur les segments sans élytres. Rame dorsale petite, aiguë, avec soies à 
rangées transversales de spinules comme celles des Harmothoë (g). Rame 
ventrale recourbée, à extrémité tronquée, renflée en bourrelet, portant sur 
sa face dorsale convexe une crête de papilles. Long acicule saillant, en- 
gaîné. Longues soies ventrales transparentes, aplaties, élargies, finement 



POLYCHÈTES ERRANTES. — APHRODITIDAE 45 

crénelées sur les bords, rappelant les soies d'Heteronereis (f). Cirre ven- 
tral filiforme, plus court que le pied et inséré loin de sa base. — Papilles 
néphridiennes petites et toutes semblables. — 2 gros cirres anaux. 
L. 28 mm. sur 10 mm. de large, pieds compris. Coloration violet foncé. 

Espèce abyssale (4.380 mètres). — Golfe de Gascogne (Fauvel). 

M. macrophthalma Fauvel. Fig. 15, a-c. — Fauvel 1913, p. 9, figi 4; 
1914, p. 45, pi. ii, fig. 9; m, fig. 1-3. 

Corps court, presque cylindrique, aspect d'Hésionien. 29 sétigères. 
Large prostomium faiblement bilobé, portant deux énormes yeux laté- 
raux (fig. 15, a). Longs palpes glabres. 4 mâchoires chitineuses. Segment 
tentaculaire achète (?). — 13 paires d'élytres. Les trois derniers sétigères 
portent tous des cirres. Longs parapodes sesquirèmes, à rame dorsale 
réduite à un acicule saillant, engaîné; rame ventrale conique, effilée, à 
long acicule saillant. Nombreuses soies ventrales capillaires, très longues, 
■soyeuses, argentées, à double limbe très transparent, étroit et finement 
■dentelé (cj. 

L. 22 mm. sur 7 mm. de large, sans les soies. 

Fond de vase, grande profondeur (4.870 mètres). — Golfe de Gascogne. 

Nota. L'absence d'antennes latérales a fait ranger cette espèce dans le genre 
Macellicephala dont elle diffère par ses gros yeux et son nombre de segments 
plus élevé. 

G. LEPID0N0TUS Leacii. 

Corps court, linéaire, de largeur uniforme (fig. 16 a). 26 sétigères. — 4 yeux. 
Prostomium bilobé sans cornes frontales (d). Une antenne impaire, 2 anten- 
nes latérales plus courtes, à insertion terminale (prolongeant les lobes du pros- 
tomium). 2 palpes acuminés. 2 paires de cirres tentaculaires avec acicule et 
.soies à la base. Antennes et cirres dorsaux à renflement subterminal. — 12 paires 
d'élytres insérées sur les segments 2, 4, 5, 7, 9... 21, 23. Parapodes biramés; 
Soies dorsales épineuses, plus minces et plus courtes que les ventrales. Soies 
ventrales à région élargie garnie de longues épines, à rostre nu, le plus souvent 
-unidenté. — 2 urites. 

1. Elytres réniformes fortement imbriquées, à longues franges, à 
grosses papilles granuleuses (fig. 16, i) . . L. squamatus, p. 45 

— Elytres orbiculaires, peu ou pas imbriquées, sans franges, sans 
grosses papilles (fig. 16, b) . L. clava, p. 46 

L. squamatus (L.). Fig. 16, f-j. — Saint-Joseph 1888, p. 151; Me' Intosh. 
1900,. p. 274, pi. xxv, fig. 1. L. pleiolepis Saint-Joseph 1888, p. 152, 
pi. vi, fig. 1-5 (non Mauenzeller). — Polynoë squamata Audouin et M.- 
,Edwards 1834, p. 80, pi. i, fig. 10-16. 

Corps de largeur presque uniforme. — 4 petits yeux noirs disposés 



46 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

en trapèze. Antenne médiane à peu près de la longueur des palpes, 
antennes latérales plus courtes que les palpes. Palpes coniques, acuminés, 
lisses à un faible grossissement. Cirres tentaculaires supérieurs de même 
longueur que les palpes, les inférieurs plus courts, accompagnés de quel- 
ques soies arquées dentelées. Antennes et cirres lisses, renflés à l'extré- 
mité, annelés de brun et terminés en pointe effilée. Un petit tubercule 
facial conique, obtus. — Cirres dorsaux semblables aux cirres tentacu- 
laires et aux antennes. Cirre ventral plus grand que les suivants, claviforme 
et dirigé en avant; les suivants acuminés, plus courts que les parapodes. 
— Elytres fortement imbriquées, cachant tout le corps, les antérieures 
arrondies, les suivantes ovales, puis réniformes (i), couvertes de grosses 
papilles saillantes : 1° grandes papilles ovoïdes ou surbaissées à surface 
finement noduleuse ou granuleuse, à large base sub-polygonale ou sinueuse 
formant mosaïque à la surface de l'élytre (j); 2° papilles plus petites 
lisses ou faiblement épineuses, parfois cylindriques; 3° de très petites 
papilles caliciformes, au bord de l'élytre; 4° de longues papilles filiformes 
formant une frange très développée sur le bord externe de l'élytre. — Soies 
dorsales plus courtes et beaucoup plus minces que les ventrales, presque 
capillaires et finement barbelées; soies ventrales jaunâtres, longues, 
robustes, à renflement sous-rostral garni de rangées de spinules pré- 
cédées de deux épines plus développées, rostre unidenté (g)'. — Deux. 
longs urites semblables aux cirres dorsaux. — Chez l'adulte, des papilles 
néphridiennes très saillantes du 9 e au 25 e sétigère. 

fi. 15 à 30 mm. — Coloration très variable, le plus souvent pâle ou jaune 
clair avec une tache foncée au centre de l'élytre et de grosses papilles 
brunâtres formant mosaïque sur le fond plus clair de l'élytre. 

A la côte, sous les pierres et dans les dragages littoraux parmi les coquilles 
brisées et les tubes de Serpules. Très commun dans la Manche. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique. — Pacifique Nord (Japon). 

Nota. Le Lepidonotus pleiolepis, tel que de Saim-Joseph l'a décrit de Dinard,- 
ne me paraît différer en rien des jeunes L. squamatus. 

L. clava (Montagu). Fig. 16, a-e. — Saint-Joseph 1898, p. 225 ;.Mc' 1n- 
tosh 1900, p. 281, pi. xxvi, fig. 1 (bibliographie). — Polynoë scutellata 
Risso 1826, p. 414. P. clypeata Grube 1860, p. 71, pi. m, fig. 1. 
P. dorsalis Quatrefages 1865, p. 245. P. modesta Quatrefages 1865, 
p. 243. — (?) P . fucescens . Quatrefages 1865, p. 242. P. Grubiana Cla- 
pauède 1810, p. 9, pi. i,"fig. 2. 

Corps de largeur uniforme, les derniers parapodes étant relativement 
. grands (a). — 4 yeux noirs disposés en rectangle, les antérieurs, plus 
grands, en avant du milieu du prostomium (d). Antenne médiane plus 
courte que les palpes, antennes latérales presque moitié plus courtes 
que lai médiane. Palpes effilés, garnis de 5 rangées longitudinales de 
petites papilles. Cirres tentaculaires plus courts que les palpes, accom- 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



47 




Fie. 16. — Lepidonolus clava: a, face dorsale; h, élytre X 8; c, une papille épineuse, 
une papille lobée, une calicinale et une filiforme x 140; d, tête; e, soie ventrale x 140. 
— L. squamalus ; f, face dorsale X 2; g, une soie dorsale X 300 et une soie ventrale 
x 110; h, parapode x 8; i, élytre de la région moyenne X 8; j, papilles épineuses 
aréolées x 100. 



pannes de quelques soies arquées, dentelées. Antennes et cirres lisses, à 
renflement globuleux terminé par une pointe filiforme. Pas de tubercule 
facial. — Cirres dorsaux semblables aux cirres tentaculaires. 1 er cirre ven- 
tral plus grand que les autres, claviforme et dirigé en avant, les suivants 
massifs, à pointe filiforme, plus courts que les parapodes&Elytres orbicu^ 
laires, non imbriquées (sauf chez les jeunes), laissant une partie du dos à 
découvert, dépourvues de franges (b) ; les 4 premières paires portent de 
grosses et de petites papilles chitineuses assez espacées, les suivantes sont 
presque lisses. Papilles : 1" grosses, surbaissées, finement noduleuses; 
2° plus petites, convexes, simples ou faiblement épineuses ; 3° très petites, 
caliciformes(c). — Soies dorsales minces, épineuses, plus courtes et moins 
effilées que celles de L. squamatus. Soies ventrales jaunâtres, longues, 
robustes à renflement sous-rostral garni de spinules moins marqués que 
chez L. squamatus, rostre incurvé,, unidenté (e). — 2 urites semblables 
aux cirres dorsaux. — Chez l'adulte, des papilles néphridiennes cylin- 
driques bien développées du 8* au 26 e sétigère. 
L. 25 à 30 millimètres. — Dos foncé, tacheté de blanc, élytres marbrées 



48 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

de brun, de marron plus ou moins foncé et] de blanc jaunâtre, une grosse 
tache blanche arrondie au-dessus de l'élytrophore. Appendices avec un 
anneau foncé sous le renflement bulbaire et parfois un autre plus clair et 
plus large à la base. 

Sous les pierres dans la zone littorale. — Manche, Méditerranée, Atlantique 
— Cap de Bonne-Espérance, Océan Indien. 



G. MALMGRENIA Me' Intosh. 

Corps allongé, étroit, 36 à 41 sétigères. — Prostomium sans cornes frontales. 
4 yeux disposés en carré. Antenne impaire glabre. 2 antennes latérales à inser- 
tion subterminale (type Halosydna). 2 longs palpes glabres. 2 paires de cirres ■ 

tentaculaires. — 15 paires d'élytres, insérées sur les segments 2, 4, 5, 7, 9 

23, 26, 29, 32. Parapodes biramés. Soies dorsales courtes presque lisses, trans- 
parentes. Soies ventrales plus longues que les dorsales, à région épineuse 
courte, à rostre unidenté ou bidenté à dent secondaire très fine. — 2 longs urites. 
— Pas de papilles néphridiennes saillantes. 

M. castanea Me' Intosh. Fig. 17, h, m. — Me' Intosh 1900, p. 379, pi. 
xxvm, fig. 15, xxx, fig. 5, xxxni, fig. 10, xl, fig. 23-26. — Harmothoë 
castanea Saint-Joseph 1898, p. 236. — Loenilla castanea Giard 1886, 
p. 3. — (?) Polynoë laevis Audotjin et M.-Edwards 1834, p. 85, pi. h, fig. 
11-19. 

Corps large en avant, atténué postérieurement. 36 à 41 sétigères. — 
Prostomium piriforme, élargi et arrondi en arrière (fig. 17, h), yeux anté- 
rieurs très en avant, visibles seulement en partie d'en dessus. Antenne 
impaire un peu plus longue que les palpes. Antennes latérales subulées, 
moitié plus courtes, à insertion du type Halosydna, Palpes courts, glabres. 
Cirres tentaculaires fusiformes, plus courts que les palpes. Antennes et 
cirres glabres. Cirres dorsaux semblables aux tentaculaires. Cirres ven- 
traux effilés, lisses, de la longueur des parapodes. — Élytres (k) adhé- 
rentes, arrondies, puis réniformes et ensuite ovales, sans franges, lisses, 
sauf un petit groupe triangulaire de papilles arrondies, lisses, dans la 
courbe antérieure des élytres réniformes. — Rame dorsale petite, conique, 
à acicule saillant (i). Soies dorsales transparentes, courtes, légèrement 
arquées, presque lisses, à rangées de spinules très peu marquées, extré- 
mité brusquement terminée en pointe mousse (1). Rame ventrale conique, 
avec un petit processus digitiforme. Soies ventrales (17, m), à peu près 
de même grosseur que les dorsales, transparentes, à longue hampe, à 
région distale courte, à longues et fines épines, à rostre recourbé, le plus 
souvent unidenté mais cependant muni parfois d'une très petite dent 
accessoire à la base. — Deux longs urites marron. — Pas de papilles 
néphridiennes saillantes ('). 

i. Eebgstrôm assimile la Malmgrenia castanea à la Loenilla alba Malmgren, cette dernière 



POLYCHETES EltltANTES. — APHItODITIDAE 49 

L. 18 à 20 mm. — Coloration très variable, face ventrale rose, brun 
garance, marron ou pourpre. Dos brun clair. Elytres à bandes transver- 
sales brun garance ou marron avec quelques points foncés. 

Autour de la bouche et entre les ambulacres du Spatangus purpureus, ou 
plus rarement sur des Étoiles de Mer. 
Mers Arctiques, Manche, Atlantique, Méditerranée. 



G. GATTYANA Me' Intosii. 
[Nychia Malmgren, Polynoë et Harmothoë auct. pro parte.] 

Corps linéaire. — Prostomium bilobé, à cornes frontales (fig. 17; a). 4 yeux. Une 
ongue antenne impaire. Antennes latérales à insertion ventrale. Palpes à ran- 
gées longitudinales de papilles. 2 paires de cirres tentaculaires avec acicule et 
soies à la base. — Cirres dorsaux garnis de longues papilles, ainsi que les 
antennes et les cirres tentaculaires. 15 paires d'élytres couvrant tout le corps, 
insérées sur les segments 2, 4, 5, 7, 9... 23, 26, 29, 32. Parapodes nettement 
biramés. Soies dorsales très nombreuses, plus fines que les ventrales, épineuses, 
terminées en pointe capillaire. Soies ventrales plus grosses, à région distale 
épineuse, à rostre lisse unidenté. — 2 longs urites. — Papilles néphridiennes 
saillantes. 

6. cirrosa (Pallas). Fig. 17, a, g. — Me' Intosh 1000, p. 285, pi. xxv, 
fig. 3. — Polynoe cirrpsa Grube (?). P. scabra Audouin et Milne-Edwabds 
I83'i, p. 87. — Nychia cirrosa Malmcren 1805, p. 58, pi. vin, fig. 1. — 
'(Harmothoë scabra Kinberg 1857, p. 21. 

Corps épais, de largeur uniforme. 34-36 sétigères. — Prostomium à 
cornes frontales bien marquées (fig. 17, a), 4 petits yeux noirs, subégaux, 
disposés en carré, visibles d'en dessus, quoique les antérieurs regardent 
vers le bas. Antenne médiane de la largeur des palpes, antennes latérales 
moitié plus courtes. Un tubercule nucal. Palpes effilés, à 6 rangées lon- 
gitudinales de très fines papilles. — Cirres tentaculaires subégaux, un peu 
plus courts que les palpes, garnis de papilles ainsi que les antennes et 
accompagnés de soies courtes, denticulées. Cirres dorsaux plus longs 
que les soies, semblables aux cirres tentaculaires. Cirres ventraux fili- 
formes, papilleux, un peu plus courts que le parapode. — Les 4 derniers 
sétigères sans élytres. Elytres imbriquées, couvrant complètement le. 
corps, la première paire orbiculaire, les suivantes ovales ou réni- 
formes (b) à bord externe frangé, à surface paraissant lisse à l'œil nu, 
mais couverte de nombreuses petites papilles coniques ou cylindro- 
coniques simples, bifides ou quadrifides (c). Rame dorsale à soies très 
nombreuses, longues, minces, légèrement recourbées, garnies de fines 

cependant, a des appendices garnis de papilles claviforraes, un prostomium du type Harmothoë, 
à cornes frontales bien marquées et des élylres incolores, elle se rapprocherait donc peut-être 
de la Malmgrenia andreapolia qui est une Harmothoë. 

4 



50 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 17. — Gattyana cirrosa : a, tête, grossie; b, 1" et 5" élytrej, grossies; c, papille des 
élytres x 100; d, parapode x 10; e, soie dorsale X 300; f, soies ventrales, supérieure 
et inférieure x 300 (d'après Malhgren). — Malmqrenia castanea : h, tête grossie; 
i, parapode X 16; k, élytre antérieure X 15; 1, soie dorsale X 240 ; m, soie ven- 
trale x 240 (d'après Me' Intosh). 

épines disposées en rangées transversales, terminées en pointe très effilée 
(e). Soies de la rame ventrale plus longues et plus épaisses que les dorsales, 
épineuses, à rostre lisse, unidenté, légèrement incurvé (f). — Papilles né- 
phridiennes saillantes, cylindriques. — 2 longs urites ciliés. 

L. 25 à 50 mm., sur 5 à 10 mm. de large. — Coloration d'un blanc lai- 
teux ou grisâtre avec, parfois, un point noir au centre des élytres. 

Dans les tubes des Térébelliens ou des Chétoptères. 

Mers arctiques, Mer du Nord, Manche, Atlantique. — Pacifique Nord. 

Nota. La variété Chaetopteri est plus pâle, de plus grande taille, avec les pa- 
pilles des élytres beaucoup plus petites, mais de même forme que dans la variété 
type. C'est la forme la plus fréquente dans la Manche. 



G. EUN0E Malmgren. 

Corps ovale oblong, court (moins de 40 sétigères). — Prostomiumbilobé, à cornes 
frontales. 4 yeux. Une antenne impaire. Antennes latérales à insertion ventrale;. 
2 longs palpes à rangées longitudinales de papilles. 2 paires de cirres tentacu- 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



51 



laîres avec acicule et soies à la base. — Cirres garnis de longues papilles, ainsi 
que les antennes et les cirres tentaculaires. 15 paires d'élytres couvrant com- 
plètement le dos, insérées sur les segments, 2, 4, 5, 7, 9... 23, 26, 29, 32. Para- 
podes biramés. Soies dorsales plus épaisses que les ventrales, garnies de 
rangées transversales de spinules. Soies ventrales robustes, à région distale 
épineuse, à rostre lisse, recourbé, unidenté. — 2 urites ciliés. — Papilles néphri- 
diennes saillantes. 




Fig. 18. — EunoS nodosa : a, tête, grossie (d'après Malmgren); b, élytre x 8 et papilles 
X -10; c, parapode ; d, soie dorsale x 100; e, soie ventrale x 100. — Ilarmothoë 
imbricata : i, soie ventrale x 100; g,.soie dorsale x 100; h, tête, grossie; i, élytre 
grossie ; k, j, papilles des_élytres ; 1, parapode (imité de Malmgren). 

E. nodosa Sars. Fig. 18, a-e. — Malmgren 1865, p. 64, pi. vin, fig. 4; 
Mc'Intosh 1900, p. 292 (bibliographie). E. Œrstedi Malmcren, 1865, 
p. 61, pi. vin, fig. 3. E. scabra Œrsted, Marenzelxer. 

Corps large, aplati, graduellement atténué en arrière. 36 à 38 sétigères. 
— Prostomium bilobé, à cornes frontales nettes. 4 yeux assez gros, dis- 
posés en trapèze, les antérieurs en arrière des cornes frontales (18, a). 
Antenne impaire ciliée, légèrement renflée sous l'extrémité filiforme, à 
gros cératophore. Antennes latérales beaucoup plus courtes que l'impaire. 
Palpes allongés, subulés,à 6 rangées longitudinales de papilles saillantes. 



52 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

Cirres tentaculaires semblables à l'antenne impaire mais un peu plus 
courts avec quelques soies à la base. — Cirres ventraux courts, subulés r 
lisses, àbase renflée. Cirres dorsaux longs, ciliés, à renflement subterminal. 
La première paire d'élytres orbiculaire, les suivantes réniformes, puis 
ovales allongées, à bord externe frangé ou non, à surface libre couverte- 
de papilles chitineuses épineuses,. simples ou étoilées, en outre, on y re- 
marque souvent de très grosses nodosités coniques ou globuleuses à sur- 
face lisse ou épineuse. Rame dorsale plus petite que la ventrale. Soies 
dorsales finement épineuses, un peu plus grosses et plus courtes que les 
ventrales (d). Soies ventrales épineuses, à extrémité lisse, légèrement re- 
courbée, unidentée (e). — 2 urites ciliés. — Papilles néphridiennes cylin- 
driques ou mamilliformes. 

L. peut atteindre 60 à 80 mm. sur 25 à 30 mm. de large. — Antennes et 
cirres rougeâtres, annelés de brun au-dessous du renflement subterminal 
blanchâtre. Élytres grises ou brun violacé, présentant souvent une tach& 
médiane plus foncée ou plus claire. 

Fonds de gravier ou de sable vaseux, à une assez grande profondeur. 
Mer du Nord, Manche (Plymouth, Iles Anglaises), Atlantique Nord, Mers 
arctiques. 

Nota. Me' Intosh a décrit, sous le nomd'JS'unoë hispanica, une espèce draguée 
parle « Porcupine » dans l'Atlantique, qui ne diffère guère de la précédenteque 
par ses yeux plus gros, ses appendices lisses et ses soies à plus longue extré- 
mité lisse. 



G. HARM0TH0Ë Kinberg (sensu Saint-Joseph). 

[Polynoë pro parte; Evarne Malmgren; Lœnilla, Malmgren; Parmenis, 
Malmgren ; Eucranta Malmgren.] 

Corps court, linéaire ou atténué postérieurement, ne' dépassant pas 40 séti- 
gères. — Prostomium divisé en 2 lobes souvent prolongés en petites cornes fron- 
tales. 4 yeux disposés en carré ou en trapèze. Une antenne impaire. 2 antennes 
latérales à insertion "ventrale, plus courtes que l'impaire. 2 palpes garnis de 
fines papilles (paraissant glabres quand celles-ci sont très petites). 2 paires de 
cirres tentaculaires avec acicule et quelques soies à la base. Trompe à 9 + 9 
papilles, 4 mâchoires cornées. — Cirres dorsaux semblables aux tentaculaires. 
Cirres ventraux plus courts. 15 paires d'élytres imbriquées couvrant tout le 
corps, insérées sur les sétigères 2, 4, 5, 7, 9... 23, 26, 29, 32. Parapodes bira- 
més. Soies dorsales plus grosses et plus courtes que les ventrales, à rangées 
tranversales de spinules. Soies ventrales à partie distale renflée, épineuse, ter- 
minées par un rostre bidenté, sauf aux inférieures qui sont parfois unidentées. 
— 2 longs urites. — Papilles néphridiennes saillantes. 

Remarques : La classification des Harmothoë est très délicate, en effet, beau- 
coup de caractères auxquels on attribuait une importance spécifique appar- 
tiennent en réalité à tout le genre. C'est ainsi que la présence de soies à la 



POLYCHÈTES ERItANTES. — APHRODITIDAE 53 

bases des cirres tentaculairesest constante, il en est de même des papilles de la 
trompe, toujours au nombre de 9 paires. 

Les anciennes diagnoses insistent sur les différences de longueur relative 
•des antennes, des palpes et des cirres, cependant ce caractère n'a générale- 
ment aucune valeur. Ces organes étant contractiles, leur longueur varie avec le 
mode de fixation, et comme ils sont parfois très caducs, ils manquent souvent 
ou bien ils sont régénérés. Les palpes sont couverts de fines papilles chiti- 
neuses. Quand elles sont très petites, visibles 'seulement à un fort grossisse- 
ment, ces organes paraissent glabres. Les antennes et les cirres sont le plus 
souvent garnis de longues papilles claviformes. 

Le prostomium bilobé est rarement dépourvu de cornes frontales, mais ce 
■caractère peut varier dans une même espèce avec l'Age et la contraction des 
tissus. Il en est de même de la grandeur et de la situation des yeux, aussi ce 
caractère est loin d'avoir la valeur que lui attribuent Me' Iktosii et Hodgson. Il 
suffit de comparer les descriptions de divers auteurs, et, mieux encore, d'exa- 
miner un grand nombre d'individus pour se rendre compte que, dans une même 
espèce, les yeux antérieurs peuvent être bien visibles d'en dessus, ou plus ou 
moins cachés sous les bords du prostomium. 

Les meilleurs caractères sont donc encore ceux fournis par la forme et la 
coloration des élytres, la nature de leurs papilles ou verrues cornées, la pré- 
sence ou l'absence d'une frange de longues papilles cylindriques à leur bord 
externe. 

Les soies fournissent aussi de bons caractères, à condition cependant de n'en 
pas exagérer l'importance. Malheureusement, chez beaucoup d'espèces, elles 
présentent peu de différences caractéristiques. En général, les soies dorsales 
sont grosses, ornées- de rangées transversales d'épines. Les soies supérieures 
du faisceau sont toujours plus courtes, plus arquées et plus fortement denticu- 
lées. Les soies ventrales, toujours constituées par une hampe lisse, suivie d'une 
partie épineuse élargie, se terminent par un rostre nu bidenté. Mais il convient 
■d'observer que les supérieures sont toujours plus fines, plus allongées et par- 
fois unidentées. Les ventrales sont au contraire plus courtes, plus larges et très 
souvent aussi unidentées. En général, on représente les soies médianes d'un 
parapode de la région moyenne du corps, caries soies des segments antérieurs 
■et postérieurs sont toujours un peu modifiées. 

Le cirre ventral du premier parapode (2* sétigère, le segment tentaculaire 
représentant le 1" sétigère) est toujours plus long que les suivants et dirigé en 
•avant.' 

1. Elytres frangées, appendices garnis de papilles (fig. 19, b, c). . 2 

— Élytres sans franges (fig. 18, i) 10 

2. Soies ventrales peu effilées, fortement bidentées. Appendices à 
papilles clairsemées (fig. 18, f, 1) 3 

— Soies ventrales effilées, finement bifides. Appendices garnis de 
longues papilles nombreuses (fig. 21, f, d) 7 

3. Elytres aréoles de taches claires, glabres, sauf de petites papilles 
dans le tiers antérieur (fig. 19, h) H. Haliaëti, p. 57 

— Elytres à papilles cornées 4 



54 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

4. Rien que des petites papilles cornées (fig. 20, f) 5 

— Des petites papilles cornées et quelques grosses verrues (fig. 

19, b.) - & 

5. Premières paires de caecums intestinaux débouchant au même 
point H. cœliaca, p. 57 

— Mâchoires hérissées de petites épines (fig. 20, k) 

. . . H. maxillospinosa. p. 58 

6. Soies dorsales à rangées de spinules serrées. Dent secondaire des 
soies ventrales recourbée en dehors. Franges peu développées 
(fig. 18, f,i, g). H. imbricata, p. 55 

— Soies dorsales à rangées de spinules espacées. Dent secondaire des 
• soies ventrales appliquée. Franges plus marquées (fig. 19, b). . 

H. Antilopis. p. 56 

7. Elytres non divisées en champs polygonaux, avec de grosses 
verrues (fig. 21, b) p. 60 

— Elytres divisées en champs polygonaux (fig. 22, b) 9 

8. Franges très développées. Grosses verrues globuleuses, épi- 
neuses. Pas d'appendice caudal H. impar, p. 59 

— Franges peu développées. Verrues cylindro-coniques, lisses. Un 
appendice caudal (fig. 21, k) H. Johnstoni, p. 61 

9. Petits champs polygonaux plans, à petites papilles isolées ou 
groupées (fig. 22, i, k) H. reticulata, p. 61 

— Grands champs polygonaux bombés portant de très grosses épi- 
nes recourbées (fig. 22, b) H. areolata, p. 62 

10. Elytres glabres ou à papilles très fines, peu nombreuses. . . 11 

— Elytres glabres, sauf quelques grosses papilles molles cylindro- 
coniques. Cirres et antennes à papilles. Soies dorsales à longue 

pointe glabre; ventrales, à dent secondaire recourbée 

H. Fraser-Thomsoni. p. 68 

11. Rame dorsale bien développée, à soies nombreuses (fig. 23, 1). 12 

— Rame dorsale rudimentaire, à soies peu nombreuses. Elytres in- 
colores ou à tache brune en anneau ou en V oblique. Commensale 
des Annélides tubicoles (fig. 26, c, d, k) . . H. lunulata, p. 70 

12. Soies dorsales à pointe courte. Antennes et cirres garnis de pa- 
pilles (lig. 23, h, g) 13 

— Soies dorsales à longue pointe nue. Antennes et cirres glabres 
(fig. 24, k, o) 14 

13. Dorsales denticulées jusqu'au sommet. Ventrales à rostre 
recourbé, dent secondaire droite. Elytres incolores, transparentes 
(fig. 23, b, d) H. Ljungmani, p. 63 

— Dorsales terminées en lame de grattoir. Ventrales à dent secon- 
daire robuste, bien écartée. Première paire d'élytres pâle, les sui- 
vantes très foncées (fig. 23, g, f, i) H. spinifera, p. 64 

— Dorsales à pointe courte, avec un petit sillon. Ventrales Ion- 



POLYCHÈTES ERRANTES. — APHRODITIDAE 55 

gues, très effilées. Élylres avec un arc marron (fig. 24, d, e, f, b). 

H. longisetis, p. 66 

14. Grandes soies dorsales droites, à rangées d'écaillés disposées en 

spirale. Un appendice caudal (fig. 24, o, k). H. benthophila, p. 68 
— Dorsales à rangées transversales de spinules. Ventrales à rostre 

renflé. Pas d'appendice caudal (fig. 25, 1, j). . . H. Joubini, p. 70 

H. imbricata (L.). Fig. 18, f, 1. — Malmgren 1865, p. 60, pi. ix, fig. 8; 
Mc'Intosh 1900, p. 314 (bibliographie). — Polynoe cirrata 0. F. Mûller; 
Savigny 1820, p. 26; Audouin et M. -Edwards 183k, p. 86; Quatrefages 
1865, p. 232. 

Corps oblong ou ovale allongé, atténué postérieurement. 37 sétigères. 

— Prostomium bilobé, à cornes frontales. 4 yeux, ceux de la paire anté- 
rieure en partie cachés sous les cornes frontales (fig. 18, h). Antenne im- 
paire à gros cératophore foncé, ciliée, à extrémité filiforme glabre. An- 
tennes latérales moitié plus courtes, ciliées. Palpes allongés, effilés, à 
rangées longitudinales de petites papilles tronquées. Cirres tentaculaires 
ciliés, plus courts que les palpes, avec quelques soies à la base. — Cirres 
dorsaux semblables aux antennes et aux cirres tentaculaires. Cirres ven- 
traux courts, avec quelques papilles claviformes. Elytres couvrant com- 
plètement le corps, celles de la première paire suborbiculaires, les sui- 
vantes ovales-réniformes ou ovales obliques (i). Elles paraissent glabres 
à l'œil nu mais sont cependant couvertes de petits tubercules coniques, 
obtus (j) et frangées de cils courts sur leur bord externe, surtout chez les 
jeunes. Les grands spécimens portent souvent, en outre, au bord posté- 
rieur, une rangée de grosses papilles brunes subglobuleuses ou briève- 
ment claviformes fixées par un court pédicelle mou. Soies dorsales ro- 
bustes, légèrement arquées, un peu plus épaisses et plus courtes que les 
ventrales, ornées de rangées transversales de spinules et terminées par 
une pointe lisse (g). Soies ventrales à partie renflée épineuse, à pointe 
lisse recourbée. Les inférieures sont unidentées, les autres bidentées (f). 

— 2 urites semblables aux cirres dorsaux, mais plus longs. — Papilles 
néphridiennes cylindro-coniques. 

L. 30 à 50 mm. — Coloration extrêmement variable; gris bleuâtre, 
brunâtre, brun foncé, avec des reflets pourpres ou violets, noirâtre chiné 
de clair, parfois un point-central foncé sur l'élytre et des taches claires 
sur le bord. Certains spécimens portent une large bande marron s'éten- 
dant sur toute la longueur du dos, tandis que le bord des élytres, restant 
blanc, forme, de chaque côté, une bande claire. 

A mer basse, sous les pierres, sur les rochers, dans les tubes de Térébelliens 
et de Chétoptères. Dans les dragages sur fond de pierres et de coquilles brisées, 
dans les crampons de Laminaires. 

Manche, Atlantique, Méditerranée. — Mers arctiques, Pacifique Nord. 



56 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES EHBANTES 



H. Antilopis Me' Intosh. Fig. 19, a-e. — Me' Intosh 1900, p. 334, pi. 
xxviii, fig. 13, xxix, fig. 14, xxxn, fig. 16, xxxvm, fig. 24-26. — Evarne 
antilopes Marion 1879, p. 13, pi. xv, fig. 1. — Polynoë antilopes Carus 
188k, p. 200. P. Mazeli Marion 1811. 

Corps très large, moyennement allongé, légèrement atténué postérieu- 
rement. 33 à 35 sétigères. — Prostomium élargi en arrière, cornes fron- 
ales tronquées. 4 yeux, les postérieurs très écartés, les antérieurs plus 
grands, latéraux et cachés sous les cornes frontales (fig. 19, a). An- 




Fig. 19. — Harmothoë Antilopis : a, tête, grossie; b, élytre; c, parapode x 16; d, soie 
ventrale X 300; e, soie dorsale X 300 (d'après Me' Intosh). — H. Haliaèti : î, soie 
dorsale x 300; g, soie ventrale X 300; h, élytre X 6. 

tenne impaire ciliée, à gros cératophore. Antennes latérales subulées, 
très courtes, ciliées. Palpes à peu près de la longueur de l'antenne impaire, 
garnis de petites papilles claviformes. Cirres tentaculaires aussi longs que 
les palpes, ciliés. — Cirres dorsaux semblables, plus longs que les 
soies (c). Cirres ventraux filiformes, à courtes papilles claviformes. 
Elytres réniformes couvrant entièrement le corps, frangées de longues 
papilles légèrement claviformes et portant de gros tubercules cornés 
émoussés ou à sommet tronqué garni d'une rosette d'épines (b). — Soies 
dorsales nombreuses, allongées, garnies de rangées circulaires, assez 
espacées, de spinules bien distinctes (rappelant les cornes d'une Antilope), 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 57 

lisses à l'extrémité (e). Soies ventrales minces et assez courtes. Les su- 
périeures fines, à extrémité unidentée; les suivantes épineuses, à rostre à 
peine incurvé, bifide, à dent secondaire appliquée ; les inférieures à dent 
secondaire plus marquée (d). — 2 urites allongés, à extrémité filiforme. — 
Papilles néphridiennes peu marquées. 
L. 20 à 25 mm. — Coloration? 

Sable vaseux, dragages. 

Manche (côtes anglaises); Atlantique; Méditerranée (Marseille). 

Nota : Mario.n figure les yeux antérieurs bien visibles à la face dorsale. 

H. Haliaëti Me' Intosh. Fig. 19, f-h. — Me' Intosh 1000, p. 336, 
pi. xxxvn, fig. 27, xxxix, fig. 1-3; Fauvel 1914, p. 57, pi. m, fig. 17. 

4 petits yeux visibles d'en dessus. Antennes latérales plus courtes que 
le prostomium. Palpes glabres. — Cirres tentaculaires et cirres dorsaux à 
papilles. Cirres ventraux élargis à la base, filiformes à l'extrémité, garnis 
de papilles. Elytres frangées, quelques fines papilles dans la région an- 
térieure, le reste de la surface glabre, aréole de taches claires, circulaires, 
se détachant sur le fond brunâtre (fig. 19, h). Soies dorsales longues, 
minces, légèrement arquées, à rangées de spinules bien marquées, à 
extrémité glabre, très courte (f). Soies ventrales à croc légèrement incurvé, 
à dent secondaire droite ou un peu recourbée (g) très fragile; les inférieures 
unidentées. 

L. 25 mm. — Elytres brunâtres, aréolées de taches claires. 

Dragages assez profonds. — Atlantique, Mer d'Irlande, Manche (?) 

H. coeliaca Saint-Joseph. Fig. 20, a-f. — Saint-Joseph 1888, p. 163, 
pi. vu, fig. 25-31. 

Corps oblong. 34 à 35 sétigères. — Prostomium très large, échancré 
en avant, à 2 grandes cornes frontales. 4 yeux, les antérieurs latéraux, un 
peu plus gros, sont rapprochés des postérieurs (fig. 20, a). Antenne 
impaire hérissée de longues papilles, à gros cératophore. Antennes laté- 
rales beaucoup plus courtes, papilleuses. Palpes plus courts /pie l'antenne 
impaire, épais, couverts de très petites papilles. Cirres tentaculaires 
subulés, à longues papilles, accompagnés d'un acicule et d'une soie dor- 
sale. — Cirres dorsaux semblables aux tentaculaires. Cirres ventraux 
petits, renflés à la base. Elytres (f), très caduques, teintées de brun clair, 
recouvrant tout le corps, réniformes, frangées de longues papilles en 
massue, couvertes de tubercules porifères en tube cylindrique ou terminé 
par une épine (e). — Soies dorsales disposées en éventail, les unes courtes, 
courbes et larges, à bord couvert de denticules, les autres, placées au- 
dessous, plus longues, plus droites, offrant des séries transversales de 
denticules qui masquent les stries (c, d). Rame inférieure allongée terminée 
en pointe obtuse. Soies ventrales transparentes, plus longues et plus fines 



58 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



que les dorsales, à pointe bidentée, à partie élargie garnie de séries de 
spinules (b). — Papilles néphridiennes à partir du 2 e sétigère, 2 urites 
ciliés. — Les caecums des parapodes 7 à 11 débouchent chacun dans 
l'intestin, au 12 e segment, par un long canal étroit.- 

L. 12 à 14 mm., sur 2 mm. de large, sans les soies. — Coloration brun 
clair. 

Recueillie dans les dragages. — Manche (Dinard). 




Fig. 20. — Harrnothoë cœliaca : a, tète X 26; b, soie ventrale x 165; c, soie dorsale 
courte x 150; d, soie dorsale longue x 200; e, un tubercule d'élytre x 210; f, 
élytre x 10. — H. maxillospinosa : g, tète X 26; h, épine de l'élytre x 260; i, bord 
externe d'une élytre X 120 ; k, une des paires de mâchoires comprimée et vue de 
face X 63; 1, soie ventrale X230 (d'après de Saint-Joseph). 



H. maxillospinosa Saint-Joseph. Fig. 20, g-1. — Saint-Joseph 
p. 166, pi. vu, fig. 32, 36. 

Corps fragile, légèrement brun. 28 à 34 sétigères. — Prostomium plus 
large que haut, profondément incisé en avant, à cornes frontales bien mar- 
quées. 4 yeux dont les deux antérieurs, plus gros, placés latéralement. 
Antenne impaire plus courte que les palpes, à papilles assez longues irré- 
gulièrement distribuées, à gros cératophore (fig. 20, g). Antennes laté- 
rales très courtes, à papilles. Gros palpes subulés, à rangées longitudi- 
nales de fins tubercules. Cirres tentaculaires ciliés, avec acicule et petites 
soies à la base. — Cirres dorsaux semblables. Cirres ventraux courts. 
Elytres, imbriquées, recouvrant tout le dos, légèrement brunâtres et 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE . 59 

presque transparentes, d'abord rondes, puis suborbiculaires et réniformes, 
frangées de longues papilles très minces, couvertes de petits tubercules 
saillants porifères qui, en approchant du bord externe, sont surmontés 
d'épines chitineuses coniques (h, i). — Soies dorsales disposées en éventail, 
les supérieures courtes et courbes, les inférieures finement épineuses, plus 
longues et plus droites. Soies ventrales de trois sortes, toutes plus longues 
et plus minces que les dorsales : 1° les plus basses, qui sont les plus courtes, 
unidentées, 2" les médianes très indistinctement bidentées, 3" les supé- 
rieures, plus longues, distinctement bidentées. — 2 urites plus longs que 
les cirres dorsaux. — Deux paires de mâchoires terminées chacune par 
une dent recourbée et hérissée de petites épines chitineuses, sauf à la 
pièce basilaire(k). 

L. 6 à 8 mm. sur 2 mm. de large, soies comprises. — Corps légèrement 
brun, élytres presque transparentes. 

Dans les dragages. — Manche (Dinard). 

H. impar Johnston. Fig. 21, a, f. — Saint-Joseph 1888, p. 162; 1806, 
p. 7 ; 1808, f. 231;,Alaejos y Sanz 1005, p. 60, pi. x, fig. 13-16, xi, fig. 2- 
16. — Poli/noë impar Claparède 1863, p. 60, pi. xm, fig. 1-5. — Evarne 
impar Malmgren 1865, p. 71, pi. ix, fig. 7; Me' Intosh 1000, p. 535, pi. 
xxvi, "fig. 5, xxvn, fig. 13, xxx, fig. 7, xxxn, fig. 18, xxxix, fig. 20-22. E. 
pentactae Giard 1886, p. 14. — (?) E. allantica Me' Intosh 1000, p. 303, 
fig. 31-32. 

Corps mou, très fragile, ovale-oblong, aplati, sensiblement atténué en 
arrière. 35 à 40 sétigères. — Prostomium largement échancré, à 2 cornes 
frontales aiguës. 4 yeux assez grands, les antérieurs latéraux, éloignés des 
cornes frontales. Antenne impaire à extrémité filiforme (fig. 21, a). An- 
tennes latérales, effilées, moitié ou 3 fois plus courtes que l'impaire. Pas de 
tubercule facial. Palpes acuminés garnis de nombreuses papilles bien mar- 
quées. Cirres tentaculaires semblables à l'antenne impaire, mais plus effi- 
lés, avec acicule et soies à la base. Cirres dorsaux plus longs que les pieds 
(d). Cirres ventraux acuminés. Antennes et cirres garnis de nombreuses 
et longues papilles claviformes. — Élytres trèseaduques, d'abord subcircu- 
laires, puis réniformes et ovales, fortement frangées au bord externe (b,c), 
couvertes de tubercules chitineux et de très grosses verrues piriformes, 
ou globuleuses do formes très variées, tuberculeuses ou épineuses, qui 
font parfois défaut sur quelques élytres ou manquent chez les jeunes. Soies 
de la rame dorsale plus courtes et plus épaisses que les ventrales, trans- 
parentes, à pointe obtuse ou acuminée, garnies de fortes rangées trans- 
versales de spinules bien séparées (e). Soies ventrales effilées, à région 
épineuse allongée, finement bidentées au sommet (f), les inférieures plus- 
courtes, unidentées. Des tubercules dorsaux très marqués aux pieds sans 
élytres. — 2 longs urites ciliés. — Papilles néphridiennes courtes, mais 
bien marquées, à partir du 1 er sétigère. 



60' 



.FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 21. — Harmolhoë impar : a, tète, grossie (d'après Me' Intosh); b, élytre x 10 
(d'après Alaejos); c, papilles des élytres, très grossies; d, parapode x 20; e, soie 
dorsale X 100; f, soie ventrale. x 100. — H. Johnstoni : g, tête (d'après Mc'Intosh); 
h, soie ventrale médiane X 150 et son extrémité x 300; i, soie dorsale x 150; k, ap- 
pendice caudal x 30; 1, élytre x 12; m, grosse papille mamilliforme ; n, papilles du 
bord des élytres X 60; o, parapode x.20. 



L. 12 à 25 mm. — Dos brun-verdâtre, plus foncé en avant, orné de 
bandes et de pointes comme chez Lagisca extenuata. Des taches vert- 
olive à la base des cirres des pieds postérieurs. Face ventrale pâle, irisée, 
bouche noirâtre, brunâtre ou vert-olive foncé, trompe foncée, élytres mar- 
brées de brun, fréquemment avec une tache centrale jaunâtre. — Phospho- 
rescente. 

A mer basse sous les pierres, dans les vieilles coquilles, dans les crampons 
de Laminaires, et aussi dans les dragages côtiers. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Nota. La variété Pagenstecheri de Michaelsen ne diffère pas du type décrit 
par .Malmgren, Me' Intosh et Alaejos, mais cette espèce présente de très nom- 
breuses variations individuelles dont beaucoup sont surtout fonction de l'âge.et 
de la taille. 

L' Evarne Pentactae, trouvée par Giard à Wimereux sur Cucumaria pentactes, 
ne paraît pas distincte de VU. impar. Quant à VE. atlanùca Me' Intosh, elle ne 
s'en distinguerait que par les papilles des appendices plus petites, des cirres 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 61 

plus minces, des soies dorsales plus longues et moins arquées, à rangées d'épi- 
nes plus serrées et des soies ventrales à extrémité plus allongée. 

H. Johnstonî (Me' Intosh). Fig. 21, g-o. — Fauvel 191b, p. 61, pi. m, 
fig. 14; 1016, p. 22, pi. m, fig. 6-8, 16. — Evar ne Johnstoni Me' Intosh 
1900, p. 358, pi. xxvii, fig. 7, xxx, fig. 6, xxxix, fig. 23-28. — Lagisca 
tenuisetis Me' Intosh 1885, p. 78, pi. h, fig. 7, xvm, fig. 9, va a, fig. 3-9. 

Corps graduellement atténué en arrière à partir du tiers antérieur. — 
Prostomium bilobé, à cornes frontales, 4 gros yeux, à tache cristalli- 
nienne blanchâtre. Antenne impaire plus longue que les palpes. Antennes 
latérales effilées, à peu près de la longueur du prostomium (fig. 21, g). 
Palpes robustes. Cirres tentaculaires aussi longs que les palpes. Cirres 
dorsaux aussi longs que les soies, filiformes à l'extrémité. Cirres ventraux 
minces, allongés. Tous ces appendices sont garnis de longues papilles cla- 
viformes. — Trompe violet foncé ou brun pourpre, à 18 papilles. — Ely- 
tres frangées de quelques papilles, les premières arrondies (l), les suivantes 
réniformes, avec une tache marron ou jaune clair. Elles sont couvertes de 
papilles chitineuses coniques, assez grosses dans le tiers postérieur, beau- 
coup plus petites dans les parties recouvertes par les autres élytres. On 
y remarque aussi parfois un certain nombre de très grosses verrues 
cylindro-coniques (m). — Soies dorsales assez grosses, les unes courtes et 
arquées, les autres presque droites, effilées, garnies de rangées de spi- 
nules (i). Soies ventrales longues et minces, surtout les supérieures 
qui sont très effilées, à partie épineuse à spinules longues et fines, 
à extrémité très atténuée légèrement bifide au sommet (h). — Papilles 
néphridiennes petites. — Un appendice caudal bien développé (k). 

L. 6 à 10 mm. — Dans l'alcool, dos brunâtre, trompe brun pourpre 
foncé, élytres transparentes avec une tache marron ou jaune clair. 

Bathypélagiquo et sur fond de vase, à grande profondeur. 

Atlantique (golfe de Gascogne, Gibraltar). 

Nota. Cette espèce se distingue de \'H. impar par son appendice caudal, la 
coloration de sa trompe, les papilles de ses appendices moins développées, ses 
soies plus effdées. 

H. reticulata (Claparède). Fig. 22, M. — Saint-Joseph 1888, p. 176, 
pi. vin, fig. 48-50; Fauvel 1913, p. 17. II. areolata Alaejos y Sanz 
(nec Grube, nec auct.), 1905, p. 64, pi. xi, fig. 17-18, pi. xn. — Polynoë 
reticulata Claparède 1870, p. 10, pi. i, fig. 1; Marenzeller 1874, p. 6. 

Corps allongé, peu atténué postérieurement. 35-37 sétigères. — Pro- 
stomium largement échancré en avant en 2 cornes frontales. 4 yeux très 
noirs, les antérieurs plus écartés, au milieu des côtés du prostomium. 
Antenne impaire longue, à extrémité filiforme. Antennes latérales moitié 
plus courtes que l'impaire (fig. 22, f). Palpes robustes, acuminés, garnis 
de fortes papilles. Cirres tentaculaires aussi longs que les palpes, acu- 



62 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

minés, avec acicule et soies à la base. Cirres dorsaux allongés . Cirres 
ventraux courts (1). Cirres et antennes garnis de longues papilles. Tuber- 
cule facial foncé. — Elytres couvrant complètement le corps, les anté- 
rieures orbiculaires, les suivantes réniformes, à bord postérieur frangé de 
cils, les uns courts, les autres longs, capités (i, k). Dans les mailles d'un 
réseau coloré, on trouve, semés à la surface de l'élytre, des tubercules 
saillants isolés ou groupés dans les espaces clairs. — Soies dorsales à nom- 
breuses rangées de spinules bien développées (h). Soies ventrales fines, 
allongées, les supérieures bifides à dent secondaire très fine (g), les infé- 
rieures unidentées. — Papilles néphridiennes grandes, commençant au 
6 e sétigère. 

L. 12 à 25 mm. — Coloration verdâtre, plus intense à la face ventrale et 
à la base des parapodes. Elytres à réseau polygonal orangé avec espaces 
clairs, bord postérieur violet noir et souvent une grosse tache noire au 
centre. 

A la côte et dans les dragages côtiers. 

Manche (Dinard), Atlantique (Santander); Méditerranée (Monaco et Naples), 

H. areolata Grube. Fig. 22 a-e. — Polynoë areolata Quatrefages 1865, 
p. 232. — Evarne areolata Giard 1886, p. 341. — Harmothoë- areolata 
Saint-Joseph 1888, p. 169," pi. vu, fig. 41-43; 1906, p. 193, pi. m, 69-70; 
Me Intosh '1900 (bibliographie), p. 349, ph xxvn, fig. 15, xxx, fig. 3, 
xxxn, fig. 17, xxxiii, fig. 3, xxxix, fig. 17-19; Fauvel 1913, p. 18. — 
Antinoë nobilis Ray Lankester 1866, p. 275, pi. li, fig. 1-9. 

Corps linéaire, épais, de largeur uniforme. 37-39 sétigères. — Prosto- 
mium échancré, à 2 cornes frontales. 4 petits yeux dont les antérieurs 
en partie cachés sous les cornes frontales (fig. 22, a). Antenne impaire 
effilée, peu ou pas renflée sous la pointe filiforme et fortement ciliée. 
Antennes latérales courtes. Palpes acuminés, couverts de fines papilles 
claviformes. Cirres tentaculaires semblables à l'antenne impaire, avec aci- 
cule et 1-2 soies à la base. — Cirres dorsaux filiformes, parfois renflés en 
quenouille, couverts de longues papilles (c). Cirres ventraux- atteignant 
la base des soies, garnis de quelques papilles. Elytres fortement imbri- 
quées, couvrant complètement le corps. La première paire petite, arrondie, 
avec de grosses protubérances. Les suivantes sub-quadrangulaires, puis 
ovales, fortement et longuement frangées (b), leur surface libre est divisée 
en grands champs polygonaux bombés séparés par des lignes claires et 
portant chacun une grosse épine chitineuse recourbée précédée d'une 
carène violette. La partie cachée sous les autres elytres est pâle, divisée 
en champs moins étendus, avec des papilles cornées de taille beaucoup 
plus petite.' Rame dorsale courte, à nombreuses soies divergentes jaunes, 
courtes, robustes, un peu arquées, à fortes rangées de spinules, à som» 
met nu ogival avec un sillon longitudinal (e). Rame ventrale conique à 



POLYCHETES ERRANTES. 



APHR0D1TIDAE 



63 



soies minces, à rangées de spinules bien marquées, à sommet nu allongé, 
à dent secondaire droite (d). Les supérieures et les inférieures sont parfois 
unidentées. — 2 longs urites garnis de papilles. — Papilles néphridiennes 
petites. Le corps de largeur presque uniforme, les soies courtes, robustes, 
jaunâtres, donnent à cette espèce un aspect de Lepidonotus. 

L. 20 à 25 mm. — Corps rosé, face dorsale avec des bandes transver- 
sales pigmentées. Tète violette, palpes garance; cirres pâles, brunâtres 
à la base. Elytres brun-violacé, grosses épines à carène violette. 

A mer basse sous les pierres et dans les tubes de Chétoptères et de Tcre- 
bella nebulosa. Dragages côtiers. 
Manche, Atlantique (?), Méditerranée, Adriatiqne. 




Fig. 22. — Harmothoë areolala : a, tête, grossie (d'après Me' Intosh); b, élytre X 8; c, 
parapodo x 10; d, soie ventrale x 250; e, soie dorsale X 250. — //. reticulala : 
f, tête, grossie; g, soie ventrale x 500; h, soie dorsale x 250; i, élytre x 15 ;k, champs 
polygonaux et papilles du bord de Pélytre X 80; 1, parapode x 20. 



H. Ljungmani (Malmgren). Fig. 23, a-e. — Me Intosh 10Q0, p. 332, 
pi. xxviii, fig. 4, xxxn, fig. 14, xxxvm, fig. 22, 23; H. Macleodi Me 
Intosh, Saint-Joseph, 1888, p. 168, pi. vu, fig. 37-40. — Parmenis 
Ljungmani Malmgren 1867, p. 135, pi. n, fig. 2. 

Corps petit, sublinéaire. 35-36 sétigères. — Prostomium bilobé, à 



64 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

2 cornes frontales peu marquées. 4 yeux, les antérieurs plus grands, sur 
les côtés, en avant du milieu de la tête (fig. 23, a). Antenne impaire courte, 
effilée, sans • renflement subterminal. Antennes latérales coniques, plus 
courtes que le prostomium. Palpes allongés, subulés, à rangées longitu- 
dinales de très fines papilles. Cirres tentaculaires avec acicule et courte 
soie à la base. — Cirres dorsaux semblables et garnis de papilles clavi- 
formes éparses, ainsi que les antennes. Cirres ventraux renflés à la base 
et ciliés. Les premières élytres orbiculaires, les suivantes ovales obliques, 
couvrant tout le dos, minces, translucides, sans franges, couvertes de 
petites verrues un peu plus grosses que celles de H. zetlandica (b). — 
Soies dorsales plus grosses que les ventrales, assez courtes; arquées, peu 
effilées et garnies de rangées de denticules jusqu'au sommet (c). Soies 
ventrales plus fines que les dorsales, toutes bifides avec dent supérieure 
forte, recourbée et dent secondaire longue, droite, assez écartée ; région 
épineuse de la soie courte (d). — 2 longs urites. 

L. 14 à 15 mm., sur -3 mm. de large, soies comprises. — Coloration 
jaune pâle ou incolore. 



Habitat : A mer basse, zone des Laminaires, sous les pierres, et dragages ; 
issi commensale de Lanice conchilega. 
Mer du Nord, Manche (Dinard, Roscofî). 



H. spinifera Ehlers. Fig. 23, f-1. — Saint-Joseph 1888, p. 171 ; 1906, 
p. 190; Me' Intosh 1900, p. 327, pi. xxvm, fig. 3, xxxm, fig. 4, xxxvm, 
fig. 17-19; Alaejos y Sanz 1905, p. 41, pi. v, fig. 8-10, vi, fig. 1-6; 
Fauvel 191k, p. 54; de Beauchamp et Zachs 191k. H. torquata Dar- 
houx 1899, p. 119. — Polynoë spinifera Ehlers 186k, p. 95, pi", m, 
fig. 1-4, 6. P. torquata Claparède 1868, p. 68, pi. n, fig. 3; Marion et 
Bohretzky 1811, p. 6. 

Corps étroit, allongé. 37-38 segments. — Prostomium bilobé à 2 cornes 
frontales. 4 yeux très écartés, les antérieurs en partie sous les cornes 
frontales. Antenne impaire à gros cératophore, à léger renflement subter- 
minal, à nombreuses papilles (fig. 23, h). Antennes latérales courtes, su- 
bulées. Palpes brunâtres, à rangées de fines papilles. Un tubercule facial 
foncé. Cirres tentaculaires brunâtres, semblables à l'antenne impaire, 
avec un acicule et 1-2 soies à la base. — Cirres dorsaux semblables aux 
cirres tentaculaires (23, 1). Cirres ventraux courts, parfois renflés à la 
base. Antennes et cirres courts, épais, garnis de nombreuses papilles 
claviformes. Élytres couvrant tout le corps, la première paire orbiculaire, 
les suivantes réniformes, puis ovales (i), à surface libre ornée de quelques 
papilles chitineuses courtes, obtuses (k) et portant, au bord externe, 
quelques cils courts, peu nombreux (frange rudimentaire) manquant 
parfois complètement. — Soies dorsales relativement courtes, arquées, 
finement denticulées, à extrémité lisse renflée en forme de lame de grat- 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



65 




Fio. 23. — Ilarmolhoê Ljungmani : a, tête, grossie; b, élytre, grossie; c, soie dorsale 
X 250 ; d, soie ventrale x 250 (d'après Me' Intosh) ; e, parapode xW. — ff. spinifera : 
i, soie ventrale inférieure et extrémité d'une ventrale supérieure x 250; g, soie dor- 
sale x 250 (d'après Me' Intosh) ; h, tête, grossie; i, élytre X 25; k, papilles des élytres 
X 300 ; 1, parapode x 25. 

toir, avec un petit 'sillon qui manque aux soies plus courtes dont la pointe 
est plus effilée (g). Soies ventrales à région épineuse courte, à sommet 
bifide à deux dents robustes bien écartées. — Papilles néphridiennes à 
partir du 6 e sétigère. — Les appendices courts et épais, les soies 
robustes donnent à cette espèce un aspect de Lepidonotus. 

L. environ 15 mm. — Face ventrale incolore dans la partie antérieure, 
verdâtre postérieurement. A la face dorsale, des bandes transversales 
foncées. Antennes et cirres brunâtres. Élytres, première paire très pâle, 
presque blanche, souvent avec une tache centrale noire, tranchant sur les 
autres paires qui sont colorées en brun très foncé ou en noir verdâtre à 
reflets métalliques sur leur surface libre. Ensuite, le pigment devient plus 
pâle et mélangé de petites taches claires leur donnant un aspect granité. / 

Sous les pierres et dans les fentes de rochers, dans les crampons de Lami- 
naires et aussi dans les dragages côtiers. 
Manche, Atlantique, Méditerranée, 

Nota. La Polynoë torquata, d'après Clapabède lui-même, ressemble à s'y mé- 

5 



66 ■ FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

prendre à la P. spinifera. Elle a la même coloration et n'en différerait que par- 
la présence de 16 élytres au lieu de 15. Ce chiffre, qui n'a jamais été confirmé 
depuis par d'autres auteurs, résulte sans doute d'une erreur d'observation,, 
comme on en rencontre souvent dans Claparède, et les deux espèces peuvent 
être regardées comme synonymes. 

H. longisetis (Grube). Fig. 24, a-g. — Saint-Joseph 1898, p. 234, pi. xm, 
fig. 21; Fauvel 1914, p. 58; H. Malmgreni Ray Lankester 1869, p. 375 r 
pi. li, fig. 25-28; H. laevigata Fauvel 1913, p. 18; H. setosissima Me' 
Intosh (non Savigny) 1900, p. 345 (bibliographie), pi. xxvin y fig. 5, xxx r 
fig. 12, xxxm, fig. 5, xl, fig. 5; Alaejos y Sanz 1905, p. 52, pi. viii-ix, 
fig. 1-7. — Polynoë longisetis Grube 1863, p. 37; P. glabra Pruvot 
1897. — ■ Laenilla glabra Malmgren, 1865, p. 73, pi. ix, fig. 5; L. seto- 
sissima Giard 1888, p. 339; Malaquin 1890, p. 23. 

Corps large, aplati, "brusquement atténué . aux derniers segments (fig, 
24, a). 38-39 sétigères. — Prostomium bilobé, à cornes frontales obtuses, 
ou même absentes. 4 yeux bien séparés, les antérieurs plus grands, les 
latéraux en partie sous les cornes frontales. Antenne impaire filiforme, à 
renflement subterminal peu marqué, garnie de courtes papilles clavi- 
formes. Antennes latérales petites, très effilées, à papilles. Palpes glabres 
(papilles très fines visibles seulement à un fort grossissement). Cirres ten- 
taculaires semblables à l'antenne impaire, avec acicules et quelques soies 
à la base. — Cirres dorsaux filiformes, à rares papilles capitées, à léger 
renflement subterminal, plus longs que les soies. Cirres ventraux effilés,, 
papilleux. Elytres fortement imbriquées, couvrant tout le corps. La pre- 
mière paire arrondie, les suivantes réniformes ovales (b), très caduques, 
minces, mais fermes, d'aspect glabre, mais en réalité couvertes de très nom- 
breuses et très petites papilles chitineuses coniques emportant quelques . 
rares et très petits cils capitéssur le bord externe, pas de véritable frange . 
— Rame dorsale conique, à long acicule engainé. Soies dorsales deux. 
ou trois fois plus épaisses que les ventrales et plus courtes, transparentes, 
peu arquées, garnies de nombreuses et fines rangées de spinules presque 
jusqu'à l'extrémité conique qui porte parfois un petit sillon longitudinal 
(d). Rame ventrale conique, à long processus filiforme, à acicule saillant 
engainé. Soies ventrales très nombreuses, très fines, à région épineuse 
longue, effilée, garnie de fines épines serrées, rostre presque droit, bifide,, 
à dent secondaire très mince (e, f). Les inférieures unidentées ainsi que 
quelques • supérieures. — 2 longs urites garnis de papilles. — Papilles, 
vnéphridiennes à partir du 6 e sétigëre. 

L. 30 à 60 mm. — Face ventrale blanc argenté, tête brun foncé, dos 
pâle ou avec des bandes brunes transversales, antennes et cirres brunâtres, 
ou incolores. Elytres jaune pâle bordées d'une large bande marron arquée, 
au bord postérieur. Cette coloration manque parfois complètement. — 
Phosphorescente. - 



POLYCHETES -ERRANTES. 



APHRODITIDÀE 



67 




Fig. 24. — Harmotkoë longisetis :a, face dorsale ;b, élytre, grossie ;c, parapode x 20; dy 
soie dorsale x 300; e, soie ventrale supérieure x 300; f, extrémité d'une soie ventrale 
moyenne x 300; g, soie ventrale inférieure x 300. — //. benthophila : h, élytre X 15; 
i, extrémité d'une soie ventrale supérieure X 300; k, extrémité d'une longue soie 
dorsale x 150; 1, dorsale supérieure arquée X 150; m, soie ventrale inférieure 
X300; n, ventrale médiane x 300; o, parapode X30. . 



A mer basse sous les pierres, mais le plus souvent dans les tubes de Chéto- 
ptères, parfois dans les tubes d'Amp/iitriteEdwardsi et même d'Arenicola marina 
(Fauvel). — Dragages côtiers. 

Mers du Nord, Manche, Atlantique (golfe de Gascogne), Méditerranée (Mo- 
naco, Baléares). 

Nota. L'exemplaire recueilli à Saint-Vaast sur l'Arénicole ne diffère du type 
que par sa coloration générale ferrugineuse (due au pigment de l'Arénicole?), 
ses papilles des élytres plus grosses et ses cils plus nombreux et plus longs. 

Les petits spécimens de la Méditerranée ont l'extrémité des soies ventrales si 
effilée qu'elle paraît au premier abord unidentée, bien qu'elle porte une dent 
secondaire extrêmement fine. 

La Polynoëlaevigata, de Claparède, ne peut se distinguer de cette espèce par 
aucun caractère notable. II n'en est pas de même de la Polynoë setosissimà de 
Savigny dont la description est tellement vague qu'on n'en peut même préciser le 
genre. La nouvelle description qu'en donna plus tard Milne-Edwards ne s'applique 
pas davantage à Y H. longisetis, l'auteur lui attribuant des soies dorsales « plus 
longues et plus nombreuses que celles de la rame ventrale ». Quant à la Poly- 



68 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

noë setosissima de Quatrefages, il suffit de lire sa description et d'examiner ses 
figures pour voir qu'elles ne peuvent s'appliquer à notre espèce; l'auteur lui 
attribue des élytres frangées, qu'il figure couvertes de taches arrondies, et des 
soies ventrales très fortes, à extrémité élargie d'aspect tout à fait différent. Il 
déclare, en outre, ne l'avoir jamais rencontrée sur nos côtes. 

Contrairement à l'opinion de Giard et de Me' Intosh, je ne puis donc admettre 
cette assimilation et, comme de Saint -Joseph, je m'en tiens à la dénomination de 
Grcbe correspondant à la plus ancienne description exacte. 

H. benthophila Ehlers. Fig. 24, h-o. — Ehlers 1913,' p. 444, pL xxvii, 
fig.5-11; Fauvel 1916, p. 24, pi. n, fig. 3-15. 

Corps court, atténué postérieurement, hérissé. 23 à 25 sétigères. — 
Prostomium à 2 lobes arrondis, sans cornes frontales. 4 gros yeux à tache 
■centrale blanchâtre. Antenne impaire plus longue que les palpes. Antennes 
latérales filiformes, plus courtes que le prostomium.. 2 gros palpes allon- 
gés, glabres. — Carres tentaculaires de la longueur des palpes, avec soies 
à la base. Grands cirres dorsaus aussi longs que les soies. Cirres ven- 
traux longs. Tous ces appendices sans papilles. 10 à 11 paires d'élytres, 
grandes, imbriquées, couvrant le dos, molles, transparentes, sans franges 
de cils, avec quelques papilles hémisphériques (fig. 24, h). — Soies dor- 
sales divergentes, de deux sortes : 1° courtes, arquées, crénelées (1), 2° 
très grandes (k), droites, transparentes, à plaquettes disposées en spirale, 
à extrémité terminée par deux pointes mousses. Rame ventrale conique. 
Soies ventrales supérieures longues, minces, épineuses, à extrémité acu- 
minée, bidentée; ventrales inférieures courtes, élargies, presque lisses, 
bidentées (m, n). — Un appendice caudal. 

L. 4 à 6 mm. sur 2 à 5 mm. de large, soies comprises. — Dans l'alcool, 
incolore, transparente. 

Bathypélagique, de à 5.000 mètres. — Atlantique. 

Nota. La petite taille de cette espèce, le nombre variable de ses sétigères. et 
de ses élytres, sa vie pélagique, indiquent une forme jeune n'ayant pas encore 
acquis tout son développement. C'est peut-être le stade post-larvaire d'un Her- 
madion ? ou d'H. longisetis ? 

H. Fraser-Thomsoni Me' Intosh. Fig 25, a-e. — Me' "Intosh 1900, p. 337, 
pi. xxviii, fig. 7, xxix, fig. 15, xxxn, fig. 11, xxxix, 4, 5; Fauvel 191k, 
p. 56, pi. m, fig. 13-16. 

Corps rapidement atténué postérieurement. 39 à 40 sétigères. — ■ Pro- 
stomium bilobé, à cornes frontales bien marquées. 4 yeux, les antérieurs 
plus gros, plus écartés que les postérieurs, situés latéralement dans la 
moitié antérieure du prostomium (fig. 25, a). Antenne impaire subulée, 
à cératophore peu développé. Antennes latérales moitié plus courtes, 
brunâtres, subulées, filiformes à l'extrémité. Palpes moyennement longs, 
à rangées longitudinales de fines papilles. Cirres tentaculaires subulés 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



69 



Antennes et cirres garnis de papilles. Un tubercule facial formé d'une 
rangée transversale de 2-4 papilles coniques. — Cirres dorsaux minces et 
longs, garnis de longues papilles, marqués d'une bande brune au-dessus 
de leur extrémité filiforme. Cirres ventraux petits et minces avec quelques 
papilles claviformes (c). Elytres recouvrant complètement le corps, minces, 
molles translucides, avec de légères ponctuations rougeâtres pâles; les 
premières orbiculaires, les suivantes ovales. Elles sont dépourvues de 
franges et portent, sur leur tiers antérieur, de fines petites' papilles cor- 
nées, transparentes, puis, sur la région postérieure, une dizaine de grosses 
papilles molles coniques ou aplaties, blanchâtres, parfois tuberculeuses 
au sommet (b). — Rame dorsale aiguë, soutenue par un acicule engainé. 
Soies dorsales robustes, courtes, légèrement arquées, à rangées de spi- 
nules serrées, à extrémité glabre (e). Soies ventrales bidentées, à dent 
secondaire recourbée en dehors (d). Papilles néphridiennes petites. 

L. 10 à 20 mm. sur 4 à 8 mm. — Coloration : dans l'alcool, pâle avec, 
sur le dos, un dessin brun rougeâtre en damier assez compliqué. Elytres 
blanchâtres, tachetées de brun. 

Fonds durs, dragages. — Atlantique, côtes d'Irlande. 




Fia. 25. — llarmothoë Fraser-Thomsoni : a, tête, grossie (d'après Me' Intosh); b, 
('■lytro x 10; c, parapode x 30; d, soie ventrale X 150; e, soie dorsale X 100. — 
H. Joubini : i, tête x G; g, élytre x 10; h, parapode X 10; i, soie ventrale inférieure 
X (X); j, soie ventrale supérieure x 00; 1, soie dorsale x G0. 



70 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

H. Joubini Fauvel. Fig. 25, f-1. — Fauvel 191k, p. 54, pi. m, fig. 6-12. 

Corps atténué postérieurement. 38 à 39 sétigères.. — Prostomium à 
cornes frontales. 4 yeux très petits, les antérieurs, latéraux, à moitié du 
prostomium. Antenne impaire plus courte que les palpes, à gros cérato- 
phore inséré à la partie dorsale, antérieure du prostomium. Antennes 
latérales subulées, à peu près aussi longues que le prostomium. Deux 
longs palpes 'glabres. — Cirres tentaculaires plus courts que les palpes, 
avec acicule a la base (25, fj. Cirres dorsaux courts, subulés, à gros céra- 
topbore, sans papilles, ainsi que tous les appendices céphaliques. Cirres 
ventraux courts, effilés. Un tubercule facial trilobé. Elytres couvrant le 
dos, molles, blanc de lait, sans franges, lisses, sauf quelques fines papilles 
coniques dans l'angle antérieur (g). Soies dorsales peu nombreuses, pres- 
que droites, à séries transversales de denticules peu marquées, à longue 
pointe lisse (1). Soies ventrales supérieures plus grosses, à extrémité 
renflée, fortement bidentée; médianes plus petites; ventrales inférieures 
presque lisses, unidentées (i, j). \ 

L. 20 mm. sur 8 mm. — Dans l'alcool, dos foncé, lie de vin, élytres 
blanchâtres. 

Fond de vase, profondeur 1.473 m. 

Atlantique à environ 60 milles dans le S. S. E. du cap Saint- Vincent. 

H. lunulata (Delle Chiaje). Fig. 26. — Polynoë lunulata Claparède 
1868, p. 63, pi. n, fig. 1. — Harmothoë lunulata Me' Intosh 1900, p. 342; 
Saint-Joseph 1906, p. 194, pi. m, fig. 71-72; Alaejos y Sanz 1905', p. 46, 
pi. vi, fig. 7-9; vu, fig. 1-9; Cuénot 1912, p. 102, fig. 23-26. H. picta 
Saint-Joseph 1888, p. 172, pi. vin, fig. 44-47; H.Arenicolae Saint-Joseph 
1888, p. 174, pi. vi, fig. 22-23; H. Synaptae Saint-Joseph 1906, p. 147, 
pi. i, fig. 1-6; Beauchamp et Zachs 191k, p. 221, fig. 1-2; H. Marphysae 
Me' Intosh 1900, p. 339, pi. xxvm, fig. 11, xxix, fig. 16, xxm, fig. 3, 
xxxix, fig. 7-11. — Malmgrenia andreapolis Me' Intosh 1900, p. 382, 
pi. xxvi, fig. 8, xxxi; fig. 3, xxxn, fig. 11, xl, fig. 27-30. — ? Laenilla 
aléa Malmgren 1865, p. 73, pi. xm, fig. 23. 

Corps allongé presque partout de la même largeur. 36-39 sétigères. — 
Prostomium large, bilobé, sans cornes frontales marquées. 4 yeux assez 
gros, en trapèze, les antérieurs tout à fait sur les bords de la tête, à peu 
près au milieu de sa longueur (a). Antenne impaire filiforme à l'extrémité, 
à cératophore foncé. Antennes latérales courtes, piriformes. Palpes gla- 
bres, clairs, volumineux. Un tubercule facial. Cirres tentaculaires avec 
acicule et quelques soies à la base. — Cirres dorsaux pigmentés, courts, 
à extrémité filiforme. Antennes et cirres semblables, sans renflement 
subterminal et garnis de papilles claviformes peu nombreuses. Cirres 
ventraux courts, à papilles. Elytres couvrant complètement le corps, la 
l re paire orbiculaire, les suivantes ovales ou réniformes, molles, sans 



POLYCHETES EHRANTES. 



APHRODITIDAE 



71 




Fio. 26. — Harmothoë lunulata : a, tête, grossie; b, parapode X 20; c, élytrc anté- 
rieure x 10; d, élytre moyenne X 10; e, soie dorsale x 200; f, g, h, soies ventrales 
moyenne, supérieure et inférieure X 200. — Var. Marphysae : i, soie dorsale X '.500, 
— Var. Andrcapolis : k, élytre x 10; 1, m, n, soies ventrales, inférieure, moyenne et 
supérieure x 300; o, dorsale x 300. 

franges, glabres, sauf quelques papilles très petites dans l'angle antérieur, 
ornées de dessins bruns très variables (c, d, k). — Rame dorsale réduite à 
un petit mamelon foncé portant des soies peu nombreuses (6 à 30 environ), 
plus courtes que les ventrales, légèrement arquées, denticulées, à pointe 
obtuse, généralement courte (e). Rame ventrale volumineuse, à acicule 
saillant, engainé. Soies ventrales longues, bidentées, à dent secondaire 
allongée, droite et mince (f, g, h). Les supérieures et les inférieures sont 
parfois unidentées. — 2 longs urites. Papilles néphridiennes petites. 

L. 10 à 35 mm. — Coloration très variable; tête rouge; à la face 
ventrale, une bande médiane rouge foncé et des bandes transversales bru- 
nâtres sur les 10-15 derniers segments ; cératophores bruns ; antennes et 
«irres pigmentés de brun ; élytres à dessin brunâtre, plus ou moins marqué, 
en anneau ou en V, avec une tache noire subcentrale, parfois réduite à 
une bande discontinue de pigment peu abondant (c, d, k). — Phospho- 
rescente. 



A mer basse, sous les pierres ou dans les rochers, le plus souvent commen- 



72 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

sale d'Annélides (Lanice conchilega, Polycirrus aurantiacus), des Synaptes et 
de Ptychodera minuta. ' 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Cette espèce présente une coloration très variable, fréquemment modifiée par 
son commensalisme. Lorsque sesi soies sont usées par le frottement du sable, 
elles présentent un aspect particulier (var. Andreapolis) , 

Les spécimens de la Méditerranée ont, en général, des soies dorsales plus 
nombreuses et plus grosses et une coloration des élytres parfois un peu diffé- 
rente. Le nombre et l'aspect des soies dorsales varient beaucoup avec l'âge et 
la taille. Elles sont d'autant moins effilées que l'animal est plus âgé. 

Ce polymorphisme a donné lieu à la création de plusieurs espèces que nous 
considérons comme de simples variétés, ou sous-espèces, entre lesquelles on 
trouve d'ailleurs toutes les transitions. On les séparera ainsi : 

1 . Élytres enfumées, coloration noirâtre. . . . var. nigra, p. 72 

— Élytres incolores ou irrégulièrement pigmentées. Soies ventrales 
toutes bidentées 2 

— Élytres à taehe brun pâle sur fond blanchâtre. Soies dorsales à 
longue pointe. Ventrales unidentées et bidentées à région épi- 
neuse courte (fig. 26, i) var. Marphysae, p. 72 

— Élytres à tâche foncée en anneau ou en V oblique. Soies ventrales 
supérieures et inférieures unidentées, médianes, bidentées. . . 3 

2. Soies dorsales à pointecourte. Corps incolore. var.Synapiae, p. 73 

— Soies dorsales à pointe courte. Corps vert sombre 

var. Arenicolae, p. 73 

3. Soies dorsales à pointe courte, obtuse. Ventrales bidentées et 
unidentées, sans renflement du rostre.' var. lunulata typique 

— Soies dorsales terminées en bouton. Ventrales unidentées ren- 
flées en bouton, et bidentées à gros rostre (Fig. 26, k, 1, m, n) 
var. Andreapolis, p. 73 

Var. nigra Alaejos y Sanz 1905, p. 46. — Se distingue de la forme typique 
par la coloration noire du tubercule facial, de la bouche, de la base des anten- 
nes et des cirres et par la teinte noirâtre, enfumée, de la surface entière des 
élytres. — Atlantique (Santander). 

Var. Andreapolis Mc'Intosh 1900, p. 382. — Prostomium à cornes frontales. 
Antennes latérales avec 2 anneaux bruns à la base. Soies dorsales un peu ren- 
flées en bouton à l'extrémité, finement épineuses (o). Soies ventrales longues, à 
région épineuse relativement large et courte. Les inférieures et les supérieures 
terminées en bouton renflé', sans dent accessoire, les médianes bidentées (m, n r 
1). Pas de papilles néphridiennes saillantes. — Coloration du corps et des ély- 
tres comVne dans la forme typique (k). — Ecosse (S 1 - Andrews); Atlantique (côtes 
d'Irlande), Manche? 

Var. Marphysae Mc'Intosh 1900, p. 339; Malaquin 1890, p. 21. — 32-33 séti- 
gères. Yeux petits. Rame dorsale réduite à une petite protubérance portant une 



POLYCHETES ERRANTES. — APHROD1TIDAE 73' 

touffe de courtes soies, peu nombreuses, légèrement arquées, minces, translu- 
cides, avec des rangées de fines épines et terminées en pointe nue assez lon- 
gue (i). Rame ventrale beaucoup plus développée, tronquée obliquement, divisée 
en deux lobes charnus surmontés d'un petit appendice digitiforme. Soies ven- 
trales à région épineuse courte, les supérieures et les inférieures unidentées, 
les médianes bidentées. Papilles néphridiennes coniques, à partir du 7 e séti- 
gère. — Coloration brun pâle ou chamois, une tache rouge sur la tête, trompe 
pourpre, face ventrale rose, avec une large bande carmin. Cirres brun pâle. 
Elytres translucides, avec une tache brune sur fond blanchâtre. Dans les gale- 
ries deMarphysa sanguinea et dans les fentes de rochers. — Manche (Boulogne, 
Cherbourg, la Hague, Guernesey). 

Var. ArenicolaeSAixT-JosEpnl888, p. 174. — Prostomium presque quadran-' 
gulaire. Palpes bruns couverts de papilles excessivement fines. Soies dorsales 
trois fois plus courtes que les ventrales, à" pointe courte, ornées de rangées 
circulaires de spinules. Soies ventrales étagées en 6 rangées superposées,- 
toutes bidentées et garnies de plusieurs rangées d'épines. Vue de face, la partie 
terminale est creusée en gouttière que les épines bordent de chaque côté. — 
Coloration vert sombre presque noir. Élytres pigmentées de brun à la partie 
extérieure. — Commensale des Arénicoles. — Manche (Dinard, Saint-Vaast). 

Var. Synaptae Saint-Joseph 1906, p. 147. — Palpes allongés couverts de fins 
tubercules, terminés en pointe effilée. Soies dorsales à pointe obtuse, couvertes 
jusqu'au bout de rangées transversales de très fines épines. Soies ventrales 
toutes bidentées, à pointe très peu recourbée en regard de laquelle se dresse 
une épine droite. 1 Papilles néphridiennes peu distinctes. — Corps incolore, tête 
très rouge, des taches brunes sur les cirres. Élytres incolores ou avec une 
tache brun pâle. — Commensale des Synaptes et des Polycirrus. — Manche 
(Terrénès); Atlantique (Arcachon, Saint-Jean-de-Luz). 



G. SCAL1SET0SDS Me' Intosh. ' 
[Adyte Saint-Joseph ; Hermadion Kinberg pro parte]. 

Corps allongé, très fragile, 40 sétigères environ. — Prostomium bilobé, sans- 
cornes frontales. 4 yeux. Une antenne impaire. 2 antennes latérales à insertion 
ventrale. 2 longs palpes glabres. — 2 paires de cirres tentaculaires avec acicule 
à la base. Cirres dorsaux semblables. 15 paires d'élytres insérées sur les seg- 
ments 2, 4, 5, 7, 9... 23, 26, 29, 32, minces, transparentes, ne couvrant pas tout 
le corps. — Rame dorsale peu développée. Soies transparentes comme du cris- 
tal, les dorsales légèrement arquées, avec des poches creuses denticulées aie 
bord, placées sur le bord convexe et sans rangées de denticules sur les côtés;, 
ventrales effilées, avec une poche creuse, bifides au sommet (fig. 27, e, f)- 

1. Antennes et cirres garnis de papilles. Soies ventrales bifides à 
rostre peu renflé {fig. 27, e) Se. pellucidus, p. 74 

— Antennes et cirres glabres. Soies ventrales à bec recourbé à l'ex- 
trémité du rostre renflé (fig. 27, i) Se. assimilis, p. 74 



74 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

S. pellucidus (Ehlers). Fig. 27, a-f. — Fauvel 1914, p. 47. S. communis 
Me' Intosh 1900, p. 373, pi. xxvi, fig. 6; Cuénot 1912, p. 40. — Polynoë 
pellucida Ehlers 186k, p. 105, pi. m, fig. 5, 7-13, iv, fig. 1-5. — Herma- 
dion pellucidum Saint-Joseph 1888, p. 177, pi. vin, fig. 51. H. fugax 
Giard 1890, p. 76. H. fragile Claparède 1868, p. 73, pi. v, fig. 2. H. Saba- 
tieriDARBOux 1899, p. 120. H. variegatum Grube, Pruvot. — Ady te pel- 
lucida Saint-Joseph 1899, p. 170, pi. vi, fig. 4-5. — Pholoë brevicornis 
Panceri. 

Corps moyennement allongé, très fragile, appendices très caducs. — 
Prostomium bilobé, 4 yeux en trapèze, les antérieurs plus grands et plus 
écartés. Antenne impaire longue, effilée à l'extrémité,, antennes latérales 
un peu plus courtes, naissant sous le bord antérieur du prostomium (fig. 
27, a). Palpes effilés, glabres. Cirres tentaculaires allongés, accom- 
. pagnes d'un acicule. Antennes et cirres garnis de papilles claviformes, 
légèrement dilatés sous la pointe filiforme et ornés d'un anneau foncé. Un 
tubercule facial en bourrelet longitudinal. Cirres dorsaux longs, sem- 
blables aux tentaculaires. 1 er cirre ventral très long, les suivants effilés, 
glabres, à peu près de longueur du parapode (b). Elytres (c) rondes ou 
ovales, transparentes, finement ponctuées, avec de petites papilles cylin- 
driques ou claviformes sur le bord externe et sur une partie de la surface, 
en outre, un certain nombre de grosses papilles en cloche surmontées 
d'un petit bouton. Lesélytrcs antérieures se croisent, les postérieures lais- 
sent à nu le milieu du dos. — Rame dorsale petite, conique, à long acicule 
saillant engainé. Soies dorsales (27 f) plus courtes que les ventrales mais 
aussi grosses, arquées, portant sur leur bord convexe plusieurs (6 à 8)> 
poches dentelées, terminées en pointe obtuse avec une petite coche. 
Rame ventrale à languette effilée, à acicule saillant, engainé. Soies ven- 
trales plus longues, lahampe.se termine par une dilatation portant une 
grande poche dentelée suivie de la partie terminale de la soie garnie de 
fines épines et bifide à l'extrémité (e). — 2 longs urites. — Papilles né- 
phridiennes petites. 

L, 12 à 32 mm. — Corps translucide, dos jaunâtre, teinté de brun clair 
disposé en bandes transversales, parfois mélangé de taches jaunâtres ou 
blanchâtres. Ventre clair. Elytres transparentes, pointillées de jaune, de 
blanc, de rose, de brun ou de pourpre. 

Dragages littoraux et zone des Laminaires, sur les Echinodermes. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

S. assimilis (Me' Intosh). Fig. 27, g-i. — Me' Intosh 1900, p. 377, 
pi. xxxm, fig. 6. — Hermadion assimile Me' Intosh 1875, p. 117. 
H. echini Giard 1886, p. 8-12. — Adyte assimilis Saint-Joseph 1899, 
p. 167, pi. vi, fig. 1-3. 

Corps étroit, allongé. — Prostomium à 2 lobes arrondis. 4 yeux en tra- 



POLYCHETES ERRANTES. APHROMTIDAE 



75 




Fig. 27. — Scalisetosus pellucidus: a, tête, grossie (d'après Claparède); b, parapode x 
25; c, élytie x 15; d, papilles des élytres x 140; e, soie ventrale X 100; f, soie dor- 
sale X 100 (d'après Me' Intosh). — Scalisetosus assirnilis : g, h, soies dorsales x 240; 
i, soie ventrale x 240 (d'après Me' I.ntosh). 



pèze, les antérieurs plus écartés, plus grands, munis d'un cristallin. An- 
tenne impaire longue, antennes latérales plus courtes que chez S. 
pellucidus, naissant sous le bord antérieur du prostomium. Palpes bruns, 
épais, glabres. — Cirres tentaculaires courts. Antennes et cirres glabres, 
légèrement dilatés sous la pointe filiforme. Cirres dorsaux relativement 
courts, semblables aux tentaculaires. Cirres ventraux subulés. Élytres, 
rondes ou. ovales, très transparentes, finement ponctuées, avec de petites 
papilles claviformes sur le bord postérieur et sur une partie de la surface. 
— Rame dorsale à peine indiquée par un mamelon peu saillant avec 
acicule engaîné. Soies dorsales courtes, légèrement arquées, à rangées 
d'épines peu saillantes à pointe arrondie avec une entaille médiane (27, 
g, h). Rame ventrale à large languette terminale à bord arrondi, acicule 
engainé dans un prolongement digitiforme. Soies ventrales plus longues, 
plus minces, la hampe se termine par un léger renflement portant une 
poche creuse dentelée suivie d'une région finement épineuse finissant en 
pointe arrondie avec un petit bec recourbé très caractéristique (i). — 
2 urites (?). — Pas de papilles néphridiennes saillantes. 



76 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

L. 18 à 20 mm. — Face ventrale claire, une bande dorsale longitudi- 
nale brunâtre ou verdâtre. 

Dans les dragages littoraux, sur les Echinus sphaera et E, esculentus. 
Atlantique (Brest, Concarneau, golfe de Gascogne, côles d'Ecosse et d'Ir- 
lande). . • 

G. LAG1SCA Malmgren. 

Corps allongé, très effilé postérieurement. 40 à 50 sétigères. — Prostomiun 
bilobé, à cornes frontales. 4 yeux. Une longue antenne impaire. 2 antennes laté 
raies à insertion ventrale. 2 palpes. — 2 paires de cirres tentaculaires avec 
acicule et soies à la base. Cirres dorsaux semblables aux tentaculaires et aus 
antennes. Cirres ventraux plus courts. 15 paires d'élytres, laissant bien à décou 
vert les 8 à 20 derniers sétigères qui forment une queue effilée. — Parapodes 
biramés. Soies dorsales à rangées transversales de spinules, Soies ventrales i 
région distale épineuse à rostre nu, Jes médianes bidentées, les supérieures e 
inférieures unidentées. — 2 urites. — Papilles néphridiennes petites. 

i . Antennes et cirres garnis de papilles. Pas d'appendice caudal 
(fig. 29, d) L. extenuata, p. 7( 

— Antennes et cirres glabres. Un appendice caudal (fig. 29, b). 
L. Hubrechti, p. 7É 

L. extenuata (Grube). Fig. 28. — Polynoë extenuata Glaparède 1868. 
p. 70, pi. ii, fig. 2. — Lagisca extenuata Saint-Joseph 1888, p. 180. 
pi. vin, fig. 52-54; Facvel 191k, p. 62, pi. iv, fig. 27-29. L. propin 
qua Malmgren 1867, p. 133, pi. n, fig. 3. L. rarispina Malmgren 1865, 
p. 65, pi. vin, fig. 2. L. floccosa Me' Intosh 1900 (bibliographie), p. 298, 
pi. xxvi, fig. 2. [non Savigny). L. Elizabethae Me' Intosh 1900, p. 303, 
pi. xxvn, fig. 3. L. Jeffreysii Me' Intosh 1900, p. 305, pi. xxvn, fig. 10, 
— Lepidonotus dumetosus Quatrefages 1865, p. 259. L'. Leachii Qpx.- 
trefages 1865, p. 258. — (?) Harmotkoë sarniensis Ray Lankesteh. 
H. extenuata Alaejos y Sanz 1905, p. 55, pi. ix, fig. 8, x, fig. 1-12, xi. 
fig. 1. 

Corps très effilé en arrière à partir du tiers antérieur (fig. 28, d). 40 à 
50 sétigères environ. — Prostomium bilobé à cornes frontales aiguës, 
4 yeux, les antérieurs latéraux, juste en avant de la ligne transversale 
médiane. Longue antenne impaire à léger renflement subterminal (a). An- 
tennes latérales moitié plus courtes, effilées, palpes coniques, presque 
lisses ou à papilles très fines. — Cirres tentaculaires semblables aux an- 
tennes, 1 acicule et quelques soies à la base. Longs cirres dorsaux sem- 
blables aux tentaculaires (e). Antennes et cirres garnis de longues 
papilles, annelés de brun. Cirres ventraux papilleux. Elytres laissanl 
bien à découvert les 8 à 15 derniers sétigères qui forment une sorte de 
queue effilée dont les soies dorsales se croisent. Celles de la première 



POLYCHETES ERRANTES. 



APHRODITIDAE 



77 




Fie 28. — Lagisca extenuata : a, tête, grossie; b, élytre x C; c, papilles des élytres; 
d, animal entier, grandeur naturelle; e, parapode x 10; f, trompe vue de face avec 
ses papilles et les mâchoires ; g, soie dorsale x 140; h, i, k, soies ventrales, supé- 
rieure, moyenne et inférieure x 140. — Vak. spinulosa : 1, m, soies ventrales, infé- 
rieure et movenne. 



tpaire arrondies, les suivantes ïéniformes puis ovales très allongées à 
grand axo oblique (b). Elles portent : 1» de petites papilles chitineuses 
■coniques sur toute leur surface, 2° une rangée postérieure de grosses 
verrues globuleuses ou ovoïdes, lisses, plus nombreuses aux élytres anté- 
rieures qu'aux postérieures où elles manquent souvent (c), 3° une frange 
de longues papilles de développement très variable. — Parapodes à rame 
■dorsale bien développée. Soies dorsales nombreuses, robustes, relevées 
sur le dos, garnies de nombreuses rangées transversales d'épines et 
terminées en pointe fine (g). Soies ventrales supérieures et inférieures 
à rostre unidenté, médianes bidentées (h, i, k). — 2 urites à papilles. — 
Papilles néphridiennes courtes, à partir du 6 8 segment. 

L. 30 à 40 mm. sur 8 à 10 mm. — Coloration très variable, ordinai- 
rement, face ventrale pâle irisée, dos couvert de bandes brunâtres formant 
un dessin assez compliqué. Elytres marbrées de brun et de gris, ou rou- 
geâtres, généralement avec une tache centrale plus claire. Tête rougeâtre 
-avec une bande transversale pâle. Antennes et cirres annelés de brun. 

Sous les pierres et sur les rochers, à mer basse dans toute la zone du balau- 



78 FAUNE -DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

cément des marées. C'est le Polynoinien de beaucoup le plus commun' dans la 
Manche. — Dragages côtiers. 
Mers arctiques, Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Vah, abyssorum Roule 1896, p. 444. Yeux très petits, élytres [sans taches 
ni marbrures, à peine teintées de jaunâtre. — Atlantique 650 à 1.410 mètres. 

Var. spinulosa Fauvel 191i, p. 64, pi, iv, fîg, 27-29. — Élytres blanches à 
rares cils capités, à petites papilles chitineuses coniques. Grosses soies dor- 
sales à rangées d'épines très serrées. Soies ventrales longues et minces à 
rangées d'épines fines et longues, toutes bidentées (fig. 28, I, m.). — Atlan- 
tique. 

Nota. L'ornementation des élytres varie avec l'âge et la taille de l'animal ainsi 
que l'a bien fait remarquer Alaejos y Sanz. De Saimt-Joseph a même noté que des- 
variations très étendues dans le nombre, la forme, la grosseur des grandes 
papilles des élytres et dans le développement des franges peuvent s'observer- 
sur un .même animal, suivant l'élytre considérée, et mes propres < observations 
corroborent exactement cette appréciation. C'est pourquoi je considère comme- 
synonymes de la Lagisca extenuata les espèces de Me Intosh fondées sur ces- 
différences d'ornementation des élytres qui ne caractérisent même pas des 
variétés stables. 

La Polynoë floccosa de Savigny, à laquelle cet auteur attribue 16 paires d'ély- 
tres, étant impossible à identifier il n'y a pas lieu de faire revivre ce vieux nom 
sous prétexte de priorité. La description de Gbube étant la plus ancienne accep- 
table, le nom d'extenuata me paraît devoir être employé à l'exclusion des 
autres. 

L. Hubrechti (Me' Intosh). Fig. 29.— Fauvel 191k, p. 67, pi. iv, fig. 11- 
17; 1916, p. 28, pi. i, fig. 1, ni, fig. 1-5 et 9-14. —Evarne Hubrechti Me' In- 
tosh 1900, p. 360, pi. xxvm, fig. 6, xxx, fig. 10, xxxm, fig. 1, xl, fig. 1-4.. 

Corps court et large, très effilé en arrière. Jusqu'à 46 sétigères. — Pro- 
stomium bilobé, à cornes frontales. 4 yeux, souvent très gros, avec tache 
centrale blanchâtre. Ceux de la paire antérieure sont alors tangents aux 
postérieurs. Antenne impaire plus longue que les palpes. Antennes- 
latérales courtes, à insertion ventrale. Gros palpes glabres légèrement» 
effilés (fig. 29, a). — Cirres tentaculaires très longs, glabres, ainsi que les- 
antennes, avec un acicule et 1-2 soies à la base. Cirres dorsaux semblables ' 
aux tentaculaires.. Cirres ventraux relativement longs et minces (c).- 
Élytres peu imbriquées laissant à découvert les 9 à 14 derniers sétigères 
formant une queue effilée. Les premières élytres arrondies (d), les sui- 
vantes ovales, incolores ou d'un blanc laiteux, minces, molles, garnies- 
de nombreuses petites papilles coniques mélangées de quelques cils 
claviformes (e). Longs parapodes à rame dorsale peu développée. Soies 
dorsales peu nombreuses, grosses, presque droites, transparentes, portant- 
de courtes rangées d'épines qui les font ressembler à un Equisetum de 
cristal (k). Soies ventrales, à peu près de même grosseur, transparentes,. 



POLYCHETES ERRANTES. 



APHRODITIDAE 



79 




Fig. 29. — LagiscaHubrechli: a, tête, grossie (d'après Me' Intosh) ; b, appendi ce ca 
x 25; c, parapode x 15; d, élytre x 10; e, papilles des élytres x 140; f, soie ven- 
trale supérieure d'un spécimen pélagique x 140 ; g, h, i, soies ventrales, supérieure, 
moyenne et inférieure x 00; k, soie dorsale x G0. 



jaune pâle, à partie distale peu élargie garnie- de rangées d'écaillés à 
bord épineux, à long rostre aigu unidenté. Les ventrales supérieures 
ont une pointe capillaire parfois bifide (29, f). — 2 longs urites glabres. 
Un appendice caudal volumineux (b). — Papilles néphridiennes indis- 
tinctes. 

L. 20 à 25 mm. — Sur le vivant : corps carmin foncé, trompe bleu vio- 
lacé, parapodes roses, soies jaune d'or. Dans l'alcool: corps rouge orangé 
ou marron, coupé, sur le dos,' de bandes transversales intersegmentaires 
blanches avec, au milieu, une fine ligne marron. Le milieu de la grande 
bande marron occupant la plus grande partie de la face dorsale du seg- 
ment est, au contraire, recoupé d'une mince ligne claire. Face ventrale 
brunâtre, pieds décolorés avec une petite tache marron au voisinage de 
leur extrémité distale. » 

Bathypélagique (0 à 3.000 mètres) et dragages profonds (1.000 à 2.000 mètres). 
Atlantique (Terre-Neuve, Açores et Jolfe de Gascogne). 

Nota. Les stades jeunes bathypélagiques (23 à 32 sétigères, avec 9 à 14 
paires d'élytres) diffèrent un peu des adultes vivant sur le fond. Ils ont de gros 
yeux, de grandes soies dorsales divergentes se croisant d'un parapode,' à 



80 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

l'autre, des soies ventrales supérieures très longues et très fines à pointe capil- 
laire finement bidentée. Les inférieures, plus grosses, sont unidentées et les 
médianes, moins nettement bifides» intermédiaires entre les deux. Avec l'âge, 
ces différences s'atténuent. 



G. POLYNOË Savigny pro parte, sensu Kinberg. 
[Nemidia et Enipo Malmgren] 

Corps allongé, vermiforme. Nombreux sétigères (50 à 100). — Prostomium 
bilobé, ordinairement sans cornes frontales. 4 yeux disposés en carré ou en tra- 
pèze. Une antenne impaire. 2 antennes latérales plus courtes, à insertion ven- 
trale. 2 palpes glabres, ou à rangées de papilles très fines — 2 paires de cirres 
tentaculaires avec acicule et soies à la base. Cirres dorsaux semblables aux 
antennes. Cirres ventraux plus courts. 15 paires d'élytres, groupées dans la 

partie antérieure du corps, insérées sur les segments 2, 4, 5, 7 23, 26, 29, 

32 et laissant à nu les nombreux segments postérieurs. Parapodes biramés, à 
rame dorsale moins développée que la ventrale. Soies dorsales fines, lisses ou 
à spinules délicates. Soies ventrales plus épaisses, polymorphes, plus ou moins 
épineuses, unidentées ou bidentées. — 2 urites. — Papilles néphridiennes. — 
Trompe à 9 -j- 9 papilles. 

Nota. Me Intosh ayant constaté sur YEnipo Kinbergi la présence de soies 
bidentées, qui avaient échappé à Malmgren, et la Polynoë scolopendrina possé- 
dant bien 2 urites, et non un seul, il ne reste plus de caractère important dif- 
férenciant ces deux genres. Le genre Nemidia me parait aussi devoir être réuni 
au genre Polynoë. 

1. Appendices garnis de papilles claviformes. Elytres pigmen- 
tées à papilles cornées. Une grosse soie ventrale hastée, uni- 
dentée, les autres bidentées, plus grêles (fig. 30» h, i, k). . . 
P. scolopendrina, p. 80 

— Elytres petites, transparentes, glabres. Appendices glabres 
(%• 31, d) 2 

2. Parapodes courts. Soies dorsales aciculaires, lisses. Soies ven- 
. traies de même grosseur, élargies, unidentées et bidentées (fig. 31 

e, f, g, h) P. Caeciliae, p. 82 

— Longs parapodes. Soies dorsales capillaires, épineuses, soies 
ventrales plus fortes, quelques-unes bidentées, la plupart uniden- 
tées, terminées en pointe effilée (fig. 31,1, m, n,o). P. Kinbergi, p. 82 

P. scolopendrina Savigny Fig. 30. — Lepidonotus scolopendrinus Qua- 
trefages 1865, p. 263. — Polynoë scolopendrina Audouin et Milne- 
Edwards 1834, p. 92, pi. i, fig. 17-19; Me Intosh 1900 (bibliographie), 
p. 390, pi. xxvni, fig. 9, xxix, fig. 17, xxxm. fig. 13, xu, fig. 4-7. P. 
crassipalpa Marenzeller 1873, p. 412. P. Johnstoni Marenzeller 1873, 
p. 420. — (?) Lepidonotus ornatus Qoatrefages 1865, p. 263. 



POLYCHETES ERRANTES— — APHRODITIDAE 



81 




Fig. 30. — Polynoë tcolopendrina : a, tète, grossie; b, parapode X20; c, animal vu de 
dos, grandeur naturelle; d, élytre x 30; e, papilles des élytres x 140; t, g, soies dor- 
sales, grosse et fine x 140; h, i, soies ventrales, inférieure et moyenne X 140; k, 
grosse soie ventrale supérieure x 140. 



Corps très allongé, vermiforme (fig. 30, c), 80 à 100 sétigères. — Pros- 
tomium à cornes frontales peu marquées. 4 yeux, les antérieurs plus 
grands, en partie sous les cornes frontales. Antenne impaire à léger ren- 
flement subterminal, garnie de nombreuses papilles claviformes courtes 
(a). Antennes latérales plus courtes, à papilles. Palpes de longueur très 
variable, garnis de rangées de fines papilles. — Cirres tentaculaires sem- 
blables à l'antenne impaire. Cirres dorsaux ne dépassant guère les soies, 
semblables aux antennes. Cirres ventraux acuminés. A chaque segment 
sans élytres, trois tubercules dorsaux plus ou moins marqués. Elytres, 
d'abord rondes, puis réniformes ou ovales, ne couvrant que la partie anté- 
rieure du corps et ne se croisant pas toutes au milieu du dos. Elles portent 
une large bando de petites papilles cornées dans leur partie antérieure et 
sont frangées de quelques courtes papilles claviformes (d, e). — Parapo- 
des à rame dorsale réduite (b). Soies ddrsales petites, épineuses, capillaires, 
souvent tronquées au sommet. Rame ventrale à lobe • triangulaire avec 
aciculo saillant, engainé. Soies ventrales de deux sortes : 1° une forte soie 
hastée à rostre acuminé (k), 2° de nombreuses soies plus minces à courte 

6 



82 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

région épineuse, à rostre bidenté. La grosse soie hastée disparaît dans 
les segments postérieurs. — Deux urites relativement courts, garnis de 
papilles. Papilles néphridiennes cylindriques à partir du 6 e sétigère. 

L. 30 à 120 mm. — Coloration assez variable, en général tête rouge, 
ventre brun clair antérieurement, plus foncé en arrière, traversé par une 
ligne médiane longitudinale blanche ou rougeâtre. Dos marbré de brun. 
Elytres marbrées de brun avec tache foncée au-dessus de l'insertion en- 
tourée d'un cercle clair. Antennes et cirres à bandes brunes transversales. 

A mer basse sous les pierres et dans les fissures de rochers, mais le plus 
souvent commensale de Polymnia nebulosa et, parfois, de Lysidice Ninetta. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 

P. Caeciliae Fauvel. Fig. 31, a-h. — Fauvel 191k, p. 69, pi. iv, fig. 1-6, 
18-19. 

Corps allongé, presque cylindrique, à région postérieure sans élytres. 
Au moins 47 sétigères, — Prostomium large, à 2 lobes arrondis, presque 
globuleux, sans cornes frontales. 4 gros yeux en trapèze, visibles d'en 
dessus. Une antenne impaire. Antennes latérales courtes, sans papilles 
(fig. 31, a), 2 gros palpes courts, renflés, ridés, glabres. — Cirres tenta- 
culaires avec soies à la base (?). Cirres dorsaux à gros cirrophore. Cirres 
ventraux allongés, glabres. Elytres petites, transparentes, arrondies, sans 
franges ni papilles (d), ne se touchant pas et laissant le dos largement 
découvert (b). — Parapodes courts, massifs, birèmes (e). Rame dorsale ré- 
duite à un petit mamelon avec un acicule et 2-3 grosses soies aciculaires, 
recourbées, lisses; rame ventrale un peu plus longue, massive, bilobée, 
avec des soies presque de même grosseur que les dorsales, les supérieures 
unidentées, légèrement épineuses, les autres, presque lisses, bidentées, 
à gros rostre avec dent accessoire fine et fragile (e-g). 

L. 15 mm., sur 2 mm. — Dans l'alcool, décolorée. Sur les élytres une 
tache jaunâtre un peu plus opaque et réticulée située au-dessus du point 
d'insertion. 

Dans un tube muqueux appliqué à la surface d'une branche de Pleurocoral- 
lium Johnstoni. Draguée à une profondeur de 1.241 mètres. 
Atlantique (îles du Cap-Vert, golfe de Gascogne, au large du Portugal). 

Nota, Malgré son nombre de sétigères relativement peu élevé, cette espèce 
appartient bien au genre Polynoë par tous ses caractères. D'ailleurs les jeunes 
spécimens de même taille de Polynoë scolopendrina n'ont pas un nombre de sé^ 
tigères sensiblement plus grand. Les rares individus recueillis jusqu'ici n'a- 
vaient sans doute pas acquis encore leur entier développement. 

P. Kinbergi(MALMGREN).Fig. 31, i-o. — Enipo Kinbergi Malmgren 1865, 
p. 83, pi. x, fig. 12; Me' Intosh 1900, p. 395, pi. xli, fig. 9-12. 
Corps vermiforme. Environ 100 sétigères. — Prostomium bilobé, sans 



POLYCHETES EIIRANTES. — APHRODITJDAE 



83 




Fig. 31. — Polynoë Caeciliae : a, tête X 10 (les cirres sont tombés); b, partie du dos 
X 10; c, parapodexlO; d, élytrex 25; e, f, g, soies ventrales, supérieure, deuxième 
et inférieure x 140 ; h, soie dorsale X 140. — P. Kinbergi ; i, parapode grossi ; k, tête 
(d'après Malmgren); 1, soie dorsale x 210; m, n, o, soies ventrales, bidentée, uni- 
dentée de profil et de face x210 (d'après Me' Intosii). 



cornes frontales. 4 yeux, les antérieurs latéraux. Antenne impaire glabre. 
Antennes latérales courtes, subulées, lisses (31, k). Palpes épais, subulés, 
glabres. — Cirres tentaculaires glabres, à peu près de la longueur des 
palpes (avec soies à la base?). Cirres dorsaux semblables aux tentaculai- 
res. Cirres ventraux subulés. Elytres suborbiculaires, petites, transpa- 
rentes, glabres, laissant toute la région postérieure nue. A chaque segment 
nu, trois tubercules dorsaux. — Longs parapodes à rame dorsale réduite 
à une petite touffe de fines soies capillaires légèrement denticulées. 
Rame ventrale conique, à 2 sortes de soies : 1° de longues soies à nom- 
breuses rangées de spinules et terminées en pointe effilée; 2° quelques 
soies bidentées à rostre recourbé au-dessus d'une petite dent secondaire. 
— 2 urites (?). — Papilles néphridiennes distinctes. 

L. 65 mm. sur 6 mm. de large, soies comprises. — Coloration:? 

Dragages. — Mer du Nord (côtes de Hollande, Terschelling). 



84 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



G. HALOSYDM Kinberg. 

Corps linéaire oblong. 43 sétigères. — Prostomium bilobé à lobes arrondis. 
4 gros yeux. Un repli nucal semi-lunaire. Une antenne impaire. 2 antennes laté- 
rales à insertion sub-terminale (intermédiaire entre le type Harmothoë et le type 
Lepidonotus, fig. 32, a). 2 palpes glabres. — Trompe à 22 papilles frangées de 
chaque côté. — 2 paires de cirres tentaculaires. Longs cirres dorsaux. 18 paires 
d'élytres ('), insérées sur les segments 2, 4, 5, 7... 23, 26, 29, 32, 35, 38, 41. — 
Rame dorsale peu développée. Soies dorsales peu nombreuses, minces, capil- 
laires, plus courtes que les ventrales. Rame ventrale à longue languette conique. 
Soies ventrales très nombreuses, longues, fines, à sommet bidenté. — 2 longs 
urites. — Des papilles néphridiennes. 

H. gelatinosa M. Sars. Fig. 32, a-g. — Saint-Joseph 1888, p. 154, 
pi. h, fig. 6-21; Me Intosh ±900, p. 385, pi. xxv, fig. 5, xxvii, fig. 11, 
xxx, fig. 11, xxiii, fig.. 12, xli, fig. 1-3. H. foliosa Prdvot. — Alentia 
gelatinosa Malmgren 1865, p. 81. — (?) Polynoë foliosa Savigny 1820, 
p. 23. ' 

Corps linéaire, aplati, atténué aux extrémités. 43 sétigères. Prostomium 
à deux lobes arrondis au bord externe de chacun desquels sont placés 
2 gros yeux rapprochés l'un de l'autre. Le repli nucal semi-lunaire 
recouvre la partie postérieure du prostomium. — Antenne impaire et 
antennes latérales sub-égales, plus courtes que les palpes. Les latérales 
naissent du bord antérieur du prostomium mais en sont séparées par un 
léger repli transversal (32, a). Palpes lisses, effilés. Un petit tubercule 
facial conique. Cirres tentaculaires sub-égaux, presque aussi longs que 
les palpes, accompagnés de quelques soies. Antennes et cirres lisses, 
filiformes, avec un léger renflement ovoïde sous la pointe effilée. — Cirres 
dorsaux semblables aux tentaculaires, plus longs que les soies ventrales. 
Cirres ventraux minces, acuminés, plus courts que le parapode. 18 
paires d'élytres ' suborbiculair es, grandes, molles (b), sans franges, réti-* 
culées de brun, lisses, sauf dans le tiers antérieur couvert de très nom- 
breuses et fines papilles chitineuses tronquées, à sommet dilaté, à trois 
dents obtuses (d), en outre, des verrues brunâtres. — Rame dorsale 
peu développée, à long acicule saillant, engaîné (c). Soies dorsales peu 
nombreuses, capillaires, très minces, très finement denticulées, moins 
longues que les ventrales (g). A- la rame ventrale, une longue languette 
conique traversée par l'acicule. Soies ventrales très nombreuses, longues, 
minces, transparentes, à pointe bidentée précédée de plusieurs lignes 
obliques de denticules. Les supérieures sont plus minces, unidentées, les 
inférieures plus larges, plus courtes, plus fortement denticulées (e, f). — 

(1) Ce nombre \arie de 16 à 20 chez les espèces exotiques. 



POLTCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



85 



2 urites semblables aux cirres dorsaux. — Papilles néphridiennes plus 
ou moins saillantes du 4" à l'avant-dernier sétigère. 

L. jusqu'à 8 à 9 cm. — Coloration : Ventre Orangé, dos teinté de bandes 
brunes transversales alternant avec des raies blanches de 3 en 3 segments 
environ, élytres gélatineuses, blanc sale ou brunâtres, presque transpa- 
rentes, s'agitant dans l'eau. 

Sous les pierres, dans la zone des Laminaires ; parfois dans la vase, dans des 
galeries de Nerine; sur des épaves flottantes. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique. 




Fig. 32. — Halosydna gelalinosa : a, tête, grossie; b, élytre x 10; c, parapode X 10; 
d. réseau polygonal et papilles des élytres x 300; e, soie ventrale supérieure x iOO; 
I, soie ventrale moyenne x 200; g, soie dorsale x ISOO. — Acanlhicolepis asperrimà : 
h, tête grossie (d'après Me' Lntosh); i, élytre x 10; k, parapode x 10; 1, soie ven- 
trale moyenne x 140; m, soie dorsale X 140. 



G. ACANTHICOLEPIS Norman 
[Dasylepis Màlmgren], 



Corps ovale allongé, sublinéaire. Une quarantaine de sétigères. — Prosto- 
mium bilobé, à cornes frontales. 4 yeux. Antenne impaire ciliée. Antennes laté- 
rales à insertion ventrale, ciliées. 2 palpes à fines papilles. — 2 paires de cirres 



86 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

tentaculaires avec acicule et soies à la base. Girres dorsaux ciliés. 18 paires 
d'élytres, insérés sur les segments 2, 4, 5, 7, 9, ... 23. 26, 29, 32, 35, 38, 41. — 
Parapodes biramés. Soies dorsales plus grosses que les ventrales, garnies de 
rangées circulaires de très fines épines. Soies ventrales à région distale 
épineuse, à rostre recourbé, à dent secondaire très fine et très fragile. — 2 urites. 
— Papilles néphridiennes distinctes. 

A. asperrima Sars. Fig. 32, h-m. — Me' Intosh 1900, p. 311, pi. xxvn, 
fig. 6, xxxn, fig. 4, xxxvn, fig. 28-30. — Polynoë asperrima Sars 1860, 
p. 59. — Dasylepis asperrima Malmgren 1867, p. 132. 

Corps large, épais, atténué légèrement en ayant, d'une manière plus 
marquée en arrière. Environ 41 sétigères. — Prostomium ovale allongé. 
4 yeux, les deux antérieurs sublatéraux. Antenne impaire égale aux 
palpes. Antennes latérales, courtes, ciliées, à renflement subterminal 
(32, h). Palpes médiocrement longs, à fines papilles cylindriques sur une 
partie seulement de leur surface. — Cirres tentaculaires ciliés, avec 
quelques soies à la base. Cirres dorsaux ciliés, relativement minces 
et courts. Cirres ventraux plus courts que la rame ventrale, à courtes 
papilles claviformes. Elytres couvrant tout le dos, la première arron- 
die, les suivantes plus ou moins réniformes, scabres, à longues et 
fortes papilles cornées, recourbées, à extrémité entière ou souvent 
multifide, parfois digitées ou renflées en choux-fleur épineux, déve- 
lpppées surtout vers le bord libre de l'élytre qui porte quelques longs 
cils capités (i). — Soies dorsales très nombreuses, plus grosses que les 
ventrales et presque aussi longues, raides, droites, acuminées, garnies de 
rangées circulaires de fines épines (m). Rame ventrale étalée en éventail, 
à acicule saillant. Soies ventrales à longue hampe droite, région épineuse 
légèrement dilatée, extrémité recourbée, lisse, bidentée, à dent secondaire 
légèrement recourbée, très effilée, très fragile, manquant souvent aux 
soies inférieures (1). — Papilles néphridiennes distinctes, vers le 6" séti- 
gère. 

L. 20 à 25 mm. — Dans l'alcool, quelques barres transversales bru- 
nâtres sur le dos et une teinte brunâtre sur les plis antérieurs de la bouche. 
Palpes gris verdâtre, traces brunes sur les appendices. Elytres antérieures 
gris brunâtre. 

Fonds de roche ou de sable vaseux, à une assez grande profondeur. 
Mer du Nord, Atlantique (côtes d'Ecosse, Açores). 



G. LEPIDASTHENIA Malmgren. 

Corps allongé, vermiforme. Jusqu'à 200 sétigères et plus. — Prostomium bilobé. 
4'yeux. Une antenne impaire. 2 antennes latérales à insertion terminale, 2 longs 
palpes glabres. — 2 paires de cirres tentaculaires avec acicule à la base. Cirres 
dorsaux semblables aux tentaculaires. Elytres insérées sur les segments 2, 4, 5, 



POLYCHÈTES ERRANTES. — APHRODIT1DAE 87 

7 23, 26, 29... 80, 83 et ainsi de suite de 3 en 3 segments jusqu'à l'extrémité 

du corps; en général arrondies,' très petites, laissant le dos largement décou- 
vert, diminuant de taille dans la région postérieure. — Parapodes subbirèmes 
ou sesquirèmes, la rame dorsale réduite à un acicule et une papille achète, ou 
portant seulement quelques soies. Rame ventrale bien développée, à 2 lèvres 
verticales. Soies ventrales bidentées, à région épineuse courte. — 2 urites. — 
Papilles néphridiennes saillantes, cylindriques. 

La plupart des espèces de ce genre ont le dos magnifiquement orné de dessins 
assez compliqués, avec des anneaux clairs alternant avec des bandes foncées 
L'aspect général rappelle à première vue certains Hésioniens. 

1. Rame dorsale avec 4-5 longues soies lisses. Soies ventrales supé- 
rieures plus fines que les autres L. argus, p. 87 

— Rame dorsalo achète 2 

2. Soies ventrales supérieures beaucoup plus grosses que les autres. 
Élytres très petites (fig: 33, a) L. elegans, p. 88 

— Soies ventrales supérieures plus fines que les autres. Elytres 
relativement grandes (fig. 33, h, k) . . . L. maculata, p. 88 

L. argus Hodgson. — Hodgson 1900, p. 250. 

Corps très allongé, vermiforme, plus de 200 sétigères. — 4 yeux, les 
antérieurs un peu plus gros et plus écartés que les postérieurs. Antenne 
impaire longue, relativement épaisse, nettement renflée sous l'extrémité 
filiforme. Antennes latérales presque aussi longues que l'impaire, mais 
plus grêles et à renflement subterminal indistinct. Palpes glabres. — Cirres 
tentaculaires semblables aux antennes, ainsi que les cirres dorsaux, qui 
sont aussi longs que les soies (cirres et antennes glabres). Cirres ventraux 
moitié plus courts que le pied. Elytres jusqu'à l'extrémité du corps (22 à 
67 paires), subcirculaires, glabres, sans papilles ni franges, translucides. 
Elles sont relativement grandes, couvrant les côtés du corps mais laissant 
à nu une grande partie du dos. — Rame dorsale réduite à un simple 
mamelon avec 4-5 longues soies effilées, lisses qui manquent assez sou- 
vent. Rame ventrale bien développée. Soies ventrales nombreuses, les 
supérieures plus longues et plus minces à longue région épineuse, les 
médianes plus grosses àrégion épineuse plus courte, les inférieures à hampe 
plus mince. Toutes les soies ventrales sont bidentées. — 2 courts urites. 
— Papilles néphridiennes très saillantes. — Trompe à 11 + 11 papilles. 

L. 35 à 215 mm. — Coloration générale chamois avec une bande brune' 
transversale entre chaque segment. Une ligne longitudinale rouge à la 
face ventrale. Antennes et cirres avec un anneau brun au-dessous du ren- 
flement subterminal clair. Élytres translucides, avec une tache sombre, en 
éventail, en arrière du point d'insertion et un étroit croissant blanc opa- 
que au bord postérieur. 

Commensale dans les tubes d'Amphitrite Edwarsi. — Manche (Salcombe, près 
Plymouth). 



88 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

L. elegans (Grube). Fig. 33, a-g. — Potts 1909, p. 342, pi. xix, fig. 16,- xx, 
fig. 32. — Polynoë elegans Grube 18k0j p. 85. P. lamprophthalma 
Marenzeller 1874, p. 408, pi. i, fig. 1. 

Corps allongé. 100 sétigères environ. — Proslomium bilobé du type 
Lepidonotus . 4 yeux, les antérieurs plus grands et latéraux, rapprochés 
des postérieurs. Un repli nucal. Antenne impaire à renflement subterminal 
très marqué, à pointe filiforme (33, a). Antennes latérales semblables à 
l'impaire et à peine plus courtes. 2 longs palpes glabres. — Cirres 
tentaculaires avec acicule à la base. Cirres dorsaux relativement courts, 
semblables aux antennes. Antennes et cirres sans papilles. Cirres ven- 
traux effilés, plus courts que les pieds. 30-36 paires d'élytres, rondes, trans- 
parentes, très petites, à peine plus larges que la base des parapodes et' 
laissant à nu la plus grande" partie du dos (b). Elles sont glabres, sans 
franges, ni papilles (c), tachetées de noir et de blanc, ou incolores. Elles 
existent jusqu'à l'extrémité du corps'. — Parapodes sesquirèmes. Rame 
dorsale réduite à un acicule et un petit mamelon achète. Rame ventrale à 
2 lèvres verticales arrondies (d) . Soies ventrales bidentées à région épi- 
neuse courte et large. Dans la région moyenne du corps, 1-2 soies fines 
bidentées puis, 1-2 des soies supérieures sont beaucoup plus grosses que 
les autres, brun foncé, à rostre bidenté, ou unidenté par usure, à spinules 
peu marquées (e). — 2 urites. — Papilles néphridiennes cylindriques. — 
Trompe à 11 -f- 11 papilles. 

L. 40 à 70 mm. — Antennes et cirres annelés de brun. Dos orné d'un 
damier noir ou brun sur fond jaunâtre. Dans la région antérieure, le pig- 
ment s'étend sur deux segments élytrigères et le segment intermédiaire 
tandis que le segment suivant forme une bande transversale incolore. Dans 
la région postérieure, les segments élytrigères sont seuls pigmentés et 
les deux segments cirrigères intermédiaires sont incolores. Face ven- 
trale pigmentée de brun dans la partie postérieure. 

Dragages côtiers. — Méditerranée (Naples, golfe du Lion), Adriatique. 

L. maculata Potts. Fig. 33, h-k. — Potts 1909, p. 344, pi. xx; fig. 33, 
xxi, fig. 51; Fauvel 191k, p. 71. 

Corps long et étroit à segments serrés. 50 à 100 sétigères environ. — 
4 yeux écartés, les antérieurs plus grands. Un repli nucal. Antenne im- 
paire très longue, filiforme, antennes latérales plus courtes. Palpes longs 
et glabres. Cirres tentaculaires allongés. — Longs cirres dorsaux effilés, 
cirres ventraux courts. Cirres et antennes sans papilles et sans renflement 
subterminal. 31 paires d'élytres blanches, molles, sans franges ni papilles, 
relativement grandes pour le genre. — Parapodes sesquirèmes (33, h). 
Rame dorsale réduite à un acicule. Rame ventrale portant à son bord infé- 
rieur une rangée de 3-4 papilles globuleuses. Les soies supérieures du 

faÎQppfln vpnt.ral flnnt. nlua fïnp« mip Ias ant.rp.s à nnrfifl Hîetnîp prnnpnçp. nlna 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDÀE 



89 




Fio. 33. — Lepidasthenia elegans : a, tête, grossie; b, face dorsale, grandeur natu- 
relle; c, élytre x 25; d,'parapode x 25; e, grosse soie ventrale x 250; f, g, soies 
ventrales, médiane et supérieure x 240. — L. maculata : h, parapode x 30; i, k, 
soies ventrales, médiane et supérieure x 240. . 



longue ; les inférieures sont relativement larges et courtes avec de grandes 
collerettes de spinules divergentes. Toutes les soies sont bidentées. Pas de 
soies géantes (i, k). 

L. 25 à 36 mm. — Elytres blanchâtres avec une petite tache foncée au 
centre, finement veinées et granuleuses. Des taches de pigment sur le dos.. 

Parmi les Coraux et dans les dragages profonds sur fond de roche ou de sable 
vaseux. 
Atlantique (Açores). — Océan indien. 

Nota, Bien que cette espèce n'ait pas encore été retrouvée près de nos côtes 
à l'état adulte, je la mentionne ici parce que sa forme jeune (Nectochaeta Grimai- 
dii ) a été recueillie dans le golfe de Gascogne et dans la Méditerranée. 



90 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 



G. NECTOCHAETA Marenzeller. 

Corps court ou allongé, aplati, transparent. Nombre de sétigères variable, 
15 à 35 et peut-être davantage. — Prostomium- du type Lepidonotus. 4 petits 
yeux. Longue antenne impaire. Antennes latérales plus courtes. 2 palpes gla- 
bres. — Cirres tentaculaires avec acicule et soies à la base. Longs cirres dor- 
saux. Cirres ventraux effilés (tous ces appendices sans papilles.). Elytres, 1 à 
15 paires, insérées sur les segments 2, 4, 5, 7. .,23,26, 29, 32. — Parapodes subbi- 
rèmes ou sesquirèmes à rame dorsale très réduite. Soies dorsales réduites à 
1-2 courtes, ou absentes. Soies ventrales très longues, épineuses, unidentées 
ou bidentées. — 2 urites, pas d'appendice caudal. — Trompe à 9 -J- 9 papilles. 

Nota. Le nom de Nectochaeta a été adopté aussi pour désigner un stade lar- 
vaire des Aphroditiens. L'espèce type de Marenzeller, et la N. Caroli, ne sont 
aussi vraisemblablement que des stades jeunes, pélagiques d'autres espèces. 
Le nombre variable de leurs sétigères et des élylres, en fonction de la taille, les 
modifications de leurs soies indiquent bien des animaux n'ayant pas encore 
atteint leur état définitif. La N, Grimaldii est très vraisemblablement le stade 
pélagique postlarvaire de la Lepidastkenia maculata Potts. 

1 . Cirres dorsaux longs, à cirrophores plus petits que les êlytro- 
phores. 2-3 soies dorsales. Soies ventrales inférieures courtes, 

bidentées (fig. 34) N. Grimaldii, p. 90 

— Cirres dorsaux très longs, à cirrophores énormes, presque aussi ■ 
gros que les parapodes. Pas de soies dorsales. Soies ventrales 
à longue pointe effilée unidentée (fig. 35). . . . N. Caroli, p. 91 

N. Grimaldii Marenzeller. Fig. 34. — Fauvel 1916, p. 32, pi. i, fig. 8- 
20. — (?) Quetieria pelagica Viguier 1911, p. 252. 

Corps allongé, transparent. 15 à 34 sétigères. — Prostomium bilobé, 
sans cornes frontales. 4 petits yeux noirs, en trapèze, écartés, tous visi- 
bles d'en dessus. Antenne impaire deux fois plus longue que les latérales, 
glabre, à gros cirrophore. Antennes latérales à insertion marginale, deux 
fois plus longues que le prostomium. 2 gros, palpes glabres allongés plus 
courts que l'antenne impaire, plus longs que les latérales (34, a). Cirres 
tentaculaires presque aussi longs que l'antenne impaire, avec un acicule 
et deux grosses soies à la base. — Cirres dorsaux plus longs que lés soies. 
Cirres ventraux plus longs que le parapode. .7 à 15 paires d'élytres, très 
petites, arrondies, sans papilles, ni franges (c). — Parapodes allongés sub- 
birèmes. Rame dorsale réduite à un acicule saillant et une ou deux soies 
très courtes, arquées, dentelées (e). Rame ventrale allongée, terminée par 
deux lèvres : l'antérieure cirriforme, plus relevée et plus longue, renferme 
l'acicule; la postérieure, plus courte, plus arrondie, plus basse. Une 
rangée de papilles globuleuses au bord inférieur du parapode (b). Soies 
ventrales de deux sortes î Ifts snnérifiiirps très InnffnfiS- canillairps. à nartÏA 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



91 




Fig. 34. — Nectochacta Grimaldh : a, région antérieure x 10; b, parapode x 30; 
c' élytrex .10; d, soie tentaculaire x 300; e, acicule et soie dorsale x 300; f, g, h, i, 
soies ventrales, médiane x 140, inférieure, médiane X 300, supérieure 140. 

distale allongée garnie d'épines espacées, à pointe fine entière ou bidentée; 
les inférieures courtes, à partie distale élargie, finement épineuse et nette- 
ment bidentée (f, i). — 2 urites, pas d'appendice caudal. — Trompe brune 
à 9 + 9 papilles. 

L. 3 à 14 mm. sur là4 mm. de large, pieds compris. — Incolore, trans- 
parente. 

Pélagique et bathypélagique de à 3.000 mètres. 

Atlantique (golfe de Gascogne), Méditerranée (Baléares, parages de Gibral- 
tar). 

Nota. Cette espèce est très vraisemblablement le stade pélagique de la Lepi- 
dasthenia maculata Potts, espèce de Zanzibar retrouvée aux Açores par le 
Prince de Monaco. 



N. Caroli Faxivel. Fig. 35. — Fauvel 1916, p. 39, pi. i, fig. 24-27, h, 
fig. 16-18. 

Corps allongé, transparent. 22 sétigères au moins. — Prostomium sans 
«ornes frontales. 4 petits yeux noirs disposés en trapèze, visibles d'en des- 



92 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fis. 35. — Nectochaeta Caroli: a, région antérieure X 6; b, parapode X 20; c, d, e,f, 
soies ventrales, supérieure x 140, moyennes et médianes, de face et de profil x 240. 



sus. Antenne impaire glabre, deux fois plus longue que les latérales. 
Antennes latérales à insertion marginale, deux fois plus longues que le 
prostomium. 2 gros palpes lisses, un peu plus courts que l'antenne impaire. 
Cirrcs tentaculaires beaucoup plus longs que les palpes, avec, acicule et 
soies à la base (35, a). — Cirres dorsaux glabres, très longs, dépassant les 
soies, à très volumineux cirrophore cylindrique ou ovoïde (b), beaucoup 
plus long et plus gros que l'élytrophore. Plus de 11 paires d'élytres. Rame 
dorsale réduite à un acicule. Rame ventrale à deux lèvres aplaties dans le 
sens vertical, sans papilles globuleuses. Soies ventrales supérieures très 
longues et minces, légèrement épineuses, terminées en pointe fine capil- 
laire (c) ; ventrales inférieures plus courtes, élargies, à 2 rangées de spi- 
nules, à pointe unidentée, capillaire, aiguë, flexible (d, e, f). Cirres ven- 
traux plus courts que la rame ventrale. — Trompe foncée. 

L. plus de 13 mm. sur 5 de large, sans les soies. — Incolore, transpa- 
rent. 

Bathypélagique. — Méditerranée. (Baléares et Gibraltar.) 

Nota, L'unique exemplaire recueilli était incomplet, le nombre des sétigères 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



93 



est donc certainement supérieur à 22 et celui des élytres devait dépasser 11. 
Cette espèce ressemble beaucoup à la Drieschia pellucida Moobe, mais cette der- 
nière s'en distingue par l'absence complète de rame dorsale. 



G. ALLMANIELLA Me' Intosh. 

Corps aplati dorso-ventralement. — Élytres 15 paires (?), insérées sur les 
segments 2, 4, 5, 7... 23, 26, etc. — 4 gros yeux. Une antenne médiane dont le 
•cératophore naît sur la face dorsale de la tête, dans la région antérieure; anten- 
nes latérales insérées à l'extrémité de prolongements du bord frontal. — Para- 
podes biramés, à acicules saillants engainés. A la rame dorsale, des soies épaisses 
ornées, à l'extrémité, de spinules délicates disposées en séries transversales ; à 
la rame ventrale, des soies beaucoup plus fines,- garnies, jusqu'à une certaine 
distance de la pointe, de rangées transversales de spinules ; au-dessus de la 
dernière de ces rangées il se produit une diminution sensible dans le diamètre 
de la soie et la portion tout à fait terminale, lisse, linit brusquement en pointe 
bifide (Dahdoux 1899, p. 104). 

A. setubalensis Me' Intosh. Fig. 36, a-c. — Me' Intosh 1885, p. 102, 
pi. xiv, fig. 2; pi. x a, fig. 3-4. 
Corps aplati. Prostomium bilobé. 4 gros yeux, à cristallin, en trapèze. 




.Fio. 36. — Atlmaniella setubalensis : a, région antérieure, grossie; b, soie ventrale 
médiane x 210 ; c, soie dorsale X ~40 (d'après Me* Intoshi. — Acholoë astericola : d, 
élytre x 15; e, soie ventrale x 140; t, soie dorsale x 140; g, tête, grossie; h, para- 
pode x 25. 



94 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Cératophore de l'antenne impaire inséré au milieu du prostomium. Petites 
antennes latérales filiformes à papilles claviformes, naissant de gros pro- 
longements en massue du bord frontal du prostomium ,(36, a). Palpes ? 
— Cirres tentaculaires papilleux. Elytres inconnues. — A la rame dorsale, 
2 séries de soies translucides, fortement striées longitudinalement et à 
rangées d'épines bien développées. Les plus rapprochées du corps plus 
courtes, plus larges, plus courbées et à pointe plus abrupte; en outre, les 
stries longitudinales sont recoupées par des stries transversales serrées 
découpant en un fin damier la région hispide. Celles de la série externe, 
près des ventrales, sont plus droites, plus longues et proportionnellement 
plus fines que les précédentes, leurs rangées d'épines sont plus longues. 
Les soies ventrales supérieures sont minces, avec une longue portion 
épineuse et terminées par une longue pointe lisse recourbée d'une façon 
particulière, légèrement bifide. Le mamelon sétigère inférieur est étiré en 
un long cône terminé par l'extrémité de l'acicule. 
Taille : 3 mm. de diamètre. 

Atlantique (au large de Sétubal, 470 brasses). 

Nota. Cette espèce, qui a beaucoup d'affinités avec la Nectochaeta Grimaldii,. 
paraît être comme celle-ci un stade postlarvaire. 

G. ACH0L0E Claparède. 

Corps long, vermiforme, à très nombreux segments. — Prostomium du type 
Halosydna, avec ou sans cornes frontales. Une antenne impaire. Antennes- 
latérales à insertion subterminale, — 2 paires de cirres tentaculaires avec aci- 
cule à la base. Cirres dorsaux semblables. Elytres insérées sur les segments - 
2, 4, 5, 7... 23, 26, 29, 32 et ainsi de suite de 3 en 3 segments jusqu'à l'extrémité - 
du corps. Un tubercule dorsal bifurqué, cilié, aux pieds cirrigères. — Para- 
podes à rame dorsale réduite. Soies dorsales courtes, à séries transversales de 
spinules. Soies ventrales peu nombreuses (6-8), plus épaisses, à rostre recourbé,, 
à région épineuse courte. — 2 urites. — Papilles néphridiennes peu saillantes. 

A. astericola (Delle Chiaje), Fig. 36, d-h. — Claparède 1810, p. 382, . 
pi. ii, fig. 1; Darbocx 1899, p. 141, fig. 32-33; Me' Intosh 1900, p. 397, 
pi. xxvii, fig. 17; xxxi, fig. 4, xxxm, fig. 15, xli, fig. 13-14; Ccénot 1912,. 
p. 32. 

Corps très allongé, très fragile. Plus de 100 sétigères. — Prostomium ■ 
bilobé, à cornes frontales plus ou moins marquées. 4 yeux, les antérieurs - 
très écartés. Un repli nucal. Antenne impaire courte, subulée, avec 
quelques papilles claviformes. Antennes latérales à insertion subtermi-- 
nale, piriformes, très courtes (36, g). Palpes acuminés, assez courts, 
glabres. — Cirres tentaculaires semblables aux antennes, sans soies ?.. 
Cirres dorsaux courts, effilés, avec quelques papilles. Cirres ventraux 
insérés très près de la base du parapode. Elytres jusqu'à l'extrémité du.. 



POLYCHETES ERRANTES. APHRODITIDAE 95 

corps (environ 45 paires), arrondies ou ovales, glabres, sauf quelques très 
petites papilles au bord antérieur et interne, minces, transparentes (d). — 
Rame dorsale petite avecquelques soies seulement, courtes, arquées, effilées, 
finement denticulées, à sommet lisse (f). Aux pieds cirrigères, un grand 
tubercule dorsal cilié, en forme de T (h). Rame ventrale terminée en man- 
chon incomplet entourant la base des soies. Soies -ventrales à longue 
hampe légèrement dilatée dans la région épineuse courte, à rostre uni- 
denté recourbé. — 2 urites. — Pas de papilles néphridiennes saillantes. 
L. 40 à 50 mm. — Teinte générale orange, ou minium, chez les Ç , 
blanc opaque chez les çf à maturité, due aux produits sexuels. Prosto- 
mium rouge. Corps transparent. Elytres transparentes décolorées ou avec 
une marge noire souvent développée en anneau entourant le centre clair. 
— Phosphorescent. 

Dans la rainure ambulacraire des Astropecten et de Luidia ciliaris. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Polynoin&e incertae sedis. 

Les espèces suivantes ont été trop incomplètement décrites pour qu'il soit 
possible de les identifier avec certitude. 

Eumolpe fragilis Risso = Scalisetosus ? 

Lepidonolus brevicornis Quatrefages, Guéthary = Lagisca ? 

Polynoë laevis Audouin et M.-Edwards, de Chausey. LeCroisic(Ferronnière). 

P. jloccosa Savigivy (indéterminable), Océan. 

P. setosissima SAviGPjY-(peut-être H. longiselis?) 

P. lobostoma Sciimarda, Saint-Malo. 

P. longissima Audouin et M.-Edwards. 

P. tentaculata Quatrefages, Palerme. 

P. turcica Panceri, Naples. 

P. vasculosa Claparède, Naples. 

P. pelagica Viguier, Algérie. Stade post-larvaire. 

Quetieria pelagica Viguier, Algérie. Cette espèce, qui est peut-être identique 
à la Nectochaeta Grimaldii, est un stade postlarvaire pélagique. 

Frennia dubia et F. propinqua Viguier. Algérie. Il s'agit encore de stades 
post-larvaires dont la description ne permet même pas de fixer les caractères 
génériques. 

Ilarmothoë sarniensis Ray Lankester, Guernesey. Parait être la Lagisca exte- 
nuata, quoique l'auteur lui attribue 20 élytres (?) 



S.-F. ACOETINAE Grube 

Corps allongé, vermiforme, à segments très nombreux. — Prostomium bilobé, 
2 ommatophores volumineux, ou 4 yeux sessiles. Antenne impaire insérée très 
en arrière sur le prostomium, parfois réduite à un simple tubercule. Antennes 
latérales à insertion terminale dans les formes à yeux sessiles, insérées sous les 



96 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

ommatophores quand ceux-ci existent. 2 longs palpes. — Trompe bilob'ée bordée 
de papilles dont les médianes supérieure et inférieure plus longues. 4 mâchoires 
chitineuses denticulées à la base. — 2 paires de cirres tentaculaires. Des glan- 
des filières dans les parapodes. Parfois des tubercules branchiaux. Elytres in- 
sérées sur les segments 2, 4, 5, 7 et régulièrement de 2 en 2 segments jusqu'à 
l'extrémité du corps. — Parapodes biramés, à rame dorsale plus ou moins ré- 
duite, à rame ventrale épaisse, avec soies de plusieurs sortes. Des cirres dor- 
saux aux segments sans élytres, des cirres ventraux à tous les parapodes. — 
2 urites. — Un tube sécrété par les glandes pédieuses 

Nota. Chez les Acoetinés, les élytres antérieures sont souvent imbriquées à 
rebours, c'est-à-dire que le bord postérieur est recouvert par le bord antérieur 
de l'élytre suivante, tandis que les élytres du reste du corps sont imbriquées 
normalement, comme chez les autres Aphrodi tiens. Mais ce caractère n'a pas 
grande importance pour des animaux conservés sur lesquels il n'est pas toujours 
facile à vérifier. Souvent aussi les élytres sont délaminées, vésiculeuses. Cet 
aspect est tout simplement le résultat de leur altération dans l'alcool. 

Tableau des genres. 

1 . Pas d'ommatophores. 2 ou 4 yeux sessiles (fig. 38, i) 2 

— Deux ommatophores (fig. 37, b) 3 

2. 3 antennes (fig. 38, i-q) G. Eupanthalis, p. 100 

Pas d'antennes G. *Restio (') 

3. 3 antennes '4 

— 2 antennes, 1 petit tentacule à insertion nucale. Des branchies. 
G. *Eupolyodontes(') 

4. Des branchies, 1 er pied non modifié (fig. 37) . 

G. Polyodontes, p. 96 

— Pas de branchies. 1 er pied modifié. Des soies spéciales pénicillées 
(fig. 38) G. Panthalis, p. 98 

G. POLYODONTES Renier . 
[Acoëtes, Audouin et M. -Edwards; Eupompe, Kinberg; 
Panthalis Kinberg pro parte]. 

Corps allongé, de grande taille à sétigères très nombreux. — Deux gros onv 
matophores ovoïdes et 2 petits yeux postérieurs sessiles. Une courte antenne 
impaire, 2 antennes latérales insérées sous les ommatophores. 2 longs palpes. 
4 mâchoires cornées. Trompe bilob'ée. 2 paires de cirres tentaculaires avec 
soies à la base. — Des glandes filières. Des tubercules branchiaux à un certain 
nombre de pieds antérieurs. 1 er parapode non modifié. Élytres laissant le dos à 
découvert. — Parapodes biramés, à rame. dorsale petite, à soies capillaires. 
Rame ventrale épaisse à soies : 1° spinuleuses (fig. 37, m) ; 2° aristées (h, i) ; 
3° serrulatae-subspirales (1). 

(1) Ces deux genres exotiques n'ont pas encore été signalés dans le voisinage de nos côtes. 



POLYCHETES ERRANTES. 



APHRODIT1DAE 



97 




Fia. 37. — Polyodontes maxillosus : a, région antérieure, légèrement réduite", d'après 
Rémy-Saint-Lolp ; b, tète, grossie; c, parapode antérieur x 2 ; d, parapode à bran- 
chies X 2; e, parapode vu de face X 2; f, g, élytres antérieure et à gousset X 2; 
h, i, soies aristées x 100; k, soie dorsale x 100: 1, soie inférieure {sermlatae sub- 
spirales) x 100 ; m, soie ventrale supérieure x 100 ; n, mâchoire inférieure droite, 
face interne à gauche, face externe ù droite x 1,5 (d'après Pkuvot et Racovitza). 



P. maxillosus Ranzaki. Fig. 37. — Clapahède 1868, p. 82, pi. m, 
fig. 2; Remy Saint-Loup 1896, p. 43, fig. 30; Fauvel 191k, p. 74 (biblio- 
graphie) ; Rioja 1918, p. 22, fig. 5. — Panthalis Lacazii Pruvot et Ra- 
covitza 1895, p. 428, 441, pi. xix, fig. 84-104. 

Corps très long, vermiforme, plusieurs centaines de sétigères. — Pros- 
tomium petit, terminé par deux volumineux ommatophores noirâtres, 
ovoïdes avec une coupole blanchâtre à l'extrémité. 2 petits yeux posté- 
rieurs sessiles, jaunâtres. Antenne impaire ne dépassant guère les omma- 
tophores, à gros cératophore inséré entre leurs bases. Antennes laté- 
rales courtes, filiformes (37, b). 2 palpes filiformes. Cirres tentaculaires 
subégaux, courts, insérés à la hauteur des palpophores et un peu en 
dehors, accompagnés de quelques soies. Antennes et cirres glabres. — 
Trompe aplatie dorso-ventralement, à chaque lèvre, une longue papille 
médiane et 8-10 courtes, hyalines (a).. 4 mâchoires en crochet recourbé, 
denticulées à la base (n). Pas de tubercule facial. — Élytres suborbicu- 

7 



98 FAUNE DE FRANCK. — POLYCHETBS ERRANTES 

laires, puis ovales, glabres, sans franges ni papilles, à bord postérieur 
souvent replié en gousset, sauf dans la région antérieure du corps. Les- 
premières paires planes, imbriquées à rebours, se croisant légèrement, les- 
suivantes laissant le dos largement découvert (f, g). Des tubercules bran- 
chiaux au-dessus du cirre ou en dessous de l'élytre du 13 e au 25 e sétigère , 
environ (d). Cirres dorsaux et cirres ventraux courts, glabres. — A partir 
du 8 e parapode, des glandes filières et rame dorsale aplatie rabattue en 
avant, portant seulement quelques fines soies capillaires spinuleuses (k) ; 
plus postérieurement, elle se réduit à un mamelon conique. Rame ventrale 
beaucoup plus grande, épaisse; à 2 lèvres verticales entre lesquelles sor- 
tent : 1° un faisceau de fines soies élargies au-dessus de la hampe et fine- 
ment barbelées (m), 2° une rangée verticale de grosses soies aristées se 
terminant, les unes par un paquet de barbules chitineuses, les autres par 
une longue pointe plumeuse (h, i), 3° un faisceau inférieur de soies serru- 
latae, pectinées, à double courbure (1). 

L. environ 1 mètre sur 20 à 25 mm. de large. — Corps blanc jaunâtre 
avec des bandes transversales brun rougeâtre ou brun violacé, d'abord 
serrées, puis plus espacées et plus pâles. Les premières élytres peu colo- 
rées, uniformément lavées de brun violet pâle, les suivantes liserées de 
brun ou de violet foncé presque noir et ornées de taches claires. Les élytres 
des 4 e et 5 e paires sont plus grandes que les autres, 

La plupart des exemplaires connus ont été pris à la ligne et ne sont que des 
tronçons antérieurs, la partie postérieure de l'animal étant restée dans sa gale- 
rie ou dans un tube sécrété par les glandes filières (?). 

Atlantique (Santander), .Méditerranée, Adriatique. ' 

G. PANTHALIS Kinberg 

v 

Corps vermiforme à nombreux segments. — 2 gros ommatophores cylindri- 
ques. Une antenne impaire, 2 antennes latérales insérées sous les ommatopho- 
res. 2 longs palpes à fines papilles. — 4 mâchoires cornées. Trompe bilobée à 
2 très longues papilles dorsale et ventrale et 12 + 12 papilles courtes. — 2paires. 
de cirres tentaculaires. Des glandes filières. Pas de tubercules branchiaux {'). 
1 er parapode modifié. Elytres antérieures planes, suivantes repliées en gousset, 
Parapodes biramés à rame dorsale petite. Rame ventrale épaisse à soies : 
1» bipennato-penicillatae, 2° aristées, 3° serrulalae-subspirales, à double cour- 
bure. — Tube feutré, sécrété. 

P. Œrstedi Kinberg. Fig. 38, a-h. — Kinberg 1851, "p. 25-26, pi. vi, 
fig. 34; Watson 1895, p. 169, pi. ix, x; Me' Intosh 1900, p. 400 (biblio- 
graphie); Fauvel 19lk, p. 78 (synonymie). P. Marenzelleri Pruvot et 
Racovitza 1895, p. 442, pi. xix, fig. 105 ; pi. xx, fig. 106-110. 

Corps allongé. 80 sétigères environ. — Prostomium un peu plus large 

(i) Sauf chez le Panthalis melanonotus Grcbe. 



POLTCHÊTES ERRANTES. 



APHR0DIT1DAE 



99 




Fia. 38. — Panlhalis QErstedi : a, tête, grossie (d'après Me' Intosh): b, I e ' pied (d'après 
Pbuvot et Racovitza) ; c, parapode x 6; d, soie ventrale inférieure (scrrulatae subspi- 
rales) x 140; e, soie ventrale supérieure pénicillée x 140; /, soie aristéex 140; g r 
soie ventrale inférieure x 140; h, élytre x 4. — Eupanthalis Kinbe.rgi : i, tête gros- 
sie; k, mâchoire; 1, m, parapodes, moyen et postérieur X 6 ;n, soie pénicillée x 140 j 
o, soie aristée x 140; p, soie ventrale inférieure à double courbure x 140; q, papilles 
impaires de la trompe, supérieure et inférieure, grossies. 

que long, terminé par deux ommatophores cylindriques (38, a). Antenne 
impaire de longueur variable, effilée, insérée vers le milieu du prosto- 
mium. Antennes latérales filiformes. 2 longs palpes, effilés, à fines pa- 
pilles. Cirres tentaculaires allongés, avec des soies à la base. Antennes et 
cirres glabres. — Trompe à 13 papilles , la médiane beaucoup plus 
longue que les autres. 4 mâchoires en crochet recourbé denticulées à la 
base. — Elytres transparentes incolores, sans franges ni papilles, les anté- 
rieures grandes, planes, imbriquées à rebours et se croisant sur le milieu 
du dos, les suivantes plus petites, laissant le dos à nu, et portant au bord 
postérieur externe un repli en gousset très marqué (h) . — Première paire 
de parapodes (2 e sétigère) profondément biramée et très modifiée, plus 
grande que les suivantes, dirigée en avant, à rame ventrale lamelleuse 
cordiforme (b). Pas de tubercules branchiaux. Glandes filières à partir 
du 8 e parapode (0° sétigère). Cirres dorsaux et ventraux courts, glabres. 
— Rame dorsale en lèvre aplatie, avec un acicule, sans soies; rame ven- 



100 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

traie épaisse, comprimée (c) portant : 1° un faisceau supérieur de soies en 
brosse (bipennaio-penicillatae) (e), 2° une rangée verticale de 5-6 grosses 
soies aristées, les unes à longue pointe barbelée, les autres à simple 
touffe de filaments chitineux (f), 3° un faisceau inférieur de soies épineuses 
à double courbure {serrulatae subspirales) (d) , parfois mélangées de soies 
semblables mais droites (g). Dans les segments antérieurs, dépourvus de 
glandes filières, les soies en brosse manquent et sont remplacées par des 
soies à double courbure semblables à celle du faisceau inférieur. — Un 
tube feutré, sécrété par les glandes filières et recouvert de vase. 

L. 40 à 100 mm. sur 8 à 10 de large. — Dos blanc de perle antérieu- 
rement, couleur de chair postérieurement, avec vaisseau dorsal rouge. 
Face ventrale opalescente, avec reflets dorés sur les flancs. Prostomium 
jaune marron, ommatophores rougeâtres avec un cercle blanc crétacé. 
Elytres incolores, transparentes. 

Dragages profonds, fonds de vase, de sable ou de coquilles brisées. Dans un 
tube feutré. 
Atlantique, Mer d'Irlande, Méditerranée (Banyuls). 

G. EUPANTHALIS Me' Istosb 
[Panthalis pro parte; Euarche Ehlers]. 

Corps linéaire vermiforme. — Pas d'ommatophores , 4 yeux sessiles. Une 
antenne impaire insérée très en arrière sur le prostomium, large, bilobé. An- 
tennes latérales insérées à l'extrémité- des lobes du prostomium. — Trompe 
bilabiée à 13 -)- 13 papilles, les médianes dorsale et ventrale un peu plus 
grandes et lobées. 4 mâchoires cornées,' denticulées à la base. — 2 paires de 
cirres tentaculaires (sans soies à la base ?). Des glandes libères. Pas de tuber- 
cules branchiaux. Elytres planes. — Parapodes biramés. Rame dorsale acheté, 
sauf dans les premiers segments. Rame ventrale épaisse à 3 sortes de soies: 
1° en longue brosse fine; 2° aristées; 3° serrulatae subspirales, à double cour- 
bure. — Un tube feutré, sécrété par les glandes filières. 

E. Kinbergi Me' Intosh. Fig. 38, i-q. — Mc'Intosh 1876, p. 404, pi. lxxii, 
fig. 12-16; Fauvel 191k, p. 80. — Euarche tubifex Ehlers 1867, p. 54 r 
pi. xii, fig. 1-7, xin, fig. 1. 

Corps allongé, de taille moyenne. Plus de 160sétigères. — Prostomium 
à 2 lobes arrondis, 4 yeux sessiles disposés en trapèze, les postérieurs 
rapprochés des antérieurs et plus petits (38, i). Antenne impaire courte, 
filiforme, insérée sur un petit cératophore et couchée dans la gouttière 
séparant les deux lobes du prostomium. Antennes latérales insérées à 
l'extrémité de ces deux lobes dont elles ont à peu près deux fois la lon- 
gueur. 2 palpes allongés. Cirres tentaculaires subégaux, .sans soies à la 
base {"?). Antennes et cirres glabres. — La papille médiane dorsale de la 
trompe un peu plus grande que les autres est simple ou bifide, l'impaire 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 101 

ventrale trilobée (q). 4 mâchoires chitineuses, jaunâtres, à extrémité rou- 
geâtre et chacune avec 4-5 denticules orangés à la base (k). — Cirres 
dorsaux courts, coniques. Cirres ventraux plus eflilés. Elytres sans franges 
ni papilles, molles, translucides, orbiculaires, les premières plus grandes, 
se touchant, imbriquées à rebours, les suivantes imbriquées normalement 
et laissant le dos largement découvert. Glandes fdières à partir du 8 e pied 
(9 e segment). Pas de tubercules branchiaux. — Dans la région antérieure, 
rame dorsale des parapodes à lamelle arrondie rabattue sur la rame infé- 
rieure et portant de fines soies capillaires barbelées, ensuite achète (1, m). 
Rame ventrale épaisse, comprimée, portant : 1° un faisceau supérieur de 
soies en longue brosse fine (n) ; 2° une rangée verticale de grosses soies 
aristées, les unes à longue pointe pileuse, les autres à simple' touffe de 
filaments chitineux (o) ; 3° un faisceau inférieur de soies serrulatae subspi- 
rales, à double courbure (p). — Un tube formé de plusieurs couches feu- 
trées recouvert de vase, large, et fermé postérieurement, atténué anté- 
rieurement. 
L. 40 à 130 mm., sur 6 à 9 mm. de large. — Décoloré dans l'alcool. 

Dragages profonds, fonds de vase et de sable. 
Atlantique, Mer des Antilles, Méditerranée (Sicile). 



S. -F. SIGALIONINAE Grube. 

Corps allongé vermiforme, à segments très nombreux. — Prostomium arrondi 
ou ovale. 4 yeux sessiles. Une à trois antennes. 2 palpes. Trompe exsertile, 
cylindrique? bordée d'une rangée de papilles subégales. 4 mâchoires chitineuses. 
— 2 paires de cirres tentaculaires, ordinairement accompagnés de nombreuses 
soies simples. Elytres insérées sur les segments 2,4,5,7 de deux en segments, 
puis, à partir du 23*-29°, sur tous les segments, jusqu'à l'extrémité du corps. Pas 
de cirres dorsaux ('). Des cirres ventraux. Généralement une branchie cirri- 
forme insérée sur le tubercule dorsal ou sur l'élytrophore, à tous les pieds, 
sauf aux premiers. — Parapodes biramés. Soies dorsales simples, capillaires, 
ornées de fines épines disposées en spirale. Soies ventrales simples et compo- 
sées * ou toutes composées. — 2 urites. 

Remarques. — Les Sigalioninés sont des Aphroditiens en général d'assez 
grande taille, à corps vermiforme, très allongé. Ils sont caractérisés principa- 
lement par la disposition de leurs elytres sur tous les segments, dans la 
région postérieure du corps, et par la présence d'un appendice cilié, sorte de 
branchie cirriforme, inséré sous l'élytre ou sur. le tubercule dorsal aux pieds 
dépourvus d'élytre. Cette branchie ne fait défaut que dans le genre Pholoë. 
Dans tous les autres genres, on constate aussi la présence de coussinets sail- 
lants, arrondis ou allongés, creusés en coupe ou foliacés, et garnis de longs cils 
vibratiles. Ces organes, auxquels on donne le nom de cténidies, sont ordinaire- 

1. Sauf au 3" sétigère, dans les seuls genres Psammolyce et Euthalenessa. 



102 FAONE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

ment au nombre de 3 au bord supe'rieur de chaque parapode. On en rencontre 
aussi généralement une paire insérée de part et d'autre du cératophore de 
l'antenne impaire. Ces cténidies antennales, qui peuvent être allongées, cirri- 
formes, ont été souvent confondues avec les antennes latérales. Les véritables 
antennes latérales sont le plus souvent soudées au premier sétigère qui semble 
ainsi porter 3 cirres tentaculaires. En réalité, le cirre médian ou terminal repré- 
sente le cirre dorsal du premier sétigère, et l'inférieur en est le cirre ventral. 
Aux autres parapodes, les cirres dorsaux font complètement défaut, sauf dans 
les deux genres Psammolyce et Euthalenessa qui ont, au 3 e sétigère seulement, 
un long cirre dorsal articulé. Dans le genre Euthalenessa (T/ialenessa Me' In- 
tosh), les 3 antennes naissent du bord antérieur du fprostomium, les latérales 
n'étant pas soudées au l' r sétigère et l'impaire est dépourvue de véritable céra- 
tophore et 'de cténidies antennales (fîg. 42, h). 

Le 1 er sétigère porte encore une grande lame ciliée, lobée, dont la partie 
supérieure forme le cuilleron cêphalique tandis que la partie inférieure entoure en 
partie la base du palpe d'une lamelle prébuccale. Les parapodes sont souvent 
munis de collerettes plus ou moins découpées en lobes entiers ou laciniés entou- 
rant les soies [bractées parapodiales). On donne le nom de stylodes à des papilles 
coniques, ou cylindriques, plus ou moins développées sur les parapodes. Dans 
le genre Psammolyce, les élytres et la face dorsale sont garnies de papilles 
cupuliformes, adhésives auxquelles sont fortement attachés des grains de sable 
formant un épais revêtement dorsal (fig. 40, m). 

Les soies dorsales sont toujours simples, capillaires, longues et fines et ornées 
de fines épines insérées tout autour en spirale. Les soies ventrales sont toujours 
en majorité composées, à hampe lisse ou épineuse, à article terminal, subulé 
chez les Leanira, en serpe bidentée, dans les autres genres. Mais ces serpes 
peuvent présenter toutes les variétés entre l'article court, robuste, fortement 
bidenté et le long et mince appendice presque filiforme à pseudo-articulations 
très nombreuses et à pointe bifide extrêmement fine. • 



Tableau des genres. 

1. Pas de branchies, 1 antenne impaire, pas d'antennes latérales. 
Segment tentaculaire achète (fig. 44, c). . . G. Pholoë, p. 119 

— ■ Une branchie cirriforme à tous les pieds, sauf aux 2-5 premiers. 2 

2. Pas d'antenne impaire. 2 petites antennes latérales insérées sur 
le bord antérieur du prostomium (fig. 39,a) . G. Sigalion, p. 103 

— 3 antennes (fig. 40, a) 3 

3. Un cirre dorsal au 3 e sétiffere 4 

— Pas de cirre dorsal au 3 e sétigère. Antenne impaire insérée sur un 
cératophore. Antennes latérales en partie soudées au 1 er sétigère. 5 

4. Antenne impaire insérée sur un cératophore. Elytres agglutinant 
le sable (fig. 40, a, d) G. Psammolyce, p. 106 

— Antenne impaire et antennes latérales insérées sur le prostomium 
sans cératophore ni cténidies (fig. ). . G. Euthalenessa, p. 114 

5. Soies ventrales falcigeres (fig. 41, e) à article terminal en serpe 



. POLYCHÈTES ERRANTES. — APHRODITIDAE . 103 

bidentée plus ou moins longue, simple ou pseudo-articulée. . 
G. Sthenelais, p. 109 

— Soies ventrales spinigères (tig. 43, e, m), àarticle terminal subulé, . 
pectine, canaliculé G. Leanira, p. 110 

G. S1GALI0N Audouin et M.-Edwards. 

Corps presque cylindrique, à segments très nombreux. — Prostomium sub- 
quadrangulaire, plus long' que large. 4 yeux très petits disposés en rectangle. 
Pas d'antenne impaire. 2 antennes latérales très petites insérées aux angles 
antérieurs du prostomium. 1" sétigère avec 1 cirre dorsal tentaculaire, 1 cirre 
ventral, deux faisceaux de soies simples. 2 palpes effilés glabres. — Trompe 
cylindrique, 4 mâchoires chitineuses. — Parapodes, avec des cténidies. Pas de 
cirres dorsaux. Une branchie cirriforme à tous les pieds à partir du 4 e -5 e . 
Soies dorsales simples, capillaires, épineuses. Soies .ventrales simples et com- 
posées, à article terminal en serpe courte ou plus ou moins longue, pluriarti- 
•culée. Un cirre ventral. Elytres imbriquées, à franges pennées au bord externe. 

1. Papilles pennées dos élytres à nombreuses branches latérales 
cylindriques (lig. 39, c). Un court stylode au bord supérieur de la 
rame ventrale S. Mathildae, p. 103 

— Papilles pennées des élytres à branches latérales peu nombreuses, 
lancéolées (fig. 39, m). Pas de stylode au bord supérieur de la 
rame ventrale.. S. squamatum, p. 104 

S. Mathildae, Audocin et M.-Edwards. Fig. 39, a-1. — Audouin et M.- 
Edwards 183'i, p. 105, pi. ii, fig. 1-10; Me' Ixtosh 1900, p. 427, pi. xxix, 
lig. 6, xxxi, fig. 10, xxxiv, fig. 14, xi.ii, fig. 11-17. — S. squamatum 
Saint-Joseph (non Delle Chiaje) 1895, p. 203, pi. xi, fig. 21-24, xn, fig. 27 ; 
1898, p. 239, pi. xiii, fig. 22-29. . 

Corps cylindroïde, se roulant en spirale pyramidale. 200 sétigères en- 
viron. — Prostomium plus long que large, arrondi en avant. 4 yeux en 
rectangle, très petits, disparaissant facilement (39 a).. Antennes latérales 
très petites, cylindriques. Deux palpes très allongés glabres. Premier 
sétigère ramené en avant, au-dessus des palpes et portant un long cirre 
tentaculaire dorsal, un cirre ventral rudimentaire, 2 acicules et 2 faisceaux 
de longues soies capillaires simples finement denticulces, semblables aux 
deux rames. — Trompe cylindrique, bordée d'une rangée de papilles. 
4 mâchoires chitineuses, non denticulées à la base. — Parapodes à rames 
bien séparées. Rame dorsale en massue, avec un seul stylode conique, 
3 cténidies au bord supérieur. Soies dorsales nombreuses, longues, capil- 
laires, finement épineuses, recourbées vers le haut. Rame ventrale plus 
courte et plus large, légèrement bilobée, avec un petit stylode obtus au 
fond de l'échancrure, sous la rame dorsale. Cirre ventral long et mince (b). 
Soies ventrales de formes variées, disposées en 2 faisceaux très nets : 



104 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

1°, 4 à 5 soies simples, bipectinées (h), 2° 2 à 3 soies composées à hampe 
épineuse (e) à long article terminal pluriarticulé bidenté ; 3° quelques soies 
composées analogues, à hampe lisse; 4° au faisceau inférieur, quelques 
soies composées à hampe lisse, à serpe courte, robuste, à rostre recourbé 
avec une épine au-dessous (g) ; 5° des soies semblables mais à serpe plus 
longue; 6° des soies composées à hampe lisse, à très long article filiforme 
pluriarticulé, très fin, souple, terminé par un petit rostre et une épine 
au-dessous (k, 1). — Élytres à tous les segments à partir du 25 e . Élytres 
rectangulaires, minces, incolores, glabres, terminées par un petit prolon- 
gement latéral postérieur, frangées au bord externe d'une dizaine ou 
vingtaine de papilles pennées à branches latérales nombreuses (c) (20 de 
chaque côté, environ) longues et cylindriques. Une branchie cirriforme 
insérée sur le tubercule dorsal ou sur l'élytrophore, à chaque pied, à 
partir du 5 e (d). 

L. 10 à 15 cm sur 4 à 5 millimètres de large. — Blanc grisâtre, élytres 
translucides, trompe foncée. Face ventrale irisée, avec vaisseau ventral 
rouge. 

A mer basse daDs le sable fin à 15-20' cm. de profondeur. 
Atlantique, Manche, Méditerranée. 

S. squamatum Delle Chiaje. Fig. 39, m-o. — (?) Claparède, 1868, 
p. 100, pi. m, fig. 3; 1870, p. 20, pi. ii, fig. 3; Dabboux 1899, p. 134, 
fig. 29-31. — S, Buskiî Me' Ixtosh 1900, p. 431, pi. xxix, fig. 79, xxxi, 
fig. 11, xlii, fig. 18-19. 

Corps cylindroïde ou un peu aplati. Plus de 200 sétigères. — Prosto- 
tomium, arrondi en avant. 4 yeux très petits, disposés en rectangle. An- 
tennes latérales réduites. 2 palpes effilés, glabres. Premier sétigère 
rejeté en avant, au-dessus des palpes et portant un long cirre tentaculaire 
dorsal, un cirre ventral rudimentaire,, 2 acicules, 2 faisceaux de longues 
soies capillaires simples, finement denticulées, semblables aux deux rames. 
— Trompe cylindrique, bordée d'une rangée de papilles. 4 mâchoires 
chitineuses non denticulées à la base. — Parapodes à rames bien sépa- 
rées. Rame dorsale en massue avec un stylode allongé, 3 cténidies au 
bord supérieur (39, n). Soies dorsales nombreuses, longues, capillaires, 
finement épineuses recourbées vers le haut. Rame ventrale plus courte et 
plus large, bilobée, à mamelon aciculaire conique, dépourvue de stylode 
à son bord supérieur. Cirre ventral long et mince. Soies ventrales de 
formes variées, réparties en deux faisceaux distincts : 1° soies simples 
bipectinées (1); 2° Soies composées à hampe épineuse, à long article ter- 
minal pluri-articulé, bidenté (fj, pas de soies à hampe lisse, 3° soies com- 
posées à hampe denticulée, à serpe courte robuste, à rostre recourbé avec 
une épine en dessous ; 4° quelques soies semblables, à hampe lisse (o) , 5° au 
faisceau inférieur : quelques soies semblables à 4° ; 6" des soies semblables 
mais à serpe plus longue; 7° des soies composées à hampe lisse à très 



POLTCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



105 




Fig. 39.' — Sigalion Mathildae: a, tête, grossie; b, parapode avec branchie x 25; c, pa- 
pille du bord de Pélytre x 60; d, élytre x 25; e, f, soies ventrales composées à 
hampe épineuse x 140; g, soie ventrale à serpe simple x 140; h, soie ventrale supé- 
rieure simple x 140; i, extrémité de soie dorsale x 140; k, extrémité de soie com- 
posée pluriarticulée, bidentée x 300; I, soie ventrale composée, plufiarticulée x 140. 
— i". squamalum : m, papille du bord de l'élytre X 40; ti, parapode, grossi; les soies 
ne sont pas figurées ; o, soie composée à serpe courte (d'après Darboux). 



long article filiforme, pluriarticulé, très fin, souple, terminé par un petit 
rostre et une épine au-dessous (f). — Elytres à tous les segments à partir 
du 25 e , rectangulaires, minces, incolores, glabres, terminées par un petit 
prolongement latéral postérieur, frangées au bord externe de 15-16 papilles 
pennées, à branches latérales peu nombreuses (8-10 de chaque côté), lan- 
céolées (d, m). Une branchie cirriforme insérée sur le tubercule dorsal ou 
sur l'élytrophore à chaque pied à partir du 5 e . 
L. 20 à 30 cm. sur 8 à 9 mm. de large. Coloration blanc grisâtre. 

Dragages. — Atlantique Nord (Shetlands), Méditerranée (Naples, golfe du 
Lion). 

Nota. De Saint-Joseph avait identifié le S. Mathildae au S. squamatum. D'a- 
près Dahboux, ces deux espèces seraient distinctes, par leur taille, la forme des 
papilles des élytres, l'absence de tubercule à la rame ventrale de S. squamatum 
et la répartition des soies. Mais le S. squamatum de Claparède serait en réalité 
un S. Mathildae (?).Entout cas, les deux espèces sont bien voisines et les diffé- 



106 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

rences constatées sont peut-être simplement fonction de l'âge et de la taille. Le 
S. Buskii de Me' Intosh correspondant bien à la description du S. squamatum 
donnée par Darboux ne me paraît pas devoir en être séparé, l'antenne impaire, 
qui lui a été attribuée, n'étant mentionnée qu'avec doute par Me' Imosh. 



G. PSAMMOLYCE Kinberg. Char, entend. 

Corps allongé, vermiforme, à segments très nombreux (fig. 40 d). — Prosto- 
tnium ovoïde. 4 yeux. Une antenne impaire sans cténidies naissant du bord 
antérieur du prostomium. 2 antennes latérales (') soudées au premier séti- 
gère qui est rejeté en avant au-dessus des palpes et porte un cirre dorsal, un 
<ùrre ventral, un cuilleron céphalique et deux faisceaux de soies simples. 
2 longs palpes lisses (a). — Trompe cylindrique bordée de papilles, 4 mâchoires 
chitineuses. — Parapodes biramés avec des cténidies dorsales. Pas de cirres 
dorsaux, sauf au 3 e sétigère. Un tubercule branchial cirriforme à tous les 
pieds, sauf aux premiers. Soies dorsales simples, capillaires, à fines épines 
disposées en spirale. Soies ventrales composées, à serpe bidentée ou unidentée, 
longue ou courte (fig. 40, g, h, i). — Un cirre ventral à tous les pieds. 
Elytres imbriquées, laissant une partie du dos à découvert. Élytres et face 
•dorsale à papilles adhésivea agglutinant fortement le sable. — 2 urites. 

1 . Elytres de la l re paire ovalaires, non incisées, les suivantes pro- 
fondément èchancrées et portant des prolongements en mas- 
sue pennés (lig. 40, m.) Ps. arenosa, p. 106 

— Elytres de la l re paire beaucoup plus grandes, fortement inci- 
sées, enveloppant complètement la tête; les suivantes nonéchan- 
crèes, sans prolongements en massue pennés (fig-. 40, n). . . . 
. . . .' Ps. inclusa, p. 107 

P. arenosa (Delle Chiaje). Fig. 40, a m. — Saint-Joseph 1906, 
p. 150, pi. i, fig. 7-23, n, fig. 24-31. P. Herminiae Quatrefages 1865, 
p. 283. — Sigalion Herminiae Audouin et M. -Edwards 183k, p. 107, 
pi. i, fig. 1-6. 

Corps, atténué postérieurement, face dorsale et élytres incrustées de 
sable (40d). Environ200 sétigères, — Prostomium petit, arrondi. — 4 yeux 
noirs, 2 postérieurs dorsaux, 2 antérieurs plus gros, non visibles d'en 
dessus (a). Une antenne impaire subulée, à gros cératophore naissant du 
bord antérieur du prostomium. 2 petites antennes latérales en partie 
soudées au premier sétigère qui est rejeté en avant et porte un cirre 
tentaculaire dorsal et un cirre ventral subégaux, à cératophores allongés, 
un cuilleron céphalique cilié, une lamelle prébuccale, un acicule et 2 fais- 
ceauxdesoies simples capillaires, finement denticulées (b). Trompe cylin- 
drique, à 11 -f- 11 papilles. 4 mâchoires chitineuses non denticulées à la 
base. — Parapodes suivants biramés. Au troisième sétigère seulement, 

(1) Sauf peut-être chez Ps inclusa (?). 



POLYCHETES ERRANTES. — APBRODITIDAE 107 

un long cirre dorsal articulé, à cirrophore aussi long que le cirrostyle. 
Rame dorsale courte, avec une collerette semicirculaire entourant des 
soies très nombreuses, capillaires, très fines, simples, épineuses. 3 cté- 
nidies au bord supérieur et, à partir du 2" sétigère, une longue bran- 
chie ciliée insérée sur l'élytrophore, ou sous le tubercule dorsal, aux" 
pieds sans élytres. Rame ventrale tronquée, plus forte et plus longue 
que la dorsale, annelée, garnie de papilles filiformes et de petites ver- 
rues brunes (c). Soies ventrales composées, jaunes, les supérieures à 
hampe épineuse, à longue serpe unidentée ; les médianes plus grosses à 
hampe portant parfois des stries transversales plus ou moins marquées, 
à serpe courte, robuste, unidentée, ou avec une dent accessoire fine et 
fragile; les inférieures incolores, à hampe lisse, à longue serpe bidentéo 
ou unidentée (g, h, i.). Au 2" sétigère, les soies ventrales sont incolores, 
à hampe garnie de grandes épines en spirale, à long article grêle, 
bidenté (f). — Cirres ventraux subulés, avec un petit tubercule basilaire 
et de longues papilles sur le cirrophore. Elytres de la 1" paire plus 
grandes, ovalaires, se croisant et cachant la tête (1). Les suivantes, lais- 
sant le dos à découvert, sont réniformes, profondément échancrées du 
côté interne, leur surface est couverte de papilles cupuliformes aggluti- 
nant fortement le sable, le bord est frangé de longues papilles filiformes 
et porte, au côté externe, un, puis deux prolongements en massue cou- 
verts de papilles adhésives (m). — Le dos est caché, comme les élytres, 
par une couche de grains de sable agglutinés par des papilles cupuli- 
formes (d). La face ventrale est couverte de petites papilles piriformes 
et de longues papilles filiformes qui n'agglutinent pas le sable et qui 
lui donnent un aspect velouté : — 2 urites filiformes. 

15 à 20 cm. sur 10 à 13 mm. de large. — Face ventrale brun jaunâtre 
plus ou moins foncé. Elytres et face dorsale complètement recouvertes 
par une couche de sable agglutiné de coloration variant avec la nature 
du fond. 

A mer basse, dans le sable vaseux, sous les pierres et dans les dragages 
•côtiers. 

Atlantique (La Rochelle, St-Jean-de-Luz), Manche, Méditerranée (Cette, Mar- 
seille). 

P. inclusa Claparède. Fig. 40, n. — Pruvot 1895. — (?) P. Herminiae 
Me' Intosh 1876, p. 410, p. xliii, fig. 11-16; (?) Langerhans 1879, p. 277, 
pl.xiv, fig. 7. (?) P. arenosa Bkrnardi 1911, p. 98, fig. 1-2. — Lepido- 
pleurus inclusus Claparède 18G8, p. 105, pi. vi, fig. 4; Grude 1875, p. 
26; Darboux 1899, p. 73, 118. 

Corps atténué postérieurement; à segments nombreux, face dorsale et 
élytres incrustées de sable, sauf dans la partie antérieure. — Prostomium 
petit, ovoïde. 4 yeux, 2 postérieurs dorsaux, 2 antérieurs plus grands, non 
visibles d'en-dessus. Une antenne impaire subulée à cératophore naissant 



108 



FAUNE DE FBANCE. — POLYCHETES ERBANTES ' 




Fia. 40. — Psammolyce arenosa : a, tète, grossie; b, I e ' sétigère x 12; c, parapode 
moyen x 20; d, animal entier, légèrement réduit; e, soie dorsale X 140; f, soie 
composée du 2* sétigère x 140; g, soie ventrale inférieure x 140; h, soie ventrale 
supérieure x 140; i, k, soies ventrales médianes x 140; 1, 1™ élytre x 8; m, élytre 
moyenne x 15. — Ps. inclusa : n, l' e élytre x 5 (d'après Bernardi). 



du bord antérieur du prostomium. Pas d'antennes latérales (?). — 
1 er sétigère rejeté en avant et portant un cirre tentaculaire dorsal, un cirre 
ventral (un cuilleron céphalique?), une lamelle prébuccale, un acicule et 
deux faisceaux de soies simples, capillaires, finement épineuses. 2 longs 
palpes lisses. — Trompe cylindrique. 4 fortes mâchoires chitineuses. — 
Parapodes suivants biramés. Au troisième sétigère seulement, un petit 
cirre dorsal articulé. Rame dorsale courte avec une collerette et un 
faisceau de longues et fines soies simples, épineuses, disposées en éven- 
tail, des cténidies au bord supérieur et une branchie cirriforme, courte. 
Rame ventrale plus grosse, conique, annelée, garnie de papilles piri- 
formes brunes. Soies ventrales composées, jaunes, les supérieures à 
hampe épineuse, à longue serpe bidentée, les médianes plus grosses à 
hampe épineuse, à serpe courte, robuste, bidentée, les inférieures inco- 
lores, à hampe lisse ou faiblement striée, à long article bidenté. Au 
2 e sétigère, les soies ventrales ont une hampe épineuse et un très long 
article grêle. — Longs cirres ventraux avec un petit tubercule basilaire et 



POLYCHÈTKS EMIANTES. — APHRODITIDAE 109 

des papilles sur le cirrophore. Elytres à tous les segments à partir du 23 e . 
Les trois premières paires se croisent, tandis que les suivantes laissent le 
dos à découvert. Les élytres de la première paire sont beaucoup plus 
grandes que les suivantes, irrégulièrement ovales, fortement échancrées 
en deux lobes dirigés en avant et recouvrent comme des valves toute 
la région céphalique et buccale. Elles sont frangées de petites papilles 
piriformes ou cylindriques et couvertes de sable agglutiné par de petites 
papilles adhésives. Les suivantes sont réniformes, non incisées, avec un 
simple prolongement en manubrium, elles sont frangées de longues 
papilles cylindriques et portent des papilles cupulilbrmes agglutinant lo 
sable, mais elles sont dépourvues de rendements en massue pennés. — 
La face ventrale, à sillon médian profond, est garnie de papilles piri- 
formes et de papilles cylindriques lui donnant un aspect velouté. 

Taille assez considérable, des fragments antérieurs recueillis mesurant 
10 à 14 mm. de diamètre. — Face dorsale avec bandes' transversales 
brunes ou noires dans la région antérieure, ensuite d'un brun uniforme. 
Face ventrale blanchâtre, ou mouchetée antérieurement, ensuite brunâtre. 

Fonds de vase ou de sable vaseux. — Atlantique (Madère); Méditerranée 
(Naples, côtes d'Algérie et du Maroc, Porto Camicie). 

Nota. Clapahède attribuant à cette espèce des élytres à tous les segments en 
avait fait le genre Lepidopleurus. Grube, qui a vraisemblablement eu entre les 
mains l'exemplaire de Claparède, a reconnu l'erreur commise à ce sujet. Il est 
fort vraisemblable que les spécimens de Me' Imosu et de Ber,\ardi appartiennent 
bien à la même espèce qui doit être rangée dans le genre Psammolyce. Un 
caractèro reste cependant à vérifier, d'après Claparède et Bernakdi cette espèce 
serait dépourvue d'antennes latérales ; Me' Intosii ne les mentionne pas, mais 
Langerhans les décrit sous le nom de «■ Lnrzcrcr Cirrus dorsalis ». 



G. STHENELAIS Kisbekg. 

Corps allongé, vermiforme à segments très nombreux. — Prostomium 
arrondi. 4 yeux(<). — Une antenne impaire avec une paire de cténidies cirri- 
formes implantées sur le cératophore. '2 antennes latérales plus ou moins sou- 
dées au premier sétigère rejeté en avant au-dessus des palpes et qui porte un 
cirre dorsal, uncirre ventral, un cuilleron céphalique et un faisceau de soies sim- 
ples. 2 longs palpes avec cténidies à la base. — Trompe cylindrique. 4 mâchoires 
chitineuses. — Parapodes biramés aveo des cténidies dorsales cupuliformes. 
Pas de cirres dorsaux. Un tubercule branchial cirriforme à tous les pieds à 
partir du 4 8 sétigère. Soies dorsales simples, capillaires, épineuses. Soies ven- 

i. te Sthenelais Je/freysii Me' Intosii n'a encore été rencontré que sur les côtes d'Irlande. Il 
ne semble se distinguer du s. minor que par l'absence d'yeux, due peut-être à l'action de 
l'alcooL(î) — VEusthenelaia hibemica Me' Intosu a été rencontré dans la Méditerranée, au lar^e 
du cap Sagres. Autant qu'on peut en juçer par la description de l'auteur, cette espèce, très 
voisine de s. fultginosa, sinon identique, mais dont les éljtres sont inconnues, n'est probable- 
ment qu'un S. Boa dont les yeux sont devenus indistincts dans l'alcool. 



110 FAUNE DE FRANCK. — POLYCHETES ERRANTES 

traies composées à serpe bidentée plus ou moins longue, simple ou pseudo-arti- 
culée. Souvent, en outre, quelques soies supérieures simples. — Un cirre 
ventral. Elytres imbriquées. 

1. Soies ventrales supérieures simples, bipectinées (fîg. 41, d). . 2 

— Pas de soies simples bipectinées à la rame ventrale. . . 
S. minor, p. 112 

2. Élytres à franges bifides. Elles sont bilobées du côté externe 
(fig. 42, b) S. limicola, p. 113 

— Élytres à franges simples (fig. 41, b) 3 

3. Franges sur un rang au bord de l'élytre (fig. 41, b). S. Boa, p. 110 

— Franges sur plusieurs rangs, aspect pectine (fig.. 41, r). 
S. ctenolepis, p. 111 

St. Boa (Johnston). Fig. 41, a-1. — Me' Intosh 1900, p. 409, pi. xxix, 
fig. 1, xxxi, fig. 5, xxxiii, fig. 16, xli, fig. 20-23 (bibliographie). St. Ed- 
wardsii Quatrefages 1865, p. 273, pi. vm, fig. 1-8. St. Audouiaii Qua- 
trefages 1865, p. 275. St. fuliginosa Claparède 1868, p. 94, pi. iv, fig. 2. 
St. Idunae Saint-Joseph 1888, p. 187, pi. vm, fig. 55. — Sigalion Boa 
Johnston 1865, p. 124, pi. xm, fig. 6. S. Idunae Rathke 18'i3, p. 150, 
pi. ix, fig. 1-8. — ? S. Estrellae Guérin, 1833. 

Corps convexe à la face dorsale. Plus de 150 à 200 sétigères. — Pro- 
stomium arrondi en avant, plus large que long, rouge, avec 2 organes 
nucaux saillants en boutons ronds légèrement excavés au sommet. 4 yeux 
noirs disposés en carré (41, a). Une longue antenne impaire glabre avec 
2 cténidies cirriformes implantées de part et d'autre du cirrophore (an- 
tennes latérales de certains auteurs). 2 petites antennes latérales courtes, 
soudées au premier sétigère qui est rejeté en avant au-dessus des palpes 
et qui porte un long cirre tentaculaire dorsal, un cirre ventral plus court, 
une cténidie dorsale, un cuilleroncéphalique cilié, une lamelle prébuccale, 
un acicule et 2 faisceaux de soies simples, longues, fines, épineuses. 2 
longs palpes lisses. — Trompe cylindrique, à 11 -j- 11 papilles, 4 mâchoires 
chitineuses, non denticulées à la base. — Parapodes suivants biramés. 
Rame dorsale avec des stylodes, 3 cténidies en coupe au bord supérieur 
(c) et, à partir du 4 e sétigère, une longue branchie ciliée insérée sur l'ély- 
trophore ou sur le tubercule dorsal aux parapodes sans élytres. Soies 
dorsales toutes simples, nombreuses, capillaires, finement épineuses. 
Rame ventrale conique avec stylodes, 3 bractées lamelleuses : 1° antéro- 
supérieure courte, 2° parapodiale postérieure, longue, bilobée, 3° antéro- 
inférieure en collerette laciniée. Soies ventrales insérées en fer à cheval 
autour du mamelon pédieux : 1° les supérieures simples, bipectinées, forte- 
ment épineuses (k), 2° les moyennes composées, fortes, à serpe bidentée, 
courte, inarticulée (e, f), 3° les inférieures composées, plus minces, à 
ongue serpe bidentée, multiarticulée (h, i). — Cirres ventraux subulés, 



POLYCHETES EnitANTBS. 



APHROD1TIOAE 



lit 



lisses. Élytres sur tous les segments à partir du 25*. Elles sont imbri- 
quées et croisées, couvrant complètement tout le corps, d'abord orbicu- 
laires , puis réniformes , semées de nombreux tubercules coniques ou, 
arrondis, surbaissés, le bord externe porte de longues franges simples et 
quelques fines papilles tactiles capitées (b). — 2 longs urites. 

L. 10 à 20 cm. et davantage. — Coloration extrêmement variable, gris- 
clair, jaunâtre ou brunâtre uniforme, ou marqué de bandes transversales- 
ferrugineuses, brunâtres, noirâtres, parfois d'un rouge orangé très vif. 

A mer basse, dans le sable vaseux, la vase à Zostères, sous les pierres, avec. 
Nephthys et Audouinia. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 




Fig. H.— Sthenelais Boa : a, tête, grossie; b, élytre moyenne x 10; c, parapode x 
:i(); d, soie ventrale supérieure simple x 10; e, f, soies ventrales médianes à serpe- 
simple x 140; g, soie ventrale supérieure à hampe épineuse, à serpe pluriarticulée 
X 140; h, i, soies ventrales inférieures à hampe lisse ou épineuse, à serpe pluriar- 
ticuléo X 140; k, soie dorsale ; 1, animal entier, légèrement réduit. — St. minor .- 
m, parapode x 30; n, stylode x 100; o, serpe ventrale médiane; p, 10" élytre gauche 
x 15 (d'après Piiuvot) ; q, bord interne de Pélytre x 120. — St. ctenolepis : r, 
élytre x 10 (d'après Ciaparède). 

St. ctenolepis Claparède. Fig. 41, r. — Claparède 1868, p. 88, pi. iv,. 
fig. 1, vi, fig. 2. 

Corps allongé, vermiforme. Plus de 160 sétigères. — Prostomium» 



112 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

arrondi. 4 petits yeux noirs disposés en carré, tous visibles d'en dessus. 

— Une longue antenne impaire, lisse (sans cténidies sur le cératophore?). 
2 antennes latérales subulées en partie soudées au premier sétigère qui 
porte un long cirre tentaculaire dorsal, un cirre ventral subulé beaucoup 
plus court (une cténidie dorsale?), un cuilleron céphalique, une lamelle 
prébuccale, un acicule et deux faisceaux de soies simples, longues, souples, 
finement barbelées. 2 longs palpes lisses. — Trompe à 4 mâchoires chiti- 
neuses. — Parapodes biramés. Rame dorsale, courte à stylodes courts, 
peu nombreux, une (?) cténidie dorsale, une longue branchie cirriforme 
■ciliée à tous les pieds. Soies dorsales toutes semblables, simples, capil- 
laires, longues, arquées, finement barbelées. Rame ventrale conique (sans 
collerette?) portant, à sa face inférieure, de nombreux stylodes courts, 
une cténidie et un cirre ventral subulé. — Soies ventrales de plusieurs 
sortes : 1° supérieures simples, à spinules disposées en spirale, 2" com- 
posées à hampe épineuse, à long article en alêne, 3" composées, à 
hampe striée, non épineuse, à article en serpe bidentée, 4°' composées 
épineuses, à article en serpe unidentée longue et pluriarticulée, 5° com- 
posées, à article très long, unidenté, pluriarticulé. — Élytres vaguement 
réniformes- (41, r) à bord antérieur concave, à bord postérieur convexe, 
sauf la première qui est ovale, parsemées de petits tubercules, à bord 
externe pectine, les franges étant disposées sur plusieurs rangs. 

L. 7 à 9 cm., sur 4 à 5 mm. — Face ventrale pâle, dorsale ponctuée de 
brun, élytres colorées en brun dans leur partie libre. 

Habitat? — Méditerranée (Naples). 

St. minor Pruvot et Racovitza. Fig. 41, m-q. — Pruvot et Racovitza 
1895, p. 465, pi; xx, fig. 111-121; Saint-Joseph 1899, p. 171, 1906, 
p. 195; Fauvel IQl'i, p. 83. — ? St. zetlandica Me' Ixtosh 1900, p. 414, 
pi. xxx. fig. 14. ? St. atlanlica Me' Intosh 1900, p. 415, pi. xix, fig. 21. 

Corps allongé, vermiforme, convexe à la face dorsale. 68 à 140 sétigères. 

— Prostomium arrondi, rouge. 4 yeux noirs disposés en rectangle, les 
postérieurs peu écartés des antérieurs. Une longue antenne impaire 
glabre avec 2 cténidies cirriformes implantées de part et d'autre du cirro- 
phore. 2 petites antennes latérales courtes, soudées au premier sétigère 
qui est rejeté en avant au-dessus des palpes et qui porte un long cirre 
tentaculaire dorsal, un cirre ventral plus court, une cténidie dorsale, un 
cuilleron céphalique cilié, une lamelle prébuccale, un acicule et 2 faisceaux 
de soies simples, capillaires avec une serrulation peu accusée sur une de 
leurs faces. 2 longs palpes lisses. — Trompe cylindrique, à 13 -J- 13 
papilles. 4 mâchoires chitineuses, non denticulées à la base. — Rame 
dorsale avec 1-3 gros stylodes ovoïdes, 3 cténidies en forme de coupe, au . 
bord supérieur et, à partir du 4" sétigère, une longue branchie ciliée 
insérée sur l'élytrophore ou sur lé tubercule dorsal, aux pieds sans élytres 



POLVCHETES ERRANTES. APHR0D1TIDAE 113 

(m). — Soies dorsales toutes simples, nombreuses, capillaires, finement 
épineuses. Rame ventrale conique, avec 1 à 3 gros stylodes ovoïdes, 
3 bractées lamelleuses ; 1° supérieure, lisse, courte, 2° inférieure, triangu- 
laire, terminée par un stylode, 3° ventrale, réduite, à bord libre finement 
dentelé. Soies ventrales insérées autour du mamelon pédieux en fer à 
cheval, dont les branches ne se recourbent pas en dehors comme chez 
Sth. Boa, de deux sortes seulement, toutes composées : 1° à hampe forte- 
ment épineuse, à serpe bidentce non articulée (o), 2° à hampe épineuse, 
à serpe finement bidentée très longue et pluriarticulée. Pas de soies 
simples bipectinées. — Cirres ventraux subulés, lisses. Elytres à tous les 
segments à partir du 27 e . Elles sont largement imbriquées et croisées, 
recouvrant entièrement le dos, d'abord orbiculaires , puis réniformes, 
délicates, transparentes, couvertes de petits tubercules coniques, garnies 
de 15 à 30 franges simples au bord externe et de petites papilles tactiles, 
(p, q). Elles agglutinent des grains de sable à leur surface. — 2 longs 
urites. 

L. 12 à 45 mm. sur 1 à 3 mm. de large, soies comprises. — Prostomium 
rouge, corps blanc jaunâtre ou incolore, élytres incolores, parfois teintées 
de gris et parsemées de petits grains de sable adhérents. 

Dragages côtiers et profonds, fonds de vase et de Bryozoaires. 

Manche, Atlantique (Brest),. Méditerranée (Banyuls, Cerbère, Cannes). 

Nota : Le spécimen recueilli à Brest par de Saint-Joseph était intermédiaire 
entre cette espèce et le S. Boa ; il portait une seule soie simple bipectinée à la 
rame ventrale et ses élytres n'étaient garnies de sable qu'à partir du 25' seg- 
ment. 

S. limicola (Ehlers). Fig. 42, a-g. — Pruvot et Racovitza 1895, p. 473, 
pi. xx, fig. 122, 123; Mc'Intosh 1900, p. 418, pi, xxix, fig. 3, xxxi, fig. 6, 
xxxiv, fig. 10, xlii, fig. 1-4; Fauvbl 191k, p. 83; St. leiolepis Claparède 
1868, p. 96, pi. iv, fig. 3, vi, fig. 1. — Sigalion limicola Ehlers 186*4, 
p. 120, pi. iv, fig. 4,7, pi. v. 

Corps convexe dorsalement, à queue effilée. 120 à 200 sétigères environ. 
— Prostomium arrondi et élargi transversalement. 4 yeux noirs disposés 
en carré, les antérieurs plus gros, en partie masqués par le cératophore 
de l'antenne impaire qui est très longue et lisse, avec une paire de fortes 
cténidies presque aussi longues que son cératophore (42, a). 2 petites an- 
tennes latérales soudées au premier sétigère qui porte un long cirre ten- 
taculaire dorsal, un cirre ventral plus court, une cténidie dorsale se con- 
tinuant en crête jusqu'à la base du parapode, un cuilleron céphalique lobé, 
une lamelle prébuccale, un acicule et deux faisceaux de soies simples, 
longues, fines, épineuses. 2 très longs palpes lisses. — Trompe évasée, à 
papilles, 4 mâchoires chitineuses non denticulées à la base. — Rame 
dorsale à stylodes parapodiaux cirriformes et nombreux aux premiers 
pieds, diminuant ensuite de taille et de nombre (c) ; trois cténidies para- 



114 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETBS ERRANTES 

r 

podiales dorsales à partir du 4 e sétigère et une longue branchie cirriforme- 
ciliée à partir du même segment à tous les pieds. Soies dorsales simples, 
longues, souples, capillaires, très finement spinuleuses (f). Rame ventrale 
conique, munie, aux parapodes de la région moyenne, d'un lobe supérieur 
en massue surmonté d'un seul stylode, d'un lobe postérieur formant une 
petite bractée parapodiale aplatie; de petites cténidies globuleuses entre - 
les pieds consécutifs. Soies ventrales supérieures simples (g), très petites, 
droites, bipectinées, peu nombreuses (2-3) ; moyennes et inférieures toutes 
composées à hampe lisse, à serpe très variée (d, e) les unes courtes, tra- 
pues, fortement bidentées, les autres bifides, très longues, très grêles, 
pluriarticulées ; les plus inférieures grêles, multiarticulées, à pointe simple 
et droite. — Cirres ventraux subulés, lisses, insérés au milieu de la lon- 
gueur du pied, Élytres à tous les segments à partir du 25 e . Elles sont 
imbriquées et croisées, couvrant complètement le corps. La première 
arrondie; les 11 suivantes triangulaires, à angles émoussés et portant au 
bord quelques digitations bifides; les suivantes réniformes (b), avec une 
profonde échancrure au bord externe et un amas de petites vésicules in- 
colores dans l'angle antérieur. Pas de franges. — 2 longs urites. 

L. 50 à 100 mm. — Corps transparent, incolore, une large tache trans- 
versale brune sur la moitié postérieure des élytres, formant sur le dos, 
dans la région antérieure, des chevrons ouverts en arrière. 

Dragages sur fonds de vase ou de sable. 

Mer du Nord, Manche (Plymouth). Atlantique (golfe de Gascogne). Méditer- 
ranée (golfe du Lion; Naples). 

G. EUTHALENESSA Dabboux 
[Thalenessa Me' Intosh, non Baird]. 

Corpslong, subcyliudrique, à segments très nombreux. — Prostomium bilobé. 
4 gros yeux. Antenne impaire courte, enfoncée entre les deux lobes du prosto- 
mium, sans cératophore ni eténidies. 2 antennes latérales naissant du bord 
frontal du prostomium. 2 longs palpes. — Trompe cylindrique bordée de pa- 
pilles. 4 mâchoires chitineuses, — Parapodes biramés. Au 1 er sétigère, un cirre 
tentaculaire dorsal,, un cirre ventral, un cuilleron céphalique et un faisceau de 
soies simples. Un cirre dorsal au 3° sétigère. Aux suivants, pas de cirres dor- 
saux, des cténidies dorsales, un tubercule branchial cirriforme à tous les pieds 
à partir du 4". Soies dorsales simples, capillaires, épineuses. Soies ventrales 
composées falcigères, à serpe courte et large, bidentée. — Cirres ventraux al- 
longés. Elytres imbriquées, laissant le dos à découvert, frangées de papilles 
ramifiées. — 2 urites, 

E. dendrolepis (Claparède). Fig. 42, h-0. — Sthenelais dendrolepis 
Claparède 1868, p. 99, pi. iv, fig. 4, pi. v, lig. 1; Marenzeller 1902, 
p. 7; Fauvel 191k, p. 84, pi. iv; fig. 20. — Leanira Giardi Darboux 1899, 
p. 123, fig. 24-28. 



POLYCHETES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



115 




Fig. 42. — St. limicola : a, tête, grossie ; b, élytre moyenne avec branchie, vue d'en 
dessous x 25; c, parapode x 30; d, soie ventrale médiane x 330; e, soie .ventrale 
inférieure à serpe pluriarticulée x 210; f, soie dorsale x 330; g, soie ventrale supé- 
rieure simple x 210. — Euthalenessa dendrolepis : h, tête, grossie ; i, soie dorsale X 
330; k, soie ventrale pluriarticulée des sétigères antérieurs x 210;1, soie ventrale à 
serpe simple x 240; m, parapode x 30; n, élytre moyenne x 80; o, papille du bord 
de l'élvtre x 60. 



Corps à dos convexe, à queue effilée. Très nombreux' sétigères. — 
Prostomium bilobé. 4 gros yeux disposés en rectangle, les antérieurs 
plus grands. Antenne impaire très petite, filiforme (42, h). 2 antennes 
latérales grêles. — Au premier sétigère, un cirre tentaculaire dorsal, 
un cirre ventral plus long, une cténidie, un cuilleron céphalique lobé, 
une lamelle prébuccale, un acicule et quelques soies simples très fines 
sans trace d'ornementation. 2 palpes lisses, très longs. — Trompe 
avec un cercle unique de papilles toutes égales et 4 mâchoires chiti- 
neuses. — Rame dorsale petite, à collerette laciniée. 3 cténidies 
dorsales et une longue branchie cirriforme à partir du 4" sétigère. Soies 
dorsales nombreuses, très fines, toutes simples, ornées d'une crête spi- 
ralée à bords dentés (42, i). Rame ventrale conique entourée d'une colle- 
rette, trilobée et surmontée de stylodes allongés aux pieds antérieurs. Un 
cirre ventral effilé, parfois articulé à l'extrémité (m), une cténidie ventrale. 



116 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

— Soies ventrales composées, à hampe finement épineuse, à serpe robuste, 
bîdentée, en outre, aux 4 premiers sétigères seulement, il existe des 
soies à serpe longue, mince, bidentée ou unidentée, pseudo-articulée. — 
Elytres sur tous les segments à partir du 27 e . Elles sont imbriquées, mais 
laissent à nu le milieu du dos sur une longueur plus ou moins considé- 
rable. Celles de la première paire sont petites, arrondies, lisses, sans 
franges, les suivantes, sont subtriangulaires à angles arrondis, puis réni- 
formes et portent sur leur bord externe 10 à 15 papilles ramifiées (n, o). 
La surface des élytres est glabre, sans tubercules ni papilles. — 2 longs 
urites. 

L. pouvant atteindre 20 cm. sur 8 mm. ' — Corps pâle, blanc jaunâtre ; 
à la face dorsale, de larges taches jaunes allongées transversalement et 
des traits rougeâtres. Elytres translucides, jaune pâle avec une tache 
rougeâtre, arquée, au bord interne. 

Dragages côtiers et au large, fonds vaseux. 

Atlantique (golfe de Gascogne), Méditerranée (Naples, golfe du Lion). 



G. LEANIRA Kinberg. 

Corps allongé, à segments très nombreux. — Prostomium arrondi, avec ou 
sans yeux. Une antenne impaire avec un cératophore portant ordinairement 
une paire de cténidies. 2 antennes latérales plus ou moins soudées au premier 
sétigère qui porte un cirre tentaculaire dorsal, un cirre ventral, un cuilleron 
céphalique, une lamelle prébuccale et des soies simples capillaires. 2 longs 
palpes lisses. — 4 mâchoires chitineuses. — Pas de cirres dorsaux ('). Para- 
podes biramés avec ou sans cténidies dorsales. Un tubercule branchial cir- 
riforme à tous les pieds, sauf aux premiers. Soies dorsales simples, capil- 
laires, à épines disposées en spirale. Soies ventrales composées, spinigères 
(flg. 43, e, m), à article terminal subulé pectiné-canaliculé. — Cirres ventraux 
courts. Élytres imbriquées. — 2 urites ( 2 ). 

1 . Des cténidies antennales et parapodiales . . . 2 

— Pas de cténidies antennales, ni parapodiales. Pas d'yeux. Elytres 
sans franges ni papilles- (fig. 43. i). . . . L. hystricis, p. 118 

2. Pas d'yeux. Élytres frangées (fig. 43 b). . L. tetragona, p. 117 

— Quatre yeux. Elytres sans franges . . . . L. Yhleni, p. 117 

(1) Sauf au3 8 sétigère de Leanira tetragona (ï). 

(2) Willey (W05| range dans le genre nouveau Sthenolepis les Leanira à antenne impaire portée 
par un cératophore muni d'une paire de cténidies et réserve le nom de Leanira aux espèces 
dont l'antenne impaire serait insérée directement sur le prostomium et manquerait de cérato 
phore et de cténidies. On peut objecter à cette manière de voir que la Leanira Quatrefagesi, 
type du genre de Kinberg, a été retrouvée par Ehlebs qui a revu également le spécimen de 
Kinberg et que Khlers a constaté chez cette espèce la présence d'un cératophore, ainsi d'ail- 
leurs que chez la L. hystricis. L'absence de cténidies, en admettant même qu'elle soit bien 
réelle, car ces organes sont souvent caducs, ne suffirait pas a elle seule à justifier la création 
d'un genre nouveau. C'est également l'opinion de Houst qui n'admet pas le genre Sthenolepis. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — APHRODITIDAE 117 

L. tetragona Oersted. Fig. 43, a-g. — Malmgren 1865, p. 88, pi. XI, 
fig. 14; Fauvel ldVi, p. 85. 

Corps prismatique, de section rectangulaire. 200 à 300 sétigères. — 
Prostomium arrondi, élargi transversalement, bilobé. Pas d'yeux visibles. 
Longue antenne impaire subulée avec deux petites cténidies claviformes 
insérées sur le cératophore. 2 antennes latérales effilées accolées à leur 
base au premier sétigère qui porte un long cirre tentaculaire dorsal, un 
cirre ventral plus court, un cuilleron céphalique, une lamelle prébuccale 
et un faisceau de nombreuses soies capillaires très longues, dirigées en 
avant. 2 très longs palpes effilés, glabres (43, a). — Rame dorsale de même 
longueur que la rame ventrale mais trois fois plus mince, à longs stylodes 
cirriformes (c). 3 cténidies cupuliformes au bord dorsal du parapode. Pas 
de cirres dorsaux, sauf au 3 e sétigère (?). Soies dorsales très longues, 
capillaires, finement épineuses (d). Rame ventrale frangée de stylodes, 
cirriformes allongés. Soies ventrales composées à hampe lisse ou épi- 
neuse, à article terminal subulé pectiné-canaliculé (e). Cirres ventraux 
subulés, plus courts que la rame ventrale. — Élytres ovales, puis sub- 
réniformes, lisses, transparentes, frangées de longues papilles sur le bord 
externe (b). Une branchie cirriforme à tous les pieds, sauf aux antérieurs. 

— Trompe à 11 + 11 papilles. • 

'L. : Grande espèce large de 7 millimètres. — Coloration :? 

Dragages profonds sur fonds vaseux. — Atlantique-, Méditerranée, Adria- 
tique. 

L. Yhleni Malmgren. — Malmgren 1867, p. 140; Marenzeller 1815, 
p. 14; 1901, p. 10. 
Corps allongé, de section ovale ou rectangulaire. Nombreux sétigères. 

— Prostomium arrondi, plus large que long. 4 yeux noirs, disposés 
en carré, les antérieurs plus grands, dirigés en avant sous l'antenne 
impaire, les deux postérieurs de part et d'autre du cératophore. Longue 
antenne impaire subulée avec deux petites cténidies claviformes sur 
le cératophore. 2 antennes latérales effilées, accolées par leur base au 
premier sétigère qui porte un long cirre tentaculaire dorsal, un cirre 
ventral plus court, un cuilleron céphalique, une lamelle prébuccale et 
un faisceau de nombreuses soies capillaires très longues, dirigées en 
avant. 2 très longs palpes effilés, glabres. Pas de cirres dorsaux, même 
au 3 e sétigère. Rame dorsale de même longueur que la ventrale, mais 
trois fois plus mince, à longs stylodes cirriformes et avec un plus gros, 
renflé en massue. 3 cténidies cupuliformes au bord dorsal du parapode. 
Soies dorsales longues, capillaires, à fines épines disposées en spirale. 
Rame ventrale à stylodes subégaux, cirriformes et un gros renflé. Soies 
ventrales toutes semblables, composées, à hampe robuste, lisse, à article 
court, subulé, pectiné-canaliculé. — Cirres ventraux moitié plus courts 
que le pied. Une branchie cirriforme à tous les pieds, à partir du 4*. 



118 



FAUNE DE FRANCE. 



POLTCHETES ERRANTES 



Élytres ovales-oblongues, lisses, sans franges, fortement imbriquées, 
ne laissant à nu qu'une ligne étroite au milieu du dos. — 2 urites 
allongés. 

L. 30 à 50 mm. sur 1,5 à 4 mm. — Tête brun foncé, yeux noirs, 
trompe incolore, corps incolore, élytres brunâtres à tache centrale claire. 

Zone littorale, vase à Sternaspis, de à 300 mètres. 

La Rochelle (Malmgren) ; Le Croisic (Hennegdy, Michel) ; Adriatique (Maren- 

zeller). 




Fig. 43. — Leanira tetragona : a, tête, grossie (imité de Malmgren); b, élytre x 6; 
c.parapode moyen x 20; d, soies dorsales face et profil x 140; e, soie ventrale mé- 
diane x 140; £, soie ventrale inférieure x 140; g, soie ventrale supérieure x 140. — 
Leanira hystricis : h, tête, grossie (d'après Ehlers et Me' Intosh); i, élytre x 4; k, para- 
pode x 25 ; 1, soie dorsale x 200 ,- m, soie ventrale x 200. 

L. hystricis Ehlers. Fig. 43, h-m. — Ehlers 1875, p. 35, pi. ti, fig. 5- 
11; Me' Intosh i000,.p. 434, pi. xxvm, fig. 17, xxxi, fig. 12-13, xlii, fig. 
20-22. . » ' 6 

Corps prismatique à 50-60 sétigères. — Prostomium arrondi. Pas 
d'yeux (?). Antenne impaire courte, en forme de manche d'alêne. Pas de 
cténidiesantennales (43, h). 2 petites antennes latérales en partie soudées 
au 1 er sétigère qui porte un long cirre tentaculaire dorsal, un cirre ventral 



POLYCHÈTES ERRANTES. — APHROMTIDAE 119 

plus court, un long cuilleron céphalique, une lamelle prébuccale et un 
faisceau de fines soies simples. 2 longs palpes effilés, lisses. — Rame 
dorsale à stylodes en massue (k), plus nombreux aux pieds antérieurs, 
souvent réduits ensuite à une seule papille claviforme volumineuse. Soies 
-dorsales simples (1), capillaires, les unes épineuses, les autres lisses. Rame 
ventrale conique obtuse, à 2 lèvres, avec quelques stylodes massifs plus 
gros qu'àla rame dorsale, souvent réduits à un seul volumineux aux pieds 
postérieurs. Soies ventrales composées, à hampe* lisse, ou épineuse, à 
article terminal effilé, droit ou arqué, pectiné-canaliculé (m). — Pas de 
cténidies au bord supérieur du parapode (?). Une branchie cirriforme à 
chaque pied à partir du 24 e -25\ Cirres ventraux courts. Elytres petites, 
arrondies, translucides, lisses, sans franges ni papilles, laissant le milieu 
du dos à découvert (i). 
L. 20 à 50 mm. sur 2 mm. de large, pieds compris. — Coloration?... 

Dragages profonds sur fond de vase. — Atlantique (côtes d'Irlande, Açores). 

G. PH0L0Ë Johnston. 

Corps petit, linéaire, légèrement atténué en arrière. — Prostomium petit, 
arrondi. 2 paires d'yeux sessiles, plus ou moins confluentes. Une courte antenne 
médiane. Pas d'antennes latérales. 2 palpes. 2 paires de cirres tentaculaires 
très courts, rejetés en avant de la bouche, sans soies à la base. — Trompe à 

4 mâchoires cornées. — Élytres insérées sur les segments 2,4,5,7 23,24 et 

■ensuite sur tous les segments jusqu'à l'extrémité du corps. Pas de cirres dor- 
saux, même aux pieds sans élytres. Des cirres ventraux à tous les segments. — 
Parapodes biramés. Soies dorsales capillaires, très fines, denticulées. . Soies 
ventrales beaucoup plus grosses, composées, à article terminal en serpe uni- 
•dentée. — 2 urites. 

1 . Elytres subtriangulaires à stries concentriques. Des papilles sur 
le dos (fig. 44, q) Ph. dorsipapillata, p. 119 

— Elytres suborbiculaires ou réniformes, sans stries concentriques. 
Pas de papilles sur le dos . . 2 

2. 38-42 sétigères. Yeux coalescents, antennes et cirres renflés à la 
base (fig. 44, i) Ph. synophthalmica, p. 120 

— 45-70 sétigères. Yeux non coalescents. Antennes et cirres subulés 
(fig. 44, c) Ph. minuta, p. 120 

Ph. dorsipapillata Marenzeller. Fig. 44, n-q. — Marenzeller 1893, p. 6, 
pi. i, fig. 3 ; Fauvel i914, p. 82. 

Corps très petit, à face dorsale convexe. 35 sétigères. — Prosto- 
mium deux fois plus large que long. 2 yeux de chaque côté, tangents, 
les antérieurs plus grands. Antenne impaire à renflement ovoïde, médian, 
garni de papilles, à filament terminal claviforme. 2 palpes plus courts que 



120 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

l'antenne. 2 paires de cirres tentaculaires semblables à l'antenne, mais un 
peu plus courts. — Élytres subtriangulaires, puis rhomboïdales à angles 
arrondis, surface ornée de' stries concentriques très marquées rappelant 
l'aspect d'une coquille de Moule (44, q), frangées au bord d'une ou deux 
rangées de longues papilles cylindriques (p). Milieu du dos couvert de 
longues papilles brunes semblables à celles des élytres. — Parapodes, à 
papilles peu nombreuses. Soies dorsales capillaires, épineuses. Rame 
ventrale conique à cirre ventral renflé à la base terminé en filament clavi- 
forme. Soies ventrales nombreuses, fortes, celles des pieds antérieurs à 
hampe garnie de - nombreuses rangées d'épines, à serpe allongée, denti- 
culée, les autres à hampe élargie, lisse, à serpe courte non denticulée 
(n-o). — 2 longs urites cylindriques garnis de papilles. 
L. 5 à 6 mm. — Coloration dans l'alcool, jaunâtre, élytres brunâtres. 

Dragages profonds, fonds de graviers, sable ou vase. 

Méditerranée (Benghazi, Santoriu, golfe du Lion). Atlantique (Açores). 

Ph. synophtbalmica Claparède. Fig. 44, M. — Claparède 1868, p. 79, 
pi. m, fig. 1; Saint-Joseph 1888, p. 186. 

Corps allongé, oblong, face dorsale convexe, face ventrale plane. 38 à 
42 sétigères. — Prostomium arrondi. 2 paires d'yeux coalescents. Une an- 
tenne médiane courte, légèrement renflée à la base, sans papilles (44, i). 
2 gros palpes glabres annelés. 2 paires de cirres tentaculaires fusiformes 
avec quelques papilles, sans soies à la base. — Trompe garnie au bord de 
grosses papilles rondes. 4 mâchoires chitineuses. — Elytres imbriquées 
mais laissant le milieu du dos à découvert. Les premières suborbiculaires, 
les suivantes réniformes (k, 1), frangées de 1 à 2 rangées de larges et lon- 
gues papilles peu nombreuses. — Parapodes garnis de petites papilles. 
Rame dorsale à soies capillaires très fines, coudées et dentelées au bord. 
Rame ventrale conique, obtuse, à cirre ventral cylindrique renflé à la base. 
Soies ventrales peu nombreuses, beaucoup plus grosses que les dor- 
sales, à hampe renflée peu ou pas épineuse (g), à article en serpe allongée 
et finement denticulée aux premiers et aux derniers sétigères, à serpe 
courte, massive et lisse aux autres segments. — 2 urites. 

L. 3 à 12 mm. — Une ligne longitudinale brune sur la trompe, une tache 
circulaire claire sur les élytres. Corps blanc grisâtre. 

Dragages côtiers et parfois pêches pélagiques. Fonds de gravier et fonds de 
sable. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Nota. Cette espèce n'est probablement qu'une variété de la Ph. minuta, car les 
spécimens de Dinard décrits par de Saint-Joseph,- sous le nom de var. dinarden- 
sis, sont intermédiaires entre les deux espèces. 

Ph. minuta Fabricius. Fig. 44, a-h. — Malmgren 1865, p. 89, pi. xi, 



POLYCHBTES ERRANTES. — APHRODITIDAE 



121 




Fig. 44. — Pholoë minuta : a, animal entier X 5; b, parapode X 40; c, tête, grossie; 
d, élytre à papilles articulées x 40; e, élytre à papilles claviformes x 40; t, papilles 
moniliforme et claviformes x 140; m, soie ventrale x 300; h, soie dorsale géniculée 
X 300. — Ph. synophlhalmica : i, tête grossie; k, élytre x 40; 1, papille de l'é- 
lytre x 140; g, soie ventrale x 300. — Ph. dorsipapillata : n, o, soies ventrales à' 
serpe courte et longue x 300; p, papille de l'élytre x 300; q, élytre x 40. — Chry- 
sopetalum débile : r, tête grossie; s, soie ventrale x 300; t, palée dorsale x 140; u r 
parapode x 40. 



fig. 13; Me Intosh 1900, p. 437 (bibliographie). Ph. inornata Johnston 
1865 p. 121, pi. xiii, fig. 1-5. Ph. baltica Œrsted 18k3, p. 14, fig. 21 r 
35-36, 49. Ph. eximia Michaelsen 1897, p. 12, pi.' i, fig. 2. 

Corps petit, oblong à face dorsale convexe (44 a), à face ventrale plane 
avec une gouttière longitudinale, 45 à 70 sétigères. — Prostomium 
petit, arrondi. 2 yeux de chaque côté, tangents (c). Une antenne médiane 
courte, subulée garnie de quelques papilles. 2 palpes glabres, courts, 
massifs, acuminés. 2 paires de cirres tentaculaires beaucoup plus courts- 
que les palpes, à papilles clairsemées. — Trompe à 9 + 9 papilles et 
4 mâchoires cornées. — Elytres ovales ou réniformes, à surface 
aréolée, frangées de longues papilles plus ou. moins moniliformes et. 
garnies de petites papilles claviformes. Aux élytres postérieures, la 
surface est glabre 'et les papilles frangeantes plus grandes et moins nom- 
breuses (d, k). Les élytres, fortement imbriquées, laissent cependant à nu. 



122' FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

le milieu du dos (a). — Parapodes couverts de petites papilles courtes. 
Rame dorsale à soies capillaires, très fines, denticulées, légèrement ar- 
quées ougéniculées (h). Rame ventrale en cône oblique, à cirre court, cylin- 
drique. Soies ventrales peu nombreuses, beaucoup plus longues et plus 
grosses que les dorsales, composées, à hampe renflée, à bord convexe 
épineux, à article falciforme unidenté dont le bord concave est finement 
épineux (m). Aux pieds antérieurs ces serpes sont plus allongées. — 
2 urites filiformes. 
L. 10 à 20 mm. . — Dos rose pâle ; élytres maculées de brun rouille. 

A mer basse, sous les pierres, et dans les dragages dans les vieilles co- 
quilles et les cailloux rongés. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Pacifique. 

La Pholoë inornata Johsston et la Pholoë eximia Michaelsen ne sont que 
deux variétés de cette espèce , à peine distinctes l'une de l'autre. 

— Papilles du bord des élytres plus courtes et plus nombreuses. Papilles 
pédieuses plus marquées. Soies dorsales et ventrales plus épineuses. 
var. inornata. 

— Papilles du bord des élytres plus longues et plus raides. Papilles 
pédieuses moins marquées. Soies dorsales et ventrales moins épi- 
neuses var. eximia. 

Il existe d'ailleurs toutes les transitions possibles entre ces deux variétés. Les 
distinctions que Michaelsen a cherché à établir entre la Ph. minuta et \s.Ph. 
eximia, basées sur l'écartement plus ou moins considérable des élytres au 
milieu du dos, la longueur relative de leurs papilles, à implantation plus ou 
moins marginale, ne semblent pas avoir grande valeur. 



F. CHRYSOPETALIDAE Ehlers 

(Palmyriens Kwberg pro parte). 

Corps court ou allongé, à segments plus ou moins nombreux, portant tous, 
à la face dorsale, un éventail ou une rangée transversale de palées (flg. 44, t). 
Prostomium avec 4 yeux et 3 antennes. Deux ou quatre paires de cirres tenta- 
culaires. Parapodes biramés, avec des cirres dorsaux à tous les segments. 
Soies ventrales composées. 

G. CHRYSOPETALUM Ehlers 
(incl. Palmyrides,* Palmyropsis Claparède). 

Corps court, à segments peu nombreux (35 à 40). — Prostomium ovoïde 
4 yeux. Une antenne impaire et 2 antennes latérales insérées sur le prosto- 



POLYCHÉTBS ERRANTES. — CHRYSOPETALIDAE 123 

miuiti, 2 gros palpes. — 2 premiers sétigères en partie soudés, portant chacun 
2 paires de' cirres tentaculaires (fig. 44, r). — Rame dorsale courte, avec un 
éventail de palées couvrant le dos et un gros cirre dorsal. Rame ventrale 
allongée, avec un cirre ventral subulé. Soies ventrales toutes composées, à 
articulation hétérogomphe. — 2 urites. — 2 mâchoires chitineuses en stylet. 

Ch. débile Grtjbe. Fig. 44, r-u. — Racovitza 1896, p. 84, pi. m, fig. 27, 

• pi. iv, fig. 28-34 (bibliographie). Ch. fragile Ehlers 186k, p. 81, pi. n, 

fig. 3-9. Ch. csecum Langerhans 1880, p. 278. — Palmyrides Portus-Ve- 

neris Claparède 186k, p. 583, pi. vin, fig. 5. — Palmyropsis Evelinae 

Glaparède 1864, p. 586, pi. vm, fig. 6. 

Corps court, large, très fragile, 35 à 40 segments. — Prostomium 
arrondi, à surface bombée. 4 yeux disposés en carré. Antenne impaire 
courte conique, implantée entre les deux yeux antérieurs. 2 antennes 
latérales implantées sur le bord antérieur du prostomium, deux fois plus 
longues que l'impaire, à cératophore renflé, à cératostyle effilé, articulé. 
Un organe nucal sphérique, avec un arc cilié transversal, à la partie 
postérieure du prostomium (44, r). 2 gros palpes cylindriques, lisses, à 
sommet arrondi. — Les deux premiers sétigères, en partie fusionnés, 
dirigés en avant, portent, chacun, deux paires de cirres tentaculaires à 
cirrophore renflé, à cirrostyle subulé, articulé et sont munis chacun de 
quelques soies en palées. La bouche est fermée par une expansion du 
5 e sétigère en forme de clapet. — A partir du 3 6 sétigère, les para- 
podes sont nettement biramés. La rame dorsale, soutenue par un aci- 
cule, porte un faisceau de palées rangées en éventail et recouvrant le 
dos et un cirre dorsal à gros cirrophore renflé, à cirrostyle allongé, 
articulé (u). Les palées spnt des soies dorsales élargies, aplaties en 
palette, ornées de raies longitudinales et de fines stries transversales 
et crénelées sur les bords (t). — Rame ventrale conique, à acicule sail- 
lant, engaîné, cirre ventral' subulé, non articulé, inséré sur une large 
base et moitié plus court que le cirre dorsal. Soies ventrales composées, 
à hampe hétérogomphe, striée transversalement comme des soies de 
Nereis, à article terminal allongé, unidenté, très finement pectine sur le 
bord tranchant (s). — 2 très petits cirres anaux ventraux, sans base, grêles 
et transparents — Trompe molle, suivie d'un ventricule armé de deux 
stylets chitineux. — Sang vert. 

L. 5 à 12 mm. sur 1 mm. environ. — Coloration jaunâtre, avec palées 
jaune d'or, des traînées de pigment rouge à la base des pieds, yeux 
rougeâtres. 

Dragages côtiers, dans les pierres rongées et sur les Éponges. 
Atlantique, Méditerranée. 



124 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



F. PISIONIDAE Levinsen 
(Pisionidiens). 

Prostomium sans antennes, fusionné avec le segment buccal dont les 2 paires 
de cirres sont rejetées en avant. Trompe à 4 mâchoires. — Parapodes uniramés. 
Un cirre dorsal et un cirre ventral globuleux: — 2 cirres anaux. — Des soies 
simples et des soies composées, 

G. PRAEGERIA Southern. 

Pisionidae à prostomium'très réduit; cirre ventral du premier segment séti- 
gère allongé, fonctionnant comme cirre tentaculaire ; cirre dorsal du 2 e segment 
sétigère globuleux, comme sur les segments suivants; papilles génitales ab- 
sentes; parapodes antérieurs avec une soie simple, parapodes postérieurs avec 
deux. 




Fig. 45. — Praegeria remota : a, région antérieure x 45; b, tête, face dorsale X 150; 
c, trompe et mâchoires x 80; d, 5" pied x 150; e, soies simples d'un segment pos- 
térieur x 450; f, soie simple du 20" pied x 450; g, soie composée et soie simple 
supérieure du 5" pied x 450 (d'après Southern). 



POLYCHÈTES ERRANTES. — AMPHINOMIDAE 125 

Pr. remota Southern. Fig. 45. — Southern idlk, p. 61, pi. vu-vin, 
fig. 15. 

Corps long et étroit, très effilé postérieurement. — Prostomium indis- 
tinct du segment buccal, ses deux ganglions s'étendent jusqu'au 4 e séti- 
gère (45, a). 2 paires d'yeux coalescents. Les cirres dorsaux et ventraux 
du segment buccal sont soutenus par 2 .acicules à tête denticulée (b) et 
rejetés en avant, les ventraux sont plus gros et plus longs que les dorsaux. 
Ils simulent des palpes et des antennes. — Trompe couronnée de 14 pa- 
pilles ovoïdes. Mâchoires en forme de croissant, à appendices irréguliers. 
(c). — Cirre ventral du 2 e sétigère long et mince, cirre dorsal, sphérique 
avec un petit bouton allongé. Parapodes allongés, à extrémité bilobée. 
Cirres dorsaux et cirres ventraux globuleux, pédicules, surmontés d'une 
papille ciliée. 2 acicules, le supérieur représentant seul la rame dorsale 
absente (d). Une ou deux soies simples plus. grosses que les soies com- 
posées qui ont une hampe hétérogomphe et une courte serpe épineuse, 
unidentée (g). Aux premiers sétigères, une seule soie simple tronquée 
obliquement à l'extrémité qui est. épineuse. A partir du 10«-12 e pied, 
2 soies simples dont l'inférieure est lisse (f). Dans les segments posté- 
rieurs, les soies sont moins nombreuses, plus courtes et plus grosses, 
les, soies simples sont lisses (ej. — 2 longs cirres anaux filiformes; pygi- 
dium en bouton.' 

L. 7 mm. pour des jeunes- de 40 sétigères. Adultes 50 à 60 mm. (??) — 
Incolore ou rose-chair. 

Dragages côtiers. — Côtes Ouest d'Irlande (Clare Island, Clew Bay, Dingle 
Bay; Southern). 



I 

F. AMPHINOMIDAE Savigny 

(Amphinomiens). 

Corps allongé ettétragonal, ou déprimé et ovale. — Prostomium réduit, enserré 
entre les premiers segments, pourvu de une, trois ou cinq antennes ( ( ) et géné- 
ralement d'une caroncule (organe nucal) et de deux palpes. — Parapodes biramés 
avec branchies, soies simples, un ou deux cirres dorsaux et un cirre ventral; 
exceptionnellement uniramés, avec soies composées en crochets. — Un ou 
deux appendices peu développés au pygidium. — Trompe exsertile dépourvue 
de mâchoires ou de papilles. 

Nous empruntons à Gravier le tableau suivant des genres de la famille des 
Amphinomiens. 

(1) Les deux antennes latérales inférieures sont considérées par Racovitzi comme les stylodes 
■ des palpes. De Quatrefàces les regarde comme des tentacules buccaux. 



126 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



Tableau des genres 

î . Une caroncule (fig. 46, b) 2 

— Pas de caroncule (fig. 47, m) 8 

2. Branchies arborescentes (fig. 46, c) 3 

— Branchies pennatifides (fig. 48, h) 7 

3. Branchies en touffe compacte (fig. 46 c) . 4 

— Une série de troncs branchiaux de chaque côté du corps (fig. 49, 

d) G. Euphrosyne, p. 136 

4. Caroncule réduite (fig, 46, b) 5 

— Caroncule bien développée (fig. 48, k) '. 6 

5. Caroncule petite, cordiforme. Soies ventrales uncînées (fig. 46, e). 

G. Amphinome, p. 127 

— Caroncule médiocrement développée, trilobée. Soies ventrales 

bifides (fig. 46, k) ' . . . G. Eurythoë, p. 129 

6. Un seul cirre dorsal (fig. ,47, c) G. Hermodice, p. 130 

— Un" cirre dorsal et un cirre intermédiaire (fig. 48, 1) 

G. Notopygos, p. 133 

7. Un cirre dorsal G. Chloeia, p. 133 

— Un cirre dorsal et un cirre intermédiaire. . G. Chloenea, p. 134 

8. Branchies arborescentes (fig. 47, n) . . . G. Hipponoë, p. 132 

— Pas de branchies,, des lamelles dorsales (fig. 50, b). G. Spinther, p. 139 

Remarques. — Le principal caractère . distinctif , des Amphinomiens est la 
présence d'une caroncule, crête saillante cordiforme ou allongée, souvent 
lobée, et ornée de sillons et de replis. Cette caroncule, qui représente un 
organe nucal saillant très développé, ne manque que dans les genres Hipponoë 
et Spinther. 

Les antennes latérales snnt souvent très réduites, parfois rudimentaires. Les 
palpes forment généralement deux gros bourrelets longitudinaux très saillants 
limitant la bouche sur les côtés et en avant. Chez les Euphrosynes, ils sont 
réduits à ces bourrelets, mais, dans la plupart des autres genres, ils portent 
chacun un appendice, considéré comme un stylode par Racovitza, et que les 
anciens auteurs regardaient comme l'antenne latérale inférieure ou un tenta- 
cule buccal. 

Les soies des Amphinomiens sont presque toujours bifurquées, mais souvent 
les deux branches de la fourche sont très inégales et l'une d'elles est réduite à 
un simple éperon ou à une mince épine latérale, parfois fort difficile à voir. Ceci 
explique les divergences des auteurs, la limite entre les soies bifides et les 
soies simples étant alors délicate à déterminer et prêtant à interprétation. 

On a donné aussi une importance souvent exagérée à la présence ou à l'ab- 
sence de denticulations sur les soies, sans tenir compte suffisamment de la 
variabilité de ce caractère et de la difficulté de le constater nettement quand 
les dents sont très fines et quand les soies sont altérées, cas fréquent pour les 
animaux conservés dont les soies, en partie calcaires, sont attaquées par les 



POLTCHKTES ERRANTES. — AMPHINOMIDAE 127 

réactifs et à la longue par l'alcool qui finit par prendre une réaction acide. 
Dans ces conditions, les soies glochidiées des Am phinomiens perdent leurs 
dents. 

Les pieds antérieurs étant fortement rejetés en avant, la bouche est non seu- 
lement ventrale, mais s'étend encore assez loin en arrière entre lès bases 
des premiers sétigères. L'anus est très souvent dorsal et peut présenter une 
grande ouverture s'étendant sur plusieurs segments. Chez les Euphrosynes, il 
s'ouvre au-dessus des deux gros cirres globuleux du pygidium. On peut donc 
encore le considérer comme dorsal, mais il est plutôt subterminal. 

Les branchies, toujours dorsales, peuvent être au nombre d'une ou plusieurs 
paires par segment. Rarement pennatifides, elles sont le plus souvent en touffe 
arborescente, ramifiée plus ou moins régulièrement en dichotomie. Dans le 
genre Euphrosyne, chaque rame dorsale en porte une rangée transversale de 6 
à 9 dont les dernières ramifications peuvent être plus ou moins renflées. Mais 
la forme de ces dernières ramifications variant beaucoup avec l'âge, et surtout 
avec l'état de contraction, il ne faut pas y attacher trop d'importance. 

G. AMPHINOME Bruguières. 

Corps allongé, déprimé, de section rectangulaire. — Prostomium petit, 
arrondi. 2 ou 4 yeux. Caroncule petite, cordiforme, lisse ou plissée, s'étendant 
sur 2 ou 3 segments. Une antenne impaire et deux latérales. 2 palpes subulés. 
— Parapodes biramés, à rames très écartées. Soies dorsales de deux sortes : 
1" capillaires plus ou moins lisses, 2° subulées, à extrémité denticulée sur les 
bords. Soies ventrales peu nombreuses, courtes, robustes, en crochet. Cirres 
dorsaux allongés, cirres ventraux courts. Branchies arborescentes, à partir 
du 2 e -3* sétigère. — Anus dorsal, en longue fente. 

A. Pallasii Quatrefages. Fig. 46, a-g. — Fauvel 1914, p. 85 (synony- 
mie). A. rostrata Me Intosh (non Pallas), 1885, p. 21, pi. i A, fig. 16, 
ii A, fig. 8-12. A. vagans Savigny, Kinberg 1855, p. 12 et 1857, p. 34, 
pi. xi, fig. 6. — Pleione tetraedra Milne-Edwards (non Savigny). 

Corps prismatique (46, a). 40 à 60 sétigères. — Prostomium très petit,' 
arrondi. 2 yeux. Caroncule courte, lisse, cordiforme, s'étendant jusqu'au 
2 e sétigère. Une courte antenne , impaire subulée insérée - au bord anté- 
rieur de la caroncule (b). 2 antennes latérales semblables à l'impaire. 
2 palpes coniques un peu plus longs que les antennes latérales et insérés 
sur les gros bourrelets buccaux allongés, élargis en avant, rétrécis en 
arrière. Bouche ventrale s'ouvrant entre le 3° et le 4* sétigère. — A partir 
du 2°-3 e sétigère, chaque segment porte, à la face dorsale, une paire de 
branchies ramifiées, en touffe compacte (c). Un cirre dorsal subulé inséré 
sous la branchie. Soies dorsales jaune clair ou blanches, raides, dressées, 
écartées, de deux sortes : 1° longues à pointe recourbée finement épi- 
neuse (g) ; 2° grosses soies droites à extrémité portant latéralement des 
dents recourbées en arrière comme les crocs d'un harpon (f). Soies ven- 
trales au nombre de 5 ou 7, en forme de fort crochet recourbé (e). Aci- 



128 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 46. — Amphinome Pallasii : a, animal réduit; b, tête, grossie ; c, parapode x 4; 
d, aeicule ventral x 140; e, soie ventrale x 140; f, soie dorsale en harpon x 140; 
g, soie dorsale épineuse x 140. — Eurythoë borealis : h, tête grossie (d'après Raco ; 
vitza); i, parapode, grossi; k, soie ventrale X 250; 1, soie dorsale bifide x 250; m. 
soie dorsale en harpon x 250; n, soie capillaire x 250 (d'après Me 'Intosh). 



cules saillants renflés en bouton (d). Cirre ventral très court. — Anus 
dorsal formant une large et profonde dépression arrondie en avant, rétré- 
cie en arrière. 

L. 5 à 25 cm. Dans les mers chaudes cette espèce peut atteindre 
jusqu'à 40 centimètres sur 3 centimètres. — Corps bleuâtre, cirres et 
branchies rouge vif. Dans l'alcool : corps gris de fer, cirres et branchies 
jaune rouille. 

Sur les bois flottés et les épaves, parmi les Lepas. 
Côtes d'Angleterre (?). — Atlantique (Antilles, Açores). 

Nota. U Amphinome vagans, forme jeune de cette espèce, aurait été trouvée 
sur les côtes d'Angleterre, d'après Savigny. Bien que ce renseignement soit fort 
douteux, je mentionne cependant cette espèce qui peut être amenée dans nos 
mers sur des épaves, comme Y Hermodice carunculata. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — AMPH1N0MIDAE 129 



G. EURYTHOE Kixberg. 

Corps allongé, déprimé, de section rectangulaire. — Prostomium grand, 
arrondi ou pentagonal. 4 yeux dorsaux, disposés en carré. Caroncule en crête 
allongée, à 3 lobes longitudinaux, un médian et deux latéraux. Une antenne 
impaire et deux latérales. 2 palpes subulés. — Parapodes biramés, à rames 
écartées. Soies dorsales de deux sortes : 1° linéaires, subarticulées, ordinai- 
rement dentelées en harpon, 2° subbifides, avec une branche denticulée et l'autre 
réduite à un court éperon. Soies ventrales bifides. A chaque pied, un seul cirre 
dorsal et un cirre ventral. Branchies en touffes de filaments à partir du 2° séti- 
gère. — Anus terminal ou dorsal. 

i. Yeux antérieurs plus gros que les postérieurs. Caroncule non bi- 
lobée antérieurement. Anus terminal (fig. 46, h). E. borealis, p. 129 

— 4 petits yeux égaux. Caroncule bilobée antérieurement. Anus 
dorsal E. syriaca, p. 130 

E. borealis Sahs. Fig. 46 h-n. — Racovitza 1806; p. 179, pi. i, fig. 1-6; 
Me' Intosh 1900, p. 224, pi. xxvn, fig. 16, xxxv, fig. 20-23, xxxvi, 
fig. 16. 

Corps allongé, presque cylindrique, légèrement atténué aux extrémités. 
23 à 77 sétigères. — Prostomium en fer à cheval, avec une région posté- 
rieure saillante en coussinet quadrangulaire (46, h).* 4 yeux disposés en 
carré, les deux antérieurs plus gros que les postérieurs. Une petite an- 
tenne médiane subulée, insérée entre les deux yeux postérieurs. 2 petites 
antennes latérales insérées un peu en avant des yeux, semblables à la 
médiane. Une caroncule en crête longitudinale plissée, s'étendant jusqu'au 
3° sétigère. 2 palpes un peu plus longs que les antennes latérales, insérés 
sur les bourrelets buccaux saillants. — Bouche ventrale s'étendant jusqu'au 
bord antérieur du 3" sétigère. Trompe exsertile, globuleuse, marquée de 
fortes rides transversales ; pas de mâchoires. — Branchies à partir du 
2 8 sétigère, formées d'une touffe de 3-4 papilles digitiformes, insérées 
au-dessus du faisceau dorsal. Parapodes à rames très écartées (i). Un 
cirre dorsal articulé à la base. Soies dorsales de 2 sortes : 1° des soies 
bifurquées à branches inégales dont la plus longue est denticulée (1), 2» des 
soies simples, plus fortes, denticulées en harpon (m). Soies ventrales 
nombreuses, bifurquées, plus grosses que les dorsales, à branches plus 
courtes à 4 dents environ (k). Cirre ventral articulé à la base, — Pygi- 
dium en papille arrondie à bord finement crénelé. 

L. 25 à 35 mm. — Coloration jaune paille ou vermillon pâle, vaisseau 
dorsal rose. S'enroule en spirale. 

A mer basse sous les pierres, dans le sable coquillier et dans les dragages 
cô tiers. 
Manche (île de Herm), Méditerranée (golfe du Lion), Atlantique nord. 

9 



130 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

E. syriaca Kinberg. — Kinberg 1855, p. 13. 

« Segmenta buccalia tria; oculi minuti, aequales, anteriores distantes; 
carunculus antice bilobatus, lateribus 5-lobatus, segmentum quintum attin- 
gens, ovalis; setae pedum dorsualuim subbifidae, seta pedum ventra- 
lium suprema ramo altero longissimo, tenuissime serrata, reliquae vali- 
dae apice subserratae; branchiae breviter pedunculatae, in segmentis 
quinis ultimis nullae ; cirrus dorsualis pone setas positus ; segmenta 59 ; 
long. 40 mm. latit. 3,2 mm. cum setis 5 mm.; anus dorsualis. Hab. ad 
oras Syriae, D. Hedenborg. » 

Nota. J'ai reproduit ci-dessus textuellement la diagnose de cette espèce tell» 
que l'a donnée Kinberg. Elle ne semble pas avoir été revue depuis. 

G. HERMODICE Kinberg. 

Corps allongé, déprimé, de section rectangulaire. — Prostomium, arrondi. 
4 yeux dorsaux. Caroncule grande, ovale, plissée sur les côtés en lobes 
foliacés. Une antenne impaire et deux antennes latérales. 2 palpes subulés im- 
plantés sur des bourrelets buccaux. — Parapodes biramés, à rames écartées. 
Soies dorsales, les unes lisses, capillaires, les autres subulées, denticulées. Soies 
ventrales subbifides denticulées à l'extrémité. A chaque pied, un seul cirre 
dorsal et un cirre ventral. — Branchies en touffes ramifiées, à tous les pieds à 
partir du premier sétigère. — Anus dorsal. 

H. , carunculata Pallas. Fig. 47, a-i. — Me' Intosh 1885, p. 24, pi. v, 
m a, fig. 1-4; Fauvel 191ka, p. 88, pi. i, fig. 6, 10, 1914e, p. 113, pi. vm, 
fig. 22-27, 31-32. H. nigrolineata Baird 1870, p. 220. — Pleione carun- 
culata Grube 1837.- — Amphinome carunculata Quatrefages 1865, 
p. 396. A. Savignyi Brullé, Quatrefages 1865, p. 402. 

Corps prismatique (47, a) atténué à l'extrémité postérieure. 60 à 150 
sétigères. — Prostomium petit, subquadrangulaire. 4 yeux disposés en 
carré. Une antenne impaire conique et deux antennes latérales moitié plus 
courtes que l'impaire. Caroncule ovale, s'étendant jusqu'au 4 e sétigère, à 
6-8 feuillets latéraux plissés (b). 2 palpes semblables aux antennes latérales 
et insérés sur des bourrelets buccaux longitudinaux peu développés. — 
Bouche ventrale s'étendant du 3° au 5 e sétigère. Trompe exsertile, globu- 
leuse, striée, dépourvue de mâchoires. — Branchies à partir du 1 er sétigère, 
formées chacune de 2 troncs ramifiés plus ou moins rapprochés ou écartés 
et présentant, d'un segment à l'autre, une sorte de disposition alternante 
avec les pieds qui les fait paraître presque doubles à un examen superfi- 
ciel (c). — Parapodes à rames très écartées. A la rame dorsale, un seul 
cirre filiforme et un faisceau 'de soies longues, fines et molles, les unes 
lisses, capillaires, d'autres plus courtes et plus grosses, également lisses 
et enfin quelques soies courtes dentelées en harpon (f). Soies ventrales de 
3 sortes : 1" grosses, courtes, hastèes (e), 2° lisses ou présentant seulement 



POLYCHETES ERRANTES. — AMPHINOMIDAE 



131 




/? i k p 



Fig. 47. — Hermodice carunculata : a, grandeur naturelle; b, tête, grossie; c, para- 
pode. grossi; d, branchie inférieure; e, soie ventrale hastée x 150; f, extrémité de 
soie dorsale en harpon x 300 ; g, extrémité de grosse soie dorsale lisse X 300 ; h, soie 
ventrale bifurquée et dentelée X 300; i, soie ventrale x 300; k, soie dorsale capil- 
laire x 300. — Hipponoë Gaudichaudi : 1, grandeur naturelle; m, tête, grossie; n, 
parapode, grossi; o, crochet ventral X '100; p, soie dorsale et q, extrémité de soie 
dorsale bifurquée X 300. 



quelques denticulations à" leur extrémité mousse, un peu recourbée (i), 
3° des soies bifurquées dont la branche externe est formée d'un petit 
éperon, réduit parfois à une simple encoche, l'autre branche, légèrement 
incurvée, porte des dents plus ou moins marquées (h). On trouve tous les 
intermédiaires entre ces soies bifurquées et dentelées et les soies tout à 
fait lisses. Cirre ventral plus court que le dorsal et, comme celui-ci, en 
partie masqué par les soies. — Anus dorsal, en dépression arrondie rela- 
tivement petite. 

L. 6 à 30 cm. — Sur le vivant, face ventrale jaune clair ou rouge brun 
uniforme, face dorsale verdâtre ou brun chocolat avec une bande noire et 
une bande verte transversales, contiguës, à la séparation des segments, 
ou, au contraire, une ligne blanche intersegmentaire. Branchies rouge 
vermillon, ponctuées de blanc. Caroncule rouge vif piqueté de blanc. Soies 
d'un blanc d'albâtre brillant. Dans l'alcool, dos brun verdâtre ou gris 
ardoise, ventre clair. 



132 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Dragages et fréquemment sur les épaves et les bois flottés parmi les Lepas. 
Mer du Nord (Dogger Bank); Atlantique (Antilles, Açores); Méditerranée 
(Sicile, Cerigo, Candie, Alexandrie et côtes d'Asie Mineure). 



G. HIPPONOË Audouin et M.-Edwabds. 

Corps court, fusiforme, à segments peu nombreux. Prostomium arrondi. 4 
yeux. Pas de caroncule. Une antenne impaire et deux antennes latérales. 2 pal- 
pes subulés. — Bouche ventrale sans bourrelets longitudinaux. — Parapodes 
biramés à rames très écartées. A la rame dorsale, un cirre filiforme et un fais- 
ceau de soies capillaires. Rame ventrale réduite à un court mamelon portant 
quelques gros crochets susceptibles de s'invaginer dans une dépression circu- 
laire. Pas de cirre ventral. — Branchies en touffes ramifiées, à tous les segments, 
sauf aux 2 premiers sétigères. — Anus subterminal. 

H. Gaudichaudi Audouin et M. -Edwards. Fig. 47, 1-p. — Audouin et M.- 
Edwards 1834, p. 128, pi. ii, fig. 10-10 bis; Me' Intosh 1885, p. 30, pi. i, 
fig. 5, iv> fig. 3, m a, lig. 13-17; Fauvel 1514, p. 89, pi. i, fig. 2, 12. , 

Corps fusiforme, aplati (47, 1). 32 sétigères environ. — Prostomium 
petit, arrondi ou ovoïde (m). 4 petits yeux subégaux, disposés en rec- 
tangle, les postérieurs presque au contact des antérieurs. Une antenne 
impaire subulée, assez longue, insérée en arrière des yeux postérieurs. 
2 antennes latérales plus courtes que l'impaire, insérées un peu en avant 
des yeux. 2 palpes filiformes semblables aux antennes latérales. — Bouche 
ventrale, circulaire, entourée de plis rayonnants. — Branchies en touffes 
arborescentes, ciliées, à partir du 3 e sétigère. A la rame dorsale, un 
cirre filiforme sous un large faisceau de soies en éventail (n). Soies dor- 
sales nombreuses, longues, fines, très légèrement denticulées à la base, 
quelques-unes ont l'extrémité bifide (p, q). Rame ventrale réduite à un 
court mamelon portant de grosses soies à crochet (o). Chez les individus 
âgés, le mamelon et les soies ventrales sont invaginés dans une dépres- 
sion circulaire à bords saillants. — Anus en papille dorsale arrondie. Des 
papilles néphridiennes. 

L. 20 à 35 mm. sur 5 à 10 mm. — Coloration sur le vivant, rouge ver- 
millon ; dans l'alcool, blanc rosé avec branchies jaune pâle. 

Entre les valves des Lepas sur les épaves et les bois flottés. 
Atlantique (golfe de Gascogne). Espèce cosmopolite habitant aussi le Paci- 
fique. 

Nota. Les jeunes restent d'abord fixés à la face ventrale de la femelle. Ils 
avaient jadis été pris pour des parasites. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — AMPHINOMIDAE 133 



G. N0T0PYG0S Grube. 
[Lirione Kinberg.] 

Corps ovale, à segments peu nombreux. — Prostomium arrondi. Caroncule 
en crête striée, naissant d'une plaque horizontale, prolongée en arrière, avec 
des rebords fortements plissés. Une antenne impaire. 2 antennes latérales. 
2 palpes filiformes insérés sur de volumineux bourrelets buccaux. — Parapodes 
biramés à rames assez écartées. Soies dorsales bifurquées, lisses oudenticulées. 
Soies ventrales semblables. — A chaque pied, deux cirres dorsaux, l'un en 
avant de la branchie, l'autre en arrière du faisceau de soies. Un cirre ventral. 
Branchies en touffes ramifiées, non pennatifides. — 2 gros urites en massue. 
Anus dorsal, subterminal. 

N. megalops Me' Intosh. Fig. 48, i-n. — Me' Intosh 1885, p. 17, pi. i r 
fig. 1, il a, fig. 3, 4 ; Fauvel Ldik, p. 91. 

Corps ovale, aplati (48, i). 17-19 sétigères. — Prostomium subquadran- 
gulaire. 4 yeux ronds très noirs, les antérieurs plus gros que les posté- 
rieurs situés derrière eux. Une antenne impaire filiforme. 2 antennes laté- 
rales un peu plus courtes. 2 petits palpes semblables aux antennes, inséré» 
sur les deux bourrelets buccaux ovoïdes. Caroncule très développée, en 
chenille saillante, plissée en accordéon, s'étendant en arrière jusqu'au 
5 e sétigère(k). — Bouche ventrale s'étendant jusqu'au 3 e sétigère. — Bran- 
chies à partir du 7* sétigère, jusqu'aux avant-derniers sétigères. Elles sont, 
composées d'une petite touffe de 2 à 4 filaments assez épais et se réduisent 
à un seul filament papilliforme aux derniers sétigères. A la rame dorsale,, 
deux longs cirres filiformes, l'un en avant de la branchie, l'autre en arrière 
du mamelon sétigère (1). Soies dorsales raîdes, vitreuses, blanc d'albâtre- 
nacré, toutes bifurquées, celles des premiers segments, un peu plus grosse» 
que les ventrales, présentent 2-3 faibles denticulations au bord interne de 
la grande branche de la fourche. Aux segments moyens et postérieurs elles 
sont toutes lisses (n). Soies ventrales semblables aux dorsales mais un peu 
plus grosses et toutes denticulées (m). Cirre ventral subulé, relativement 
court. — 2 gros urites cylindriques. Anus dorsal, très petit s'ouvrant 
entre eux. 

L. 9 à 12 mm. sur 3 mm. de large, sans les soies. — Coloration dans l'al- 
cool, jaune pâle, cirrophores des cirres ventraux chamois. Cirres incolores. 
Soies d'un blanc d'albâtre nacré. 

Dans les Coraux et dans les dragages profonds. 

Atlantique (Banc de la Seine, au large des côtes d'Espagne et auxBermudes). 

G. CHLOEIA Savigny. 

fnrno nvolû à aarrmartta r\£iii nAmKpûiiv Ppnctfimïiim Qi»pr»nHl L vonv C.Qm 



134 FAUNE DE FRANCE. — ' POLYCHETES ERBANTES 

oncule en longue crête plissée, naissant d'une plaque horizontale et prolongée 
en arrière en. pointe avec des rebords froncés. Une longue antenne impaire. 
2 antennes latérales. 2 palpes filiformes semblables aux antennes, insérés sur des 
bourrelets buccaux longitudinaux. — Parapodes biramés à rames écartées. 
Soies dorsales, les unes simples, les autres bifurquées et toutes denticulées, 
sauf aux premiers sétigères. Soies ventrales bifides, lisses. — A chaque pied, 
un seul cirre dorsal, sauf aux deux ou trois premiers sétigères. Un cirre ventral. 
Branchies pennatifides. — 2 urites courts, épais, cylindriques. Anus terminal. 

Ch. venusta Quatrefages. Fig. 48, d-h. — Quatrefages 1865, p. 391; 
Marenzeller 1893, p. 2, pi. i, fig, 1. Ch.fucata Quatrefages 1865, p. 390. 

Corps ovale aplati. 27 sétigères. — Prostomium relativement gros. 
4 yeux, les antérieurs deux fois plus gros que les postérieurs. Une antenne 
impaire presque aussi longue que la caroncule. 2 antennes latérales plus 
courtes, grêles, filiformes. 2 palpes filiformes un peu plus courts que les 
antennes latérales. Caroncule épaissie, allongée, s'étendant jusqu'au 4 e seg- 
ment environ. — Bouche ventrale s'étendant jusqu'au 5 e segment, avec 
deux bourrelets antérieurs allongés. — Branchies pennatifides à 6-7 fila- 
ments de chaque côté (47, h), insérées assez loin au-dessus des rames dor- 
sales, à tous les segments à partir du 4 e sétigère. Parapodes à rames peu 
écartées. A la rame dorsale, un long cirre filiforme violet et un petit fais- 
ceau de soies raides, bifides, à branches inégales, lisses aux 4 premiers 
sétigères. Aux segments suivants : 1° des soies bifurquées à grande bran- 
che denticulée (f). 2° des soies simples lisses, 3° des soies simples dente- 
lées en harpon (g). Soies ventrales très nombreuses, très fines, bifides 
lisses (d). Cirres ventraux longs et plus minces que les dorsaux. Les trois 
premiers sétigères portent 2 cirres dorsaux. — 2 urites courts et épais. 
Anus dans le dernier segment» 

L. 20 à 25 mm. sur 4 à 5 mm. — Caroncule violette, une ligne violette 
sur le milieu du dos, une tache violette en avant de chaque faisceau dor- 
sal, cirres dorsaux violets, à partir du 4 e sétigère, branchies brunâtres, 
face ventrale et cirres ventraux incolores. 

Recueillie dans les dragages sur fonds de sable et de vase. 

Atlantique (Santander), Méditerranée (Sicile, Naples, Tanger, Algérie, Cé- 

rigo). 

G. CHLOENEA Kinberg [Me' Isitosh, char emend.]. 

Corps court, ovale, à segments peu nombreux. — Prostomium arrondi. 4 yeux 
(au moins chez les jeunes). Une antenne impaire. 2 antennes latérales. 2 pal- 
pes filiformes insérés sur des bourrelets buccaux longitudinaux. Une grande 
caroncule plissée. — Bouche ventrale. — Parapodes biramés, à - rames écar- 
tées. Soies dorsales : 1" simples lisses ou en harpon, 2° bifurquées. Soies ven- 
trales bifurquées, denticulées à chaque pied, 2 longs cirres dorsaux. Un cirre 



POLYCHETES ERRANTES. — AMPHINOMIDAE 



135 




A 



h 




d 

Fig. 48. — Chloenea atlanlica : a, soie dorsale crénelée x 250; b, soie ventrale x 250; 
c, soie dorsale bifurquée X 150 (d'après Me' Intosh). — Chloeia venusta : d, soie 
vrntrale x 150 (d'après Rioja); e, extrémité de soie dorsale lisse x 150; f, soie dor- 
sale bifurquée x- 150; g, soie dorsale x 150 (d'après Maiienzeixer); h, branchiejx 20. 
— Xotopygos megalops : i, face ventrale, grandeur naturelle; k, tête, grossie; 
1, parapode, grossi; m, soie ventrale x 100; n, soie dorsale x 100. 

Ch. atlantica Me' Intosh. Fig. 48, a-c. — Me' Intosh 1885, p. 15, pi. i, 
fig. 4, ï a, fig. 10-13 ; Roule 1806, p. 444. 

Corps court, ovoïde, effilé postérieurement. Environ 19 sétigères. — 
Prostomium arrondi. 4 yeux chez les jeunes, pas d'yeux chez les adultes. 
Une longue antenne impaire. 2 antennes latérales. 2 palpes filiformes. 
Caroncule grande, spongieuse, rugueuse, lâchement plissée, s'étendanten 
arrière jusqu'au 4 e segment. — Bouche ventrale, s'étendant sur les 3 pre- 
miers sétigères. — Branchies pennatifides à 3-4 divisions latérales. Elles 
commencent au 5 e segment. — 2 longs cirres filiformes à chaque rame 
dorsale, l'un en avant et en dehors de la branchie, l'autre en arrière du 
mamelon sétigère. Soies dorsales longues et opalescentes, se croisant 
d'un pied à l'autre, de 3 sortes ; 1° les unes simples, presque lisses, 2° les 
autres simples dentelées en harpon (a), 3° soies bifurquées à branches 
inégales lisses (c). Soies ventrales en longues touffes blanc d'amiante, 
toutes bifurquées, à longue branche denticulée (b). Longs cirres ventraux 



136 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

L. 9 mm., sur 3 mm. — Cirres dorsaux et ventraux vert brunâtre. Soies 
opalescentes, blanc de lait. 

Fonds de vase et fond dur, sur des Éponges à une profondeur de 950 à 2.50O 
mètres. 
Atlantique (golfe de Gascogne). 

G. EUPHROSYNE Saviginy. 

Corps elliptique à segments peu nombreux. — Prostomium en crête aplatie 
recourbée à la face ventrale. 4 yeux, 2 dorsaux et 2 ventraux. Caroncule en 
crête allongée à 3 lobes longitudinaux parallèles. Une antenne impaire. Anten- 
nes latérales très petites insérées à la face ventrale. 2 palpes réduits aux bour- 
relets buccaux, sans stylodes. — Parapodes en larges crêtes transversales, à 
rames peu écartées. Deux cirres à la rame dorsale. Soies dorsales en rangées 
transversales, elles sont bifurquées, les unes lisses, les autres dentelées('). Soies 
ventrales en faisceau étalé, bifurquées, lisses. Un cirre ventral. — Branchies 
ramifiées disposées en rangées transversales en arrière des soies dorsales. — 
2 courts urites en massue. Anus petit, terminal, s'ouvrant au-dessus des urites. 

1. Soies dorsales dentelées, à branches renflées, à double courbure' 
(fig-49,g) 2 

— Soies dorsales dentelées, à branches divergentes simplement ar- 
quées non renflées (fig. 49, q). Divisions terminales des branchies 
coniques acuminées E. armadillo, p. 137 

2. Branchies à divisions terminales lancéolées. Antennes latérales 
filiformes (fig. 49, e) 3 

— Branchies à divisions terminales peu ou pas renflées. Antennes 
latérales rudimentaires (fig. 49, n). . . . E. myrtosa, p. 139 

3. Des soies intermédiaires très longues. . E. intermedia, p. 137 

— Pas de longues soies intermédiaires. . . . E. foliosa, p. 136 

E. foliosa Audouin et M. -Edwards. Fig. 49, a-g. — Saint-Joseph 1888, 
p. 190; Me' Intosh 1900, p. 234, pi. xxxv, fig. 1, 15-18, xxix, fig. 3 
(bibliographie). E. mediterranea Grube 1863, p. 38, pi. iv, fig. 2. E. ra- 
cemosa Ehlers 186k, p. 67, pi. i et n, fig. 1-2. E. Audouini Claparède. 
1868, p. 108, pi. ix, fig, 8; Racovitza 1896, p. 60, pi. i et n, fig. 7-13. 
— (?) E. Robertsoni Me' Intosh 1900, p. 240. 

Corps ovale allongé, face dorsale bombée (49, a). 30-36 sétigères. — 
4 yeux,, deux gros dorsaux et deux un peu plus petits ventraux. Une 
antenne impaire, épaisse, cylindrique, terminée par un petit article en 
bouton, insérée en avant de la caroncule, entre les deux yeux postérieurs 
(b). 2 petites antennes latérales très minces et moitié plus courtes que l'ira- 

1. Les soies dentelées ont ordinairement deux grosses branches recourbées renflées, leur don- 
nant l'asDect d'une mâchoire entr'ouverte. Johnson et Horst leur donnent le nom caractéristique 



POLYCHETES ERRANTES. — AMPHINOMIDAE 137 

paire, caroncule (b) divisée en trois lobes longitudinaux, un médian en 
crête saillante avec 2 gouttières ciliées de chaque côté et deux lobes laté- 
raux aplatis séparés du lobe médian par de profonds sillons longitudi- 
naux. La caroncule s'étend jusqu'au 5 e sétigère. — Bouche ventrale s'éten- 
dant jusqu'au 4 e sétigère. — Branchies à partir du 1 er sétigère, disposées 
en rangées transversales comprenant, de chaque côté, 7-9 troncs ramifiés 
en dichotomie dont les branches se terminent par une expansion lancéolée 
de forme très variable (d, e, f). — Parapodes à 2 rames peu distinctes. A 
la rame dorsale, 2 cirres, l'un à l'extrémité interne de la rangée de bran- 
chies, l'autre entre la 2" et la 3° branchie. Soies dorsales de deux sortes 
disposées en rangées transversales en avant des branchies, toutes bifur- 
quées, 1° les unes à branches très inégales, lisses, 2° les autres à branches 
toutes deux bien développées, arquées, renflées et denticulées sur leur bord 
interne. Ces soies ont l'aspect d'une gueule entr'ouverte (g). Soies ven- 
trales bifurquées, à branches droites et lisses, les supérieures plus longues 
que les dorsales, les inférieures de plus en plus courtes (h). Cirre ventral 
en arrière du faisceau de soies ventrales. — 2 gros et courts urites renflés 
en massue. 

L. 10 à 30 mm. sur 10 mm. Coloration rouge orangé, rouge cinabre ou 
rouge brique. 

A mer basse sous les pierres et dans les fentes de rochers. Dans les dragages, 
sur les vieilles coquilles et cailloux perforés. Commune dans les bancs d'Huîtres 
et d'Anomies. 

Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Nota. L' 'Euphrosyne Robertsoni, dont Me' Intosh n'a observé qu'un unique spé- 
cimen de la Clyde, ne paraît différer de ITT. foliosa par aucun caractère impor- 
tant. 

E. intermedia Saint-Joseph. Fig. 49, i. — Saint-Joseph 1888, p. 197, pi. vin, 
fig. 56. 

Cette espèce, dont de Saint-Joseph n'a observé qu'un seul petit exemplaire 
de 9 mm. et 26 segments, dragué à Dinard, ne différerait de VE. foliosa que par 
la présence, entre les soies dorsales et les soies ventrales ordinaires, « d'un fais- 
ceau de 20 à 30 soies aussi saillantes que le sont les soies natatoires chez les 
Syllidiens mûrs, trois fois plus fines et deux fois plus longues que les soies 
ventrales, fragiles, calcaires, creuses, transparentes, parcourues par un canal qui 
contient de la matière organique grise et garnies de dents de scie depuis l'ex- 
trémité antérieure jusqu'à la naissance d'une épine pointue longue de mm. 028 » . 
Me' Intosh pense, probablement avec raison, qu'il ne s'agit là que d'une variété 
d'if, foliosa à longues soies. 

E. armadillo Sars. Fig. 49, o-q. — Me' Intosh 1900, p. 238, pi. xxxv, 
fig. 2, 8-14 (bibliographie). E. lanceolata Me' Intosh 1870, p. 395, pi. 
txxi, fig. 1. 



138 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 







Fig. 49. — Euphrosyne foliosa : a, face dorsale, grossie; b, tète, grossie; c, région 
antérieure, face ventrale ; d, parapode, grossi; e, f, diverses variétés de terminaisons 
branchiales X 150; g, soie dorsale crénelée x 300; h, soie ventrale x 150. — E. inter- 
media : i, soie ventrale X 160. — E. myrtosa : k, soie en faux; 1, soie bifurquée ; 
m, soie en gueule (nngent); n, fragment de branchie (d'après Ghavieri. — E. armadillo 
o, branchie X 150; p, soie ventrale x 250; q, soie « rinqent » x 250. 



dorsaux et 2 plus petits ventraux. Une antenne impaire conique acuminée, 
Inarticulée, insérée entre les deux yeux postérieurs. 2 petites antennes 
latérales filiformes insérées à la face ventrale. Caroncule étroite, trilobée, 
analogue à celle d'Z?. foliosa et s'étendant jusqu'au 5 e sétigère. — Bouche 
ventrale. — Branchies à partir du 1 er sétigère, disposées en rangées trans- 
versales comprenant, de chaque côté, 5-6 troncs ramifiés 4-5 fois en dicho- 
tomie, à divisions terminales coniques acuminées, plus nombreuses et 
plus grêles que chez E. foliosa (o). — Parapodes biramés à rames peu 
-distinctes. A la rame dorsale, 2 cirres, l'un à l'extrémité interne de la 
rangée branchiale, l'autre entre la 2 e et la 3 e branchie. Soies dorsales de 
deux sortes, disposées en rangées transversales en avant des branchies, 
toutes bifurquées : 1° à branches très inégales lisses, 2° à branches toutes 
deux bien développées, . divergentes, denticulées, légèrement arquées en 
dehors, mais n'ayant ni la double courbure, ni le renflement subterminal 

Hac Gninc r»rn»rncr\nnrlantps rP /? frtlinsn. (a\ ^nîf>Q vpnt.rnlpQ ViîfnrrmAaQ à 



POLYCHETES ERRANTES. — AMPHINOM1DAE 139. 

branches inégales droites et lisses (p). Cirre ventral en arrière du faisceau 
de soies ventrales. — 2 gros urites renflés en massue. 
L. 5 à 10 mm. sur 3 à 4 mm. — Coloration rouge brique. 

Fonds de vase, sable coquillier et Coraux à une assez grande profondeur, 250 
à 300 mètres. 

Atlantique (côte Ouest d'Irlande, Banc de la Seine, Madère et Ténérifle). 

E. myrtosa Savigny. Fig. 49, k-n. — Savigny 1820, p. 64, pi. u, fig. 2; 
Ghavier 1001, p. 254, pi. x, lig. 147-149. 

Corps ovale allongé, face dorsale convexe. 36-43 sétigères. — 4 yeux, 
2 dorsaux allongés, 2 ventraux plus petits. Une grosse antenne impaire, à 
base large,, terminée en pointe mousse, insérée entre les 2 yeux postérieurs. 
2 très petites antennes latérales rudimentaires. Caroncule à 3 lobes longi- 
tudinaux dont le médian est de beaucoup le plus considérable, s'étendant 
jusqu'au 5 e sétigère. — Bouche ventrale, allant jusqu'au 4 e sétigère. — 
Branchies à partir du 1"' sétigère, disposées en rangées transversales 
comprenant, de chaque côté, 6-8 gros troncs courts, épais, ramifiés 4-5 fois 
en dichotomie, à divisions terminales en pointe mousse, non renflée (n). — 
A la rame dorsale, 2 cirres, l'un à l'extrémité interne de la rangée bran- 
chiale, l'autre en face de la 3 e branchie. Soies dorsales de 2 sortes, dispo- 
sées en rangées transversales en avant des branchies, toutes bifurquées : 
1° à branches très inégales, lisses (1), 2° à branches toutes deux bien déve- 
loppées, à double courbure, renflées et dentelées sur leur bord interne (m). 
Il s'y joint parfois quelques soies plus grêles, non bifurquées et recourbées 
en faux au sommet (k). Soies ventrales bifurquées à branches inégales, 
droites et lisses. Les soies ventrales supérieures sont plus longues que 
les inférieures. Cirre ventral en arrière du faisceau de soies ventrales. — 
2 courts urites renflés. 

L. 17 mm. sur 5 mm. — Coloration « violet foncé avec quelques reflets » 
(Savigny). 

Habitat : ? — Cette espèce de la Mer Rouge, fort peu différente del'E. foîiosa, 
a été signalée à Cherso, dans l'Adriatique, par Grube. 

G. SPINTHER Johnston. 
[Oniscosoma Sars; Cryptonota Stimpson.] 

Gorps elliptique, dos plus ou moins convexe. Segments peu nombreux. — Pas 
de prostomium distinct. Une antenne impaire avec 4 yeux à la base. Pas d'an- 
tennes latérales, pas de palpes, pas de bourrelets buccaux, pas de caroncule. — 
Bouche ventrale. Trompe exsertile courte et semi-tubuleuse, sans mâchoires. 
— Pas de branchies, pas de cirres dorsaux. — Rame dorsale portant des la- 
melles membraneuses transversales soutenues par des soies simples ou bifides. 
A la rame ventrale, un mamelon portant des soies composées à article terminal 



140 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

du mamelon sétigère. — 2 urites en forme de papilles globuleuses. Anus ter- 
minal. 

1. Parapodes sans cirres ventraux (fig. 50, c). S. miniaceus, p. 140 

— Parapodes avec cirres ventraux (fig. 50, ni, n) 

• S. oniscoïdes, p. 140 

S. oniscoides Johnston. Fig. 50, g-n. — Johnston 1865, p. 127, pi. xiv, 
fig. 7-14; Riddell 1909, p. 101, pi. i, fig. 1-6. 

Corps ovale ou oblong, dos convexe. 20 à 26 sétigères. — Une antenne 
impaire avec 4 yeux à la base. — Trompe en rosette. — Parapodes bira- 
més à rames très dissemblables. A la rame dorsale, une crête transversale 
formée d'une lamelle membraneuse bifurquée en Y et soutenue par des 
soies finement bidentées à l'extrémité. Rame ventrale formée d'un mamelon 
cylindro-conique surmonté d'un cirre digitiforme, court (50, m, n). Une ou 
deux grosses soies composées, à hampe lisse, à serpe recourbée en croc 
et de nombreuses soies simples effilées, à pointe finement bidentée (g, h, 
k, I). — Pygidium avec 2 gros cirres en massue. Face ventrale portant 
de petites verrues disposées sur la ligne médiane et en bandes transver- 
sales allant aux parapodes. 

L. 9 à 12 mm. — Coloration jaune crème, uniforme. 

Sur les Eponges. — Atlantique (côtes d'Irlande), Manche (Cancale). 

Nota. La synonymie des Spinther est très embrouillée. Riddell a montré que 
sous le nom de S. oniscoides Graff a confondu l'espèce type de Johnston et le 
S. citrinus de Stimpson. 

Sp. miniaceus Grube. Fig. 50, a-f. — Graff 1881, p. 93, pi. i-v; Raco- 
vitza 1896, p. 71, pi. m, fig. 22-26; Me' Intosh 1900, p. 232, pi. xxiv, 
fig. 1-2 K xxxv, fig. 5. Sp. arcticus Malmgren 1861, p. 127. 

Corps ovale, elliptique, dos convexe (50, a-b). 12 à 24 sétigères. — 
Une courte antenne impaire piriforme avec 4 yeux à la base, 2 en 
avant, 2 en arrière. — Trompe molle, lisse, en entonnoir. — Parapodes 
biramés à rames très dissemblables. A la rame dorsale, une double la- 
melle membraneuse en crête transversale soutenue par de longues et 
fines soies bifurquées à l'extrémité qui dépasse légèrement la lamelle 
(a,b,c,e, f). A la rame ventrale, des mamelons cylindriques portant une 
ou deux grosses soies à crochet, à hampe lisse, à article terminal 
recourbé (d) et 8-12 soies simples à extrémité effilée. Pas de cirres ven- 
traux. — Le, pygidium porte 2 gros cirres anaux globuleux. — La face 
ventrale paraît lisse avec de très petites verrues ou bien elle est aréolée. 

L. 1 à 8 ou 9 mm. — Coloration très variable, jaune pâle avec lamelles 
piquetées de blanc, rouge cinabre, rouge sombre, brun ou brun violacé, 



POLYCHETBS ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 



141 



A la surface ou dans les oscules des Éponges (Halichondria, Tedania, etc.). 
Méditerranée (golfe du Lion), Adriatique (Trieste), mer d'Irlande (Anglesey). 
Atlantique (Hébrides). 




Fio. 50. — S'pinther miniaceus : a, face ventrale, grossie; b, face dorsale (d'après Graff); 
c, parapode x25; d, crochet ventral x250; e, soie bifide x 250; f, soie ventrale X 
80 (d'après Me' Intosh). — Sp. oniscoïdes : g, crochet ventral ; h, soie bifide, gros- 
sie (d'après Johnston); i, crochet ventral x 150; k, 1, extrémité des soies bifides X 
150; m, n, rame ventrale x 10 (les soies bifides ne sont pas figurées) (d'après Riddell). 



PHYLLODOCIDAE Grube. 

(Phyllodociens.) 



Corps vermiforme, ordinairement long et mince à segments très nombreux. 
Prostomium distinct, conique, ovale ou cordiforme. 2 yeux. 4 ou 5 antennes. 
Trompe exsertile inerme (*), 1 à 3 premiers segments modifiés portant des 

(1) A l'exception du Phùlacrophorus. 



142 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

cirres tentaculaires. Aux autres segments, parapodes uniramés (exceptionnel- 
lement biramés). Cirres dorsaux et ventraux foliacés. Soies composées. 2 cirres 
anaux au pygidium. 

Remarques. La détermination des Phyllodociens est pleine de difficultés, 
surtout lorsqu'il s'agit de spécimens conservés et ayant perdu les brillantes 
couleurs qui les caractérisent parfois facilement à l'état vivant. Il faut noter, 
cependant, que, dans une même espèce, la coloration peut présenter des varia- 
tions fort étendues et on ne peut se fier uniquement à ce caractère. 

La forme des cirres dorsaux, à laquelle beaucoup d'auteurs ont attaché une 
grande importance, est aussi très variable, non seulement d'un individu à 
l'autre, mais encore suivant le segment considéré. Il ne faut donc comparer 
que des cirres appartenant à des parapodes de la même région. 

La trompe fournit de bons caractères, lorsqu'elle est dévaginée, suivant 
qu'elle porte ou non des papilles et d'après la façon dont elles sont répar- 
ties, uniformément, ou en régions distinctes, disséminées sans ordre ou 
groupées en rangées longitudinales. 

Beaucoup d'auteurs ont attaché une importance, à mon avis exagérée, à la 
division plus ou moins nette des premiers segments tentaculaires, tantôt 
bien distincts, tantôt plus ou moins soudés entre eux ou avec le prostomium. 
Quelle que soit la valeur théorique de ce caractère, son application pratique 
est malheureusement fort restreinte. En effet, l'aspect de cette région varie 
énormément avec la contraction de l'animal et aussi suivant que la trompe 
est invaginée ou extroversée. Si, dans certains cas extrêmes, ces segments 
semblent bien nettement distincts, ou au contraire fusionnés en un seul, beau- 
coup plus souvent un léger sillon, un repli plus ou moins marqué, laissent 
l'observateur dans le doute. Ainsi s'explique que les auteurs soient souvent 
en désaccord sur ce point à propos de la même espèce. C'est pourquoi j'ai 
laissé de côté la plupart des coupes génériques basées sur ce caractère. 

Assez récemment, Bergstrom a établi la plupart des divisions génériques sur 

ce caractère et aussi sur la présence ou l'absence d'acicules et de soies aux 

segments porteurs de cirres tentaculaires. Il a établi ainsi une formule du type 

o 1 a \ 

suivant : 1 -)- O — - + S — rj dans laquelle le signe + sépare les segments 

distincts, 1 représente un cirre tentaculaire, S les soies, a les acicules, N un 
cirre ventral foliacé, O l'absence de soies ou d'acicule. 

Cette formule fournit, en effet, des renseignements utiles sur une espèce, 
mais sa valeur générique me semble exagérée car son application conduit à 
multiplier les genres d'une façon abusive. En outre, pratiquement, il est fort 
difficile de la vérifier sur des animaux conservés, généralement opaques, con- 
tractés et très fragiles. Elle nécessite, presque toujours, le sacrifice d'un spé- 
cimen, ces détails ne pouvant se voir qu'après une préparation spéciale, 
éclaircissement et compression de cette région. 

Les Phyllodociens proprement dits forment un groupe homogène qu'il me 
paraîtinutile de subdiviser. Quant aux Lopadorhynchinés, c'est un groupe arti- 
ficiel assez hétéroclite et ce n'est que provisoirement que l'on y peut classer 
des formes aberrantes comme les lospilus, Phalacrophorus et surtout Lacydonia 
et Paralacydonia que certains de leurs caractères rapprochent des Nephihys. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 143 

La Pontodora est aussi une Annélide dont la place reste incertaine dans la 
classification. 

Bebgstrom a tranché la difficulté en rangeant ces formes aberrantes dans trois 
familles nouvelles distinctes : Iospilidae, Lacydoniidae et Pontodoridae que nous 
considérerons ici seulement comme des tribus, ou sous-familles, des Phyllodo- 
ciens, divisés alors en :Phyllodocinae,Lopadorhynchinae, Iospilinae, 
JPontodorinae et Lacydoniinae. 

Tableau des genres: 

1. Corps long et mince, segments très nombreux, cirres dorsaux 
et ventraux très développés (fig. 51, a). Animaux littoraux. 
(S. -F. PhyUodocinae) 4 

— Corps relativement court, de petite taille (fig. 67, a). Cirres 
réduits. Pélagiques 2 

2. Parapodes uniramés (fig. 67, d, e) 3 

— Parapodes biramés. 4 antennes. Pas de palpes (fig. 74,' a). . . 
(S.-F. Lacydoniinae) 12 

3. 4 antennes. Pas de palpes. 2 à 3 paires de cirres tentaculaires 
(fig. 67, b) (S. F. LopadorJrynchinae) 9 

— 2 antennes. 2 paires de cirres tentaculaires (fig. 73, g). Para- 
podes très longs, cirriformes 

(S.-F. Poniodorinae). G. Pontodora, p. 197 

— Pas d'antennes. 2 palpes rudimentaires (fig. 72, e). 2 paires 

de cirres tentaculaires (S.-F. Iospilinae) 10 

4. 4 paires de cirres tentaculaires (fig. 51, b) 5 

— 3 paires de cirres tentaculaires (fig. 66, a) 7 

— 2 paires de cirres tentaculaires (fig. 62, g) 8 

5. Parapodes uniramés (fig. 51, c) 6 

— Parapodes biramés. 5 antennes (fig. 61, b). G. Notophyllum, p. 170 

6. 4 antennes (fig. 51, b) G. Phyllodoce, p. 144 

— 5 antennes (fig. 57, g) G. Eulalia, p. 159 

7. 3 paires de cirres tentaculaires sur 2 segments distincts (fig. 65, a) 
G. Mystides, p. 180 

— 3 paires de cirres tentaculaires sur 3 segments distincts (fig. 65, e) 
G. Protomystides, p. 179 

8. 2 paires de cirres tentaculaires au premier segment. Pas de cirre 
dorsal au 2 e (fig. 62, g) G. Eteone, p. 172 

— 2 paires de cirres tentaculaires réparties sur les segments . 

1 et 2. Cirres dorsaux à tous les segments (fig. 63, i) 

G. Lugia, p. 178 

9. Cirres dorsaux et ventraux cylindriques (fig. 72, b). 

. .- G. Pelagobia, p. 192 

— Cirres dorsaux et ventraux ovales, foliacés, plus grands que le 
pied (fig. 71, c) G. Maupasia, p. 189 



144 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

— Cirres dorsaux foliacés, ventraux cylindriques (fig. 70, e). . . 
G. Pedinosoma, p. 188 

— Cirres dorsaux et ventraux épais, lancéolés, plus petits que le 
pied. Premiers sétigères modifiés, à soies simples (fig. 67, e). 

., G. Lopadorhynchus, p. 183 

10. Trompe à 2 crochets chitineuxpg. 72, h). G. Phalacrophorus, p.196 

— Trompe inerme (fig. 72, e) 11 

11. 3 e et 4 e segment sans cirres dorsaux ni ventraux (fig. 72, e). . . 
G. Iospilus, p. 194 

— 3 e et 4 e segment avec cirres dorsaux et ventraux (fig. 73, a). . . 

. , G. Pariospilus, p. 194 

12. Une paire de cirres tentaculaires rudimentaires au premier seg- 
ment. 3 premiers sétigères uniramés (fig. 74, a) 

G. Lacydonia, p. 197 

— Pas de cirres tentaculaires au premier segment. I e ' sétigère seul 
uniramé (fig. 74, e) G. Paralacydonia, p. 198 



S.-F. PHYLLODOCINAE 



G. PHYLL0D0CE Savigjjy. 



Corps très allongé, à segments très nombreux. — Prostomium ovale ou cordi- 

forme. 2 yeux. 4 antennes. Souvent un bouton occipital. — Longue trompe garnie 

à la base de papilles molles diffuses ou disposées en rangées longitudinales. 

4 paires de cirres tentaculaires réparties sur 3 segments plus ou moins dis- 

11 
tincts. 1 + t + m* — Cirres pedieux foliacés, les dorsaux cordiformes ou rhom- 

boïdaux, ou réniformes. Parapodes uniramés. Soies composées. — 2 cirres anaux. 

1. Prostomium non cordiforme. Trompe à papilles diffuses très 
serrées (S. -G. Nereiphylla) 2 

— Prostomium cordiforme. Trompe à papilles diffuses très serrées 
(fig. 51, b) (S.-G. Phyllodocei 5 

— Prostomium cordiforme. Trompe à papilles disposées en rangées 
longitudinales (fig. 54, a) (S.-G. Anaïtides) 6 

— Prostomium à prolongement postérieur enchâssé dans les 2 pre- 
miers segments soudés. Trompe à papilles en rangées longitu- 
dinales (fig. 56, a). . . . (S.-G. Anaïtis) P. kosterienseis, p. 157 

2. Cirres tentaculaires plus ou moins aplatis (fig. 55, a). . . . 3 

— Cirres tentaculaires tous cylindriques (fig. 51, b] 4 

3. Cirres dorsaux verts, bordés de jaune. ... P. Paretti, p. 154 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 145 

— Cirres dorsaux rougeâtres ou brunâtres. . P. rubiginosa, p. 155 

— Cirresdorsauxbruns, blanchâtres ausommet. P. albo-vittata, p. 156 

4. Cirres dorsaux blanchâtres avec tache centrale brune 

P. vittata, p. 157 

— Cires dorsaux bruns, presque sphériques. •. . P. nana, p. 156 

— Cirresdorsauxcourtsetlancéolés. Jaune verdâtre. P. pusilla, p. 157 

5. 2 yeux assez gros. 15 à 75 centimètres. . . P. laminosa, p. 145 

— 2 très gros yeux. 30 millimètres. . . P. macrophthalma, p. 146 

6. Cirres dorsaux ovales ou cordiformes (fîg. 51, c) 7 

— Cirres dorsaux rectangulaires ou rhomboïdaux (fîg. 53, c). . . 9 

7. 24 à 30 rangées longitudinales de papilles à la base de la 
trompe P..lineata, p. 147 

— 12 rangées 8 

— 8 rangées P. bimaculataj p. 148 

— 6 rangées P. bruneoviridis, p. 148 

8. Région antérieure de la trompe hexagonale (fig. 52, a). . . . 
P. lamelligera, p. 147 

— Région antérieure à 4 rangées de grosses papilles (fig. 52, m). 
P. macropapillosa, p. 149 

— Région antérieure de la trompe cylindrique, presque lisse 
(fig. 53, d) P. madeirensis, p. 150 

9. 8 rangées longitudinales de papilles à la base de la trompe 
(fig. 52, k) P. citrina, p. 150 

— 12 rangées 10 

10. Cirres ventraux ovales, dépassant le pied (fig. 54, f). . . . 

P. groenlandica, p. 153 

— Cirres ventraux ovales-obtus, plus courts (fig. 53, c) 

P. maculata, p. 152 

— Cirres ventraux acuminés, plus longs que le pied (fig. 54, c) 
P. mucosa, p. 152 

P. laminosa Savigny. Fig. 51, a-e. — Audouin et M.-Edwards 183k, 
p. 222, pi. v a, fig. 1-8; Saint-Joseph 1888, p. 274; pi. xi, fig. 133-136. 
P. Rathkei Quatrefages 1865, p. 131, pi. ix, fig. 12-14. — (?) Eulalia 
saxicola Quatrefages 1865, p. 119. 

Corps linéaire, très long, plusieurs centaines de segments (51, a). 
Prostomium cordiforme, avec un bouton céphalique dans l'échancrure 
postérieure. 2 gros yeux foncés. 4 antennes subulées, subégales. — 
Partie antérieure de la trompe hexagonale, ridée transversalement, 
couronnée de 16 à 20 papilles arrondies (b). Partie basilaire couverte de 
fines papilles coniques, très nombreuses, très serrées, non disposées 
en rangées longitudinales. — 4 paires de cirres tentaculaires cylin- 
driques acuminés, les plus longs atteignant jusqu'au 14 e -18 e sétigère, 

10 



146. 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



1 -f- S —r -f- S — «t. 1 er segment tentaculaire non visible d'en dessus. 

Grands cirres dorsaux foliacés, les antérieurs ovales allongés, les sui- 
vants irrégulièrement cordiformes plus hauts que larges, à insertion 
latérale (c, d). Cirres ventraux plus petits oblongs, dépassant le pied, 
les antérieurs obtus, les moyens acuminés. — Parapodes à 2 lèvres 
dont l'une est bilobée. Soies à hampe renflée à l'articulation, qui est épi- 
neuse (e). Longue arête finement dentelée. — 2 cirres anaux non foliacés. 
L. 15 à 75 cm. — Dos foncé à reflets irisés bleu-acier et rayé trans- 
versalement de bandes vertes ou brunes. Face ventrale parfois rosée. 
Cirres foliacés vert d'eau ou vert olive. Dans l'alcool, dos foncé à reflets 
bleus, cirres brun-verdâtre ou brun pourpre. 

Sous les pierres, à basse mer, ou dans les creux de rocher. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 




Fig. 51. — Phyllodoce laminosa : a, réduite ; b, tête et trompe, grossies; c, parapode 
moj-en, grossi ; d, un parapode antérieur ; e, soie x 300. — Ph. macrophthalma : i, 
g, cîrres dorsaux, grossis. — Ph, lineata : h, région antérieure, grossie; i, parapode 
antérieur; k, parapode moyen; 1, soie X 300. 



P. macrophthalma Schmarda. Fig. 51, f, g. — Saint-Joseph 
p. 281, pi. xf, fig. 139-140. 

Corps linéaire. 85 sétigères. — Prostomium cordiforme, échancré en 



POLYCHÈTES ERRANTES. — PHÏLLODOCIDAE 147 

arrière. 2 très gros yeux. 4 antennes. 3 segments tentaculaires distincts 
à la face ventrale. Les cirres tentaculaires les plus longs atteignant le 

7 e sétigère. 1 + S ?-r -{- S -^-tt. — Trompe couverte de nombreuses 

rangées de papilles, 36 environ. — Cirres dorsaux cordiformes (rhomboï- 
daux d'après Schmarda), 51, f, g. Cirres ventraux lancéolés, moitié moins 
grands. Parapodes bilabiés. Soies à hampe peu élargie, garnie de petites 
épines, article terminal à bord finement strié. — 2 gros cirres anaux 
fusiformes. 
L. 30 mm. sur 1 mm. — Coloration : verte, piquetée de brun. 

Dragages côtiers. — Dinard, Atlantique (Schmarda). 
Nota : Probablement une forme jeune de P. laminosa. 

P. lineata (Claparède). Fig. 51, h-I. — P. callirhynchus Michaelsen 
4897, p. 33, pi. i, fig. 14-15. P. papulosa Saint-Joseph 1808, p. 320, 
pi. xvin, fig. 117-121. — Anaïtis lineata Claparède 1870, p. 94, pi. ix, 
fig.. 4. 

Corps linéaire, atténué en avant, très effilé postérieurement. 150 à 
700 segments. — Prostomium cordiforme, avec bouton céphalique dans 
l'échancrure postérieure. 2 yeux foncés de taille moyenne. 4 antennes 
subulées, épaisses, subégales. — Partie antérieure de la trompe hexago- 
nale, à 6 rangées de 5 à 10 grosses verrues brunâtres,- couronnée do 16 à 
17 papilles arrondies. Partie basilaire couverte de papilles ovales, acu- 
minées ou lancéolées, aplaties, brunâtres, disposées sur 24 à 30 rangées 
longitudinales plus ou moins régulières, parfois spiralées, de 12 à 15 
chacune (51, h). — 4 paires de cirres tentaculaires cylindriques, inégaux, les 

plus longs pouvant atteindre jusqu'au 16 e sétigère. 1 -f-O^r + S -2-^. 

1 er segment tentaculaire invisible d'en dessus ; les trois distincts à la face . 
ventrale. Cirres dorsaux antérieurs largement réniformes, les médians 
cordiformes, les postérieurs plus allongés, plus ovales (i, k). — Cirres ven- 
traux lancéolés acuminés, dépassant bien le pied. Parapode à lèvre 
antérieure bilobée. Soies à hampe renflée à l'articulation couverte de nom- 
breuses épines courtes et faiblement entaillée (1). Long article finement 
pectine terminé en pointe capillaire. 

L. 10 à 40 cm. sur 3 à 4 mm. — Corps pâle, jaunâtre ou couleur chair 
avec fines raies transversales brunes ou bleues. Cirres dorsaux bruns 
bordés de gris. Papilles de la trompe brunâtres. 

A la côte, dans le sable vaseux. — Mer du Nord, Manche, Atlantique, Médi- 
terranée. 

P. lamelligera Johnston. Fig. 52, a-e. — Johnston 1865, p. 175, pi. xvi,, 



148 FAUNE DE FHANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

fig. 1-6; Ehlers 186k, p. 139, pi. vi, fig. 1-6; Fauvel 191k, p. 111. — 
(?) Anaïtis cephalotes Claparède 1868; p. 238, pi. xvn, fig. 3. 

Corps linéaire, à segments très nombreux. — Prostomium piriforme ou 
cordiforme, faiblement échancré en arrière. 2 yeux noirs. 4 antennes 
courtes, coniques. — Partie antérieure de la trompe hexagonale, ridée 
transversalement, couronnée de 16 papilles. Partie basilaire à papilles 
disposées, de chaque côté, sur 6 rangées longitudinales de 8 à 16 (52, a). 
— 4 paires de cirres tentaculaires cylindriques acuminés. 1 er segment ten- 
taculaire non visible d'en dessus. Grand cirres dorsaux foliacés, lancéolés, 
asymétriques, à insertion sublatérale. Cirres ventraux ovales lancéolés, 
ne dépassant guère le pied (c, d). — Parapodes à deux lèvres dont l'une 
est bilobée. Soies à hampe légèrement renflée à l'articulation qui est ornée 
de petites épines. Longue arête finement pectinée (e). — 2 cirres anaux 
cylindriques. 

L. 6 à 60 cm. — Dos plus ou moins foncé, à reflets d'un bleu métallique. 
Cirres vert-olive ou jaune brunâtre. Dans l'alcool, dos irisé, cirres bru- 
nâtres. 

Sous les grosses pierres dans la zone des Laminaires et dans les dragages. • 
Manche, Atlantique, Méditerranée. — Pacifique. 

P. bruneo-viridis Saint-Joseph. Fig. 52, h-i. — Saint-Joseph 1898, p. 322, 
pi. xviii, fig. 122-123. 

Corps linéaire. 188 segments. — Prostomium cordiforme faiblement 
échancré en arrière. 2 yeux foncés. 4 petites antennes subégales. — Trompe 
courte, non divisée en deux régions, couronnée de 16 à 17 papilles. 6 ran- 
gées longitudinales (3 de chaque côté) d'environ 20 petites papilles rondes 
(52, h). — 4 cirres tentaculaires cylindriques, subégaux, pas très longs. 

11. 

l- er -segment tentaculaire invisible d'en dessus. 1 + O t -f S n. Cirres 

dorsaux en ovale allongé, terminés en pointe obtuse (i). Cirres ventraux 
semblables mais moitié plus petits. — Hampe des soies garnie de petites 
épines. — 2 cirres anaux cylindriques. 

L. 8 cm. sur 2 mm; — Corps vert brunâtre, cirres dorsaux à gra- 
nules verts et bruns. 

A la plage. — Atlantique (Arcachon, Saint-Jean de Luz). 

P. bimaculata Saint-Joseph. Fig. 52, f-g. — Saint-Joseph 1898, p. 323, 
pi. xviii, fig. 123 a et b. 

Corps linéaire. 250 à 300 segments. — Prostomium allongé, cordi- 
forme, avec bouton occipital dans l'échancrure postérieure (52 g). 4 petites 
antennes renflées. 2 yeux de taille moyenne. — Trompe courte, non' 
divisée en 2 régions, couronnée de 12 à 16 papilles rondes. 8 rangées lon- 
gitudinales de 20 à 22 papilles subrectangulaires. — 4 paires de cirres 



POLYCHÈTES ERRANTES. — PHTLLODOCIDAE 



149 



tentaculaires cylindriques. 1 er segment tentaculaire invisible d'en dessus. 
Cirres dorsaux asymétriquement cordiformes acuminés (f). Cirres ven- 
traux semblables. — Soies à hampe renflée finement épineuse. Article 
terminal finement dentelé. — 2 cirres anaux cylindriques. 

L. 12 à 20 cm. sur 2 mm. — Tête jaune avec 2 taches noires. Corps 
brun jaunâtre à reflets azurés, à fines raies transversales brunes. Ventre 
jaune brun avec tache noire à la base de chaque pied. Cirres dorsaux 
avec traînées noirâtres en éventail donnant une apparence cendrée. 

A la côte à mer basse. — Atlantique (Croisic, Saint-Jean-de-Luz). 




Fig. 52. — Phyllodoce lamelligera : a, région antérieure X 16; b, région postérieure 
X 10; c, cirre dorsal X(iO;d, cirre ventral x 10; e.soiex 400; (d'après Ehlers). — 
Ph. bimaculata : f , cirre dorsal x 10 ; g, tête x 10 (d'après Saint-Joseph). — Ph. bruneo- 
viridis: h, région antérieure; i, cirre dorsal x 12 (d'après Saint-Joseph). — Ph. ci- 
trina : k, région antérieure (d'après Malmgren) ; 1, 70° parapode (d'après Bergstrom). 
— Ph. macropapillosa : m, tète, grossie (d'après Saixt-Josepii). 



P. macropapillosa Saint-Joseph. Fig. 52,. m. — Saint-Joseph, 1805, 
p. 224, pi. xiii, fig. 41. 

Corps linéaire, aminci aux deux extrémités. Environ 100 segments. — 
Prostomium cordiforme, avec bouton occipital dans l'échancrure posté- 
rieure. 2 yeux assez gros. 4 antennes subulées. — Partie antérieure de la 
trompe à 4 rangées longitudinales de 8 très grosses papilles lancéolées, 



150 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

couronnée de 20 papilles coniques. Partie inférieure à 12 rangées longi- 
tudinales de 8-9 petites papilles (52, m). — 4 paires de cirres tentaculaires 
cylindriques, les plus longs atteignent le 11 e sétigère. . 1 er segment ten- 

a 1 1 

taculairenon visible d'en dessus. 1 + S — r -4- S -^. Cirres dorsaux subor- 

1 al ' M 

biculaires. Cirres ventraux lancéolés. — Soies à hampe épineuse, à 
article terminal denticulé. 

L. 15 mm. sur 2 mm. de large, cirres compris. — Une courte bande 
transversale brune sur chaque segment. Cirres dorsaux d'un brun diffus. 

Dragages côtiers. — Manche (Dinard). Atlantique (Concarneau, Fage). 

P. citrina Malmgren. Fig. 52, k, 1. — Malmgren 1865, p. 95, pi. xnr, 
fig. 24. P. maculata Saint-Joseph [non L.) 1888, p. 277, pi. xi, fig. 137. 
— Anaïtide s citrina Bergstrôm 191k, p. 140, fig. 41. 

Corps linéaire, assez large. Jusqu'à 200 sétigères. — Prostomium cor- 
diforme avec bouton occipital dans l'échancrure postérieure. 2 petits yeux. 
4 petites anteanes cylindriques. — Partie antérieure de la trompe cylin- 
drique, lisse, couronnée de 17 papilles. Partie inférieure à 8 rangées lon- 
gitudinales (4 de chaque côté) de 4 papilles obtuses. — 4 paires de cirres 
tentaculaires cylindriques subégaux, les plus longs atteignant le 10 e séti- 
gère environ. 1 er segment tentaculaire non visible d'en dessus, 2 e et 3 e dis- 
tincts. 1 -j- O — , + S — tt. Les cirres dorsaux des 3 premières paires 

obovales, très larges, les moyens subrectangulaires, descendant beaucoup 
au-dessous du cirrophore (52, I), les postérieurs plus allongés. Cirres 
ventraux des 5 premiers segments très émoussés, les moyens largement 
ovales, à pointe obtuse dépassant fortement le pied à lèvre bilobée. — 
Soies à hampe renflée, denticulée, à longue arête finement pectinée. — 2 
cirres anaux filiformes. 

L. 4 à 10 cm. sur 4 à 6 mm. — Corps vert jaunâtre ou brun jaunâtre 
avec 3-4 marques brunes sur chaque segment ou avec une ligne longitu- 
dinale d'un bleu intense passant au violet postérieurement. Une tache 
olivâtre au bord interne des cirres dorsaux. Dans l'alcool, brun irisé avec 
ligne dorsale fauve. 

Dragages côtiers sur fond argileux (?). 

Manche (Dinard, St-Vaast [?].) — Océan glacial arctique. 

P. madeirensis Laxgerhans: Fig. 53, d-h. — Fauvel, 191k, p. 111, pL vi, 
fig. 5-13; 1919, p. 361, fig. n; Rioja 1918, p. 30, fig. 7. P. Sanctae- 
Vincentis Me' Intosh 1885, p. 166. 

Corps linéaire, très grêle et très effilé postérieurement, très nombreux 
sétigères. — Prostomium cordiforme, allongé, fortement échancré en ar 
rière avec bouton occipital. 2 gros yeux noirs avec cristallin. 4 petites an- 



POLYCHETES ERRANTES. 



PHYLLODOCIDAE 



151 



tennes cylindriques, subégales. — Partie antérieure de la trompe cylin- 
drique, lisse ou faiblement rugueuse, couronnée de papilles (53, d). Partie 
inférieure à 12 rangées longitudinales (6 de chaque côté) de 6 à 11 papilles 
aplaties, brunâtres ou incolores. Souvent (mais non toujours) une rangée 
dorsale impaire de 4 à 6 papilles dans l'intervalle des groupes latéraux. 
— 4 paires de cirres tentaculaires cylindriques dont la 4 9 paire, plus 




Fia. 53. — Phyllodoce maculala : a, partie antérieure, grossie (d'après Mauigiien); b., 
cirre dorsal antérieur; c, âl"pied (d'après Beugstiumi). — Ph. madeirensis : d, région 
antérieure x 7 (d'après Rioji); e, parapode antérieur; f, parapode moyen; g, cirre 
dorsal, grossi; h, soie X !)00. 



longue que les autres, atteint jusqu'au 10°-13 e sétigère. 1 er segment tenta- 

culaire invisible d'en dessus, 2 e et 3 e distincts. 1 + — -r + — rr. 

Cirres dorsaux de forme très variable, les antérieurs ovales lancéolés 
assez larges, les moyens lancéolés, asymétriques, droits ou incurvés; 
parfois subrhomboïdaux (e, f). Cirres ventraux ovales obtus, dépassant 
le pied à 2 lèvres dont l'antérieure bilobée. — Soies à hampe renflée, bifide, 
épineuse, à arête de longueur variable (fig. 53, h). — 2 cirres anaux. 

L. 20 à 60 mm. sur 1 à 2 mm. — Coloration dans l'alcool, blanc jau- 
nâtre avec papilles de la trompe et cirres dorsaux plus ou moins tachetés 
de brun ferrugineux. 



152 FAUNE DE FRANCE. POLYCHÈTES ERRANTES 

Dragages profonds sur fond de sable ou de vase à Polypiers. 
Atlantique (golfe de Gascogne, Santander), Méditerranée (Monaco). — Océan 
Indien, Océan Pacifique. 

P. maculata (L.) [non Saint-Joseph]. Fig. 53, a-c. — Malmgren 1867, 
p. 144, pi. iv, fig. 16; Me Intosh 1908, p. 89. P. pulchella Malmgben 
4867, p. 144, pi. m, fig. 8; Saint-Joseph 1895, p. 225. P. teres Malmgren 
1865, p. 97, pi. xiv, fig. 30. P. Rinki Malmgren 1867, p. 145, pi. m, 
fig. 11. — Anaïtides maculata Bergstrôm 1914, p. 145, fig. 45. 

Corps mince, allongé, ayant jusqu'à 250 sétigères. — Prostomium cor- 
diforme, large, avec bouton occipital dans l'échancrure postérieure. 2 yeux 
de taille moyenne. 4 antennes subulées, subégales. — Partie antérieure de 
la trompe hexagonale, ridée transversalement, couronnée de 16-17 papilles. 
Partie postérieure à 12 rangées longitudinales (6 de chaque côté) de 6-8 
papilles ovales, plus ou moins comprimées, brunâtres (53, a). ■ — 4 paires 
de cirres tentaculaires cylindriques,- inégaux, les plus longs atteignant le 

6^-10* sétigère. 1 -f- — r-+ S — rr-. 1" segment tentaculaire non visible 

d'en dessus; 2 e et 3 e distincts. Cirres dorsaux antérieurs largement ovales 
obtus (h) ; les médians subrectangulaires, relativement larges et courts (c) ; 
les postérieurs plus allongés. Cirres ventraux ovales obtus, dépassant peu 
le pied qui est bilobé. — Soies à hampe renflée, épineuse, à longue arête 
finement denticulée. — Cirres anaux cylindriques. 

L. 3 à 10 cm. — Corps jaunâtre ou verdâtre avec 3 raies brunes trans- 
versales sur chaque segment. Cirres dorsaux bruns. Dans l'alcool, jaunâtre 
ou brunâtre, cirres plus ou moins nettement tachetés. 

Dragages, et à mer basse dans le sable vaseux et sous les pierres. 

Mer du Nord (Belgique), Manche, Atlantique (Santander). — Mers arctiques. 

Nota. Cette espèce ne diffère de la P. mucosa que par sa coloration et ses 
cirres ventraux plus courts et moins pointus. 

P. mucosa ŒRSTED.Fig. 54, a-e. — Malmgren 1867, p. 143, pi. m, fig. 7; 
Facvel 191k, p. 109; Bergstrôm 1914, p. 143, fig. 43. 

Corps linéaire, très effilé postérieurement. 100 à 200 sétigères. — Prosto- 
mium cordiforme , plus large que long, avec un bouton occipital dansl'échan- 
crure postérieure. 2 gros yeux noirs. 4 courtes antennes subulées. Partie 
antérieure de la trompe hexagonale, ridée transversalement, couronnée 
de 17 papilles. Partie postérieure à 12 rangées longitudinales de 8-10 
papilles tachetées de brun (54, a). — 4 paires de cirres tentaculaires cylin- 
driques, inégaux, les plus longs atteignant le 8 e -10 e sétigère. 1 er segment 

tentaculaire non visible d'en dessus, 2 e et 3 e distincts. 1+0 — + S-^r-.. 

al alS 

Cirres dorsaux antérieurs (b) subovales, médians subrectangulaires ou 



POLYCHETES EHBANTES. 



PHYLLODOCIDAE 



153 



rhomboïdaux (c), postérieurs lancéolés obtus (d). Cirres ventraux ellipti- 
ques, acuminés, presque deux fois plus longs que le parapode terminé par 
deux lèvres dont l'une est bilobée. — Soies à hampe légèrement renflée, 
bifide, épineuse, à longue arête très finement denticulée (e). — 2 cirres 
anaux cylindriques. 

L. 5 à 10 cm., sur 2 à 3 mm. — Coloration blanc sale, rayé et ponctué 
de brun. Cirres dorsaux clairs, légèrement tachetés. Dans l'alcool, d'un 
blanc jaunâtre uniforme. 

A mer basse, dans le sable vaseux à un niveau élevé. 
Manche, Atlantique (Croisic), Adriatique (?). 

Nota. Dans le large espace vide séparant, à la face dorsale, les deux groupes 
dé 6 rangées latérales de papilles on observe parfois quelques papilles formant 
une courte rangée impaire. 




Fig. 54. — Phyllodoce mucosa: a. région antérieure x 10 ;b, 10" pied; c, pied moyen; 
d, pied postérieur; e, soie x :>00, — Ph. groenlandica : f, 6* pied; g, pied moyen; 
h, cirre dorsal postérieur ; i, soie X 300. 

P. groenlandica Œrsted. Fig. 54, f-i. — P. groenlandica Malmgren 
2865, p. 96, 2867, pi. m, fig. 9; Saint-Joseph 2898, p. 325, pi. xvm, fig. 
124-126. P. teres Gravier [non Mgr.) 2896', passim. — Anaïtides groen- 
landica Bergstrom 2924, p. 141, fig. 42. 



154 FAUNE DE FRANCE, — POLYCHETES ERRANTES 

Corps linéaire, aplati, atténué postérieurement. 250 à 700 sétigères. — 
Prostomium cordiforme fortement échancré postérieurement, avec bouton 
occipital. 2 yeux foncés. 4 petites antennes renflées. — Partie antérieure 
de la trompe hexagonale à 6 rangées de 6-7 grosses protubérances aplaties, 
couronnée de 17 papilles. Partie inférieure à 12 rangées (6 de chaque côté) 
de 12-15 petites papilles oviformes. — 4 paires de cirres tentaculaires 
cylindriques, inégaux, les plus longs atteignant le 10 e sétigère. 1 er segment 

tentaculaire non visible d'en dessus, 2 e et 3 e distincts 1 + — r + S — rr. 

' ' al ' a JN 

Cirres dorsaux antérieurs largement ovales, dressés verticalement (54, f), 
les médians subquadrangulaires, larges, à insertion latérale (g), les pos- 
térieurs plutôt lancéolés asymétriques (h). Cirres ventraux ovales ellipti- 
ques, à pointe acuminée dépassant le pied à deux lèvres, dont l'antérieure 
est bilobée. — Soies à hampe renflée .épineuse, à longue arête denticulée 
finement (i). — 2 cirres anaux cylindriques. 

L. 15 à 30 cm. — Jaune verdâtre avec, sur chaque segment, 3 raies 
transversales brunes et bleues. Cirres dorsaux verdâtres, fortement tachés 
de brun. Dans l'alcool : dos gris ou jaune avec bandes tranversales brunes 
et reflets irisés bleuâtres, surtout dans la partie antérieure. Cirres dor- 
saux brun ferrugineux bordés de jaune clair. 

Dans le sable fin, à mer basse, en grande marée. 

Mer du Nord, Atlantique, Manche (Villers-sur-Mer, Saint- Vaast-la-Hougue, 
Cherbourg). — Mers arctiques, Mer du Japon. 

P. Paretti (Blainville) . Fig. 55, a-C. — Phyllodoce Parent M. -Edwards 
1849, pi. xni, fig. 1. P. Kinbergi Quatrefages 1865, p. 128, pi. ix,fig. 8- 
11. P. Pancerina Claparède 1870, p. 92, pi. ix, fig. 1. — (?) P. corniculata 
Claparède 1868, p. 236, pi. xvn, fig. 1. P. splendens Saint-Joseph 1888, 
p. 278, pi. xi, fig. 138. P. lugens Ehlers 186k, p. 154, pi. vi, fig. 15-21. 

Corps linéaire, atténué aux deux extrémités, à très nombreux segments 
(plusieurs centaines). Prostomium très petit, ovale arrondi, sans échan- 
crure postérieure et sans bouton céphalique (55, a), 2 gros yeux foncés. 
4antennesfusiformes, un peu comprimées. — Partie antérieure de la trompe 
ridée transversalement, couronnée de papilles. Partie basilaire couverte de 
fines papilles diffuses. — 4 paires de cirres tentaculaires épais, les deux 

derniers comprimés, parfois foliacés. 1 + S — r -f- S — rr. 1 er segment ten- 
taculaire non visible d'en dessus et, à la face ventrale, en partie soudé au 
2 e . Grands cirres dorsaux foliacés, dressés, les antérieurs souvent plus longs 
que les suivants qui sont larges et nettement cordiformes (b), les posté- 
rieurs plus lancéolés. Cirres ventraux réniformes ou ovales arrondis. 
Parapodes à deux lèvres dont l'une est bilobée. Soies à arête courte, relati- 
vement large, à hampe renflée, peu épineuse (c). — 2 cirres anaux foliacés. 
L. 15 à 30 cm., sur 4 à 5 mm. — Coloration assez variable. Dos bleu 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 



155 



azur à reflets irisés, grisou ardoisé, ou jaune et bleu; face ventrale jaune 
ou rosée, ou à reflets bleus. Cirres pédieux verts bordés de jaune. Cirres 
tentaculaires jaunes. 

Sous les pierres, à mer basse et dans les dragages côtiers. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 




Fio, 55. — Phyllodoce Paretli : a, région antérieure, grossie; b, pied moyen; c, soie 
X o'OO. — Ph. rubiginosa : d, e, tête, face dorsale et face ventrale ; f , pied moyen ; g, 
soie X 300. — Ph. nana : h, région antérieure X 40; i, soie X 300 (d'après Saint- 
Joseph). 



P. rubiginosa Saint-Joseph. Fig. 55, d-g. — Saint-Joseph 1888, p. 282, 
pi. xi, fig. 141-143; Mc'Intosh 1008, p. 92, pi. xlvii, fig. 4-5. — Gene- 
tyllis kibernica Mc'Lvrosn 1908, p. 97 — (?) G.lutea Malmgren 18Cû,p. 93, 
pi. xiv, fig. 32. 

Corps linéaire, atténué en arrière, 50 à 60 segments. — Prostomium 
arrondi, comme enchâssé dans le segment buccal, non échancré en arr 
rière, sans bouton céphalique (55, d). 2 gros yeux. 4 "antennes massives, 
subulées. Trompe couverte, à la base, de nombreuses papilles diffuses, 
couronnée de 8 grosses papilles. — 4 paires de cirres tentaculaires courts, 

épais, subulés. 1 + S — — -f- S — ^-. 1 er segment tentaculaire non visible 



al 



156 FAUNE DE FRANCE. — 'OLYCHETES ERRANTES 

d'en dessus et plus ou moins confondu avec le 2 e à la face ventrale. Grands 
cirres dorsaux foliacés, imbriqués, cordiformes arrondis, puis largement 
cordiformes acuminés (f) et postérieurement plus allongés. Cirres ven- 
traux réniformes, puis ovales. — Parapodes à 2 lèvres dont l'une bilobée. 
Soies à article terminal très fin et très court enchâssé dans la hampe hé- 
rissée de quelques pointes excessivement petites (g). — 2 cirres anaux 
fusiformes. 

L. de 1 à 10 cm. — Deux lignes longitudinales vertes ou bleues sur le 
milieu du dos. Cirres dorsaux jaune foncé," ou rouille, ou d'un beau rouge, 
avec quelques points plus foncés. Dans l'alcool, corps jaune cannelle et 
cirres rouille ou acajou foncé. 

Sous les pierres, ou parmi les Algues dans la zone des Laminaires et dans 
les dragages côtiers. 
Manche, Atlantique (Concarneau, Santander, Açores). 

Nota. Cette espèce n'est peut-être qu'une forme jeune ou une variété de 
P. Paretti. 

P. nana Saint-Joseph. Fig. 55, h-i. — Saint-Joseph 1901, p. 223, pi. v, 
fig. 96-98. 

Corps-court. Une trentaine de segments. — Prostomium arrondi, non 
échancré en arrière (55, h). 2 très gros yeux. 4 antennes fusiformes, égales. 
Trompe inconnue. — 4-paires de cirres tentaculaires fusiformes, relative- 
ment courts et larges. 1 er segment tentaculaire non visible d'en dessus. 

1 1 

Les trois segments distincts à la face ventrale. 1 -f St-(- S — ^-. Cirres 

dorsaux presque sphériques. Cirres ventraux un peu ovales. — Soies à 
renflement antérieur de la hampe uni et à article terminal non dentelé, 
très court. — 2 cirres anaux plus minces et plus longs que les ventraux. 
-7- Œufs rouges, énormes. 

L. 3 à 4 mm. sur 0,5 mm. — Corps jaune ou vert pointillé de brun. 
Cirres brun foncé. 

Dragages, entre les tubes d'Hermelles et dans les pierres calcaires. — Médi- 
terranée (Cannes). 
Nota. Probablement une forme jeune de P. Paretti. 

P. albo-vittata Grobe. — Grube 186*0, p. 84. 

Corps allongé. 60 segments. — Prostomium suborbiculaire à peine 
échancré postérieurement. 2 yeux noirs, ovales. 4 antennes de la longueur 
du prostomium. Trompe inconnue. — 4 paires de cirres tentaculaires 
lancéolés, étroits, effilés à l'extrémité. 1 er segment tentaculaire à peine 
visible d'en dessus (soudé au 2 e ?) — Cirres dorsaux ovales cordiformes. 
Cirres ventraux trigones beaucoup plus petits. Soies peu nombreuses, à 
hampe renflée, à arête très courte et très étroite. Cirres anaux lancéolés. 



POLYCHÈTES ERIUNTES. — PHYLLODOCIDAE 157 

L. 10 mm., environ. — Dos blanc, rayé transversalement de brun avec 
une ligne longitudinale médiane brune interrompue de blanc. Face ven- 
trale brune. Cirres dorsaux bruns, blanchâtres au sommet. 

Habitat? — Adriatique (Fiume, près de Martinsica). 

P. vittata Ehlers. Fig. 56, d-e. — Ehlers 186k, p. 150, pi. vi.fig. 7-14. 

Corps linéaire, effilé postérieurement. Une centaine de segments. — 
Prostomium piriforme (56, d). 2 yeux noirs ovales. 4 antennes fusiformes, 
subégales. — Trompe ridée antérieurement, couronnée de 8 papilles, 
couverte, à là base, de nombreuses et fines papilles coniques disposées 
sans ordre. — 4 paires de cirres tentaculaires cylindriques, les plus longs 
atteignant le 5 e sétigère. 1" segment très grand, enchâssantleprostomium. 
et distinct du 2" tentaculaire (?). Grands cirres dorsaux imbriqués irrégu- 
lièrement cordiformes à large base (flg. 56, e). Cirres ventraux lancéolés 
aigus, de la longueur du parapode bilobé. — Hampe des soies renflée 
avec une épine, arête lisse. — 2 cirres anaux foliacés, ovales. 

L. 15 à 17 mm. sur 1 mm. — Coloration blanche, rayée de bandes trans- 
versales brunes, face ventrale claire, teintée de rougeâtre. Cirres dorsaux 
blanchâtres avec une tache médiane brune. 

Dans la vase. — Adriatique (port de Fiume). 

P. pusilla (Claparède). Fig. 56, f. — Anaïtis pusilla Claparède 1870, 
p. 96, pi. ix, iig. 5. 

Corps court. 28 sétigères. — Prostomium arrondi, non échancré en 
arrière (56, f). 2 très gros yeux ovales, à cristallin. 4 antennes longues et 
renflées à la base. Trompe inconnue. — 4 longs cirres tentaculaires renflés 
à la base, effilés à l'extrémité. 1 er segment tentaculaire non visible d'en 

1 1 

dessus. 1 er et 2° tentaculaires fusionnés (?). 1 + S -/ + S Cirres dor- 
saux foliacés, relativement petits, courts et lancéolés. Cirres ventraux 
presque aussi grands. 4 (?) cirres anaux foliacés. — Des spermatozoïdes. 
L. 2 à 3 mm. — Coloration jaune verdâtre ponctué de brun et de vert. 

Habitat? — Méditerranée (Naples). 

P. kosteriensis (Malmgren). Fig. 56, a-c. — P. Lizziae Southern 191k, 
p. 70. — Anaïtis kosteriensis Malmgren 1867, p. 142 ; Bergstrôm 191k, 
p. 156, fig. 52, pi. i, fig. 2. — Paranaïtis Wahlbergi Southern 101k, 
p. 67, fig. 16. — Mystides Lizziae Me' Intosh 1908, p. 110. 

Corps aplati, légèrement atténué aux deux extrémités, dos convexe, 
face ventrale plane, jusqu'à 155 sétigères. — Prostomium arrondi en 
avant, brusquement rétréci en arrière en pointe portant un bouton occipi- 
tal. 2 gros yeux. 4 courtes antennes fusiformes (56, a). — Trompe à deux 
rangées longitudinales de papilles de chaque côté de la base. — Les deux 



158 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



premiers segments tentaculaires soudés dorsalement et enchâssant le pro- 
stomium, le troisième est distinct. 4 paires de cirres tentaculaires cylin- 
driques, les 2 premières plus courtes. 1-^0 — j -{- S — ^. Cifres dorsaux 

réniformes nettement àuriculés, grands, imbriqués (b). Cirres ventraux 
elliptiques, obtus, dépassant peu le pied. — Lèvre supérieure du mamelon 
sétigère plus grande que l'inférieure. Soies à hampe renflée, denticulée 




Fig. 56. — Phyllodoce kosteriensis :a, tête, grossie; b, 40 e pied; c, articulation d'une soie 
(d'après Beegstrôm). — Ph. vittata : d, région antérieure x 16 ; e, parapode x 30 
• (d'après Ehlers). — Ph. pusilla : f, région antérieure x 50 (d'après Claparéde). 

d'un côté, arête de longueur moyenne,, assez large (c). — Cirres anaux 
globuleux. 

, L. 6 à 8 cm. — Dos rayé, de bandes transversales rougeâtre ou pourpres, 
une tache semblable à la base des pieds, cirres dorsaux pâles, à l'excep- 
tion des premiers qui ont 1 ou 2 taches sombres. 

Dragages côtiers et profonds, parfois rejeté sur le sable après une tempête. 
Mer du Nord (côtes d'Ecosse et de Suède); Atlantique (côtes d'Irlande et au 
large du cap Sagres, Glénans). " 



POLYCHÈTES EBRANTES. — PHVLLODOCIDA.E 159 



G. EULALIA Œrsted. 

Corps linéaire à segments très nombreux. — Prostomium conique, ovale ou 
piriforme. 2 yeux. 5 antennes. — Longue trompe lisse ou à papilles molles dif- 
fuses. 4 paires de cirres tentaculaires réparties sur 3segments. — Cirres dor- 
saux et ventraux foliacés, ovales, lancéolés ou cordiformes. — Parapodes 
uniramés. Soies composées. — 2 cirres anaux. 

1. Trompe lisse (fig. 59, f) (S.-G. Eumida) 2 

— Trompe à nombreuses papilles bien visibles (fig. 57, a). . . 3 

2. Cirres dorsaux cordiformes (fig. 59, h) . . E. sanguinea, p. 166 

— Cirres dorsaux lancéolés E. parva, p. 167 

• 3. Cirre tentaculaire ventral du 2 e segment cylindrique ou faiblement 

comprimé (fig. 57, d). (S.-G. Eulalias. str.) 4 

— Cirre tentaculaire ventral du 2" segment aplati, largement limbe 
(fig. 60, d). (S.-G. Pterocirrus) 10 

4. Les 3 segments tentaculaires bien distincts (lig. 58, k). . . . 5 

.8 
6 
7 
62 
60 



— 1" segment tentaculaire réduit, plus ou moins caché (fig. 59, a). 

5. Cirres dorsaux lancéolés (fig. 57, b) 

— Cirres dorsaux ovales (fig. 58, b) 

— Cirres dorsaux cordiformes E. splendens, p. 1 

6. Coloration verte uniforme E. viridis, p. 1 

— 2 premiers segments Ibrunâtres.. Cirres [dorsaux moins allongés. 
E. venusta, p. 161 

7. Jaunâtre, une tache foncée à la base de chaque pied 

. . . . • E. bilineata, p. 162 

— 3 points foncés au dos de chaque segment. E. tripunctata, p. 163 
. — Verdâtre, 3 raies brunes transversales sur chaque segment. . . 

E. trilineata, p. 162 

' — Brunâtre, une ligne longitudinale verte et 2 points bruns sur cha- 
que segment E. pusilla, p. 160 

8. Parapodes à 2 lobes arrondis E. fucescens, p. 164 

— Parapodes à 2 lobes aigus (lig. 59, c) 9 

9. Cirres dorsaux brun rouille E. rubiginosa, p. 165 

— 2 points bruns en avant des yeux. Cirres dorsaux avec un amas 
de points bruns au centre E. punctifera, p. 165 

10. 1 er segment tentaculaire bien distinct (fig. 60, a) 11 

— 1" segment tentaculaire réduit, en partie caché (fig. 60, d). . 12 

11. Prostomium petit, arrondi. Limbe du cirre tentaculaire ventral 
étroit E. microcephala, p. 168 

— Prostomium sub-cordiforme. 2 gros yeux. . E. limbata. p. 169 
Î2. Prostomium plus large que long. Coloration brunâtre ou ver- 
dâtre E. macroceros, p. 167 

— Prostomium ovale allongé. Coloration violacée. E. marginata, p. 170 



160 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

E. viridis (Muller). Fig. 57, a-h. — Malmgren 1865, p. 98, pi. xv, fig. 
39; Saint-Joseph 1888, p. 283, pi. xn, fig. 154; Me' Intosh 1908, p. 55 
(bibliographie). E. virens Ehlers 1864, p. 159, pi. vu, fig. 1-5. E. micro- 
ceros Claparède 1868, p. 247, pi. xvi, fig. 4. E. guttata Claparède 1870, 
p. 97, pi. ix, fig. 2. E. ornata Saint-Joseph 1888, p. 291, pi. xn, 
fig. 158-161. E. aurea Gravier 1896, p. 17, pi. xvi, fig. 2-6. E. brevisetis 
Saint-Joseph 1899, p. 172, pi. vz, fig. 6-9. — Phyllodoce clavigera 
Audouin et M.-Edwards 183k, p. 226, pi. v, fig. 9-13. P. Gervillei Audouin 
et M.-Edwards 1834, p. 250. 

Corps étroit, linéaire, à nombreux segments, 60 à 200. — Prostomium 
arrondi en avant, un peu plus large que long. 2 gros yeux. 4 antennes 
paires subulées, subégales. Antenne impaire un peu plus longue insérée 
entre les deux yeux ou un peu en avant. — Longue trompe cylindrique, bor- 
dée à l'entrée de 14 à 30 papilles arrondies, couverte de très nombreuses 
petites papilles rondes (57, a), sauf, parfois, à la base qui est alors lisse ou 
striée longitudinalement. — Cirres tentaculaires sur 3 segments bien dis- 

« /) 1 OÙ. 

tincts. 1 -f- S — 7+ S —sç. Ils sont cylindriques ou fusiformes, les deux 

dorsaux postérieurs atteignant le 10 e -12 e sétigère. Le cirre ventral du 2 e 
tentaculaire, moitié plus courtquele dorsal, est épais, fusiforme, ou souvent 
un peu comprimé et légèrement asymétrique (d). Cirres dorsaux moyens 
lancéolés, allongés, plus ou moins aigus (b). Cirres ventraux moitié plus 
petits, ovales. — Parapodes bilobés. Soies à hampe renflée, à articulation 
couverte de petites épines, à article assez court, très finement denticulé (c). 
— 2 cirres anaux fusiformes épais, ou lancéolés, aplatis. 

L. 5 à 15 cm., sur 2 à 3 mm. — Coloration vert herbe ou vert émeraude 
uniforme, avec parfois le dos ponctué de points ou de petites lignes trans- 
versales noires. Œufs verts. Dans l'alcool, vert olive foncé ou brun jaunâtre. 

Var. aurea Gravier : corps jaune d'or vif, de chaque côté de la ligne mé- 
diane, sur la face dorsale, il existe une bande violette longitudinale continue et 
latéralement, sur chaque segment, une ligne noire arquée à convexité tournée 
en dehors. Cirres dorsaux moins aigus (57, f). 

Var. ornata Saint-Joseph : dos jaunâtre avec deux raies transversales 
vertes parallèles aboutissant à un point plus sombre au milieu du dos. Vers 
l'extrémité postérieure du corps, la teinte générale tourne au violet (57, g-h). 

A mer basse, dans les fentes des rochers et dans les crampons de Laminaires. 
Plus rarement dans les dragages (variétés aurea et ornata). 

Mers du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

E. pusilla Œrsted. Fig. 57, i. — Saint-Joseph 1888, p. 287, pi. xi, fig. 
149-150; Gravier 1896, p. 16. 

Corps allongé, 65 à 80 segments. — Prostomium arrondi, plus large 
que haut, non échancré en arrière, 2 gros yeux postérieurs (57, i;. 4 courtes 
antennes et une impaire très petite insérée en avant des yeux. — Trompe 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 



161 



couronnée de 24 grosses papilles obtuses et couverte de petites papilles. 
— 3 segments tentaculaires bien distincts. 4 paires de cirres tentaculaires 
cylindriques. Cirres dorsaux foliacés, ovoïdes* Cirres ventraux semblables, 
plus petits. — Soies à hampe très finement épineuse, à article terminal 
droit. — 2 cirres anaux ovales. 

L. 8 à 12 mm. sur 0,2 mm. — Corps brunâtre avec une ligne longitu- 
dinale verte, et 2 points bruns au bord de chaque segment, à la face ven- 
trale. Cirres bruns ou verts. 

Dragages côtiers. — Mer du Nord, Manche (Dinard, Saint- Vaast, Brest), Atlan- 
tique (Concarneau, Saint-Jean-de-Luz). 




Fio. 57. — Eulalia viridis : a, région antérieure, grossie; b, parapode moyen x 40) c, 
' forme différente de cirre dorsal x 40; d, cirres tentaculaires 2 et 3 x 10; e, soie 
X 400. — Vak. aurea : f, pied moyen X 40. — Var. ornata : g, tête et segment 
moyen x 15; h, cirre dorsal X 20 (d'après Saint- Joseph). — E.pusilla : i, tête X 30 
et cirre dorsal (d'après Saint-Joseph). — E. venusta :k, tête x 20; I, cirre dorsal x. 40. 
— E. trilineata : m, segment moyen X- 10 (d'après Saint-Joseph). 



E. venusta Saint-Joseph. Fig. 57, k-1. — Saint-Joseph 1888, p. 297, 
pi. xii, fig. 166-167. 

Corps allongé, 132 segments. — Prostomium subquadr angulaire, non 
échancré en arrière 4 courtes antennes subulées et une antenne impaire 
insérée en avant des 2 yeux (57, k). — Trompe couronnée de 14'grosses 

11 



162 FAUNE DE FRANCE. POLTCHETES ERRANTES 

papilles et couverte de petites papilles. — 3 segmeuts tentaculaires bien 
distincts. 4 paires de cirres tentaculaires cylindriques, les 2 paires pos- 
térieures atteignant le 4 e sétigère. Cirres dorsaux lancéolés, un peu acu- 
minés (1). Cirres ventraux plus petits, ovales. — Soies à hampe finement 
épineuse, à article terminal court. — Cirres anaux non foliacés, gros et 
épais. 

L. 3 cm. sur 1mm. — Les 2 premiers segments brun uniforme, les autres 
portent, au dos, une double rangée de points bruns, fins, plus condensés 
aux bords et au milieu des segments. 

Dragages. — Manche (Dinard). 

E. trilineata Saint-Joseph. Fig. 57, m. — Saint-Joseph 1888, p. 292, 
pi. xii, fig. 162. 

Corps épais, 80 segments. — Prostomium un peu conique. 5 antennes 
dont l'impaire est implantée en avant des deux yeux. — Trompe couron- 
née de 20 papilles et entièrement couverte de petites papilles rondes. — 

•" O 1 n 1 , 

3 segments tentaculaires distincts, 1 -|- O — - — |- S — <n-. 4 paires de cirres 

tentaculaires cylindriques, la première courte, la dernière atteignant le 
6 e sétigère. Cirres dorsaux foliacés, lancéolés. Cirres ventraux semblables, 
deux tiers plus petits, — Pieds à 2 lèvres à peine indiquées. Soies à- 
article terminal court. — 2 cirres anaux foliacés. 

L. 15 mm. sur 1,25 mm: — Corps vert avec trois raies brunes transver- 
sales placées bout à bout au dos de chaque segment (57, m). 

Parmi des tubes d'Hermelles. Dragages. — Manche (Dinard). 

E. splendens Saint-Joseph. Fig. 58, f-g. — Saint-Joseph 1888, p. 288, 
pi. xr, fig. 151-153. 

Corps allongé, 270 segments. — Prostomium arrondi en avant, non 
échancré en arrière. 2 yeux postérieurs. 4 antennes paires subulées et 
une antenne, impaire insérée en avant des yeux. — 3 segments tentacu- 
laires distincts (58, g). 4 paires de cirres tentaculaires cylindriques, les 
2 postérieures plus longues. Cirres dorsaux cordiformes. Cirres ventraux 
avec une tache brune. — Pieds nettement bilobés. Soies à hampe non, 
renflée, finement épineuses, à article terminal pectine (f). 

L. 15 cm. — Coloration semblable à celle de la Ph. splendens (Ph. 
Parettî). 

A la côte, à mer basse. — Manche (Dinard, Granville). 

• E. bilineata Johnston. Fig. 58, a-e. — Malmgren 1865, p. 99, pi. xm, 
fig. 26; Me' Intosh 1908, p. 50 (bibliographie). — (?) E. quadrilineata 
Saint-Joseph 1898, p. 327, pl.,xvm, fig. 127-130. — Hypoeulalia bili- 
neata Bergstrôm 191k, p. 165, fig. 40, pi. i, fig. 4. 



POLYCHETES ERBANTES. — PHYLLODOCIDAE 163 

Corps linéaire atténué aux deux extrémités, jusqu'à 100-150 segments. 

— Prostomium piriforme, tronqué antérieurement, un peu plus long que 
large. 2 assez gros yeux noirs. 4 antennes paires, courtes, subulées, 
une antenne impaire très courte, insérée en avant des yeux (58, a). — 
Trompe cylindrique uniformément couverte de petites papilles éparses. 

— 3 segments tentaculaires distincts, mais le premier soudé en partie, à 
la face dorsale, avec le. prostomium, dont il n'est séparé que par un 

sillon peu marqué. 1 + S — r + S — r. Cirres tentaculaires fusiformes, 

assez courts. Cirres dorsaux épais, ovales-obtus. Cirres ventraux de 
même forme mais plus petits. — Parapodes à deux lobes obtus (b-c). 
Soies à hampe faiblement renflée, épineuse, à article de longueur moyenne 
(d-e). — 2 cirres anaux subulés, parfois claviformes. 

L. 3 à 9 cm sur 1 à 2 mm. — Coloration jaune sombre, jaune verdâtre 
ou jaune paille, une tache foncée à' la base de chaque pied. Femelles à 
maturité vert-pois avec une légère ligne longitudinale médiane double et 
interrompue. Mâles, blanc-jaunâtre. 

Var. quadrilineata Saint-Joseph : 2 raies longitudinales violettes et, sur 
chaque segment, 2 raies transversales vert-jaunâtre. Cirres plus la'ncéolés. 

A mer basse, dans les fenies des pierres, les crampons de Laminaires, sous 
les pierres. Dans les dragages, sur les Huîtres et les -vieilles coquilles. 

Mer du Nord, Manche (Guernesey, Saint- Vaast) ; Atlantique (Concarneau) ; 
Méditerranée (Monaco). 

E. tripunctata Me' Intosh. Fig. 58, k-m. — Me' Intosh 1008, p. 63, 
pi. xuv, fig. 3, lviii, fig. 23,*lxvii, fig. 13, lxxvii, fig. 4. E. Claparedei 
Saint-Joseph 1888, p. 285, pi. xi, fig. 144-148. 

Corps linéaire, mince et plat, jusqu'à 250 segments. — Prostomium 
aplati, conique obtus, non échancré en arrière; 2 yeux postérieurs. 4 cour- 
tes antennes paires, et une impaire petite et transparente insérée entre les 
deux yeux (58, k). — Longue trompe cylindrique couronnée de 14 grosses 
papilles et couverte de petites papilles éparses en cône obtus. — 3 seg- 
ments , tentaculaires distincts, le 1 er enchâssant un peu le prostomium. 

1 -f- S — r-+ S — »>. 4 paires de cirres tentaculaires cylindriques ou fusi- 
formes, la paire postérieure, plus longue que les autres, égale une fois et 
demie la largeur du corps. Cirres dorsaux ovales lancéolés (1), cirres ven- 
traux semblables, mais plus petits. — Parapodes courts, faiblement bilo- 
bés. Soies courtes, à hampe renflée à l'articulation, à article court, un 
peu courbé (m). — 2 cirres anaux fusiformes. 

L. 5 à 10 cm. — Corps jaune pâle, ou brun-verdâtre avec 3 points verts 
ou noirs au dos de chaque segment et 2 points de même couleur à la face 
ventrale. Cirres dorsaux verts. Cette coloration disparaît complètement 
dans l'alcool. Œufs verts. Mâles rougeâtres postérieurement. 



164 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



A mer basse et dans les dragages parmi les vieilles coquilles. 
Mer duNord; Manche (Plymouth.Guernesey, Saint- Vaast, Dinard) ; Atlantique 
(Irlande). 

Nota. Cette espèce est très voisine de VE. bilineata dont elle n'est probable- 
ment qu'une variété ex colore. 




Fig. 58. — Eulalia bilineata : a, l'ace dorsale X 20 ; b, parapode x 40 ; c, autre parapode 
X 40; d, e, soie de face et de profil x 350. — E. splendens : i, soie x 250; g, tête 
X 15 (d'après Saint-Joseph). — E. fucescens : h, tète x 20 ; i, cirre dorsal X 20 
(d'après Saint-Joseph). — E. tripunctata : k, tête x 20 ; 1, parapode x 40 ; m, soie 
X400. 



E. fucescens Saint-Joseph. Fig. 58, h, i. — Saint-Joseph 1888, p. 296, 
pi. xn, fig. 163-165. 

Corps linéaire, atténué aux deux extrémités, 95 à 100 segments. — 
Prostomium en cône tronqué, plus large que haut. 2 gros yeux noirs. 
4 antennes paires filiformes, égales, une impaire de-même longueur, insé- 
rée bien en avant des yeux (58, h). Trompe garnie de nombreuses petites 
papilles rondes, couronnée, à l'ouverture, de vingt papilles souvent rouges. 
— 1 er segment tentaculaire invisible d'en dessus, les 2° et 3 e bien distincts. 

11 
1 -j- S r- + S ct. Les deux paires de cirres tentaculaires dorsaux posté- 
rieurs plus longues que les autres. Cirres dorsaux cordiformes (i). Cirres 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 165 

ventraux plus ovales. — Parapodes bilobés à lobes arrondis. Soies à hampe 
renflée avec quelques petites épines à l'articulation et un article terminal 
mince et flexible à peine pectine au bord. — 2 longs cirres anaux cylin- 
driques. 

L.'lk'i cm., sur 1 mm. — Brun clair uniformément piqueté. Cirres 
dorsaux bruns ou légèrement verdâtres. Œufs violets. Mâles à maturité 
blanchâtres! 

Dragages côliers. — Manche (Saint-Vaast, Dinard, Paimpol, Brest); Atlan- 
tique (Croisic). 

E. punctifera Grube. Fig. 59, a-d. — Saint-Joseph 1888, p. 289, pi. xn, 
iig. 155-157. E. nebulosa Me' Intosh 1908, p. 53, pi. xliii, lig. 6. — 
Pirakia punctifera Bergstrôm 1914, p. 135, fig. 39. 

Corps linéaire, épais, très effilé à l'extrémité postérieure, jusqu'à 350 
segments. — Prostomium arrondi, plus large que long, échancré en 
arrière. 2 gros yeux. 4 petites antennes coniques. 5" antenne insérée en 
avant des yeux, avec une tache noire à la base (59, a). — Trompe cylin- 
drique, très longue, garnie de très nombreuses petites papilles coniques, 
couronnée d'une cinquantaine de papilles plus grosses arrondies. — 
Premier segment tentaculaire invisible d'en dessus, 2 e et 3 e distincts. 

1 -{- S — r + S — jq. Cirres tentaculaires longs, cylindriques. Cirres 

dorsaux cordiformes, acuminés, à gros cirrophore (c). Cirres ventraux 
ovales acuminés. — Parapodes bifides à lobes aigus. Soies à hampe légè- 
rement renflée et faiblement épineuse, à article médiocrement long, fine- 
ment denticulé (d). — 2 cirres anaux filiformes, épais, 3-4 fois plus longs 
que larges. 

L. 6 à 15 cm., sur 1 à 2 mm. — Corps verdâtre ou jaunâtre, avec 2 points 
bruns parfois coalcscents, sur la tête, en avant des yeux, et, au dos de 
chaque segment, une ou deux lignes transversales de points bruns ou vert 
foncé (b), un amas de taches brunes au centre des cirres dorsaux. Cirres 
anaux mouchetés de brun. Mâles à maturité blanchâtres, femelles orangées. 
Œufs roses. 

A mer basse, sous les pierres et dans le gravier vaseux. Dragages côtiers. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

E. rubiginosa Saint-Joseph. Fig. 61, g. — Saint-Joseph 1888, p. 293. 

Corps court massif, 80 segments. — Prostomium plus large que haut 
avec 2 yeux de grosseur moyenne entre lesquels sort la 5" antenne pig- 
mentée de brun. — Trompe couronnée de 14 grosses papilles rouges et 
couverte de nombreuses petites papilles. — 3 segments tentaculaires dis- 
tincts, le 1 er réduit dorsalement (?). Cirres tentaculaires cylindriques, les 
postérieurs atteignant le 7 e sétigère. Cirres dorsaux larges et cordiformes 



166 



FATJNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



épais (61, g). — Pieds à 2 lobes aigus, le dorsal plus long que le ventral. 
Soies à hampe finement épineuse, à article terminal long et mince. — 2 
cirres anaux très caducs non foliacés. 

L. 14 mm., sur 1 mm. — Corps brun sombre, cirres dorsaux brun- 
rouille, teignant fortement l'alcool. Œufs verts. 

Dragages côtiers. — Manche (Dinard). 

Nota. N'est peut-être qu'une variété à'E. punctifera. 




Fig. 59. — Eulalia punctifera : a, tête x20; b, 3 segments mojens x 20; c, para- 
pode moyen x 40; d, soie x 400. — Eumida parva : e, tète X 20 (d'après Saint-Jo- 
seph). — E. sanguinea : f, tête X 20 ; g, pied moyen Q x 40; h, cirre dorsal cf 
X 40; i, soie X 600. — Var. communis : k, pied x 00 (d'après Gravier). 



E. (Eumida) sanguinea (Œrsted). Fig. 59, f-k. — Eumida sanguinea. 
Malmgren 1865, p. 97, pi. xiv, fig. 28; Me' Intosh 1908, p. 66 (bibliogra- 
phie). E. communis Gravier 1896, p. 18, pi. xvi, fig. 7-10. — Eulalia pal- 
lida Claparède 1868, p. 246, pi. xvi, fig. 6. — Saint-Joseph 1888, p. 294. 

Corps trapu, relativement court et large, bombé dorsalement, 60 à 140 
segments. — Prostomium plus large que long, légèrement échancré en 
arrière, cordiforme. 2 gros yeux noirs. 4 antennes paires courtes, renflées 
à la base, une antenne impaire courte, insérée en avant des yeux (59, f). — 
Trompe cylindrique couronnée d'une vingtaine de papilles à l'ouverture, 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 167 

lisse quand elle est bien étendue, autrement présentant des rugosités de 
contractisn et simulant parfois de petites papilles coniques très fines, très 
serrées (Var.pallida Claparède). — 1 er segment tentaculaire plus ou moins 
soudé avec la tête et indistinct à la face dorsale. Les suivants distincts. 

1 + S --, 4- S — |n. 4 paires de cirres tentaculaires cylindriques. Cirres 

dorsaux cordîformes, peu acuminés, légèrement échancrés à la base, portés 
par un gros cératophore (g). Ils sont plus lancéolés dans la variété pallida 
(k). Les postérieurs plus allongés. Cirres ventraux ovales, lancéolés, plus 
courts que le pied. — Mamelon sétigère épais, bilobé. Soies à hampe ren- 
flée, épineuse, h long article terminal (i) — 2 cirres anaux fusiformes, 
brusquement effilés 'à l'extrémité. 

L. 30 à 60 mm. — Coloration très variable, blanc grisâtre avec fines 
ponctuations brunes, jaune paille, jaunâtre, brun verdâtre, brun rougeâtre, 
parfois une ou plusieurs raies blanches crétacées transversales, et un bou- 
chon noirâtre dans l'intestin. Œufs verts. Dans l'alcool, vert olive ou brun 
rouille. 

A mer basse sous les pierres, et dans les crampons de Laminaires; dans les 
dragages parmi les vieilles coquilles et les pierres rongées. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique Méditerranée. — Golfe Persique, Nouvelle- 
Zélande. 

E. (Eumida) parva Saint-Joseph. Fig.* 59, e. — Eumida parva Saint- 
Josepii 1888, p. 298, pi. xii, fig. 168. 

Corps allongé, environ 150 segments. — Prostomium cordiforme, 2 yeux, 
5 longues antennes, l'impaire entre les deux yeux (59, e). — Trompe lisse, 
couronnée de 8 larges papilles rosées. — 3 segments tentaculaires distincts. 

4 paires de longs cirres tentaculaires cylindriques. 1 + S — 7 -J- S ~™. 

Cirres dorsaux lancéolés. Cirres ventraux semblables, plus petits. — Soies 
à hampe non épineuse, à article finement pectine. — 2 longs cirres anaux 
non foliacés. 

L. 8 mm., sur 0,24. — Corps verdâtre avec une raie brune transversale, 
cirres verdâtres. Œufs gris. Mâles blancs. 

Dragages. — Manche (Dinard). 

E. (Pterocirrus) macroceros Grube. Fig. 60, d-g. — E. (Pterocirrus) ma- 
croceros Saint-Joseph 1888, p. 300, pi. xii, fig. 170-174. — E. volucris 
Eulers 186k, p. 165, pi. vu, fig. 7-10. — E. (Pterocirrus) velifera Cla- 
parède 1868, p. 250, pi. xvn, fig. 2. — Sige fusigera Malmgren 1865, 
p. 100, pi. xiv, fig. 27. S. macroceros Bergstrôm IOI'i, p. 136, fig. 40. 

Corps atténué aux extrémités, mais relativement large; jusqu'à 170 seg- 
ments. — Prostomium arrondi, plus large que long, échancré en arrière. 



168 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

2 gros yeux noirs, arrondis, ovales, ou plus rarement réniformes, avec ou 
sans cristallin. Parfois un petit trait noir derrière chaque œil. 5 antennes 
filiformes plus longues que le prostomium, l'impaire, plus grande, insérée 
en avant des yeux (60, d). — Trompe cylindrique, couronnée de 48 grosses 
papilles arrondies et couverte de nombreuses et fines papilles coniques. 

3 segments tentaculaires distincts, le 1 er plus ou moins nettement visible 

d'en dessus, selon l'élat de contraction. 1 + S — ; + S — ^ T . Cirre ventral 

du 2 e segment avec un large limbe foliacé unilatéral en forme de couperet. 
Les autres cirres tentaculaires cylindriques, le dorsal du 2 e segment plus- 
long que les autres, atteignant jusqu'au 13 e sétîgère. Cirres dorsaux imbri- 
qués, lancéolés, rétrécis en pointe allongée (e, f). Cirres ventraux sembla- 
bles mais plus petits. — Mamelon sétigère à 2 lobes aigus, bien séparés, 
le supérieur plus allongé. Soies à hampe peu renflée, finement épineuse, à 
très long article large et nettement dentelé (g). — 2 cirres anaux longs et 
épais. 

L. 3 à 8 cm., sur 0,5 à 1 mm. — Vert pâle, jaune-paille ou brun pâle 
avec une carène verte ou brune entre les deux yeux. Œufs verts. 

Parmi les Nullipores et les Bryozoaires; dragages côtiers sur fonds de vieilles 
coquilles et pierres rongées. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

E. (Pterocirrus) microcephala Claparède. Fig. 60 h. — Claparède 1870, 
p. 98, pi. ix, fig. 3; Saint-Joseph 1906, p. 225, pi. v, fig. 99-103. 

Corps long et mince, jusqu'à 283 segments. — Prostomium petit, 
arrondi, aussi large que haut. 2 yeux noirs arrondis. 5 petites antennes 
subulées, l'impaire insérée en avant des yeux (60, h). — Trompe longue, 
cylindrique, couronnée de 16 grosses papilles et couverte de très nom- 
breuses petites papilles rondes, pédiculées. — 3 segments tentaculaires 
distincts et le premier bien visible d'en dessus. Cirre ventral du 2 e ten- 
taculaire bordé d'un limbe asymétrique étroit. Les autres paires cylin- 
driques, et la 3' atteignant le 8 e sétigère. Cirres dorsaux lancéolés, allon- 
gés. Cirres ventraux, plus petits, ovales. — Mamelon sétigère à 2 lobes 
arrondis. Soies à hampe renflée, terminée par 2 grosses épines et plusieurs 

o X. o \. 

petites, à long article terminal strié et dentelé. l + O — - -f- S — n(?)- 

L. 8 à 14 cm., sur 3 mm. — Coloration d'un beau vert uniforme, cirres 
ponctués de quelques points bruns. 

A la côte pareilles pierres. — Méditerranée (Naples, Cannes); Manche (Ros- 
coff). 

Nota. Cette espèce ne semble différer de YEulalia viridis que, par son cirre 
tentaculaire plus aplati et légèrement limbe. 



POLYCHÊTES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 



169 




Fig. 60. — Plevocirrus limbata : a, région antérieure x 12; b, cirre tentaculaire 
limbe x20; c, un cirre dorsal x 20 (d'après Claparède). — Pt. macroceros : d, extré- 
mité antérieure, grossie ; e, parapode x 40 ; f , cirre dorsal postérieur ; g, soie x 100. 
— Pt. microcephala : h, région antérieure x 20 (d'après Claparède). 



E. (Pterocirrus) limbata Claparède. Fig. 60, a-c. — Claparède 1808, 
p. 248, pi. xxvii, fig. 6; Saint-Joseph 1888, p. 303. 

Corps linéaire, environ 20 à 44 sétigères. — Prostomium subcordiforme 
tronqué en avant. 2 grands yeux ovales, avec cristallin. 5 antennes 
subulées, subégales, de la longueur du prostomium, l'impaire à insertion 
presque frontale (60, a). — Trompe couronnée de 24 grosses papilles et 
couverte de papilles minces et coniques. — 3 segments tentaculaires bien 
distincts, le 1 er visible d'en dessus. Cirre ventral du 2* tentaculaire court, 
renflé, piriforme, avec un limbe étroit, strié (b) ; les autres paires cylindri- 
ques, les 2 paires postérieures deux fois plus longues. 1 -f- O — j -f- S — «,. 

Cirres dorsaux lancéolés, atténués à l'extrémité (c). Cirres ventraux ana- 
logues, mais plus petits. — Mamelons sétigères coniques. Soies à article 
ensiforme relativement court. — 2 cirres anaux larges et épais, terminés 
en pointe. 

L. 3 à 7 mm., sur 0,7 mm. — Coloration gris rose ou verdâtre très 
pâle. 



170 FAUNE DE FRANCE. POLTCHETES ERRANTES 

Dragages côtiers. — Manche (Dinard); Méditerranée (Naples). 

Nota. Les seuls spécimens observés sont des formes jeunes n'ayant pas 
atteint la maturité sexuelle. 

■E. (Pterocirrus) marginata Claparède. Fig. 61, f. — Claparède 1868, 
p. 249, pi. xviii, fig. 1. 

Corps linéaire, 65 segments. — Prostomium en ellipse régulière. 
2 grands yeux ovales à cristallin. Les 4 antennes paires coniques, larges 
à la base, atténuées en pointe aiguë, l'impaire, insérée très en avant, 
plus mince et plus courte (61 f). Trompe (?). — 1 er segment tentaculaire 
non visible d'en dessus, les 2 suivants bien distincts. Cirre ventral du 
2 e tentaculaire court, renflé à la base et muni d'un large limbe asymé- 
trique. Les autres cirres tentaculaires cylindriques, les 2 postérieurs plus 

longs. 1 + — r + — v, (?). Cirres dorsaux lancéolés. Cirres ventraux 

° ' al' « N w 

en petites palettes beaucoup plus courtes. — Soies à article ensiforme 
protégé par une lame tectrice délicate. 

L. 16 mm. — Corps coloré par un pigment violâtre disséminé à la 
surface tergale des segments. Appendices incolores. 

Dragages côtiers (?). — Méditerranée (Naples). 

Nota, Un seul exemplaire observé par Claparède. 



G. NOTOPHYLLUM Œrsted. 

Corps épais. Prostomium conique. 2 yeux. 5 antennes. — 4 paires de cirres 

• 1 1 

tentaculaires sur 3 segments distincts : 1 -f- S - -j- S ^?. Cirres dorsaux larges 

et foliacés. — Parapodes biramés; Soies dorsales simples, ventrales composées. 
— 2 cirres anaux. — Trompe à papilles molles, diffuses. 

N. foliosum. Sars. Fig. 61, a-e. — Mc'Intosh 1908, p. 47,pl.xLv, fig. 1; 
Bergstrôm 101k, p. 121, fig. 31. N.alatum Saint-Joseph 1888, p. 312. 
N. polynoïdes Malmgren 1865, p. 93, pi. xiv, fig. 43. — Eulalia obtecta 
Ehlers 186k, p, 169, pi. vu, fig. 11-16. — Trachelophyllum Lùtkeni 
Levinsen 1883, p. 209. 

Corps linéaire, relativement court et large, peu atténué aux extrémités, 
oonvexe à la face dorsale, qui est à peu près entièrement cachée par les 
cirres imbriqués, 80 à 110 segments (61, e). — Prostomium en cône arrondi, 
avec 2 gros yeux souvent pourvus d'un cristallin et postérieurement 2 orga- 
nes nucaux formant 2 grandes oreillettes ciliées dirigées en arrière (a). 4 an- 
tennes paires un peu aplaties et pointues, antenne impaire plus longue, insé- 
rée entre les 2 yeux. — Trompe garnie à la base de nombreuses papilles 
et couronnée à l'entrée d'un cercle de grosses papilles arrondies (?). — 



POLYCHETES ERRANTES. 



PHYLLODOCIDAE 



171 



3 segments tentaculaires distincts, mais le premier réduit à la face dor- 
sale. Des 4 paires de cirres tentaculaires, la première et la ventrale du 
2° segment courtes et larges, les deux autres cylindriques, plus longues, 

atteignant le 9"- 10 e segment. 1 -f- S 2—- -|- s S~. — A la rame dorsale, 

un acicule et 1-2 soies capillaires simples, grands cirres dorsaux réni- 




Fig. 61. — .Xutnphyllum foliosum : a, tête X '.ÎO (d'après (îuavier) ; b, 45" pied (d'a- 
près Bergstrom); c, cirro ventral x 40; d, soie x 3T>0; e, animal entier, face dor- 
sale x-1. — Pterocirrus marginata : f, partie antérieure X 6 (d'après Claparède). — 
Eulalia rubiginosa : g, parapode X i5. 



formes, 2 fois plus larges que hauts (b). Cirres ventraux plus petits, 
arrondis, recourbés en arrière du mamelon sétigèrc court, massif, bi- 
lobé (c). Soies ventrales composées, à hampe fortement striée, à long 
article faiblement denticulé (d). — Cirres anaux. 

L. 15 à 55 mm., sur 1 à 4 mm. — Gris verdâtrc avec cirres verts bordés 
do brun, œufs grisâtres. Dans l'alcool, brunâtre ou verdâtre. 

Dragages côtiers, parmi les vieilles coquilles et les pierres rongées et cou- 
vertes de Serpules. 

Manche, Atlantique, Méditerranée, mers. du Nord. 



172 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



G. ETEONE Savigny. 

Corps linéaire, à nombreux segments. — Prostomium triangulaire avec 
4 petites antennes insérées sur son extrémité tronquée. Ordinairement 2 yeux. — 
Trompe lisse, ou portant des rangées latérales de papilles molles et des petites 
papilles chitineuses. — 2 paires de cirres tentaculaires cylindriques au premier 
segment qui est achète. Au 2 e segment, un cirre ventral foliacé, parfois un mamelon 

o 1 
pédieux achète ou sétigère, pas de cirre dorsal. O — -. Cirres dorsaux et ven- 
traux foliacés. — Soies composées. — 2 urites. 

i. Trompe lisse ou à papilles molles (fig. 62, a) 

(S.-G. Eteone s. str.) 2 

— Trompe à rangées latérales de grosses papilles molles et à 
petites papilles épineuses (fig. 64, a) (S.-G. Mysta) 5 

2. Ni soies, ni mamelon pédieux. au 2 e segment (fig. 63, a). . . . 3 

— Un mamelon sétigère au 2 e segment (fig. 62, f) 4 

3. Trompe lisse Et. lactea, p. 175 

— Trompe à 3 rangées latérales de papilles (fig. 62, g) 

Et. foliosa, p. 174 

4. Cirres dorsaux moyens aussi longs que larges, presque symé- 
triques (fig. 62, c, d) Et. longa, p. 172 

— Cirres dorsaux moyens plus larges que longs, souvent asymé- 
triques (fig. 62, e) Et. flava, p. 173 

5. Corps violet, cirres jaunes. 15 à 30 cent. Et. siphonodonta, p. 178 

— Corps rose ou jaune verdâtre, tacheté de brun rouge. 2 rangées 
latérales de 6-7 papilles sur la trompe. 3 à 6 cm. (fig. 64, a). 
Et. picta, p. 176 

— Corps brun-olive,. rayé longitudinalement. 2 rangées latérales de • 
nombreuses papilles sur la trompe .... Et. barbata, p. 176 

E. longa (Fabricius). Fig. 62, a-d. — Bergstrôm 191k, p. 192, fig. 72. 
E. arctica Maxmgren 1867, p. 148, pi. m, fig. 12; Gravier 1896, p. 17. 
E. Lilljeborgi, E. islandica, E '.' Leuckarti Malmgre.v 1861, p. 148-149, 
pi. iv, fig. 22-23, pi. m, fig. 12. 

Corps filiforme, aplati, jusqu'à 200 segments. — Prostomium presque 

aussi long que large, rétréci à la hauteur des yeux (62, a). 4 courtes 

antennes coniques, subégales. — Trompe évasée, lisse ou avec des rides 

transversales simulant des papilles, couronnée d'une quinzaine de 

o 1 
papilles à l'orifice. — 2 paires de cirres tentaculaires effilés. O — -. Au 

2 e segment, un mamelon sétigère et un cirre ventral, pas de cirre dorsal. 
Cirres dorsaux assez minces, demi-ovales plus ou moins symétriques (d), 
les antérieurs un peu plus larges, les postérieurs plus étroits. Parapodes 



POLYCHETES ERRANTES. PHYLL0D0C1DAE 



173 



coniques, faiblement bilobés (62, c). Cirres ventraux minces, oblongs, 
à peu près do la longueur du pied. — Soies à longue hampe, renflée 
à l'articulation, nettement denticulée, à article assez court et mince (b). 
— Cirres anaux très courts, épais, presque sphériques. 

L. 25 à 60 mm. sur 1 à 2 mm. — Coloration dans l'alcool, jaune plus 
ou moins foncé, cirres brunâtres, un renflement foncé au-dessus du 
cirrophore. 

Dragages côliers. —Manche (Iles anglaises, S*- Vaast-la-Hougue) ; Atlantique 
(Irlande), mer du Nord. — Mers arctiques. 




Fia. 62. — Eteone longa : a, tête et trompe, grossies; b, soiex 400; c, parapode moyen 
X 100; d, cirre dorsal du 10» sétigère. — E. flava : e, parapode moyen x 100 ; f, 
tête et trompe, grossies. — E. foliosa : g, Itête et trompe, grossies; h, parapode 
moyen x 20; i, cirre dorsal du 5'sétigère; k, soiex 400. 

E. flava (Fabiucius). Fig. 62, e-f. — Malmgren 1865, p. 102, pi. xv, 
fig. 35 ; Bergstrôm 101k, p. 196, fig. 74. E. depressa Malmgren 1865, p. 
103, pi. xv, fig. 36. E. lentigera Malmgren 1861, p. 149, pi. m, fig. 13. 
E. picta Me' Intosh [non Quatrefages) 1008, p. 100. 

Corps linéaire, aplati, atténué aux deux extrémités, jusqu'à 300 seg- 
ments. — Prostomium court, conique, arrondi, rétréci à la hauteur des 
2 yeux. 4 courtes antennes en alêne, subégales. — Trompe évasée, plus 



174 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

ou moins fortement ridée, bordée d'un rang de papilles à l'ouverture (62, f). 

— 2 paires de cirres tentaculaires courts, acuminés, subégaux au 

o 1 

1 er segment. O — r. Des soies au 2 e segment; mais pas de cirre dorsal. 

Cirres dorsaux minces, ovales. arrondis, faiblement asymétriques, plus 
larges que longs (e). Ceux des 10-20 premiers segments fortement asy- 
métriques et plus allongés. Les postérieurs ovales. Parapodes bilobés. 
Cirres ventraux ovales, arrondis à l'extrémité, à peu près de même lon- 
gueur que le pied. — Soies à longue hampe, à articulation peu renflée, 
légèrement denticulée, à article mince et court. — Cirres anaux large- 
ment ovales. 

L. 40 a 120 mm. — Coloration : jaune pâle ou brique; dans l'alcool, 
jaune citron ou brun. 

Dragages côtiers et dans le sable à mer basse. — Mers arctiques, mer du 
Nord (Hollande), Atlantique (côtes d'Irlande), Manche. 

E. foliosa Quatrefages. Fig. 62, g-k. — Quatrefages 1865, p. 164; 
Saint-Joseph 1895, p. 226, pi. xm, fig. 42-44; Gravier 1896, p. 16 et pas- 
sim; Southern 191k, p. 76. 

Corps allongé, atténué aux extrémités, convexe dorsalement, aplati 
ventralement avec une gouttière longitudinale. Jusqu'à 350 segments. — 
Prostomium conique, tronqué, souvent ridé sur les côtés, ce qui lui donne 
un aspect triannelé. 4 petites antennes subégales, les antérieures parfois 
plus courtes. 2 petits yeux disparaissant souvent dans l'alcool (fig. 62, g). 

— Trompe courte, évasée, portant, de chaque côté, 3 rangées longitudi- 
nales de 15 à 30 papilles, globuleuses dans la rangée impaire, aplaties 
transversalement et blanchâtres dans les deux autres. Ce sont, peut-être, 
des rides de contraction? A l'ouverture de la trompe, une couronne de 15- 
20 papilles et 2 gros lobes charnus. — 2 paires de cirres tentaculaires, 
épais, coniques, subulés, les supérieurs un peu plus courts que les infé- 
rieurs. O — -. . Au 2 e segment, un cirre ventral épais, pas de mamelon sé- 

tigère, de soies, ni de cirre dorsal. Cirres dorsaux bien plus larges que 
longs, réniformes, décurrents. Cirrophores prolongés en languette dans 
la base des cirres (62, h). Les cirres antérieurs plus massifs (i), les posté- 
rieurs plus allongés. Mamelon sétigère à 2 lèvres dont l'une est bilobée. 
Cirres ventraux ovales allongés, à peu près de la longueur du pied. — 
Soies à hampe légèrement dilatée, à articulation finement épineuse, à 
dents inégales. Article terminal long et large (k). — 2 longs cirres anaux 
coniques, renflés à la base. 

L. 12 à 20 cm., sur 3 à 4 mm. — Coloration blanc jaunâtre, avec quel- 
ques petites taches violettes à la base des pieds, intestin brun. Dans 
l'alcool, blanc jaunâtre uniforme, avec reflets irisés, ou brunâtre avec 
cirres tachés de* rouille. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 175 

Dans le sable fin, à mer basse. — Manche (St-Vaast, Cherbourg, Dinard); 
Atlantique (St-Jean de Luz, Irlande). 




Fig. 63. — Eleone lactea : a, tête x 8 ; b, 10° parapode, grossi ; c, cirre dorsal du .V 
sétigère; d, soie (d'après Bergstrom). — Et. (Mysla) siplionudonta : e, tète, prossie ; f, 
parapodo postérieur ; g, parapode moyen, grossi; h, soie X400. — Lugia ptcro- 
phora : i, tête x 45 (d'après Ehlers). 



E. lactea Claparède. Fig.' 63, a-d. — Claparède 1868, p. 243, pi. xvm, 
fig. 2. E. pusilla Malmgren 1865, p. 102, pi. xv, fig: 37; Me' Intosh 
1908, p. 107; Rioja 1918, p. 34, fig. 8. E. Malmgreni Miciiaelsen 1897, 
p. 37. — Hypereteone lactea Bergstrom 191k, p. 209, fig. 81. 

Corps épais, linéaire, légèrement atténué aux deux extrémités, jusqu'à 
400 segments. — Prostomium en cône tronqué, plus long que large, légè- 
rement incisé à la hauteur des 2 yeux noirs. 4 courtes antennes coniques, 
subulées (63, a). — Trompe lisse. — 2 paires de cirres tentaculaires coni- 
ques effilés, les supérieurs plus courts que les inférieurs 

segment, un cirre ventral seulement, pas de mamelon pédieux, de soies, 
ni de cirre dorsal. Cirres dorsaux moyens irrégulièrement réniformes, 
plus larges que longs, décurrents (b). Les antérieurs plus massifs (c) et 
les postérieurs plus allongés.. Le cirrophore se prolonge en languette dans 
la base du cirre. Mamelon sétigère bilobé. Cirres ventraux ovales, les 



O ^4. Au 2" 
o 1 



176 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

postérieurs lancéolés, à peu près de la longueur du piedi — Soies à hampe 
légèrement renflée à l'articulation qui est lisse (d). Article terminal long 
et assez large. — 2 cirres anaux filiformes. 

L. 4 à 23 cm., sur 1,5 à 3 mm. — Coloration d'un blanc laiteux semé de 
quelques points violets. Dans l'alcool, blanc jaunâtre. 

Dans le sable, à mer basse et dans les dragages côtiers. 
Méditerranée(Naples); Atlantique (Santander); mer du Nord. 

Nota. Cette espèce est très voisine de YEteone foliosa et peut-être identique. 

E. (Mysta) barbata Maxmgren. — Mysta barbata Malmgren 18G5, 
p. 101, pi. xv, fig. 34; Me' Intosh 1908, p. 108; Bergstrôm 191k, p. 207, 
fig. 79. 

Corps allongé, un peu aplati, atténué postérieurement, jusqu'à 160 seg- 
ments. — Prostomium large, triangulaire tronqué et arrondi en avant. 
2 yeux. 4 courtes antennes subulées. — Trompe évasée avec, de chaque 
côté, une rangée longitudinale de 30 à 50 papilles ovoïdes, molles et garnie 
sur le reste de sa surface de très nombreuses petites papilles denticulées. 

— 2 paires de cirres tentaculaires subulés au 1 er segment, les dorsaux 
presque deux fois plus longs que les ventraux, pas de soies. Au 2° segment, 
un cirre ventral foliacé, un mamelon pédieux avec des soies, pas de cirre 
dorsal. Aux segments suivants, des cirres dorsaux épais, arrondis, sub- 
orbiculaires ou légèrement lancéolés portés sur un gros cirrophore court ('). 
Cirres ventraux ovales-lancéolés, un peu plus longs que le pied. — Ma- 
melon sétigère bilobé. Soies à hampe renflée à l'extrémité, bifide, faible- 
ment denticulée, avec 2 crocs latéraux et un long article terminal. — 
2 cirres anaux filiformes, trois fois plus longs que larges. 

L. 50 à 70 mm. — Brun olive avec une bande claire longitudinale de 
chaque côté de la ligne médiane. Dans l'alcool, violet-bleuâtre. 

Dragages côtiers sur fonds de sable ou d'argile. 

Mer du Nord (Ecosse, Danemark, Suède); Atlantique (côtes d'Irlande); — 
mers Arctiques. 

E. (Mysta) picta Quatrefages. Fig. 64. — Eteone picta Quatrefages 
1865, p. 147, pi. xviii, fig. 18-23. E. armata Claparède 1868, p. 240, 
pi. xvn, fig. 5. E. incisa Saint-Joseph 1888, p. 304, pi. xn, fig. 175- 
179. — (?) Phyllodoce Geoffroyi Audouin et M.-Edwards 1834, p. 228. 

— (?) Mysta papillifera Théel 1879, p. 33, pi. h, fig. 25-28. 

Corps allongé, aplati, atténué aux deux extrémités, 60 à 150 segments. 

— Prostomium triangulaire, tronqué et arrondi en avant, plus ou moins 
profondément incisé sur les côtés. 2 gros yeux foncés. 4 antennes subu- 
lées, égales (64, a). — Trompe avec, de chaque côté, 2 rangées longitu- 
dinales de 5-6 grosses papilles ovoïdes, molles, garnie à la base de très 

(1) Semblables à ceux d'E. picta {fig. 6A g). 



POLYCHETES ERRANTES. 



PHYLLODOCIDAE 



177 



nombreuses petites papilles, lesjunes) sphériques, pédonculées, hérissées 
de fines épines en aiguille, les autres arrondies, surbaissées, armées de 
petites dents chitineuses recourbées (d). A l'orifice de la trompe, une 
demi-couronne ventrale d'une vingtaine de papilles lancéolées. — 2 paires 
de cirres tentaculaires subulés, renflés à la base. Au 2 e segment, un cirre 
ventral, un mamelon avec des soies, pas de cirre dorsal. Cirres dorsaux 
moyens épais, ovoïdes ou lancéolés, portés sur un gros cirrophore cylin- 
drique (g). Les antérieurs plus larges (f), les postérieurs plus allongés 
{e). Mamelon sétigère bilobé. Cirres ventraux lancéolés, à peu près de 
la longueur du pied. — Soies à hampe dilatée à l'articulation, avec 2 crocs 
latéraux et un article flexible finement pectine (c). — 2 cirres anaux ovales. 
L. 30 à 60 mm. — Coloration très variable, corps rose ou vert jau- 
nâtre avec, sur chaque segment, des lignes transversales et des séries 
longitudinales de taches pourpres, violacées, ou brun rouge (b). Une 
tache brunâtre sur les cirres dorsaux. 

A mer basse, sur les pierres, parmi les Algues et dans les dragages côtiers. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Nota. A un faible grossissement, la trompe, incomplètement dévaginée, pa- 
raît lisse. 




Fie 64. — Eteone (Mysta) picla : a, tête et trompe x 25 ; b, 2 segments de la région 
moyenne, face dorsale x 25; c, soie x -100; d, papilles de la trompe X 400 ; e, para- 
pode postérieur x 40; i, parapode du 5" sétigère x 60; g, parapode moyen X 40. 

12 



178 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERBAXTES 

E. (Mysta) siphonodonta (Delle Chiaje). Fig. 63, e-h. — Eteone sipho- 
nodonta Claparède 1868, p. 241, pi. xvn, fig. 4. — Mysta siphonodonta 
Gravier 1896, p'. 19, pi. xvi, fig. 11-13; Bebgstrôm 191k, p. 205, 
fig. 78. 

Corps allongé, assez large, convexe à la face dorsale, 300 à 350 seg- 
ments. — Prostomium. triangulaire, à large base, renflé et tronqué à 
l'extrémité. 4 petites antennes. 2 yeux. (63, e). — Trompe avec, de. chaque 
côté, une seule rangée de grosses papilles effilées; à la face dorsale, de 
nombreuses petites papilles coniques surbaissées, couvertes de fines 
dents chitineuses arquées ; à la face ventrale, de fines papilles pigmentées 
en jaune. Orifice de la trompe frangé de nombreuses papilles effilées. — 
2 paires de cirres tentaculaires subulés, les supérieurs un peu plus 
courts que les inférieurs. Au 2 e segment, un cirre ventral, un mamelon 
sétigère et des soies, mais pas de cirre dorsal. Cirres dorsaux moyens 
triangulaires, largement lancéolés, asymétriques, portés, par un long 
cirrophore (g), les antérieurs plus courts et plus larges, les postérieurs 
plus allongés (f). Mamelon sétigère bilobé. Cirres ventraux ovales, arqués, 
plus longs que le pied. — Soies à hampe faiblement dilatée et recourbée 
en croc à base entourée de petites dentelures, appendice ensiforme fine- 
ment strié (h). — 2 très petits cirres anaux ovales allongés. 

L. 15 à 30 cm., sur 6 à 10 mm. — Violet bleuâtre avec cirres jaune 
soufre. Dans l'alcool, jaune rougeàtre uniforme, à reflets irisés bleuâtres. 

Dans le sable, dragages côtiers. — Méditerranée (Naples, Monaco), Adria- 
tique. — Atlantique (?). 

G. LUGIA QcATREFAGES. 

Corps allongé. — Prostomium conique. 4 antennes, 2 yeux. Pas d'antenne 

ol 
impaire, ni de bouton occipital. 1 -f- S -rrp. — Trompe àpapilles. — l er segment 
• a ^ . 

distinct portant une paire de cirres tentaculaires filiformes. Au premier séti- 
gère : un cirre tentaculaire cylindrique, un mamelon sétigère, un cirre ventral 
foliacé. Cirres dorsaux et -ventraux foliacés. Parapodes uniramés. Soies com- 
posées. — 2 cirres anaux. 

L. pterophora (Ehxers). Fig. 63, i. — Quatrefages 1865, p. 152; Berg- 
strôm 191k, p. 184. — Eteone pterophora Ehlers 186k, p. 173, pi. vi, 
fig. 22-25. 

Corps allongé, environ 38 segments un peu plus larges que longs. — 
Prostomium piriforme, allongé, avec 2 yeux postérieurs. 4 antennes 
égales, allongées (63, i). — Trompe cylindrique garnie de petites papilles 
et couronnée de 12 papilles foliacées. — Une paire de cirres tentaculaires 
cylindriques au 1 er segment, distinct de la tête. Au 2 e segment, un cirre 
tentaculaire effilé semblable à celui du précédent, un mamelon sétigère 



POLYCHÈTES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 179 

et un cirre ventral foliacé. Les autres cirres dorsaux foliacés, larges, 
lancéolés, pointus. Cirres ventraux analogues mais plus petits. — Ma- 
melon sétigère. à lèvre supérieure aiguë. Soies composées, minces, 
renflées à l'articulation de la hampe, à long article- à bord entier. — 
Pygidium cylindrique, avec 2 cirres anaux foliacés. 
L. 5,5 mm. — Coloration verdàtre. 

Parmi les Algues vertes. — Méditerranée, Adriatique (Fiume, Trieste). 



G. PROTOMYSTIDES Czermawsry. 

Corps filiforme. — Prostomium allongé. 2 yeux. 4 antennes. Pas d'antenne 
impaire ni de bouton occipital. — 3 paires de cirres tentaculaires sur trois seg- 
ments distincts. Des soies et des cirres ventraux foliacés aux 2° et 3 8 segments 

1 1 

tentaculaires. 1 S + irr + S -r-;. Cirres dorsaux et ventraux foliacés. — Para- 

podes uniramés. Soies composées et, à maturité, de longues soies natatoires 
simples. Trompe à papilles molles, diffuses. — 2 cirres anaux. 

" P. bidentata (Langerhans). Fig'. 65, e-h. — Bergstrôm 1944, p. 184. — 
Mystides bidentata Langerhans 1880, p. 310, pi. xvii, fig. 46; Saint-Jo- 
seph 1888, p. 308, xin, fig. 183-185; Southern i914, p. 71, vm, fig. 17. 

Corps mince, allongé, jusqu'à près de 200 segments. — Prostomium 
plus long que large, renflé en mufle à l'extrémité. 2 yeux situés tout à fait 
en arrière, k petites antennes coniques (65, e). — Trompe couverte de 
papilles irrégulièrement distribuées. — Au 1 er segment, une paire de 
cirres tentaculaires cylindriques, de même longueur que les antennes; au 
2' segment, une paire de cirres tentaculaires cylindriques, des soies et un 
acicule, un cirre ventral ovale ; au 3 e segment, un cirre tentaculaire cylin- 

O \. Ci 1. 

drique, un mamelon sétigère et un cirre ventral ovale. 1 -f- S — ^-f- S — o. 

Aux segments suivants, un cirre dorsal foliacé, ovale, un cirre ventral 
plus petit et plus lancéolé, un parapode conique (f). — Soies composées 
à hampe légèrement arquée, renflée et bidentée, coupée obliquement et 
finement épineuse. Article terminal de longueur variable, effilé et finement 
pectine (g-h). A maturité, il s'y joint, en outre, de longues soies capillaires 
dans les segments renfermant des produits sexuels. — Deux longs cirres 
anaux renflés à la base, effilés à l'extrémité, et entre eux, une longue et 
mince papille. 

L. 5 à 25 mm. — Corps vert ou jaune-verdâtre ; à la face ventrale, une 
tache brune à la base de chaque pied. Cirres dorsaux verts. Œufs vert- 
émeraude. 

Dragages côtiers. — Atlantique (Madère, côtes d'Irlande); Manche (Dinard); 
Méditerranée (Cannes).' 



180 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



G. MYSTIDES Théel. 

Corpsallongé, de petite taille. — Prostomium allongé ou arrondi. 2 yeux. 4 anten- 
nes. Pas d'antenne impaire ni de bouton occipital. — 3 paires de cirres tentaculai- 

1 
res sur deux segments distincts. 1 + S -. Parapodes unirèmes. Cirres dorsaux 

et ventraux foliacés. — Soies composées et, à maturité, de longues soies nata- 
toires simples. — Trompe à papilles molles. — 2 cirres anaux. 

1. Un cirre dorsal au 3 e segment. Cirres tentaculaires tous cylindri- 
driques (fig. 65, a). (S. -G. Mystides s. str.) . M. borealis, p. 181 

— Pas de cirre dorsal au 3 e segment. Cirre tentaculaire du 2° seg- • 
ment foliacé (fig. 66, a). (S. -G. Pseudomystides) ...... 2. 

2. Cirres dorsaux fusiformes. Soies simples à large crête striée 
(fig. 66, g) M. elongata, p. 182 

— Cirres dorsaux oviformes (fig. 66 b). Soies simples, non élargies. 

M. limbata, p. 181 




Fig. 65. — Mystides borealis : a, partie antérieure X 80; b, région postérieure X 80; 
c, soies, face et profil x 500 (d'après Southern); d, 20° parapode (d'après Bergstrôm). 
— Protomystides bidentata : e, région antérieure (d'après Saint-Joseph) ; f, parapode 
moyen, avec soies natatoires x 100; g, soie composée X 400; h, soie ventrale 
X 400 (d'après Southern). 



POLYCHÈTES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 181 

M. borealis Théel. Fig. 65, a-d. — Théel 1879, p. 35, pi. h. fig. 29-32; 
Southern 1914, p. 72, vin, fig. 19; Bergstrom 191k, p. 176, iig. 177. 
M. caeca Langerhans 1879, p. 310, pi. xvi, fig. 42: Fauvel, 1913, p. 53. 

Corps petit et étroit. 38 à 48 sétigères. — Prostomium arrondi, plus 
large en arrière qu'en avant. Deux yeux noirs (disparaissant dans l'alcool). 
4 longues antennes filiformes insérées assez loin, du bord antérieur du 
prostomium (65, a). — Cirres tentaculaires renflés à la base, étirés à 
l'extrémité, très glandulaires, portés sur de courts cirrophores, une paire 
au 1" segment, deux paires au second qui porte en outre un petit para- 

pode avec acicule et soies : 1 -j- S -. Cirre tentaculaire ventral du 2 e seg- 
ment plus court que le dorsal. Un cirre dorsal au 3 e segment ( 1 ). Cirres 
dorsaux ovales ou arrondis, épais (d). Cirres ventraux ovales, épais, aplatis, 
un peu plus longs que le pied. — Parapodes coniques, faiblement bilabiés. 
Soies composées, à hampe faiblement renflée, très finement épineuse, 
bifide, à long et mince article terminal (c). — 2 grands cirres anaux ovales, 
renflés (b). Une papille anale. 

L. 2 à 10 mm. — Corps jaune brun ou jaune verdâtre avec cirres plus 
foncés. 

Sable argileux et sable coquillier. Dragages. 

Atlantique (Côtes d'Irlande, Madère) ; Méditerranée (Monaco) — Mers arcti- 
ques. 

M. (Pseudomystides) limbata Saint-Joseph. ( Fig. 66, a-c. — Mystides 
limbata Saint-Joseph 1888, p. 310, pi. xm, fig. 186-192; Gravier 189C>, 
passinifWi, iig. 1; Southern 1914, p. 72, vin, fig. 18. — Pseudomystides 
limbata Bergstbôm 191k, p. 185. 

Corps de petite taille, effilé aux deux extrémités. 40 à 90 sétigères. — 
Prostomium plus long que large, un peu renflé en mufle à l'extrémité. 
2 gros yeux rouges. 4 petites antennes cylindriques (66, a). — Trompe 
couverte de grosses papilles coniques et couronnée de 8-10 papilles termi- 
nales. — Au 1 er segment, une paire de cirres tentaculaires cylindriques. 
Au 2 e , deux paires de cirres tentaculaires, les dorsaux longs, cylindriques; 
les ventraux plus courts, aplatis, limbes comme ceux des Pterocirrus. 

1 
Entre les deux, un faisceau de fines soies. 1 -f- S j- Au 3 e segment, des soies 

composées et un cirre ventral foliacé, pas de cirre dorsal. Aux segments 
suivants, des cirres dorsaux oviformes, des cirres ventraux analogues, 
mais plus petits et un parapodes bifide (b). — Soies composées à hampe 
terminée par une grosse dent avec, de chaque côté, un faisceau d'épines 
en éventail (c). Article terminal ensiforme, pectine et strié obliquement. 
A maturité, les segments renfermant des produits sexuels portent, en 



(1) D'après Southfrx, il n'y aurait pas de cirre dorsal au 3" segment. 



182 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



outre, de longues et fines soies natatoires simples. — 2 cirres anaux ovoï- 
des et une papille anale. 
L. 6 à 10 mm. — Coloration brun clair. Œufs verts. 

Dragages côtiers sur fonds de coquilles et de Lithothamnion. 

Atlantique (Brest, Côtes d'Irlande); Manche (St-Vaasl-la-Hougue,Dinard). 

M. (Pseudomystides) elongata Southern. Fig. 66, d-g. — Mystides{Meso- 
mystides) elongata Southern 1914, p. 74, pi. v, fig. 12. 
Corps très long et très mince; au moins 80 sétigcres. — Prostomium 




Fig. 66. — Mystides (Pseudomyslides) limbata : a, région antérieure x 80 (d'après 
Gravier) ; b, parapode moyen x 150; c, soies composées X 400 (d'après Southern). 
— M. (Pseudomystides) elongata : d, région antérieure x 100 ; e, parapode antérieur 
X 150; f, parapode moyen x 150; g, soie simple et soies composées x 80 (d'après 
Southern). 



deux fois plus long que large, à bord antérieur arrondi. 2 yeux formés de 
taches de pigment allongées transversalement et situées aux angles laté- 
raux postérieurs. 4 longues et minces antennes partant du bord antérieur, 
les supérieures un peu plus longues que les ventrales (66, d). — Au 1 er 
segment, une paire de longs cirres tentaculaires effilés. Au 2 e , deux paires 
de cirres tentaculaires, les dorsaux un peu plus longs que ceux du 1 er seg- 
ment, les ventraux beaucoup plus courts et semblables à ceux des seg- 



POLYCHÈTES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 183 

O 1 

ments suivants. Pas de soies ni d'acicules au 2° segment. 1 + jj-î« Au 

3* segment, un lobe sétigère et des soies, un cirre ventral, mais pas de 
cirre dorsal. Aux segments suivants, des cirres dorsaux petits et fusi- 
formes, des cirres ventraux beaucoup plus longs, légèrement renflés à la 
base et insérés au milieu du mamelon sétigère (e, f). — Soies de 2 sortes : 
1° soies composées à hampe épaisse, recourbée, tronquée obliquement, 
mais non renflée à l'extrémité qui est bifide. Article court, élargi à la 
base, grossièrement strié et terminé en pointe fine; 2° à chaque pied, une 
soie simple se terminant par une expansion striée prolongée d'un côté en 
pointe fine (g). 

Taille dépassant 6 mm. — Coloration, jaune verdâtre ou vert foncé 
^dans l'alcool). Œufs bleu-verdâtre. 

Dragué sur fond de sable et de coquilles ou de fin gravier. 
Atlantique (Côtes d'Irlande, Clew Bay). 



S.-F. LOPADORHYNCHINAE. 

G. L0PAD0RHYNCH0S Gbube. 

Corps court, prostomium large. 2 yeux. 4 antennes. — 2 paires de cirres ten- 

taculaires bien développés et une troisième rudimentaire ou nulle f 1 + r~, \\ ) 

insérées sur un segment soudé au prostomium et dépourvu de soies. Aux pre- 
miers segments normaux, des soies simples, ensuite des soies simples et des 
soies composées. Cirres dorsaux et ventraux foliacés. Mamelon sétigère coni- 
que, uniaciculaire, avec lamelle arrondie. — Pygidium sans appendices. — 
Trompe inerme, avec 3 grosses glandes. 

1. Pas de cirres ventral aux 2 premiers sétigères (fig. 67, c). (S. -G. 
Lopadorhynchus s. str.) 2 

— Un cirre ventral aux 2 premiers sétigères (fig. 69, c). (S. -G. Prolo- 
padorhynchus) . . . • 4 

2. Les 2 premiers sétigères cylindriques très gros, à fortes soies re- 
courbées entourées d'une collerette (fig.67,b, c). L.uncinatus,p.l84 

— Premiers sétigères sans collerette (fig. 68, b) 3 

3. 2 premiers sétigèresplus gros que les suivants. L. Krohnii, p. 185 

— 3 premiers sétigères plus courts que les suivants. L. brevis, p. 184 

4. Cirres ventraux terminés par un long appendice filiforme 
(fig. 69, f). Rien que des soies composées aux-segments moyens. 
L. anDendiculfltus. n. 187 



184 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



— Cirres ventraux sans appendice filiforme. Quelques soies simples 
mélangées aux soies composées des segments moyens (fig. 68, g). 
L. nationalis, p. 186 

L. brevis Grube. Fig. 69, k. — Grube 1855, p. 100, pi. m, fig. 15; 
Kleinenberg 1886, p.- 21; Lo Bianco 1904, p. 52, xxvi, fig. 121. 

Corps allongé, aplati. — Prostomium coupé carrément en avant. 
2 yeux. — Les trois premiers parapodes sont spatules, épais, plus courts 
que les suivants, avec un petit cirre dorsal et pas de cirre ventral, sauf à 
l'état larvaire. Ils portent des soies simples. Les suivants se terminent en 
pointe émoussée et portent un cirre dorsal et un cirre ventral foliacés, 
des soies composées et 1-2 soies simples. 

L. 2 à 35 mm. — Transparent, brun olive avec des bandes transver- 
sales sombres et des taches à la base des pieds. 

Pélagique. — Méditerranée (Messine, Capri). 

L. uncinatus Fauvel. Fig. 67. — Fauvel 1915, p. 3, fig. 2; 1916 r 
p. 57, pi. i, fig. 2, 3, iv, fig. 4-14. 




Fig. 67. — Lopadorhynchus uncinatus : a, X 4; b, région antérieure, face dorsale et c, 
lace ventrale x 8; d, 3 e sétigère x 30; e, 19» sétigère x 30 ; f, crochet du 1" sé- 
tigère X 30 ; g, soie composée x 100. 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 185 

Corps divisé en 2 régions distinctes (67, a), 25 à 32 sétigères. — Pro- 
stomium plus large que long, arqué en avant. 4 antennes subulées, 
les inférieures moitié plus courtes. 2 yeux noirs, saillants. — 2 paires 
de cirres tentaculaires subégaux, atteignant le 2 e sétigère, et une 3 e paire 
réduite à un petit article conique inséré à la base de la 2" paire (b, c). — 
Trompe inerme. — Les deux premiers sétigères semblables l'un à l'autre, 
mais beaucoup plus gros que les suivants et dirigés en avant. Ils sont 
massifs, de section ovale ou circulaire, recourbés vers la face ventrale, 
à l'extrémité qui est obtuse et garnie d'une crête transparente sinueuse 
entourant les soies simples, très robustes, à double courbure, terminées 
en croc acéré brun foncé (f). Le cirre dorsal est petit, lancéolé. Pas de 
cirre ventral différencié. (Les deux parties de la collerette représentent 
sans doute la lamelle pédieuse et le cirre ventral modifiés.) — Les para- 
podes suivants, séparés par une profonde échancrure des deux premiers, 
sont plus petits et inclinés en arrière. Ils comprennent : un mamelon 
sétigère lancéolé, à acicule saillant, une large lamelle verticale arrondie, 
un cirre dorsal épais, lancéolé, un cirre ventral cylindroconique, terminé 
par une courte pointe mucronée, renfermant une volumineuse glande à 
orifice plissé débouchant sur la face postérieure (e). — Les soies, toutes 
composées, disposées en éventail, ont une hampe terminée en pointe avec 
encoche et un article en palette ovale finement denticulée sur un bord (g). 
Au 3 e sétigère, mélange de soies simples et composées (d). — Pygidium 
en bouton terminal. 

L. 9 à 20 mm. — Corps jaune pâle, avec une large bande longitudinale 
orangée; extrémité des parapodes violacée. Dans l'alcool, blanc jaunâtre 
moucheté de taches brunâtres étoilées. 

Pélagique. — Atlantique (Gibraltar) ; Méditerranée (Baléares, Monaco). 

L. Krohnii (Claparède). Fig. 68, a-d. — Kleinenbbrg 1886, p. 21, pi. 1, 
fig. 15; Reibisch 1895, p. 35: Bergstrôm 1914, p. 180, fig. 68. L. Viguieri 
Reibisch 1895, p. 35, pi. iv, fig. 4. — Hydrophanes Krohnii Claparède 
1810, p. 464, pi. xi, fig. 2;' Viguier 1886, p. 385, pi. xxn, fig. 1-10. 

Corps petit, court, aplati, jusqu'à 35 sétigères (68, a). — Prostomium 
arrondi, deux fois plus large que long. 2 yeux foncés, assez gros. 
4 antennes subulées, les inférieures un peu plus courtes. Organes nucaux 
saillants. — 2 paires de cirres tentaculaires seulement. Aux deux premiers 
sétigères, un gros mamelon pédieux plus grand que les suivants, robuste, 
cylindrique, terminé en pointe conique, pas de cirre ventral, sauf aux 
stades larvaires, un petit cirre dorsal ovale, un acicule et 5-6 fortes soies 
simples courbées en crochet (b). Parapodes suivants plus allongés, avec 
cirres dorsaux et ventraux ovales, comprimés. — Mamelon pédieux 
conique, bordé d'une lamelle arrondie transparente (c). Une soie simple 
ventrale et un faisceau en éventail de soies composées à hampe terminée 



186 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



dentelée sur le bord épais (d). Aux segments postérieurs, la soie simple 
peut manquer. Il y en a souvent plusieurs au 3 e sétigère. — Pygidium en 
bouton. 2 petits cirres renflés. — Trompe inerme, avec 3 longues poches 
glandulaires. 
L. 2 à 4 mm. — Incolore, transparent avec quelques taches foncées. 

Pélagique. — Atlantique (?); Méditerranée (Naples, Capri, Messine, Alger). 

a 




Fig. 68. — Lopadorhynchus Krohnii :a, face dorsale, grossie (d'après Claparède); b, 2 e 
parapode; c, 10» parapode (d'après Bergstbôm) ; d, soie X 350 (d'après Viguier). — 
L. nationalis : e, région antérieure, grossie ; i, 2° parapode ; g, 4° parapode ; h, para- 
pode moyen, grossi (d'après Reibisch et Bergstrôm); i, extrémité de la hampe des 
soies composées x 350. 

L. (Prolopadorhynchus) nationalis Reibisch. Fig. 68, e, i. — Lopado- 
rhynchus nationalis Reibisch 1895, p. 38, pi. m, fig. 10-15; Fauvel 1916, 
p. 53. — Prolopadoj-hynchus nationalis Bergstrôm 191k, p. 180, fig. 67. 

Corps large, aplati, environ 25 segments. — Prostomium arqué en 
avant, large et court. 2 légères protubérances oculaires souvent dépig- 
mentées. 4 antennes subulées, les inférieures moitié plus courtes. 2 paires 
de cirres tentaculaires allongés, subégaux et une 3 e réduite, de chaque 
côté, à un petit article conique (68, e). — Aux trois premiers séti- 
gères, parapodes plus gros, plus courts et plus épais que les suivants, 



POLYCHÈTES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 187 

avec cirres dorsaux piriformes et. cirres ventraux coniques ou subcylin- 
driques, épais, ne dépassant pas la lamelle parapodiale à laquelle ils sont 
plus ou moins soudés sur une partie de leur longueur (f) ; soies aciculaires 
simples, robustes, légèrement sigmoïdes. Au 4 e sétigère, soies supé- 
rieures composées, inférieures simples (g). A partir du 5 e sétigère, pieds 
tous semblables, à mamelon sétigère lancéolé soutenu par un acicule, 
bordé d'une lamelle arrondie ou ovale (h), un faisceau en éventail de soies 
composées à hampe terminée en pointe asymétrique (i) à large appendice 
en palette ovale, en outre, une ou deux soies aciculaires médianes et une 
ventrale. — Cirres dorsaux épais, un peu comprimés, mucronés, à pointe 
mousse. Cirres Ventraux coniques, trapus, avec orifice plissé d'une glande 
parapodiale s'ouvrant au voisinage de leur extrémité. — Pygidium en 
bouton avec 2 courts appendices. — Trompe inerme avec 3 longues 
poches glandulaires. 
L. 7 à 10 mm. — Transparent. 

Pélagique. — Atlantique, Méditerranée (Monaco). 

L. (Prolopadorhynchus) appendiculatus Southern. Fig. 69, a-i. — Lopa- 
dorhynchus appendiculatus Southern 1909, p. 7, pi. n, fig. 12-13; m, 
fig. 14-20; Facvel 1916, p. 55. — Prolopadorhynchus appendiculatus 
Bergstrôm 191k, p. 179, iig. 66. 

Corps large, aplati, 18 à 25 segments. — Prostomium arqué en avant, 
large et court. 2 protubérances oculaires souvent dépigmentées, 4 an- 
tennes subulées, les inférieures moitié plus courtes. 2 paires de cirres 
tentaculaires allongés, subégaux et une 3 e réduite de chaque côté à un 
petit article conique rudimentaire(69,a,b). — Aux deux premiers sétigères, 
parapodes plus gros, plus massifs que les suivants, avec cirres dorsaux 
piriformes et cirres ventraux analogues dépassant à peine la lamelle para- 
podiale, assez courte (c), et rien que des soies simples aciculaires, sig- 
moïdes, à peine saillantes (i). Au 3 e sétigère, nombreuses soies compo- 
sées et quelques soies simples (69, a). — A partir du 4" sétigère, pieds tous 
semblables, à mamelon pédieux lancéolé, soutenu par un acicule, bordé 
d'une lamelle arrondie ou ovale (e) ; un faisceau en éventail de soies com- 
posées à hampe terminée en pointe asymétrique de forme variable, à 
appendice en large palette nettement dentelée sur un bord (g); pas de 
soies simples. Cirres dorsaux épais , aplatis, mucronés. Cirres ventraux 
très épais, piriformes ou coniques, terminés en long appendice filiforme 
avec orifice plissé d'une glande parapodiale à la base de l'appendice (f). 
— Pygidium en bouton. — Trompe inerme. 

L. 4 à 13 mm. — Incolore avec des chromatoblastes pourpre foncé 
disséminés sur les parapodes et parfois sur le corps. 

Pélagique. — Atlantique (Côtes d'Irlande, Gibraltar) ; Méditerranée (Monaco). 



188 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 




Fio. 69. — Lopadorhynchus appendiculatus : a, région antérieure, face dorsale ; b, 
face ventrale, grossie; c, 1 er parapode; d, 3" parapode; e, 7" parapode; f, extrémité 
du cirre ventral du 13" parapode, très grossie ; g, soie composée ; h, articulation ; i, 
soie simple du 1" pied (d'après Southern). — L. brevis : k, face dorsale x 60 (d'après 
Lo Bianco). _ 



G. PEDINOSOMA Reibisch. 



4 antennes, pas de palpes. — 2 paires de cirres tentaculaires sur un seul 

1 
segment soudé au prostomium et dépourvu de soies. O -. — Parapodes sui- 
vants avec cirre dorsal arrondi, cirre ventral cylindrique, mamelon sétigère 
conique bilabié. — Soies toutes composées. — Pygidium sans appendices. — 
Trompe inerme. 

P. curtum Reibisch. Fig. 70, c-f. — Reibisch 1895, p. 27, pi. n, fig. 17, 
m, fig. 1-4; Lo Bianco, 190k, p. 52, pi. xxi, fig. 122; Bergstrôm 191k, 
p. 177, fig. 65; Fauvel 1916, p. 64. 

Corps très petit, court, 10-12 segments (70, c). Prostomium arrondi, 
court, large, soudé au segment tentaculaire. 4 petites antennes subulées, 
subégales. Yeux rudimentaires. 2 organes nucaux saillants eu bouton 
cilié. — 2 paires de cirres tentaculaires, longs, subulés, sans soies, 
insérés sur le 2 e segment et portés par de courts cirrophores (d). — 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 



189 



Trompe ovoïde, sans papilles au bord antérieur, avec3longaes glandes, 
une dorsale et 2 latérales plus courtes. — Cirres dorsaux épais, aplatis, 
arrondis. Cirres ventraux cylindriques, très longs (e). — Parapodes 
coniques, avec une grande lèvre lancéolée, un acicule et des soies com- 
posées à article terminal long et très mince (f). Pas de cirres anaux dis- 
tincts. 
L. 1 à 2 mm. — Décoloré dans l'alcool. 

Pélagique. — Atlantique, Méditerranée (Capri). 
G. MAUPASIA Viguier. 



'» antennes, 3 paires de cirres tentaculaires, une dorsale et une ventrale sur 
le premier segment, soudé au prostomium et pourvu d'acicules et de soies. Au 
2° segment, une paire de cirres tentaculaires, un mamelon sétigère et un cirre 

ventral court. S ■—; + S -^-jj. — Parapodes uniramés. Cirres dorsaux foliacés 



al 



aN' 





Jfe ^~~^ 




Fig. 70. — Maupasia isochaeta : a, face dorsale X 25 (d'après Lo Bianco) ; b, région 
antérieure x 100 (d'après Reibisch). — Pedinosoma curtum : c, face ventrale x40j 
d, région antérieure x (iO (d'après Reibisch) ; e, parapode, grossi (d'après Bergstrôm) ; 
f, soie X 350. 



190 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETKS ERRANTES 

ou cylindriques, cirres ventraux coniques. Soies toutes composées. — Pygidium 
à appendices rudimentaires. — Trompe inerme.. 

1 . Cirres dorsaux cylindriques (fig. 70, b) . .M. isochaeta, p. 190 

— Cirres dorsaux foliacés (fig. 71, c) 2 

2. Cirres tentaculaires du 2 e segment beaucoup plus longs que ceux 

du 1 er . Cirres ventraux obtus (fig. 71, e). . . M. magna, p. 191 

— Cirres tentaculaires du 2<= segment un peu plus longs que ceux du 

1 er (fig. 71, b). Cirres ventraux subulés ... M. caeca, p. 190 

M. isochaeta (Reibisch). Fig. 70, a-b. — Bergstrôm 1914, p. 91. — 
Haliplanes isochaeta Reirisch 1895, p. 26, pi. n, fig. 14. Lo Bianco 
IWi, p. 52, pi. xxxi, fig. 123. 

Corps assez long à peine atténué antérieurement (70, a), 11 à 17 seg- 
ments. — Prostomium conique, arrondi en avant, sans yeux; organes 
nucaux saillants, lobés. 4 antennes filiformes, subégales. — 1 er segment 
tentaculaire non distinct du prostomium, portant 2 paires de cirres ten- 
taculaires subulés, subégaux, séparés par un mamelon sétigère bien déve- 
loppé avec 3-4 courtes soies composées (b). 2 e segment tentaculaire 
distinct, avec une paire de grands cirres dorsaux atteignant le 5 e sétigère 
et insérés sur des cirrophores, des cirres ventraux petits et ovales et un 
mamelon sétigère bien développé. — Parapodes suivants robustes. Cirres 
dorsaux épais, cylindriques, obtus. Cirres ventraux plus petits et ovales. 
Mamelons sétigères coniques. Soies toutes composées, minces et de 
même taille. — Pygidium avec 2 courts cirres anaux en bouton. 

L. 1 à 2,5 mm. — Coloration? 

Pélagique. — Atlantique, Méditerranée (Capri). 

M. caeca Viguier. Fig. 71, a-d. — Viguier 1886, p. 382, pi. xxi, fig. 14- 
20; Fauvel 1916, p. 63. — M. c. var. atlantica Southern 1909, p. 4, pi. i, 
fig. 4-5. 

Corps court et assez large (71, a), environ 15 segments. — Prostomium 
conique, sans yeux, organes nucaux saillants, lobés. 4 antennes subulées, 
subégales, assez longues, 2 dorsales et 2 ventrales (b). — Trompe robuste, 
inerme. — 1 er segment tentaculaire non distinct du prostomium, portant 
2 paires de cirres tentaculaires allongés, subégaux, séparés par un mame- 
lon sétigère très réduit avec un acicule et 2-3 soies composées. 2 e segment 
tentaculaire distinct avec une paire de cirres dorsaux un peu plus longs 
que les précédents, un mamelon sétigère et un cirre ventral très court. — 
Parapodes suivants bien développés, à cirres dorsaux cordiformes, à 
cirres ventraux allongés, rétrécis à la pointe et dépassant lé mamelon 
pédieux lancéolé à acicule saillant (c). Soies toutes composées plus ou 
moins fortement hétérogomphes (d), à article terminal grêle et lisse. — 
Pygidium avec deux courts cirres anaux rudimentaires. 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 



191 



L. 3 à 5 mm. — Finement ponctué de brun brunâtre. Intestin rouge 
' brun. Trompe incolore. 

Pélagique. — Atlantique (golfe de Gascogne, côtes d'Irlande); Méditerranée 
(Alger). 

Nota. Lavar. atlantica ne se distinguerait que parla hampe des soies plus 
fortement hétérogomphe. 




Fig. 71. — Maupasia caeca : a, face dorsale X 8; b. extrémité antérieure x 25 
(d'après Viguier); c, parapode (d'après Berostromi. — Var. atlantica : d, soies com- 
posées (d'après Southern). — M. magna : e, région antérieure, grossie; t, parapode ; 
g, soies (d'après Southern). 

M. magna (SotjthernI. Fig. 71 e-g. — Haliplanes magna Southern 
1900, p. 5, pi. i, fig. 6. ii, fig. 7-11. — Maupasia magna Bergstrom 1914, 
p. 174, fig. 63. 

Corps court et large, 25 segments. — Prostomium arrondi en avant, 
sans yeux, organes nucaux en bourrelet. 4 antennes subulées, les dorsales 
un peu plus longues que les ventrales. — 2 paires de cirres tentaculaires 
allongés au 1" segment, insérés sur des cirrophores, les dorsaux plus 
longs et plus épais que les ventraux. Entre les deux, un petit mamelon 
sétigère avec acicule et soies composées. Cirres tentaculaires dorsaux du 
2 e segment très longs, atteignant le 8 e sétigère (e); cirres ventraux courts, 



192 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

mamelon sétigère plus développé. — Aux parapodes suivants, des cirres 
dorsaux lancéolés, obtus (f) , des cirres ventraux coniques, des mamelons 
sétigères lancéolés, pointus, avec un acicule saillant et des soies compo- 
sées à hampe légèrement arquée un peu renflée à l'articulation à dent 
saillante (g), article terminal long et mince. — Anus ventral. Pygidium 
légèrement bilobé. 

L. 3,6 mm. — Brun jaunâtre pâle, dans l'alcool. 

Pélagique. — Atlantique (côtes d'Irlande). 



G. PELAGOBIA Greeff. 

Quatre antennes, pas de palpes, 2 paires de cirres tentaculaires, une dor- 

o 1 
sale et une ventrale sur le même segment distinct portant des soies. S — -. Cirre 

dorsal du segment suivant réduit. — Parapodes uniramés. Cirres dorsaux et 
ventraux digitiformes, allongés. Mamelons sétigères avec 1 acicule et des soies 
composées à article denticulé. — Pygidium avec 2 cirres anaux. — Trompe 
lisse, à nombreuses petites glandes. 

1. 2 yeux. Hampe des soies avec 12-20 denticulations très fines, 
article terminal limbe (fig. 72, c). . . . P. longicirrata, p. 192 

— Pas d'yeux. Hampe des soies avec 12-14 grosses denticulations, 
article terminal non limbe (fig. 72, d). . . P. serrata, p. 193 

P. longicirrata Gbeeff. Fig. 72, a-c. — Greeff 1879, p. 247, pi. xiv, 
fig. 23-23; Viguier 1886, p. 377, pi. xxi, fig. 1-13; Reibisch 1895, 
p. 21, pi. ii, fig. 1-9; Fauvel 1916, p. 61, pi. i, fig. 6-7. 

Corps petit, élargi au milieu, pas très long, 15 à 24 segments. — 
Prostomium en cône tronqué "antérieurement. 2 yeux. 4 antennes fili- 
formes, 2 dorsales et 2 ventrales (72, a). — Trompe inerme, cylindrique, 
à bord antérieur renflé, pourvue de glandes longitudinales. — 2 paires 
de longs cirres tentaculaires subulés, subégaux, avec petit mamelon séti- 
gère à soies courtes.- Pas de cirre dorsal au 2 e sétigère. — Aux segments 
suivants, parapodes bien développés à longs cirres dorsaux digitiformes, 
le ventral un peu plus court (b). Mamelon sétigère conique, avec un 
gros acicule et de nombreuses soies composées à hampe portant 12-20 
denticulations très fines, visibles seulement à un fort grossissement. 
Article terminal à tranchant largement dentelé et portant au dos un limbe 
assez large (c). — Pygidium avec 2 courts cirres anaux coniques ou- renflés 
et une couronne de cils vibratiles. 

L. 3 à 8 mm. — Incolore, transparent, ou rouge orangé, ou rouge 
foncé, sur le vivant. 

Pélagique. — Atlantique (côtes du Portugal, Irlande); Méditerranée (Alger, 
Calvi). 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 



193 



P. serrata Southern. Fig. 72, d. — Southern 1909, p. 3, pi. i, fig. 2-3; 
Fauvel 1916, p. 62. 

Corps de petite taille. — Prostomium arrondi. Pas d'yeux. 4 antennes 
subulées. — Trompe inerme, cylindrique, portant antérieurement deux 
masses latérales glandulaires foncées. — 2 paires de longs cirres tenta- 
culaires subulés, accompagnés de quelques soies. Pas de cirre dorsal 
au 2 sétigère. Aux segments suivants, des cirres dorsaux et ventraux 
très allongés. — Soies composées plus courtes et plus minces que celles 
de P. longicirrata. La hampe porte 12-14 dents bien marquées. L'article 
terminal est presque droit, finement dentelé et dépourvu de limbe (72, i)'. 

L. 3-5 mm. — Incolore, avec une légère teinte jaune à la base du 
1 er parapode. 

Pélagique. — Atlantique {côtes d'Irlande) ; Méditerranée (Monaco). 




Pelagobia longicirrata : a, région antérieure X 35 (d'après ItEiBrscii); b)' 
2; C, soie X 4â0 (d'après Southf.iw) — P. serrata: à, soie x l'£> Ul'après 



Fig. 72. — 
parapode; c, soie x 4â0 (d'après Southf.iw) — P. serrata: d, soie x fol) Ul'après 
Soltheiin). — lospilus phalacroïdcs : e, extrémité antérieure X' 75 (d'après Viguier. 
— Phalacrophorus pictus : I, partie antérieure x 80. — Ph. uniformis : g, région 
antérieure X 80; h, trompe dévaginée x 80 (d'après Reibisch). 



194 FAUNE DE FRANCE. — POLÏCHÈTES ERRANTES 



S.-F. IQSPILWAE. 



G. IOSPILUS Viguier. 



Pas d'antennes, 2 très petits palpes, 2 yeux. — 2 paires de cirres tentacu- 
laires, un parapode rudimentaire au2 e tentaculaire. Les deux sétigères suivants 
sans cirres dorsaux et ventraux. A partir du 5 e segment, des cirres dorsaux 
et ventraux foliacés, un acicule et des soies composées. — Trompe inerme. 

I. phalacroïdes Viguier. Fig. 72, e. — Viguier 1886, p. 392, pi. xxm, 
fig. 1-6 : Le Bianco 190k, p. 53, pi. xxxn, fig. 125 : Fauvel 1916, p. 53. 

Corps petit, cylindrique, un peu renflé antérieurement, environ 20 seg- 
ments. Prostomium arrondi en avant, plus large que long, 2 yeux posté- 
rieurs. 2 très petits palpes coniques insérés à la face ventrale, de part et 
d'autre de la bouche subterminalè. — Trompe robuste, évasée, inerme. — 
1 er et 2 e segments soudés en un anneau presque aussi long que les deux 
suivants et portant, près de son bord antérieur, une paire de petits cirres 
tentaculaires subulés. La 2 e paire, presque deux fois plus longue, est 
située plus en arrière et accompagnée d'un petit mamelon sétigère à 
2 soies. Les deux segments suivants portent chacun de courts mamelons 
se'tigères avec un rudiment de cirre ventral, mais pas de cirre dorsal. 
Ensuite, les parapodes s'accroissent rapidement jusque vers le 10 e et por- 
tent des cirres dorsaux et ventraux larges et foliacés et un mamelon séti- 
gène bilobé avec un acicule et des soies composées à long article ter- 
minal. — Pygidium arrondi, étranglé, sans appendices. 

L. 2 à 3 mm. — Violet pâle avec des corpuscules étoiles violet sombre 
ou rouge sombre. Œufs violâtres. 

Pélagique et bathypélagique. —Atlantique (Madère, Canaries); Méditerra- 
née (Alger, Naples). 

• G. PARIOSPILUS Viguier. 

Pas d'antennes, 2 palpes, 2 yeux. — 2 paires de cirres tentaculaires. 2 soies, 
mais pas de parapode, au 2 e tentaculaire. — Des cirres dorsaux et ventraux 
rudimentaires au 3 e et 4" segment, bien développés à partir du 5*. Soies com- 
posées. — Trompe inerme. 

P, affînis Viguier. Fig. 73, a-e. —Viguier, 1911, p. 250; 1920, p. 259, 
pi. in. 

Corps petit, cylindrique, un peu atténué en avant, 20 à 23 segments. 



POLYCHETES ERRANTES. 



PHYLLODOCfDAS 



195 



— Prostomium arrondi en avant, plus large que long, 2 yeux postérieurs 
avec cristallin, 2 palpes subulés insérés à la face ventrale, de part et 
d'autre de la bouche, 2 fossette nucales (73, a, b). — Trompe ovoïde, évasée 
à l'ouverture, inerme (c). 1 er et 2° segments soudés en un anneau un peu 
plus long que le suivant et portant, près de son bord antérieur, une 
paire de cirres tentaculaires subulés. La 2 e paire, un peu plus longue, est 
située plus en arrière et accompagnée de deux soies sans mamelon séti- 
gère. Les deux segments suivants portent chacun un mamelon sétigère 
et des cirres dorsaux et ventraux. Les rames et les cirres accroissent 
graduellement leur taille jusqu'au 12 e ou 13 e segment. — Mamelons séti- 
gères coniques avec acicule saillant (d) et jusqu'à 24 soies composées .à 
hampe tronquée obliquement et à long article grêle (e). Pygidium renflé 
en bouton, sans appendices. 

L. 2 à 3 mm. — Coloration plutôt rouge, avec cellules étoilées plus 
foncées, une ceinture pigmentée au pygidium. 

Pélagique. — Méditerranée (Alger). 




Fio. 73. — Pariospilus af finis : a, extrémité antérieure, grossie; b, tête x 60; c, 
trompe x 50 ; djmamelon pèdieux, vu d'en dessous x 150 ; e, soie et articulation 
de la hampe x 300 et 1 .200 (d'après Viguier). — Ponlodora pelagica : f, trompe X 00 ; 
g, extrémité antérieure x 80 ; h, extrémité postérieure X 80 ; i, articulation de la 

- serpe, face et profil x 800 (d'après Viguier) ; k, parapode x 50 (d'après Greeffj. 



196 FAUNE DE FRANCE. — POI/TCHETES ERRANTES 



G. PHALACROPHORUS Greeff. 

Pas d'antennes, 2 petits palpes très courts, 2 paires de cirres tentaculaires, 
un parapode rudimentaire au 2 e tentaculaire. — Parapodes augmentant de taille 
jusqu'au milieu du corps. Cirres dorsaux et ventraux petits, arrondis. Soies 
composées à appendice lisse. — Pygidium avec une couronne ciliée. — Trompe 
armée de deux jobustes crochets. 

i. 4 premiers sétigères rudimentaires (fig. 72, f). P. pictus, p. 196 
— 8-10 premiers sétigères très petits (fig.,72 g.). P. uniformis, p. 196 ■ 

P. pictus Greeff. Fig. 72 f. — Greeff 1879, p. 249, pi. xiv, fig. 26- 
30; Vigtjier 1886, p. 395, pi. xxui, fig. 7-18; Reibisch 1895, p. .10, pi. i, 
fig. 4-7; Fauvel 1916, p. 52.' 

Corps petit, cylindrique, 20 à 30 segments. — Prostomium arrondi en 
avant, avec 4 très petits tubercules ciliés et 2 yeux. 2 très petits palpes 
renflés insérés à la face ventrale de chaque côté de la bouche (72, f.). 
— Trompe robuste, évasée, à 10 lobes terminaux, armée de 2 longs crocs 
chitineux canaliculés. — 1 er et 2 e segments soudés en un anneau portant 
2 paires de cirres tentaculaires;' la première très petite, la 2 e trois fois 
plus longue et accompagnée d'un petit mamelon sétigère. Les" deux 
segments suivants portent chacun un mamelon sétigère avec 1-2 soies, 
sans cirres. A partir du 4 e sétigère, les parapodes sont bien développés, 
avec cirres dorsaux et ventraux plus courts que le mamelon. Longues 
soies composées à mince article terminal. — Pygidium arrondi sans 
appendices, avec une couronne vibratile. 

i. 3 à 6 mm. — Transparent, avec ponctuations rouge-orange ou 
brun foncé. 

Pélagique. — Atlantique (Gibraltar); Méditerranée (Alger, Naples). 

P. uniformis Reibisch. Fig. 72, g, h.. — Reibisch 1895, p. 15, pi. i, 
fig. 10-16; Fatjvel 1916, p. 53. 

Corps cylindrique, étroit, environ 60 segments. Prostomium arrondi, 
plus large que long. 2 yeux. 2 très petits palpes. — Trompe robuste, 
évasée, bordée de papilles arrondies, armée de 2 longs crocs chitineux 
(72, h), 1 er et 2 e segments soudés en un anneau portant 2 paires de cirres 
tentaculaires assez rapprochées, l'antérieure plus courte, la postérieure 
accompagnée d'un petit mamelon sétigère. Les deux segments suivants 
portent chacun un mamelon sétigère à 1-2 soies, sans cirres. Du 5 e au 
10 e sétigère, parapodes avec cirres dorsaux et> ventraux arrondis, mais 
très petits et s'accroissant progressivement jusqu'aux 12 e -16 e qui sont 
bien développés (g).. Soies composées à long et mince article terminal. — 
Pygidium en bouton, sans appendices. 



POLYCHETES ERRANTES. — PHYLLODOCIDAE 197 

L. 10 mm. — Transparent avec taches pigmentaires rougeâtres à la 
base des parapodes. 

Pélagique. — Atlantique. 



S.- F. PONTODORINAE 

G. P0NT0D0RA. Greeff. v 

Pélagique, de petite taille, segments peu nombreux. — Tête fusionnée avec 
le 1 er segment. Une paire d'antennes, 2 paires de cirres tentaculaires ('). — * 
Pas de cirre dorsal au l or sétigère. Parapodes uniramés à mamelon sétigère 
cirriforme. Cirres dorsaux et ventraux glandulaires. Soies composées. — 
Trompe ovoïde garnie de longues papilles. 

P. pelagica Greeff. Fig. 73, f-k. — Greeff 1879, p. 245, pi. xiv, 
fig. 19-22; Viguier 1886, p. 388, pi. xxn, fig. 11-19; Viguier 1020, 
p. 256, pi. i, fig. 4-6. 

Corps très petit, court, relativement large, 9 a 18 sétigères. — Prosto- 
mium arrondi, fusionné avec le segment suivant, portant à son bord 
antérieur deux légères saillies et une paire de longues antennes filiformes 
à la base desquelles se trouvent les deux yeux (73, g). 2 organes nucaux 
en forme de bouton saillant. — Trompe globuleuse, épaisse, musculeuse 
couronnée d'une rangée de papilles courtes, sphériques, en outre elle porte 
4 verticilles de 6 à 12 longues papilles effilées (f). — 2 paires de longs 
cirres tentaculaires cylindriques, un peu renflés à la base, la 1" de chaque 
côté de la bouche (palpes?), la 2 e plus en arrière. Pas de cirre dorsal au 
1 er sétigère. Aux segments suivants, un très long mamelon pédieux cirri- 
forme soutenu par un acicule, un cirre dorsal et un cirre ventral ovoïdes, 
glandulaires, subégaux, et 3 organes vibratiles en forme de bouton pédi- 
cule (k). Soies composées à forte hampe, à serpe grêle, denticulée (i). — 
2 cirres anaux cylindriques (h). 
L. 1 à 1,6 mm. — Transparent avec des ponctuations orange 

Pélagique. — Atlantique (Canaries); Méditerranée (Alger, Baie do Naples). 



S.-F. LACYDON1INAE 



G. LACYDONIA Marion et Bobretzky. 

Tête munie de 4 petits appendices antérieurs (antennes). Anneau buccal 
pourvu d'une seule paire de cirres tentaculaires très petits. — Cirres dorsaux 

■ (!) D'après Viguier, la 1" paire de cirres tentaculaires représenterait des palpes très allongés. 



198' FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

et cirres ventraux pinniformes. Pieds des trois premiers segments sétigères - 
uniramés. Pieds des anneaux suivants garnis d'une rame dorsale de soies 
simples et d'une rame ventrale de soies composées. — Trompe inerme,' relati- 
vement courte et située entre deux organes sécréteurs très compliqués. 

L. miranda Marion et Bobretzky. Fig. 74. a-d. — Marion 1875, p. 57, 
pi. vu, fig-. 17, pi. vin, fig. 17; Saint-Joseph 1888, p. 314, 1006, p. 227; 
Southern 1914, p. 64. 

Corps rond, un peu épais, 34 à 39 sétigères. — Prostomium plus large 
que long, arrondi ou tronqué antérieurement, 2 yeux postérieurs et deux ■ 
grandes fossettes vibratiles. 4 petites antennes fusiformes ou ovoïdes, 
'ciliées (a). — Trompe cylindrique à sillons longitudinaux, portant autour 
de son ouverture 10 à 24 longues papilles molles; elle est suivie d'un 
proventricule (du 4 e au 6 e sétigère) en rapport avec 2 poches glandu- 
laires, un réseau de canaux chitineux et des lames pectinées. — 1 er seg- 
ment apode et achète, avec une paire de cirres tentaculaires ovoïdes plus 
petits que les antennes. Aux trois segments suivants, un cirre dorsal 
pinniforme, presque lamelleux, un cirre ventral semblable, mais plus 
petit et un mamelon sétigère conique, avec une seule rame de soies 
composées à longue serpe. — Parapodes suivants biramés, à rames 
écartées, l'inférieure plus longue (b). Soies dorsales simples, pectinées; 
ventrales composées, à longue serpe mince (dj. — 3-4 cirres anaux. 

L. 4 à 5 mm. — Jaunâtre, avec une raie verte transversale en haut 
et en bas de chaque segment. 

Dragages côtiers, fonds de vase et Bryozoaires, ou d'Algues calcaires. 
Atlantique (Irlande); Manche (Dinard); Méditerranée (Marseille, Cannes). 



G. PARALACYDONIA Fauvel. 

Prostomium à 4 petits appendices antérieurs. — Segment buccal achète et 
sans cirres tentaculaires. Premiersegment sétigère uniramé. Segments suivants 
biramés, à rames écartées. Un cirre dorsal et un cirre ventral non foliacés. 
Soies dorsales simples, soies ventrales composées. — Trompe inerme. 

P. paradoxa Fauvel. Fig. 74, e-i. — Fauvel 1913, p. 54, fig. 55; 
1.914, p. 118, pi. vu, fig. 1-9. 

Corps allongé, un peu aplati, de section presque rectangulaire, seg- 
ments bi-annelés, sauf les premiers. — Prostomium conique, avec 
4 petits appendices antérieurs subégaux, bi-articulés. Pas d'yeux (74. e). 
— Trompe inerme, proventricule musculeux, cylindrique, s'étendant 
du 5 e au 12 e sétigère, environ. Segment buccal dépourvu de soies et 
d'appendices. Bouche ventrale en entonnoir. — 1" segment sétigère uni- 
ramé, avec un seul faisceau de soies, un cirre dorsal et un cirre ventral. 
Segments suivants biramés, à rames très écartées, ciliées; l'inférieure 



P0LYCHÈTE9 ERRANTES — • PHYLLOD0CIDAE 



199 




Fin. 74. — Lacydonia miranda : a, répion antérieure, face dorsale X 50; b, parapode ; 
C, soie simple; d, soie composée ventrale (d'après Marion). — Paralacydonia para- 
doxa : e, région antérieure, face dorsale x 50; f, parapode moyen x80; g, soie 
dorsale simple x 350 ; h, soie ventrale composée et i, articulation, de face x 350. 



plus longue que la supérieure (f). A la rame dorsale, un petit cirre conique 
2 courtes lèvres, un grand mamelon conique et un faisceau *de soies 
simples (g). A la rame ventrale, un grand mamelonjtriangulaire, 2 lèvres 
courtes, un cirre ventral cylindrique, un faisceau de soies composées 
hétérogomphes (h) et 1-2 soies simples. 
L. 8 à 20 mm. — Décoloré dans l'alcool. 

Dragages côtiers, fonds de sable, gravier el coquilles brisées. 
Méditerranée (Monaco). 

Phyllodocidae incertae sedis. 

Myriana longissima Savigny 1820, p. 41. La Rochelle. Semble être une Pliyl- 
lodoce. 

Anaïtis Jeffreysii Me' Isïtosu 1908, p. 73, pi. lviii, fig. 7. Côtes d'Irlande. 
(D'après Bêrgstrôm, cette espèce ne rentre pas dans le sous-genre Anaïtis dont 
elle n'a pas la tête caractéristique. La trompe est inconnue). 

A. peremptûria Claparède 1870, p. 95, pi. IX, fig. 6. Naples. (Probablement 
une forme jeune de Phyllodoce spec. ind.). 



200 . FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Phyllodoce breviremis Quatrefages 1865, p. 133. Guéthary. 

Ph. modesta Quatrefages 1865, p. 134. 

Eulalia saxicola Quatrefages 1865, p. 119. Chausey. (Semble être une Ph. 
laminosa dont l'auteur a pris le bouton occipital pour une antenne impaire.) - 

E. imposai Audouin et Milne-Edwards. Quatrefages 1865, p. 121. La Rochelle. 

Eteone Geoffroyi Aud. et Edw. Quatrefages 1865, p. 148. S'-Malo, la Ro- 
chelle. (Semble voisin d'E. picta.) 



F. ALCIOPIDAE Ehlers. 

(Alciopiens.) 

Annélides pélagiques à corps allongé, transparent. — Prostomium peu déve- 
loppé flanqué de deux yeux sphériques volumineux, rouge vif, à cristallin glo- 
buleux. Ordinairement 5 antennes courtes et simples. — Trompe exsertile 
garnie de papilles à l'ouverture et souvent armée de 2 longues papilles cirri- 
formes latérales; rarement des denticules cornés. 3 à 5 paires de cirres tenta- 
culaires. — Parapodes uniramés à cirres dorsaux et ventraux foliacés. Mame- 
lons sétigères allongés. Soies simples ou composées. Des glandes segmentaires 
dorsales fortement pigmentées, à la base des parapodes. — Chez les 9 > les 
cirres dorsaux d'une ou plusieurs paires de parapodes antérieurs sont parfois 
modifiés en volumineuses poches séminales. — Pygidium avec 1 ou 2 urites. 
— Parfois des papilles néphridiennes volumineuses à un certain nombre de 
segments. 

Remarques. — Les Alciopiens peuvent être considérés comme des Phyllodo- 
ciens pélagiques, dont ils ne seraient qu'une sous-famille, d'après plusieurs 
auteurs. Ehlers et Apstein en ont fait, cependant, avec raison à mon sens, une 
famille distincte dont les deux caractères les plus frappants sont la transpa- 
rence extrême du corps et l'énorme développement des deux yeux rouges, sphé- 
riques à cristallin globuleux, possédant l'organisation la plus élevée que l'on 
rencontre chez les Invertébrés. Le prostomium,' coincé entre ces deux yeux, est 
très réduit. Claparède et Greeff divisaient les Alciopiens en deux grands groupes, 
suivant que le prostomium dépasse ou non les yeux. Apstein a montré depuis 
le peu de valeur de ce caractère qui varie beaucoup avec le développement et 
la taille des individus et aussi, sans doute, avec l'état de contraction déterminé 
par la fixation. 

Les antennes sont normalement au nombre de 5, mais la médiane est souvent 
réduite à un simple tubercule ou parfois à une sorte de carène (Corynocephalus). 

La trompe exsertile est bordée à l'ouverture de papilles assez basses, parfois 
égales, mais souvent les deux papilles latérales, beaucoup plus longues que 
les autres, forment comme deux grands crocs aigus (Fangorgane). Sauf chez 
Y Asterope, qui présente de petits denticules cornés, la trompe est inerme. 

Les cirres tentaculaires sont au nombre de 3 à 5 paires, réparties sur deux 



POLYCHETES EMUMES. — ALCIOPIDAE 201 

ou trois segments. La première paire, toujours isolée, est portée par le l 8r seg- 
ment et lorsque l'animal est un peu contracté elle se trouve ramenée sous les 
yeux, d'où le nom de cirres oculaires (Augencirren) que leur donnait Hebing. 
Les autres sont ordinairement au nombre de 2 paires par segment et repré- 
sentent les cirres dorsaux et ventraux de ces segments. Parfois, en effet, chez 
les jeunes, on trouve une ou deux soies entre ces deux cirres tentaculaires. 
Chez les Alciopa, Asterope, Vanadis, les cirres tentaculaires sont suivis de 
quelques parapodes rudimentaires beaucoup plus petits que les suivants et 
réduits aux cirres dorsal et ventral et à un petit mamelon soutenu par un aci- 
cule, mais généralement dépourvu de soies. Chez les Q, les cirres dorsaux 
d'une ou plusieurs paires de ces parapodes rudimentaires sont transformés en 
volumineuses poches séminales globuleuses bourrées de sperme. 

A chaque segment, sauf parfois aux antérieurs, on remarque une volumineuse 
glande segmentaire fortement pigmentée et plus ou moins saillante au-dessus 
de la base du parapode. 

Les glandes génitales et les papilles néphridiennes parfois volumineuses font 
aussi souvent saillie sous un certain nombre de parapodes chez les cf. 

Les soies capillaires, simples, ou composées, sont toujours longues et très 
fines. Il peut s'y joindre des soies aciculaires simples ou composées. Quand 
elles existent, elles sont toujours plus nombreuses aux segments antérieurs et 
disparaissent ou se réduisent à une dans la région postérieure, 

Tableau des genres 
(d'après Apstein). 

1 . Une seule sorte de soies 2 

— Plusieurs sortes de soies 4 

2.. Soies capillaires simples (fîg. 76, c). . . . G. Alciopa, p. 203 

— Soies composées à article terminal en fine arête (fig. 75, d). . 3 

3. Parapode avec un seul appendice cirriforme (fig. 77, g). . . . 
G. Vanadis, p. 205 

— Parapodes avec 2 appendices cirriformes (fig. 78, b}« . . ' . . 
G. Greeffla, p. 207 

— Parapodessans appendice cirriforme (fig. 75, c). G. Asterope, p. 202 

4. Des soies capillaires simples et 'des soies aciculaires (fig. 79, h). 5 

— Des soies composées et des soies aciculaires (fig. 79, d) . . . 6 

5. Parapodes avec un appendice cirriforme (fig. 79, g) 

G. Callizonella, p. 211 

— Parapodes sans appendice cirriforme (fig. 78, i) 

. ' G. Corynocephalus , p. 208 

6. Parapodes sans appendice cirriforme (fig. 79, d) 

G. Rhychonerella, p. 210 

— Parapodes avec un appendice cirriforme (fig. 80, i) 

G. Callizona, p. 212 



202 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



G. ASTEROPE Claparède 
[Liocapa Costa; Torea Quatrefages] 

Corps court, cylindrique transparent. — Prostomium ne dépassant pas les 
yeux. 5 antennes courtes, l'impaire réduite à un tubercule. 2 gros yeux sphé- 
riques. — Trompe cylindrique, évasée, bordée de papilles trilobées avec 2 laté- 
rales cirriformes et des denticules cornés. — 3 paires de cirres tentaculaires 
Les 2 premiers sétigères rud inventaires, à cirre dorsal transformé en poctu 
séminale volumineuse chez la Q , — Parapodes à larges cirres dorsaux et ven- 
traux foliacés. Mamelons sétigères sans appendice cirrîforme. Soies compo 
sées à article terminal en longue arête. Glandes segmentaires saillantes, pig> 
mentées. — 2 uriles. 




Fjg. 75. — Asterope candida : a, cf, partie antérieure X 10 (imité de Claparède) ; h 
Q, face ventrale avec 4 poches séminales (imité de Heeing); c, un parapode x 2 
(d'après Apstein); d, extrémité d'une soiex 400. 

A. candida (Delle Chiaje). Fig. 75. — Claparède 1810, p. 108, pi. x, fig. 1 
Grbeff 1816, p. 62, pi. ri, fig. 7-13, m, fig. 22-27. — Alciope candidt 
Delle Chiaje, Krohn, Grube. — Liocapa candida Levinsen 1885, p. 333 



POLYCHETES ERRANTES. — ALCIOPIDAE 203 

pi. i, fig. 14-15; Granata 1911. L. vertebralis Costa 186k, p. 165, pi. iv, 
fig. 1; Claparède 1868, p. 252. — Torea vitrea Quatrefages 1865, p. 159, 
pi. ix, fig. 15-16, iv, fig. 6-7. —Alciopa vittata Hering 1892, p. 747, pi. v. 
Corps atténué en avant, très effilé en arrière. 150 à 250 sétigères. »— 
Antenne impaire en tubercule arrondi. 2 paires do très petites antennes 
latérales fusiformes, les inférieures un peu plus longues que les supé- 
rieures. 2 gros yeux sphériques, à cristallin orienté latéralement (75, a). — 
• Longue trompe. 2 papilles latérales très longues, cirriformes. — Cirres 
tentaculaires de la l re paire plus longs et réunis à la base par une mem- 
brane transversale sinueuse, ceux des 2 paires suivantes digitiformes, 
plus courts, égaux, à bases réunies par un repli membraneux à bord arqué, 
dentelé. Les deux segments suivants à parapodes réduits aux cirres dor- 
sal et ventral fusiformes et à un mamelon pédieux rudimentaire soutenu 
par un acicule et portant seulement quelques soies fines. Chez la Q, les 
cirres dorsaux de ces deux premiers segments sont transformés en volu- 
mineuses poches séminales globuleuses surmontées d'une petite pointe 
mucronée (b). — A partir du 3 e sétigère, les parapodes normalement déve- 
loppés comprennent un large cirre dorsal foliacé, lancéolé (c), un cirre ven- 
tral ovale, un peu plus court; un mamelon pédieux conique à long acicule 
saillant, un faisceau de longues soies composées à article terminal en fine 
arête (d), et une glande segmentaire dorsale en bouton fortement pigmenté, 
très saillant. — 2 longs urites filiformes. 

L. 15 à 25 cm. sur 2 à 3 mm. — Transparent comme du cristal, yeux 
rouges, glandes segmcntaires brun noirâtre ou violet foncé. 

Pélagique, surface. — Atlantique, Méditerranée. — Océan Indien . 

G. ALCIOPA Audouj.-v et M. -Edwards. 

Corps transparent, cylindrique, — prostomium ne dépassant pas les yeux. 
5 antennes, dont l'impaire réduite à un tubercule. 2 gros yeux sphériques. — 
Trompe courte, évasée, avec 2 papilles latérales un peu plus longues que les 
autres. Pas de denticules cornés. — 3 paires de cirres tentaculaires. 3 premiers 
sétigères à parapodes rudimentaires. Chez la Ç, cirres dorsaux du 1 er sétigère 
modifiés en poches séminales volumineuses. Cirres dorsaux et cirres ventraux 
foliacés. — Mamelon sétigère sans appendice • cirriforme. Soies capillaires, 
toutes simples. — Glandes segmentaires saillantes, pigmentées. 

A. Cantrainii (Delle Chiaje). Fig. 76. — Greeff 1876, p! 57, pi. h, fig. 1- 
4, m, fig. 14-18; Apstein 1000, p. 7, pi. v, fig. 53 (synonymie); Fauvel 
1916,l>. 64. A. Edwardsi Krohn, Hering 1892, p. 721, pi. \-\uA.Reynaudi 
Kiiohn 18k5, p. 172, pi. vi, fig. 1-6. — Krohnia Edwardsi Quatrefages 
186r,, p. 158. — Liocapa vitrea Costa 1861, p, 167 t pi. iv, fig. 9-12. — 
Alciope microcepkala Viguier 1886, p. 104, pi. xxiv, fig. 1-5. 

Corps (fig. 76, a), brusquement atténué en avant et en arrière, relati- 



204 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



vement court et trapu. 70 à 120 sétigères. — Antenne impaire en tubercule 
ovoïde. 2 paires de petites antennes latérales fusiformes, subégales (b). 
2 gros yeux sphériques à axe oblique, dirigé en bas, en avant et en dehors. 
— Trompe courte, campanuliforme, bordée de papilles trilobées, basses, 
sauf les deux latérales qui sont un peu plus longues. La l re paire de cirres 
tentaculaires insérée sous les yeux, avec membrane basilaire festonnée, 
est plus grande que les deux suivantes qui sont très petites, digitiformes, 
subégales. Les 3 premiers sétigères à parapodes réduits aux cirres dorsal- 




Fig. 76. — Alciopa Canlrainii : a, çf entier, X 2 (d'après Greeff); b, 9 région anté- 
rieure avec 2 grosses poches séminales (d'après Hering), la trompe est vue par trans- 
parence; c, unparapode moyen x 35 (d'après Apstein). 



et ventral fusiformes et à un petit mamelon avec acicule (et parfois quel- 
ques soies). Chez la Q , les cirres dorsaux du 2 e sétigère sont modifiés en 
volumineuses poches séminales globuleuses (b). — A partir du 4 e séti- , 
gère, les parapodes comprennent un cirre dorsal foliacé, ovale allongé, 
un cirre ventral ovale, un peu plus court, un mamelon sétigère conique, 
sans appendice, à long acicule saillant (c), un faisceau de longues et fines, 
soies capillaires- simples. — Glandes segmentaires fortement pigmentées 
en boutons saillants au-dessus des parapodes. 

L. 40 à 110 mm., sur 2 à 5 mm. — Transparent comme du cristal, 
yeux rouges, boutons segmentaires brunâtres. 

Pélagique, surface. — Méditerranée (Messine, Naples), Atlantique. — Paci- 
fique. 



POLTCHÈTES ERRANTES. — ALCIGPIDAE 205 



G. VANADIS Ciaparède 
[Alciopa pro parte.] 

Corps long, cylindrique, transparent, à segments très nombreux. — Prosto- 
mium ne dépassant pas les yeux. 5 courtes antennes. Yeux sphériques, très 
volumineux. — Trompe exsertile, cylindrique, avec 2 très longues papilles laté- 
rales cirriformes. Pas de denticules cornés. — 3 à 5 paires de cirres tentacu- 
laires. Chez la Q , des cirres dorsaux antérieurs transformés en volumineuses 
poches séminales. — Parapodes à cirres dorsaux et ventraux foliacés. Mame- 
lon pédieux terminé par un appendice cirriforme. Soies toutes semblables, 
composées, à long article en fine arête. 1-2 urites. Glandes segmentaires sail- 
lantes, fortement pigmentées. 

1. Des glandes segmentaires à tous les segments médians et posté- 
rieurs 1 

— Glandes segmentaires manquant à de nombreux segments 
alternant plus ou moins régulièrement avec ceux qui en sont 
pourvus V. longissima, p. 207 

2. 3 paires de cirres tentaculaires (fig. 77, a) . . V. formosa, p. 205 

— 4 paires de cirres tentaculaires (fig. 77, d). V. cristallina, p. 206 

V. formosa Clapabède. Fig. 77, a-c. — Claparède 1810, p. 116, pi. x, 
fig. 3; Apstein 1000, p. 8, pi. i, fig. 1-6. (synonymie); Fauvel 1916,- 
p. 65. V. pelagica Greeff 1876, p. 67, pi. m, fig. 33-34. V. lon^icauda 
Apstein 1801, p. 5. V. Intocirrata Apstein 1891, p. 7. — Alciopa 
Krohnti Hering [non Greeff) 1892, p. 138, pi. iv, fig. 1-13. 

Corps effilé aux extrémités. — Plus de 200 sétigères. — Une antenne 
impaire digitiforme. 2 paires d'antennes latérales subégales semblables à 
l'impaire (77, a). 2 gros yeux sphériques à axe dirigé en bas, en avant et 
en dehors. — Trompe allongée, cylindrique, évasée à l'ouverture qui est 
bordée de papilles basses trilobées, sauf les deux latérales beaucoup plus 
longues, tentaculiformes (aV — 3 paires de cirres tentaculaires, la l ce plus 
grande que les deux suivantes, avec une membrane ciliée transversale 
d'une base à l'autre (b). 1" paire de parapodes réduite au cirre dorsal 
et au cirre ventral. Chez la 9, les cirres dorsaux des 2 premiers para- 
podes sont transformés en volumineuses poches séminales globuleuses (b). 

— A partir du 2° pied chez le cf. du 3 e chez la Q , les parapodes compren- 
nent un cirre dorsal foliacé, cordiforme allongé, un cirre ventral analogue 
ovale, un long mamelon sétigère lancéolé avec acicule saillant et un long 
appendice cirriforme (c), un faisceau de longues soies composées à article 
terminal en arête et une glande segmentaire saillante de couleur foncée. 

— Pygidium terminé par un long appendice impair. 



206 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



L. 20 à 30 cm. sur 5 à 6 mm. — Transparent comme du cristal, yeux 
rouge vif, glandes segmentaires brunâtres. 

Pélagique. — Atlantique, Méditerranée. — Océan Indien, Pacifique. 

V. crystallina Greeff. Fig. 77, d, e. — Greeff 1816, p. 68, pi. iv, 
fig. 35-39; Apstein 4P00, p. 10, pi. i, fig. 7 ; Fauvel 1916, p. 5. — Alciopa 
longirhyncha Greeff 1876, p. 453, pi. xn, fig. 37. A. eandida Hering 
[non Delle Chiaje) 1892, p. 732, pi. ni. 

Corps filiforme, de petite taille. — Jusqu'à 150 segments. — Prosto- 
mium, à bord antérieur arrondi. Une courte antenne impaire conique 
ovoïde, 2 paires d'antennes latérales coniques, les inférieures deux fois plus 
longues que les supérieures (77, d). 2 très gros yeux sphériques, à axe 
dirigé latéralement. — Trompe très longue. — 4 paires de cirres tentacu- 
laires, la l re , la plus grande, à large membrane basale bilobée, les 3 sui- 
vantes digitiformes, subégales. Les 5 premiers parapodes rudimentaires, 
petits et réduits au cirre dorsal et au cirre ventral avec parfois quelques 
soies. Chez la Q , les cirres dorsaux de la l re paire de parapodes sont trans- 
formés en volumineuses poches séminales globuleuses (d)'. — A partir du 6 e 
sétigère, les parapodes comprennent : un cirre dorsal foliacé lancéolé, un 
cirre ventral ovale, un peu plus petit, un long mamelon sétigère lancéolé 




Fig. 77. — Vanadis formosa : a, çf, trompe dévaginée, grossi; b, Q; face ventrale, 
4 poches séminales, grossie; c, un parapode avec glande segmentaire dorsale noire et 
glande ventrale x 8. — V. crystallina : d, Q, face ventrale X 10 (d'après (Apstein) ; 
a, parapode (d'après Hering). — V. longissima : J, çf, partie antérieure x 12; g, 
parapode postérieur (d'après Apstein). . 



POLYCHÈTES ERRANTES. — ALCIOPIDAE 207 

avec acicule saillant et appendice cirriforme, un faisceau de longues soies 
composées, à article terminal en fine arête, une glande segmentaire en 
bouton saillant, foncé (e). — Pygidium portant 2 courts urites. 

L. 3 à 8 cm., sur 0,5 à 3 mm. — Transparent comme du cristal, yeux 
rouge orangé, glandes segmentaires brunâtres. 

Pélagique. — Méditerranée, Atlantique (Madère, Açores, Canaries). 

V. longissima (Levinsen). Fig. 77, f, g. — Apstein 1900, p. 1, pi. r, 
fig. 8-9; Fauvel 1916, p. 66. V. fasciata Apstein 1890, p. 543, pi. xxxvm, 
fig. 1-9. — Rhynchonerella longissima Levinsen 1885, p. 330, pi. i, fig. 7- 
10. . 

Corps mince, très long. Environ 200 sétigères. — Prostomium à bord 
antérieur légèrement sinueux. Une courte antenne impaire conique. 
2 paires de petites antennes latérales subégales. 2 très gros yeux sphéri- 
ques à axe dirigé latéralement (77, f). — Trompe cylindrique (?). — 
4 paires de cirres tentaculaires, ceux de la l r * paire un peu plus grands, 
réunis par une membrane incisée, les 2 suivants oylindriques, subégaux, 
le 4 e plus petit. Les 7-8 premiers parapodes très petits, réduits aux cirres 
dorsaux et ventraux et à un mamelon avec 1 acieule. Chez la 9 > l es cirres 
dorsaux des 2 premiers parapodes sont modifiés en volumineuses poches 
séminales globuleuses. — A partir du 8 e -9 e , les parapodes sont bien déve- 
loppés et comprennent : un petit cirre dorsal foliacé, lancéolé ou subtrian- 
gulaire, un cirre ventral plus étroit et plus allongé, un grand mamelon 
sétigère cylindroconique dépassant beaucoup le3 cirres, avec acicule sail- 
lant et appendice digitiforme court et épais, un faisceau de longues soies 
composées à article terminal en fine arête. — Les glandes segmentaires 
très grosses et fortement pigmentées n'existent pas sur tous les anneaux, 
elles sont disposées sur 1, 2, parfois 3 segments successifs suivis de 5 ou 
6 autres qui en sont dépourvus. Elles forment souvent une ceinture pres- 
que complète (f). 

L. 12 à 20 cm. sur 1 à 2 mm. de large. — Transparent, yeux rouges, 
glandes segmentaires brun foncé formant des bandes caractéristiques. 

Pélagique, surface. — Atlantique. — Océan Indien, Pacifique. 



G. CREEFFIA Me' Intosh. 
\Halodora Greeff, Nàuphanta Greeff.] 

Corps atténué postérieurement. Sétigères peu nombreux. — Prostomium ne 
dépassant pas les yeux. 5 petites antennes. 2 gros yeux sphériques. — Trompe 
à 2 longues papilles cirriformes, sans denticules cornés. — 4 paires de cirres 
tentaculaires. Pas . de parapodes rudimentaires. Cirres dorsaux et ventraux 
foliacés. — Mamelon pédieux à 2 appendices cirriformes. Des glandes saillantes 
dorsales et ventrales pigmentées. Soies composées à article terminal en arête. 



208 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

6. celox (Greeff). Fig. 78, a-c. — Apsteix 1900, p. 12, pi. n, fig. 10. 

— Nauphanta celox Greeff 1876, p. 69, pi. rv, fig. 40-42, v, fig. 43-55. 
N. spectabilis Greeff 1876, p. 56. — Alciopa, Reynaudi Audouin et 
Edwards 18kk, p. 216, pi. v, fig. 6-11. — Halodora Reynaudi Greeff 
1816, p. 55. 

Corps cylindrique, relativement large et court, effilé progressivement 
d'avant en arrière. Environ 60 sétigères. — Une antenne impaire et 2 paires 
d'antennes latérales coniques,'courtes, subégales (78, a). 2 gros yeux sphé- 
riques à cristallin orienté latéralement. — Trompe courte armée de 
2 papilles cirriformes faisant ordinairement saillie sur les côtés de la bou- 
che (c). — 4 paires de cirres tentaculaires, courts. TousJes parapodes bien 
développés. Grands- cirres dorsaux foliacés, cordiformes, imbriqués 
cachant . presque complètement les pieds. Mamelon pédieux conique à 
deux appendices cirriformes subégaux. Cirre ventral foliacé arrondi pres- 
que aussi grand que le cirre dorsal (b). Acicule peu ou pas saillant. Longues 
soies composées à article terminal en arête courte eteffilée. — Glandes 
segmentaires en boudin transversal saillant au-dessus du parapode. En 
outre, une glande brunâtre, globuleuse, saillante à la face ventrale, à l'in- 
sertion du parapode. — Un long urite impair. 

L. 2 à 6 cm., sur 6 à 12 mm. — Blanc rosé (?), yeux rouges, cirres blan- 
châtres, glandes segmentaires et glandes ventrales brunâtres ou brun vio- 
lacé. 

Pélagique, surface. — Atlantique (côtes d'Irlande, Canaries). — Océan Indien, 
Pacifique. 

G. CORYNOCEPHALUS Levinsen. 

Corps court, trapu, à segments peu nombreux. — Prostomium dépassant les 
yeux (fig. 78, f). Antenne impaire en "forme de carène. 2 paires d'antennes 
latérales, insérées sous le rebord antérieur du prostomium. 2 gros yeux sphé- 
riques. — Trompe inconnue. 4-5 paires de cirres tentaculaires. Pas de para- 
podes rudimentaires. Grands cirres dorsaux foliacés imbriqués. Cirres ventraux 
foliacés. — Mamelon pédieux sans appendice terminal. Soies de deux- sortes : 
1° courtes, aciculaires, 2" capillaires, simples. — Glandes segmentaires dorsales 
petites. De grosses papilles ventrales (néphridiennes?) à la base des parapodes. 

— 2 urites. 

C. albo-maculatus Levinsen. Fig. 78, d-i. — Levinsen 1885, p. 327, 
pi. i, fig. 26; Apstein 1900, p. 14, pi. n, fig. 17-18; Fauvel 1916, p. 68. 

— Alciopina parasitica Claparède 1868, p. 253, pi. xxxm; Granata 
1911, — (?) A. Pancerii Bucholtz-Carus. 

Corps court et large, ramassé. Environ 50 sétigères. — Prostomium à 
bord antérieur en lame semi-circulaire. Antenne impaire en forme de 
carène claviforme s'allongeant entre les yeux et terminée en arrière en 



POLYCHETES ERRANTES. 



ALCIOPIDAE 



209 



pointe libre (f). 2 paires d'antennes latérales foliacées, lancéolées, rabat- 
tues à la face inférieure du prostomium (e). 2 gros yeux sphériques à 
axes en ligne droite transversale ou faisant un petit angle entre eux. — 
5 paires de cirres tentaculaires (4 d'après Levinsbn) : une paire sur le 
1" segment, deux paires sur chacun des deux suivants, les supérieurs 
plus longs que les inférieurs, surtout au 3" segment. — A partir du 




Fjo. 78. — Greeffia celox : a, région antérieure, face dorsale x 20 (d'après Greeff); h, 
parapode x 15 ; c, trompe (d'après Apstein). — Corynocephalus albo-maculatus : d, 
face dorsale ; e, t, partie antérieure, face ventrale et face dorsale, grossie ; g, 2 
segments vus par la face ventrale avec papilles en forme de gourde (d'après Levinsen) ; 
h, parapode antérieur x i5; i, parapode moyen x 25 (d'après Apstein). 



1 er sétigère, les parapodes sont bien développés (h-i). Les cirres dorsaux 
sont grands, foliacés, arrondis ou subrhomboïdaux, imbriqués d'un 
segment à l'autre (d). Les cirres ventraux, à peine plus longs que le 
parapode, sont foliacés, subtriangulaires ou ovales. Mamelon sétigère 
conique, épais. Les antérieurs ne portent que de courtes soies acicu- 
laires simples (h), à partir du 4" sétigère, il s'y mêle des soies capil- 
laires simples très fines, puis, dans la région moyenne, le nombre des 
soies aciculaires se réduit à 1-3. — Les segments antérieurs sont bianne- 
lés à la face ventrale. Glandes segmentaires dorsales peu développées. 
A partir du 10° segment environ, de volumineuses glandes ventrales 
arrondies à la base des parapodes. — 2 urites. 

11 



210 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

L. 32 mm. sur 5 mm. — Jaunâtre avec une série longitudinale de 
taches blanches à la face ventrale. 

Pélagique, surface et dans les Cydippes. — Atlantique, Méditerranée. 

Nota. D'après Granata, YAlciopîna parasitica, qui habite dans les cavités 
gastrovasculaires des Cydippes, ne serait que la forme jeune de cette espèce. 

G. RHYNCHONERELLA. Costa. 

Corps mince, cylindrique. — Prostomium dépassant les yeux. 5 antennes. 
2 gros yeux sphériques. — Trompe cylindrique, à petites papilles subégales, 
sans papilles cirriformes, sans denticules cornés . ■ — 4-5 paires de cirres ten- 
taculaires; Pas de parapodes rudimentaires. Cirres dorsaux et ventraux larges, 
foliacés. — Mamelon pédieux sans appendice cirriforme. Soies de deux sortes ; 
1° aciculaires simples, 2° composées à article terminal en fine arête, — Glandes 
segmentaires peu saillantes. — 2 urites. 

•R. fulgens. Greeff. Fig. 79,a-d.— Greeff 1885, p.450,pl.xm,fig.27-32; 
Apstein 1900, p. 15, pi. ii, fig. 19-22, v, fig. 51. R. capitata Greeff 
1876, p. 74, pi: vi, fig. 67-68 ; Viguier 1886, p. 408. 

Corps allongé, mince, transparent. Environ 60 à 80 sétigères. — 
Prostomium conique. Une petite antenne impaire fusiforme, entre les 
deux yeux (79, a-b). 2 paires d'antennes latérales digitiformes, plus 
grandes que l'impaire, insérées à l'extrémité du prostomium. 2 gros 
yeux à cristallin dirigé un peu obliquement en avant et en bas. — Trompe 
à ouverture bordée d'une douzaine de papilles courtes subégales (c). 
5 paires de cirres tentaculaires (4 d'après Greeff), 1 la l re paire sur le 
1 er segment. Les deux segments suivants portent chacun un cirre supé- 
rieur et un inférieur. Le cirre supérieur du 3 e segment est plus long que 
les autres et dirigé en avant, l'inférieur est très petit. — A partir du 
1 er sétigère, les parapodes sont bien développés (d) et comprennent un 
cirre dorsal foliacé, lancéolé, un cirre ventral foliacé ovale, un peu plus 
petit que le dorsal, un mamelon sétigère conique, à acicule saillant. Les 
parapodes antérieurs ont plusieurs soies aciculaires simples et quelques 
soies composées, les suivants portent un faisceau de longues et fines 
soies composées à article terminal en arête et une soie aciculaire inférieure. 
— Pygidium conique avec 2 urites. — Chez le cf, du 10 e au 13 e sétigère, 
de grosses papilles néphridiennes (génitales) saillantes sous la base du 
parapode (a). 

L. 8 à 20 mm. — Transparent comme du cristal, yeux rouge brun, 
glandes segmentaires brun rougeâtre. 

Pélagique, surface. — Atlantique, Méditerranée (Alger et entre les Baléares 
et la Sardaigne). 



POLYCHETES ERRANTES. — ALCIOPIDAE 



211 



< ^ZJ^ f '^^^Z. 




Fio. 79. — Rhynclionerella fulqens : a, çf, face ventrale, grossi ; b, tête, grossie (d'après 
UitEEfF); c, tôte, face ventrale, trompe à demi dévaginée X ~5 ; d, parapode moyen, 
X IÎC) (d'après Apstein). — Callizonella lepidola : e, partie antérieure, face dorsale 
(les cirres dorsaux et ventraux des 2 premiers parapodes ne sont pas figurés), grossi 
(d'après IIemng); f, cirres tenlaculaires des 3 premiers segments X 15; g, mamelon 
sétigère avec appendice et acicule x 200; h, un parapode x :i5 (d'après Apstein). 



G. CALLIZONELLA Apstein. 

Corps mince allongé. — Prostomium dépassant les yeux. 5 antennes, 2 gros 
yeux sphériques. — Trompe cylindrique, à petites papilles égales, sans longues 
papilles cirriformes et sans denticules cornés. — 5 paires de cirres tentaculaires. 
Pas de parapodes rudimentaires. Cirres dorsaux et ventraux foliacés. — Mame- 
lons pédieux avec un appendice cirriforme. Soies toutes simples, de deux sortes : 
1° capillaires, 2° aciculaires. — Des glandes segmentaires saillantes. — 1 urite. 



C. lepidota (Knoim). Fig. 79, e-h. — Apstein 1900, p. 12, pi. n, fig. 11- 
13; Fauvel 1916, p. 67. — Alcîopa lepidota Krohn 1845, p. 75; Hemng 
1892, p. 757, pi. vi, fig. 8-9. A. cirrata Greeff 1876, p. 60, pi. n, fig. 5-6, 
pi. vu, fig. 19-21. — Krohnia lepidota Quatrefages 1865, p. 158. 

Corps translucide, de petite taille. — 100 à 120 segments. — Prosto- 
mium conique, souvent rabattu entre les yeux. Une courte antenne 
impaire ovoïde. 4 paires d'antennes latérales subégales, foliacées, gar- 



212 * FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

nies de papilles tactiles et insérées à la face inférieure du prostomium 
en avant de la bouche. Deux gros yeux sphériques à cristallin orienté 
en bas et un peu en avant (79, e). — Trompe à couronne de petites 
papilles. — 5 paires de cirres tentaculaires portés par les 3 premiers 
segments. Au 1 er segment, une seule paire, courte, conique; au 2 e seg- 
ment, un cirre dorsal un peu plus long et un cirre ventral court, un peu 
aplati; au 3 e segment, un cirre dorsal beaucoup plus long que les autres, 
un peu comprimé, à bord crénelé par des papilles tactiles et un petit 
cirre ventral foliacé à bord crénelé. — Parapodes suivants bien dévelop- 
pés. Cirres dorsaux grands, foliacés, cordiformes à pointe acuminée. 
Cirres ventraux plus petits, lancéolés aigus (h). Mamelons pédieux 
minces, allongés, pointus avec un appendice cirriforme de longueur très 
variable et un acicule saillant (g). Soies toutes simples, de deux sortes : 
1° longues et fines soies capillaires, 2° grosses soies aciculaires. Les 
parapodes antérieurs ont seulement quelques soies capillaires et un 
plus grand nombre de soies aciculaires, puis, d'avanten arrière, le nombre 
des soies capillaires augmente tandis que celui des soies aciculaires dimi- 
nue et finit par se réduire à une. — Glandes segmentaires brunâtres dès 
les premiers segments. — Un cirre anal impair. 

L. 1 à 10 cm. — Corps translucide, ou jaunâtre et ponctué de taches 
foncées, glandes segmentaires sombres, yeux brun rouge. 

Pélagique, surface. — Atlantique, Méditerranée. 

Var. Krohnii (Greeff). — Alciopa Krohnii Greeff 1879 p. 450. A. Bartelsii 
Hering1892p> 760, pi. vi, fig. 10-15. — D'après Apstein (1900, p. 13), cette variété 
se distingue du type par les cirres dorsaux à pointe plus allongée; en outre, ces 
cirres sont plus fortement imbriqués. L'appendice cirriforme des mamelons 
sétigères, non mentionné par Greeff et Hering, existe bien, mais il est très 
petit. — Naples, Messine. 



G. CALLIZ0NA Greeff. 

Corps allongé, à segments nombreux. — Prostomium dépassant les yeux. 
5 antennes. 2 gros yeux sphériques. — Trompe cylindrique à papilles égales, 
sans longues papilles cirriformes et sans denticules cornés. — 5 paires de 
cirres tentaculaires. Pas de parapodes rudimentaires. Cirres dorsaux el ven- 
traux foliacés. — Mamelons pédieux avec un appendice cirriforme. Soies de 
2 sortes : 1° aciculaires, simples ou composées, 2° longues soies composées à 
article terminal en fine arête. — Des glandes segmentaires saillantes. — 1 ou 
2 urites. 

1. Plus de 2 grosses soies aux premiers parapodes. 2 

1 ou 2 grosses soies aux premiers parapodes, grosses soies 
simples. Prostomium volumineux (fig. 81, a). C. nasuta, p. 215 

2. Grosses soies simples (fig. 80, d) C. Mœbii, p. 213 



POLYCHÈTES EllRANTES. — ALCIOPIDAE 213 

— Grosses soies composées (fig. 81, f) 3 

3. Article terminal des grosses soies petit et lisse (fig. 80, f) . . . 

. . . C. Angelini, p. 215 

— Article terminal des grosses soies large etdenticulé (fig. 80, h). . 
G. setosa, p. 214 

C. Moebii Apstein. Fig. 80, a-d. — Apstein 1000, p. 16, pi. iv, fig. 23-30. 
Corps long, mince, grêle, sauf à la partie antérieure qui est un peu 
plus épaisse. 150 à 200 segments. — Prostomium conique. Une petite 
antenne impaire insérée entre les yeux. 2 paires d'antennes latérales 
courtes, épaisses, subégales insérées à la face ventrale du prostomium 
(80, a-b). 2 gros yeux sphériques à cristallin orienté obliquement en avant 
et en dehors. — Trompe à papilles égales (?). — 5 paires de cirres ten- 
taculaires portées par les 3 premiers segments. Une seule paire, courte 
et épaisse, au 1 er segment. A chacun des deux segments suivants, 2 paires 
dont les cirres supérieurs sont allongés et les inférieurs beaucoup plus 
petits (b). Chez les jeunes on trouve parfois une soie entre les cirres, mais 




Fig. 80. — Callizona Mœbii : a, partie antérieure, face dorsale et b, face ventrale x 12 ; 
c, 3" parapode x 15; d, parapode moyen x 15 (d'après Apstein). — C. setosa : e, 
partie antérieure, face ventrale x 35; I, partie antérieure, face dorsale X 15; g, 
pygidium, avec 2 urites ovales x 35; h, soie composée x 100 (d'après Apstein); i, 
20° parapode ; k, mamelon sétigère du 8" segment, très grossi (d'après Hering). 



214 FAUNE DE FRANCE. POLYCHÈTES ERRANTES 

pas de mamelon pédieux. Carres dorsaux des premiers sétigères arron- 
dis, imbriques, les suivants plus petits et plus ovales (e, d). Cirres ven- 
traux foliacés, ovales ou lancéolés, un peu plus petits que les dorsaux. — 
Mamelon sétigère long et conique avec un petit appendice cirriforme et 
un acicule saillant. Soies de deux sortes :'1° des soies composées longues 
et fines à article terminal en mince arête ; 2° de grosses soies aciculaire» 
simples, au nombre de 3 à 5 aux 5-6 premiers sétigères, réduites à une 
aux parapodes suivants. — Glandes segmentaires bien développées à 
partir du 15 e sétigère. 

L. 10 à 12 cm. — Corps pigmenté de brun, yeux rouges, glandes seg- 
mentaires foncées. 

Pélagique. — Atlantique, Méditerranée. 

C. setosa (Greeff). Fig. 80, e-k. — Apsteix 1900, p. 18. pi. iv, fig. 39- 
43. — Vanadis setosa Greeff 1885, p. 449, pi. xm, fig. 26; V. Pelersii 
Langerhans 1880, p. 312, pi. xvn, fig. 49; V. heterochaeta Viguier 1886, 
p. 405, pi. xxiv, fig. 6-13. — Alciopa Cari Herino 1892, p. 753, pi. vi, fig. 
1-3. 

Corps cylindrique, filiforme, translucide, très fragile. Environ 40 à 60 
segments. — Prostomium à bord antérieur arrondi dépassant un peu les- 
yeux (80, f). Une courte antenne impaire conique. 2 paires d'antennes- 
latérales fusiformes, subégales, insérées à la face ventrale du bord anté- 
rieur du prostomium (e). Deux gros yeux- sphériques à cristallin dirigé 
obliquement en avant et en dehors. — Trompe globuleuse avec 12 petites 
papilles égales à l'ouverture. — La l re paire de cirres tentaculaires, 
courte, fusiforme, portée par le 1 er segment. Les deux segments suivants 
portent chacun deux paires de cirres, un supérieur allongé et un infé- 
rieur court. Le cirre supérieur du 3 e segment est le plus long de tous, mais- 
l'inférieur est très petit et foliacé. Grands cirres dorsaux foliacés imbri- 
qués, cachant les pieds, les premiers cordiformes, les suivants ovales. 
Cirres ventraux foliacés, plus petits et lancéolés. — Mamelon pédieux 
allongé cylindroconique avec appendice cirriforme et acicule saillant (i) . 
Soies de deux sortes, toutes composées. Aux parapodes antérieurs, les 
soies supérieures sont longues, fines, à article terminal en arête, les infé- 
rieures sont courtes, arquées, épaisses (k),' à article terminal court, large, 
finement dentelé (h). Dans la région moyenne du corps, ces soies robustes- 
sont réduites à 1-2. — Glandes segmentaires dorsales pigmentées. — 
2 urites courts et épais, 

L. 15 à 20 mm. sur 0,4 à 0,5 mm. — Blanchâtre, translucide, yeux 
brun sombre, glandes segmentaires brunes, urites à pigment orangé sur 
leur face interne. 

Pélasriaue. surface. — Atlantiaue, Méditerranée. 



POLYCUÈTES ERRANTES. — ALCIOPIDAE 215- 

C. Angelini (Kinberg). Fig. 81, d-i. — Apstein 1000, p. 18, pi. iv, fig. 33- 
38; Southern 1911, p. 4 (synonymie); Fauvel 1916, p. 68. C. Grubei 
Greeff 1876, p. 72, pi. v, fig. 63-66, vi. fig. 69-86. — Krohnia Angelini 
Kindehg 1866, p. 243. — Rhynchonerella Angelini Greeff 1816, p. 57. 

Corps long, subcylindrique, à peine atténué en avant, très effilé posté- 
rieurement (81, d). Environ 100 à 150 segments. — Prostomium ovoïde, 
ou cordiforme. Une antenne impaire fusiforme insérée entre les deux 
yeux (e). 2 paires d'antennes latérales courtes, subégales, fusiformes insé- 
rées au bord antérieur du prostomium. 2 gros yeux sphériques. — Trompe 
courte, cylindrique, couronnée d'une douzaine de papilles courtes, égales. 

— Cirres tentaculaires courts, digitiformes. La 1" paire est seule sur le 
1 er segment, les 2 suivants portent chacun 2 paires dont la supérieure est 
plus longue que l'inférieure. Cirres dorsaux foliacés, imbriqués couvrant 
complètement les pieds, les antérieurs arrondis ou cordiformes (h), les 
suivants lancéolés aigus (i). Cirres ventraux ovales, lancéolés ne dé- 
passant guère le pied. — Mamelons sétigôres coniques avec un très long 
appendice cirriforme et un acicule saillant. — Soies de 2 sortes, toutes 
composées. Aux parapodes antérieurs, les soies supérieures sont longues, 
minces, à article terminal relativement gros (g), les inférieures sont 
courtes, épaisses, arquées, à article terminal petit et mince (g). Dans la 
région moyenne du corps, les soies courtes, épaisses, sont réduites à 1-2. 

— Glandes segmentaires dorsales très marquées. — Grosses papilles ven- 
trales sous les parapodes. 

L. A à 12 cm., sur 4 à 10 mm. — Yeux rougeâtres, corps jaunâtre pâle 
avec glandes segmentaires brunâtres. 

Pélagique, surface. — Atlantique, Méditerranée. — Océan Indien, mers de 
Chine. 

Nota. Southern a démontré l'identité de la Callizona Grubei et de la C. An- 
gelini. 

C. nasuta Greeff. Fig. 81, a-c. — Greeff 1816, p. 72, pi. vi, fig. 60- 
62; Apstein 1900, p. 19, pi. m, fig. 31-32. C. Henseni Apstein 1900, p. 20, 
pi. v, fig. 44-50. — Rhynchonerella gracilis Costa 1861, p. 168, pi. ix, 
fig. 13-15. 

Corps long, filiforme, très grêle. Une centaine de sétigères environ. — 
Prostomium cordiforme ou ovoïde, très saillant en avant des yeux (84, a). 
Une antenne impaire fusiforme insérée entre les yeux. 2 paires d'an- 
tennes latérales subégales, ciliées, insérées sous le bord antérieur du pros- 
tomium. 2 gros yeux sphériques • à cristallin orienté latéralement. — 
Trompe à 12 petites papilles (b). — Cirres tentaculaires portés par les 
3 premiers segments, une seule paire, plus petite que les autres, au 
1 er segment, sous les yeux, deux paires à chacun des deux suivants, les 
supérieurs plus longs que les inférieurs. Chez les jeunes, on trouve par- 



216 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 81. — Callizona nasuta : a, tête et partie antérieure X 25 (d 'après Greeff); b, partie 
antérieure, face ventrale x 35; c, 30° parapode (d'après Apstein). — C. Angelini : d, 
animal réduit d'un quart; e, partie antérieure, face dorsale X8; f, soie inférieure 
d'un parapode antérieur x 350; g, soie supérieure du même parapode x 350; h, 1" 
parapode X 15; i, parapode moyen X 15 (d'après Apstein). 



fois quelques soies entre les cirres tentaculaires, elles disparaissent chez 
les adultes. Cirres dorsaux foliacés, ovales lancéolés, non imbriqués (c). 
Cirres ventraux de même forme, mais plus petits. — Mamelon pédieux 
allongé, pointu, avec un petit appendice cirriforme et un acicule saillant. 
Soies de deux sortes : 1° des soies composées longues et minces, très 
fines, à article terminal en fine arête grêle, très nombreuses, 2° une ou 
deux grosses soies aciculaires simples au-dessous du faisceau de soies 
composées. — Glandes segmentaires dorsales pigmentées à partir du 
2 e sétigère. — Pygidium renflé, avec un seul long urite impair. 

L. 3 à 6 cm. sur 0,5 à 1 mm. — Blanchâtre, prostomium et antennes 
jaunâtres ponctués de rouge, yeux rouges, pygidium ponctué de brun, 
glandes segmentaires brunes. 

Pélagique, surface. — Atlantique, Méditerranée. 



P0LYCHÈTE9 ERRANTES. — TOMOPTERIDAE 217 



F. TOMOPTERIDAE Grube. 
(Tomoptéridiens.) 

Annélides pélagiques, transparentes. Corps divisé en 3 régions : tête, tronc, 
queue. 2 antennes divergentes. 2 organes nucaux, épaulettes vibratiles. 2 yeux. 
Une paire de petits appendices sétigères (manquant souvent chez les adultes). 
Une 2 e paire d'appendices très développés à très longue soie aciculaire. — 
Trompe exsertile, inerme. — Parapodes biramés, sans soies ni acicules, ter- 
minés par des expansions lamelleuses (pinnules) portant des glandes chromo- 
philes et des glandes hyalines ou des rosettes. 

Remarques. Les recherches récentes de Rosa et de Malaquix et Carin ont 
permis de mettre de l'ordre dans cette famille dont la synonymie était fort 
embrouillée. 

Beaucoup de caractères employés auparavant ont été reconnus de peu de 
valeur. Tels sont, par exemple, la dimension et la couleur des yeux, le nombre 
des parapodes, la longueur des grands cirres sétigères, la forme et la dimen- 
sion des ganglions cérébroïdes, de la trompe et des organes nucaux ou épau- 
lettes ciliées. La l r * paire d'appendices, qui existe probablement toujours chez 
les très jeunes individus, manque souvent chez l'adulte. Au contraire, la queue 
ne se développe, chez plusieurs espèces, qu'à un certain âge. Ces deux carac- 
tères n'ont donc de valeur que pour les adultes. 

La spécification des Tomoptéridiens est maintenant basée principalement sur 
l'étude des glandes de la pinnule dont on distingue trois sortes : les rosettes, 
les glandes hyalines et les glandes chromophiles. Pour les étudier, il est abso- 
lument nécessaire de colorer et de monter en préparation un ou plusieurs para- 
podes de chaque spécimen. On emploie des colorants nucléaires, de préférence 
î'hématoxyline. 

Les glandes chromophiles, souvent volumineuses, prenant fortement I'héma- 
toxyline, sont faciles à mettre en lumière. Elles se trouvent sur les pinnules 
ventrales des parapodes (fig. 83, b, g.). Les rosettes et les glandes hyalines (gl. 
hyalo-pigmentées) ne se colorent pas par I'hématoxyline (fig. 83, i). 

Les rosettes se trouvent sur les parapodes ou sur les pinnules. « Elles sont 
formées par des cellules glandulaires groupées de manière à présenter l'appa- 
rence d'une rosette au centre de laquelle des sphérules jaunes ou brunes simu- 
lent une tache oculaire ». Les globules centraux adipeux noircissent fortement 
par l'acide osmique. Ce sont probablement des organes phosphorescents. 

Les glandes hyalines sont de forme très variable et souvent difficiles à déce- 
ler. Elles sont formées « de tubes méridiens qui, à l'extrémité apicale, s'incur- 
vent vers une ouverture commune. Elles ne noircissent pas au centre par l'acide 
osmique (') ». D'après Malaquin et Carin, elles sont homologues des rosettes. 

(<) Malaquin et Carin 1922, p. 34, 25. 



218 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



Chez les espèces pourvues d'un aiguillon (T. Apsteini), il existe, en outre, une 
glande spéciale annexée à cet organe (fig. 83, d). 

Tableau des genres 

1. Parapodes à rames rectangulaires dont les pinnules ne bordent 
pas le côté interne (fig. 82, b, c). Appendices du 2 e sétigère 
beaucoup plus longs que le corps (fig. 84, a) G. Enapteris, p. 218 

— Parapodes à rames coniques entièrement frangées par les pin- 
nules (fig. 83, b). Appendices du 2 e sétigère atteignant, au plus, 
la longueur du corps (fig. 84, g). .... G. Tomopteris, p. 219 




Fig. 82. — Enapteris euchaeta : a, x 2 (d'après Lo Bia>co) ; b, 6" parapode x 15; c, 4 
parapode x 15 (d'après Apsteixj. — Tomopteris levipes : d, région antérieure, face 
ventrale, trompe évaginôe X 50 (d'après Viguier) ; e, œil, très grossi; f, parapode 
X 50 (d'après Greeff). 



G. ENAPTERIS Rosa (' 



E. euchaeta (Chun). Fig. 82, a-c. — Rosa, 1908, p. 269. — Tomopteris 
euchaeta Apstein 4900, p. 43, pi. xi, fig. 19-20. 

Corps ovale-lancéolé assez large, terminé par une queue presque nue 
pouvant atteindre un tiers de la longueur totale (82, a). — Cérébroïdes 
[D Les caractères du genre se confondent avec ceux de l'unique espèce. 



POLYCHETES ERRANTES. — TOMOPTEIUDAE 219 

n triangle à base postérieure profondément bipartite. Yeux très petits, 
irun rose. — Trompecaliciforme, très courte. — 1 er appendice sétigère 
ïanque. 2" appendice sétigère beaucoup plus long que le corps (jusqu'à 

et 4 fois). Soies complètement lisses. Rames parapodiales subrectangu- 
iires dont les pinnules ne bordent que les côtés externes et le sommet. 
- Glandes chromophiles du 4 e au 13° parapode, en position apico-infé- 
ieure. Glandes hyalines plus petites, associées aux chromophiles. 
lonades à la rame dorsale, à partir de la 2 e . Pas de rosettes (b, c). 

L. 20 à 30 mm. ' 

Atlantique, Méditerranée (Naples, Messine). 



G. TOMOPTERIS Eschsciioltz 

Ganglion cérébroïde ovoïde, à grand axe généralement transversal,' ne se 
îrminant pas en pointe antérieurement ; yeux grands; trompe robuste et lon- 
ue (s'étendant d'ordinaire jusqu'au 1 er parapode); rames parapodiales plus ou 
îoins coniques complètement bordées d'un limbe ou pinnule; 2 e appendice 
êtigère atteignant au maximum la longueur du corps. * 

i. Des rosettes parapodiales; pas de glandes hyalines (fîg. 83, i) . 
(S.-G. Johnstonella) 2 

— Pas de rosettes; des glandes hyalines (fig. 83, g) 

(S.-G. Tomopteris) 3 

2. Rosettes seulement sur le tronc des parapodes (fig. 82, f.). . . 

'. T. levipes, p. 220 

— Rosettes sur le tronc des parapodes 1 et 2 et sur les pinnules, un 
aiguillon (fig. 83, d) T. Apsteini, p. 220 ' 

— Rosettes sur la rame ventrale des parapodes 1 et 2 et sur les pin- 
nules; pas d'aiguillon (fig. 83, i) ... T. helgolandica, p. 221 

3. Une queue T. Nisseni, p. 222 

— Pas de queue. . . . * 4 

t. Pas de glandes hyalines ; glandes chromophiles inférieures (fig. 84, 

a) T. Cavallii, p. 222 

— Des glandes hyalines et chromophiles (fig. 84, b, c) 5 

ï. Glandes hyalines uniquement sur les pinnules dorsales des 3 e et 

4" parapodes (fig. 84, b, c) ...... . T. elegans, p. 223 

— Glandes hyalines sur les pinnules ventrales seulement (fig. 84, e). 6 
3. Glandes hyalines et chromophiles apicales (fig. 84, d) . . . . 

T. septentrionalis, p. 224 

— Glandes hyalines apicales, chromophiles inférieures (fig. 84, f) . 7 
7. Bord externe des pinnules frangeant dorsalement et ventralement 

le tronc des parapodes (fig. 84, e) . . . . T. ligulata, p. 224 



220 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

— Bord externe des pinnules ne frangeant pas le tronc des parapodes 

(fig. 84, f) T. planktonis, p. 224 

S. -genre incertain : Tomopteris Kefersteini (fig. 84, h) Greeff (Viguier, 
non Apstein) p. 225 

S.-G. JOHNSTONELLA Gosse 

Rosettes présentes; la queue existe presque toujours ainsi que le 1 er cirre 
les glandes hyalines manquent presque toujours. 

T. (Johnstonella) levipes Greeff. Fig. 82, d-f. — Tomopteris leoipe 
Greeff 1879, p. 276, pi. xv, fig. 44-45 ; Viguier 1886, p. 414, pi. xxvi: 
fig. 26;RosAl908,p.. 272. 

Corps très atténué postérieurement, terminé par une courte queue. - 
Prostomium à grosses antennes très écartées (fig. 82, d). Cérébroïde ova) 
transversal, bilobé. 2 yeux rouge brun, à cristallin. — 1 er appendice séti 
gère très court. 2 8 appendice sétigère égal environ aux 2/3 du corps, 15-2 
paires de parapodes diminuant graduellement et manquant sur la queue 
— Pinnules relativement étroites, en cuillère, à limbe continu fortemer 
incurvé vers la concavité de la rame. Grosses rosettes à pigment orang 
ou brun rouge, existant seulement sur le tronc des parapodes (81, f)- Le 
glandes des pinnules paraissent manquer? 

Atlantique (Canaries); Méditerranée (Alger). 

T. (Johnstonella) Apsteini Rosa. Fig. 83 a-d. — Tomopteris Apsteini Ros 
1908, p. 288, pi. xiii, fig. 10-13; Malaquin et Garin 1922, p. 31, pi. i: 
fig. 1-4, m, fig. 1-7, vu, fig. 1-3.' 3". scolopendra part. Keferstein 1861 
p. 360, pi. ix ; Apstein 1900, p. 42, pi. xi, fig. 18. T. onisciformis Grub 
(non Eschscholtz). 

Corps allongé à queue bien développée s'efEIant graduellement jusqu' 
devenir vermiforme. — Prostomium à grandes antennes plus ou moin 
aplaties, s'effilant graduellement jusqu'à 'l'extrémité (83 a). Ganglio 
cérébroïde allongé transversalement avec un étranglement médian asse 
marqué. 2 grands yeux peu pigmentés. — Premier appendice sétigèi 
persistant, de longueur variable. Le 2 e appendice sétigère égale les 2/ 
de la longueur du corps, ou davantage. 18 à 24 paires de parapodes grêlt 
ou trapus à grandes pinnules plus ou moins arrondies (b). — Une petil 
rosette sur. le tronc des 2 premières paires de parapodes située ventral* 
ment, près de la pinnule. Aux pieds suivants, une petite rosette sur U 
pinnules dorsales et ventrales. Une glande chromophile sur la pinnul 
ventrale des parapodes, à partir de la 3 B paire, devenant énorme dans le 
suivantes et faisant hernie dans la cavité de la rame. Un aiguillon et ue 
glande de l'aiguillon à tous les parapodes, seuls dans les 2 première 



POLYCHETES ERRANTES. 



TOMOPTERIDAE 



221 



paires, associés à la glande chromophile dans les suivantes (d). Gonades 
lans les deux rames à moitié de leur longueur. — L. 20 à 65 mm. 

Atlantique, Méditerranée (Messine, Naples, Monaco, Banyuls). 




r iG. 83. — Tomopleris Apsteini : a, tête avec épaulettes ciliées; b, 2" parapode; c, 
parapode caudal d'une 9 (d'après Rosa) ; d, 11» parapode X 20 (d'après Malaquin et 
Carin). — T. Missent : o, tête; f, œil (d'après Southern); g, 13* parapode x 12 (d'a- 
près Malaquin et Carin). — T. helgolandica : h, jeune spécimen x 15 (d'après Apstein) ; 
i, 6° parapode x 50_(d'après Malaquin et Carin). 

T. (Johnstonella) helgolandica Greeff Fig. 83, h, i. — Tomopleris Ca- 
harina Rosa 1908, p. 283. T. scolopendra Gosse 1865, p. 106. T. 
misciformis Carpenter et Claparède 1862, 49-68, pi. vu. T. helgo- 
andica Greeff, Apstein 1900, p. 38, pi. x, fig. 1-6; Malaquin 1022, 
). 35, pi. vi, fig. 1, vu, fig. 4-5. T. vitrina Vejdovsky 1878, p. 81, 
>1. vi-vn. — Escholtiia quadricornis Quatrefages 1865, II, p. 224. 

Corps plutôt étroit et allongé. 18 à 21 paires de parapodes dont 1/4 en- 
ïron pour la queue (83, h) — Prostomium à antennes courtes, une profonde 
ncisure frontale et cou mince. Ganglion cérébroïde ovale, faiblement 
ùlobé. 2 gros yeux noirs à cristallin. Le 1" appendice sétigère manque 
>arfois sur les exemplaires âgés. 2 e appendice sétigère atteignant environ 
es 2/3 du corps. — Parapodes à rames coniques, à pinnules de forme 
r ariable, arrondies ou ovales, plus ou moins allongées, ou même lan- 
:éolées sur les parapodes de la queue. Une rosette jaune au centre de 



222 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

chaque pinnule et une rosette sur la rame ventrale des 2 premiers para 
podes. Glande chromophile très petite, en position inférieure sur h 
pinnule ventrale. Gonades à l'extrémité des rames dorsales et ventrale: 
du 1 er au 13 e parapode. 

L. 12 à 17 mm. 

Atlantique, entrée de la Manche, Méditerranée (Trieste 

S.-G. TOMOPTERIS sensu stricto. 

Rosettes absentes; la queue manque presque toujours, et souvent le 1 er cirre 
les glandes hyalines existent presque toujours. 

T. Nisseni Rosa. Fig. 83, e, g. — Rosa 1908, p. 292; Southerj 
1910,'p. 17; pi. i, fig. 1-2; Malaquin et Carin 1922, p. 35, pi. n 
fig. 5, iv, fig. 1-4, vin, fig. 1-2. 

Corps de grande taille à 25-29 paires de parapodes pour le tronc et 5 i 
10, plus ou moins rudimentaires, pour la queue. — Prostomium sans coi 
marqué, antennes très grandes et larges, aplaties en lame de sabre (83 e) 
2 yeux bruns, assez grands, 2-3 cristallins (f), ganglion cérébroïde large e 
court. I e .' appendice sétigère manque. 2 e appendice sétigère atteignan 
de 3/4 à 2 fois la longueur du corps. Soies sans encoches. — Para 
podes à rames coniques, à pinnules arrondies dont la partie marginal* 
étroite est fortement plissée (g). Glandes chromophiles à partir du 4 e pa 
rapode, très grosses, sphériques, au bord inférieur de la pinnule ven 
traie. Glandes hyalines bien développées; rouge brun, de dispositioj 
très .variable, à partir du 3 e parapode, à la rame ventrale ; à partir di 
8 e -9 e , à* la rame dorsale. Gonades dans la rame dorsale seulement. 

L. 15 à 65 mm. 

Atlantique et côtes d'Irlande. 

T. Cavallii Rosa. Fig. 84 a. — Rosa 1908, p. 304, pi. xn, fig. 20 ; Sou 
thern 1910, p. 29. 

Corps ovale-lancéolé, sans queue, 15-20 paires de parapodes. — Pro 
stomium à cou court et épais. Antennes assez aplaties. Large échancrur 
frontale. Ganglion cérébroïde ovale transverse situé très en avant. 2 gro 
yeuxbrunsou jaunes au centre des 2 masses ganglionnaires. — 1 er appen 
dice sétigère manque, même chez les jeunes. 2 e appendice sétigère attei 
gnant les 2/3 du corps. Soies à rares encoches dans la région distale 
Parapodes à rames coniques peu écartées. Pinnules larges, arrondies 
se recouvrant en partie (84 a). Glandes chromophiles volumineuses, eu 
puliformes, au bord inférieur de la rame ventrale, à partir du 4 e pied 
Pas de glandes hyalines. Gonades du 1 er au 9 e -10 6 parapode, sur 1 
rame dorsale seulement. 

L. 12-13 mm. 

Atlantique (côtes ouest d'Irlande). — Océan Indien [et Atlantique Sud. 



POLYCHETES ERRANTES. — TOMOPTERIDAE 



223 



T. elegans Cmw. Fig. 84, b, c. — Rosa WOH, p. 294, pi. xn, fig. 16; 
Malaquin et Carin 192^, p. 37, pi. v, fig. 1-6, vin, fig. 3, 4, 5, ix, fig. 1-3. 
T. Kefersteini Apstein l'JOO, p. 41, pi. xi, fig. 15 (non Greeff, Viguieh.). 

Corps ovale, sans queue, 14 paires de parapodes. — Prostomium for- 
mant une éminence conique au fond de la profonde échancrure sépa- 
rant les antennes très larges à la base et ressemblant à une queue de 
Baleine. Ganglion cérébroïde arrondi ou ovale. 2 yeux brun-rouge, 
assez grands. — 1 er appendice sétigère bien développé. 2° appendice séti- 
gère atteignant environ les 2/3 du corps. Soies à encoches latérales. — 
Parapodes grêles et écartés, à rames coniques divergentes. Pinnules 
larges, obovales. Une glande chromophile conique renflée, en position 
apico-inférieure, à la rame ventrale, à partir du 4° pied (84 b). Glandes 
hyalines sur lapinnule dorsale des 3° et 4" parapodes seulement, en posi- 
tion apico-supérieure. Gonades à la rame dorsale [des parapodes 3 à 8 (c). 

L. 2 à 8 mm. 

Atlantique, Méditerranée. 




Fig.'84. — Tomopleris Cavallii : a, 5" parapode (d'après Rosa). — T. elegans : b, 4* 
parapotle (d'après Rosa) ; c, 4° parapode x 40 (d'après Malaquin). — T. septentrionalis : 
d, 4" parapode X 40 (d'après Malaquin et Carin). — T. liyulata : e, 5» parapode X 
40 (d'après Malaquin et Carin). — T. planktonis : t, 7" parapode (d'après Malawin et 
Carin). — T. Kefersteini : g, face dorsale x 12 (d'après Greeff); h, parapode moyen 
X DO (d'après Viguier). 



224 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

T. septentrionalis Quatrefages. Fig. 84, d. — Rosa 1908, p. 297, pi. xn, 
fig. 17; Apstein 1900, p. 41, pi. xi, fig. 16, 17; Malaquin et Carin 
1922, p. 38, pi. vi, fig. 3-4, ix, fig. 4. 

Corps ovale-lancéolé plus ou moins allongé et atténué postérieure- 
ment. Pas de queue, 20-23 paires de parapodes. — Prostomium à échan- 
crure frontale peu profonde. Cou large et court. Antennes assez épaisses. 
Ganglion cérébroïde ovale transverse, plus ou moins nettement bilobé. 
2 grands yeux brun-noir, écartés. — Le 1 er appendice sétigère manque 
toujours. 2 e appendice sétigère atteignant 1/2 à 4/5" du corps. Soies 
à fortes encoches dans la région distale. — Parapodes à rames coni- 
ques divergentes. Pinnules ovales allongées. Glandes chromophiles en 
coupole sur la rame ventrale, à partir du 4 e parapode, en position api- 
cale, représentées par quelques tubes glandulaires seulement. Sur la 
partie ventrale de la pinnule, un faisceau lâche de tubes allongés paral- 
lèles, se colorant très vivement. Glandes hyalines petites et peu dis- 
tinctes, situées apicalement, un peu au-dessus et en arrière de la glande 
chromophile. Gonades à la rame dorsale seulement du 2 e au 13 e -16 e para- 
pode (84, d). 

L. 10 à 14 mm. 

Atlantique (côte Ouest d'Irlande) ; Méditerranée. 

T. ligulata Rosa. Fig. 84, e. — Rosa 1908, p. 302, pi. xn, fig. 18-19. 
Malaquin et Carin 1922, p. 41, pi. n, fig. 6, vi, fig. 2, x, fig. 3-5. 

Corps lancéolé, sans queue, 20 à 24 paires de parapodes. — Prosto- 
mium formant une convexité frontale en continuité avec le bord anté- 
rieur des antennes de taille médiocre. Cou très court. Ganglion cérébroïde 
ovale-transverse. 2 assez gros yeux rouges, écartés. Le I e ' appendice 
sétigère manque toujours. 2 e appendice sétigère à base globuleuse, attei- 
gnant des 2/3 aux 4/5 du corps. Soies très fines. — Parapodes à rames 
coniques. Pinnules ovales allongées frangeant dorsalement et ventrale- 
ment le tronc du parapode. Glande chromophile volumineuse sur la 
pinnule ventrale, à partir du 4 e pied, en position inférieure (84, e). 
Glande hyaline, à partir du 3 e pied, ressemblant à une rosette à tache 
brune à tubes rayonnants, en position apico-supérieure sur la pinnule 
ventrale. Gonades, à la rame dorsale, à partir du 3 e parapode. 

L. 6 à 20 mm. 

Atlantique. 

T. planktonis Apstein. Fig. 84, f. — Apstein 1900, p. 42, pi. xi, 
fig. 21-22; Rosa 1908, p. 301; Malaquin et Carin 1922, p. 39, pi. x, 
ng. 1-2. 

Corps ovale-lancéolé, aspect massif, extrémité postérieure très acumi- 
née, pas de queue. 13-18 paires de parapodes. — Prostomium sans échan- 



POLYCHÈTES ERRANTES. TOMOPTERIDAE 225 

-crure médiane, le bord antérieur des antennes étant continu. Cou large 
•et très court. Ganglion cérébroïde ovale-transverse, légèrement bilobé. 
2 grands yeux noirs écartés, 1 er appendice sétigère manque. 2" appen- 
dice sétigère à base globuleuse, atteignant les 3/4 du corps. Soies remar- 
quablement délicates. — Parapodes à rames coniques. Pinnules ovales. 
Glande. chromophile très volumineuse, en coupole, en position inférieure, 
près de l'insertion ventrale de la pinnule, à partir du 4 e pied. Glande 
hyaline transparente et peu pigmentée, en position apicale, uniquement 
sur la rame ventrale. Gonades seulement sur la rame dorsale, presque 
à l'extrémité (84). — L. 3 à 11 mm. 

Atlantique, Méditerranée (Messine). 

T. Kefersteini Greeff. Fig. 84, g, h. — Greeff 1810, p. 275, pi. xv, 
fig. 40, 41, 43, 46, 47; Viguier 1880, p. 412, pi. xxv, fig. 3-10; Rosa 1908, 
p. 313 {non Apstein, Lo Bianco, Schwartz). 

Corps étroit et allongé, sans queue. 13 à 17 paires de parapodes. — 
Prostomium formant une éminence dans l'échancrure séparant les 
antennes à large base. Cou large et court. Ganglion cérébroïde arrondi 
ou ovale. 2 yeux rouge-brun à 2 ou 4 cristallins. — 1 er appendice sétigère 
plus court que les antennes. 2« appendice sétigère atteignant la moitié du 
corps (84, g). — Parapodes à rames coniques. Pinnules arrondies (h). 
Glande chromophile volumineuse, sur la rame ventrale. En position 
apicale, sur les rames dorsale et ventrale de tous les parapodes, un corps 
arrondi, jaune-clair (rosette ou glande hyaline ?); Gonades à la rame 
■dorsale et ventrale de tous les parapodes. — L. 4-5 mm. 

Atlantique (Canaries) ; Méditerranée (Alger). 
t 

Incertae sedis : 

T. scolopendra (Quoy etGMMARD) [non Keferstew et Apstein]. — Briarea scolo- 
pendra Quoy et Gaimard 1827. — (?) T. scolopendra Gosse 1855, ; Rosa 1908, 
p. 309. T. briarea Quatrefages 1865, II, p. 226. 

24-25 paires de parapodes. Une queue égale à la moitié de la longueur du 
corps portant des parapodes rudimentaires, puis nue à l'extrémité. — Prosto- 
mium à profonde échancrure frontale entre 2 antennes courtes. Yeux noirs. 
l 8r appendice sétigère manque. 2* appendice sétigère atteignant la moitié de 
la longueur du corps, avecune série de points brun rougeâtre. Pinnules étroites, 
lobées à l'extrémité {?). 

Cette espèce, trouvée à Gibraltar, est peut-être la même que le T, helgolan- 
dica, mais la description originale, trop incomplète, n'en permet pas l'identifi- 
cation certaine. La T. scolopendra d'ApsTEra est une autre, espèce. 



15 



226 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



F. TYPHLOSCOLECIDAE Uljanin. 



Annélides pélagiques, transparentes à corps fusiforme ou cylindrique. — 
Prostomium terminé en palpode. Pas d'yeux. Organes nucaux saillants, bien 
développés. Segment buccal soudé au prostomium, indistinct et portant 
2 grands cirres foliacés. Aux 2 segments suivants, une seule paire de cirres. 
A partir du 3 e , cirres dorsaux et ventraux foliacés. — 2 cirres anaux foliacés. 

— Mamelons pédieux réduits, avec un acicule et quelques soies aciculaires, 
simples. Dans les cirres, de grandes cellules bacillipares de structure spéciale. 
Au-dessus du pharynx, un organe en forme de retorte bourré de boyaux 
glandulaires et faisant saillie dans la trompe. — Sexes séparés. Développe- 
ment direct. 

Tableau des genres. 

î. Prostomium portant de grands lobes dorsaux et ventraux garnis 
de longs cils (fig. 85, f, g) G. Typhloscolex, p. 226 

— Pas de grands lobes ciliés 2 

2. Une caroncule enserrée entre 2 organes nucaux en bourrelet 

allongé (fig. 86, e] G. Travisiopsis, p. 228 

— Pas de caroncule marquée. Organes nucaux plus ou moins sail- 
lants (fig. 85, a) G. Sagitella, p. 228 

i 

G. TYPHLOSCOLEX Bcscu. 

Corps court, cylindrique. — Antenne avec un moignon cylindrique à son 
bord ventral. Prostomium portant un gros bourrelet dorsal et un ventral garnis 
d'un grand nombre de longs cils vibratiles. 2 bourrelets semblables, mais 
plus petits, de chaque côté du bourrelet dorsal. 2 cirres foliacés sur le prosto- 
mium. — Aux deux premiers segments, une paire de cirres foliacés, ensuite 
des cirres dorsaux et des cirres ventraux. Soies à partir du 5 e segment. — 

— 2 cirres anaux allongés. — Un organe en forme de retorte au-dessus du 
pharynx. 

T. Mulleri Busch. Fig. 85, f-h." — Reibisch 1895, p. 52, pi. v, fig. 1-5. 

— Sagitella Kowalevshii (forme B) Wagner 1872. S. barbata Uljanin 
1878, p. 6, pi. r, fig. 2. S. Bobretzkii Wagner 1812. — (?)S. praecox Ul- 
janin 1878, p. 8, pi. i,fig. 3. (?) Acicularia Virchowi Greeff 1879, p. 237. 

Corps élargi en avant, atténue' postérieurement, annelé transversale- 
ment, 15 à 25 segments. — Antenne impaire, en palpode, filiforme, avec 



POLYCHETES ERRANTES. — TYPHLOSCOLECIDAE 



227 



!»jfc 








a 



Fig. 85. — Sagilella fCuivalewskii : a, face dorsale x 12; b, région antérieure, de profil 
X '.W (d'après Uuanin); c, d, tête, face et profil, avec l'organe en « retorte • , grossi 
(d'après Southern) ; e, un cirre, très grossi (d'après Greeff). — TypMoscolex Mullcri : f , 
forme jeune (T. praecox), grossi (d'après Ulmnin); g, région antérieure, de profil 
(d'après Reibisch) j h, cirre céphaliquex 30. — Travisiopsis lobifera: i, k, « cellules en 
tamis » ou « faisceaux de bâtonnets •, des cirres, en coupe longitudinale et transver- 
sale, colorées à l'hématoxyline. 

un gros renflement cylindrique, ventral, à sa base (85, g). Bourrelets 
dorsaux et ventraux du prostomium de même largeur, formant capuchon 
à bords garnis de longs cils. Sous le capuchon dorsal, un bouton vibra- 
tile, de chaque côté. De chaque côté de la tête, un grand cirre foliacé 
à bord sinueux (85, h). — Les deux segments suivants portent chacun 
une seule paire de grands cirres semblables. Les autres segments sont 
pourvus d'un cirre dorsal et d'un cirre ventral arrondis, à bords légère- 
ment sinueux, à . nombreux organes bacillifèrcs. — 2 cirres ananx 
elliptiques. — A partir du 5 e segment, do petits parapodes à 2 soies, 
aciculaires. Au-dessus du pharynx, un organe en forme de retorte bourré 
de glandes. 
L. 2 à 5 mm. — Incolore, transparent. 

Pélagique. — Atlantique, Méditerranée, Adriatique (Villefranche, Monaco, 
Naples, Trieste). 



228 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



G. SAGITELLA N. Wagner. 

Corps cylindrique. — Prostomium conique terminé par un palpode. Pas de 
larges bourrelets vibratiles. Un renflement au-dessus du cerveau et 2 organes 
"nucaux plus ou moins saillants. Un grand cirre foliacé de chaque côté de la 
tête. — Aux deux premiers segments, une paire de cirres foliacés, ensuite des 
■cirres dorsaux et des cirres ventraux. Soies à partir du 3° segment. 2 .cirres 
anaux foliacés. — Un organe en retorte au-dessus du pharynx. 

S. Kowalewskii N. Wagner. Fig. 85, a-c. — Uljanin 1878, p. 1, pi. iy; 
Reibisch 1895,' p. 56, pi. v, fig. 9; Fauvel 1916, p. 71. — Acicularia 
Virchowii Langerhans 1877, p. 727. — Typhloscoiex Mûlleri Greeff 
(non Busch) 1819, p. 661, pi. xxxix. 

Corps allongé, longuement fusiforme, segments assez distincts, 25 à 50. 

— Prostomium conique arrondi terminé par un palpode filiforme sans 
renflement ventral. Un renflement bombé au-dessus des cérébroïdes et 
2 organes nucaux en boutons ciliés (85, c-d). De chaque côte' de la tête, 
un grand cirre foliacé. — Aux deux segments suivants, un cirre semblable 
de chaque côté. Les autres segments sont pourvus d'un, cirre dorsal et d'un 
cirre ventral en large lamelle arrondie (b-e). 2 grands cirres anaux obo- 
vales. — Parapodes peu développés avec 2-3 soies aciculii'ormes, sauf aux 
premiers segments. Dans les cirres, des cellules bacillipares spéciales. — 
Organe en retorte bien développé au-dessus du pharynx (d)' . 

L. 5 à 15 mm. — Jaune tirant un peu sur le rose. 

Pélagique. — Atlantique (côtes d'Irlande, golfo de Gascogne); Méditer- 
ranée. 

Nota. Southern a décrit sommairement une Sagitella spéc. à organes nucaux 
très saillants, peut-être identique à la S. cornuta Ehlers de l'Atlantique Sud. 

G. TRAVISIOPSIS Leviksen. 

Corps trapu, cylindrique. — Prostomium conique terminé en palpode plus 
ou moins aigu. Pas de larges bourrelets vibratiles. Au-dessus du cerveau, une 
grosse papille saillante (caroncule) flanquée de 2 bourrelets qui l'enserrent 
(organes nucaux) (fig. 86, d-e). Un grand cirre foliacé de chaque côté de la tête. 

— Une seule paire de grands cirres foliacés aux 2 premiers segments, ensuite 
des cirres dorsaux et des cirres ventraux très écartés du mamelon pédieux à 
soies aciculiformes. 2 cirres anaux foliacés, — Un organe en retorte. 

1. Cirres moyens cordiformes (fig. 86, c). Caroncule ovale, bourre- 
lets nucaux courts (d) T. lobifera, p. 229 

— Cirres moyens plus ou moins carrés (fig. 86, g) 2 

2. Cirres anaux lancéolés. Caroncule élargie en avant, rétrécie en 



POLYCHETES ETIRANTES. TYPHLOSCOLECIDAE 229 

arrière, enserrée entre deux longs bourrelets nucaux (fig. 86, e). 

T. lanceolata, p. 229 

— Cirres anaux spatules. Caroncule rectangulaire. Bourrelets nu- 
caux ne l'enserrant pas en avant (fig. 86, h.). T. Levinseni, p. 229 

T. lobifera Levinsen. Fig. 86, a-d. — Levinsen 1885, p. 336, pi i T 
fig. 17-20; Fauvel 1016, p. 73. 

Corps cylindrique, à peine atténué aux extrémités, 21 segments dis- 
tincts. — Prostomium terminé en palpode court, épais, cylindrique ou 
conique (fig. 86, d). Caroncule saillante, arrondie ou ovale, llanquée de 
deux bourrelets saillants, ciliés (organes nucaux) qui l'enserrent en 
avant et s'écartent en arrière. De chaque côté, un grand cirre foliacé 
creusé en coquille. Une paire de cirres semblables aux 2* premiers 
segments, ensuite des cirres dorsaux et ventraux lancéolés (c), à cellules 
spéciales, « en tamis » (85, i, k) écartés du mamelon pédieux qui porte un 
aciculo et 2 soies aciculaires (86, b). Cirres anaux, courts, larges, arrondis 
ou subrectangulaires assez variables de forme. — Organe en retorte bien 
développé: 

L. 20 à 25 mm. — Coloration jaunâtre. Dans l'alcool, incolore, blan- 
châtre. 

Pélagique. — Atlantique (parages de Gibraltar), Açores, Canaries. 

T. lanceolata Socthebn. Fig. 86, e-g. — Southern 1910, p. 30, pi. i t 
fig. 3, 5, 6; Fauvel 1916, p. 75. 

Corps fusiforme, 22 segments. — Prostomium conique à large base et 
terminé en petit appendice filiforme. Caroncule élargie en avant et rétrécie 
en arrière en un petit lobe saillant (86, e). Bourrelets latéraux (organes 
nucaux) rétrécis à la partie antérieure qui enserre la caroncule et prolongés 
en arrière jusqu'au 4* segment. Le segment buccal et les 2 suivants 
portent chacun une seule paire de cirres réniformes. Aux segments sui- 
vants, des cirres dorsaux et ventraux presque carrés, à échancrure étroite 
au point d'insertion (g). Cirres postérieurs et cirres anaux lancéolés, ren- 
forcés par une nervure hyaline (f). Parapodcs peu saillants à soies aci- 
culaires. 

L. 20 à 30 mm. — Transparent, légèrement teinté de brun. Dans 
l'alcool, blanc de lait. 

Pélagique. — Atlantique (eûtes d'Irlande, golfe de Gascogne, Canaries, 
Açores). 

T. Levinseni. Southern. Fig. 86, h, i, k. — Southern 1910; p. 32, pi. n, 
fig. 7-10; Fauvel, 1916, p. 76. 

Corps court, fusiforme, 25 segments. — Prostomium conique terminé 
en court palpode filiforme. Caroncule grande, plate, presque rectangulaire 
à angles arrondis (86, h). Organes nucaux en bourrelets courts, divergents, 



230 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 86. — Travisiopsis lobifera : a (d'après Levinsen) ; b, soies ; c, cirre dorsal ; d, tête, 
très grossie (d'après Southern). — Tr. lanceolata : e, tête; f, extrémité postérieure; 
g, un segment avec ses cirres, grossi (d'après Southern). — Tr. Levinseni : h, tête ; 
k, extrémité postérieure; i, un segment et un cirre, grossis (d'après Southern). 



n'enserrant pas la caroncule en avant. De chaque côté de celle-ci, 2 petits 
boutons arrondis. 2 grands cirres recourbés en coquille sur la tête. — 
Les 2 segments suivants n'ont qu'une paire de cirres foliacés. Ensuite, 
des cirres dorsaux et ventraux presque carrés à insertion très large (86, i). 
Cirres anaux spatules. Parapodes peu saillants, à 3 soies aciculaires. — 
Organe en retorte bilobé. 

L. 20 à 24 mm. — Incolore ou jaunâtre. 

Pélagique. — Atlantique (côtes d'Irlande, Açoresl. 



POLYCHETES ERRANTES. — HESIONIDAE 231 



F. HESIONIDAE Grube. 
(Hésioniens.) 

Corps court, cylindrique, à segmentation souvent peu marquée, ou allongé, 
scolapendriforme. — Prostomium simple ou bilobé. \ yeux ('). 2 ou 3 antennes. 
2 palpes biarticulés ('). — Trompe cylindrique, exsertile, avec ou sans mâchoi- 
res cornées. — Premiers segments du corps (1 à 4) distincts ou fusionnés et 
portant chacun, 2 paires de cirres tentaculaires. — Parapodes sesquirèmes ou 
birèmes. Longs cirres dorsaux plus ou moins nettement articulés. Rame dorsale, 
réduite souvent au cirre-et à un acicule. Soies dorsales simples, quand elles 
existent. Rame ventrale bien développée, avec des soies composées (3). Cirres 
ventraux plus courts que les dorsaux. — Pygidium avec 2 urites. 

Remarques. Le prostomium des Hésioniens est le plus souvent rectangu- 
laire," parfois bilobé avec une'échancrure postérieure cordiforme. Il importe 
de noter que sa forme est assez différente suivant que la trompe est invaginée 
ou extroversée ; dans ce dernier cas, il est toujours plus élargi transversalement 
et moins nettement bilobé. Les -antennes sont petites) filiformes, inarticulées, 
insérées au bord antérieur du prostomium. 

Les palpes généralement insérés un peu au-dessous et en dehors des antennes 
latérales sont d'ordinaire nettement biarticulés et un peu plus massifs que les 
antennes. 

La trompe dévaginéo est presque toujours cylindrique, à large ouverture 
circulaire bordée ou non d'une couronne de papilles. Souvent inerme, elle peut 
renfermer 2 mâchoires cornées, une supérieure et une • inférieure, sauf chez 
Magalia où elles sont latérales avec, en outre, un stylet médian. 

Le ventricule qui lui fait suite peut porter une paire de caecums ou de vessies 
latérales dans lesquelles l'animal peut introduire de l'air ou de l'eau suivant un 
procédé observé et décrit par Eisig et de Saint-Joseph. 

Les premiers segments sont souvent intimement .soudés et reconnaissables 
seulement par le nombre de paires de cirres tentaculaires, ordinairement au 
nombre de 6 ou de 8. UQrseis pulla, qui n'en possède que deux paires, est sans 
doute un stade post-larvaire. 

La plupart des auteurs distinguent les Hésioniens en espèces à parapodes 
uniramés ou biramés. En réalité, il existe toujours un rudiment de rame dor- 
sale, celle-ci étant représentée au moins par le cirre dorsal et un acicule. Dans 
•ce cas, le parapode est sesquireme. Quand il existe, comme c'est le cas fré- 
quent, une ou plusieurs soies dorsales simples, avec un petit mamelon sétigère, 
le parapode est subbirème, mais ces soies dorsales très fragiles et peu nom- 
breuses peuvent facilement échapper à l'observation. 

(1) Sauf dans le genre Microphthalmus. 

(2) A l'exception du genre Hesione. 

(3) Sauf chez Ancistrosyllit et Ptlargis. 



232 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Dans les genres Leocrates et Ophiodromus, la rame dorsale est bien déve- 
loppée et le parapode nettement biraraé. 

Les cirres dorsaux sont d'ordinaire articulés, ainsi que les cirres tentacu- 
laires, mais il ne faut pas perdre de vue que cet aspect peut facilement s'effacer,, 
ou même disparaître complètement, après fixation ou conservation dans l'alcool. 
Sur un animal fixé en pleine vigueur, ce caractère peut au contraire s'accen- 
tuer. Ceci explique comment certaines espèces ont été décrites tour à tour avec 
des cirres lisses ou articulés et montre l'importance très relative qu'il faut 
attacher à ce caractère. 

Les soies dorsales sont toujours simples et les ventrales toujours composées, 
très analogues aux soies en serpe hétérogomphe des Nereis. Sous le rostre de- 
la serpe, simple ou bidenté, on observe fréquemment une mince dent aiguë qui 
est parfois le reste d'une sorte de membrane sous-rostrale. Les jeunes soies,, 
à leur sortie du parapode, sont souvent encore munies d'une lame dissectrice 
^bien figurée par Claparède chez Leocrates Claparedii (fig. 88, m). 

Tableau des genres. 

1. 2 antennes (fig. 87 b) 2' 

3 antennes. 2 palpes biarticulés (fig. 88, i) <?- 

2. Pas de palpes. 8 paires de cirres tentaculaires (fig. 87 b). . . 
G. Hesione, p. 233 

— 2 palpes biarticulés (fig. 89 a) 3 

3. 2 paires de cirres. Soies simples (fig. 94, a). G. Pilargis, p. 251 

— 6 paires de cirres tentaculaires (fig. 92, a) -4 

— 7 paires de cirres tentaculaires. Pas de mâchoires 

G. Peribœa, p. 247 

— 8 paires de cirres tentaculaires (fig. 89, a) 5- 

4. 2 replis cornés dans la trompe G. Castalia, p. 240 

— 2 mâchoires latérales et un stylet médian (fig. 92, b). . . . 
G. Magalia, p. 246 

5. Pas de mâchoires. Corps court, cylindrique à segments peu 

nombreux G. Dalhousiella, p. 234 

— Pas de mâchoires. Corps allongé, scolopendriforme, à segments 

nombreux (fig. 89, a) G. Kefersteinia, p. 238 

6. 2 paires de cirres tentaculaires (fig. 93, g) 7' 

— 6 paires de cirres tentaculaires (fig. 90, f) 8 

— 8 paires de cirres tentaculaires (fig. 88, a) 10' 

7. Gros palpes ovoïdes. Soies simples (fig. 94, a)- 

* . G. Ancistrosyllis, p. 250 

— Palpes allongés. Soies composées (fig. 93, g). . G. Orseis, p. 248 

8. 2 yeux. Une plaque anale (fig. 93, b). . G. Microphthalmus, p. 249 

— 4 yeux. Pas de plaque anale 9> 

9. Parapodessubbirèmesousesquirèmes (fig.91,f). G. Podarke, p. 244 

— Parapodestrèsnettementbiramés(fig.90,g). G. Ophiodromus, p. 242 



POLYCHETES ERRANTES. 



HESIONIDAE 



233 



10. 2 mâchoires. Parapodes biramés (fig. 88, h, c). G. Leocrates, p. 235 

— Pas de mâchoires. Parapodes biramés (fig. 90, d) 

G. Oxydromus, p. 241 

G. HESIONE Savigky sensu Grube. 
[Fallacia Quatrefages, Telamone Claparède.] 

Corps cylindrique court, à segments peu nombreux, segmentation indistincte. 
— Prostomium bilobé. 4 yeux. 2 petites antennes. Pas d'antenne impaire. — Pas 
de palpes. — Trompe cylindrique, sans mâchoires. — 8 paires de cirres tentas 
culaires. — Parapodes sesquirèmes. Longs cirres dorsaux articulés avec fins 
acicules à la base. Rame ventrale très développée, à soies composées à serpe 
bidentée. Cirres ventraux plus courts que les dorsaux. — Pygidium avec aïius 
terminal et 2 urites. 

H. pantherina (Risso). Fig. 87. — Saint-Joseph 1898, p. 329, pi. xix, 
fig. 131-134. H. sicula Jourdan 1892, p. 243, pi. vi, fig. 9. H. Steenstrupi 
Qcatrefages 1865, p. 85, pi. ix, fig. 17. — V H. festiva Sav., Risso 1826. 
? H. splendida Savigny 1820. — Fallacia pantherina Risso, Quatre- 




Fio. 87. — Hesione pantherina :a, grandeur naturelle ; b, tête et trompexfi; c, d, deux 
parapodes d'un même individu, grossis; e, f, soies composées à serpe courte et 
longue X 400 ; g, extrémité d'une serpe x -150. 



234 , FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

fages 1865, p. 98. F. sicula Marion 1875, p. 46, pi. xn, fig. 28. — 
Telamane sicula Claparède 1868, p. 231, pi. xvm, fig. 4. 

Corps cylindrique, faiblement atténué en arrière, à segments indis- 
tincts, sauf sur les flancs (87, a). 16 sétigères. — Prostomium échancré 
légèrement en avant et fortement en arrière (b). 4 yeux disposés en tra- 
pèze, les antérieurs plus gros et plus écartés. 2 petites antennes insérées 
aux angles antérieurs externes du prostomium. — 8 paires de cirres ten- 
taculaires de longueur inégale disposés de chaque côté du segment buc- 
cal apode sur 3 rangées obliques superposées : 3,3,2. Ils ont une base 
annelée, dans laquelle pénètrent 4-5 acicules jaunes assez fins, et sont 
composés de nombreux articles. — Trompe à large ouverture circulaire 
béante, lisse. Une grosse papille conique dorsale au tiers inférieur. — 
Longs cirres dorsaux à très nombreux petits articles et à gros cirrophore 
renfermant plusieurs fins acicules transparents. Rame ventrale en forme 
de volumineux cylindre creux, soutenu par 2 gros acicules noirs, iné- 
gaux, terminé par deux lèvres verticales • entre lesquelles font saillie 
au-dessus des soies une ou deux petites languettes coniques, , souvent 
rétractées (c, d). Soies ventrales composées à longue hampe à articulation 
hétérogomphe portant une serpe plus ou moins longue bidentée avec une 
dent accessoire longue et mince (e, f). Cirre ventral indistinctement arti- 
culé dépassant peu le mamelon pédieux. — Dernier segment achète avec 
seulement un cirre dorsal et un cirre ventral. — Pygidium en mamelon 
cylindrique avec anus terminal entouré de quelques petits lobes. 2 longs 
urites. 

L. 5 à 6 cm. — Coloration assez variable, moucheté de brun et réticulé 
de blanc, ou tigré de taches brunes allongées ou arrondies. Cuticule iri- 
sée. Face ventrale blanc nacré. Prostomium brunâtre. Dans l'alcool, le 
dos est souvent ridé et annelé plus ou moins distinctement. 

A mer basse sous les pierres. Dans les dragages et pélagique. 
Atlantique (côte basque), Méditerranée. — Mer Rouge, golfe Persique. 

G. DALHOUSIELLA Me' Intosh. 

Corps court, cylindrique, à segments peu nombreux. — Prostomium bilobé. 
4 yeux. 2 petites antennes. 2 palpes biarticulés. Pas d'antenne impaire. Trompe 
cylindriqne, sans mâchoires. — 8 paires de cirres tentaculaires. — Parapodes 
sesquirèmes. Très longs cirres dorsaux articulés, avec acicules à la base. Pas 
de soies dorsales. Rame ventrale très développée, à soies composées à serpe 
bifide à l'extrémité. Cirres ventraux plus courts que les dorsaux. — Pygidium 
avec anus terminal. 2 urites. 

D. Carpenteri Me' Intosh. Fig. 88, o-r. — Me' Intosh 1908, p. 134, 
pi. lviii, fig. 18, lxxvhi, fig. 7; Fadvel 1°14, p. 124, pi. vu, fig. 10-13, 
22. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — HESIONIDAE 235 

Corps trapu., 17 sétigères. — Prostomium arrondi en avant, bilobé, 
échancré en arrière (88, o). 4 yeux disposés en carré. 2 petites antennes 
subulées. 2 palpes presque de même longueur que les antennes mais plus 
gros et articulés avec petit article terminal conique. — Un tubercule 
facial. — 8 paires de longs cirres tentaculaires légèrement moniliformes, 
avec acicules dans le cirrophore. — Trompe courte, volumineuse, cylin- 
drique, à largo ouverture circulaire, très lisse à l'intérieur et sans trace 
de mâchoires. Cirres dorsaux striés transversalement et faiblement 
moniliformes à l'extrémité (p), 2-3 petits acicules noirs dans le cirro- 
phore. — Pas de soies dorsales. Rame ventrale volumineuse, cylindro- 
conique, terminée par 2 lèvres verticales et une petite papille conique. 
Soies ventrales composées, à hampe élargie, à articulation hétérogomphe 
et article terminal en serpe plus ou moins allongée, pectinée sur le bord 
concave et terminée par une pointe bifide à 2 dents subégales courtes 
et recourbées, ou longues et minces presque parallèles (q, r). Cirres ven- 
traux courts, dépassant à peine le mamelon sétigère. — 2 courts urites. 

L. 15 à 18 mm., sur 3 à 4 de large, pieds compris. — Décoloré dans 
l'alcool. 

Dragages profonds sur fonds de roche ou de vase, parmi les Eponges sili- 
ceuses. 
Atlantique (entrée de la Manche, Açores). 

G. LEOCRATES Kwberg. 
[Tyrrhena Claparède, Dalhousia Me' Intosh.] 

Corps cylindrique, court, à segments peu nombreux. — Prostomium bilobé 
en arrière. 4 yeux. Une antenne impaire. 2 antennes latérales. 2 palpes biarti- 
eulés. Un tubercule facial. — Trompe cylindrique, à 2 mâchoires cornées, une 
dorsale et une ventrale. — 8 paires de cirres tentaculaires. — Parapodes bira- 
més. Longs cirres -dorsaux articulés avec acicules à la base. Rame dorsale 
petite. Soies dorsales capillaires, striées transversalement. Rame ventrale très 
développée, à soies composées, à. serpe bidentée. 4 cirres ventraux plus courts 
que les dorsaux. — Pygidium avec anus terminal. 2 urites. 

1. Mâchoire supérieure à 2 dents en éventail (fig. 88, h.). Yeux 

gros. Soies dorsales finement épineuses. . L. atlanticus, p. 235 
* — Mâchoire supérieure à une seule dent recourbée en aiguillon de 
rosier (fig. 88, 1). Yeux plus petits. Soies dorsales fortement épi- 
neuses L. Claparediî, p. 237 

Nota. Ces deux espèces, très voisines, ne diffèrent que par les caractères ci- 
dessus, ainsi que je m'en suis assuré sur des spécimens de Naples et des Açores. 

L. atlanticus Me' Intosh. Fig. 88,a-h. — Leocrates atlantica Me' Intosh 
1908, p. 130, pi. lviii, fig. 17, lxix, fig. 17, lxxviii, iig. 5. •— Leocrates 



236 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



atlanticus Fauvel 191k, p. 123, pi. i, fig. 3-4, vu, fig. 23. — Dalhousic 
atlantica Me' Intosh 1885, p. 186, pi. xv, fig. 5-7. — Tyrrhena atlanticc 
Roule 1907, p. 52, pi. n, fig. 10, v, fig. 36-39, vin, fig. 72-73. 

Corps légèrement atténué en arrière. 17 sétigères. — Prostomium carré 
arqué en avant, profondément bilobé en arrière (88, h). 4 gros yeux noirs 




Fig. 88. — Leocrates atlanticus : a, grandeur naturelle; b, prostomium, grossi; c, pa- 
rapode x 15 ; d, e, f , soies composées à longue et a courte serpe x 350 ; g, soie dor- 
sale simple x350; h, mâchoires. — L. Claparedii : i, prostomium, grossi; k, para- 
pode x 15 ; 1, mâchoires (d'après Claparède) ; m, soie inférieure à lame dissectrice 
X 250; n, soie dorsale simplex 350. — Dalhousiella Carpenteri : o, prostomium; p, 
parapode ; q, r, soies. 



disposés en carré, les antérieurs plus gros, à cristallin central, les posté- 
rieurs à contours peu définis, souvent dédoublés, de taille très variable. 
Antenne impaire courte, subulée. 2 petites antennes latérales subulées! 
2 palpes un peu plus gros que les antennes et à peu près de même lon- 
gueur, biarticulés, à court article terminal. Un tubercule facial bien mar- 
qué. — Trompe courte, à large ouverture circulaire, à bord antérieur 
finement velouté. 2 mâchoires (88, h) chitineuses, jaunâtres, transpa- 
rentes ; la supérieure se terminant en deux dents arrondies, aplaties, 
divergeant en éventail bifide, l'inférieure terminée en dent conique 
obtuse, avec parfois une sorte de capuchon chitineux. — 8 paires de 



POLYCHETES ERRANTES. — HESIONIDAE 237 

longs cirres tentaculaires subégaux, finement articulés, à cirrophore 
innelé renfermant des acicules, ils sont disposés sur 3 rangées obliques- 
superposées : 3, 3, 2. — Longs cirres dorsaux finement articulés, à 
cirrophore faiblement annelé (c). Rame dorsale petite, en mamelon coni- 
que avec un acicule noir et un faisceau de fines soies capillaires striées 
transversalement et garnies à l'extrémité de très petites épines (g). 
Itame ventrale beaucoup plus développée, cylindro-conique, soutenue 
par 1-2 acicules noirs et terminée par une papille, conique. Soies ven- 
trales nombreuses, robustes, jaunâtres, toutes composées, à hampe striée 
longitudinalèment et transversalement, élargie à l'extrémité, à articula- 
tion hétérogomphe. Article terminal en serpe courte ou longue (d, e) 
finement ciliée sur le bord tranchant, terminée par deux dents recour- 
bées sous lesquelles se dresse une longue et mince épine. Cirres ven- 
traux minces, subulés, indistinctement annelés et dépassant peu le 
mamelon pédieux. — Les parapodes du dernier segment sont très petits 
2t réduits à leurs cirres. Pygidium cylindrique, à anus terminal. 2, longs 
arites. 

L. 20 à 30 mm. — Sur le vivant, coloration rouge plus ou moins foncé 
ï reilets irisés. Dans l'alcool, blanc mat. 

Dragages profonds sur fonds de vase, de sable ou de roche. 
Atlantique (Açores, Iles du Cap- Vert, Ouessant) ; Méditerranée. 

L. Claparedii (Costa). Fig. 88, i-n. — Castaiia Claparedii Costa in 
'Ut. — Tyrrhena Claparedii Claparède 1868, p. 228, pi. xvm, fig. 3. 

Corps atténué en arrière. 10-17 sétigères. — Prostomium carré, arqué 
;n avant, profondément bilobé en arrière \88, i). 4 petits yeux noirs 
lisposés en carre, à contours bien définis, les antérieurs un peu plus 
jrands,- avec un cristallin. Une antenne impaire courte,' subulée. 2 petites 
intennes latérales subulées. 2 palpes un peu plus gros que les antennes, à 
jeu près de même longueur, biarticulés, à court article terminal. Untuber- 
;ule facial assez gros, en forme de gland à large cupule, ou simplement 
)voïde. — Trompe courte, à large ouverture circulaire portant une rangée 
le grandes papilles ovales, aplaties, peu saillantes. 2 mâchoires chiti- 
îeuses jaune clair, transparentes, la supérieure et l'inférieure se termi- 
îant chacune par une dent comprimée recourbée en aiguillon de rosier il). 
— 8 paires de longs cirres tentaculaires subégaux, finement articulés, à 
;irrophore annelé renfermant des acicules; ils sont disposés sur trois 
■angées obliques superposées : 3,3,2. — Longs cirres dorsaux finement 
irticulés, à cirrophore annelé. Rame dorsale petite, en mamelon cylin- 
Irique avec acicule noir et un faisceau de fines soies capillaires striées 
xansversalcmcnt et garnies d'épines bien marquées (n). Les soies dor- 
sales n'apparaissent qu'au 4°-5 9 sétigère. Rame ventrale beaucoup plus 
léveloppée, cylindroconique, soutenue par 1-2 acicules noirs et terminée 
aar une papille conique (k). Soies ventrales nombreuses, robustes, jau- 



238 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

nâtres, toutes composées, à hampe striée transversalement etlongitudina- 
lement, élargie à l'extrémité, à articulation hétérogomphe. Article ter- 
minal en serpe plus ou moins longue, ciliée sur le bord "tranchant et 
terminée par 2 dents recourbées sous lesquelles se dresse une longue 
et minceépine; certaines portent une longue lame dissectrice effilée (') (mi. 
Cirres ventraux minces, subulés, indistinctement annelés et dépassant 
peu le mamelon pédieux. — Les parapodes du dernier segment très petits 
et réduits à leurs cirres. Pygidium cylindrique à anus terminal. 2 longs 
urites. 

L. 20 à 45 mm. sur 4 mm. — Coloration sur le vivant, rose-chair irisé ; 
dans l'alcool, blanc mat. 

Dragages côtiers. — Méditerranée (Naples). 

G. KEFERSTEINIA Quatrefages. 
[Psamathe Kefersteix, Castalia pro parte.] 

Corps allongé, scolopendriforme. — Prostomium bilobé: 4 yeux. 2 antennes 
latérales. — 2 palpes biarticulés. Pas d'antenne impaire. — Trompe cylindrique 
bordée de nombreuses papilles filiformes. Pas de mâchoires. — 8 paires de 
cirres tentaculaires. — Parapodes sesquirèmes. Longs cirres dorsaux articulés, 
avec acicules à la base. Pas de soies dorsales. Rame ventrale très développée, 
à soies composées à longue serpe hétérogomphe. Cirres ventraux plus 
courts que les dorsaux. — Anus terminal. 2 longs urites. 

K. cirrata (Keferstein). Fig. 89, a-e. — Quatrefages, Saint-Joseph 
1888, p. 324, pi. xin. K. Claparedii Quatrefages 1865, p. 102. — Psa- 
mathe cirrata Keferstein 1862, p. 107, pi. ix, fig. 32-36; Claparède 1863, 
p. 55, pi. xiv, fig. 1-7. — Hesione cirrata Carus 1885, p. 239. H. fusca 
Carus 1885, p. 239. — Castalia fusca Me' Intosh 1908, p. 12 (bibliogra- 
phie); Southern 191k, p. 49, pi. v, fig. 8. — ? C. aurantiaca Michaelsen 
1896, p. 61. 

Corps très fragile, 36 à 65 sétigères. — Prostomium carré, non échan- 
cré en arrière (89, a). 4 yeux, les antérieurs plus gros avec cristallin, 
2 antennes latérales filiformes. 2 palpes un peu plus gros que les antennes: 
Trompe à large ouverture circulaire bordée d'une frange épaisse de nom- 
breuses et fines papilles filiformes dirigées en avant (environ 40). — 
8 paires de longs cirres tentaculaires,' articulés, à cirrophore renfermanl 
2-3 petits acicules. Ils sont disposés sur trois rangées obliques super- 
posées : 3, 3, 2. • — Longs cirres dorsaux articulés à cératophore cylin- 
drique, annelé, renfermant 2-3 acicules clairs. Pas de soies dorsales (89, b) 
Rame ventrale bien développée, longue, cylindrique, élargie à l'extrémité 

(I) Ces soies à lame dissectrice ne sont pas caractéristiques, elles existent aussi chez L. atlan- 
ticus, Dalhousiella Carpenteri et d'autres espèces. Ce sont de jeunes soies venant de percer le 
tégument et non encore érodées. 



POLYCHETES ERRANTES. — HESIONIDAE 



239 




Fig. 89.' — Keferateinia cirrala : a, région antérieure, face dorsale X 12; b, 20° pa- 
pode x 25 ; c, d, e, 3 serpes d'un même parapode x 1U0. — Castalia punctala : i, face 
dorsale et g, trompe, face ventrale (imité de IUthke); h, parapode x 50; i, k, soie à 
longue serpe et soie en arête x 100. 



terminée par 2 lèvres verticales, la postérieure mince arrondie, l'anté- 
rieure épaisse, conique, vaguement trilobée. Soies ventrales divergeant en 
éventail, à hampe striée obliquement et transversalement, à articulation 
hétérogomphe, à article terminal en serpe plus ou moins longue, à tran- 
chant fortement pectine, à rostre recourbé unidenté (c, d, e) avec mem- 
brane sous-rostrale ligurant une épine dressée, lorsqu'elle est cassée et 
vue de prolil. 2 acicules clairs de taille inégale. Girre ventral court, 
subulé, non articulé, inséré près de l'extrémité du parapode dont il dé- 
passe à peine l'extrémité. — Anus terminal. 2 longs urites. 

L. 20 à 75 mm. — Coloration très variable suivant le sexe et la matu- 
rité : jaune, brun jaunâtre, rose plus ou moins foncé, pourpre, écarlate. 
Cirres blanchâtres. 

Dragages côtiers, sur les coquilles d'Huîtres et parmi les Serpules. A mer 
basse, sous les pierres, dans les fentes de rocher, les crampons de Laminaires. 
Dans les parcs à Huîtres. 

Manche, Mer du Nord, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 



340 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Nota : Les jeunes spécimens présentent parfois, du 11 e au 24 e sétigère, une 
grosse soie aciculaire dorsale décrite par Saint-Joseph (Dinard) et observée de 
nouveau par Southern (Irlande) et Fauvel (Monaco). Cette soie est vraisembla- 
blement un acicule post-larvaire en voie d'expulsion comme Marion en a observé ■ 
Aussi chez Oxydromus propinquus. Southern (191i, p. 49) a décrit aussi une var. 
hibernica caractérisée par ses soies à serpes bidentées et finement pectinées. 

G. GÂSTALIA Savigny char, emend. 
[Halimede Rathke; Psamathe Johnston pro parte]. 

Corps cylindrique, scolopendriforme. — Prostomium carré, bilobé. 4 yeux 
2 antennes latérales. 2 palpes biarticulés. Pas d'antenne impaire. — Trompe 
globuleuse, à 2 replis cornés, un dorsal et un ventral. . — 6 paires de cirres 
tentaculaires. — Parapodes subbirèmes. Longs cirres dorsaux articulés avec 
acidulés à la base. Rame dorsale réduite à quelques fines soies capillaires 
simples. Rame ventrale très développée, à soies composées, à article terminal 
en longue arête unidentée. Cirres ventraux plus courts que les dorsaux. — 
Anus terminal. 2 longs urites. 

C. punctata O. F. Mùller. Fig. 89, f, k. — Me' Intosh 1908, p. 121, 
pi. xlvi, fig. 2, pi. lxix, fig. 14, pi. lxxviii, fig. 2 (bibliographie); Fauvel 
191k, p. 122. — Halimede venusta Rathke 18k3, p. 168, pi. vu, fig. 1-4. 

Corps massif antérieurement, atténué en arrière. 40-50 sétigères environ. 

— Prostomium large, à 2 lobes arrondis. 4 yeux, les antérieurs plus 
gros avec cristallin, les postérieurs très rapprochés des antérieurs (89, f). 

2 antennes latérales filiformes. 2 palpes, un peu plus gros que les anten- 
nes. — Trompe sub globuleuse (g), avec une échancrure ventrale et une 
dizaine de papilles cylindriques écartées autour de l'ouverture. 2 replis 
cornés simulant des mâchoires. 6 paires de longs cirres tentaculaires 
articulés, à gros cératophore, disposés sur 3 rangées superposées : 3, 2, 1. 

— Longs cirres dorsaux articulés, à cirrophore cylindrique renfermant 
des acicules clairs. Rame dorsale réduite à 2-4 petites soies capillaires 
simples et lisses. Rame ventrale bien développée, conique, terminée par 

3 papilles lancéolées, divergentes, une supérieure, une médiane dans 
laquelle se termine l'acicule, et une inférieure (h). Soies ventrales inco- 
lores, transparentes, longues, fines, à hampe striée obliquement et trans- 
versalement, à articulation hétérogomphe , à article terminal en très 
longue arête mince unidentée, à longue et fine dent accessoire, débris 
d'une membrane sous-rostrale , à tranchant indistinctement pectine (k). 
Les serpes inférieures sont plus courtes (i). Cirre ventral subulé, inséré 
près de la base du parapode et le dépassant. à peine. — Anus terminal. 
2 longs urites. 

L. 10 à 25 mm. sur 3 à 4 mm. — Face dorsale jaunâtre avec des 
bandes transversales foncées qui ne forment plus que des points dans la 
région postérieure. Face ventrale jaunâtre ou saumon, avec fine large 
bande brune médiane, plus foncée postérieurement. Cirres pâles. 



POLYCHETES ERRANTES. — HESIONIDAE 241 

Dans les dragages assez profonds parmi les Serpules et les vieilles coquilles. 
A mer basse dans les fentes de rocher, dans les crampons de Laminaires et 
sur les Huîtres. 

Mers du Nord, Atlantique (Açores, Santander, Côtes de Bretagne). 



G. OXYDROMUS Grube (Mahenzeller, char, emend,). 
[Ophiodromus pro parle ; Gyptis Marion.] 

Corps court, scolopendriforme. — Prostomium à échancrure cordiforme en 
arrière. '4 yeux. Une antenne impaire. 2 antennes latérales. 2 palpes biarticulés. 
— Trompe cylindrique, sans mâchoires, à nombreuses papilles allongées. — 
8 paires de cirres tentaculaires. — Parapodes biramés à rame dorsale petite. 
Longs cirres dorsaux articulés. Mamelon dorsal avec 1-2 acicules et des soies 
capillaires simples. Rame ventrale conique. Soies ventrales composées, à serpe 
hétérogomphe. Cirres ventraux plus courts que les dorsaux. — 2 longs urites. 

0. propinquus Marion et Bobretzky. Fig. 90, a-d. — Saint-Joseph 
1888, p. 321; Fauvel 19lk, p. 58; Southern 191k, p. 47. 0. fuscescens 
Marenzeller 1875, p. 15, pi. n, fig. 1. — Gyptis propinqua Marion et 
Bobretzky 1875, p. 51, pi. v-vi, fig. 15. 

Corps très fragile. 19 à 27 segments. — Prostomium à bord antérieur 
rectiligne, faiblement cordiforme en arrière. 4 yeux disposés en trapèze, 
les antérieurs, munis d'un cristallin, plus gros et plus écartés que les 
postérieurs. Une courte antenne impaire fusiforme insérée au tiers 
antérieur du prostomium (90, a). 2 antennes latérales inarticulées, deux 
ou trois fois plus longues que l'impaire. 2 palpes biarticulés plus gros et 
un peu plus courts que les antennes latérales. — Trompe à ouverture 
bordée d'une 'couronne de nombreuses papilles (environ 40) longues, 
cylindriques, ciliées (c). 8 paires de cirres tentaculaires articulés, longs," 
inégaux, à cirrophore renfermant 2-3 acicules. Ils sont disposés sur 
3 rangées horizontales superposées : 3,3,2. — Parapodes nettement 
biramés (d). Rame dorsale plus petite que la ventrale, conique, soutenue 
par 1-2 gros acicules dont l'un est souvent saillant à l'extérieur. Soies 
dorsales capillaires, longues, fines, dentelées au bord et striées transver- 
salement (b). Rame ventrale beaucoup plus grosse, conique, sans papilles, 
avec 2 gros acicules. Soies ventrales composées, à longue hampe striée 
obliquement et transversalement, à articulation hétérogomphe, à article 
terminal en serpe plus ou moins allongée, à bord tranchant pectine, à rostre 
unidenté (b). Cirre ventral articulé, plus court que le dorsal. — 2 longs 
urites articulés. 

L. 6 à 10 mm. sur 1 à 4 de large, pieds compris. — Sur le vivant, corps . 
blanc-jaunâtre, à la face dorsale de fines raies transversales orangées 
ou couleur de rouille. Trompe incolore ou d'une belle couleur orangée. 
Yeux rougeâtres. 

16 



242 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Dans les dragages côtiers et sur fonds coralligènes. 

Atlantique (côtes d'Irlande, Southern), Manche occidentale, Médilerranée, 
Adriatique. 

Nota. L' Oxydromus fuscescens de Marenzeller ne diffère de VO. propinquus 
que par ses cirres inarticulés. Étant donné que l'aspect nettement articulé des 
cirres des Hésioniens vivants disparaît souvent complètement dans l'alcool, il 
ne me semble pas qu'il y ait lieu de faire deux espèces et le nom spécifique de 
Marion et Bobretzky ayant la priorité (juin 1875) celui de Mare\zeller doit 
tomber en synonymie." 

G. OPHIODROMUS Sars. 

[Stephania Claparède, Anoplnnereis Giard, Oxydromus pro parte]. 

Corps allongé. — Prostomium bilobé. 4 yeux. Une antenne impaire. 2 an- 
tennes latérales. 2 palpes biarticulés. — Trompe subglobuleuse, sans mâ- 
choires ni papilles. — 6 paires de cirres tentaculaires. — Parapodes biramés à 
rames subégales. Cirres dorsaux articulés. Mamelon dorsal avec acicule et 
longue papille cirriforme. Soies dorsales capillaires, simples. Rame ventrale 
à papille cirriforme. Soies ventrales composées à longue arête hétérogomphe. 
Des cirres ventraux marqués. — Anus terminal. 2 longs urites. 

0. flexuosus Delle Chiaje. Fig. 90, e-i. —Me' Intosh 1008, p. 117 
(bibliographie]! 0. vittatus Sars, de Quatrefages 1865, p. 657. — Ste- 
phania flexuosa Claparède 1810, p. 118, pi. xn, fig. 1. — Anoplonereis 
Hermanni Giard 1886. — Oxydromus fasciatus Grube 186k, p. 82, 1855, 
p. 98. — ? Podarke albocincta Ehlers 1864, p. 190, pi. vin, fig. 25. 

Corps moyennement long, scolopendriforme (90, e). Environ 55 à 
60 sétigères. — Prostomium trapéziforme, ou ovale transverse quand la 
trompe est dévaginée. 4 yeux disposés en rectangle (90, f). Une courte 
antenne impaire subulée, insérée à la partie antérieure du prostomium. 
2 antennes latérales environ 2 fois plus longues que l'impaire. 2 palpes 
biarticulés un peu plus gros que les antennes. — Trompe globuleuse à la 
base, rétrécie au sommet, sans papilles ni mâchoires. — 6 paires de 
cirres tentaculaires, relativement courts, à cératophore renfermant des 
acicules. Ils sont disposés sur 3 rangées horizontales superposées : 3, 2, 1. 
— Parapodes très nettement biramés (g). Longs cirres dorsaux faible- 
ment articulés, dépassant peu les soies. Rame dorsale avec une longue 
papille cylindrique insérée sur le mamelon sétigère et de nombreuses 
soies capillaires longues, fines, striées transversalement (i). Rame ventrale 
un peu plus grosse que la rame dorsale, à mamelon sétigère conique 
portant une longue papille cylindrique et un éventail de nombreuses et 
longues soies composées à hampe striée obliquement et transversalement, 
à articulation fortement hétérogomphe, à article terminal en arête effilée, 
à rostre unidenté recourbé avec épine sous-rostrale. Les soies supérieures 



POLYCHEÏES EMIANTBS. — HESIONIDAE 



243 



■ont l'article terminal très allongé (h), les inférieures sont plutôt de 
longues serpes à tranchant très finement pectine. Cirre ventral subulé, 
inséré loin de la base du parapode, plus court que le dorsal. — Anus 
terminal. 2 longs urites. 

L. 35 à 70 mm., sur 3 à 4 mm. — Face ventrale jaunâtre ou brunâtre 




Fio. 90. — O.rydromus propinquns : a, région antérieure, grossie; b, une soie dorsale et 
2 serpes ventrales ; c, trompe dévaginée ; d, parapode (d'après Marion). — Ophiodromus 
flexuosus : e, grandeur naturelle (d'après Claparêde); f, région antérieure, face dor- 
sale X 20 ; g, parapode moyen x 25; h, soie supérieure en arête x 100; i, soie dor- 
sale simple x 400. 



avec une ligne longitudinale plus claire. Face dorsale brun marron plus 
ou moins foncé; à chaque segment, 4- fines lignes transversales blanches 
ou bleu .turquoise chatoyant et une tache médiane claire ; tous les 
4 à 6 segments une bande transversale blanche ou bleue. Tête blanche 
avec yeux rouges ou brunâtres. Cirres annelés de brun et de blanc. Soies 
irisées à éclat argenté. La coloration disparaît rapidement dans l'alcool 
ou dans l'eau impure. 

Dans les ambulacres des Astropecten, dans les galeries des-Synaptes, des 
Térébelles et des Clyméniens. Dans le sable vaseux grossier. Très fragile, 
s'autotomise facilement. 

Mers du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 



244 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



G. PODARKE Ehlers. 

Corps court, de petite taille, à segments peu nombreux. — Prostomium 
ovale ou quadrangulaire, non échancré. 4 yeux. Une antenne impaire. 2 anten- 
nes latérales, 2 palpes biarticulés. — Trompe courte, cylindrique, sans mâchoi- 
res, avec ou sans papilles filiformes. — 6 paires de cirres tentaculaires portés 
par 3 segments bien distincts. — Parapodes sesquirèmes ou subbirèmes, à 
mamelon dorsal nul ou rudimentaire. Longs cirres dorsaux plus ou moins dis- 
tinctement articulés. — Soies dorsales capillaires très peu nombreuses. — 
Rame ventrale conique. Soies ventrales composées, à serpe hétérogomphe. 

— Cirres ventraux courts. — 2 urites. 

1. Antennes latérales articulées. 1-3 soies dorsales bifurquèes (fig. 
91, a-c) P. pallida, p. 244 

— Antennes latérales non articulées. 1 seule soie dorsale capil- 
laire, non bifurquée (fig. 91, e) P. agilis, p. 245 

P. pallida Claparède. Fig. 91, a-d. — Pruvot et Racovitza 1895, 
p. 423, pi. xvm, fig. 77-83; Saint-Joseph 1898, p. 337, pi. xix, fig. 145. 
P. viridescens Ehlers, Marion 1875, p. 49. — Oxydromus pallidus Cla- 
parède 186k, p. 61, pU iv, fig. 1. 

Corps, de largeur uniforme. 18 à 33 segments environ. — Prostomium 
quadrangulaire. 4 yeux disposés en trapèze, les antérieurs plus écartés, 
plus gros, à cristallin plus marqué (91, *). Une antenne impaire lisse, 
renflée à la base, effilée au sommet, moitié moins longue que le prosto- 
mium. 2 antennes latérales subulées, à 6-8 articles, deux fois plus longues 
que l'impaire. 2 palpes un peu plus courts que les antennes latérales, à 
palpophore court, àlong palpostyle fusiforme lisse ou vaguement articulé. 

— Trompe bordée de nombreuses papilles longues et fines. — 6 paires 
de cirres tentaculaires articulés à cirrophore renfermant un acicule, 
répartis une paire par segment. — Parapodes subbirèmes. Cirres dorsaux 
articulés, à cirrophore non a'nnelé. Rame dorsale à mamelon peu distinct 
renfermant un acicule incolore. Une à trois soies dorsales simples très 
fines, à bord dentelé, à extrémité bifide, à 2 longues pointes inégales (91, 
c). Rame ventrale obtuse, à acicule strié transversalement. Soies ventrales 
nombreuses, composées, à hampe hétérogomphe striée obliquement et 
transversalement, à serpe courte, large, pectinée, ou très longue, mince et 
lisse, à rostre unidenté. Cirre ventral conique, court, non articulé. — 
Pygidium arrondi, 2 longs urites. 

L. 3 à 7 mm. — Verdâtre, ou incolore, transparent avec une tache créta- 
cée sur les derniers segments (c? incolore, 9 verdâtre?). 

Dragages côtiers ou profonds. Fonds coralligènes. 
Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 



POLYCHETES ERRANTES. — HESIONIDAE 



245 



P. agilis Ehlers. Fig. 91, e-h. — Saint-Joseph 1906, p. 228 (synony- 
mie) ; Fauvel 1913, p. 58. — Mania agilis Qctatrefages 1865, p. 104. 

Corps court et large. Environ 16 à 22 sétigères. — Prostomium ovale, 
un peu plus large que long (91, e). 4 yeux disposés en trapèze, les anté- 
rieurs plus grands, plus écartés et munis d'un cristallin. Une antenne 
impaire fusiforme. 2 antennes latérales plus longues que l'impaire. 2 pal- 
pes biarticulés à court palpophore. — Trompe sans papilles. — 6 paires 




Fio. 91. — Podarke pallida : a, extrémité antérieure, face dorsale x 60; b, parapode 
moyen x 125; c, soie dorsale simple, bifide x 700; d, soie composée ventrale à 
serpe x 8u0 (d'après Pruvot et Racovitza). — P. agilis : e, extrémité antérieure, face 
dorsale x 40 (d'après Ehlers); f, parapode x 00; g, h, soies ventrales, court et 
long article x 400. 



de cirres tentaculaires fusiformes à pointe effilée, lisses ou indistincte- 
ment articulés, à cirrophore cylindrique annelé. — Parapodes sesqui- 
rèmes. Cirres dorsaux longuement fusiformes, plus ou moins distincte- 
ment articulés, avec cirrophore cylindrique renfermant 1-2 petits acicules 
clairs. Pas de mamelons sétigères dorsaux distincts. 1 seule soie dorsale, 
capillaire, longue, mince. — Rame ventrale terminée par une lèvre arron- 
die et une languette conique (f), 2 acicules incolores. Soies ventrales 
nombreuses composées, à hampe striée obliquement et transversalement, 
peu élargie, incolore, à articulation hétérogomphe, à article terminal en 
longue arête finement pectinée, à rostre unidenté avec épine sous-rostrale 



246 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

(g-h). Cirre ventral inséré au milieu du pied et ne le dépassant guère. — 
2 longs urites. 

L. 4 à 5 mm. sur 1 mm. — Rougeâtre avec de fines bandes transver- 
sales brun clair. 

A la côte, parmi les Algues et les Lithothamnion. 
Méditerranée, Adriatique. 



G. MAGALIA Marion et Bobretzky. 
•[Syllidia Quatrefages?] 

Corps vermiforme. — Prostomium subquadrangulaire, légèrement échancré 
en arrière. 4 yeux. Pas d'antenne impaire. 2 antennes latérales. 2 palpes biar- 
ticulés. — Trompe cylindrique bordée de papilles et de cils, 2 mâchoires laté- 
rales cornées et un stylet médian. — 6 paires de cirres tentaculaires. — Para- 
podes sesquirèmes sans mamelon ni soies dorsales. Longs cirres dorsaux- 
Rame ventrale conique. Soies ventrales composées, à serpe hétérogomphe. 
Cirres ventraux courts. — 2 longs urites. 

M. perarmata Marion et Bobretzky. Fig. 92. — Marion et Bobretzky 
1875, p. 54, pi. vi, fig. 16, vu, fig. 16,; Saint-Joseph 1888, p. 318, pi. xm, 
fig. 197-198; Me' Intosh 1908, p. 136, pi. lix, fig. 1, lxv, fig. 10, lxix, 
fig. 18, lxxix, fig. 8. — ISyllidia armata Quatrefages 1865, p. 13 r 
pi. vm, fig. 10-15. 

Corps allongé, atténué aux deux extrémités. Environ 26 à 35 sétigères. 
— Prostomium à angles arrondis, cordiforme en arrière. 4 yeux disposés 
en trapèze, les antérieurs plus écartés, plus gros et munis d'un cristal- 
lin (92, a). — 2 antennes latérales filiformes, lisses, un peu plus longues 
que le prostomium. 2 palpes biarticulés, un peu plus courts et plus gros- 
que les antennes. — Trompe à ouverture bordée d'une couronne d'une 
dizaine de papilles contractiles couvertes de piquants barbelés et séparées 
par de longs cils flexibles (92, b). 2 mâchoires cornées latérales recour- 
bées et dentelées (c) séparées par un court stylet médian. — 6 paires de 
longs cirres tentaculaires articulés, à cirrophore renfermant un acicule, 
répartis, de chaque côté, en 3 groupes de 2; le cirre dorsal du 2 e groupe 
est plus long que les autres. — Longs cirres dorsaux articulés avec cirro- 
phore renfermant un acicule. Rame dorsale réduite au cirre (e). Rame 
ventrale conique, avec une papille terminale et 2 acicules. Soies ventrales 
composées, minces, transparentes, hétérogomphes, à article terminal en 
serpe plus ou moins allongée, finement pectinée, à rostre unidenté, à dent 
secondaire peu distincte (f, g). Cirre ventral court, grêle, inarticulé. — 
2 longs urites articulés. 

L'. 7 à 9 mm. — Jaunâtre avec de fines stries transversales et une tache 
brune à la base des cirres dorsaux. 



POLYCHETES ERRANTES. 



HESIONIDAE 



247 



Sous les pierres, dans les prairies de Posidonies, dans les dragages côtiers, 
sur fonds coralligènes et dans les crampons de Laminaires. 

Mer d'Irlande, Manche, Atlantique (Madère, Santander, côtes de Bretagne), 
Méditerranée. 

G. PERIBOEA Ehlers. 



Corps court à segments peu nombreux. — Prostomium ovalaire non échançré. 
4 yeux. Pas d'antenne impaire. 2 antennes latérales filiformes. 2 palpes triarti- 
culés. — Trompe cylindrique, évasée à l'ouverture, garnie de papilles filifor- 
mes. Pas de mâchoires. — 7 paires de cirres tentaculaires portés par 3 seg- 
ments distincts, dont 3 paires sur le premier, deux sur chacun des suivants. — 
Parapodes sesquirèmes. Longs cirres dorsaux. Ni mamelon, ni soies dorsales. 
Rame ventrale à 2 lèvres coniques. Soies ventrales composées à serpe hété- 
rogomphe. Cirre ventraux courts. 2 longs urites. 



P. longocirrata Ehlers. Fig. 93, h. 
fig. 12-1G; Malaquin 1890, p. 45. 
Corps atténué postérieurement. 32 segments, environ 



Ehlers l8ti'i, p. 199, pi. vin, 
Prostomium 




Fig. 92. — ' Magalia perarmala : a, région antérieure, grossie; b, trompe; e, une «les 
mâchoires latérales; d, stylet médian (d'après Marion et Bobretzky) ; e, parapode 
X 40 ; f , g, soies composées à longue arête et à serpe, trèVgrossies (d'après Me' Intosh). 



248 FAUNE DE FRANCE.- — » POLYCHETES ERRANTES 

subhexagonal, plus long que large; non échancré (93, h). 4 yeux disposés 
en trapèze, les antérieurs plus écartés, avec un point foncé. — 2 antennes 
latérales filiformes plus longues que le prostomium. 2 palpes plus longs 
et plus gros, triarticulés. — Trompe cylindrique, évasée à l'ouverture qui 
est entourée de 16 à 22 papilles cylindriques ciliées et de longs cils raides. 
— 7 paires 'de cirres tentaculaires filiformes à cirrophore cylindrique. 
La paire supérieure du 1" segment est plus longue que les autres et 
indistinctement articulée. — Cirres dorsaux, non articulés (?), alterna- 
tivement longs et courts, à cirrophore cylindrique. Rame ventrale à 
2 lèvres coniques, l'une aiguë, l'autre obtuse, entre lesquelles sortent de 
nombreuses soies composées, jaunes, très fortes, à hampe hétérogomphe 
striée transversalement, à article terminal en serpe longue ou courte à 
tranchant pectine, à rostre recourbé, unidenté. Un acicule parfois saillant. 
Cirre ventral.' filiforme, à peine plus long que le pied, non articulé. — 
Pygidium court, cylindrique, avec 2 longs urites. 

L. 10 mm., sur 2 mm. — Corps transparent, ponctué de brun jaunâtre 
■et rayé de bandes transversales blanches. Yeux rouges. 

A la côte, sur. les rochers, parmi les Algues. Animal à mouvements vifs, se 
brisant très facilement. 
Manche. Méditerranée, Adriatique. 



G. ORSEIS Ehlers. 

Corps très court composé d'un petit nombre de segments. — Prostomium 
ovalaire, non échancré. 4 yeux. Une antenne impaire. 2 antennes latérales. 
2 palpes. — Trompe cylindrique à ouverture garnie de papilles effilées. Pas de 
mâchoires. — 2 paires de cirres tentaculaires portées par le premier segment. 
— Parapodes sesquirèmes, sans soies dorsales. Cirres dorsaux non articulés. 
Rame ventrale conique. Soies ventrales composées, 1 à longue serpe. Cirres 
ventraux courts. — 2 urites. 

0. pulla Ehlers. Fig. 93, g. — Ehlers 1864, p. 188, pi. vm, fig. 1. 

Corps ovalaire. 9 sétigères. — Prostomium ovale, plus large que 
long, à bord postérieur droit. 4 yeux disposés en trapèze, les antérieurs 
plus écartés, 1 plus gros à cristallin distinct. Une antenne impaire fusi- 
forme. 2 antennes latérales semblables à l'impaire. 2 palpes un peu plus 
gros (non articulés?) — Trompe courte, avec une couronne de papilles 
aiguës. — La paire supérieure de cirres tentaculaires un peu plus longue 
. que l'inférieure. Ils sont pourvus d'un cirrophore renflé, mais le cirro- 
style n'est pas articulé. Le cirre dorsal du 1 er sétigère est plus long que 
les cirres tentaculaires. — Rame dorsale réduite au cirre. Cirres dorsaux 
fusiformes non articulés, à longue pointe effilée. Rame ventrale en cône 
obtus à fin acicule saillant. Soies ventrale, longues, minces, incolores, à 
hampe non élargie, à article terminal en longue serpe à pointe effilée. 



POLYCHETES ERRANTES. 



HESIOMDAE 



249 



Cirre ventral inarticulé, dépassant à peine les soies. — Pygidium court, 
cylindrique. 2 longs urites. 

L. 1 mm. sur 0,6 mm. — Corps blanc, incolore. 

Parmi les Algues côtières. 
Adriatique (Martinsica). 

Nota. L'animal décrit par Ehlers est une forme jeune, probablement un stade 
post-larvaire d'une autre espèce. 




Fig. 93. — Microphthalmus Sczeikowil : a, région antérieure, face dorsale x 65; b, 
région postérieure, face dorsale x 200; c, 14" parapode X "200; d, soie pectinée X 
900; e, soie ventrale inférieure à courte serpe x 900; f, soie ventrale moyenne à 
longue serpe x 900 (d'après Southern). — Orseis pulla : g, face dorsale x 50 (d'après 
Ehlers). — Periboea longicirrala : h, région antérieure, face dorsale x 20; i, soie 
composée X 250 (d'après Ehlers). 



G. MICROPHTHALMUS Mecznikow. 



Corps de petite taille, atténué aux extrémités. — Prostomium bilobé, échan- 
cré en arrière. 2 yeux. Une antenne impaire. 2 antennes latérales. 2 palpes 
non articulés. — Trompe sans mâchoires? — 6 paires de cirres tentaculaires. 
Parapodes subbirèmes. Cirres dorsaux non articulés. Rame dorsale rudimen- 
taire. Rame ventrale conique; Soies ventrales composées à serpe bidentée. 
Cirres ventraux courts. — Pygidium avec une grande plaque anale concave et 
2 longs urites. Anus dorsal. 



250 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

M. Sczelkowii Mecznikow. Fig. 93, a-f. — Southern 191k, p. 45, pi. v, 

%• o. 

Corps vermiforme, atténué aux extrémités. 23 à 40 sétigères. — Pros 
tomium bilobé, arrondi antérieurement et échancré en cœur en arrière. 
2 petits yeux noirs, réniformes, sans cristallin, disposés à la partie pos- 
térieure du prostomium (93, a). — Une antenne impaire filiforme, insérée 
à la partie postérieure du prostomium. 2 antennes latérales effilées. 2 
palpes semblables aux antennes, sans palpophore distinct. — 6 paires de 
cirres tentaculaires fusiformes, effilés, non articulés, portés par 3 seg- 
ments bien distincts. — Trompe couronnée de papilles (pas de mâchoires?) 
— Cirres dorsaux non articulés , renflés à la base, effilés à l'extrémité. 
Rame dorsale réduite à un mince acicule et une seule soie multifide (d). 
Rame ventrale conique avec 1 seul gros acicule (c). Soies ventrales com- 
posées, à hampe mince, arquée, à articulation hétérogomphe, à article 
terminal en serpe plus ou moins allongée à tranchant pectine, à rostre 
bidenté avec une dent accessoire sous-rostrale (e-f). Cirre ventral fusi- 
forme, moitié plus court que le dorsal. — Pygidium terminé par une 
lame arrondie, à bord entier, courbée en capuchon et flanquée de 2 longs 
urites non articulés. Anus dorsal, à la base de la plaque anale (b). 

L. 2 à 6 mm. — Ponctué à la face dorsale de pigment brun en bandes 
transversales mal définies, plus foncées sur les flancs. 

A la côte, sous les pierres. — Atlantique (côtes d'Irlande); Mer du Nord 
(Héligoland). 

G. ANCISTROSYLLIS Mc'Intosh. 
[Harpoc/iéeta Korschelt, Cabira Webster.] 

Corps long et raide, à très nombreux segments. — Prostomium très réduit. 
Yeux très petits ou nuls. Une antenne impaire. Deux antennes latérales. Deux 
gros palpes ovoïdes à petit palpostyle. — Trompe cylindrique inerme. — Le 
premier segment, achète, porte deux paires de cirres tentaculaires, Parapodes 
birèmes avec des acicules et une grosse soie dorsale plus ou moins recourbée. 
Cirres dorsaux fusiformes. Rame ventrale courte. Soies ventrales simples (par- 
fois composées?), capillaires et quelques soies en fourche. Cirres ventraux fu- 
siformes. — Deux urites. 

A. cingulata (Korschelt). Fig. 94, f-k. — Harpochœta cingulata Kors- 
chelt 1893, p. 279, pi. xm, fig. 16-29. 

Corps allongé, à segmentation très marquée. Prostomium arrondi, 
peu distinct des palpes encore soudés et portant chacun, à la face ventrale, 
une papille digitiforme (palpostyle?) (94, f-g). Deux yeux. Une antenne 
impaire, deux latérales un peu plus courtes. — Trompe cylindrique. — 
Deux paires de cirres tentaculaires fusiformes, subégaux, articulés et un 
peu plus longs que les cirres dorsaux suivants qui sont digitiformes et 



POLYCHETES ERRANTES. 



HESIONIDAE 



251 



articulés ;94, i, k). A partir du cinquième sétigère environ, une grande 
soie dorsale recourbée en croc. — Rame ventrale en cône tronqué portant 
un faisceau de soies composées (?) à long article mince, transparent, 
terminé en pointe simple très fine. Cirres ventraux semblables aux dor- 
saux, mais plus courts. Pygidium conique avec deux urites articulés. 

L. 1 mm. environ. — Incolore, avec une bande transversale de pigment 
jaune sur chaque segment. 

Pélagique. — Adriatique, Trieste, au mois de septembre. 

Nota. L'animal décrit par Korschelt est la larve d'un Ancistrosyllis n'ayant 
pas encore acquis ses caractères définitifs, peut-être de VA. Albini, signalé 
aux Canaries par Lasgerhans (1881). 




Fig. 94. — Pilargis verrucosa : a, partie antérieure, face dorsale x 30 ; b, pygidium x 
30; c, un parapode moyen x 35; d, extrémité d'une soie ventrale bifide x 350; e, 
soie en fourche x 500. — Ancistrosyllis cingulata : t, g, tête d'en dessus et de profil, 
grossie; h, région antérieure d'un jeune, stade avancé; i, k, parapode, face dorsale et 
face ventrale, fortement grossi (d'après Korschelt). 



G. PILARGIS Saint-Joseph. 
[P/ironia Webster.] 

Corps long, aplati, à nombreux segments. - Prostomium réduit, cordiforme, 
sans yeux. Pas d'antenne impaire. Deux courtes antennes latérales. Deux 



252 FAUNE DE FRANCE. POLYCHÈTES ERRANTES 

gros palpes ovoïdes. — Trompe globuleuse, irterme; œsophage court, recti- 
ligne. — Premier segment achète, portant deux paires de cirres tentaculaires. 
Parapodes sesquirèmes. A la rame dorsale, un cirre court massif, 1-2 acicules, 
pas de soies aciculaires en croc. A la rame ventrale, un mamelon sétigère 
avec un faisceau de soies capillaires simples, des soies en fourche et un cirre 
subulé ou spatule. — Pygidium renflé, globuleux, sans urites. Anus terminal. 

P. verrucosa Saint-Joseph. Fig. 94. a-e. — Saint-Joseph 1899, p. 175, 
pi. vi, fig. 10-17; Pérez 1909, p. 24-25. 

Corps allongé, rigide, cassant, aplati, couvert de 'petites verrues, à 
segments nombreux, profondément découpés sur les côtés. — Prosto- 
mium réduit, déprimé, logé dans une échancrure du premier segment. 
Pas d'yeux. Deux courtes antennes latérales en forme de tubercule coni- 
que insérées sur les palpes ovoïdes, volumineux, profondément séparés 
et terminés chacun par une petite papille (palpostyle?) (94, a). — Trompe 
globuleuse, inerme, atteignant le quatrième segment. — Deux paires 
de cirres tentaculaires fusiformes, les dorsaux un peu plus grands que 
les ventraux. Cirres dorsaux épais, spatules ou ovoïdes, ornés de tuber- 
cules à la face supérieure. Ceux du premier sétigère un peu plus grands 
que les suivants. Un ou deux acicules à la base. Rame ventrale très 
écartée de la dorsale (c). Un mamelon sétigère conique, tronqué, avec 
une petite papille, un gros acicule et un faisceau de soies simples, les 
unes courtes, droites, aplaties, à extrémité bifide (d), les autres, plus 
longues, capillaires. En outre, parfois, une petite soie fourchue (e). Cirres 
ventraux analogues aux dorsaux mais plus petits et plus coniques. — Anus 
terminal. Pygidium renflé en bouton couvert de verrues (b). Pas d'urites. 

L. 10 à 15 cm. sur 2 à 3 mm. de large. — Brun clair couvert de verrues 
blanches à la face dorsale, lisse et incolore du côté ventral. Dans l'al- 
cool, grisâtre ou jaunâtre. 

Dans le sable vaseux, à mer basse. — Rade de Brest (Saint-Joseph); Arca- 
chon (Pérez, Cuénot). 



F. SYLLIDAE Grube. 

(Syllidiens.) 

Corps mince, allongé, de petite taille. — Prostomium distinct, généralement 
arrondi. 4 yeux. 2 palpes antéro-inférieurs. 3 antennes. 2 paires de cirres ten- 
taculaires sur le 1 er segment toujours achète. — Trompe exsertile, divisée en 
2 régions : 1° l'antérieure pharyngienne, chitineuse, cylindrique, avec une ou plu- 
sieurs dents ; 2° la postérieure musculaire (proventricule en barillet et ventri- 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLI.IDAE 253 

cule). — Parapodes uniramés, souvent avec un cirre dorsal et un cirre 
ventral. Soies rarement simples, le plus souvent composées, à articulation hété- 
rogomphe et article en serpe unidentée ou bidentée. — 2 cirres anaux. — Repro- 
duction directe, ou par épigamie, ou par stolons pouvant présenter un dimor- 
phisme sexuel et des soies natatoires capillaires. 

Remarques. Les Syllidiens sont des Polychètes de petite taille, certains Exo- 
goninés ne dépassent guère 2 à 3 millimètres de longueur, tandis que les plus 
grands Syllis de nos côtes atteignent rarement 4 à 6 centimètres. 

Le corps allongé, linéaire, presque filiforme, comprend généralement un 
nombre élevé de segments presque tous semblables, à l'exception des tout pre- 
miers différenciés en tête et segment tentaculaire. 

Dans certains groupes, tels que le genre Syllis, l'organisation est très uni- 
forme et il est difficile de trouver de bons caractères spécifiques différentiels. 
On a attribué jadis une grande importance à la longuenr des palpes, des an- 
tennes et des cirres, et au nombre des articles qui les composent. En réalité, 
ces caractères sont très variables, et n'ont de valeur que lorsqu'ils portent sur 
des différences considérables et constantes. Le nombre des articles est variable 
et la contraction plus ou moins grande, due à la fixation, peut influer consi- 
dérablement sur la longueur de ces appendices. 

D'une façon générale, les cirres de la région antérieure sont plus longs que 
ceux du reste du corps qui vont en diminuant. Lorsque la longueur des cirrres 
et le nombre de leurs articles sont mentionnés sans autre explication il est 
bien entendu que ces chiffres s'appliquent à la région moyenne du corps. Le 
nombre des yeux est de 4, mais fréquemment il existe, en outre, 2 petits points 
oculiformes dont la présence est loin d'être constante et qui- n'ont par consé- 
quent pas de valeur spécifique. 

La longueur du pharynx et la place occupée par le proventricule peuvent 
varier notablement avec l'état de contraction de l'animal. 

La place de la grosse dent unique des Syllis fournit un bon caractère, quoi- 
que soumis à de légères variations. Chez les Autolytinés, le nombre et la dis- 
position des dents du trépan fournissent le caractère le plus important pour 
distinguer les espèces. Mais peut-être s'est-on exagéré la valeur de ce caractère 
qui doit présenter aussi des variations plus ou moins étendues. Si ce carac- 
tère est d'un emploi assez facile sur les animaux frais, à condition de les 
comprimer suffisamment, il n'en est plus de même sur le matériel conservé. 
Il est alors nécessaire d'éclaircir le spécimen par la potasse, ou par la glycé- 
rine, ou encore par l'essence de cèdre, et de le comprimer pour pouvoir exa- 
miner les dents par transparence. Encore est-il souvent bien difficile de les 
compter ! 

Les soies composées des Syllidiens se terminent par une serpe plus ou moins 
longue, unidentée ou bidentée. En règle générale, les serpes des parapodes 
antérieurs sont plus longues et plus minces que les suivantes. Sauf indica- 
tion contraire, la description s'applique à celles de la région moyenne du corps. 
Dans la région postérieure, les serpes sont encore plus courtes, plus robustes et 
à dents mieux marquées. Il n'est pas toujours facile de faire la distinction 
entre une serpe bidentée et une serpe unidentée, car le bord concave étant 
souvent pectine, ou denticulé, la première épine située sous le rostre forme 



254 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

alors une dent accessoire. D'autre part, une serpe bidentée peut perdre, par 
usure, sa deuxième dent. Enfin, certaines espèces, S. armillaris, par exemple, 
ont des serpes plus ou moins nettement bidentées aux deux extrémités du 
corps, tandis que celles de la région moyenne sont unidentées. 

La présence d'une soie dorsale et d'une soie ventrale simples aux derniers 
sétigères paraît être assez générale dans tout le genre Syllis. 

Les cirres nettement articulés ou moniliformes ne se rencontrent guère que 
chez les Syllinés, mais chez certains Eusyllinés les antennes et les premiers 
cirres présentent souvent des constrictions annulaires marquées qui leur don- 
nent un aspect plus ou moins nettement articulé. 

Les phénomènes «de reproduction sont très variés et souvent compliqués 
chez les Syllidiens. Certains se reproduisent directement par œufs qui peu- 
vent être incubés sur le corps de la femelle (Exogone, Grubea). Le plus sou- 
vent, il se forme des stolons, en chaîne plus ou moins longue, à la partie 
postérieure de l'animal souche (fig. 124, a). Ces stolons pourvus de longues soies 
capillaires peuvent se détacher et nager librement. Chez les Autolytinés, ces 
stolons sont non seulement très différents d'aspect de la souche, mais encore 
présentent un dimorphisme sexuel très accentué. Les mâles portent le nom 
de Polybostrichus et les femelles celui de Sacconereis qui leur a été donné à 
cause de la grande poche en forme de sac ventral dans laquelle elles incubent 
leurs œufs (fig. 119, e, f). 

La plupart des Syllidiens vivent parmi les Algues, les Ascidies, les Bryozoai- 
res et les Hydraires, à la côte ou sur les fonds de vieilles coquilles. Les stolons 
pourvus de soies natatoires sont pélagiques à maturité. 

Tableau des genres 

1. Pas de cirres ventraux (fig. 121, d). (S. -F. Autolytinae). . . 18 

— Des cirres ventraux (fig. 95, gj 2 

2. Palpes non soudés. Cirres moniliformes (fig. 95, a) (S. -F. Syllinae). 4 

— Palpes soudés. Cirres lisses ou indistinctement articulés. . . 
(fig. 113,' a). 3 

3. Palpes soudés à la base seulement (lig. 113, a) (S. -F. EusyMnae). S 

— Palpes soudés sur toute leur longueur (fig. 115, 1) 

\S.-F. Exogoninae) 15 

4. Trompe inerme (fig. 102, a) G. Xenosyllis, p. 272 

— Trompe armée de dents (fig. 95, a) 5 

5. Une grosse dent accompagnée d'un trépan (fig. 101, b) 6 

— Une grosse dent unique (fig. 95, a) 7 

6. Longs cirres moniliformes (101, a). . . • G. Trypanosyllis, p. 269 

— Cirres sphériques composés d'un seul article (fig. 101, o). . . . 
G. Eurysyllis, p. 271 

7. Dent à la partie antérieure du pharynx (fig. 95, e). G. Syllis, p. 256 

— Dent à la partie postérieure du pharynx. . G. * Opisthosyllis (*) 

(1) Ce genre n'a pas encore été rencontré dans notre faune. 



POLYCHÈTES EHHANTES. — SYLL1DAE 255 

8. Trompe sinueuse. Une grosse dent et un trépan. Des ailerons 
occipitaux (fig. 105, i) G. Pterosyllis, p. 279 

— Trompe droite. Pas d'ailerons occipitaux 9 

9. Trompe inerme (fig. 107, a) 10 

— Trompe armée d'une grosse dent ^ig. 109, k) 12 

— Trompe armée d'un demi-cercle de grosses dents recourbées en 
arrière (fig. 104, c) G. Odontosyllis, p. 274 

10. Pas d'antennes. Cirres dorsaux rudimentaires (fig. 105, a). . . 
G. Fauvelia, p. 278 

— Antennes et cirres bien développés (fig. 108, h) 11 

1 1 . Antennes et cirres cylindriques. Très gros acicules aux premiers 

sétigères. Soies à hampe dentelée ou lobée (fig. 107) 

G. Streptosyllis, p. 280 

— Antennes et cirres renflés en massue. Pas de gros acicules. Soies 

à hampe normale (fig. 108, h) G. Syllides, p. 284 

12. Une grosse dent postérieure (fig. 102,d-e). G. Opisthodonta, p. 273 

— Une grosse dent antérieure 13 

13. Une paire de cirres tentaculaires (fig. 111, a) 

G. Parapionosyllis, p. 289 

— 2 paires de cirres tentaculaires (fig. 109, k) 14 

14. Bord de la trompe uni. Soies composées à longue serpe (fig. 109,i). 
G. Pionosyllis, p. 285 

— Un anneau chitineux finement denticulé à l'entrée de la trompe. 
Soies à serpe assez courte (fig. 112, i, m). . G. Eusyllis, p. 292 

15. Une paire de cirres tentaculaires (fig. 116, a) 16 

— Deux paires de cirres tentaculaires. Appendices fusiformes et 
allongés (fig. 114, f) G. Grubea, p. 296" 

16. Une seule antenne rudimentaire (fig. 118, a). G. Spermosyllis,p.309 
— 3 antennes (fig. 117, a) 17 

17. Cirres tentaculaires rudimentaires. Appendices dorsaux et ven- 
traux cylindriques, très petits (fig. 117, b). . G. Exogone, p. 305 

— Cirres tentaculaires bien développés. Appendices renflés à la base 
et terminés en pointe (fig. 116, h). . . G. Sphaerosyllis, p. 300 

18. Cirres dorsaux seulement au l er sétigère de la souche (fig. 126, d). 
G. Procerastea, p. 325 

— Cirres dorsaux à tous les segments de la souche i fig. 119, a). . .19 

19. Cirres dorsaux filiformes ou cylindriques (fîg. 119, a) 

G. Autolytus, p. 310 

— Cirres dorsaux foliacés. 2 épaulettes ciliées (fig. 124, a). . . 
G. Myrianida, p. 322 

— Cirres dorsaux en massue. 2 grands organes nucaux foliacés, 
très saillants (125, a) G. Virchowia, p. 324 



256 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



S.-F. SYLLINAE 



Palpes libres sur toute leur étendue. Des cirres ventraux ; antennes et cirres 
nettement moniliformes. Reproduction par stolons (schizogamie). 



G. SYLLIS Savigny. 

Corps linéaire à segments très nombreux. — Prostomium portant 4 yeux et 
souvent 2 points oculiformes. Palpes ovoïdes ou subtriangulaires,- non soudés. — 
Trompe couronnée de papilles molles. Une grosse dent conique à l'extrémité 
antérieure du pharynx. Proventricule en barillet ponctué. — 3 antennes. 2 paires, 
de cirres tentaculaires. — Antennes et cirres dorsaux moniliformes ou articulés. 
Cirres ventraux non articulés. Soies composées à serpe hétérogompheunidentée 
ou bidentée, parfois des soies composées et des soies simples, rarement rien que 
des soies simples. — 2 cirres anaux articulés. — Reproduction par stolons. 
Rarement vivipares. Les stolons portent des soies capillaires dorsales et n'ont 
que 2 cirres tentaculaires rudimentaires. 

1. Rient que des soies simples à tous les segments (fig. 95, b). 
(S.-G. Haplosyllis) S. spongicola, p. 257 

— Soies des pieds antérieurs toutes composées (fig. 96, i), en outre, 
dans la région moyenne, quelques grosses soies simples (S.-G. 
Syllis s. str.) 2 

' — Soies toutes composées et différant peu les unes des autres. (S.-G. 
Typosyllis) 3 

— Aux soies composées, dans tousles segments, s'ajoutent 1-2 soies 
composées à long article en alêne (fig. 100, n) (S.-G. Ehlersia). . 12 

2. Soies simples ypsiloïdes, formées par la soudure de la serpe à la 
hampe (fig. 96, h) S. gracilis, p. 259 

— Soies simples résultant de la chute d'une serpe très caduque 
(fig. 95, k, 1) S. arnica, p. 258 

3.' Incolore, vivipare S. vivipara, p. 267 

— Non vivipare 4 

4. ' Cirres dorsaux alternativement épais et minces. Soies à hampe 

très renflée (fig. 96, a, b) S. Krohnii, p. 259 

— Cirres dorsaux tous d'égale épaisseur. Soies à hampe peu renflée 
(fig. 97, a, d) 5 

5. Cirres dorsaux longs, plus de 20 articles (fig. 97, a) & 

— Cirres dorsaux courts, moins de 20 articles (fig. 98, a) 9 

6. Soies nettement bidentées (fig. 97, c) 7 

— Soies unidentées, ou avec petite dent accessoire (fig. 98, 1). . . 8 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLLtDAE 257 

7. Pharynx court, avec dent au tiers antérieur (fig. 97, a). . . . 
S. proliféra, p. 2G1 

— Pharynxlong, dentbien antérieure (fig. 97, h). S.variegata.p. 262 

8. Cirres noirs S. nigricirris, p. 265 

— Cirres ponctués de points noirs .... S. cirropunctata, p. 266 

— 3 bandes violettes sur les segments antérieurs. S. vittata, p. 263 

9. Soies bidentées 10 

Soies unidentées 11 

10. Rose annelé de brun, ou incolore S. hyalina, p. 262 

— Jaune, un collier noir aux l"-2 a sétigères. . S. torquata, p. 264 

— Téguments couverts de fines papilles. . S. brevipennis, p. 265 

1 1 . Cirres fusiformes à 8-10 articles, soies antérieures et postérieures 
à dent secondaire, celles du milieu du corps unidentées. . . . 

. . .' S. armillaris, p. 264 

— Cirres crénelés. Soies unidentées à fine dent secondaire (fig. iOO a). 
S. cucullata, p. 267 

12. Cirres antérieurs moniliformes, les autres lisses 

' S. ferrugina, p. 269 

— Cirres tous nettement moniliformes 13 

13. Espèce de petite taille, vivipare S. nepiotoca, p. 269 

— Plus grande, non vivipare S. cornuta, p. 267 

S. (Haplosyllis) spongicola Grure. Fig. 95, a-d. — Syllis spongicola 
Me' Intosu 1908, p. 197, pi. li, fig. 4. S. hamata Claparède 1868, p. 195, 
pi. xv, fig. 2. S. oligochaeta Bobretzky 1870. S. setubalensis Me' Intosu 
1885, p. 195, pi. xxx, fig. 5,6. — Haplosyllis aurantiaca Eisig 1881, p. 270. 

Corps allongé, effilé postérieurement. — Prostomium relativement 
petit. 4 petits yeux et parfois 2 points oculiformes antérieurs. Palpes longs 
et larges rapprochés à la base, mais non réunis (95, a). Antennes minces 
et assez courtes articulées. — Long pharynx, souvent déchiqueté à 
l'entrée, à dent terminale précédée de 10 papilles molles. Proventricule 
allongé. — Cirres dorsaux à 20-30 articles, alternants. Cirres ventraux 
pinniformes, plus courts que le pied. Pas de soies composées. A chaque 
pied, 3 ou 4 gros acicules boutonnés et deux ou trois soies simples à cro- 
chet birostré dont le rostre supérieur est simple ou bifide (b-c). Il s'y 
joint parfois une soie capillaire très fine — 2 cirres anaux courts, pas 
d'appendice impair. — Reproduction directe et par stolons acéphales 
évoluant ensuite jusqu'au stade Ioida. 

L. 2 à 5 cm. — Orangé ou jaunâtre translucide. Aux derniers segments 
de la souche et sur les stolons, une grosse tache violette à la base de 
chaque pied. Œufs violets, c? rouge vineux. 

A la côte à mer basse et dans les dragages parmi les Algues et surtout dans 
les Éponges. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. — Océan Indien, 

17 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




n m 



Fig. 95. — Syllis spongicola : a, région antérieure x 20 (d'après Claparède) ; b, c, soies 
simples X 350; d, acicule X 350. — S. arnica : e, région antérieure, grossie; f, tête 
du stolon (d'après Quatrefages); g, parapode; h, soie composée x 350; i, k, 1, m, 
soies géantes avec et sans serpe, face et profil x 350; n, acicule boutonné x 350. 



S. arnica Quatrefages. Fig. 95, e-n. — Quatrefages 1865, II, p. 20, 
pi. v, fig. 16-22. S. aesthetica Saint-Joseph 4887, p. 156, pi. vu, fig. 20-23. 
S. Cunninghami Me' Intosh 1908, p. 195, pi. lxx, fig. 19. — (?) S. moni- 
laris Audouin et M. -Edwards {non Savigny). — Ehlersia simplex Lan- 
gerhans 1879, p. 358, pi. xxxi, fig. 6. 

Corps allongé, de largeur uniforme. — Prostomium plus large que 
long. 4 yeux en trapèze. Palpes assez longs, rapprochés à la base, mais 
non soudés. Antennes dépassant les palpes, l'impaire plus longue que 
les latérales. — Pharynx allongé, à dent bien antérieure (95, e). Pro- 
ventricule long et épais s'étendant au moins sur 5 segments. — Cirres 
dorsaux raides, subfusiformes, à 15-25 articles, égalant à peine la lar- 
geur du corps dans la région moyenne (g). Cirres ventraux pinniformes. 
Acicules un peu renflés ou recourbés à l'extrémité. Soies courtes, dépas- 
sant peu le pied, de deux sortes dans la région moyenne, 1° les unes 
nombreuses, minces, . arquées à hampe élargie, à serpe pectinée uni- 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLLIDAE . 259 

dentée [i); 2° les autres, au nombre do 1 à 3, ont une hampe droite beau- 
coup plus grosse, tronquée obliquement, à serpe unidentée très caduque 
manquant le plus souvent. Elles simulent alors do grosses soies- 
simples (k, 1, m). Aux derniers sétigères, une soie simple dorsale et une- 
ventrale bifide. — 2 cirres anaux moniliformes. — Stolons tétracères- 
avec des soies capillaires (f). 

L. 2 à 6 cm. — Sombre, incolore, ou rose pâle uniforme, ou brun ver- 
dâtre; pharynx brun, proventricule jaunâtre ou rougeâtre. Stolons ç? rouge 
vif; 9 vert fonce. 

Dragages côtiers et à mer basse dans les fentes des rochers et parmi les- 
Algues calcaires. 

Côtes d'Irlande; Manche (Guernesey, Saint- Vaast, Cherbourg, Dinard, Saint- 
Malo); Atlantique (Ile d'Yeu, Biarritz, Madère; Guyane); Méditerranée 
(Naples). 

Nota. L'examen et la comparaison des types de S. arnica et S. aest/iedca du; 
Muséum m'a permis de constater leur identité. 

S. gracilis Grude. Fig. 96, f-i. — Langerhans 1819, p. 540, pi. xxxi, 
fig. 8; Soulier 100k, p. 31, fig. 8. S. navicellidens, S. nigrovittata, 
S. quadridentata Czerniavsky. S. mixtosetosa Bodretzky. — ? S. brevi- 
cirrata Me' Iktosh 1908, p. 196, pi. lxx, fig. 20. 

Corps très long et grêle. — Prostomium plus large que long, arrondi 
en avant. 4 yeux foncés, en trapèze (96, f). Palpes robustes. Antennes 
courtes, épaisses, subégales, dépassant peu les palpes (8 à 12 articles). 
— Pharynx long et mince avec dent antérieure et-bord festonné. Proven- 
tricule occupant 4 segments. — Cirres dorsaux cylindriques ou fusiformes, 
courts, alternativement à 7-8 et 10-12 articles (g). Cirres ventraux coni- 
ques. Dans la région antérieure, des soies composées à hampe élargie à 
serpes de plus en plus courtes, à dent accessoire éloignée du rostre (i) t 
ensuite des soies en serpe et des soies simples, plus grosses, furciformes 
ou ypsiloïdes; chaque pied porte, dans la région moyenne, uniquement 
2-3 soies furciformes (h), dans la région postérieure, des soies composées 
et des soies furciformes; enfin, dans les derniers segments, des soies 
composées et 2 soies subulées simples, une dorsale et une ventrale. Les 
soies furciformes dérivent des soies composées par soudure de l'articu- 
lation do la serpe avec la hampe. — 2 cirres anaux articulés et un petit 
cirre impair lisse. — Stolons loida. 

L. 2 à 5 cm. — Jaune brun pâle avec, parfois, au dos des segments 
antérieurs, de fines stries do points bruns. 

A mer basse et dans les dragages parmi les Ascidies, les Algues, les Ser- 
pules et les coquilles rongées; dans les fissures des rochers. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. — Océan Indien, Pacifique. 

S. (Typosyllis) Krohnii Ehxers. Fig. 96, a-e. — Syllis Krohnii Eiilers 



260 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



186k, p. 234, pi. x, fig. 1-4; Saint-Joseph 1895, p. 188, pi. xi, fig. 2-3. 

Corps épais antérieurement, effilé en arrière. — Prostomium bilobé en 

arrière, 4 gros yeux, et 2 taches oculiformes. Palpes massifs. Antennes 

assezlongues. Segment buccal formant une bosse derrière le prostomium. 

— Une grosse dent en arrière de l'entrée du pharynx. Proventricule court. 

— Antennes et cirres à articles nombreux, courts, très serrés. Cirres 
-dorsaux alternativement courts et longs, ces derniers deux fois plus épais 
et souvent renflés en massue à l'extrémité et relevés sur le dos (96, a). 
Soies composées à hampe très renflée, à serpes courtes, robustes, bien 
recourbées et unidentées (b, c), sauf aux premiers sétigères où elles sont 
un peu plus longues à dent secondaire peu marquée, très fragile. Aux 
segments postérieurs, une soie dorsale simple arquée et une soie ventrale 
simple légèrement bifide (d, e). — 2 cirres anaux. 

L. 15 à 30 mm. — Des raies transversales brun violet sur les segments 
antérieurs. Cirres tachetés de points blancs opaques. Trompe brunâtre. 
.Sperme rosé, œufs saumon. 

A la côte, à mer basse, parmi les Algues et sous les pierres. Dragages côtiers. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. — Mers du Nord. 




Fig. 96. — Syllk Krohnii : a, région antérieure, grossie; b, soie composée moyenne 
X500; c, soie/ antérieure X 500; d, soie ventrale simple x 500; e, acicule X 500. — 
S.gracilis : f, région antérieure, grossie; g, parapode; h, grosse soie simple x500; 
i, soie composée x 500. 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLLIDAE 



261 



S. (Typosyllis) proliféra Krohn. Fig. 97, a-g. — Syllis proliféra Saint- 
Joseph 1887, p. 23; Allen 1915, p. GOO. S. Armandi Claparède i86"4, 
p. 530, pi. v, fig. 1. S. fiumensis Ehlers 1864, p. 225, pi. ix, fig. 1-9. S. 
lussinensis Marenzeller 1874, p. 30, pi. m, fig. 1. S. hyalina Me Intosk 
{non Grdbe 1008), p. 1G7. 

Corps long et grêle à segments nombreux. — Prostomium subpenta- 
gonal. 4 yeux et souvent 2 petites taches oculaires. Palpes allongés, un 
peu triangulaires. Antenne impaire plus longue que les latérales. — 
Pharynx gros et court avec une grosse dent au tiers antérieur. 10-12 pa- 
pilles molles (97, a). Proventricule court et large. — Cirres dorsaux moni- 
liformes alternativement courts et longs à 20-25 et 30-40 articles, dans la 
région moyenne du corps. Soies à serpe bidentée, les postérieures plus 
courtes et plus nettement bifides que les antérieures (c, d, e). Aux derniers 
sétigères, une soie dorsale simple arquée, à peine bifide à l'extrémité, une 
soie ventrale simple plus nettement bifide. 2 longs urites. — Stolons 
Chaetosyllis (b). 




Fm. 97. — Syllis proliféra : a, partie antérieure X 12 (d'après Claparède); h, tête du 
stolon Chaetosyllis (d'après Langerhans); c, d, soies moyennes, supérieure et inférieure 
X50O; e, soie postérieure x 100; f, soie ventrale simple x 500: g, soie dorsale simple 
x .">00. — S. variegata : h, partie antérieure x 10 (d'après Claparède) ; i, parapode ; 
k, 1, soies composées, moyenne et postérieure X 500; m, n, soies simples, ventrale 

p.t Hnrsale X fiOO. 



262 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

L. 10 à 25 mm. — Coloratioa très variable; brunâtre, grisâtre ou rou- 
geâtre; région antérieure pigmentée de brun d'une manière uniforme ou 
présentant des bandes transversales roses ou orangées, continues ou 
interrompues. Antennes et cirres parfois ponctués de points foncés. Œufs 
violets, testicules bruns. 

A mer basse, parmi les Algues, dragages côtiers et fonds de chalut. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

S. (Typosyllis) variegata Grube. Fig. 97, h-n. — Syllis variegata 
Marenzeller 1875, p. 19, pi. h, fig. 2; Allen 1915, p. 602. S. oblonga 
Keferstein 1862, p. 109, pi. ix, fig. 37-44. S. armoricana Claparède 
1863, p. 39, pi. xiii, fig. 21-23, 25-27. S. hexagonifera Claparède 186k, 
p. 73, pi. v, fig. 2. S. bacilligera Claparède 1868, p. 198, pi. xiv, fig. 4. 
S. aurantiaca Claparède 1868, p. 200, pi. xiv, fig. 3. 

Corps long et grêle à segments nombreux. — Prostomium subpenta- 
gonal. 4 yeux. Antenne impaire plus longue que les latérales (97, h). — 
Pharynx long et mince. Dent relativement petite et au bord antérieur du 
pharynx, 10 papilles molles. Proventricule long et étroit. — Cirres dorsaux 
moniliformes alternativement longs et courts à 20-25 et 30-45 articles (i). 
Les plus longs sont souvent relevés sur le dos. Soies à serpe bidentée 
assez longue, les postérieures moins courtes et moins fortement biden- 
tées que chez S. proliféra (k, 1). Aux derniers sétigères, une soie simple 
dorsale et une soie simple ventrale indistinctement bifide (m, n). — 2 longs 
urites. Stolons Chaetosyllis. 

L. 10 à 35 mm. — Coloration variable, dans les premiers segments le 
pigment brun dessine des hexagones ou un huit couché oo sur chaque seg- 
ment, ou des barres transversales interrompues. Cette pigmentation 
disparaît assez rapidement dans l'alcool. Œufs violets. 

Dragages côtiers et à mer basse dans les Algues et les crampons de Lami- 
naires. Commun. 
Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. Mer Rouge. 

Nota, Cette espèce, très voisine de S. proliféra, n'en est probablement qu'une 
variété. 

S. (Typosyllis) hyalina Grube. Fig. 98 a-b. — Syllis hyalina Maren- 
zeller 1875, p. 22; Langerhans 1879, p. 535. — ? S. tiorina Rxtbke 1843, 
p. 165, pi. vu, fig. 9-11. ? S. fissipara Krohn 1852, p. 66. S. ppllucida 
Ehlers 1864, p. 239, pi. x, fig. 9-11. S. simillima Claparède 186k, p. 
537, pi. v, fig. 4. S. borealis Malmgren 1867, p. 160, pi. vu, fig. 42. S. 
macrocola Marenzeller 1874, p. 37, pi. m, fig. 3. 

Corps long et mince à nombreux segments. — Prostomium subpenta- 
gonal. 4 yeux et souvent 2 petites taches oculiformes (98, a). Palpes robus- 
tes t.rînnD'nlnîrAÇ! Ànfpnnfi imnaîrp. tin t\aii T\1n« lr*ncmf> nnp les latérales 



POLYCUETES ERRANTES. — SYLUDÀE 



263 



mais dépassant peu les palpes. — Pharynx allongé à dent antérieure 
moyenne, 10 papilles molles. Proventricule peu allongé. — Cirres dor- 
saux courts, alternativement à 6-7 et 8-12 articles environ (98, b).. Soies à 
serpe bidentée (c), aux derniers sétigères, une. soie dorsale et une soie 
ventrale simples, non bifides. — 2 cirres anaux. 

L. 10 à 35 mm. — Corps souvent transparent, incolore ou rougeâtre 
uniformément dans la région antérieure, ou avec des bandes transversales 
brun-rouge. 

Dragages côtiers et à la côte à mer basse parmi les Algues. 
Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 

Nota. Allen considère cette espèce comme une variété, ou une forme jeune, 
de S. proliféra à cirres courts ou incomplètement développés. Par son pha- 
rynx allongé, elle me semble plutôt se rapprocher de S. variegata, mais on 
trouve bien des spécimens intermédiaires et il est probable que ces trois for- 
mes seront à réunir en une seule espèce : S. proliféra, qui a la priorité. 

S. (Typosyllis) vittata Giiube. Fig. 98, i-1. — Syllis vittata Marenzeller 




Fio. 98. — Syllis hyalina : a, répion antérieure (d'après Marenzeller) ; b, parapode; 
c, soie X 500. — S. lorquala : d, région antérieure, grossie ; e, trompe ; f , parapode 
face ventrale; g, soie postérieure; h, soie antérieure (d'après Marion). — S. vittata: 
i, région antérieure (d'après Claparède); k, parapode; 1, soie X 350 (d'après Maren- 



264 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÊTES ERRANTES 

1874, p. 35, pi. m, fig. 2. S. aurita Claparède 1864, p. 79, pi. v, fig. 5; 
1868, p. 509. 5. Buskii Mc'Intosh 1908, p. 206. 

Corps épais, trapu. — Prostomium subhexagonal. 4 yeux en trapèze. 
Palpes larges, divergents. Antennes plus longues que les palpes, l'impaire 
un peu plus longue que les latérales. Segment buccal formant bosse- 
assez accentuée. — Pharynx allongé, dent bien en avant (98, i). Proventri- 
cule long, antennes et cirres épais à articles nombreux, courts et très 
serrés. — Cirres dorsaux alternativement à 25-30 et 30-40 articles (k). 
Soies composées à hampe un peu renflée, à serpe grosse, courte, pecti- 
née, bidentée chez les jeunes, ensuite unidentée (1). Aux derniers sétigères, 
une soie dorsale simple et une ventrale arquée, bifide. — Un court cirre 
anal impair, lisse et 2 autres articulés plus longs. 

L. 25 à 50 mm. — Trois raies transversales violettes ou pourpres au 
dos de chaque segment, sur toute la longueur du corps. 

A mer basse et dans les dragages côtiers, dans les Algues et les Algues cal- 
caires, 

Manche (Guernesey, Herm), Atlantique (Ile de Ré, golfe de Gascogne), Médi- 
terranée et Adriatique. — Côtes d'Irlande. 

S. (Typosyllis) torquata Marion et Bobretsky. Fig. 98, d -h. — Sylîis- 
torquata Marion et Bobr. 1875, p. 20, pi. i, fig. 5, pi. n, fig. 5. 

Corps mince, très contractile. — Prostomium sub-rectangulaire. Taches 
oculaires irrégulières, sans cristallin. Palpes longs, divergents. 3 antennes 
égales ne dépassant pas les palpes, à articles peu nombreux (98, d). Seg- 
ment buccal formant une petite gibbosité. — Pharynx et proventricule 
longs. Dent un peu en arrière de l'ouverture de la trompe qui est couron- 
née de 10 papilles molles (e). — Cirres tentaculaires et cirres dorsaux 
cylindriques, courts, à articles peu nombreux (7-9). Cirres ventraux pin- 
niformes. Soies composées à hampe légèrement renflée , à serpe biden- 
tée devenant très courte dans les segments postérieurs (g, h). 

L. 30 mm. — Jaune paille avec les deux premiers segments noirs, for- 
mant collier, de minces traînées brunes entre les segments antérieurs et 
ensuite coloration jaune uniforme. 

A la côte, dans les Ulves de la calanque de Malamousque. Un seul spécimen 
connu. — Marseille. 

S. (Typosyllis) armillaris Malmgren. Fig. 99, a-f. — Syllis armillaris- 
Malmgren 1867, p. 160, pi. vm, fig. 46; Me' Intosh 1908, p. 188, pi. l, 
fig. 1. S. alternosetosa Saint-Joseph 1887, p. 26, pi. vu, fig. 14-19. S. 
hyalina Malaquin (non Grube) 1893, passim. 

Corps long et grêle à nombreux segments. — Prostomium arrondi. 
4 yeux rouges disposés en trapèze et 2 points oculiformes. Palpes ovales, 
très rapprochés, antennes dépassant bien les palpes, l'impaire plus lon- 
gue crue les latérales (99. a). — Pharvnx à grosse dent bien en avant et. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLLIDAE 265 

10 papilles molles. Proventricule allongé. — Cirres dorsaux courts, attei- 
gnant au plus le diamètre du corps, fusiformes (b), à 8-16 articles, le plus 
souvent 9-11, rarement 20, serrés. Cirres ventraux lancéolés. Les serpes 
des soies composées ont une dent secondaire plus ou moins marquée 
dans les segments antérieurs et postérieurs. Elles sont courtes, plus 
recourbées et unidentées dans la région moyenne du corps (c, d, e). Hampe 
assez renflée. 1-2 gros acicules coniques. Une soie simple non bifide aux 
segments postérieurs (f). — 2 cirres anaux moniliformes. — Stolons 
acéphales acquérant des soies natatoires après la séparation de la souche 
et évoluant ensuite jusqu'au stade Ioida. 

L. 25 à 50 mm. — Jaunâtre, ou rose uniforme, ou avec des raies trans- 
versales roses. Œufs violets, ç? rose clair, puis blanc. 

A mer basse sous les pierres et dans les Laminaires, très commun dans les 
dragages côtiers de la Manche. 

Manche, Atlantique, Méditerranée (Monaco), mer du Nord. — Mers arcti- 
ques. 

S. (Typosyllis) brevipennis Grube. Fig. 99, g-k. — Syllis brevipennis 
Grube 1863, p. 43, pi. iv, fig. 5; Marenzeller 1879, p. 25. — (?) Xeno- 
syllis KinbergiMc' 1 Intosh 1908, p. 155, pi. lxx, fig. 7. 

Corps court, vermiforme, arrondi. Téguments couverts de petites 
papilles. — Prostomium subrectangulaire. 4 yeux en trapèze et souvent 
2 petites taches oculiformes. Palpes ovales, courts. 3 antennes subégales 
à 6-7 articles, très courtes (99, g). Trompe couronnée de 10 papilles. 
Long pharynx à dent obtuse, antérieure. Proventricule s'étendant dans 
4 segments. Cirres dorsaux courts, épais, subfusiformes, à articles peu 
nombreux (8-10) renfermant des corpuscules jaune d'or (h). Cirres ven- 
traux très courts. Très gros acicules saillants en poinçon (k). Soies à 
serpe bidentée (i). — 2 cirres anaux à 6 articles. — Stolon Tètraglène 
(T. rosea Grdbe). 

L. C à 10 mm. — Incolore, transparent, intestin brunâtre. 

Dragages. — Adriatique (Lussin piccolo), Atlantique (Açores). — Irlande 7 

S. (Typosyllis) nigricirris Grube. Fig. 99, 1, m; — Syllis nigricirris 
Grube 1863, p. 47, pi. rv, fig. 10. 

Corps effilé à segments très courts. — Prostomium elliptique. 4 yeux 
punctiformes disposés sur un arc peu courbé. Palpes triangulaires obtus- 
Antennes subégales, dépassant bien les palpes, à 17-22 articles. Segment 
buccal très court (99, 1). — Trompe inconnue. — Cirres tentaculaires et 
cirres dorsaux très longs, à articles nombreux (20 à 48) courts et serrés 
(m). Cirres ventraux dépassant un peu le pied. Soies minces, à serpe 
presque droite, courte, unidentée. — Un cirre anal impair très court et 
lisse et deux à 33 articles environ. 



266 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



L. 20 à 26 mm. — Rose brunâtre pâle à reflets violacés. Cirres dor- 
saux noirs. 

Dragages 20 à 35 brasses. — Adriatique (Neresine). 




Fig. 99. — Syllis armillaris : a, région antérieure, grossie ; b, parapodè moyen; c, d, e, 
soies, postérieure, moyenne et antérieure x 350; f, soie postérieure simple X 500. — 
S. brevipennis : g, région antérieure x 20 ; h, parapodè, très grossi (d'après Grube) ; 
i, soie composée X 500 ; k, acicule x 500. — S. nigricirris : I, région antérieure x 15 ; 
m, parapodè, très grossi (d'après Grcbe). — S. cirropunctata. : n, deux segments, 
face dorsale ; o, parapodè, très grossi \ p, soie composée X 500. 



S. (Typosyllis) cirropunctata Michel. Fig. 99, n-p. — Syllis cirro- 
punctata Michel 1909, p. 318. 

« Environ 15 mm. Gris jaunâtre; une bande moyenne foncée, plus ou 
moins interrompue en une tache au milieu et une tache de chaque côté ; 
de plus une ligne à la limite des anneaux (99, n); toutes ces taches 
s'atténuent vers la partie postérieure du corps; ventralement, de chaque 
côté, des dessins orangés (probablement néphridies) en un arc, et, à la 
base des parapodes, une tache; les cirres dorsaux pointillés de petites 
taches noires transversales et rectangulaires (o). Soies à serpe pectinée 
et unidentée ; les soies les plus courtes des faisceaux à serpe plus courte 
et plus crochue. Les 4 yeux céphaliques disposés en ligne droite. Trompe 



An-nt tr 



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I F» ovûO 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLLIDAE 267 

30-45 rangées. — Stolon d'abord rougcâtre en un réseau, puis pourpre, 
enfin très foncé, ordinairement violet ; des taches oculiformes à la plupart 
des anneaux, sur un mamelon à la base de chaque parapode. Avec les 
longues soies capillaires dorsales, il frétille et enfin se libère à l'état 
acéphale. » — Cirres. à 30-40 articles. 2 cirres anaux. Soies à hampe 
renflée rappelant celles de S. Krohnii (p). 

Naples. 

S. (Typosyllis?) cucullata Me' Intosh. Fig. 100, a-d. — Syllis cucullata 
Me' Intosh 1908, p. 191, pi. lx, fig. 3, pi. lxx, fig. 17, pi. lxxx, fig. 11. 

Corps massif. — Prostomium arrondi. 4 yeux de taille moyenne disposés 
en carré. Palpes très grands (100, a). Antennes et cirres tentaculaires 
moyennement longs, faiblement moniliformes et crénelés, surtout vers 
l'extrémité. — Cirres dorsaux plutôt crénelés que moniliformes et effilés, 
naissant du dos sans cirrophore distinct. Mamelon sétigère conique obtus. 
Cirro rentrai plus court que le pied et largement ovale. Acicules recourbés. 
Soies à hampe dilatée, tronquée obliquement, épineuse, à serpe courte 
recourbée en croc unidenté, ou à dent accessoire très petite (c, d). 

Taille? Coloration? Trompe? 

A mer basse, sous les pierres. — Manche (île de Wight). 
Nota. Ressemble beaucoup à un Odontosyllisl 

S. (Typosyllis) vivipara Krohn. Fig. 100, e, f. — Syllis vivipara Good- 
rich 1900, p. 105, pi. xiii. 

Corps court, transparent (100, e). — Prostomium rectangulaire. 
4 yeux en trapèze. Palpes triangulaires, divergents, accolés à leur base. 
Antenne impaire plus longue que les latérales. — Pharynx court avec dent 
au tiers antérieur. 9 papilles antérieures. Proventricule assez court. — 
Longs cirres dorsaux moniliformes à nombreux articles. Soies à hampe 
renflée (f), à serpe unidentée recourbée- en croc. Une soie dorsale 
simple aux derniers sétigères. — 2 longs cirres anaux articulés et une 
papille impaire. — Vivipare. Dans le cœlome, des œufs et des embryons 
développés. Peut aussi former des stolons. 

L. 2 cm. — Intestin jaune pâle, téguments incolores, transparents. 

Parmi les Algues. — Nice (Krohn); Naples (Goodrich, Michel); Le Croisic 
(Ferronnière). 

Nota. Ne diffère de S. proliféra que par sa viviparité et ses soies unidentëes. 

S. (Ehlersia) cornuta Rathke. Fig. 100, g-i. — Syllis cornuta Soulier 
190 ! i, p. 39> fig. 9. — Ehlersia cornuta Langerhans 1879, p. 537. 
E. sexoculata (Ehlers), Saint-Joseph 1906, p. 181. 

Corps modérément allongé. — Prostomium subhexagonal. 4 yeux 
disposés en trapèze et 2 points oculiformes antérieurs. Palpes bien déve- 



268 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERBANTES 



loppés et bien séparés (100, g). 3 antennes subégales, minces, dépassant 
beaucoup les palpes, à 15-30 articles. — Pharynx très long, dent 
bien en avant; proventricule long (30-35 rangées). — Cirres dorsaux 
longs et grêles à 12-20 articles, alternants. Cirres ventraux cylindriques, 
à peu près de la longueur du pied. Soies composées de deux sortes, les- 
unes à article très long et très mince, finement pectine et bidenté, les 
autres à serpe courte pectinée bidentée (h). Ces deux sortes de soies 
coexistent dans chaque pied. Aux derniers sétigères, dorsalement et ven- 
tralement, une soie simple subulée dont la pointe est précédée d'un petit 
denticule. — 2 cirres anaux articulés et un tubercule impair. — Stolons 
dicères, Chaeîosyllis. 

L. 10 à 15 mm. — Blanc jaunâtre ou incolore. 

* 

A mer basse et dans les dragages côtiers parmi les Serpules, les Bryozoaires 
et les Algues. Très souvent dans les coquilles vides, commensale des Pagures 
et des Géphyriens. 

Manche, Atlantique, Méditerranée. — Mers arctiques, Océan Indien. 




Fig. 100. — Syllis cucullata : a, tète, grossie; b, parapoJe x 50; c, d, soies, très 
grossies (d'après Me' Intosh). — S. vivipara : e, animal entier renfermant des jeunes, 
grossi ; f, soie composée (d'après Goodrich). — S. cornuta : g, région antérieure, 
grossie; h, i, soies composées, longue et courte x 400. — S. (Ehlersia) ferrugina 
k. 1. soies du 2 a seernent: m. n. soies du 23 e seffmnnt (d'anrès I.anrkrhank). 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLLIDAE - 269 

S. (Ehlersia) nepiotoca Caullery et Mesnil. — Ehlersia nepiotoca Caul- 
lery et Mesnil 1916, p. 576. 
Corps de petite taille, 5 à 6 mm., à segments peu nombreux (35 à 47). 

— Antennes et cirres pluriarticulés (nombre moyen d'articles 10, dépassé 
seulement pour l'antenne impaire et les cirres du premier et parfois du 
quatrième sétigère). Soies composées de 2 sortes, les unes à serpe 
courte, les autres à serpe très longue et très fine. — Vivipare. (Diffère 
peu de S. (Ehlersia) cornuta dont elle est peut-être une forme cyclique 
parthénogénétique) . 

Mares à Lithothamnlon. — Anse S*-Martin, à l'ouest de Cherbourg. 

S. (Ehlersia) fermgina Langerhans. Fig. 100, k-u. — Ehlersia ferru- 
gina Langerhans 18X1, p. 104, pi. iv, (ig. 10. — Syllis ferrugina Sou- 
thern 191k, p. 38. S. ferruginea Augener 1918, p. 271. 

Corps très fragile. — 4 gros yeux et 2 points oculiformes antérieurs* 
Palpes larges. Antennes à 17-25 articles. — Pharynx allongé à dent 
antérieure. Proventricule à 25 rangées. — Cirres tentaculaires à 17-24 
articles. Cirres dorsaux du 2" segment plus longs que les autres, les 
suivants à 15-25 articles devenant de moins en moins distincts, puis non 
articulés, très minces, alternativement longs et courts. Cirres ventraux 
non lamelleux. Soies composées de deux sortes, les unes à serpe pectinée 
fortement bidentée, les autres à long article en alêne (100, k-n). Aux der- 
niers sétigères, une soie dorsale et une soie ventrale simples. 

L. 1 cm. — Brun rouille, intestin verdâtre. 

Dans les crampons de Laminaires. — Atlantique (cotes d'Irlande, Canaries, 
Angola). 

G. TRYPANOSYLLIS Claparède. 
(Saint-Joseph, char, entend.) 

Corps aplati, rubané. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes bien séparés. 

— Trompe couronnée d'un trépan de dents et d'une grosse dent conique de 
Syllis. Proventricule en barillet. — Antennes et cirres moniliformes. Soies 
composées à article en serpe. — 2 cirres anaux. — Reproduction par stolons. 

1. Segments très nombreux, antennes et cirres longs à nombreux 

articles (25 à 45). Bandes dorsales violettes. Grande taille. , . . 

T. zébra, p. 2G9 

— Segments peu nombreux, antennes et cirres courts à 6-12 articles. 

Coloration jaune, cirres dorsaux jaune d'or. Taille 8-12 mm. . 

T. cœliaca, p. 270 

Tr. zébra Grube. Fig. 101, a-e. — Langerhans 1879, p. 556, pi. xxxn, 
(ig. 17. Tr. Krohnii Claparède 186k, p. 558, pi. vu, fig. 2; Saint- 
Joseph 1887, p. 180. 



270 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Corps long, aplati, rubané, à segments très nombreux et très courts. 
— Prostomium plus large que long. 4 yeux disposés en trapèze, la paire 
antérieure plus grosse, en outre, parfois, deux petites taches oculaires 
frontales. Palpes allongés et bien séparés. Antenne impaire plus longue 
que les deux latérales (101, a). — Trompe précédée de 10 papilles molles, 
couronnée d'un trépan à 10-12 dents égales accompagnées d'une grosse 
dent conique de Syllis souvent difficile à distinguer (b). Proventricule 
allongé. Intestin étranglé avec 2 cœcums latéraux dans chaque segment. 
Cirres dorsaux longs, épais, à articles nombreux (20 à 50) courts et très 
serrés mais très nets (c). Alternance de cirres courts et longs. Cirres 
ventraux pinniformes. Soies composées à serpe bitide assez large et fine- 
ment pectinée (d). Une soie simple birostrée aux derniers sétigères. — 
2 cirres anaux articulés, pas d'appendice impair. — Stolons Tétraglènes. 

L. 3 à 6 cm. — Deux raies transversales violettes au dos des segments 
antérieurs, région postérieure jaunâtre. Cirres blancs ou parfois lilas, 
ou violacés. 

Dans les vieilles coquilles draguées et à mer basse dans les crampons de 
Laminaires. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Tr. cœliaca Claparède. Fig. 101, f-h. — Claparède 1868, p. 203 r 
pi. xin, fig. 3; Saint-Joseph 1887, p. 184, pi. ix, fig. 57-63. 

Corps de longueur moyenne, aplati, à segments ' courts et larges au 
nombre de 60 à 90. — Prostomium arrondi plus large que long. 4 yeux 
assez gros et 2 plus petits au bord ventral. Palpes ovoïdes divergents. 
3 antennes courtes, subégales (101, g). — Trompe précédée de 10 papilles 
molles, couronnée d'un trépan à 10 dents à pointe rabattue en dedans. 
Une grosse dent conique de Syllis. Proventricule court. Intestin étran- 
glé, à 2 larges cœcums jaunes dans chaque segment (h). — Cirres dor- 
saux courts, à articles moniliformes peu nombreux, 6 à 12. Ils ne sont 
pas alternativement courts et longs. Cirres ventraux pinniformes. Soies 
composées à serpe bifide plus courte et plus grêle que chez T. zébra. 
Une soie simple birostrée aux derniers sétigères. — 2 cirres anaux arti- 
culés, pas d'appendice impair. — Stolons Tétraglènes. 

L. 8 à 12 mm. — Jaune, cirres dorsaux pleins de corpuscules jaune 
d'or ou parfois verts. 

Dans les vieilles coquilles draguées et à mer basse dans les crampons de 
Laminaires. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLLIDAE 



271 




Fig. 101. — Trypanosyllis zébra : a, région antérieure X 20 (d'après Clapam.de); b, 
trépan d'après Langerhans) ; c, parapode; d, soie composée x 500; — e, tête de sto- 
lon Tétraglène (d'après Saint-Joseph). — T. coeliaca : f , soie composée : x 500 ; g, ré- 
gion antérieure x 25 (d'après Claparède) ; h, trompe et intestin (d'après Saint-Joseph). 
— Eurysyllis tuberculata : i, région antérieure x 75 (d'après Claparède); k, trépan t 
1, acicule; m, n, soie composée et soie dorsale simple (d'après Langerhans); o, para- 
pode x -5 (d'après Me' Intosii). 



G. EURYSYLLIS Ehlers. 
[Polymastus Claparède.] 

Corps massif, aplati. — Prostomium portant '* yeux. Palpes soudés, fixés à la> 
face ventrale. — Trompe avec papilles molles, un trépan et une grosse dent. 
Proventricule en barillet. 3 antennes globuleuses. — Cirres tentaculaires et 
cirres dorsaux globuleux. Des verrues dorsales. Cirres ventraux soudés au pied. 
Soies composées et des soies postérieures simples. — 2 cirres anaux globu- 
leux. — Reproduction par stolons. 



E. tuberculata Ehlers. Fig. 101, i-0. — Ehleiis 1864, p. 264, pi. xi,.' 
fig. 4-7. E. paradoxa Saint-Joseph 1881, p. 191, pi. ix, fig. 68-74. 
E. lento, Quathbfages 1865, p. 59, pi. vm, fig. 18-23. — Polymastus 
paradoxus Claparède 186k, p. 569, pi. vm,fig. 3. 

Corps épais massif, à mouvements très lents. Environ 65 segments. — 



272 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

Prostomium plus large que long, avec 2 renflements latéraux, 4 gros 
yeux dorsaux à cristallin et 2 petits yeux accessoires. 3 antennes globu- 
leuses insérées au bord antérieur. 2 palpes soudés, formant lèvre au-des- 
sus de la bouche et visibles seulement à la face ventrale (101, i). Segment 
buccal plus ou moins nettement distinct du prostomium, portant 2 tuber- 
cules dorsaux et 2 paires de cirres tentaculaires globuleux. — Trompe 
précédée de 6 grosses papilles, couronnée de dix petites dents égales 
accompagnées d'une grosse dent dorsale de Syllis (k). Proventricule court, 
globuleux. Ventricule triangulaire. Intestin étranglé, avec 2 grands 
caecums latéraux dans chaque segment. — 4 tubercules sphériques à la 
face dorsale de chaque sétigère. Cirres dorsaux sphériques remplis de 
bâtonnets (o). Cirres ventraux coalescents avec le pied, libres seulement 
à l'extrémité. Soies composées à serpe unidentée (m). Une soie ven- 
trale simple aux derniers sétigères. Acicule terminé en bouton mucroné (1). 
— 2 cirres anaux globuleux. — Stolons Tétraglènes. 

L. 3 à 5 mm. — Coloration du blanc rosé au rouge cinabre. Stolons çf 
rose orangé, stolons 9 rouge sombre, violets ou verdâtres. 

A mer basse et dragages côtiers, dans les crampons de Laminaires, sur les 
Rhytiphlœa. Souvent encroûté de vase. 

Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 



G. XENOSYLLIS Marion et Bobretzky. 

Corps à segments larges et peu nombreux. — Prostomium portant 4 yeux. 
Palpes bien développés débordant en avant du lobe céphalique. — Trompe 
inerme. Proventricule en barillet. — 3 antennes. Deux paires de cirres tenta- 
culaires. Antennes et cirres articulés. — Cirres ventraux réduits à une petite 
languette ne dépassant pas l'extrémité du mamelon pédieux. Soies composées. 
— 2 cirres anaux. 

X. scabra (Ehlers). Fig. 102, a-e. — Marion et Bobretzky 1875, p. 26; 
Saint-Joseph 1906, p. 183. — Syllis scabra Ehlers 1864, p. 244, pi. xi, 
fig. 1-3. 

Corps court, épais, large, couvert à la face dorsale de nombreuses 
petites papilles (102, a). Environ 50 segments. — Prostomium trapézi- 
forme, élargi en avant, rétréci en arrière. 4 yeux. 3 antennes massives, 
courtes, à 6-7 articles. 2 palpes séparés ovoïdes. Segment tentaculaire 
formant gibbosité sur le prostomium. — Cirres tentaculaires et cirres 
' dorsaux épais, courts, à 5-8 articles globuleux ou emboîtés. Cirres ven- 
traux très petits; Soies composées à article en serpe unidentée (c). Un seul 
acicule robuste. 2 courts cirres anaux coniques articulés (b). Les segments 
jeunes ou régénérés ne sont pas couverts de papilles. — Trompe longue 
et mince, inerme, proventricule petit, globuleux, ventricule triangulaire, 



POI.YCHÈTES ERRANTES. — SYLL1DAE 



273 



intestin rétréci avec 2 étroits caecums latéraux dans chaque segment. 
L. 3 à 4 mm. — Coloration jaune. 

Fonds coralligènes, pierres calcaires. 

Méditerranée, Atlantique (Marseille, Zurkowa, Madère). 




Fig. 102.— Xenosyllis scaira: a, région antérieure x 60; b, région postérieure X 60 
c, soie composée X 800 (d'après Ehlers). — Opisihodontaplerochacla : d, région anté- 
rieure x "0; e, parapode moyen x 125; f, acicule du 13" pied x 700; g, soie com- 
posée, face et prolil ; h, i, k, 1, acicule, soie composée, soie simple dorsale et soie 
simple ventrale d'un pied moyen x 800 (d'après Southern), 



S.-P. EUSYLLINAE 

Palpes soudés à la base seulement. Des cirres ventraux. Antennes et cirres 
dorsaux filiformes ou cylindriques présentant parfois des constrictions superfi- 
cielles, mais non formés d'articles distincts. Reproduction directe (épigamie). 



G. 0PISTH0D0NTA Langeriians. 

Corps de petite taille. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés à la base 
seulement. — Pharynx- armé d'une grosse dent postérieure. Proventricule en 

18 



274 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

barillet. — 3 antennes, 2 paires de cirres tentaculaires. Antennes et cirres lisses. 
Des cirres ventraux. — Soies composées. 

0. pterochaeta Southern. Fig. 102, d-1. — Southern 191k, p. 30, pi. iv, 
fig. 6. 

Corps très effilé antérieurement, plus de 49 segments. — Prostomium 
piriforme. 4 gros yeux disposés en rectangle. 3 antennes lisses, l'impaire 
insérée entreles2 yeux antérieurs (102, d). Palpes de taille moyenne à angles 
arrondis, soudés à la base seulement. Segment tentaculaire visible d'en 
dessus, avec cirres ventraux plus longs que les dorsaux. — Pharynx très 
long avec une dent pointue, latérale, un peu en arrière de la première 
moitié. Proventricule long et cylindrique, à 45 rangs de glandes. 2 ventri 
cules dirigés en-avant. — Cirres dorsaux longs, cylindriques et lisses (e) 
Cirres ventraux massifs, renflés à la base et dépassant bien le pied. Aci 
cules des 15 premiers sétigères gros, épais, à extrémité tronquée et ren 
fiée (f), les suivants beaucoup plus grêles et simplement boutonnés, (h 1 , 
Soies composées à hampe renflée, épineuse, à serpe courte unidentée ren- 
fermée dans un fourreau (g). Aux pieds postérieurs, une soie dorsale simple 
limbée, indistinctement bifide et une soie ventrale non limbée (k, 1). Des 
soies natatoires à partir du 31 e sétigère. 

L. 1 mm. — Coloration? 

Pélagique (?). Pris au filet fin par 9 brasses. — Un seul spécimen recueilli 
par Southern à Clew Bay, côte d'Irlande. 

G. 0D0NTOSYLLIS Claparéde. 

Corps fragile. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés à la base. 3 an- 
tennes. 2 paires de cirres tentaculaires. Une gibbosité occipitale recouvrant en 
partie le prostomium. — Bord antérieur du pharynx portant une rangée trans- 
versale de dents dirigées en arrière. Proventricule en barillet. — Antennes et 
cirres dorsaux inarticulés. Des cirres ventraux. Soies composées à article en 
serpe. A maturité, des soies natatoires. — 2 cirres anaux. — Reproduction 
directe. 

1. Cirres fusiformes. Soiesàlongue serpe(fig. 104, a-d). 0. gibba, p. 275 

— Cirres cylindriques. Serpes courtes 2 

2. Serpes unidentées (fig. 104, 1) 0. ctenostoma, p. 277 

— Serpes bidentées (fig. 103, c, d) 3 

3. Longs cirres dorsaux. Pharynx long à 4 dents^ 0. Dugesiana,p. 275 

— Courts cirres dorsaux. Pharynx court 4 

4. Pharynx à 6-7 dents (fig. 103, i). . . . 0. fulgurans, p. 274 

— Pharynx à dents très nombreuses, sur 2 rangs (fig. 103, 1). 
0. polyodonta, p. 276 

0. fulgurans Claparéde. Fig. 103, f-i. — Claparéde 186k, p. 555, 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLI.1DAÉ 275 

pi. vin. fig. 1 ; Marion et Bobretzky 187. 'i, p. 40, pi. iv, fig. 11. — ? Syllis 
fulgurans Audouin et M. -Edwards liilj'-t, p. 207. 

Corps long et relativement mince, 3."> à 100 sétigères. — Prostomium 
arrondi divisé en 3 lobes par un sillon en Y (fig. 103, f). 4 gros yeux piri- 
formes disposés en carré. 3 antennes cylindriques, l'impaire plus longue. 

2 grands palpes recourbés, bien séparés. — Pharynx très court, à 6-7 
grosses dents recourbées en arrière et 2 replis latéraux (i). Proventricule 

3 fois plus long. — Segment tentaculaire formant une gibbosité arrondie 
au-dessus du prostomium, mais peu développée. 2 paires de cirres tenta- 
culaires inégaux. — Cirres dorsaux cylindriques, lisses (g), courts et 
alternants, ceux du 1 er sétigère bien plus longs que les suivants. Cirres 
ventraux larges et courts. Acicules robustes, boutonnés; soies composées, 
à petites serpes courtes, bidentées (h). Aux derniers sétigères, une petite 
soie simple dorsale. A maturité des soies natatoires. — 2 cirres anaux. 
— Phosphorescence vert-émeraude très vive. 

L. 1 à 4 cm. — Jaune pâle, rougeâtre ou orangé. Œufs violets. 

A mer basse, parmi les Algues et dans les dragages côtiers. 
Pas-de-Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

0. DugesianaCLAPARÈDE. Fig. 103, a-e. — Claparède 186'i,' p. 557, pi. vm, 
fig. 2; Langerhans 1879, p. 554, pi. xxxn, fig. 15. 

Corps mince et allongé, G0 à 100 sétigères. — Prostomium subrectan- 
gulaire. 4 gros yeux arrondis disposés en carré. Antennes assez longues, 
inégales. Palpes allongés (103, a). — Pharynx allongé, occupant 4 seg- 
ments, avec 4 grosses dents recourbées en arrière, 2 plus indistinctes et 
2 replis latéraux (e). Proventricule court. — Segment tentaculaire formant 
une gibbosité bien développée et portant 2 paires de cirres subégaux. 
Cirres dorsaux cylindriques, lisses, alternants et diminuant rapidement de 
longueur. Cirres ventraux en palette largo et courte (b). Une rangée de 
gros acicules boutonnés; soies composées à courte serpe bidentée (c, d). 
Soies simples aux derniers sétigères. A maturité, des soies natatoires. — 
2 longs cirres anaux. 

L. 3 à 5 cm. — Incolore avec 2 lignes blanches longitudinales sur le 
dos. Intestin pourpre. Produits génitaux roses. 

Dragages côtiers, fonds de sable. 

Atlantique (Madère); Méditerranée (Port-Vendres). 

0. gibba Claparède. Fig. 104, a-e. — Claparède 1863, p. 47, pi. xn, 
fig. 7-8; Marion et Bobretzky 1875, p. 38, pi. m, fig. 10, iv, fig. 10. 
O. brevicornis Marenzeller f87â, p. 32, pi. iv, fig. 1. — Syllis brcvi- 
cornis Grube 1803, p. 44. 

Corps court, massif, fragile, 40 sétigères. — Prostomium globuleux, 
presque trilobé. 4 gros yeux disposés en trapèze, presque coalescents 2 à 



276 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 103. — Odonlosyllis Dugesiana : a, région antérieure x 12; b, parapode, grossi (d'a- 
près Claparède) ; c, d, soies ; e, pharynx (d'après Langerhans). — 0. fulgurans : 
t, région antérieure x 12 (d'après Claparède); g, parapode; h, soie X 350; i, pharynx 
(d'après Marion). — 0. polyodonta : k, région antérieure x75;l, trompe et proven- 
tricule x 75 ; m, parapode, grossi ; n, soies X 500 (d'après Saint-Joseph). 



2, parfois 2 points oculiformes. 3 antennes courtes fusiformes, subégales. 
2 gros palpes assez saillants (104, a). — Pharynx court et étroit avec (3-7 
grosses dents et 2 replis latéraux (c). Proventricule court, globuleux. — 
Segment tentaculaire à gibbosité dorsale bien développée et portant 2 
paires de cirres coniques de longueur peu différente. Cirres dorsaux fusi- 
formes terminés en pointe conique, souvent indistinctement annelés (b). 
Cirres ventraux coniques, à peu près de la longueur du pied et insérés 
au milieu de celui-ci. Acicules robustes. Soies composées à longue serpe 
pectinée unidentée ; aux derniers sétigères, une soie capillaire simple (d, 
e). A maturité, des soies natatoires. — 2 cirres anaux. 
L. 5 à 25 mm. — Blanc opaque tacheté de brun et de violet. 

A mer basse sous les pierres. et dans les crampons de Laminaires. Dra- 
gages côtiers. 
Pas de Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée. 



0. polyodonta Saint-Joseph. 
p. 178, pi. vin, fig. 45-50. 



Fig. 103, k-n. — Saint-Joseph 1887, 



POLYCHETES ERRANTES. 



SVLLIDAE 



277 



Corps de petite taille, fragile; environ 40 sétigères. — Prostomium 
plus large que haut, arrondi. 4 yeux disposés en trapèze et 2 points ocu- 
liformes. 2 antennes latérales courtes, massives et une impaire 3 fois plus 
longue. Palpes invisibles d'en dessus (103, k). — Trompe extrêmement 
courte, à peine séparée du pro ventricule, portant 40 à 48 dents très fines 
et superposées, décrivant deux courbes irrégulières, la pointe dirigée en 
arrière (1). — Gibbosité occipitale arrondie ne recouvrant qu'une petite 
partie du prostomium. Cirres tentaculaires courts, inégaux (k)» Cirres 
dorsaux du 1 er sétigère beaucoup plus longs que les suivants qui sont 
courts, cylindriques, inarticulés (m). Cirres ventraux en forme de palette. 
Acicules à pointe obtuse. Soies composées à serpe courte, grêle, bidentée 
(n). Aux derniers sétigères, une soie dorsale capillaire très fine et une 
soie ventrale simple bidentée. Pas de soies natatoires. — 2 gros et longs 
cirres anaux. 

L. 4 mm. — Jaune verdâtre, intestin brun. 

Dragages côtiers. — Manche (Dinard, Chausey). 

0. ctenostoma Claparèdr. Fig. 104, f-e. — Claparède 1868, p. 202, pi. 




Fia. 104. — Odontosyllis gibba : a, région antérieure ; b, parapode; c, armature de la 
trompe (d'après Marion); d,' e, soie composée et acicule x 500 — O. ctenostoma : 
f , région antérieure, face dorsale ; g, face ventrale ; h, trompe et proventricule (d'a- 
près Marion), i, parapode x 80 (d'après Marenzeller) ; k, 1, acicules et soie com- 
posée x 500. 



278 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

xii, fig. 4; Marion et Bobretzky 1875, p. 42, pi. iv, fig. 12. 0. vires- 
cens Marenzeller 1874, p. 41, pi. iv, fig. 2. 

Corps épais massif, fragile, 40 à 100 sétigères. — Prostomium arrondi. 
4 gros yeux disposés en rectangle. 3 antennes cylindriques, l'impaire sou- 
vent plus longue que les latérales (104, f). 2 gros palpes courts, rabattus 
à la face ventrale, séparés jusqu'à la base (g). — Pharynx allongé, avec 
6 grosses dents dirigées en arrière et 2 replis latéraux (h). Proventricule 
2 fois plus long. — Segment tentaculaire portant une grosse gibbosité 
arrondie recouvrant en partie le prostomium. 2 paires de cirres tentacu- 
laires inégaux. Cirres dorsaux épais, cylindriques, obtus, alternative- 
ment longs et courts, inarticulés mais souvent ridés. Cirres ventraux 
larges, presque foliacés (i). Acicules robustes, boutonnés (k) ; soies com- 
posées petites, à courte serpe unidentée (1). Aux derniers sétigères, une 
soie dorsale capillaire et une soie ventrale simple en croc. A maturité, 
des soies natatoires. — 2 cirres anaux. — Phosphorescent. 

L. 10 à 20 mm. — Verdâtre ou jaune verdâtre avec une bande trans- 
versale de granulations grisâtres sur chaque segment et sur le prosto- 
mium. 

A mer basse, parmi les Algues, et fréquent dans les dragages côtiers. 
Pas-de-Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée. 



G. FAUVELIA Gravier. 

« Prostomium dépourvu d'antennes, recouvert partiellement par une lame 
fixée sur le premier sétigère ; palpes indépendants l'un de l'autre. Pas de cirres 
tentaculaires. Cirres dorsaux rudimentaires. Trompe pharyngienne composée 
de deux parties dont l'antérieure, ovoïde, à paroi très épaisse, la postérieure, 
recourbée vers la face ventrale, à paroi plus mince. » Pas trace d'armure buc- 
cale. 

F. martinensis Gravier. Fig. 105, a-g. — Gravier 1900, p. 371, fig. 1-7. 

Corps épais, bombé à la face dorsale, plus de 42 sétigères. — Prosto- 
mium quadrangulaire, plus large que long. 4 gros yeux à cristallin, dispo- 
sés en trapèze et portés sur des saillies latérales en forme de joue. 2 palpes 
saillants, à contour arrondi, non soudés. Pas d'antennes. Premier seg- 
ment sans appendices, non visible à la face dorsale (105, a). Au premier 
sétigère, une lame dorsale proéminente, arrondie, cachant une partie du 
prostomium. — Gaine pharyngienne droite, jusqu'au 6 e sétigère. Trompe 
pharyngienne à 2 régions : 1° antérieure ovoïde, à parois épaisses, 2° 
postérieure plus mince recourbée (g). Aucune trace d'armure buccale. 
Proventricule allongé. — Cirres dorsaux réduits à une simple saillie 
au-dessus du pied (c). Cirres ventraux saillants, trapus. 3-4 acicules bou- 
tonnés ou coudés (d). Soies composées à serpe courte, unidentée (e). 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLL1DAE 



279 




Fig. 105. — Favvelia martinensis : a, face dorsale; b, face ventrale; c, parapode; d, 
acicules; e, soie composée; t, soie simple postérieure; g, pharynx et proventricule 
(d'après Gravier). »— Pterosyllls formosa : h, légèrement grossie; i, région antérieure; 
k, parapode (d'après Marion) ; 1, soie x 500 ; m, dents à l'entrée de la trompe (d'après 
Marenzeller). 



Une soie simple droite ou un peu arquée aux derniers sétigères (f). 
L. 8 à 10 mm. — Jaunâtre, avec fines ponctuations dorsales. 



A mer basse, dans les Algues, 
bourg). 



Manche (anse S'-Martin, à l'Ouest de Cher- 



G. PTEROSYLLIS Claparède. 

[Amblyosyllis (*) Grube; Gattiola Johnston; Nicotia Costa; 

Tylacophorug Quatrefages.} 

Corps court, à segments peu nombreux. — Prostomium portant 4 yeux. Or- 
ganes nucaux en ailerons saillants. Palpes non soudés. 3 antennes. 2 paires 
de cirres tentaculaîres. — Trompe très longue, décrivant des circonvolutions, 
armée d'un cercle complet de dents. Proventricule en barillet. Pas de caecums 



(1) Le genre Amblyosyllis GitinE (18ùT) est le plus ancien, mais i! est fond sur des carac- 



280 FAUNE DE FRANCE, — POLYCHÈTES ERRANTES 

en T. — Antennes el cirres dorsaux pseudo-articulés. Des cirres ventraux. 
Soies composées à article en serpe. Avant-dernier segment achète. A maturité, 
des soies natatoires. — 2 cirres anaux. — Reproduction directe. 

P- formosa Claparède ('). Fig. 105, h-n. — Claparède 1863, p. 46, 
pi. xii, fig. 30-34. Pt. dorsigera Claparède 186k. p. 560, pi. vu, fig. 1. 
Pt. spectabilis Saint-Joseph 1887, p. 187, pi. ix, fig. 64-67. Pt. plecto- 
/•Az/«cA«Marenzeller 1874, p. 47, pi. v, fig. 3. Pt. lineata Marenzeller 
1874, p. 44, pi. v, fig. 2. Pt. Uneolata Marion et Bobretzky 1875. p. 43, 
pi. iv etv, fig. 13. — G attiola spectabilis Johnston 1865, p. 195, pi. xvi, 
fig. 1-7. — Amblyosyllis lineata Grube 1863, p. 48, pi. v, fig. 1. A. ma- 
deirensis Langerhans 1879, p. 561. A. algefnae Viguier 1886, p. 425, 
pi. xxvn, fig. 5-9; — ? Tylacophorus Hessii Quatrefages 1865, p. 55. 

Corps court, à segments trapéziformes peu nombreux (16} dont 13 sé- 
tigères (105, h). — Prostomium ovale-arrondi. 4 gros yeux, ceux de la 
paire antérieure s'étendant jusqu'à la face ventrale et, à maturité, coales- 
cents avec les postérieurs. 2 longs organes nucaux saillants en ailerons 
divergents, ciliés (i). Antenne impaire plus longue que les latérales. Palpes 
rabattus à la face ventrale, peu ou pas visibles d'en dessus, bien séparés. 
2 paires de longs cirres tentaculaires inégaux. — Trompe très longue, 
mince, décrivant de nombreuses circonvolutions et couronnée d'un cercle 
de 6-7 dents (m) bi ou tricuspides, déforme variable. Proventricule ovoïde.. 
Cirres dorsaux très longs, s'enroulant en spirale et, comme les antennes, 
pse\ido-articulés, paraissant même moniliformes quand ils sont contractés. 
Cirres ventraux pinniformes, élargis, sauf ceux de l'avant-dernier segment 
qui sont filiformes. Acicules gros, à pointe droite. Soies composées à 
serpe bifide, finement pectinée, longue aux soies supérieures (1), courte 
-aux inférieures. Pas de soies simples aux derniers segments. L'avant- 
dernier est achète. — 2 cirres anaux filiformes. — A maturité des soies 
natatoires. 

L. 10 à 15 mm. — Coloration très variable, blanc crémeux avec-, au dos 
■de chaque segment, 2 ou plusieurs raies transversales brunes ou violettes 
s'anastomosant parfois en 8 couché. Œufs verts ou bruns. Sperme blanc. 

A mer basse, rampant sur les Algues et surtout sur les Ulves. Dragages 
■côtiers, parmi les Huîtres et les vieilles coquilles. 
Pas de Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

G. STREPTOSYLLIS Webster et Benedict (Southern char, emend.). 

Corps allongé. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés à la base, filir 
formes à l'extrémité. 3 antennes. 2 paires de cirres tentaculaires. — Pharynx 

(1) P. formosa et A. lineata Gbube ont été décrits la même année (1863). La description de 
Claparède étant de beaucoup la plus exacte, la dénomination de cet auteur doit avoir la préfé- 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLLIDAE 



281 



inerme. Proventricule en barillet. — Antennes et cirres lisses ou très indistinc- 
tement moniliformes. Des cirres ventraux allongés aux segments postérieurs. 
Aux pieds d'un nombre variable de segments antérieurs, acicules plus épais, 
soies plus courtes et plus épaisses, à article terminal plus court que dans les 
segments suivants. Une soie dorsale simple. Extrémité de la hampe des soies 
divisée en plusieurs dents ou lobes. — Reproduction directe, avec un stade 
pélagique. 

1. Gros acicules aux segments sétigères 2-6 . S. bidentata. p. 282 

— Gros acicules aux segments sétigères 2-5 2 

2. Acicule du 1" sétigère très épais (fig. 106, d). S. varians, p. 281 

— Acicule du 1 er sétigère mince (fig. 107, d). . S. Websteri, p. 282 




Fig. 106. — Streptosyllis varians : a, région antérieure x 50; b, parapode moyen cf 
X 100; o, parapode antérieur xlOO; d'acicule x 350; e, soies composées x 800; t, 
soie des segments antérieursx 800; g, soie simple x 800 (d'après Webster). — S. bi- 
dentata : h, région antérieure x 30; i, 3* parapode x 200; k, acicule x 700; 1, soie 
dorsale simple et m, n, soies composées du 3 e pied x 700; o, p, q, r, acicule, soie 
dorsale et soies composées du 16' pied x 700 (d'après Southern). 

S. varians Webster, et Benedict. Fig. 106, a-g. — Webster et Bene- 
dict 1887, p. 718, pi. h, fig. 24-31; Saint-Joseph 1805, p. 192, pi. xi, 
fig. 8-11 («). 

(I) D'après Southern (1914, p. as^l'espèce décrite sous ce nom par de Saint-Joseph serait diffé- 
rente Ha relie rie W.et R. 



282 FAUNE DE FRANCE. POI-yCHETES ERRANTES 

Corps de petite taille, une trentaine de 1 sétigères environ. — Prosto- 
mium arrondi avec 4 yeux disposés en trapèze et 2 taches oculiformes 
antérieures. 3 antennes lisses (106, a). Palpes rabattus en dessous, invi- 
sibles du côté dorsal (?). Cirres tentaculaires inarticulés. — Trompe 
droite, brune, abords unis, sans grosse dent, précédée de 6 papilles molles. 
Proventricule à 75 rangs de glandes. — Cirres dorsaux inarticulés ou 
indistinctement moniliformes (b-c). Cirres ventraux un tiers moins longs 
seulement et à large base. Aux 5 premiers sétigères, un acicule très gros 
à tête renflée (d) et des soies à hampe évasée, denticulée, à serpe très pe- 
tite unidentée (f) et quelques-unes à serpe plus longue (e). Aux sétigères 
suivants, un acicule plus fin à pointe obtuse et des soies à long article 
unidenté. Une soie [simple aux derniers sétigères (g) et des soies nata- 
toires du 12 e au 24° sétigère. — 2 cirres anaux sans appendice impair. 

L. 3 mm. — Incolore. 

Pélagique. — Atlantique (Dinard, Amérique du Nord). 

S. Websteri Southern. Fig. 107- — Southern 1914, p. 26, pi. n, fig. 3. 

Corps très petit, 32 à 42 sétigères. — Prostomium arrondi avec 4 gros 
yeux disposés en trapèze. 3 antennes lisses, cylindriques, légèrement 
rétrécies à la base. 2 petits palpes filiformes, insérés ventralement. 2 pai- 
res de cirres tentaculaires lisses, subégaux (107, a). — Pharynx droit, cy- 
lindrique, épais, inerme. Proventricule cylindrique à 50 rangs de glandes. 
— Cirres dorsaux cylindriques, inarticulés (cl. Cirres ventraux moyens 
bien plus longs que le pied. Au 1 er sétigère. un acicule mince, aux 2 e -5 s , 
un acicule très gros et très renflé (e), aux suivants, un acicule mince et 
renflé (d). Soies composées des 5 premiers sétigères plus courtes et plus 
épaisses que les suivantes, à hampe élargie, découpée en lobes, les unes 
à article allongé, dentelé, les autres à article très court, découpé (I, m). 
A partir du 6" sétigère, les soies sont beaucoup plus fines, à hampe den- 
ticulée et terminée en 4 lobes aigus, divergents, l'article est allongé pec- 
tine, unidenté (i, k). A tous les pieds, une soie dorsaïe simple, arquée, 
denticulée sur le bord convexe, et encapuchonnée aux segments moyens 
et postérieurs (f, g). De longues soies capillaires dorsales à tous les seg- 
ments à partir du 11 e jusqu'à l'avant-dernier. — 3 cirres anaux, dont 
l'impair plus long. 

L. 3,5 à 5 mm. — Trompe brun rouge foncé. 

Pélagique. — Atlantique (Côte Ouest de l'Irlande). 

S. bidentata Southern. Fig. 106, h-r. — Southern 191k, p. 28, pi. m, 
fig. 4. 

Corps légèrement atténué en avant, effilé en arrière, 23 à 31 sétigères 
au moins. — Prostomium subpentagonal plus large que long avec 4 gros 



POLYCHETES ERKANTES. — SYLLIDAE 



283 




Fia. 107, — Slreplosyllis Websteri : a, région antérieure x 50 ;b, 3* pied X 200; c, 16" pied 
x 200; d, e, acicules X 700; f, g, soies dorsales simples x 700; h, soie composée du 
16* pied; i, k, hampe et article terminal x 700; 1, m, soies composées à serpe lon- 
gue et courte du 3* pied X 700 (d'après Southern). 



rieurs. Palpes invisibles d'en dessus, soudés à la base à la face ventrale 
de la tête et terminés par une papille grêle. Segment tentaculaire distinct 
avec 2 paires de cirres inarticulés (106, h). — Pharynx inerme, droit, 
court et large, couronné de 8 papilles. Proventricule cylindrique, massif, 
à 48 rangs de glandes. — Cirres dorsaux longs, cylindriques, inarticulés 
(i). Cirres ventraux très longs, augmentant de taille d'avant en arrière. 
Au 1 er sétigère, un acicule mince et renflé, aux sétigères 2-6 un ou 2 très 
gros acicules à grosse tête renflée, aux suivants, un acicule semblable à 
celui du 1 er sétigère (o, k). Soies composées des 6 premiers sétigères 
courtes, robustes, à hampe terminée par 3-4 dents mousses, à serpes bi- 
dentées, les unes longues, les autres courtes et larges (m,n). Aux segments 
suivants elles sont plus longues, plus fines, à serpe plus allongée (q, r). 
Une soie dorsale simple arquée, denticulée sur le bord convexe et enca- 
puchonnée (p). Aux derniers segments, 2 minces acicules dorsaux. — 
3 cirres anaux, dont l'impair plus court. 

Dragages côtiers sur fond de sable et de coquilles. — Atlantique (côte d'Ir- 
lande. P.Ipw Ravi 



284 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES EBRANTES 



G. SYLLIDES Œrsted 
(non Claparède, nec Viguier). 

Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés à la base. 3 antennes. 2 paires de 
cirres tentaculaires. — Pharynx inerrae. Proventricule en barillet. — Antennes 
et cirres antérieurs inarticulés, renflés en massue. Cirres dorsaux plus ou 
moins nettement articulés. Cirres ventraux pinniformes. Soies composées à 
article en serpe. Une soie dorsale simple, et une soie ventrale simple aux pieds 
postérieurs. — 2 cirres anaux et un appendice impair. — Reproduction directe. 

1. Palpes visibles d'en-dessus. Pharynx long. Cirres dorsaux arti- 
culés (fig. 108, a) S. longocirrata, p. 284 

— Palpes invisibles d'en-dessus. Pharynx très court, cirres dorsaux 
lisses (?) (fig. 108, h) S. edentula, p. 284 

S. longocirrata Œrsted. Fig. 108, a-g. — Saint-Joseph 1887, p. 165. 
— Anoplosyllis fulva Marion et Bobretzkv 1875, p. 28, pi. n, fig. 8. — 
Syllis ochracea Marenzeller 1875, p. 27. pi. m, fig. 1. 

Corps de petite taille, à segments peu nombreux (37 à 46). — Prosto- 
mium subrectangulaire, plus large que long. 4 yeux disposés en trapèze 
et souvent 2 petites taches oculaires antérieures. 3 antennes renflées en 
massue (108, a). 2 palpes, de même hauteur que la tête. Cirres tentacu- 
laires, antennes et premiers cirres dorsaux lisses ou faiblement ridés. — 
Trompe précédée de papilles recouvertes de chitine. Pharynx inerme. 
Proventricule à 40-45 rangs de glandes. — Cirres dorsaux, sauf les pre- 
miers, nettement moniliformes, à 14-25 articles ; ils sont alternativement 
longs et courts. Cirres ventraux pinniformes (c). Soies composées à serpe 
bidentée, les unes longues et les autres moitié plus courtes (d-e). A tous les 
segments, une soie dorsale simple arquée, pectinée sur le bord convexe 
(g). Une soie ventrale simple aux derniers segments seulement. A matu- 
rité, des soies natatoires à partir du ll e -12 e sétigère. — 2 cirres anaux 
articulés et un petit appendice impair (b) . 

L. 2 à 5 mm. — Incolore ou jaune brun. Cirres dorsaux jaunes. 
Trompe et intestin bruns. Œufs jaune verdâtre. 

Parmi les Algues et les Lithothamnion, fonds coralligènes. Dragages côtiers. 
Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 

S. edentula Claparèdk. Fig. 108, h-n. — Anoplosyllis edentula Cla- 
parède 1868, p. 214, pi. xn, fig. 2. 

Corps très petit, 12 segments. — Prostomium arrondi en avant. 4 yeux. 
3 antennes renflées en massue allongée, subégales (108, h). Palpes, invi- 
sibles d'en-dessus, formant deux éminences ventrales. — Pharynx inerme, 
très court, ne déliassant Das le 1 er sétia-ère. Proventricule ovoïde, dans 



POLYCHÉTES EHRANTES. 



SYLLIDAE 



285 




Fio. 108. — Syttides longocirrata : a, région antérieure, grossie; b, région anale; c, pa- 
rapode, vu par la face ventrale (d'après Marion); d, e, soies composées x 500; l, 
acicule x 500; g, soie simple pectinée (d'après Mabenzeixer). — 5. edentula : h, 
région antérieure x 50; i, cirres anaux; k, un cirre dorsal x 125; 1, m, soies com- 
posées; n, soie simple (d'après Claparède). 

les sétigères 2-3. — Antennes et cirres tentaculaires inarticulés. La lon- 
gueur des' cirres dorsaux (k) (lisses?) égale 2 fois et demie la largeur du 
corps. Cirres ventraux pinniformes. Soies composées à serpe longue et 
mince (1-m). Une soie simple aux derniers sétigères (n). — 2 cirres anaux 
allongés et un appendice impair (i). 
L. 1 mm. — Coloration? 

Habitat? — Méditerranée (Naples). 



G. PI0N0SYLLIS Malmgres 
(Langeuhass char, entend.). 



Corps de petite taille. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés à la base. 
3 antennes. 2 paires de cirres tentaculaires. — Une dent unique à la partie 
antérieure du pharynx. Proventricule en barillet. — Antennes et cirres inar- 
ticulés. Des cirres ventraux. Soies composées à article en serpe. — 2 cirres 
anaux. — Reproduction directe. 



286 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

1. Cirres ventraux du 1 er sétigère lamelleux. P. lamelligera, p. 288 

— Cirres ventraux du 1 er sétigère non lamelleux 2 

2. Longues serpes dentelées à la base (fig. 109, d). P. serrata, p. 286 

— Serpes non dentelées à la base (fig. 109, h) 3 

3. Cirres des I e " segments extrêmement longs (fig. 110, h). . . 
P. longocirrata, p. 288 

— Cirres des I e " segments plus courts (fig. 109, k) 4 

4. Pharynx à dent pas tout à fait antérieure (fig. 109, f). ... 
P. divaricata, p. 287 

— Pharynx à dent tout à fait antérieure (fig. 109, k). Embryons 
portés sur le dos de la 9 P- pulligera, p. 286 

P. serrata Southern. Fig. 109. a-e. — Southern 191k, p. 23, pi. m-iv, 
fig. 5. , 

Corps court, graduellement effilé en arrière, 27 sétigères. — Prosto- 
mium subpentagonal. 4 gros yeux en trapèze et 2 points oculiformes. 
Antenne impaire plus longue que les latérales. Palpes renflés, ovoïdes, 
divergents, soudés à la base et insérés ventralement (109, a). — Trompe 
à bord antérieur lisse. Pharynx court et large à grosse dent antérieure. 
Proventricule court,' à 20 rangs de glandes. — Segment tentaculaire non 
visible à la face dorsale, portant 2 paires de cirres inégaux. Cirres dorsaux 
lisses, cylindriques (bj, ceux du 1 er sétigère plus longs que les autres 
qui ne dépassent guère la largeur du corps. Cirres ventraux renflés, les 
antérieurs et les postérieurs plus longs que le pied, les médians plus 
courts. Une petite papille dorsale à l'extrémité du lobe sétigère. Aux 
premiers sétigères, 2 acicules renflés en bulbe (c). Soies composées à 
hampe renflée, épineuse, les supérieures à long article bifide avec 4-5 
longues dents à la base, les inférieures à article plus court, unidenté, à 
bord lisse ou faiblement pectine (d-e). Aux derniers sétigères, une soie 
dorsale simple, longue et mince. — 2 minces cirres anaux cylindriques. 
Pas de soies natatoires. 

L. 2,5à 3 mm. — Incolore. Trompe brune. 

A la côte, à mer basse et pélagique. — Atlantique (côte d'Irlande). 

P. pulligera (Krohn). Fig. 109, k-o. — Saint-Joseph 1898, p. 223, 
pi. xiii, fig. 1. — Syllides pulliger Claparède 186k, p. 541, pi. vi, fig. 6; 
Viguier 188k, p. 99, pi. v, fig. 50-54. 

Corps court et large, 20 à 28 sétigères. — Prostomium subrectangu- 
laire. 4 gros yeux disposés en trapèze et 2 taches oculiformes. Antenne 
impaire plus longue que les 2 latérales, lisse ou faiblement ridée. 2 palpes 
massifs très divergents, faiblement soudés à la base (109, k). Cirres ten- 
taculaires dorsaux et ventraux de longueur inégale. — Pharynx court, à 
dent tout à fait en avant. Proventricule court, globuleux. — Cirres dor- 
saux lisses ou superficiellement annelés, alternativement plus longs et plus 



POLYCHETES ERRANTES. 



SYLLIDAE 



287 



courts, les antérieurs plus longs que la largeur du corps. Cirres ventraux 
coniques, à peu près de la longueur des pieds. Soies composées longues 
et minces à article allongé en alêne, unidenté ou très finement bidenté (1). 
Une soie simple aux derniers sétigères (n). — Après la ponte, les œufs, 
puis les embryons (o), restent fixés à la face dorsale des pieds de la région 
moyenne du corps jusqu'au stade 3-4 sétigères. 

L. 2 à 6 mm. — Blanchâtre avec des bandes jaunes sur les premiers 
segments, ou une ligne longitudinale de taches violettes au milieu du dos. 

Pélagique et dans les dragages côtiers. 

Pas de Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée. 




Fig. 109. — Pionosyltis serrala ; a, extrémité antérieure x 40; b, parapode x 125: c, 
acicule x 000; d, soie dorsale à longue serpe X 000; e, soie ventrale a courte serpe 
X C'JO (d'après Southern). — P. divaricata : t, région antérieure grossie ; g, parapode 
(d'après Keeerstein); h, i, soies composées à serpes courte et longue x 600. — P. 
pulligera : k, région antérieure x GO; 1, soie composée x 350; m, acicule x 350; n, 
soie simple x 350 (d'après Vibuier) ; o, embryon prêt à quitter sa mère x 50 (d'après 
Clapaiif.de). 



P. divaricata (Keferstein). Fig. 109, f-i. — Syllis divaricata Kefers- 
tein 1862, p. 111, pi. tx, fig. 45-47. S. normannica Claparède 1863, 
p. 40, pi. xni, fig. 24. 

Corps linéaire, environ 56 sétigères. — Prostomium ovale. 4 gros yeux 



288 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

disposés en trapèze et 2 taches oculiformes. 3 longues antennes subégales, 
lisses (fîg. 109, f). 2 gros palpes ovoïdes, divergents. — Pharynx court, 
brunâtre, à grosse dent pas tout à fait antérieure. Proventricule court, à 
23 rangs de glandes. — Segment tentaculaire visible d'en dessus. Cirres 
tentaculaires et cirres dorsaux inarticulés, alternants, les plus longs ne 
dépassant pas beaucoup la'largeur du corps (g). Cirres ventraux coniques, 
de la longueur du pied. Soies composées à longue serpe unidentée (i). — 
2 cirres anaux. — Reproduction directe. 
L. 1 à 2 cm. — Incolore ou blanc jaunâtre. 

A la côte et dragages côtiers. 

Manche (Saint- Vaast, Plymouth), Atlantique (côtes de Bretagne et Madère). 

P. longocirrata Saint-Joseph. Fig. 110, h-1. — Saint-Joseph 1887, p. 160, 
pi. vin, fig. 24-29. 

Corps très fragile, à mouvements très vifs, 45 à 55 sétigères. — Prosto- 
mium ovale,, plus large en avant qu'en arrière. 4 gros yeux en trapèze et 
2 petits points oculiformes. 3 longues antennes, l'impaire plus grande que 
les latérales. 2 larges palpes divergents (110, h). Trompe brune à bords 
unis, couronnée de 10 papilles. Pharynx à dent conique (i) à une certaine 
distance du bord. Proventricule à 25-32 rangs de glandes. 10 organes 
transparents terminés eh cœcum entourant la trompe (k). — Segment ten- 
taculaire visible d'en dessus,, portant 2 longs cirres et 2 courts. Les 12 
premiers segments très serrés, à cirres dorsaux excessivement longs (4-5 
fois la largeur du corps). Antennes et cirres lisses. Cirres ventraux coni- 
ques, renflés à la base. Soies composées fines, à article bidenté plus ou 
moins long (1). 2-3 acicules subulés. Aux derniers segments, une très fine 
soie simple subniée et une grosse soie arquée. — 2 cirres anaux. 

L. 10 mm. — Corps très légèrement brunâtre et souvent piqueté de vio- 
let foncé. Trompe brune. Œufs gris. 

Vieilles coquilles draguées et crampons de Laminaires. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

P. lamelligera Saint-Joseph. Fig. 110, a-g — Saint-Joseph 1887, p. 163, 
pi. vm, fig. 30-38. 

Corps grêle, fragile, mince, 50 à 60 sétigères. — Prostomium trapé- 
zoïde, arrondi en avant. 4 gros yeux à cristallin et 2 points oculiformes. 
Antenne impaire plus longue que les latérales. 2 longs palpes oblongs 
divergents, soudés à la base (110, a). — Trompe à bord uni on légèrement 
déchiqueté, précédée de 10 papilles molles. Pharynx étroit, à dent bien 
en avant. Proventricule court, à 22-25 rangs de glandes. — Segment ten- 
taculaire visible d'en dessus, portant 2 paires de cirres inégaux. Cirres 
dorsaux du 1 er sétigère bien plus longs que les suivants qui sont plus 
courts que la largeur du corps. Antennes et cirres lisses. Cirres ventraux 



POLYCHETES ERRÀfîTES. — SYLLIDAE 



289 



très petits, en languette, sauf ceux du 1 er sétigère, en forme de large 
lamelle. Acicules des premiers sétigères ypsiloïdes (f). Soies composées, 
les unes à longue serpe bidentée les autres à serpe très courte bidentée (d, e) . 
Aux derniers segments, une soie capillaire et une grosse soie simple biden- 
tée (g). A maturité, des soies natatoires. — 2 longs cirres anaux. 

L. 6 à 7 mm. — Incolore, ou portant au dos de chaque segment 3 raies 
violettes ou noirâtres persistant quelque temps dans l'alcool. 

Dragages côtiers. A mer basse, dans les mares, dans les crampons de Lami- 
naires et parmi les Ascidies. 
Pas-de-Calais, Manche (Dinard, Cherbourg), Atlantique (côte d'Irlande). 




Fig. 110. — Pionosyllis lamelligera : a, région antérieure X 40; b, un segment, face 
dorsale X 40; c, les 2 derniers segments X 75 (d'après Saint- Joseph); d, serpe courte; 
e, longue serpe; f, acicule; g, soie simple postérieure x.500. — P. longocirrata: 
h, région antérieure x 30; i, stylet de la trompe X 200; k, trompe avec les organes 
en caecum et les papilles x 30; 1, soie à longue serpe x 300 (d'après Saint-Joseph). 



G. PARAPI0N0SYLLIS Fauvel. 



Corps de très petite taille. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés à 
la base, 3 antennes. Une seule paire de cirres tentaculaires. — Une dent 



290- FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

uniqueà la partie antérieure dupharynx ('). Proventricule en barillet. — Antennes 
et cirres inarticulés. Des cirres ventraux. Des soies composées à article en 
serpe et des soies simples aciculaires. — 2 cirres anaux. — Reproduction 
directe. Gestation externe. 

1. Téguments avec des papilles en massue (fig. lil, c) 

-. P. papillosa, p. 290 

— Téguments lisses, sans papilles. 2 

2. Trompe inerme (fig. ili, d) P. elegans, p. 291 

— Trompe avec 1 grosse dent 3 

3. Taille 2 mm. Soies toutes à longue serpe (fig. 111 b) 

P. gestans, p., 290 

— Taille 4 mm. Serpes longues et courtes (fig. 111, e) 

P. minuta, p. 292 

P. gestans (Pierantoni). Fig. 111, a, b. — Pionosyllis gestans Pie- 
rantoni 1903, p. 237, pi. 10, fig. 1. 

Corps long et mince, environ 40 segments. — Prostomium arrondi en 
avant. 2 paires de gros yeux- et 2 petites taches oculaires antérieures. Les 
3 antennes et les deux cirres tentaculaires sont de même taille, allongés, 
fusiformes (111, a). Palpes très saillants, nettement séparés, mais non 
divergents. — Pharynx droit, s'étendant dans les 4 premiers sétigères, 
avec une seule grosse dent. Proventricule dans les 5 e et 6 e . — Segment 
tentaculaire bien distinct. Cirres dorsaux de longueur égalant les deux 
tiers des cirres tentaculaires; ils sont renflés à la base, sub-claviformes et 
lisses. Ils existent à tous les segments, y compris le 2 e sétigère. Cirres 
ventraux courts et digitiformes. Acicules renflés en bouton (b). Soies 
simples élargies et dentelées à l'extrémité. Soies composées toutes sem- 
blables à serpe allongée denticulée (b). Pas de soies natatoires à matu- 
rité. — 2 cirres anaux longs et minces. — Œufs du 14 e au 29 e sétigère. 
Larves restant attachées aux cirres ventraux de la mère jusqu'à un stade 
avancé (7 sétigères). 

L. 9 mm. — Jaune verdâtre, pâle. 

Dans le sable mélangé de débris organiques, à 3 ou 4 mètres de profondeur. 
Golfe de Naples. 

P. papillosa (Pierantoni). Fig. 111," c. — Pionosyllis'. papillosa Pie- 
rantoni 1903, p. 238, pi. x, fig. 3, pi. xi, fig. 25. 

Antennes, cirres tentaculaires, cirres dorsaux et ventraux et soies sem- 
blables à ceux de P. gestans. Environ 40 sétigères. Palpes longs, soudés à 
mi-hauteur et toujours divariqués (111, c). — Pharynx recoupé d'une 
ligne claire au milieu de sa longueur, s'étendant dans les 3 premiers séti- 
gères. Pro ventricule dans les 4 e et 5 e sétigères. — Dans la région anté- 
rieure, téguments couverts d'un grand nombre de papilles en massue 

(i) Sauf chez P. élégant. 



POLYCHETES ERRANTES, — SYLLIDAE 



291 



groupées surtout sur les parapodes et sur les lignes interscgmentaires. 
Un œuf orangé par segment du 14' au 20 e segment, environ. 
L. 8 mm. — Jaune orangé, assez vif. 

Dans le sable riche en débris organiques, à 3 ou 4 mètres de profondeur. 
Golfe do Naples. 




Fig. 111. — Parapionosyllis gestans : a, forme jeune X 120; b, soies X 1500. — Par. 
papillosa : c, région antérieure x 60. — Par. elegans : d, avec larves à 3 sétigères 
X 20; e, soies x 1500. — Par. minuta :t, avec œufs x 23 (d'après Pierantoni). 



P. elegans (Pierantoni). Fig. 111, d-e. — Pionosyllis elegans Pieran- 
toni 1903, p. 236, pi. x, fig. 2; xi, fig. 27. 

Corps allongé, assez massif, environ 30 segments. — Prostomium 
arrondi en avant. 4 grands yeux en trapèze et 2 très petites taches ocu- 
laires antérieures. Antenne impaire fusiforme, aussi longue que les laté- 
rales. Palpes - renflés et soudés à la base. — Trompe à bord antérieur 
faiblement incisé, sans trace de dents. Pharynx légèrement sinueux, 
s'étendant dans les 2 premiers sétigères. Proventricule globuleux, dans le 
3 e sétigère. — Segment tentaculaire bien distinct portant une seule paire 
de cirres fusiformes semblables aux antennes. Cirres dorsaux suivants 
semblables mais d'un tiers plus courts et semblables entre eux, lisses 
également. Cirres ventraux courts, digitiformes.Acicules renflés en bou- 



292 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

ton (lil, e). Soies composées à serpes les unes courtes, les autres lon- 
gues. En outre, une soie simple en alêne et une autre à extrémité en biseau 
dentelé (e). A maturité, des soies natatoires aux segments ovigères. — 
2 longs cirres anaux légèrement renflés à la base. — Larves à 3 segments 
attachées au voisinage des cirres ventraux (111, d). Téguments transpa- 
rents, sans papilles. 
L. 7 mm. — Région antérieure jaune rougeâtre, intestin verdâtre. 

Dans le sable riche en débris organiques, à 3 ou 4 mètres de profondeur. 
Golfe de Naples. 

P. minuta (Pierantoxi). Fig. 111, f. — Pierantoni 1903, p. 239, pi. x, 
fig. 5. 

Corps allongé, environ 30 segments. Téguments lisses, sans papilles. 
— Prostomium arrondi. 4 gros yeux et 2 petites taches antérieures. 
Antennes fusiformes, la médiane implantée en arrière des latérales. Palpes 
relativement grands, réunis à la base et pas toujours divariqués. — Pha- 
rynx droit, occupant les 3 premiers sétigères, armé d'une seule grosse 
dent antérieure. Proventricule dans les 4 e et 5 e sétigères. Cirres tentacu- 
laires fusiformes, un peu plus longs que les dorsaux qui sont légèrement 
clavi£ormes, surtout les derniers. Cirres ventraux courts et digitiformes. 
Acicules renflés en bouton et accompagnés de 2 soies simples. Soies com- 
posées à serpe dentelée de longueur variable dans un même pied : ces 
soies ne diffèrent pas -sensiblement de celles de P. eïegans. — 2 longs 
cirres anaux. — Un seul œuf par segment (111, f), à partir du 12", dans 
les 11 suivants. Larves portées à la face ventrale jusqu'à un stade très 
avancé. 
■ L. 4 mm. — Coloration verdâtre, œufs rouge brun. 

Dans le sable riche en débris organiques, à 3 ou i m. de profondeur. 
Golfe de Naples. 

G. ECSYLLIS MALMGREjf. 

Corps fragile. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés à la base. 3 an- 
tennes. 2 paires de cirres tentaculaires. — Bord antérieur du pharynx chitineux 
et finement denticulé. Une grosse dent impaire. Trompe couronnée de papilles 
molles disposées sur 2 rangs. Proventricule en barillet. — Antennes et cirres 
inarticulés mais plus ou moins nettement annelés en apparence. Des cirres 
ventraux. Soies composées à article en serpe. A maturité, des soies natatoires. 
— 2 cirres anaux. — Reproduction directe. 

1. 1 er cirre ventral grand et foliacé (fig. 113, b). E. lamelligera, p. 294 
— 1 er cirre ventral semblable aux suivants 2 

2. Soies à serpes courtes et longues dans un même pied [fig. 112, f,g). 
E. assimilis, p. 294 



POLYCHETES ERRAMES. — SYLLIDAE 293 

— Soies toutes à serpe courte (fig. 112, 1, m) 3 

3. Un gros tube glandulaire de chaque côté de la trompe. . ' . . 

E. intermedia, p. 295 

— Pas de gros tubes glandulaires E.Blomstrandi, p. 293 

E. Blomstrandi Malmgren. Fig. 112, h-m. — Mal.mghen 1867, p. 159, 
pi. vu, fig. 43; Saint-Joseph i&fl, p. 171. E. iubifex Me' Intosii {non 
Gosse) 1908, p. 174. E. monilicornis Malmgren 1861, p. 160, pi. vu, 
fig. 44. 

Corps épais, massif, fragile; 50 sétigères environ. — Prostomium 
subrectangulaire. 4 yeux disposés en rectangle et 2 points oculiformes. 
Antenne impaire plus longue que les latérales. 2 longs palpes ovales bien 
séparés (112, h). — Trompe couronnée de papilles molles disposées sur 
2 rangs de 10. A l'entrée du pharynx, un anneau chitineux, foncé, finement 
denticulé ou déchiqueté et une grosse dent conique (i). Pro ventricule 
allongé, à 50-55 rangées de points. — Segment tenta culaire formant un 
repli nucal sur le bord postérieur du prostomium et portant 2 paires de 




Fig. 112. — Eusyllis assimilis : a, région antérieure x 30; b, entrée de la trompe X 
100; c, parapode x 120; d, acicule x 700; e, soie simple x 700 (d'après Mabenzel- 
ler); I, g, soies composées, longue et courte x 600. — E. Blomstrandi : h, région 
antérieure, grossie; i, trompe, grossie; k, parapode X 150; 1, m, soies composées X 



294 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

cirres tentaculaires, les supérieurs bien plus longs que les inférieurs. Pre- 
miers cirres dorsaux plus longs que la largeur du corps (k), les posté- 
rieurs plus courts. Antennes et cirres antérieurs assez . distinctement 
annelés, les suivants lisses. Tous les cirres ventraux sont ovales et de la 
longueur du pied environ. Soies composées à serpe courte, bidentée (1, m). 
Aux derniers sétigères, une soie dorsale simple capillaire et une soie ven- 
trale bidentée. A maturité, des soies natatoires. — 2 cirres anaux. — Phos- 
phorescent. 

L. 6 à 10 mm. — Orangé ou jaunâtre. Extrémité des cirres brunâtres. 

Parmi les Bryozoaires et les Hydraires ; souvent dans de petits tubes muqueux 
à la surface des Laminaires. 

Pas de Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée, Mer du Nord. — Mers 
Arctiques. 

E. assimilis Marenzblleb. Fig. 112, a-g. — Marenzeller 1875, p. 30, 
pi. vu, fig. 2. E.monilicornis Saint-Joseph 1887, p. 169 (non Malmgrenj. 

Corps massif, allongé, fragile ; 50 à 70 sétigères. — Prostomium subrec- 
tangulaire, 4 gros .yeux et 2 petits points oculiformes. 3 antennes anne- 
lées, l'impaire bien plus longue que les latérales. Longs palpes, un peu 
divergents, soudés à la base (112, a). — Trompe couronnée de papilles 
molles. A l'entrée du pharynx, une couronne incomplète de denticules bien 
marqués et une grosse dent conique. Proventricule à 60-80 rangées de 
points. — Segment tentaculaire formant bourrelet saillant sur le prosto- 
mium et portant 2 paires de cirres tentaculaires dont les supérieurs sont 
plus longs que les inférieurs. Cirres dorsaux antérieurs plus longs et plus 
nettement annelés que les suivants qui alternent et deviennent plus courts 
que la largeur du corps (c). Cirres ventraux larges, ovales, plus courts 
que le pied et tous semblables. Acicules recourbés en crochet (d). Soies 
composées de 2 sortes dans un même pied, à serpes bidentées les unes 
longues, les autres courtes (f-g). Aux derniers sétigères, une soie dorsale 
simple capillaire et une soie ventrale bidentée (e). A maturité, des soies 
natatoires. — 2 longs cirres anaux. — Phosphorescent. 

L. 10 à 20 mm. — Incolore ou orangé foncé. 

Dragages côtiers et à mer basse parmi les Algues et les Bryozoaires. 
Pas de Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

E. lamelligera Marion et Bobretzky. Fig. 113. — Marion et Bobretzky 
1875, p. 33, pi. m, fig. 9; Saint-Joseph 1887, p. 45. 

Corps massif, environ 50 sétigères. — Prostomium arrondi. 4 gros 
yeux disposés en rectangle et 2 petits points oculiformes. Antenne impaire 
longue et robuste, latérales plus minces et plus courtes. 2 gros palpes 
soudés à la base et rabattus à la face ventrale (113, a-b). — Trompe cou- 
ronnée de 10 papilles molles. A l'entrée du pharynx, une couronne de 
petits denticules bien visibles et une grosse dent conique fc). Proventri- 



POLYCHETES ERRANTES. 



SYLLIDAE 



295 



cule à 22 rangées de points violets. — Segment tentaculaire formant 
un bourrelet peu marqué et portant 2 paires de cirres tentaculaires, les 
supérieurs plus longs que les inférieurs. Cirres dorsaux du 1 er sétigère 
plus longs que tous les autres ; les suivants plus grêles et plus courts , 
alternant irrégulièrement. Antennes et cirres paraissant plus ou moins 
nettement annelés. Cirres ventraux du 1 er sétigère beaucoup plus grands 
que les suivants et aplatis en lamelle foliacée (b). 2 à 4 acicules. Soies 
composées à serpe bidentée assez longue, faiblement pectinéo (d, e). A 
maturité, des soies natatoires. — Phosphorescent. 

L. 10 à 15 mm. — Gris sale ou orange. Trompe brune. Proventricule 
violet. Intestin verdâtre. 

Dragages côtiers, fonds coralligénes. — Pas de Calais, Manche, Méditer- 
ranée. 




Fio. 113. — Eusyllis lamelligera: a, partie antérieure, face dorsale, grossie; b, la même, 
face ventrale; c, trompe; d, e, soies composées (d'après Marîqn et Bobretzky). 



E. intermedia Saint-Joseph. — Saint-Joseph 1887, p. 172. 
Corps massif, 40 sétigères. — Prostomium subrectangulaire. 4 yeux et 
2 points oculiformes. Antenne impaire plus longue que les latérales et 



296 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

Les appendices de la tête et les premiers cirres dorsaux sont très indis- 
tinctement annelés. — Proventricule à 50-52 rangées de points violets. — 
Toutes les soies composées égales entre elles et à serpe courte bifide. Un 
acicule recourbé. Aux 8 derniers sétigères, 2 soies simples, l'une sétacée, 
l'autre birostrée. Pas d'appendice impair au segment anal. Le premier 
cirre ventral n'est pas lamelleux. Intermédiaire entre VE. lamelligera 
et VE. Blomstrandi. 
L. 5 mm. — Incolore et rougeâtre. 

Habitat? — Manche (Dinard). 



S.-F. EXOGONINAE 

Palpes soudés sur toute leur étendue. Des cirres ventraux. Antennes et cirres 
dorsaux courts, non articulés. Trompe droite. Corps de petite taille. Reproduc- 
tion directe ou plus rarement par stolons. 

G. GRUBEA Quatrefages. 
(Claparède char, emend.) 

Corps de très petite taille. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes bien déve- 
loppés, soudés sur toute leur longueur. 3 antennes. 2 paires de cirres tentacu- 
laires; segment tentaculaire plus ou moins distinct. — Pharynx rectiligne, 
armé d'une grosse dent. Proventricule en barillet; — Antennes et cirres fusi- 
formes, inarticulés. Des cirres ventraux. 2 cirres anaux. Soies composées à 
article en serpe. A maturité, des soies natatoires seulement chez les cf. — Œufs 
et embryons fixés sur la ç. Reproduction directe, et par stolons Tétraglènes r 

i . Cirres dorsaux tronqués brusquement (fig. 115, b). G. pusilla, p. 299 

— Cirres dorsaux à pointe effilée (fig. 114, b) 2 

2. Dent au milieu du pharynx. Cirres dorsaux du 1 er sétigère plus 
longs que les suivants (fig. 114, f). . . G. tenuicirrata, p. 298 

■ — Dent au tiers, antérieur du pharynx. Cirres dorsaux du 1 er séti- 
gère pas plus longs que les suivants (fig. 114, g) 3 

3. Segment tentaculaire plus ou moins caché par un repli du 1 er séti- 
gère. Soies unidentées (fig. 114, i) G. limbata, p. 298 

— Segment tentaculaire bien visible d'en dessus. Soies bidentées 
(fig. 114, d) G. clavata, p. 296 

G. clavata (Claparède). Fig. 114, a-e. — Saint-Joseph 1888, p. 200. G, 
fusifera Quatrefages 1865, II, p. 35, pi. vu, fig. 16-21. G. dolichopoda 
Marenzeixer 187k, p. 26, pi. iv, fig. 1. — Syllis clavata Claparède 1863,, 

_ r M _1 Ci — oo nn 



POLYCHETES ERRANTES. 



SYLLIDAE 



297 



Corps filiforme, cylindrique, 25 à 35 sétigères. — Prostomium arrondi, 
plus large que long, 4 yeux à cristallin, disposés en trapèze très ouvert 
et 2 points oculiformes antérieurs. ;$ antennes subégales, effilées, légère- 
ment renflées à la base, dépassant bien les palpes,. la médiane insérée 
entre les 2 yeux postérieurs (fig. 114, a). Palpes coalescents, creux en 
dessous, triangulaires, aussi longs que le prostomium. — Dent obtuse ou 
lancéolée au tiers antérieur du pharynx qui occupe 3-i segments. Pro- 
ventricule court, dans les segments 6-8. — Segment tentaculaire bien 
visible d'en-dessus, portant 2 paires de cirres tentaculaires fusiformes, 
inégaux. Cirres dorsaux longuement fusiformes (114, b), ceux du 1" séti- 
gère pas plus longs que les suivants. Cirres ventraux beaucoup plus 
petits, en languette (c). Acicules droits (e). Soies composées à article en 
serpe allongée bidentée et pectinée (d). Aux derniers sétigères, une soie 
simple un peu arquée. A maturité, de longues soies natatoires chez les 
C?. — 2 cirres anaux fusiformes plus longs que les cirres dorsaux. — 
Œufs attachés au corps de la mère par une membrane transparente, 
3 à 5 par segment, à la face dorsale. 




Fig. 114. — Grubeaclavata: a, région antérieure, grossie (d'après Claparède) ; b, cirre; 
o, parapoda (d'après Quatrefages) ; d, e, soie composée et soie simple (d'après Lan- 
gerhans). — Gr. tenuicirraia : f, région antérieure x 100 (d'après Claparède). — 
Gr. limbata : g, région antérieure, grossie (d'après Claparède} ; h, acicules et soie 






M>«n*As Cn 



298 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

L. 2 à 3 mm. — Incolore, sauf une mince bande transversale de 
pigment brun, sur quelques segments, reliant 2 points foncés. Mâles à 
maturité, orangé pâle. 

Parmi les Algues et les crampons de Laminaires, à mer basse et dans les dra- 
gages côtiers. 
Manche. Atlantique, Méditerranée. 

6. limbata Claparède. Fig. 114, g-i. — Viguier- 188k, p. 103, pi. v, 
fig. 44, 49; Soulier 190k, p. 20,'fig. 5. 

Corps cylindrique, 27 à 30 sétigères. — Prostomium subtriangulaire, 
plus large que long. 4 yeux à cristallin disposés en trapèze très ouvert et 
2 points oculiformes antérieurs. 3 antennes subégales, effilées, légèrement 
renflées à la base, dépassant bien les palpes, la.médiane insérée entre les 
2 yeux postérieurs. Palpes coalescents se'parés par un sillon profond et 
large, triangulaires, aussi longs que le prostomium (114, g). — Dent au 
tiers antérieur du pharynx qui s'étend du 2 e au 5 e segment. Proventricule 
court, dans les segments 6-8. — Segment tentaculaire plus ou moins vi- 
sible d'en dessus, parfois en partie caché par un bourrelet du 1 er sétigère. 
2 paires de cirres tentaculaîres inégaux. Cirres dorsaux longuement fusi- 
formes, ceux du 1 er sétigère pas plus longs que les suivants. Cirres ven- 
traux beaucoup plus petits, en languette cylindrique. Acicules à pointe 
mousse, recourbée (h). Soies composées à article en serpe plus ou moins 
allongée, unidentée, pectinée (i). Aux derniers sétigères, une soie dorsale 
et une soie ventrale capillaire, recourbée (h). A maturité, de longues soies 
-natatoires chez les cf. — 2 cirres anaux fusiformes un peu plus longs que 
les dorsaux. — Œufs attachés à la face dorsale de la mère, 2 à 4 par seg- 
ment. 

L. 2 à 3 mm. — Incolore. Œufs rougeâtres. 

Parmi les Algues, les Ascidies et les Serpules, à mer basse et dans les dra- 
gages côtiers. 
Manche (Plymouth, anse St-Martin); Méditerranée (Naples, Cette, Alger). 

Nota. N'est probablement qu'une simple variété de Grubea clavata. 

G. tenuicirrata (Claparède). Fig. 114, f. — Marion et Bobretzky 1875, 
p. 44; Saint-Joseph 1906, p. 185. — Sphœrosyllis tenuicirrata Claparède 
186k, p. 547, pi. vi, fig. 2. 

Corps cylindrique, 20 à 24 segments. — Prostomium arrondi, plus 
large que long, 4 yeux à cristallin, disposés en trapèze très ouvert et 2 
points oculiformes antérieurs. 3 antennes subégales effilées, légèrement 
renflées à la base, dépassant les palpes, la médiane insérée entre les 
2 yeux postérieurs. Palpes coalescents séparés par un sillon large et pro- 
fond, triangulaires, aussi longs que le prostomium. — Dent lancéolée, au 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLLIDAE 299 

dans les segments 5-6. — Segment tentaculaire visible d'en dessus, por- 
tant 2 paires de cirres fusiformes, inégaux. Cirres dorsaux effilés, renflés 
à la base, ceux du 1" sétigère beaucoup plus longs que les suivants (114, 
f). Cirres ventraux très petits, en languette cylindrique. Soies composées 
à article en serpe unidentée, non pectinée. À maturité, longues soies nata- 
toires chez les cf. — 2 cirres anaux fusiformes. 
L. 2 mm. — Incolore, œufs rougeâtres. 

Dans les Lithothamnion, fonds coralligènes, vase. Dragages côtiers. 
Méditerranée (Port Vendres, Marseille, Cannes). 

Nota. Cette espèce, très voisine de la G. clavata, n'en diffère que par des 
caractères peu importants et qui ne paraissent pas très constants. 

G. pusilla (Dujardin). Fig. 115, a-f. — Saint-Joseph 1888, p. 203, 
Soulier 4904, p. 45. — Exogone pusilla Dujarmn 1839, p. 298, pi. v, fig. 
9-10. — Sphœrosyllis pusilla Claparède 186k, p. 89, pi. vi, fig. 3. — 
Brania pusilla Quatrefages 1865, h, p. 18. 

Corps allongé, 28 à 35 sétigères. — Prostomium vaguement triangu- 
laire, 4 yeux disposés en trapèze très ouvert. 3 antennes effilées, renflées à 
la base, la médiane insérée très en arrière. Palpes aussi longs que le pros- 
tomium, coalescents, formant bourrelet de chaque côté (115, a). — Pha- 
rynx à dent antérieure. Proventricule à 12-15 rangées de points, s'éten- 
dant sur deux segments. — Segment tentaculaire visible dorsalement, 
portant 2 paires do cirres tentaculaires en fiole allongée. Cirres dorsaux 
en fuseau à extrémité tronquée carrément, aussi large que la base, ren- 
fermant deux corps fusiformes jaunâtres, parallèles (b). Cirres ventraux 
courts, en languette aplatie. Acicules renflés en bouton (e). Soies com- 
posées à serpe unidentée, les unes courtes, les autres longues (c, d). Aux 
derniers sétigères, une soie ventrale et une soie dorsale simples, finement 
bidentées et denticulées (f). A maturité, de longues soies natatoires chez le 
C?. — 2 cirres anaux fusiformes et une papille impaire. — Les œufs, puis 
les embryons, sont fixés, au nombre de 2 par segment, à la face ventrale. 

L. 1 à 2,5 mm. — Incolore, trompe brune, glandes des cirres dorsaux 
jaunâtres, œufs rouge carmin. 

Dans les crampons de Laminaires, sur les Algues, les coquilles et parmi les 
tubes de Serpules, à mer basse et dans les dragages côtiers. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

La G. protandrica du Plessis {1908, p. 321) n'est caractérisée par aucune des- 
cription systématique. Autant qu'on peut en juger par les figures de l'auteur, 
rien ne permet de la distinguer des Gr. limbata et Gr. clavata, protandrie mise 
à part, les soies étant inconnues. 



300 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 115. — Grubea pusilla: a, région antérieure x35; b, cirre dorsal à capsules fus 1 - 
formes X 200 (d'après Claparède); c, d, soies composées; e, acicules; f, soie courbe 
denticulée (d'après Soulier). — Sphaerosyllis hystrix : g, région antérieure, avec 
arrachement montrant les glandes sacciformes x 50; h, parapode à soies capillaires 
X 100 (d'après Claparède) ; i k, soies composées (d'après Me' Intosh). — Sp.pirifera: 
1, région antérieure X 40; m, parapode X 50 (d'après Claparède); n, o, soies com- 
posées X 400; p, acicule et soie simple x 400 (d'après Viguier). — Sp. erinaceus : 
q, tête X 120; r, soie composée et soie simple x350 (d'après Saint- Joseph). 



G. SPHAEROSYLLIS Claparède. 



Corps de très petite taille. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes bien déve- 
loppés, coalescents. 3 antennes. Une paire de cirres tentaculaires. Segment 
tentaculaire peu distinct du prostomium. — Pharynx rectiligne, armé d'une 
grosse dent. Proventricule en barillet. — Antennes et cirres dorsaux renflés à 
la base et terminés en pointe. Des cirres ventraux. 2 cirres anaux. Soies com- 
posées à article en serpe. A maturité, des soies natatoires. — Œufs fixés sur la 
femelle. Reproduction directe. 

1. Corps couvert de papilles adhésives (fig. 116, a) 2 

— Corps sans papilles adhésives (fig. 116, h) 5 

2. Palpes allongés, antenne médiane en arrière (fig. 115, g). . . 3 

— Palpes élargis, antenne médiane en avant (fig. 116, a). . . . 

. . . S.nvia-era. r>. 302 



POLYCHETES ERRANTES. — SYIXIDAE 301 

3. 4 yeux 4 

— 4 yeux et 2 taches oculiformes (fig. 115, q). S. erinaceus, p. 302 

4. Capsules à bâtonnets dans les parapodes, pas de glandes jaunes. 
S. hystrix, p. 301 

— Pas de capsules à bâtonnets, des glandes jaunes. S.pirifera, p. 301 

5. Segment tentaculaire distinct. Des papilles sur les parapodes 
(fig. 116, k) S. bulbosa, p. 304 

— Segment tentaculaire fusionné avec le prostomium. Pas de 
papilles pédieuses (fig. 116, e) S, Claparedii, p. 304 

S. hystrix Clapahède. Fig. 115, g-k. — Claparède 1863, p. 45, 
pi. xm, fig. 36-37; Soulier 190k, p. 7, fig. 2, 3. 

Corps linéaire, 30 à 40 sétigères, couvert de petites papilles, parfois 
encroûté de sable ou de vase. — Prostomium plus large que long, et peu 
distinct du segment tentaculaire. 4 yeux à cristallin, disposés en trapèze 
très ouvert, parfois coalescents. 3 antennes subégales, renflées à la base, 
plus courtes que les palpes, la médiane insérée plus en arrière (115, g). 
Palpes coalescents, triangulaires, avec un large sillon dorsal, plus longs 
que le prostomium. — Dent antérieure; pharynx entouré de glandes 
brunâtres, en boyau. Proventricule court occupant 2 segments (4»-5* ou 
5°-6 e ). — Segment tentaculaire portant une paire de cirres semblables 
aux antennes. Cirres dorsaux piriformes, renflés en sphère à la base et 
terminés en pointe effilée. Ils manquent souvent au 2 e sétigère. Dans cha- 
que parapode, à partir du 4" sétigère, une glande en capsule ronde remplie 
de petits bâtonnets. Cirres ventraux très petits, digitiformes, non renflés 
à la base (h). Acicules à pointe recourbée en pic, à angle droit. Soies 
composées à article grêle, à serpes plus ou moins effilées unidentées et 
finement pectinées, les unes longues, les autres courtes (i, k). A un certain 
nombre de segments moyens et postérieurs, dorsalement et ventralement, 
une forte soie simple un peu arquée. A maturité, chez les çf, de longues 
soies natatoires. — Œufs, puis embryons, attachés par une membrane 
sous les cirres ventraux de la mère. — 2 cirres anaux piriformes. 

L. 3 à 5 mm. — Incolore, grisâtre, trompe brunâtre avec un anneau 
incolore. 

Dans la vase, sur les Algues et les coquilles. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 

S. pirifera Claparède. Fig 115, 1-p. — Claparède 1868, p. 205, pi. xrv, 
fig. 2; Viguier 188k, p. 96, pi. iv, fig. 38, v, fig. 39-43. 

Corps linéaire, 25 à 35 séligères, couvert de papilles et encroûté de 
sable ou de vase. — Prostomium plus large que long, soudé au segment 
tentaculaire (115, 1). 4 yeux à cristallin disposés en trapèze très ouvert. 
3 antennes subégales, piriformes, plus courtes que les palpes, la médiane 
insérée entre les yeux de la paire postérieure. Palpes coalescents, courts, 



302 FAUNE DB FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

triangulaires avec un étroit" sillon dorsal. 2 petites glandes jaunes en 
avant de la trompe. — Dent antérieure. Proventricule court, globuleux, 
occupant 2 segments (4 8 et '5 e ). — Segment tentaculaire portant une paire 
de cirres courts, piriformes. Cirres dorsaux piriformes, renflés en sphère 
à la base et terminés en pointe courte (m). Ils manquent au 2 e sétigère(?). 
Pas de capsules à bâtonnets dans les parapodes. Cirres ventraux très 
petits, digitiformes, non renflés à la base. Acicules à pointe recourbée en 
pic oblique (p). Soies composées à article en serpe assez courte, unidentée, 
à tranchant lisse ou pectine (n, o). Une soie dorsale simple, grêle, arquée. 
A maturité, chez les cf, de longues soies natatoires. — Œufs attachés aux. 
cirres ventraux de la mère. — 2 cirres anaux piriformes. 
L. 4 mm. — Incolore, œufs d'abord rose pâle, puis bleu violet. 

Dans la. vase, parmi les Algues. 
Méditerranée (Alger, Naples, Monaco, Cette). 

yota. Cette espèce, très voisine de Sph. hystrix, s'en distingue, 1* par la 
présence des 2 corps jaunes qui flanquent le pharynx, 2° par l'absence de- 
capsules à bâtonnets dans les parapodes. 

S. erinaceus Claparède. Fig. 115, q, r. — Claparède 1863, p. 45, 
pi. xni, fig. 38; Saint-Joseph 1887, p. 207. pi. x, fig. 81-83. 

Corps linéaire, 20 à 22 sétigères, couvert de petites papilles et in- 
crusté de vase. — Prostomium plus large que long, soudé au segment 
tentaculaire. 4 yeux à cristallin disposés en trapèze très ouvert en avant, 
et 2 points oculiformes antérieurs (115, q). 3 antennes subégales, pirifor- 
mes, courtes, la médiane insérée entre les 2 yeux postérieurs. Palpes - 
courts, larges, écrasés, coalescents. — Dent antérieure. Proventricule 
allongé à 17 rangées de points. — Segment tentaculaire portant une paire 
de cirres semblables aux antennes. Cirres dorsaux piriformes, courts, 
renflés à la base et terminés en pointe courte. Ils manquent au 2 e séti-- 
gère. Pas de capsules à bâtonnets dans les parapodes. Cirres ventraux 
petits, digitiformes. Acicules à pointe mousse ou légèrement renflée mais 
non recourbée. Soies composées à serpe unidentée, pectinée, mince et 
longue (r). A partir du 7 e sétigère, une soie dorsale simple, courbe, effilée. 
A maturité, de longues soies natatoires, chez le c?. — Œufs portés sur le - 
dos. — 2 cirres anaux effilés, non renflés à la base (sauf sur la variété de 
Plymouth). 

L. i à 2 mill. — Incolore. 

Dans les crampons de Laminaires, parmi les Algues, dragages côtiers et . 
filet fin. 
Manche, Atlantique (côtes d'Irlande). 

S. ovigera Langerhans. Fig. 116, a-d* — Langereans 1879, p. 567, 
pi. xxxn, fig. 23; Augener 1018, p. 292. 



POLYCHETES EIWANTES. — SYLLIDÀE 



303' 




Fig. 116. — Sphaerosyllis ovigera : a, b, région antérieure, face dorsale et face ventrale, 
grossies; c, soies composées; d, soie dorsale simple (d'après Langerhans). — Sp. Cla- 
paredii : e, région antérieure x 30; f, parapode x 125; g, pygidium x 30 (d'après 
Ehlers). — Sp. bulbosa : h, région antérieure x 80; i, pygidium x 80; k, 5* pied x 
300; 1, m, n, soie composée, soie dorsale et acicule du 2* sétigère x 700; o, p, q, 
soie composée, soie dorsale et acicule du 21* sétigère X 700; r, soie dorsale simple 
d'un pied postérieur x 700 (d'après Southern). 



Corps linéaire, 23 à 34 sétigères, couvert de petites papilles et incrusté 
de vase. — Prostomium deux fois plus large que long. 4 gros yeux à 
cristallin disposés en trapèze très ouvert en avant et très rapproches» 
3 antennes subégales, piriformes, plus courtes que les palpes, la médiane 
insérée à hauteur des yeux antérieurs. Palpes très larges, soudés, couverts 
à leur base de petites papilles, atténués et recourbés à l'extrémité (116, 
a, - b). — Dent antérieure. Proventricule à 10-15 rangées de points, occu- 
pant 2 segments. — Segment tentaculaire soudé au prostomium, avec 
une paire de cirres semblables aux antennes. Cirres dorsaux courts, 
piriformes. Ils ne manquent pas au 2" sétigère. Une capsule à bâtonnets 
dans les parapodes. Cirres ventraux très petits, digitiformes. Acicules 
droits (?). Soies composées à serpe unidentée, pectinée, courte et de 
longueur peu variable (c). Une soie dorsale simple, arquée (d) et, aux der- 
niers sétigères, une soie ventrale simple. A maturité, de longues soies 



'304 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

natatoires. — Œufs et embryons fixés aux cirres ventraux. — 3 petites 
papilles anales et deux cirres courts, renflés à la base. 
L. 1,5 à 3 mm. — Incolore. 

Dragages côtiers. — Manche (Plymouth); Atlantique (Madère, Canaries, 
Sénégal). 

S. bulbosa Southern. Fig. 116, h-r. — Southern 4914, p. 20, pi. i-ii, 
fig. 2. 

Corps large en avant, effilé en arrière, 48 sétigères. Pas de papilles 
sur le corps. — Prostomium arrondi, deux fois plus large que long. 4 gros 
yeux rougeâtres à cristallin, disposés en trapèze. 3 antennes sub-égales, 
très courtes, à base très renflée, la médiane insérée très en arrière entre 
les deux yeux postérieurs (116, h). Palpes longs et larges, coalescents, 
avec un léger sillon dorsal et une large gouttière ventrale. — Dent anté- 
rieure, mousse. Proventricule à 14 rangées de points, s'étendant dans 
deux segments. — Segment tentaculaire nettement séparé du prostomium, 
portant 2 cirres semblables aux antennes. Cirres dorsaux courts, en fiole 
à base sphérique et à col cylindrique (k). De petites papilles sur les pieds 
et sur le segment anal. Pas de cirres dorsaux au 2 e sétigère. Cirres ven- 
traux petits et cylindriques. Acicules robustes, renflés en bouton mucroné. 
Soies composées peu nombreuses (1) à hampe hétérogomphe légèrement 
arquée, à serpe courte, unidentée, plus ou moins fortement pectinée, de 
longueur peu variable (l-o). Une soie dorsale simple plus ou moins arquée 
et hispide. A un nombre variable de segments postérieurs, une soie ven- 
trale simple. — 2 cirres anaux allongés, légèrement renflés à la base. 

L. 5 à 6 mm. — Brun pâle ou blanc crème. 

A la côte et dragages côtiers. — Atlantique (côte Ouest de l'Irlande). 

S. Claparedii Ehxers. Fig. 116, e-g. — Ehlers 1864, p. 252, pi. ix, 
fig. 10-13. 

Corps linéaire, 25 sétigères, lisse et dépourvu de papilles. — Prosto- 
mium ovale, plus large que long. 4 gros yeux rouges à cristallin, disposés 
en trapèze ouvert en avant. 3 antennes piriformes subégales, plus courtes 
que les palpes, la médiane insérée entre les yeux antérieurs (116, e). Palpes 
larges, triangulaires, aussi longs que le prostomium, séparés par un sil- 
lon longitudinal. — Dent conique pas tout à fait antérieure. Proventricule 
dans les segments 5-6. — Segment tentaculaire fusionné avec le prosto- 
mium, portant 2 cirres semblables aux antennes. Cirres dorsaux très 
courts, à base fortement renflée, à extrémité cylindrique (f). Ils ne man- 
quent pas au 2 e sétigère. Cirres ventraux petits et cylindriques. Pas de 
capsules à bâtonnets (?). Soies composées à serpe unidentée. — 2 cirres 
anaux allongés légèrement renflés à la base. 

L. 2 mm. — Incolore, transparent. 

Sous les Algues vertes. — Adriatique (Port de Fiume). 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLLIDAE 305 

Nota. D'après Pierantosi et Haswell, la présence ou l'absence des capsules à 
bâtonnets et des glandes jaunes n'aurait pas de valeur spécifique, ces organes 
existeraient toujours, mais, suivant leur état physiologique, ils ne seraient pas 
toujours décelables. 



G. EX0G0NE Œrsted (Malaquw char, emend.). 

Corps de très petite taille. — Prostomium portant 4 ou 6 yeux. Palpes bien 
développés, coalescents. 3 antennes. Une paire de cirres tentaculaires rudi- 
mentaires. Segment tentaculaire distinct du prostomium. — Pharynx rectîligne, 
armé d'une dent. Proventricule en barillet et ventricule musclé. — Cirres dor- 
saux (') et cirres ventraux très petits, cylindriques. 2 cirres anaux. Soies corn-, 
posées à article en serpe et soies simples. A maturité, des soies natatoires. — 
Œufs fixés sur la Ç . Rarement des stolons. 

1. 3 antennes bien développées (fig. 117, m) 2 

— Antenne médiane allongée, latérales rudimentaires (fig. 118, g). 
Soies composées du type Syllis E. hebes, p. 308 

2. 3 antennes égales, piriformes (fig. 117, m). . E. verugera, p. 307. 

— Antennes inégales, plus longues que lo prostomium (fig. 117, b). 3 

3. Cirres dorsaux réduits à un tubercule, présents à tous lès pieds. 
Pas de cirres ventraux (?)..• E. brevipes, p. 306 

— Cirres dorsaux plus développés, manquent au 2° sétigère. Des 
cirres ventraux E. gemmifera, p. 303 

E. gemmifera (Pagenstecher). Fig. 117. a-d. — Viguier 188k, p. 71, 
pi. m-iv, fig. 1-37; E. Kefersteînii Claparède 1863, p. 42, pi. xn, fig. 3- 
6. E. naidina Me' Intosh 1874, p. 108 [non Œrsted). — Exotokas gem- 
mifera Langerhans 1879, p. 572. — Paedophyîax gemmifer Saint-Jo- 
seph 1899, p. 162. P. claviger Claparède 1868, p. 211, pi. xtir, fig. 2. — 
Sylline Kefersteini Quatrefages 1865, II, p. 61. — ? Schmardia chau- 
seyana Quatrefages 1865, p. 65. — ? Gossia longiseta et Syllia longiseta 
Quatrefages 1865, p.48 et 80. 

Corps linéaire, 24 à 33 sétigères. — Prostomium arqué en avant, plus 
large que long, séparé par un léger sillon du segment tentaculaire. 4 gros 
yeux à cristallin disposés en trapèze très ouvert. La paire postérieure, 
parfois vue par transparence sous un repli du segment tentaculaire, 
semble alors appartenir à ce dernier. 3 antennes claviformes insérées en 
avant des yeux sur une ligne presque droite, la médiane, plus longue que 
les latérales, dépasse à peine les palpes qui sont soudés en une masse 
triangulaire à peine échancrée au bord antérieur et creusée en des- 
sous (117, b). — Pharynx étroit, couronné de papilles, à dent conique 
antérieure. Proventricule court, globuleux, dans les segments 4-5. — Une 

(1) Manquent souvent au 2' sétigère. 

20 



306 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 117. — Exogone gemmifera : a, femelle portant des embryons (imité de Me In- 
tosh); b, région antérieure, très grossie (d'après Vkhiier); c, soies composées x 800 ; 
d, soie dorsale simple (d'après Eliason). — E. brevipes : e, région antérieure x 50 
(d'après Claparède); f, pygidium ; g, h, soies composées; i, soie subulée; k, 1, aci- 
cules (d'après Soulier). — E. verugera : m, région antérieure x 75 (d'après Clapa- 
rède); n, o, soies composées; p, q, acieules (d'après Langerhans); r, soie dorsale- 
simple (d'après Eliason). 



paire de cirres tentaculaires réduits à un simple bouton près de l'organe 
nucal. Cirres dorsaux ovoïdes, plus courts que le pied. Ils manquent au 
2 e sétigère. Cirres ventraux très petits, souvent difficiles à voir. A cha- 
que pied, une soie dorsale simple tronquée en biseau (d), une soie compo- 
sée à article en alêne, des soies à serpe très petite (c) et, aux derniers séti- 
gères, une soie ventrale simple, arquée. A maturité, de longues soies 
natatoires. — 2 longs cirres anaux. — Œufs et embryons fixés à la face 
ventrale (a). 
L. 2 à 4 mm. — Incolore ou jaunâtre. Œufs rouge orangé. 

A mer basse parmi les Algues, les Bryozoaires et les Ascidies. Dragages 
côtiers. 
Pas de Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée. 



E. brevipes (Claparède). Fig. 117, e-I. — Sylline brevipes Claparède 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLLIDAE 307 

186k, p. 551, pi. vi, fig. 4. — Exotokas brevipes Claparède 1868, p. 210; 
Soulier 190'i, p. 27,fig. 7. 

Corps linéaire, 25 à 30 sétigères. — Prostomium subrectangulaire, 
plus large que long, séparé par un léger sillon du segment tentaculaire. 
4 yeux, les antérieurs plus gros, à cristallin, les postérieurs, plus petits, 
sans cristallin, sont en partie recouverts par un bourrelet du segment 
tentaculaire. 3 antennes légèrement renflées en massue, insérées presque 
sur la même ligne, la médiane, plus longue que les latérales, ne dépasse 
pas les palpes qui sont soudés en une longue masse triangulaire avec un 
faible sillon ventral (117, e). — Pharynx long et étroit, à dent conique 
antérieure. Proventricule court, globuleux, dans le 4 e sétigère. — Une 
paire de cirres tentaculaires réduits à un simple petit bouton. Cirres dor- 
saux très petits, réduits à un tubercule peu saillant. Ils ne manquent pas au 
2" sétigère (?). Pas de cirres ventraux (?). Parapodes courts, à peine sail- 
lants. Acicules à extrémité mousse, un peu renflée et légèrement déprimée 
au centre. A chaque pied, 1-2 soies composées à article en longue alêne 
souple, 4-5 soies en serpe à article terminal très court, unidenté à l'extré- 
mité avec 1-2 dents annexes à la base (g-1). — 2 cirres anaux allongés. 
— 1-2 œufs par segment. 

L. 1 à 2 mm. — Incolore, transparent. 

Dans la vase, sur des valves A'Ostrea. — Méditerranée (Port-Vendres, Cette), 

» 

E. verugera (Claparède). Fig. 117, m-r. — Paedophylajc veruger Cla- 
parède 1868, p. 213, pi. xii, fig. 3; Laptgerhans 1870, p, 570; Fauvel 
1913, p. 45. — Exogone veruger Eliason 1920, p. 10, fig. 1. E. verrugera 
Haswell 1920, p. 219, pi. xvii, fig. 7-10. 

Corps linéaire arrondi, 35 à 45 sétigères. — Prostomium arqué en 
avant, plus large que long, séparé par un léger sillon du segment tenta- 
culaire. 4 gros yeux à cristallin disposés en trapèze. 3 antennes égales 
réduites à de simples papilles piriformes insérées sur la ligne des yeux 
antérieurs et beaucoup plus courtes que le prostomium (117, m). 2 gros 
palpes soudés en une masse subtriangulaire ou demi-ovoïde avec un 
étroit sillon longitudinal. — Pharynx long et étroit, couronné do papilles, 
à dent conique antérieure. Proventricule allongé à25-28 rangées de points, 
occupant 2-3 segments (5 e -7 e ). — Une paire de cirres tentaculaires très 
courts. Cirres dorsaux petits, ovoïdes, à tous les pieds (?)(') . Cirres ven- 
traux encore plus réduits, Acicules légèrement renflés à l'extrémité. A 
chaque pied, une soie dorsale simple, arquée, tronquée en biseau (r) 
(bidentéo d'après Langerhans et Haswell), 1-2 soies composées à article 
en alêne, les autres à petite serpe courte unidentée; aux derniers séti- 

(I) Claparède figure des cirres dorsaux au i' sétigère; Haswell, dans une forme d'Australie, 
affirme qu'ils e\iBtent toujours i Laxgeruans n'en parle pas. Eliason ligure cette espèce sans 
cirres dorsaux au 2« sétigere. 



308 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



gères, une soie ventrale simple (n-q). 
duction par stolons (?). 
L. 3 à 8 mm. — Incolore. 



2 longs cirres anaux. — Reprc— 



A la côte à mer basse et dragages côtiers. 

Atlantique (Madère); Sund; Méditerranée (Naples, Monaco). — Australie 
(Port- Jackson). 

Nota. — Les spécimens de Madère diffèrent légèrement de ceux de la Médi- 
terranée et du Sund par leur prostomium et leur soies simples bidentées. 

E. hebes (Webster et Benedict). Fig. 118 g-p. — Southern 1914, p. 17, 
pi. i, fig. 1. — Paedophylax hebes Webster et Benedict 1884, p. 716, 
pi. m, fig. 31-36. — Parexogone hebes Mesnil et Caullery 1917, p. 126, 
fig. i-v. 

Corps mince allongé, raide, aspect d'Oligochète, 30 à 44 sétigères. — 
Prostomium plus long que large portant, de chaque côté, 3 petits yeux 
«disposés en triangle» parfois fusionnés en une masse à contours diffus. 




Fig. 118. — Spermosyllis torulosa : a, région antérieure x 20 (d'après Claparêde) ; h, 

cirres anaux; c, soie subulée; d, e, soies composées; f, acicule (d'après Soulier). 

Exogone hebes : g-, région antérieure x 40 (d'après Mesnil); h, tête X 150; i.pygidiumx 
100; k, parapode antérieur x 250; I, parapode postérieur x 300 (d'après Southern); 
m, soies composées x 750; n, soie dorsale simple X 750; o, acicule x 750; p, aci- 
cule excentrique X 750 (d'après Mesnil). 



POLTCHÈTES ERRANTES. — SYLLIDAE 309 1 

3 antennes insérées à la hauteur des yeux postérieurs, la médiane en 
massue, dépassant un peu le prostomium, les latérales beaucoup plus 
petites, souvent réduites à de simples tubercules (g, h). Palpes coniques, 
bien développés, soudés en mufle pointu, rigide, avec une gouttière mé- 
diane à la face ventrale. — Pharynx long et étroit, couronné de 10 pa- 
pilles et à dent conique antérieure. Proventricule allongé, dans les 
sétigères 5-6, suivi d'un long ventricule fortement musclé. — Segment 
tentaculairo séparé du prostomium par un léger sillon, avec 2 très petits 
cirres. Cirrcs dorsaux très petits, en forme de bouton pédicule manquant 
au 2 e sétigère. Cirres ventraux cylindriques, plus grands que les dor- 
saux (k, lj. Parapodes à 2 lobes inégaux. Acicules renflés en bouton, 
accompagnés d'un acicule mince terminé en pointe recourbée. Soies com- 
posées du type Syllis, àhampehétérogomphe, à serpe unidentée, pectinée r 
de longueur peu variable. En outre, à- partir du 8"-10 ( sétigère, une soie 
dorsale simple tronquée en biseau avec une dent latérale plus ou moins 
nette et, aux derniers sétigères, une soie ventralo analogue (m-p). — 2 cirres 
anaux cylindriques et une papille médiane. — A maturité, des soies nata- 
toires chez le cf. Œufs fixés aux parapodes. 
L. 8 à 10 mm. — Blanc crémeux. 

A mer basse dans le sable compacte et le sable à Zostères. Dragages côtiers 
sur fond de sable et coquilles. 
Atlantique (côtes d'Irlande et d'Amérique); Manche (anse St-Martin). 

G. SPERM0SYLL1S Claparède. 

Corps de petite taille. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes développés , 
coalescents. Une seule antenne. Une paire de cirres tentaculaires. Segment » 
tenlaculaire distinct du prostomium. — Pharynx rectiligne armé d'une dent. 
Proventricule en barillet. Cirres dorsaux rudimentaires. Pas de cirres ventraux. 
2 cirres anaux. Soies composées et soies simples. — Reproduction directe. 

S. torulosa Claparède. Fig. 118 a-f. — Claparêde 1864, p. 553, pi. vi, 
fig. 5; Soulier 190k, p. 24, fig. 6.1 

Corps très mince, 28 à 35 sétigères. — Prostomium beaucoup plus 
largo que long portant 4 taches oculaires sans cristallin, à bords irré- 
guliers, placées aux extrémités des diagonales d'un carré dont l'antenne 
unique, réduite à un simple granule, occupe le centre. Palpes très déve- 
loppés, soudés en une masse volumineuse, triangulaire, 3 ou 4 fois aussi 
longue que le prostomium, avec un sillon me'dian. — Pharynx étroit, 
couronné de papilles, à dent conique antérieure. Proventricule à 25-30 
rangées de points. — Segment tentaculaire nettement distinct du pro- 
stomium, portant 2 cirres tentaculaires réduits. Cirres dorsaux en fuseaux 
tronqués très courts. Pas de cirres ventraux. Pieds peu saillants. Soies, 
composées, les unes à article en alêne effilée, les autres à courte serpe 



310 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES • 

unidentée. Aux derniers segments, une soie dorsale et une soie ventrale 
simples, capillaires. Acicule à pointe recourbée (c-f). — 2 longs cirres 
anaux. 

L. 8 à 11 mill. — Incolore, œufs jaunâtres. 

Sable vaseux, à faible profondeur. — Méditerranée (Port Vendres, Cette). 



S.-F. AUTOLYTINAE 

Palpes peu développés soudés et rabattus à la face ventrale du prostomium. 
Pas de cirres ventraux. Appendices cirriformes non articulés. Trompe longue 
et sinueuse couronnée d'un trépan (<). Reproduction par stolons Polybostrichus 
et Sacconereis. 



G. AUTOLYTUS Grube 
(incl. Proceraea Ehlers, Stephanosyllis Glaparéde, Autolytides Malaquis). 

Corps linéaire, allongé. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes coalescents, 
rabattus à la face ventrale et dépassant peu le prostomium. 3 longues antennes. 
2 paires de cirres tentaculaires sur un segment distinct. — Pharynx plus ou 
moins sinueux couronné" d'un trépan de dents (*). Proventricule ovoïde. — 
Antennes et cirres dorsaux non moniliformes. Pas de cirres ventraux. 2 cirres 
anaux. Soies composées à serpe rudimentaire. — Stolons différents de la sou- 
che et à dimorphisme sexuel accentué : c? (Polybostrichus, fig. 119, c) avec 3 
antennes, 2 palpes bifurques, 1 ou 2 paires de cirres tentaculaires, un segment 
achète à très long cirre dorsal, pas de trompe, des soies natatoires à un certain 
nombre de segments. Q (Sacconereis, fig. 119, f) avec 3 antennes, pas de palpes, 
1-2 paires de cirres tentaculaires, des soies natatoires, pas de trompe, œufs 
portés dans un grand sac ventral. 

1. Sacconereis avec une bande transversale rose au dos de chaque 
segment (fig. 123, f) | A. roseus, p. 322 

— Trompe inerme (S. -G. Autolytides) .... A. inermis, p. 322 

— Trompe armée d'un trépan dentelé (fig. 120, g) 2 

2. Antenne médiane et premiers cirres dorsaux très gros et noirs. 16 
petites dents égales (fig. 122, g) A. lugens, p. 318 

— Trompe très longue, à nombreuses circonvolutions. 10 grosses 
dents séparées par 2-3 petites(fig. 122, h, i). A. longeferiens, p. 319 

— Trompe courte et droite, sans circonvolutions (fig. 122, b) . . 3 

— Trompe sinueuse en S (fig. 119, a) 4 

3. 10 grosses dents égales de longueur exceptionnelle (fig. 122, b) 
A. megodon, p. 317 

t. Sauf chez A, inermis. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLLIDAE 311 

— 12 dents obtuses alternant avec 12 aiguës plus courtes. 2 rangées 
transversales de glandes dans chaque segment (fig. 122, m} . . 

. . • A. punctatus, p. 318 

4. Dents du trépan égales (fig. 119, b) : . . . 5 

— Dents du trépan inégales (fig. 122, m) 6 

5. 10 dents égales de taille moyenne. Cirres dorsaux relativement 
courts. Coloration blanchâtre ou jaunâtre (fig. 119, a) . . . . 
A.prolifer, p. 311 

— 16-20 dents à peu près égales. Coloration orangée. Une tache 

rouge à la base des pieds postérieurs (fig. 120, c) 

A. aurantiacus, p. 313 

— 24 petites dents égales. Une raie rouge orangé longitudinale de 

chaque côté du dos, à la partie antérieure du corps 

' A. Edwarsi, p. 317 

— 30 petites dents égales, corps grêle, gris uniforme (fig. 121, i, k). 

A. ehbiensis p. 314 

30-34 dents pointues. Au dos de chaque segment, 4 gros points 
rouges ou orangés (fig. 120, e, g). . A. rubropunctatus, p. 314 

— 32 dents. Corps d'un rouge intense .... A. Smittise, p. 321 

— Petites dents égales. A partir du 3 e . segment, cirres dorsaux alter- 
nativement longs et courts (fig. 122, e). . A. paradoxus, p. 318 

6. 7 dents longues et aiguës séparées les unes des autres par 4-5 . 
plus petites. 3 lignes longitudinales rouges (fig. 123, a, c) . . . 
A. rubrovittatus, p. 320 

— 10 grosses dents pointues alternant avec 10 petites. A la face dor- 
sale, rectangles foncés séparés par des lignes claires (fig. 121, 
a,' b) A.' pictus, p. 315 

— 30 dents grosses et petites alternant irrégulièrement. Jaune rou- 
geâtre, 2 rangées de glandes brillantes au dos de chaque segment- 
(fig. 121, g, h) A. brachycephalus, p. 316 

Nota. Dans le genre Autolytus, les caractères de coloration paraissent assez 
constants. La longueur relative des antennes et des premiers cirres est au 
contraire assez variable. Les soies ne diffèrent pas sensiblemeut d'une espèce 
à l'autre. 

A. prolifer (O.-F. Muller). Fig. 119. — Lângerhans 1819, p. 575, pi. 
xxxii, fig. 28-29; Saint-Joseph 1887, p. 238, pi. xn, fig. 118; Viguier 
1886, p. 429, pi. xxvi, fig. 13-15; pi. xxvn, fig. 1-6; Mc'Intosh 1908, p. 
215, pi. xlviii, fig. 6; A. hesperidum Claparède 1868, p. 216, pi. xiv, 
fig. 1. — Crithidia thalassina Gosse 1855, p. 308. — Polybostrichus Mut- 
leri Keferstein 186k, p. 113, pi. xi, fig. 1. — Sacconereis helgolandica 
M. Mûller 1855, p. 18, pi. ii, fig. 4. 

Corps mince, allongé, environ 60 sétigères. — Prostomium arrondi en 
.avant, avec 4 gros yeux à cristallin disposés en trapèze et 2 points oculi- 



312 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. H9- — Autolytus prolifer : a, région antérieure x 73; b, armature de la trompe- 
X 400 (d'après Claparède); c, d, soies (d'après Langerhans) ; e, stolon c? {Polyboslri- 
chus) ; t, stolon Ç (Sacconereis). 

formes. Antenne médiane dépassant peu les latérales, insérée entre les 
yeux antérieurs. Palpes dépassant à peine la tête. — Trompe sinueuse, en 
S, couronnée de 10 grosses dents égales (119, a-b). Proventricule ovoïde, à 
une trentaine de. rangées de points, situé dans les segments 7-8. Cirres 
tentaculaires dorsaux aussi longs que les antennes, les ventraux plus 
courts. Cirres dorsaux du 1" sétigère beaucoup plus longs que les suivants 
qui sont égaux entre eux. 2 longs cirres anaux. — Soies composées à 
serpe courte bidentée, et une soie à article en alêne à partir du 3 e sétigère 
(c, d). — Polybostrichus (e) à 2 régions, la l re à 3 sétigères, à soies com- 
posées et renfermant les spermatozoïdes, la 2 e à 19 sétigères, à soies nata- 
toires. Sacconereis (f) à antenne médiane à peine plus grande que les laté- 
rales, 2 yeux dorsaux et 2 ventraux, 2 cirres tentaculaires. Œufs renfer- 
més dans une grosse poche ventrale. 

L. 5 à 15 mm. (souche). — Blanchâtre ou jaunâtre; dans les téguments, 
nombreuses granulations arrondies incolores ou jaune orange. 

Crampons de Laminaires, parmi les pierres et les vieilles coquilles draguées. 
Polybostrichus et Sacconereis pélagiques. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 



POLYCHETES ERRANTES. 



SYIXIDÀE 



313 



A. aurantiacus (Claparède). Fig. 120, a-d. — Mc'Intosh 1908, p. 214, 
pi. lxxi, fig. 3. A. macrophthalma Saint-Joseph 1887, p. 226. A. luxu- 
rians Malaquix 1893, p. 80. — Proceraea aurantiaca Claparède 1868, 
p. 219, pi. xv, fig. 1. P. macrophthalma Marenzeller 1875, p. 37) pi. iv, 
fig. 2. P. luxurians Marenzeller 1874, p. 50, pi. vr, fig. 1, vu, fig. 1. 

Corps effilé aux deux extrémités, 60 à 100 sétigères. — Prostomium 
arrondi, plus large que haut, .avec 4 yeux à cristallin disposés en trapèze. 
Dans la variété macrophthalma ils sont très gros et coalescents. Antenne 
médiane plus longue que les latérales qui sont bien développées. Palpes 
dépassant la tête, bien apparents (120, a). — Trompe longue et mince, 
décrivant une circonvolution complète, couronnée de 16 à 20 dents à peu 
près égales (c). Proventricule globuleux, dans les segments 8-10, avec 
environ 40 rangées de points violets. — Cirres tentaculaîres dorsaux 
aussi longs que les antennes latérales, les ventraux plus courts. Cirres 
dorsaux du 1 er sétigère au moins aussi longs que l'antenne médiane. 
Ceux du 2 S sétigère 3 ou 4 fois plus courts, mais cependant encore plus 
longs que les suivants dont la longueur est inférieure au diamètre du 




Pmwwf) 



Fia. 120. — Autolytus aurantiacus : a, région antérieure x 50; b, parapode X Tîî; c, 
trépan X 500 (d'après Marenzeller); d, soie composée (d'après Mc'Intosh). —A. 
rubropunctalus : e, région antérieure; f. parapode (d'après Marion); g, trépan dont 
la moitié dorsale seule est figurée x 125 ; h, tète du stolon Q (Sacconereis) (d'après 
Saint-Joseph) ; i, soie composée (d'après Me' Intosh). 



314 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

corps. 2 longs cirres anaux. Soies composées à serpe courte (d) et bifide; 
aux pieds de la moitié postérieure, une soie dorsale en alêne. — Poly- 
bostrichus à 3 régions, la l re à 6 sétigères, la 2 e à soies natatoires, la 3 e à 
" soies composées seulement. 

L. 8 à 20 mm. — Corps légèrement orangé, incolore chez les petits 
spécimens, souvent une tache rouge à la base du pied, à la face ventrale. 
Appendices de la tête et des premiers segments orangés à l'extrémité. 
Proventricule rouge ou violet. Œufs rougeâtres ou violacés. 

A mer basse, sous les pierres et parmi les Algues. Dragages côtiers. 
Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 

A. rubropunctatus (Grube). Fig. 120, e-i. — A. ornatus Saint- 
Joseph 1881, p. 220, pi. x, fig. 98-99. — Sylline rubropunctata Grube 
1860, p. 87, pi. m, fig. 8. — Proceraea rubropunctata Langerhans 1879, 
p. 579. P. ornata Marion et Bobretzky 1875, p. 44, pi. v, fig. 14. 

Corps long et mince, 90 à 120 sétigères. — Prostomium ovale, plus 
large que long. 4 yeux disposés en trapèze, et parfois 2 points oculiformes. 
Antenne médiane insérée entre les 2 yeux postérieurs, atteignant jusqu'au 
15 e sétigère; latérales moitié plus courtes. Palpes soudés en une masse 
arrondie, bien visible d'en dessus et légèrement échancrée sur la ligne 
médiane. — Pharynx faisant une seule circonvolution, terminé par une cou- 
ronne de 30-34 dents pointues, égales, un peu recourbées en dedans 
(120, g). Proventricule à 40-45 rangs de points. — Segment tentaculaire 
peu distinct, avec cirres dorsaux de la longueur des antennes et cirres ven- 
traux plus courts. Cirre dorsal du 1 er sétigère aussi long que l'antenne 
impaire (e), les suivants, à partir du 3 e sétigère, plus courts, de longueur 
variable et souvent alternants, insérés sur un cirrophore cylindrique (f). 
2 longs cirres anaux. Soies composées, les unes à article en fine alêne, 
les autres à très petite serpe bidentée (i). — Sacconereis (h) à 3 régions 
distinctes : 1°, 4 segments non modifiés; 2", 18 à soies natatoires; 3°, 10 
sans soies natatoires. Stolons en juillet. 

L. 12 à 20 mm. — Au dos de chaque segment, 4 gros points rouge vif 
ou orangé vif. • 

Dragages côtiers. — Pas de Calais, Manche, Atlantique, Méditerranée, Adria- 
tique. 

A. ehbiensis Saint-Joseph. Fig. 121, i-1. — Saint-Joseph 1887, p. 228, 
pi. xi, fig. 100-107, xii, fig. 114-115; Me' Intosh 1910, p. 243, pi. lxxxvi, 
fig. 16, lxxxvii, fig. 15. 

Corps grêle, 38 à 55 sétigères. — Prostomium arrondi en avant, avec 
4 yeux à cristallin, disposés en trapèze. Antenne médiane beaucoup plus 
longue que les latérales. Palpes minces, dépassant légèrement la tête. — 
Trompe étroite, peu sinueuse, décrivant une seule, circonvolution, cou- 
ronnée de 30 petites dents égales, légèrement recourbées en dedans et 



POLYCHETES EBBANTES. — SYLLIDAE 315 

prolongées chacune en arrière et au delà du bord postérieur de la couronne 
par une petite épine (k). Proventricule à 32-42 rangées de points gris, 
dans les segments 8 à 11. — Cirres tentaculaires dorsaux aussi longs que 
l'antenne médiane. Cirres dorsaux du 1" sétigère plus longs que les 
suivants qui sont alternativement courts et longs à partir du 3' sétigère. 
2 longs cirres anaux. Soies composées à serpe rudimentaire nettement 
bidentée (1). Une soie à article en alêne, à partir du 6 8 ou du 15 e segment, 
suivant qu'il existe un ou plusieurs stolons. — Polybostrichus (i) a 
2 régions, la 1" à 3 sétigères remplis de sperme, la 2 8 à 18 segments 
sans produits sexuels et à soies natatoires. Sacconereis à 2 régions, à tête 
légèrement échancrée en avant, 3 antennes, 4 yeux, segment tentaculaire 
achète, invisible d'en dessus, à 2 cirres tentaculaires. 

L. 4 à 7 mm. (souche). — Gris terne uniforme, sauf 2 petites épaulettes 
gris pâle au segment buccal et au i« r sétigère. 

A mer basse et dragages côtiers parmi les Ascidies, les crampons de Lami- 
naires, les Algues et dans les touffes de Seriularia operculata. 

Manche (Boulogne, S'-Vaast, Dinard, Plymouth, Torquay); Atlantique (côtes 
d'Irlande). 

*A. pictus (Ehlers). Fig. 121, a-f. — Saint-Joseph 1887, p. 222, pi. xi, 
fig. 100-105; Me' Intosh 1908, p. 211, pi. xux, fig. 8. — Proceraea picta 
Ehlers 186k, p. 256, pi. xi, fig. 8-17. — Stephanomjllis scapularis Cla- 
parèdb 486*4, p. 567, p. vu, fig. 5. 

Corps arrondi, opaque, 60 à 100 sétigères. — Prostomium relativement 
petit, arrondi, plus long que large, avec 4 gros yeux à cristallin disposés 
en trapèze. Antenne médiane un peu plus grosse et plus longue que les 
latérales. Palpes non visibles d'en dessus. — Trompe sinueuse, en S, 
couronnée de 10 grosses dents pointues alternant avec 10 petites (121, b). 
Proventricule à 48-60 rangées de points bruns, dans les segments 10-11. 
— Cirres tentaculaires dorsaux un peu plus grands que les ventraux et 
presque aussi longs que le9 antennes latérales. Cirres dorsaux du 1 er séti-- 
gère plus grands que l'antenne médiane, s'enroulant en spirale et beau- 
coup plus longs que les suivants (121, a). Cirre dorsal du 2" sétigère 
beaucoup plus court, mais encore 2-3 fois plus long que les suivants qui 
sont égaux entre eux et plus courts que la largeur du corps. 2 cirres 
anaux courts et massifs. Soies composées à serpe courte et large, bidentée 
(e, f). A partir du 34* sétigère, une soie dorsale à article en alêne. — Poly- 
bostrichus (c) à 3 régions, la 1" à 6 sétigères, renfermant le sperme, la 
2 e à 31 sétigères, à soies natatoires, à larges rames tronquées, comme im- 
briquées, la 3 8 à 22 sétigères, sans soies natatoires. 

L. 10 à 25 mm. — Face ventrale pâle ou rosée ; à la face dorsale, 2 épau- 
lettes violet foncé sur le 1" segment, ensuite des rectangles violets ou 
brun foncé séparés par 3 lignes blanches longitudinales (une médiane et 2 



316 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



latérales) et des lignes transversales. Antennes et extrémité des cirres 
tentaculaires orange ou brun foncé. 

A mer basse dans lés crampons de Laminaires, parmi les Algues et les 
Eponges, sous les pierres. Dragages côtiers et fonds de chalut. Dans les Rhyti- 
phloea. 

Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 




Fig. 121. — Autolytus pictus : a, région antérieure; b, trépan; c, Polybostrichus (d'a- 
près Saint-Joseph) ; d, parapode, (d'après Claparêde) ; e, f , soies composées (d'après 
Mc'Intosh). — A.brachycephalus : g, région antérieure x 50 (d'après M arenzeller) ; h, 
trépan (d'après Langerhans). — A . ehbiensis : i, région antérieure du Polybostrichus 
X 30; k, trépan x 200, (d'après Saint-Joseph); 1, soie composée (d'après Me' Intosh). 



A. brachycephalus (Marexzeller). Fig. 121, g-h. — Proceraea bra- 
chycephala Marenzeller 4874, p. 54, pi. vi, fig. 2, vu, fig. 2; Langerhans 
1819, p. 580, pi. xxxm, fig. 32. 

Corps court, trapu, relativement large, 50-60 sétigères. — Prostomium 
arrondi, plus étroit en arrière qu'en avant. 4 yeux à cristallin disposés en 
trapèze et 2 points oculiformes. 3 antennes subégales, insérées en avant 
des yeux, la médiane pouvant atteindre le 4 e -5 e sétigère (121, g). Palpes 
soudés en masse arrondie, courte, cependant visible d'en dessus. — Pha- 
rynx sinueux, mais ne formant pas boucle complète, terminé par une 
couronne de 30 dents grosses et petites alternant irrégulièrement (3 à 8-10 



POLYCHETES ERRANTES. — SVLUDAE 317 

grosses) (h). Proventricule ovoïde allongé. — Segment tentaculaire bien 
distinct avec une paire de cirres dorsaux de la longueur des antennes 
latérales et une paire de cirres ventraux plus courts. Cirre dorsal du 1 er 
sétigère beaucoup plus long que les autres. Les suivants courts, alternants, 
à cirrophoro bien développé. 2 cirres anaux. Parapodes massifs. 2 acicules, 
des soies terminées en alêne et des soies composées à petite serpe bi- 
dentée. 

L. 4 à G mm. — Jaune rougeâtre, intestin verdâtre. Au dos de chaque 
segment, 2 rangées de glandes brillantes punctiformes. Proventricule 
violet rougeâtre. 



•*o v 



Dragages côtiers. — Pas de Calais, Atlantique (Irlande, Madère), Manche (?), 
Adriatique. 

A. megodon Saint-Joseph. Fig. 122, b-d. — Saint-Joseph 1887, p. 240, 
pi. xi, fig. 111-113. 

62 sétigères. Palpes minces divisés par une ligne claire, ils dépassent 
un peu le prostomium. Antenne médiane et cirres dorsaux du 2 e seg- 
ment de grande dimension. Cirre dorsal du 3" segment plus long que les 
suivants courts et égaux entre eux. 2 cirres anaux allongés. — Trompe 
très large, courte, presque droite, couronnée de 10 grosses dents égales 
de longueur exceptionnelle (122, b).' Proventricule à 62 rangées de points 
gris, occupant les segments 7 à 9, et terminé à sa partie inférieure en 
2 lobes séparés par une échancrure. — Soie à article en alêne à partir du 
10* sétigère, soies composées à serpe très rudimentaire (d). 

L. 1 cm. — Une raie brune longitudinale de chaque côté du corps, an- 
tennes et cirres brun clair. 

Un seul exemplaire par 24 mètres de profondeur dans une vieille coquille 
d'Huître, — Manche (Dinard, Vieux Banc), 

A. Edwarsi Saint-Joseph. Fig. 122, a. — Saint-Joseph 1887, p. 235, 
pi. xi, fig. 110. 

28 sétigères à la souche. — Tête ronde avec 4 yeux, légèrement dé- 
passée par les palpes. Appendices de la tête assez minces. Antenne mé- 
diane un peu plus longue que les latérales, insérée entre les yeux anté- 
rieurs (122, a). — Trompe décrivant une seule courbure, couronnée de 
24 petites dents égales. Proventricule allongé, dans les segments 7 à 9. — 
Segment tentaculaire bien distinct avec cirres dorsaux de la longueur des 
antennes latérales et cirres ventraux moitié plus courts. Cirres dorsaux 
du 1 er sétigère plus longs que l'antenne médiane, ceux du 2 e sétigère 3 fois 
plus courts mais 2 fois plus longs que les suivants qui sont égaux entre . 
eux. Soies ordinaires d'Autolytus, — Chaîne de stolons nombreux, touto 
l'année. Polybostrichus à 2 régions, l'antérieure à 3 sétigères, la suivante 
à 15-17. 



318 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

L. 14 mm. dont 4 pour la souche. — Une raie rouge orangé longitu- 
dinale de chaque côté du dos, à la partie antérieure du corps. Extrémité 
des appendices antérieurs orangée. Proventricule rouge. 

A mer basse et dans les dragages côtiers, sur les crampons de Laminaires et 
les Sertularia, souvent dans un tube muqueux. 
Manche (Boulogne, Dinard, Plymouth); Atlantique (côtes d'Irlande). 

A. paradoxus Saint-Joseph. Fig. 122, e-f. — Saint-Joseph 1887, p. 216 r 
pi. x, fig. 92-94. 

Corps mince, 83 sétigères. — Prostomium arrondi en avant, tronqué en 
arrière, légèrement dépassé par 2 palpes rudimentaires. 4 yeux. Antenne 
médiane plus longue que les latérales. Segment tentaculaire bien distinct, 
portant 2 longs cirres dorsaux et 2 ventraux moitié plus courts (122, e). 
Trompe longue et sinueuse couronnée de petites dents égales. Proventri- 
cule à 42 rangées de points, dans les segments 11 à 16. — Cirres dor- 
saux inégaux, 1,2, parfois 3 plus courts alternant avec un aussi long 
que les antérieurs. 2 longs cirres anaux. Soies composées à serpe bidentée 
un peu moins petite que de coutume (f). En outre, dans les derniers segments- 
une soie dorsale droite à article en alêne. — Stolonisation mal connue. 

L. 15 mm. — Incolore, intestin gris. 

Dans des coquilles d'huîtres draguées. — Pas de Calais, Manche (Dinard). 

A. punctatus Saint-Joseph. Fig. 122, 1-m. — Saint-Joseph 1887, p. 233, 
pi. xi, fig. 108-109. 

Environ 30-33 segments. — Prostomium arrondi, un peu plus large 
que haut, à peine dépassé par les palpes. 4 yeux disposés en trapèze, les- 
antérieurs plus gros. Antenne médiane insérée* entre les yeux antérieurs, 
2 fois plus longue que les latérales (122, 1). — Trompe courte et droite, 
sans circonvolutions, couronnée de 12 dents obtuses alternant avec 12 dents 
aiguës plus courtes (m). Proventricule à 30 rangées de points gris. — Seg- 
ment tentaculaire bien distinct avec cirres dorsaux de la longueur des 
antennes latérales et cirres ventraux moitié plus courts. Cirre dorsal du 
1 er sétigère beaucoup plus long que les suivants qui sont minces et égaux 
entre eux. Soies à'Autolytus. — Un ou plusieurs stolons. — Polybostri— 
chus à 2 régions, 19-20 segments, de mai à juillet. 

L. 6 à 10 mm. — Incolore, sauf une faible teinte orangée à l'extrémité 
des appendices de la tête et des 3 premiers segments. Une double rangée 
transversale de petites glandes grisâtres au dos de chaque segment. 

Dans les crampons de Laminaires et dragages côtiers. 

Manche (Boulogne, Dinard, Plymouth), Atlantique (côtes d'Irlande). 

A. lugens Saint-Joseph. Fig. 122, g. — Saint-Joseph 1887, p. 234, pi. xn, 
fig. 116. 

Prostomium petit, arrondi. 4 petits yeux disposés en trapèze. 2 antennes- 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLLIDAE 




Fig. 122. — Autolylus Edwarsi : a, région antérieure X 20 (d'après Saint-Joseph). — 
A.megodon : b, trompe et proventricule x 20; c, dent de la trompe x 80; d, soie en 
alêne x 500 (d'après Saint-Joseph). — A. paradoxus : e, région antérieure x 12; f, 
soie X 400 (d'après Saint-Joseph). — A . lugens : g, région 'antérieure x 50 (d'après 
Saint-Joseph). — A. longeferiens:h, région antérieure x 10; i, entrée de la trompe 
dont la moitié dorsale est seule figurée x 100 (d'après Saint-Joseph) ; k, soie (d'après- 
Mo'Intosii). — A. punctatus : l, région antérieure x 30; m entrée de la trompe, la' 
moitié dorsale seule est figurée (d'après Saint-Joseph). 



latérales minces et une énorme antenne médiane très massive, enroulée, 
gris noir réfringent (122, g). Segment tentaculaire distinct, avec 2 paires 
de cirres semblables aux antennes latérales. Cirres dorsaux du 1 er séti- 
gèro très gros, massifs, noirs, semblables à l'antenne médiane, les sui- 
vants, égaux entre eux, beaucoup plus minces et clairs. — Trompe à une 
seule circonvolution, à 16 petites dents égales. Proventricule à 26-30 ran- 
gées de points, dans les segments 8-11. — Soies à article en alêne et soies 
composées à serpe courte. Cirres anaux semblables à l'antenne médiane. — 
Stolons en juillet. Polybostrichus et Sacconereis à 2 régions. 

L.lkk mm. — Incolore, sans glandes dorsales. Antenne impaire, cirres 
dorsaux du 1 er sétigere et cirres anaux noirs. 

Dragages côtiers. — Manche (Dinard, Plymouth). 

A. longeferiens Saint-Joseph. Fig. 122, h-k. — Saint-Joseph 1887, 



320 FAUNE DE FRANCE^ POLYCHETES ERRANTES 

p. 217, pi. x, fig. 95-57; Southern 1914, p. 39; Me' Intosh 1910, p. 245, 

pi. LXXXI A, fig. 17. 

Corps massif, 51 à 88 segments. — Prostomium arrondi plus large que 
haut, dépassé par 2 palpes coalescents que sépare une ligne claire. 
4 yeux à cristallin, disposés en trapèze. Antenne médiane deux fois plus 
longue que les latérales. — Trompe d'une longueur extraordinaire (18 à 
20 mm.), décrivant de nombreuses circonvolutions (122, h), couronnnée de 
10 dents larges et obtuses séparées l'une de l'autre par 2-3 petites dents 
très pointues terminées chacune en arrière par 2 épines (i). Proventri- 
cule plus long que large, à 40-54 rangées de points, s'étendant sur 3 seg- 
ments. — Segment tentaculaire distinct avec 2 cirres dorsaux de la lon- 
gueur des antennes et .2 cirres ventraux moitié plus courts. Cirre dorsal 
du 1 er sétigère aussi long que les cirres tentaculaires dorsaux, les suivants 
alternativement longs et courts, les plus longs n'atteignant pas la taille de 
ceux du 1 er sétigère. Soies composées à petite serpe bidentée (k). En outre, 
aux 35-47 derniers sétigères, une soie dorsale à article en alêne, à hampe 
3 fois plus fine que celle des soies composées. 2 grands et gros cirres 
anaux. — Polybostrichus et Sacconereis en février. 

L. 10 à 20 mm. — Orangé foncé. Sur les segments antérieurs, 3 raies 
longitudinales rouges, parallèles, dont les 2 latérales forment épaulettes 
sur les 2 premiers segments. Bout des appendices de la tête et des pre- 
miers segments coloré en orangé, foncé. Œufs gris. 

Dans les crampons de Laminaires et les dragages côtiers. 
Pas de Calais, Manche (Torquay, Plymouth, Dinard). 

Nota. D'après Southern, cette espèce est peut-être identique à YAutolytus 
Alexandri Malmgren. 



A. rubrovittatus Claparède. Fig. 123, a-d. — Claparède 1864, p. 563, 
pi. vu, fig. 3. 

Environ 60 sétigères. — Prostomium arrondi, plus large en avant qu'en 
arrière. 4 gros yeux à cristallin disposés en trapèze et 2 points oculiformes. 
Antennes épaisses, la médiane, un peu plus longue que les latérales, 
insérée entre les yeux antérieurs (123, a). — Pharynx s'étendant, en fai- 
sant une double sinuosité en S, du 3 e au 7 e sétigère ; il est couronné de 
7 dents longues et aiguës séparées les unes des autres par 4 ou 5 plus 
petites (c). Proventricule du 6° au 10 e sétigère. — Segment tentaculaire 
bien distinct avec cirres dorsaux de la longueur des antennes et cirres ven- 
traux moitié plus courts. Cirre dorsal du 1 er sétigère 5 fois plus long que 
les suivants équivalents à la moitié de la largeur du corps. Pieds bilabiés. 
Soies en alêne et en serpe du type ordinaire Autolytus (d). — Sacconereis 
k 18-23 segments, à 3 régions (b). 

L. 10 mm. — Corps incolore, sauf 3 lignes longitudinales rouges. Des 



POLYCHETES ERRANTES. — SYLUDAE 



321 



granulations incolores dans la peau formant une bande transversale au dos 
de chaque segment. Œufs gris rosâtre. 

Dragages côtiers (?). — Méditerranée (Port-Vendres). 

A. Smittiae MalAqwn. Fig. 123, 1. — Malaquin 1803, p. 81, pi. xi, 
fig. 15-16. 

Corps allongé, effilé danslaportionpostérieure; 120 segments. — Trompe 
avec 2 anses, mais relativement courte, avec glandes pharyngiennes for- 
mant deux amas volumineux comme chez A . Edwardsi etchez Amblyosyllis. 
Trépan armé de 32 dents. Proventricule à 35 rangées de colonnes ra- 
diaires. — Cirres dorsaux moins longs que la largeur du corps et inégaux, 
ceux des 2 premiers segments plus longs. Soies ordinaires àl'Autolytus à 
serpe courte et bidentée accompagnées d'une soie filiforme simple. 4 aci- 
cules dans les segments antérieurs. — Cirres anaux très volumineux 
(123, 1). 

L. 15 à 20 mm. — Rouge intense, sur les parois du tube digestif. 

Sur les Bryozoaires Smittia Landsborowii. — Pas de Calais. 




Fig. 123. — Autolytus rubrovittatus : a, partie antérieure x 25; b, Saceonereis X 30 
c, trépan x 100; d, soies, très grossies (d'après Claparède). — A. roseus : e, Saceo- 
nereis x 8; t, tête, grossie; g, parapode (d'après Claparède). — A. inermis : h, pa- 
rapode x 25; i, soie composée (d'après Mo' Intosh); k, trompe x 125 (d'après Saint- 
Joseph). — A. Smittiae : 1, pygidium (d'après Malaquin). 

21 



322 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

A. (Autolytides) inermis Saint-Joseph. Fig. 123, h-k. — Autolytus 
inermis Saint-Joseph 1887, p. 237, pi. xn, fig. 117; Me' Intosh 1910, 
p. 247. pi. lxxxvi, fig. 18, lxxxvii, fig. 17. > 

Corps effilé, 26 à 31 sétigères (souche). Prostomium arrondi avec palpes 
à peine apparents en dessus. 4 yeux, les antérieurs sitiés latéralement et 
coalescents avec les postérieurs. 3 antennes subégales. — Trompe 
inerme (123, k), décrivant 2 circonvolutions. Proventricule mince avec 
25-30 rangées de points, s'étendant dans les segments 9-11. — Les cirres 
dorsaux du 1 er sétigère sont beaucoup plus longs que les suivants qui 
sont égaux entre eux, Cirres anaux modérément allongés. Soies assez 
longues, les unes en alêne, les autres à serpe assez forte bidentée (i), 
Polybostrichus à 2 régions. 

L. 6 à 8 mm. — Rouge uniforme, plus accusé en avant. 

A la côte et dans les dragages côtiers sur Rytiphloea pinastroides, et Lami- 
naires. 
Manche (Dinard,.Torquay, Plymouth); Atlantique (côtes d'Irlande). 

A. roseus Claparède. Fig. 123, e-g. — Claparède 186k, p. 566, pi. vu, 
fig. 4; Langerhans 1819, p. 577. 

Cette espèce n'est encore connue qu'à l'état de Sacconereis à 3 régions. 
60 sétigères. — Prostomium bilobé, 4 gros yeux, les ventraux plus déve- 
loppés. 3 longues antennes subulées subégales et 2 petites filiformes, 
frontales, 2 paires de cirres tentaculaires bien développés. Cirres dorsaux 
à peu près égaux à la largeur du corps (123, f). Soies composées à 
petite serpe. Soies natatoires du 9 e au 21 e segment. Elles manquent aux 
40 derniers sétigères. Sac ovigère du 11 e au 21 e segment, étranglé au 
milieu (e). 

L. 10 mm. — Une large bande transversale rose au dos de chaque 
segment. Les 3 grandes antennes et les cirres dorsaux d'un beau rose. 
Cirres tentaculaires incolores. Œufs bleu turquoise. 

Habitat? — Méditerranée (Port-Vendres). Un seul exemplaire connu. 



G. MYRIANIDA Milne-Edwabds. 

• Corps linéaire. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés, rabattus à la- 
face ventrale. 3 antennes foliacées. 2 paires de cirres tentaculaires. — Pharynx 
sinueux, couronné d'un trépan de .dents. Proventricule en barillet, — Antennes 
et cirres dorsaux foliacés. Pas de cirres ventraux. 2 cirres anaux. Soies com- 
posées à article en serpe courte. — Stolons cT [Polybostrichus], Ç (Sacconereis) 
en longue chaîne. 

M: pinnigera (Montagu). Fig. 124. — Me' Intosh 1908, p. 229, pi. lxxx, 
fig. 24. M. fasciata M. -Edwards, Malaquin 1893, pi. i. M. macu- 



POLYCHETES ERRANTES. 



SYLLIDAE 



323 



lata Clapaiiède 1868, p. 222, pi. xm, fig. 1; Saint-Joseph 1887, p. 241, 
pi. xii, fig. 119-120. 

Corps long et mince, 66 sétigères (souche). — Prostomium relative- 
ment petit, conique obtus ou arrondi. 2 paires de gros yeux coalescents, 
à cristallin. Antenne médiane longue et foliacée, les latérales moitié plus 
petites et peu foliacées. Palpes rabattus à la face ventrale, soudés, avec 
une raie longitudinale claire, dépassant peu la tète. — Trompe longue 
et sinueuse, à 1-2 circonvolutions, couronnée de 50 à 60 petites dents 
égales (124, e). Proventricule ovoïde à 32 rangées de points gris. Cirres 
tentaculaires dorsaux foliacés et plus longs que les ventraux qui sont 
seulement claviformes. Cirres dorsaux foliacés, plus longs que la largeur 
du corps et portés sur un cirrophore conique (d). 2 cirres anaux foliacés. 
Soies composées à'Autotytus à petite serpe bidentee (g). Une fine soie- 
dorsale en alôno à partir du 45° sétigère. — Stolons en longue chaîne 
de 15 à 30 (a). Polybostrichus (c) à 2 régions, la l re à 4 sétigères, la 2 6 ' à 
26 segments à soies natatoires. Sacconereis (b) à 3 régions. Sac ovigere 
étrangle au milieu. 

L. 15 à .'52 mm. (souche) et souvent plus pour la chaîne. — Corps blanc 




Fig. 124. — Myrianida pinnigera : a, souche suivie de 29 stolons, grossie; b, Saccone- 
reis, région antérieure î c, Polybostrichus, région antérieure; d, parapode d'une forme 
sexuée ; e, trompe (d'après Malaquin) ; t , quelques dents du trépan x 200 (d'après Saint- 
Joseph); g, soie composée et h, soie natatoire, très grossies (d'après Me' Intosh). 



324 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



mat portant au dos de grandes taches rouges, orangées ou parfois jaunes. 

Manche (Boulogne, Saint- Vaast, Dinard, Plymouth); Atlantique (côtes d'Ir- 
lande); Méditerranée (Gênes, Naples, Alger, Sicile). 

G. VIRCHOWIA Langerhans. 

Corps linéaire. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés, rabattus à la 
face ventrale. 3 antennes claviformes. 2 grands organes nucaux foliacés. 2 paires 
de cirres tentaculaires. — Pharynx sinueux, couronné d'un trépan. Proventri- 
cule en barillet. — Cirres dorsaux claviformes. Pas de cirres ventraux. 2 cirres 
anaux. Soies composées à article en serpe. — Stolons cf Polybostrichus, ç Sac- 
conereis, à soies natatoires. 




Fig. 125. — Virchowia clavata : a, extrémité antérieure x 40 ; b, extrémité postérieurex 
40; c, tête, face ventrale x 80; d, extrémité antérieure du côté gauche, les organes 
nucaux sont dressés X 40; e, trépan x 400; f, soies x 1000 (d'après Viguier); g, soies; 
h, tête du Polybostrichus ; i, tête de la Sacconereis (d'après Laxaerhans). 

V. clavata Langerhans. Fig. 125. — Laxgerhans 1819, p. 582. pi. xxxni, 
fig. 31, 1884, p. 250; Viguier 1886, p. 426, pi. xxvi, fig. 1-10, xxvn, 
fig. 1-4. 

Corps trapu, cylindrique, 42-44 segments. — Prostomium arrondi en 
avant portant 4 gros yeux à cristallin disposés en trapèze et 2 petits 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SYLLIDAE 32» 

points oculiformes. 3 antennes en massue, ciliées, l'impaire plus grande 
et plus foncée que les latérales. 2 grands organes nucaux saillants, folia- 
cés, dépassant les côtés du prostomium (125, a). Palpes ventraux, soudés, 
à peine visibles d'en-dessus (c-d) — Trompe longue, mince, très sinueuse, 
couronnée de 30 à 40 petites dents égales (e). Proventricule globuleux, 
à 15-20 rangées de points. — Cirres tentaculaires dorsaux semblables 
aux antennes latérales, les ventraux plus courts. Cirres dorsaux cla- 
viformes, ciliés, de 2 en 2, ou de 3 en 3, ils sont beaucoup plus gros 
et foncés. 2 cirres anaux claviformes (b). Parapodes courts. Soies com- 
posées à petite serpe pectinée et soies dorsales à article en alêne (f, g). — 
Un seul stolon (?). Polybostrichus (125, h) à palpes bifurques, 3 antennes, 
organes nucaux foliacés, 2 paires de cirres tentaculaires. Sacconereis (i) à 
3 antennes, 2 paires de cirres tentaculaires. 

L. 5 mm. — Antenne impaire, grands cirres dorsaux et segments qui 
les portent fortement pigmentés de brun jaunâtre, les autres plus clairs. 

Dragages côtiers? Pêches pélagiques? — Atlantique (Madère); Méditerranée 
(Alger). 



G. PROCERASTEA Langeriuns. 

Corps linéaire. — Prostomium portant 4 yeux. Palpes soudés, indistincts. 

3 antennes. 2 paires de cirres tentaculaires. Une paire de cirres dorsaux au 
1 er sétigère seulement (souche). Pas de cirres ventraux. — Pharynx sinueux 
couronné d'un trépan de dents. Proventricule en bariilet. — 2-3 cirres anaux. 
Soies composées à article en serpe, soies à article en alêne et soies simples, 
bifides. — Stolons pourvus de cirres dorsaux et de soies natatoires, çf Poly- 
bostrichus, Q Sacconereis. 

1 . Antennes renflées en massue. 18 à 22 dents au trépan (fig. 126, d, h). 

• . P. Halleziana, p. 32S 

— Antennes presque cylindriques. 8 dents au trépan (fig. 126, a). . 

P. Perrieri, p. 327 

P. Halleziana Malaquin. Fig. 126, d-h. — Malaquin 1893, p. 81, 
pi. xi, fig. 1-14, vm, fig. 26; Allen 1921, pi. n-xvi. 

Corps long et mince à 50-60 segments. — Prostomium arrondi portant 

4 gros yeux rouges disposés en trapèze. 3 antennes en massue, ciliées, 
subégales, la médiane insérée entre les yeux antérieurs. Palpes soudés, 
peu développés, indistincts (126, d). — Trompe sinueuse en S, formant 
une seule anse, couronnée de 18 à 22 petites dents (h). Proventricule 
ovoïde, à 20 rangées de points.' — Cirres tentaculaires en massue, les 
dorsaux un peu plus longs que les ventraux. Au 1 er sétigère, une paire 
de cirres dorsaux claviformes. Aux segments suivants de la souche, pas 
de cirres dorsaux. Pas de cirres ventraux. Soies composées les unes à 



326 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



courte serpe unidentée, les autres à article en alêne (g). Soies simples 
renflées en massue et bifides. Un seul stolon çf ou 9 • — Polybostrichus 
à 3 régions (e). Palpes bifurques, 2 petites antennes foliacées et une 
grande impaire enroulée en spirale, 2 paires de cirres tentaculaires cylin- 
driques, cirres dorsaux du 1 er sétigère spirales et aussi longs que l'antenne 
médiane. 6 sétigères à soies composées, et à petits cirres dorsaux foliacés, 
ensuite 20 à 26 segments à soies composées et à soies natatoires et à 
petits cirres dorsaux foliacés, puis 10 à 17 sétigères sans soies natatoires 
et 2 cirres anaux ovales. — Sacconereis (f) à 3 régions. 3 antennes co- 
niques, 2 paires de cirres tentaculaires et cirres du 1 er sétigère sembla- 
bles, 5 sétigères à soies composées et à cirres dorsaux en bouton trans- 
parent, ensuite 14 : 15 segments à soies natatoires et à longs cirres dorsaux 
cylindriques, puis 20 à 30 segments à cirres globuleux et sans soies 
natatoires. 3 cirres anaux ovales. — En outre, la reproduction peut se 
faire par fragmentation du corps en tronçons de 3-4 segments régénérant 
une tête et une queue. 

L. environ 25 mm. — Brun clair uniforme ou jaune citron passant à, 
l'orangé dans la région postérieure. Œufs verts, puis jaunâtres. 




Fig. 126. — Procerastea Perrieri : a, région antérieure x50;b, soies simples, bifides x 
800; c, soies composées et soies simples x 800 (d'après Gravier). — Pr. Hallexiana :d 
région antérieure x 20; e, Polybostrichus x 20 (d'après Allen); f, Sacconereis; g, 
soies et acicules, très grossis (d'après Malaquin) ; h, trompe (d'après Ali e\). 



POLTCHETES ERBANTES. — SYLLIDAE 327 

Dans un tube muqueux à l'intérieur de la tunique des grosses Ascidies 
(Ciona), sur les Bryozaires et les Hydraires (Syncorine). 
Manche (Boulogne, Plymouth). 

P. Perrieri Gravier. Fig. 126, a-c. — Gravier, 1900, p. 35-48, pi. i. 

Corps très grêle, 45 à 61 sétigères. — Prostomium conique arrondi, 
portant 4 gros yeux à cristallin disposés en carré, les antérieurs touchant 
presque les postérieurs. 3 antennes longues et massives, peu ou pas 
renflées à l'extrémité, la médiane, plus longue que les latérales, insérée 
en avant des yeux antérieurs. Palpes soudés, indistincts (126, a). — 
Trompe décrivant une circonvolution, couronnée de 8 dents. Proventri- 
cule ovoïde, occupant le 4 e sétigère. — Segment tentaculaire non distinct 
du prostomium, portant 2 paires de cîrres tentaculaires semblables aux 
antennes mais plus courts, le dorsal un peu plus long que le ventral. Au 
1 er sétigère, une paire de cirres -dorsaux semblables, à peine renflés en 
massue. Aux segments suivants de la souche, pas de cirres dorsaux. Pas 
de cirres ventraux. Soies composées à hampe renflée denticulée, à petite 
serpe recourbée, unidentée (c). Soies en alêne à hampe large et dentelée. 
Soies simples renflées en massue bifide, à deux pointes recourbées (b). 
— Un seul stolon c? ou 9 à partir du 14 e sétigère de la souche. Polybos- 
trichus avec cirres dorsaux. . 

L. 8 à 15 mm. — Vert peu foncé sans ornementation spéciale. 

Dragage sur fond de vieilles coquilles. 

Manche (S'-Vaast-la-Hougue. « Petit Nord »). — Atlantique Sud (Iles Falk- 
land). 

Syllidae ' incertae sedis. 

Syllîs maculosa Milne-Edwards 18i5, pi. xv, fig. 1 [Isosyllis maculosa 
Ehlers 186i, p. 252]; paraît être un Syllis auquel M. -Edwards a attribué par 
erreur des soies au segment tentaculaire. 

Claparedia fdigera Quatrefages 1865, p. 50 (Chausey) et Syllis macroceras 
Grube, Me' Intosh 1908, p. 194 (Serk et lie de Wight) paraissent devoir être 
rapportés au genre Odontosyllis ou au genre Eusyllis. La trompe n'est pas 
décrite. 

Microsyllis brevicirrata Claparède 1863, p. 42, pi. su, fig. 2 (S'-Vaast-Ia- 
Hougue) est probablement un Exogone ayant perdu son antenne médiane. 

Cystonereis Edivardsi Kôlliker, C. cirrata Kôlliker, Exogone Œrstedi Kôl- 
liker {Oophylax Œrstedi, O. cirrata Ehlers 186i, p. 252] sont des Exogone 
insuffisamment décrits. Il en est de même de Grubea adspersa Grube de S'- 
Malo. 

Sylline [lava Grube, p. 127 (St-Vaast, St-Malo et RoscofT). Espèce non figurée 
et insuffisamment décrite qui semble appartenir au genre Autolytus. 

Sacconereis cettensis Pagenstecher (Cette), S. SckuUzii Muller (Trieste) 
Stolons Q <X Autolytus inconnus. 



328 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

Heterosyllis brachiata Claparède 1863, p 44, pi. xm, fig. 35. Bien que Clapa- 
rède attribue des cirres ventraux à cette Annélide (il ne les figure qu'au T sé- 
tigère), il s'agit bien probablement d'un Autolytus mal observé, car jamais cette 
espèce n'a été retrouvée à St-Vaast depuis Claparède. 

Chaetosyllis umbrina Grube, de Roscoff, est un stolon d'un Syllis indéter- 
miné. 



F. NEREIDAE 

(Néréidiens Quatrefages. Lycoridiens Grube). 

Corps vermiforme à très nombreux segments. — Prostomium portant 4 yeux. 
2 antennes subulées. 2 palpes ovoïdes terminés par un petit palpostyle en bou- 
ton rétractile. 4 paires de cirres tentaculaires. — Trompe exsertile, à 2 mâ- 
choires cornées et armée, sauf rares exceptions, de denticules cornés (para- 
gnathes) répartis en 8 groupes sur 2 anneaux (oral et maxillaire). 2 caecums 
digestifs insérés sur l'oesophage. Intestin moniliforme. — Parapodes biramés 
(sauf chez Lycastis) à l'exception de ceux des 2 premières paires qui sont uni- 
ramés. Un cirre dorsal et un cirre ventral, 2-3 languettes dorsales, 2 lèvres et une 
languette ventrale. Soies composées homogomphes ou hétérogomphes terminées 
par un article en arête ou en serpe. 2 cirres anaux. — A maturité, sauf rares 
exceptions, un stade pélagique (Heteronereis) ç? ou ç> à région antérieure peu 
modifiée, à région postérieure à grandes lamelles parapodiales et à soies nata- 
toires remplaçant les soies néréidiennes. Dimorphisme sexuel au stade Hetero- 



Remarques. La famille des Néréidiens est une des plus homogènes parmi 
les Polychètes. A parties Dendronereis, à branchies dendritiques, les Lycastis, 
à pieds uniramés, et les genres un peu aberrants Ceratocephale et Micronereis, 
toutes les espèces sont construites sur un plan tellement uniforme qu'elles pour- 
raient facilement rentrer dans l'ancien genre unique Nereis dont les genres et 
sous-genres actuels ne sont que des coupures plus ou moins heureuses, basées 
sur des caractères peu importants. 

Les diagnoses anciennes sont basées principalement sur la taille relative des 
antennes, des palpes, des cirres tentaculaires, la forme et les dimensions du 
prostomium et des lobes des parapodes. A moins de différences très impor- 
tantes et constantes, la valeur de la plupart de ces caractères est à peu près 
nulle. Les dimensions respectives et les proportions de ces organes varient en 
effet d'une façon très étendue suivant l'âge, la taille et le mode de conservation 
des animaux. Ils sont très contractiles et les cirres tentaculaires sont souvent 
cassés et régénérés. Suivant que la trompe est invaginée ou extroversée, la 
tête, ses appendices et les premiers segments varient notablement d'aspect. La 
forme des parapodes fournit de meilleurs caractères, mais il ne faut pas perdre 
de vue que ces organes varient suivant la région considérée et changent de 
forme au moment de la reproduction. Il ne faut donc comparer que des para- 



POLYCHÈTES ERRANTES. — Ï4EIIEIDAE 



329 



podes de même rang, appartenant à des animaux à peu près au même état de 
développement. 

Sauf chez les Micronereis, le segment buccal est toujours apode et achète ; en 
outre, les parapodes des deux premiers sétigères, bien que pourvus d'un cirre 
dorsal et d'un cirre ventral, ne possèdent qu'un acicule et un seul faisceau, 
sétigère (fig. 127, c). Typiquement, le parapode des Néréidiens (d) est formé 
d'une rame dorsale et d'une rame ventrale. La première comprend : 1° un cirre 
dorsal; 2° 2 languettes entre lesquelles sort un faisceau de soies soutenu par 




Fig. 127. — Xereisx a. b, tête et trompe e.xtroversée, face dorsale et face ventrale. Les 
chiflres romains indiquent l'ordre des groupes de paragnathes ; c, 1" parapode séti- 
gère, uniramé, de Nereis rava;i t un parapode moyen; e, soie en arête homogomphe; 
I, soie en arête hétérogomphe ; g, soie à longue serpe hétérogomphe des premiers séti- 
gères; h, soie à serpe hétérogomphe; i, soie dorsale à serpe homogomphe; k, soie 
natatoire d'IIeteronereis. 



un acicule. Entre ces deux languettes, peut se développer, plus ou moins, un 
mamelon ou lèvre conique susceptible de former comme une troisième lan- 
guette. Ce caractère n'a de valeur que s'il est très marqué et constant aussi 
bien chez les jeunes que chez les adultes. 

La rame ventrale comprend : 1° un mamelon sétigère soutenu par un acicule 
et divisé en 2 lèvres, une antérieure et une postérieure, entre lesquelles sortent 
les soies réparties en 2 faisceaux (supérieur et inférieur); 2" une languette 
ventrale; 3° un cirre ventral. 

Les soies sont rarement caractéristiques. Souvent, dans un même genre, ou 



330 FAUNE DE FRANCE. POLYCHÈTES ERRANTES 

chez des espèces voisines elles ne présentent que des différences insignifian- 
tes. Elles sont composées d'une hampe striée transversalement et d'un article 
terminal en longue arête ou en courte serpe (fig. 127, e-f.) Lorsque les deux 
côtés de l'articulation de la hampe sont de mêmelongueur, la soie est dite homo- 
gomphe (e), dans le cas contraire, elle est dite hétérogomphe (g). Typiquement 
les soies sont ainsi réparties. 

Rame dorsale , . . . . Arêtes homogomphes. 

„„. „ , . ( Arêtes homogomphes. 

Faisceau supérieur. < „ , ... , 

( Serpes heterogomphes. 



Rame ventrale. 



Faisceau inférieur. \ f étes Wtérogomphes. 
( Serpes heterogomphes. 



Ce type peut être modifié ; 1» par l'apparition à la rame dorsale, plus rare- 
ment à la rame ventrale, de grosses serpes homogomphes (127, i), avec dispa- 
rition plus ou moins complète des soies en arête ; 2° par l'absence d'arêtes hete- 
rogomphes au faisceau ventral inférieur, ou par leur remplacement par des 
arêtes homogomphes. 

Les meilleurs caractères génériques et spécifiques sont ceux tirés de la forme 
et de la répartition des paragnathes ou denticules cornés de la trompe dévagi- 
née. C'est sur ces caractères, sur lesquels Kinberg a attiré l'attention, que sont 
fondées les classifications actuelles. 

Kinberg distingue dans la trompe extroversée 2 parties (127, a, b) : 1° un 
anneau basai ou oral, 2° un anneau terminal ou maxillaire, à l'extrémité anté- 
rieure. Chacun de ces anneaux est divisé en 6 aires désignées par des chiffres 
romains. Le groupe I occupe le milieu de la face dorsale de l'anneau maxillaire.; 
les groupes II les côtés; le groupe III, le milieu de la face inférieure; les 
groupes IV, les côtés de la même face ; le groupe V le milieu de la face dor- 
sale de l'anneau oral; les groupes VI les côtés; le groupe VII le milieu de la 
face ventrale et les groupes VIII les côtés de cette face. 

Les denticules ou paragnathes, peuvent être coniques, élargis en lame cou- 
pante, ou pectines. Dans certains genre exotiques, ils peuvent être remplacés 
par des papilles molles ou calleuses. 

Malgré l'importance des caractères tirés des paragnathes, il ne faut cepen- 
dant pas leur attribuer une valeur trop absolue, car certaines espèces présen- 
tent des variations individuelles assez étendues. Un groupe qui manque nor- 
malement peut même exister exceptionnellement et vice-versa. 

La plupart des Néréidiens subissent, au moment de la reproduction, une 
sorte de métamorphose désignée sous le nom de phase épitoque ou Hetero- 
nereis. 

Les yeux grossissent parfois énormément. Les cirres dorsaux des premiers 
sétigères (1 à 7 en général] se renflent en massue, surtout chez les mâles, et 
les premiers cirres ventraux s'épaississent également. Les produits génitaux 
se massent dans la région antérieure du corps, tandis que les segments des 
régions moyenne et postérieure se tassent en accordéon, de sorte que l'animal 
se raccourcit notablement. Les parapodes de cette région se modifient profon- 
dément. Des lamelles foliacées se développent sur les lobes pédieux (fig. 129, 
m), les soies tombent et sont remplacées par de longues soies natatoires à 
article en palette (fig. 127, k). Souvent, chez les mâles, les cirres dorsaux sont 



POLYCHÈTES ERRANTES. — NEREIDAE 331 

comme crénelés à leur bord inférieur et le pygidium se garnit de longues 
papilles (fig. 137, h, i, k). Quand la maturité est complète les Heteronereis 
viennent nager en essaims à la surface de la mer pendant la nuit et elles péris- 
sent après l'émission des produits sexuels. 

La transformation en Heteronereis s'accompagne de phénomènes d'histolyse 
de certains muscles et du tube digestif. L'époque de la transformation est 
variable suivant les espèces. 

Tableau des genres. 

1. Pas de paragnathes (fig. 129, a) 2 

— Des paragnathes cornés (fig. 129, f) 4 

2. Pieds uniramés (fig. 128, k) G. Lycastis, p. 331 

— Pieds biramés (fig. 129, b) 3 

3. Segment buccal avec pieds et soies (fig. 128, a) 

G. Micronereis, p. 332 

— Segment buccal apode et achète (fig. 129, a). G. Leptonereis, p. 333 

4. Paragnathes cornés, séparés, coniques (fig. 129, f). G: Nereis,p.335 

— Paragnathes cornés, coniques et transversaux, séparés (fig. 137, 
b) G. Perinereis, p. 352 

— Paragnathes cornés, très petits, très serrés, rangés en lignes 
pectinées (fig. 141, b) G. Platynereis, p. 358 

G. LYCASTIS Savigny. 

Corps tronqué en avant, atténué en arrière. — 2 antennes. 2 palpes ovoïdes. 
4 yeux. — Trompe sans paragnathes. 2 grosses mâchoires cornées. — 4 paires 
de cirres tentaculaires. Parapodes uniramés à rame ventrale incomplète 
dépourvue de languette inférieure. 2 faisceaux de soies composées les unes en 
arête, les autres en serpe. Des cirres dorsaux et des cirres ventraux. — Pas de 
forme épitoque. 

L. brevicornis Audouin et M. -Edwards. Fig, 128, g-1. — Audouin et 
M. -Edwards 183k, p. 201, pi. iv b, fig. 6-12; Quatrefages 1865, I, 
p. 499; Saint-Joseph 1001, p. 221. 

Corps grêle, cylindrique, effilé postérieurement; environ 140 sétîgères. 
— Prostomium presque hexagonal. 4 petits yeux. Antennes très petites, 
coniques, très écartées. 2 gros palpes ovoïdes, divergents, à petit palpo- 
style. Cirres tentaculaires excessivement courts (128, g). — 2 mâchoires 
cornées à 8 dents (h). Pas trace de paragnathes. — Segment buccal plus 
court que les suivants. Parapodes peu saillants. Dans la partie antérieure 
du corps, cirres dorsaux très courts, épais et massifs (i). Dans le dernier 
tiers, les cirres dorsaux très allongés, élargis et vasculaires se recouvrent 
comme chez les Phyllodociens. Cirres ventraux coniques, très petits. 
Mamelon sétigère en cône tronqué avec 2 acicules et 2 faisceaux de soies, 



332 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERBANTES 



le supérieur à 2-3 soies en arête homogomphe, l'inférieur à soies sem- 
blables et à nombreuses soies en serpe hétérogomphe (1). 

L. 12 à 20 cm. — Coloration dans l'alcool, grisâtre, avec des reflets 
peu vifs. 

A la côte (?). — La Rochelle, Noirmoutier. 

Nota. Cette espèce, la seule du genre existant en Europe, n'a jamais été 
retrouvée sur nos côtes depuis Milne-Edwards. 

G. MICRONEREIS Claparède. 



Corps de très petite taille. — Pas d'antennes. Pas de palpes. \ yeux. — 
Trompe sans paragnathes. 2 mâchoires cornées. — 4 paires de cirres tentacu- 
laires. Pas de segment achète. Parapodes biramés, sauf les 2 premiers. Des 
cirres dorsaux et des cirres ventraux. Soies toutes semblables, homogomphes, 
— Dimorphisme sexuel. 

M. variegata Claparède. Fig. 128, a, f. — Claparède 1863, p. 57, pi. xi, 
fig. 5-7; Saint-Joseph 4888, p. 268; Racovitza 1893, p. 1390. 




Fig. 128. — Micronereis variegata : a, région antérieure, grossie; h, mâchoires du cf 
X 150; c, mâchoire de la Ç x 150; d, un parapode; e, crochets du 3" sétigère du c? 
X 150 ; f, soie en arête homogomphe x 400. — Lycastis brevipalpa : g, région anté- 
rieure; h, mâchoire; i, k, parapodes; 1, soie à serpe hétérogomphe (d'après Audouln 
et M.-Edwards). 



POLYCHÈTES ERKANTES. — NEREIDAE 333 

Corps court, atténué en arrière, ç? 17-18 sétigères, 9 21. — Prosto- 
mium arrondi en avant, très faiblement bilobé. 4 gros yeux disposés en 
trapèze, les antérieurs plus écartés. 4 paires de cirres tentaculaires fusi- 
formes (128, a). Les 2 premières paires insérées en avant sous les côtés du 
prostomium (Racovitza les considère comme des antennes). Les 2 posté- 
rieures un peu plus longues. — 2 mâchoires cornées, jaunâtres, à 4-5 
dents chez la Ç (c). Chez le c?, elles se terminent en avant par une longue 
pièce bifurquée (b). Les deux premières paires de parapodes sont uni- 
ramées, avec un seul cirre et 1 faisceau de soies. Le premier pied semble 
porté par le segment buccal. Les suivants ont deux rames divergentes, 
très écartées, formées d'un gros mamelon sétigère renflé (d). Un cirre 
dorsal et un cirre ventral subulés. Un faisceau de soies dorsal et 2 faisceaux 
ventraux. Soies toutes en arête homogomphe (f). Chez le c?> une paire de 
crochets copulateurs sur la rame ventrale du 3° parapode (e). — 2'cirres 
anaux. 

L. tf 2 mm. ; 9 3 à 4 mm. — Corps rouge pourpre foncé, cirres ten- 
taculaires teintés de jaune. 

A la côte, parmi les Algues et les Lithothamnion. 

Manche (S'-Vaast, Cherbourg, Plymouth, Guernesey, Dinard, RoscofF). 
Atlantique (Glénans, Côtes du Morbihan). Méditerranée (Banyuls, Port-Ven- 
•dres). 

G. LEPTONEREIS Kinberg. 
[Incl. Nîcon et Nicomedes Kinberg.) 

Corps allongé. 2 antennes. 2 palpes ovoïdes. 4 yeux. — Trompe sans para- 
gnathes, avec quelques papilles molles, 2 mâchoires cornées. — 4 paires de 
cirres - tentaculaires. Segment buccal achète et apode. 2 premières paires de 
parapodes uniramées, les suivantes biramées. Des cirres dorsaux et des cirres 
ventraux. Soies composées en arête et en serpe. — Phase épitoque Heteronereis, 
à 3 régions chez le cf. 

L. glauca Clafarede. Fig. 129, a-d. — Claparède 1870, p. 90, pi. vu, 
fig. 3 ; Faxivel 191k, p. 163, pi. xn, lig. 5-23. L. Vaillanti Saint-Joseph 
1881, p. 246, pi. x, fig. 113-123. — Nereis (Leonnates) pusillus Lan- 
gerhans 1819, p. 279, pi. xiv, fig. 10; Augener 1910, p. 236. 

Corps épais, graduellement atténué en arrière. 50 à 65 sétigères. — 
Prostomium arrondi en avant, saillant. 2 antennes subulées. Palpes 
ovoïdes, massifs. 4 gros yeux en trapèze. Cirres tentaculaires reportés en 
avant, courts, les plus longs atteignant du 4 e au 6 8 sétigère (129, a). — 
Trompe sans paragnathes, avec quelques très petites papilles molles à 
l'anneau oral, peu ou pas visibles sur les spécimens dans l'alcool. 2 mâ- 
choires arquées, à 10-12 dents. Segment buccal de même longueur que 
les suivants. — Parapodes à rames profondément et largement séparées 
.(b, c). A la rame dorsale, 2 languettes coniques subégales et un cirre égal 



334 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



ou plus long; à la rame ventrale, 2 lèvres, une arrondie et une conique plus 
longue, une languette conique de même longueur et un cirre ventral cylin- 
drique. Soies dorsales en arête homogomphe. Faisceau supérieur ventral ; 
arêtes homogomphes et serpes hétérogomphes ; faisceau inférieur ventral : 
arêtes hétérogomphes et serpes hétérogomphes (d). — 2 cirres anaux. — 
Heteronereis ç? à 3 régions : 1° à soies néréidiennes, cirres dorsaux 
2 à 4 foliacés ; 2° du 16 e au 45 e sétigère, des lobes foliacés et des soies 
natatoires; 3° une dizaine de segments non modifiés avec soies néréi- 
diennes et, en plus, 1-3 grosses soies simples, à la rame inférieure. — 
Heteronereis 9 a yeux coalescents, à soies natatoires à partir du 16 9 
sétigère. 

L. 15 à 30 mm. — Corps rosé ou yerdâtre, tacheté de fins points 
foncés. 3 glandes grises sur les parapodes. çf, l re région rose jaunâtre, 
2 e rouge, 3 e . blanchâtre ou incolore. 9 rose orangé. 

Dragages côtiers et à mer basse dans les Algues, parmi les Ascidies et les 
Eponges. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 




Fig. 129. — Leptonereis glauca : a, tête et trompe, grossie ; b, 11 e pied x 90; c, 25„ 
pied x 90; -d, serpe hétérogomphe x 500. — Nereis falsa : e, tète, grossie; f, g, 
trompe, face dorsale et face ventrale; h, serpe hétérogomphe x 350; i, serpe homo-> 
gomphe dorsale X 350; k, parapode moyen x 30; 1, parapode postérieur x 30; m r 
parapode épitoque c? x 20. 



POIACHETES ERRANTES. — NEREIDAE 335- 



G. NEREIS Cuvier. 
(Incl. Neanthes et Alitta Kikbebg). 

Corps vermiforme à nombreux segments. — 2 antennes. 2 palpes ovoïdes, 
4 yeux. — Trompe à paragnathes cornés, coniques, disposés en groupes dis- 
tincts. 2 mâchoires cornées, dentelées. — 4 paires de cirres tentaculaires. Seg- 
ment buccal achète et apode: Parapodes biramés, sauf ceux des 2 premières 
paires. Cirres dorsaux et ventraux cylindriques. Soies composées en arête et 
en serpe. — Généralement une phase épitoque Heteronereis. 

1. Tous les groupes de paragnathes au complet (fig. 135 f, g). . . 
' (S.-G. Neanthes) 2 

— Un ou plusieurs groupes de paragnathes manquent (fig. 130,. a). 4 

2. Les groupes de l'anneau oral sont fusillés en une ceinture 
continue (fig. 135, a, b) . N. caudata, p. 347 

— Les groupes V et.VI restent séparés (fig. 135, f, g) 3 

3. Parapodes postérieurs, à. languette supérieure beaucoup plus 
grande qu'aux antérieurs. Serpes homogomphes dorsales(fig. 135, 
k) N. succinea, p. 346 

— Une grande languette supérieure foliacée à tous les parapodes. 
Pasde serpes homogomphes dorsales {fig. 134, i). N. virens, p. 347 

4. Le groupe Y, ou les groupes V et I manquent (fig. 130, a) 
(S.-G. Nereis s. str.) 5 

— Les groupes V, VI, VII et VIII manquent (fig. 136, a b). . . 
(S.-G. Ceratonereis) 11 

— Tous les groupes manquent, sauf VI (fig. 138, a) (S.-G. Eunereis) 
• . . . N. longissima, p. 351 

5. Une grosse soie homogomphe à dent émoussée au faisceau supé- 
rieur ventral des pieds postérieurs. Rames dorsales des pieds 
antérieurs à 3 languettes (fig. 133, e, d). N. diversicolor, p. 344 

— Grosses serpes homogomphes à la rame dorsale des pieds pos- 
térieurs. Rames dorsales antérieures à 2 languettes (fig. 130, 

k, I) 6 

— Pas de grosses serpes homogomphes 8 

6. VI = une courte rangée. V1I-V1II = 1 seul rang de gros para- 
gnathes (fig. 131, f, g) N. rava, p. 339 

— VI = amas ovale de petits denticules. VII-VIII = 1 raDg de 
gros et une large bande de nombreux petit denticules (fig. 130, 
g, h) N. zonata, p. 338 

— VI = 4-5 gros en carré ou en croix. VI1-V1H = une large bande 
de plusieurs rangées de denticules diminuant de taille progres- 
sivement (fig. 130, a, b) 7 

7. Serpes dorsales homogomphes en courte dent émoussée 
(fig. 130, e) N. pelagica, p. 336 



336 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

— Serpes dorsales homogomphes à article allongé, dentelé, à bec 
relié au tranchant par un ligament (fig. 129, i). N. falsa, p. 337 

8. VI = 1 seul gros denticule. VII- VIII = 1 seul rang (fig. 133, h, i) 
N. kerguelensis, p. 342 

— VI = amas de petits denticules. VII-VIII = plusieurs rangs 
(fig. 132, a b) 9 

9. 3 languettes dorsales aux pieds antérieurs (fig. 132 c). . . . 
N. irrorata, p. 340 

— 2 languettes dorsales aux pieds antérieurs (fig. 131, c). . 10 

10. VI = 2 rangées. Languette dorsale non renflée en lobe foliacé 
(fig. 131, a, d) N. flavipes, p. 341 

— VI = amas irrégulier. Languette dorsale renflée en lobe foliacé 
(fig. 134, d) N. fucata, p. 344 

11. 3 languettes dorsales aux pieds antérieurs (fig. 136 d). . . . 
N. Costae, p. 349 

— 2 languettes dorsales aux pieds antérieurs (fig. 136, i). . . . 
N. hircinicola, p. 350 

N. pelagica L. Fig. 130, a-f. — Fauvel 1914, p. 174, pi. xiv, fig. 18-28. 
N. margaritacea Audouin et M.-Edwards 183k, p. 195. N. Reynaudi 
Quatrefages 1865, 1, p. 519. N. viridis part. Quatrefages 1865, 1, p. 539. 

— Forme épitoque : Heteronereis arctica Œrsted 1843, p. 179. H. assi- 
milis Œrsted 1843, p. 180. H. grandifolia Rathke-Malmgren pro parte 
1865, p. 108. 

Corps épais, cylindrique, très lisse, peu atténué postérieurement. 80 à 
100 sétigères. — Antennes ordinairement plus courtes que les palpo- 
phores. Palpes allongés, subcylindriques. Cirres tentaculaires de taille 
médiocre et de longueur peu différente. 4 yeux noirs. — Mâchoires à 
5-7 dents. Paragnathes de la trompe : Groupe 1 = 2 situés l'un derrière 
l'autre; II = 2 ou 3 rangs; III = un petit groupe transversal; IV = 
amas arqués; V = 0; VI = de chaque côté, 4-5 gros paragnathes groupés 
en carré ou en croix; VII-VIII disposés en ceinture formée de 1 à 2 ran- 
gées irrégulières de paragnathes arrondis, assez gros, suivies de plu- 
sieurs rangées de plus fins diminuant de taille d'avant en arrière (130 a, b). 

— Parapodes : rame dorsale à 2 languettes subégales et grand cirre 
dorsal ; rame ventrale à mamelon sétigère conique, un peu plus court que la 
languette ventrale, à cirre un peu plus long. Languettes de la rame dorsale 
arrondies (ovales-arrondies à l'extrémité chez les jeunes) dans la partie 
antérieure du corps, sub-coniques (cbniques-acuminées chez les jeunes), 
dans la région postérieure [c r d). Cirres dorsaux insérés 1 près de la pointe 
de la languette dorsale, deux fois plus longs que cette languette dans 
la région antérieure, 3 à 4 fois plus longs dans la région postérieure. 
Cirres ventraux souvent plus longs que la languette inférieure, surtout 
dans la région postérieure. Soies ainsi réparties : 



POLYCHÈTES ERRANTES. — NEREIDAE 337 

Rame dorsale Arêtes homogomphes. 

f _, . , . f Arêtes homogomphes. 

Faisceau supeneur. g h J 

Rame ventrale. Arétes hétér0 hes . 

/ Faisceau inférieur. \ .... r , ,.», 

\ ( Serpes heterogomphes (f). 

Dans la région postérieure, apparaissent à la rame dorsale de grosses 
serpes homogomphes (e). 

Heteronereis tf : cirres dorsaux 1-7 renflés en massue, ventraux 5-6 
modifiés. Lamelles et soies natatoires à partir du 17 e sétigère. Cirres 
dorsaux crénelés. — H. Ç : cirres peu ou pas modifiés, non crénelés, la- 
melles et soies natatoires à partir du 18°-20 e sétigère. Pygidium sans pa- 
pilles. . 

L. 6 à 12 cm. — Coloration cuivrée, rougeàtre, jaunâtre ou bronzée 
plus ou moins olivâtre à reflets métalliques. Dans l'alcool, rougeàtre ou 
brunâtre irisée. 

A mer basse parmi les Algues, dans les crampons de Laminaires et dans 
les paquets de Moules. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. — Mers arctiques, Pacifique 
sud. 

N. falsa Qcatrefages. Fig. 129, e-m. — Quathefages 1865, i, p. 505; 
Fauvel 1910, p. 81, pi. v, fig. 1-11. AT. parallelogramma Claparède 
1868, p. 167, pi. ix, fig. 7, x, fig. 2; 1870, p. 84, pi. n, fig. 7, vu, fig. 2. 
N. perivisceralis Claparède 1868, p. 161, pi. xir, fig. 1. N. splendida 
Ehlers [non Grube?) 1913, p. 496. — Lycoris pulsatoria Rathke [non 
Audouiu et M. -Edwards). — Forme épitoque : Nereis lucipeta Ehlers 
1908, p. G9, pi. vin, fig. 7-13. 

Corps grêle, effilé, 70 à 90 sétigères. — Prostomium allongé. 4 yeux en 
carré. Antennes de la longueur des palpophores. Palpes gros et ovoïdes. 
Segment buccal plus long que le suivant. Cirres tentaculaires postérieurs 
atteignant du 3 e au 7 6 -8 8 sétigère. — Mâchoires à 7-9 dents. Paragnathes : 
1=2, rarement 3, ou chez les jeunes ; II = amas arqués j III = amas' 
rectangulaire; IV=amas arqués; V = 0; VI = de chaque côté, 4-5 gros 
paragnathes massés en croix; VII-VII1 = 2 à 3. rangées irrégulières 
d'assez gros denticules subégaux (129, e, f, g). — Parapodes : rame dor- 
sale à 2 languettes coniques, égales, divergentes, la supérieure légère- 
ment bossue en arrière de l'insertion du cirre qui est 2 fois plus long 
qu'elle. A la rame ventrale, 2 lèvres épaisses, une conique et une arrondie, 
plus courte; une languette ventrale un peu plus longue et un cirre ventral 
bien plus court. Les pieds postérieurs diffèrent peu des antérieurs (k, I). 
Acicules noirs. Soies dorsales en arête homogomphe ; ventrales uupérieures 
en arête homogomphe et en serpe hétérogomphe ; ventrales inférieures en 
arête hétérogomphe et en serpe hétérogomphe. Serpes courtes, à bec re- 



338 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



courbé, relié au tranchant (h). En outre, aux pieds postérieurs, une grosse 
serpe homogomphe, à la rame dorsale (i). — Heteronerels çj* à cirres 
dorsaux 1-7 renflés; lamelles, soies natatoires et cirres crénelés à partir 
du 20 e sétigère (m). — //. Q, mutation des pieds au 28 e . 

Z. 30 à 60 mm. — Vert bronzé avec des bandes brunes transversales 
dans la région antérieure. 

Au voisinage de la côte (à Monaco sur des chaînes de bouées). Heteronerels 
pélagiques. 

Manche (Guernesey?); Atlantique (Maroc); Méditerranée (Naples, Monaco); 
Adriatique. 




Fig. 130. — Nereis pelagica : a, b, tête et trompe, grossies; c, 10° pied x 25; d, 45» pied 
x 25; 'e, serpe homogomphe dorsale X 350; f, serpe hètérogomphe ventrale x 350. 
— N. zonata : g, h, tête et trompe, grossies ; i, 15 e pied x 30; k, 42" pied x 30 j 1, serpe 
homogomphe dorsale X 350; m, serpe hètérogomphe ventrale X 350; n, arête hèté- 
rogomphe ventrale inférieure x 200. 



H. zonata Malmgren. Fig. 130, g-n. — Malmgren 1867, p. 164, 
pi. .vi, fig. 34,; Fauvel 191k, p. 177, pi. xiv, fig. 1-17. N. arctica Mi- 
chaelsen 1897, p. 18 et 102. N. procera Ehlers 1868, p. 557, pi. xxm, 
fig. 2. N, cylindrata Ehlers 1868, p. 506, pi. xxi, fig. 37-40. N r pul- 
satoria Audouin et M. -Edwards 1834, p. 194. — Forme épitoque : 



POLYCHÈTES ERRANTES. — NEREIDAE 339 

lleleronereis grandifolia Malmgren [non Rathke) 1865, p. 108, pi. xi, 
fig. 16. //. glaucopis Malmgren 1865, p. 181. 

Corps mince, cylindrique ou un peu aplati, effilé postérieurement, 80 à 
100 sétigères. — Antennes ordinairement de la longueur des palpes ou 
au moins plus longues que les palpophores. Palpes ovoïdes relativement 
courts. Cirres tentaculaires de taille médiocre ne dépassant guère la lar- 
geur du corps. 4 yeux noirs. — Mâchoires à 6-7 dents. Paragnathes de 
la trompe : Groupe I = ou 1 ; Il = 2 ou 3 rangs ; III = un petit groupe 
transversal ; I V = amas arqués ; V == ; VI = de chaque côté, 6-10 para- 
gnathes petits, disposés irrégulièrement sur une aire ovale ou rectangu- 
laire; VII-VIII ==un rang de paragnathes très coniques, assez gros, peu 
nombreux (7-9) espacés sur une ligne transversale régulière précédant une 
ceinture assez large de paragnathes beaucoup plus fins et très nombreux 
(g, h). — Parapodes : rame dorsale à 2 languettes subégales, triangulaires 
ou coniques acuminées surmontées d'un grand cirre dorsal; rame ventrale 
à mamelon sétigère conique plus court que la languette ventrale. Cirre 
ventral de la longueur de la languette inférieure ou un peu plus court. Les 
cirres dorsaux, insérés au milieu de la languette dorsale, sont une fois et 
demie plus longs qu'elle dans la région antérieure, 2 fois, ou rarement 
3 fois plus longs dans la région postérieure ik, i). Soies réparties comme 
chez N. pelagica. Serpes homogomphes ventrales peu courbées et assez 
allongées im). Vers le 25 e -30 e sétigère, une ou plusieurs grosses serpes ho- 
mogomphes à la rame dorsale (1). 

Heteronereis ç$ : cirres dorsaux 1-7 renflés en massue, ventraux 1-5 
modifiés. A partir du 15" sétigère, cirres dorsaux crénelés, lamelles et 
soies natatoires. — H. Ç '• cirres dorsaux peu ou pas modifiés, non créne- 
lés, lamelles et soies natatoires à partir du 17" sétigère. 

L. 3 à 8 cm.. — Dans les mers froides, rayée transversalement de blanc 
jaunâtre et de rouge pourpre. Sur nos côtes, coloration uniforme fauve, 
rosée ou jaune très pâle, rarement rayée transversalement (forme procera). 

Dragages côtiers, dans les coquilles rongées et les pierres couvertes de Ser- 
pules ramenées par la drague. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique, — Mers arcti- 
ques, golfe Persique, Pacifique. 

N. rava Ehlers. Fig. 131, e-1. — Ehlers 1868, p r 517, pi. xxi, fig< 10- 
25; Fauvel 101k, p. 169, pi. xm, fig. 1-8; 1016, p. 77, pi. v, fig/ 19. 

Corps grêle, de largeur assez uniforme. 78 segments. — Prostomium 
aussi long que large. Antennes de la longueur des palpes ou les dépassant 
légèrement. 4 yeux noirs, en trapèze. Cirres tentaculaires de longueur 
variable, les plus grands atteignant' en arrière du 5 e au 12 e sétigère, le 
plus souvent, jusqu'au 8 e ou 10° (131, e). — Mâchoires jaunes, minces à 
8-9 dents. Paragnathes : I = ou rarement 1 ; 11 = amas arqués à 2-3 
rangs; III = amas transversal; IV = amas arqués; V = 0; VI = de chaque 



340 



FAUNE DE FRANCE., — POLYCHETES ERRANTES 




Fio. 131. — W. flavipes : a, b, trompe, face dorsaleet face ventrale, x 10; c, 11° pied X 
45; d, 60" pied x 45 (d'après Ehlers). — JV. rava : e, région antérieure x 12; f, g, 
trompe X 12 (d'après Ehlers); h, serpe homogomphe dorsale x 350; i, serpe hété- 
rogomphe X 350; k, 25 e pied X 60; 1, parapode épitoque cf x 45. 



côté, une rangée de 2 à 6; VII-VIII = une seule rangée de 5 à 10 (f, g). — 
Parapodes : rame dorsale à 2 languettes coniques, pointues, brun rouille 
surmontées d'un cirre dorsal assez long ; à la rame ventrale, un gros ma- 
melon sétigère obtus surmonte la lapguette inférieure, plus longue dans 
les pieds antérieurs, plus courte dans les postérieurs. Cirre ventral court 
(k). Soies réparties comme chez N. pelagica. Aux pieds postérieurs, 1-2 
grosses serpes homogomphes (h). — Heteronereis <$ : cirres dorsaux 1-7 et 
ventraux 1-5 modifiés. Lamelles et soies natatoires à partir du 15 e séti- 
gère. Cirres crénelés (1). Pygidium à papilles. H. Ç : cirres non crénelés, 
lamelles et soies natatoires à partir du 18 e sétigère. Pygidium sans pa- 
pilles. 

L. 10 à 30 mm. — Brun jaunâtre avec bandes transversales plus foncées 
dans la région antérieure. Face ventrale blanchâtre. 

Dragages. Heteronereis pélagiques. — Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 

N. irrorata (Malmgren). Fig. 132. — Fauvel 191k, p. 170, pi. xm, 
fig. 9-28. N. rubicunda Ehlers 1868, p. 529. pi. xxi, fig. 5-9. N. nubila 



POLYCHÈTES ERRANTES. — NEREIDAE 341 

Quatrefages 1865, i, p. 513. — Praxithea irrorata Malmgren 1861, 
p. 167, pi. v, fig. 24. — Forme épitoque : Heteronereis Schmardaei Qua- 
trefages 1865, I, p. 569, pi. vu, fig. 11. 

Corps renflé antérieurement, puis aplati et très effilé. 130 à 140 séti- 
gères. — Prostomium tronqué en avant. 4 yeux de taille moyenne, en 
trapèze peu ouvert. Antennes de la longueur du prostomium. Palpes de 
même longueur, épais, cylindriques. Cirres tentaculaires postérieurs 
atteignant le 15° sétigère. — Mâchoires brunes, foncées à l'extrémité, 
arquées, à 5-10 dents. Paragnathes: 1 = 0; II; 1 rang oblique; III = amas 
transversal à 2-4 rangs; IV = amas arqués; V=0; VI =2 amas rectangu- 
laires; VII- VIII = 1 rang de 7-8 gros denticules et 1 rang de fins plus 
nombreux (132, a, b). — Parapodes (c, d, e) : du 5 e au 20 e -25" sétigère, 

3 languettes dorsales subégales épaisses, obtuses et un cirre dorsal un peu 
plus long; à la rame ventrale, 2 lèvres épaisses entre lesquelles sortent 
les soies et une languette obtuse de même longueur, un cirre ventral subulé ; 
au delà du 25" sétigère, les 2 languettes dorsales s'allongent et la 3° dis- 
paraît, les deux rames s'écartent en divergeant et la ventrale est beaucoup 
plus courte que la dorsale dont le cirre s'allonge beaucoup. Soies dorsales 
«n arête homogomphe; ventrales, au faisceau supérieur, arêtes homo- 
gomphes et serpes hétérogomphes, au faisceau inférieur, arêtes hétéro- 
gomphes (f, g), et serpes hétérogomphes. Les serpes des pieds antérieurs 
ont un article très allongé, les autres ont le bec recourbé, relié au tran- 
chant par un filament (h). — 2 longs cirres anaux. — Heteronereis rf à cirres 
dorsaux antérieurs renflés en massue, les autres ne sont pas crénelés (k). 
Pygidium à papilles. — #• Ç à lamelles et soies natatoires vers le 34° séti- 
gère (i). Pygidium sans papilles. 

L. jusqu'à 20 et 30 cm. — Rouge brique piqueté de blanc et de gris, 
des glandes blanches et brunes dans les parapodes. Heteronereis r$ d'un 
blanc laiteux dans la région antérieure, rouge vif dans la 2* partie. //. Q 
gris bleuâtre dans la région antérieure, rougeâtre dans la suivante. 

Dans des tubes membraneux enfoncés dans la vase à Zostères. Heteronereis 
pélagiques en septembre-octobre, dans la Manche. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. — Mers arcti- 
ques. 

Nota. La var. rubicunda de la Méditerranée ne se distingue que par sa 
taille plus petite (20 à30 mm.) et ses paragnathes moins nombreux aux groupes 
III, VI, VII et VIII. 

N. flavipes Ehlers. Fig. 131, a-d. — Ehlers 1868, p. 549, pi. xxi, 
fig. 26-30. 

Corps grêle. 70-90 segments. — Prostomium plus long que large. Anten- 
nes de la longueur dd prostomium. Palpes un peu plus courts, épais. 

4 yeux très écartés. Cirres tentaculaires grêles, les plus longs atteignant le 
5* sétigère. Segment buccal 2 fois plus long que le suivant. — Mâchoires 



342 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 132. — Nereis. irrorala : a, région antérieure ; b, trompe, grossie; c, 20 e pied X 
20; d, 40" pied X 20; e, parapode postérieur X 20; f, g, arête hétérogomphe ven- 
■ traie, de face et de trois quarts x 350; h, serpe hétérogomphe x 350; i, Heteronereis 
Q, grandeur naturelle; k, parapode moyen épitoque çf x 12. 



grêles, à 11 dents. Paragnathes (131, a, b) : I = 2, l'un derrière l'autre; 
II = 2 rangs ; III = ; IV = 2 rangs; V = ; VI = de chaque côté. 2 
courtes rangées irrégulières; V1I-VIII = un rang de 6 gros denticules et 
une bande de nombreux plus petits. — Parapodes (c, d) : rame dorsale à 
2 languettes pointues subégales et à long cirre dorsal filiforme, rame ven- 
trale à 2 lèvres entre lesquelles sortent les soies et une languette à peu près 
aussi longue que les lèvres mais plus courte que les-languettes dorsales. 
Cirre ventral un peu plus long que la languette. Dans la région posté- 
rieure, le cirre dorsal est beaucoup plus long que le. pied. 2 longs cirres 
anaux. Soies en arête et soies en serpe. 

L. 26 à 40 mill. — Gris jaunâtre, dans l'alcool. Des glandes brun-jau- 
nâtre, dans les parapodes. 

Adriatique (Quarnero). 

Nota. Cette espèce paraît voisine de N. zonata. 

H. kerguelensis Me' Intosh. Fig. 133, g-m.' — Me' Intosh 1885, p. 225,- 



POLYCHETES ERRANTES. 



NEREIDAE 



343 



pi. xxxv, fig. 10-12, xvi A, fig. 17-18; Fauvel lOik, p. 167, pi. xn, 
fig. 1-4. 

Corps un peu aplati, rentlé en avant. Environ 60 à 70 sétigères. — 
Prostomium aussi long que large. 4 gros yeux en trapèze, très écartés. 
Antennes plus courtes que le prostomium, gros palpes à petit palpostyle. 
Cirres tentaculaires les plus longs atteignant du 2 e au 9° sétigère (parfois 
ridés dans l'alcool, 133, g). — Mâchoires brunes, à 5 grosses dents. Paragna- 
thes (h.i) : I =0, 1 ou 2; II = amas triangulaires; III. = petit amas irrégu- 
lier; IV = amas triangulaires; V = 0; VI = 1 gros de chaque côté; VII- 
VIII = 1 seul rang de 7 à 8 gros denticules. — Parapodes (k, 1) : dans la 
région antérieure, 3 languettes dorsales épaisses, triangulaires, la moyenne 
plus courte, un cirre dorsal un peu plus long que la languette supérieure ; à 
la rame ventrale, 2 lèvres épaisses, subégales, l'une conique l'autre plus 
arrondie, une languette ventrale obtuse, à peu près de même longueur. 
Cirre ventral subulé, beaucoup plus court que la languette. Dans la région 
postérieure, la languette dorsale intermédiaire s'atténue et disparaît, les 
deux autres sont plus longues, plus aiguës, le. cirre dorsal les dépasse 




Fio. 133. — Nereis diversicolor : a, b, tête et trompe, grossie; c, 10" pied x 20; d, 
GO* pied x 20; e, serpe homogomphe X 350; I, serpe hétérogomphe x 350. — X. 
kerguelensis : g, h, i; tète et trompe, grossies (d'après Ehlers); k, 15° pied x 10; 1, 
parapode moyen x 40; m, serpe hétérogomphe x 350. 



344 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES EHHANTES 

notablement. A la rame ventrale, les deux lèvres (mamelon sétigère) sont 
courtes et larges, la languette inférieure est plus longue, le cirre ventral 
est très court et très éloigné de l'extrémité. Soies dorsales en arête homo- 
gomphe, ventrales supérieures en arêtes homogomphes et en serpes hété- 
rogomphes ; inférieures en arêtes homogomphes et en serpes hétérogom - 
phes (m). Article terminal des serpes allongé. Acicules noirs. — 2 longs 
cirres anaux. 

L. 40 à 50 mm. — Blanchâtre ou gris jaunâtre. 3 glandes foncées dans 
les parapodes. 

Dragages profonds sur fond de vase. 

Atlantique, Méditerranée (Stampaglia et devant Monaco). — Antarctique. 

N. diversicolor 0. F. Mûller. Fig. 133, a-f. — Saint-Joseph 1898, 
p. 295. pi. xv, fig. 78-81. N. viridis, N. brevimanus ■ Johnston [fide 
Me 1 Intosh). — Hediste diversicolor Malmgren 1867, p. 165, pi. v, fig. 28. 

Corps mou, aplati, effilé postérieurement. 90 à 120 sétigères. — Pro- 
stomium subtriangulaire. 4 petits yeux noirs en trapèze. Antennes subu- 
lées bien plus courtes que les palpes qui sont gros, cylindriques, à petit 
palpostyle en bouton. Cirres tentaculaires postérieurs atteignant le 5 e - 
1" sétigère. Segment buccal presque 2 fois aussi long que le suivant. — 
Mâchoires à 5-8 dents. Paragnathes (133, a, b); 1 = 0, 1 ou 2; Il = 1 ou 
2 rangs obliques; III = amas assez large de nombreux petits paragnathes 
disposés sur plusieurs rangs; IV = amas obliques; V = 0; VI = de 
chaque côté, un groupe de 4 à 8 petits; VII-V1II = une ceinture irrégu- 
lière à 2-3 rangs de petits denticules. — Parapodes à rames courtes et 
massives (c, d). Cirres dorsaux et ventraux beaucoup plus courts que les 
rames. Rame dorsale à 3 languettes, 2 triangulaires subégales et, entre 
elles, une plus courte conique; cette languette intermédiaire persiste 
loin de la tète et ne s'atténue que dans les segments postérieurs. Rame 
ventrale un peu plus courte que la dorsale, à 2 lèvres épaisses et à courte 
languette. Soies dorsales en arête hétérogomphe, ventrales supérieures 
en arête homogomphe et en serpe hétérogomphe, ventrales inférieures 
en arête hétérogomphe et en serpe hétérogomphe. Article des serpes 
allongé (f). Dans la région postérieure, apparaît au faisceau ventral su- 
périeur une grosse serpe homogomphe dont l'article en forme de dent 
mousse est soudé à la hampe (e). — Pas de phase Heteronereis. 

L. 6 à 12 cm. — Coloration très variable, verdâtre, jaunâtre, rouge 
orangé. 

Sable vaseux et vase noire à un niveau très élevé, dans des galeries parfois 
verticales ; vase à Corophium, estuaires. S'accommode aussi bien de l'eau sau- 
mâtre que de l'eau sursalée des marais salants. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

N. fucata (Savigny). Fig. 134, a-f. — Ehlebs 1868, p. 546, pi. xxi, 



POLÏCHETES ERRANTES. 



NEREIDAE 



345 



fig. 41-44; Saint-Joseph 1898, p. 300, pi. xvi, fig. 83-87. N. bili- 
neata Johnston 1839, p. 295, pi. vr, fig. 4. — Nereilepas fucata Malm- 
gren 1867, p. 169, pi. iv, fig, 18. — Forme épitoque : Nereis fimbriata Mûl- 
ler. N. podophylla Audouin et M. -Edwards i§34, p. 189, pi. iv, fig. 13. 
Corps légèrement rétréci en avant, progressivement atténué en arrière. 
90 à 120 sétigères. — Prostomium aussi large que haut. 4 yeux eu carré. 
Antennes et palpes de même longueur. Cirres tentaculaires postérieurs 
atteignant jusqu'au 3 e -5 e sétigère. Segment buccal 2 fois plus long que le 
suivant. — Mâchoires fortement courbées, à 13-16 dents. Paragnathes 
(134, a, h) : I = ou 1 ; II = amas arqués ; III = petit groupe peu nom- 
breux; IV = amas arqués; V = 0; VI = de chaque côté, 4-6 petits 
groupés irrégulièrement; VII-VIII = un rang de 8-10 assez gros et au- 
dessous plusieurs rangées de petits. — Parapodes longs et saillants. A 
la rame dorsale, un long cirre dépassant bien le pied et 2 languettes dont 
la supérieure, plus grande que l'autre, est d'abord triangulaire conique 
acuminée, puis renflée à la base en lobe aplati, arrondi, devenant foliacé 
dans la région médiane. La languette inférieure est ovale-obtuse. A la 
rame ventrale, qui est beaucoup plus petite que la dorsale, 2 lèvres 




Fig. 134. — Nereis fucata : a, b, tète et trompe, grossies; c, 12* pied x 20; d, 35 e pied 
X 'A); e, pied postérieur x "20; f, serpe hétérogomphe x 300. — iV. virens : g, h, tète 
et trompe, grossies; i, 100* pied x 10; k, soie en arête hétérogomphe x300. 



346 FAUNE DE FRANCE., POLYCHETES ERRANTES 

courtes, une languette cylindrique et un cirre ventral la dépassant, sauf 
dans les premiers sétigères (e, d, e). 2 longs cirres anaux. Soies dor- 
sales en arête homogomphe; ventrales supérieures en arête homogomphe 
et en serpe hétérogomphe ; ventrales inférieures en arête hétérogomphe 
et en serpe hétérogomphe. Serpes courtes, arquées (f). — Heteronereîs 
ç? à cirres dorsaux 2-7 renflés à la base, les autres cirres sont crénelés. 
Lamelles et soies natatoires à partir du 23 e sétigère. — H. Ç , mutation 
au 21 e sétigère. 

L. 10 à 20 cm. — Jaunâtre avec une bande longitudinale blanche de 
chaque côté du vaisseau dorsal rouge vif. Palpes blancs, pieds blancs. 

Dans les derniers tours des coquilles de Buccin habitées par des Pagures. 
A l'état jeune, d'après Me' Intosh, vit en liberté entre les niasses de Filigrana et 
Cellepora. Pélagique à maturité. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée (Naples, Monaco). 

H. (Neanthes) succinea (Leuckart). Fig. 135, f-m. — Nereis succinea 
Ehlers 1868, p. 570, pi. xxn, fig. 18-22. N. lamellosa Ehlers 1868, 
p. 564, pi. xxn, fig. 10-17. N. limbata Ehlers 1868, p. 567. N. glandu- 
losa Ehlers 1908, p. 74, pi. vm, fig. 1-6. — Neanthes Perrieri Saint- 
Joseph 1898, p. 288, pi. xv, fig. 69-77. N. succinea Horst 1908, p. 215, 
fig. 1-4; Fauvbl 1911, p. 565; Rioja 1918, p. 61, fig. 15. 

Corps large en avant, effilé postérieurement. 70 à 120 sétigères. — 
Prostomium large. 4 yeux en trapèze. Antennes courtes. Longs palpes 
divergents. Segment buccal à peine plus long que le suivant. Cirres ten- 
taculaires postérieurs atteignant du 3 e au 7° sétigère. — Mâchoires jaunes 
à 4-9 dents. Paragnathes (135, f, g) : I =2-3 en ligne longitudinale ; II = 
amas de plusieurs rangées obliques ; III = amas en losange ou en rec- 
tangle; IV = amas arqués; V = 1 à 3; VI = de chaque côté, un gros 
paragnathe entouré d'un cercle de 6 à 7 (')'; V1I-VIII = 3 rangées trans- 
versales plus ou moins fournies. — Parapodes variant beaucoup de forme 
d'une extrémité à l'autre (h, i, k). Rame dorsale à 3 languettes, la supé- 
rieure triangulaire avec un cirre à peu près de même longueur, l'infé- 
rieure semblable mais un peu plus courte , l'intermédiaire conique, 
aiguë, plus petite encore. Rame ventrale un peu moins développée, à 
2 lèvres, plus courtes que la languette inférieure. Cirre ventral plus court 
que la*languette. Dans la région postérieure, languette supérieure dorsale 
très grande, foliacée, vasculaire, avec le cirre dorsal presque à l'extrémité, 
languette intermédiaire nulle ou rudimentaire. A la rame ventrale, lèvres 
et languette acuminées. Acicules noirs. Soies dorsales en arête homo- 
gomphe ; ventrales supérieures en arête homogomphe et en serpe hétéro- 
gomphe ; ventrales inférieures en arête hétérogomphe et en serpe hétéro- 
gomphe (m). En outre, à la région postérieure, 1-2 serpes homogomphes 

(1) Ce caractère est sujet à variation. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — NEREIDAE 



347 



à la rame dorsale \\). — 2 longs cirres anaux. — Heteronereis ç? et 9 • 

L. 12 à 120 mm. — Brunâtre, région antérieure brun-verdâtre par- 
semée de points blancs. 

A la côte, dans le sable vaseux. Estuaires. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Adriatique. — Guyane et côtes des Etats- 
Unis. 



^^^^fe^^^^^^g 




Fis. 135. — Xereis caudata : a, b, tête et trompe, grossies; c, 40* pied x 20; d, pied 
postérieur x 20; e, serpe hétérogomphe x 350.— .V. succinea : t, g, tête et trompe, 
grossies; h, 15" pied X 20; i, 40* pied x 20: k, 60 e pied x 20; 1, serpe homogomphe 
dorsale x 350; m, serpe hétérogomphe x 350. 

N. (Neanthes) caudata (Delle Chiaje). Fig. 135, a-e. — Neanthes 
caudata Fauvel 1913, p. 60, lig. 11. — Nereis [Nereilepas] caudata Cla- 
parède 1868, p. 168, pi. x, fîg. 1 ; xi, fig. 3 ; Nereis acuminata Ehlers 1868, 
p. 552, pi. xxii, fig. .23-28. — Neanthioides Bolivari Rioja 1918, p. 67, fig. 
16. 

Corps élargi en avant, effilé en arrière. 65 à 75 sétigères. ' — Prosto- 
mium large. 4 yeux en trapèze. Antennes courtes. Palpes coniques, 
écartés, divergents. Segment buccal un peu plus long que le suivant. 
Cirres tentaculaires postérieurs atteignant le 4 e -7 e sétigère. — Mâchoires 
plus ou moins recourbées, à 12-15 dents. Paragnathes (135, a, b) : I = 
amas carré ou arrondi; H = amas en bande arquée; III = amas rectan- 



348 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

gulaire; IV = amas triangulaires; V-VI-VH-VIII, forment une ceinture 
continue de petits paragnathes subégaux très nombreux disposés sur plu- 
sieurs rangées plus fournies à la face ventrale qu'à la face dorsale. Par- 
fois . ceux de la rangée antérieure ventrale sont plus gros que les suivants. 

— Parapodes (c, d) : rame dorsale à 3 languettes, la supérieure large, 
triangulaire, renflée à la base en arrière du cirre qui est de même lon- 
gueur ou plus long, l'inférieure triangulaire plus étroite et plus courte, 
la médiane un peu plus petite, conique, aiguë. Rame ventrale à 2 lèvres 
allongées, subégales, à languette inférieure de même longueur et à-cirre 
ventral beaucoup plus court. Acicules jaunes. Soies dorsales en arête homo- 
gomphe, ventrales supérieures en arête homogomphe et en serpe hétéro- 
gomphe; ventrales supérieures en arête homogomphe et en serpe hétéro- 
gomphe (e). Serpes allongées, droites, cultriformes, à dent terminale 
recourbée. — 2 courts cirres anaux. — Pas de stade Heteronereis. 

L. 40 à 60 mm. — Rose chair un peu brunâtre ou lie de vin. 

Dans la vase oudans le sable. — Manche (Cherbourg) ; Atlantique (Santander); 
Méditerranée (Sicile, Naples, Monaco). 

N. (Neanthes)virens(SARs). Fig. 134, g-k. — Alitta virens Malmgren 1865; 
p. 183; 1861, p. 172, pi. iv, fig. 19. — Nereis virens Ehlers 1868, 
p. 559, pi. xxn, fig. 29-32; Me' Intosh 1910, p. 330, pi. lui, fig. 12. 
N. grandis Stjmpson 1853, p. 34, fig. 24. N. YanktanaQvkTREïAGEs 1865, 
I, p. 553, pi. xvn, fig. 7-8. 

Corps grand et large. 100 à 175 sétigères et plus. — Prostomium plus . 
long que large, rétréci antérieurement. 4 petits yeux en trapèze. Antennes 
courtes. Palpes épais, un peu plus longs. Segment buccal 2 fois plus long 
que le suivant. Cirres tentaculaires postérieurs atteignant le 5 e -8 e sétigère. 

— Mâchoires noires à 6-10 dents. Paragnathes (134, g-h) : 1 = 1-2 ou 
un petit amas arrondi; II = amas arqués de 6-10 ; III = amas transversal 
irrégulier; IV = amas arqués ; V = 1-2 ou petit groupe irrégulier; VI = 
de chaque côté, un seul ou un petit groupe irrégulier de 3 à 5 ; VII- VIII = 
une bande transversale irrégulière de nombreux denticules. — Parapodes 
variant très peu de forme d'une extrémité à l'autre. A la rame dorsale, la 
languette supérieure est très grande, foliacée, lancéolée, portant vers le 
milieu du bord supérieur le cirre dorsal petit, conique, beaucoup plus 
court (i). La languette inférieure, beaucoup plus petite, lancéolée, allongée, 
est surmontée du mamelon sétigère conique, effilé, bien plus court. La 
rame ventrale, bien moins développée que la dorsale, comprend un mame- 
lon sétigère allongé, à 2 lèvres, une languette inférieure coudée, effilée, à 
peu près de même longueur et un court cirre placé très en arrière. Aci- 
cules jaunes. Soies dorsales en arête homogomphe, ventrales supérieures 
en arête homogomphe, ventrales inférieures en arête hétérogomphe (k). 
Pas de serpes. Soies fines et nombreuses. — Heteronereis tf et- Ç peu 



POLYCHETES ERRANTES. 



NEREIDAE 



349 



modifiées, à lamelles peu développées mais à languettes dorsales très 
grandes, imbriquées. 

L. 20 à 30 cm. et davantage. — Dos irisé, bleu à reflets pourpre. Para- 
podes verdâtres bordés de jaune. 

A mer basse, dans le sable vaseux. 

Mer du Nord (Ostende) ; Atlantique Nord (côtes du Morbihan ?). — Côtes d'A- 
mérique. 




N. (Ceratonereis) Costae Grube. Fig. 136, a-f. — Nereis Costae Ehlers 
1868, p. 323, pi. xxii, fig. 1-4. — Ceratonereis Costae Fauvel 191k, p. 185, 
pi. xv, fig. 1-8. C. guttata Claparè&e 1868, p. 165, pi. ix, fig. 6; x, fig. 3; 
C. brunnea- Langbrhans 188k, p. 255, pi. xv, fig. 13. C. punctata Saint- 
Joseph 1906, p. 219, pi. iv, fig. 90-93 ; v, fig. 94-95. 
■ Corps court, trapu, atténué en arrière. 70à80sétigères. — Prostomium 
aussi large que haut. 4 yeux très écartés, en trapèze. Antennes de la lon- 
gueur des palpes ovoïdes J> petit palpostyle en bouton. Cirres tentaculaires 
postérieurs atteignant du 3 a au 7 8 sétigère. Segment buccal un peu plus 



350 FAUNE DE FRANCE.. POLYCHÈTES ERRANTES 

long que le suivant. — Mâchoires à 5-7 dents. Paragnathes (136, a, b) : 
manquant à l'anneau oral. 1 = 0; II = 2 rangs en arc; III = 3en triangle 
ou 4 en losange, parfois jusqu'à 8 ou davantage ; IV = amas en trapèze. 
— Parapodes (c, d, e). Cirres dorsaux plus longs que la rame dorsale, sauf 
dans les premiers sétigères. 2 languettes dorsales arrondies, subégales, 
avec, entre elles, jusqu'au 25 e -30 e sétigère, une troisième languette coni- 
que plus courte. A la rame ventrale, 2 lèvres épaisses dont la postérieure 
est plus longue et plus conique et aussi développée que la languette infé- 
rieure. Cirre ventral plus court que celle-ci. Dans la région postérieure, 
la rame dorsale, plus développée que la ventrale, la surplombe. A la base 
du cirre dorsal, 2 grosses glandes pédieuses. Soies dorsales en arête homo- 
gomphe; ventrales supérieures en arête homogomphe et en serpe hétéro- 
gomphe, ventrales inférieures en arête homogomphe et en serpe hétéro- 
gomphe. Dans la région postérieure, serpes ventrales à grosse hampe 
jaune, à article à pointe recourbée (f). — 2 longs cirres anaux. — Hetero- 
nereis çf et Q. 

L. 20 à 80 mm. — Coloration très variable, vert uniforme, rose diffus, 
jaune verdâtre, vert orné de raies et de taches brunes. 

Dragages et à la côte parmi les Algues et les Algues calcaires, parfois dans le 
sable. 

Atlantique (Madère, Canaries, Santander); Méditerranée; Adriatique. —Mer 
Rouge, Madagascar, Philippines, Australie. 

N. (Geratonereis) hircinicola (Eisig). Fig. 139, g-n. — Nereis hircinicola 
Eisig 1869, p. 103-105, pi. xi, fig. 3-4. — N. [Ceratonereis) Ehlersiana 
Claparède 1810, p. 88, pi. vm, fig. 2; Fauvel 1913} p. 65. A r . [Ceratone- 
reis) Kinbèrgiana Claparède 1870, p. 89, pi. vm, fig. 3. 

Corps d'abord rond, puis aplati. 45 à 85 sétigères. — Prostomium 
conique, rétréci en avant. 4 yeux en trapèze. Antennes delà longueur des 
palpes. Cirres tentaculaires postérieurs atteignant en arrière le 2 e -3 e séti- 
gère. Segment buccal plus long que le suivant. — Mâchoires à 5-9 dents. 
Paragnathes (136, g, h) manquant à l'anneau oral. 1 = 0; II = amas à 
2-3 rangs obliques; 111 = amas circulaire ou rectangulaire; IV = amas . 
triangulaires. — Parapodes (i, k) : à la rame dorsale, 2 languettes coni- 
ques, pointues, écartées, subégales, pas de languette intermédiaire, mais 
un simple mamelon rudimentaire, même aux pieds antérieurs. Cirre 
dorsal de longueur variable, mais dépassant bien les languettes. A la rame 
ventrale, un mamelon sétigère à 2 lèvres inégales,, une courte arrondie et 
une plus longue conique ; une languette ventrale conique et un cirre plus 
court. Dans le tiers postérieur du corps, la rame dorsale dépasse nota- 
blement la ventrale, la languette supérieure est plus courte que l'infé- 
rieure; à la base du cirre, devenu 2 fois plus long, un renflement en épau- 
lement renferme 2 grosses glandes opaques. Le cirre ventral devient plus 
long que la languette ventrale. Soies dorsales en arête homogomphe; 



POLYCHETES BRRANTES. NEREIDAE 351 

ventrales supérieures en arête homogomphe et en serpe hétérogomphe ; 
ventrales inférieures en arête homogomphe (m) et en serpe hétérogomphe. 
Serpes courtes, à grosse hampe (n). 

L. 45 à 110 mm. — Coloration variable : rosée, rouge violacé, vert pâle 
varié de brunâtre. 

Dans les Eponges, Hircmia, Suberites, etc. 

Méditerranée (Baléares, Marseille, Monaco, Naples). — Océan Indien (Mada- 
gascar). 

N. (Eunereis) longissima (Johnston). Fig. 138, a-d. — Eunereis longis- 
sirna Saint-Joseph .1898, p. 304, pi. xvi, iig. 88-100, xvn, fig. 101. — 
Ceratonereis longissima Malaquin 1890, p. 28. — Nereis regia Quatre- 
fages 1865, I, p. 511 ; N. edenticulata Quatrefages 1865, 1, p. 538, pi. vu, 
fig. 1-2. — Forme épitoque : Heteronereis paradoxa Œrsted 1843, p. 177, 
fig. 50, 63, 64, 66. 

Corps très long, aplati. Plus de 200 sétigères. — Prostomium presque 
carré à la base, effilé en avant. 4 yeux en trapèze. 2 petites antennes plus 
courtes que les palpes qui sont longs, ovoïdes à petit palpostyle rétrac- 
tile. Segment buccal plus long que le suivant. Cirrcs tentaculaires posté- 
rieurs atteignant le 3 e sétigère., — Mâchoires à 9 • dents émoussées. Les 
paragnath'es de la trompe n'existent qu'aux groupes VI où ils forment, de 
chaque côté, un petit amas de nombre très variable (1 à 8 environ, 38, a). 
Ces petits denticules, à peine coniques, d'un jaune transparent, sont sou- 
vent difficiles à voir. — Parapodes ne changeant pas sensiblement de 
forme dans toute la longueur du corps (b). Cirres dorsaux à peu près de 
la longueur de la languette supérieure. Rame dorsale à 2 languettes allon- 
gées, pointues subégales. A la rame ventrale, 2 lèvres, une arrondie et 
l'autre bilobée, beaucoup plus courtes que la languette ventrale conique qui 
esteffilée et un peu plus courte que lesdorsales. Cirre ventral plus court que 
la languette. Acicules noirs. Soies dorsales en arête homogomphe; ven- 
trales supérieures en arête homogomphe et en serpe hétérogomphe ; ven- 
trales inférieures en arête hétérogomphe et en serpe hétérogomphe (d). 
Les serpes ventrales manquent souvent aux derniers segments. A partir 
du 65 e -70 8 sétigère, à la rame dorsale, 1 ou 2 grosses soies homogomphes à 
article en grosse dent (c). — Heteronereis çf à région antérieure à 35-38 
sétigères. — H. Q k 46-47 sétigères antérieurs. 

L. 20 à 50 cm. — Rouge plus ou moins clair et dos irisé bleu foncé. 

A la côte, à très basse mer, vase à Zostères et vase molle des ports où elle 
atteint sa plus grande taille. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique. 

\ 



352 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



G. PERINEREIS Kinberg. 

{Incl. Naumachius Kbc, Lipephile Mgr.-, Hedyle Mgr., Hediste Mgr. pr. p., 

• Stratonice Mgr», Nereilepas, sensu Mgr.). 

Corps vermiforme, à nombreux segments. — 2 antennes. 2 palpes ovoïdes. 
4 yeux. — Trompe à paragnathes cornés coniques et transversaux disposés en 
groupes distincts. 2 mâchoires cornées dentelées. — 4 paires de cirres tenta- 
culaires. Segment buccal achète et apode. Parapodes biramés, sauf ceux des 
2 premières paires. Cirres dorsaux et ventraux cylindriques. 2 cirres anaux. 
Soies composées en arête et en serpe. — Phase épitoque Heteronereis : cT à 
premiers cirres dorsaux et ventraux modifiés, renflés ; autres cirres dorsaux 
généralement crénelés. Pygidium garni de papilles : Q à cirres dorsaux non 
crénelés, c? et ç à lamelle bilobée au-dessus du cirre ventral. 

1. Groupe V manque (fig. 140, g, e, f). Soies toutes homogomphes 
(S. -G. Arête) P. tenuisetis, p. 358 

— Tous les groupes au complet. Soies en arêtes homogomphes et 
hétérogomphes serpes, hétérogomphes (fig. 137, b) 2 

2. Parapodes postérieurs peu modifiés (fig. 137, f) 3 

— Parapodes postérieurs très modifiés, à languette dorsale foliacée 
très allongée (fig. 139, d). . . . 4 

3. Un seul paragnathe transversal de chaque côté aux groupes VI 

(fig. 137, bi P. cultrifera, p. 352 

Une série de paragnathes transversaux de chaque côté aux grou- 
pes VI (fig. 138, e).' P. Oliveirae, p. 354 

4. Aux groupes V-VI et Vll-VIII, un semis de paragnathes très 
fins et très nombreux accompagnant les plus gros (fig. 139, f, g). 
P. Marionii,.p. 355 

— Pas de semis de fins paragnathes aux groupes V-VI et VII-VI1I 
(fig. 139, a) P. macropus, p. 356 

P. cultrifera (Grube). Fig. 137. — Fauvel 191k, p. 190, pi. xvi, fig. 1- 
13. — Lipephile cultrifera Claparède 1868, p. 162, pi. xi, fig. 2; 1810, 
p. 75, pi. vu, fig. 1. — Nereis /wargw/tacea Milne-Edwards 18k9. N. Beau- 
coudrayi Keferstein 1862, p. 94, pi. vm, fig. 1-2. N. caerulaea Johnston 
1865, p. 154. N. bilineata Quatrefages 1865, I, p. 535, pi. vu, fig. 3-10. 
JV. fulva Quatrefages 1865, l, p. 507. N. veiitilabrum Quatrefages 1865, 
I, p. 517. N. viridis pp. Quatrefages 1865,1, p. 359. Nereis floridana 
Ehlers 1868, p. 503. — Forme épitoque :? Lycoris lobulata Savigny 
1820, p. 30. — Hedyle lobulata Malmgren 1865, p. 182. 

Corps demi- cylindrique, insensiblement atténué en arrière (137 a). 100 
à 125 sétigères. — Prostomium plus long que large. 4 yeux en carré. 
2 antennes subulées. 2 palpes cylindroïdes, allongés dirigés en avant. 
Segment buccal plus long que le suivant. Cirres tentaculaires posté- 



POLYCHETES ERRANTES. — NEREIDAE 



353 




Fig. 137. — Perinereis cullrifera : a, grandeur naturelle; b, c, tête et trompe,grossies; 
d, e, 1, parapodes antérieur, moyen et postérieur x 20; g, serpe hétérogomphe x 
3Ô0; h, Heteronereis Ç; i, Heteronereis çf ; k, pygidium cT; 1, parapode épitoque cf. 



rieurs atteignantle 5 e -6 9 sétigère (b). — Mâchoires foncées à 5-6 dents. Pa- 
ragnathes (') : I = 1 à 3 en ligne longitudinale; II = amas à rangs 
obliques; III = amas rectangulaire à 2 rangs; IV = amas triangulaires; 
V = 3 en triangle ou l seul (forme floridana) ; VI = de chaque côté, un 
gros paragnathe coupant transversal; VII- VIII = une double rangée 
transversale. — Parapodes (d, e, f) : à la rame dorsale, 2 languettes coni- 
ques, obtuses, subégales, un court mamelon sétigère et un cirre dorsal 
dépassant peu la languette supérieure. A la rame ventrale, 2 lèvres, une 
arrondie et une conique, plus courtes que la languette inférieure. Cirre 
ventral court. Aux pieds postérieurs, laramedorsale dépasse davantage la 
ventrale, les languettes sont plus aiguës. Soies dorsales en arête homo- 
gomphe; ventrales supérieures en arête homogomphe et en serpe hétéro- 
gomphe; ventrales inférieures en arête hétérogomphe et en serpe hétéro- 
gomphe. Acicules foncés. Serpes courtes, peu arquées, à pointe mousse 
(g) — 2 longs cirres anaux. — Heteronereis çf et 9 à parapodes modifiés à 
partir du 19 e -20 ô sétigère (i, h, 1). 

(t) Les paragnathes présentent très souvent des anomalies dans leur nombre et leur répar- 
tition. 

2S 



354 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



L. 10 à 25 cm. — Vert bronze avec parapodeset vaisseau dorsal rouge 
vif. 

A la côte, dans les fentes de rocher, sous les pierres et dans la vase à Zos- 
tères. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. — Océan Indien. 

P. Oliveirae Horst. Fig. 138, e-k. — Horst 1889,-p. 164, pi. vu, fig. 1-5; 
Saint-Joseph 1898, p. 300, pi. xvn, fig. 102-106; Fauvel 191k, p. 189, 
pi. xv, fig. 12-15. 

120 à 125 segments. — Prostomium rectangulaire, à base large arron- 
die. 4 yeux en trapèze.- 2 courtes antennes subulées. 2 gros palpes plus 
longs. Segment buccal une fois et demie plus long que le suivant. Cirres 
tentaculaires postérieurs atteignant le 2 e -5 e sétigère. — Mâchoires noires 
à 5 dents. Paragnathes (138 e, f) : I = 2, 3 ou 4 en carré; II = amas 
triangulaires ; III = amas rectangulaire flanqué, de chaque côté, de quel- 
ques denticules enfile longitudinale; IV = amas en croissant; V = un 
seul gros; VI = de chaque côté, un très long paragnathe transversal cré- 
nelé, ou 3-7 paragnathes coupants en ligne transversale ; VII-VIII = 2 à 3 




Fig. 138. — Eunereis longissima; a, tête grossie; b, parapode moyen x 20; c, serpe 
homogomphe X 350; d, serpe hétérogomphe x 350. — Perinereis Oliveirae : e, i, 
tête et trompe, grossies; g, 8* pied x 20; h, pied moyen x 20; i, arête hétérogomphe 
x 350 ; k, fcerpe hétérogomphe X 350. 



POLYCHETES ERRANTES. — KEREIDAE 355 

rangs lâches, irréguliers, d'assez gros paragnathes subégaux. — Parapo- 
des (g, h) : à la rame dorsale, 2 languettes subégales courtes, en cône obtus 
et un cirre dorsal de, même longueur ou les dépassant un peu; à la 
rame ventrale, 2 lèvres, une courte arrondie, une plus longue bilobée, 
une languette inférieure obtuse et un court cirre ventral subulé. Aux 
pieds postérieurs, la languette dorsale est très développée, bossue en 
arrière du cirre, elle dépasse beaucoup la languette inférieure conique 
allongée et renferme une grosse glande brunâtre. La rame ventrale est plus 
réduite. Soies dorsales en arête homogomphe ; ventrales supérieures en 
arête homogomphe et en serpe hétérogomphe ; ventrales inférieures en 
arête hétérogomphe (i) et en serpe hétérogomphe. Aux pieds antérieurs, 
les soies en arête manquent au faisceau ventral inférieur. Serpes courtes, 
recourbées, très enfoncées dans la hampe (k). — 2 longs cirres anaux. — 
Heteronereis ç$ à cirres antérieurs modifiés. Cirres dorsaux crénelés. Pygi- 
dium à papilles. — H . Ç à pieds modifiés à partir du 20 e sétigère. 

L. 8 à 14 cm. — Verte ou brun verdâtre, avec, parfois, 2 raies trans- 
versales brunes sur les segments antérieurs. Heteronereis à région anté- • 
rieure verte et 2 e région rosée. 

Dragages côtiers et à mer basse entre les feuillets des roches calcaires. 
Atlantique (Guéthary, Portugal, Santander); Méditerranée (Alboran). 

P. Marionii (Audouin etM.-EDWABDs). Fig. 139, f-m. — Nereis Marionii 
Audocin et M.-Edwards 1834, p. 185, pi. iv A, fig. 1-6; Fauvel 1911, 
p. 559, fig. 1-3. N. crassipes Quatrefages. 1865, I, p. 550. — Perinereis 
longipes Saint-Joseph 1898, p. 314, pi. xvut, fig. 107-112. 

Corps tronqué en avant, effilé en arrière. 70 à 82 sétigères. — Prosto- 
mium carré, à base élargie transversalement. 4 yeux noirs en carré. 
Antennes subulées, bien plus courtes que les palpes qui sont gros, ovoïdes, 
divergents. Segment buccal de moitié plus long que le suivant. Cirres 
tentaculaires postérieurs atteignant le 3 e -5 e sétigère. — Mâchoires noires, 
courtes et larges à 8-12 dents. Paragnathes (139 f, g) : I = 2, rarement 3; 
II = amas triangulaires; III = amas rectangulaire, flanqué de 2-3 denti- 
cules de chaque côté; IV = amas triangulaires; V = 1 gros, une ligne 
sinueuse de gros et de moyens très variables et un large semis de très fins, 
très nombreux ; VI = de chaque côté, un paragnathe transversal et quel- 
ques fins, coniques; VII-VII1 = une ligne sinueuse de moyens etpetits, plus 
une large bande de très fins et très nombreux, en semis. — Parapodes 
changeant beaucoup de forme d'avant en arrière (h, i, k). Aux pieds anté- 
rieurs, àla rame dorsale, 2 courtes languettes coniques obtuses subégales 
et un mamelon sétigère plus ou moins proéminent, formant 3 e languette 
sur les spécimens âgés. Cirre dorsal un peu plus long que la languette 
supérieure. A la rame ventrale, 2 lèvres, une courte arrondie, une plus 
longue bilobée; une languette inférieure plus courte. Cirre ventral court. 
Dans les régions moyenne et postérieure, la languette supérieure dorsale 



356 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



s'allonge énormément et porte, presque à son'extrémité, un court cirre dorsal 
conique. Acicules noirs. Soies dorsales en arête homogomphe; ventrales 
supérieures en arête homogomphe et en serpe hétérogomphe; ventrales in- 
férieures en serpe hétérogomphe [m) et, exceptionnellement, 1-2 soies en 
arête hétérogomphe. — 2 longs cirres anaux. — Heteronereis à 3 régions, 
une antérieure, une moyenne à lamelles et à soies natatoires, et une pos- 
térieure non modifiée : ç? à cirres dorsaux crénelés et à 4 cirres anaux, 
dont 2 foliacés, Q à pieds modifiés à partir du 20 e sétigère (1). 

L. 5 à 10 cm. — Vert foncé uniforme à la face dorsale, ventre blan- 
châtre. 

A mer basse, dans les fentes de rocher, à un niveau élevé (zone à Chthama- 
les) et dans les Algues calcaires. — Manche, Atlantique. 

P. macropus (Claparède). Fig. 139, a-e. — Horst 1889, p. 163, pi. vu, 
fig. 12; Fauvel 1913, p. 67, fig. 12. — Nereis {Lipephile) macropus Cla- 
parède 1870, p. 80, pi. vm, fig. 1. 

Corps tronqué en avant, atténué postérieurement. 100 à 160 sétigères. — 
Prostomium long et étroit, à base élargie transversalement. 4 yeux en 




Fig. 139. — Perinereis macropus : a, tête et trompe, grossies; b, pied antérieur X 20 i 
c, pied moyen x 20; d, pied postérieur X 20; e, serpe hétérogomphe X 250. — 
P. Marionii : i, g, tête et trompe, grossies; h, i, k, 10% 50» et 70' pied x 20; 1, pa- 
rapode épitoque 9 x 20; m, serpe hétérogomphe x 350. 



POl/ïCHÈTES ERHANTES. — NEREIDAE 357 

carré. Antennes subulées, bien plus courtes que les palpes qui sont allon- 
gés, divergents. Segment buccal de moitié plus Ion g que le suivant. Cirres 
tentaculaires postérieurs atteignant le 3 e -5 8 sétigère. — Mâchoires courtes 
et larges. Paragnathes (139, a) : I = 3 à 7, rarement 2; II = amas trian- 
gulaires; III = amas rectangulaire flanqué de 3 à 5 denticules de chaque 
côté ; IV = amas triangulaires ; V = 1 gros et 5 à 12. le plus souvent 10, 
subégaux en ligne irrégulière ou en groupe, pas de semis de fins den 
ticules; VI = de chaque côté, un grand paragnathe transversal ; VII- 
VIII = une bande à 4-5 rangs de paragnathes gros, coniques, subégaux, 
pas de semis de fins. — Parapodes changeant beaucoup de forme (b, c, d). 
Dans la région antérieure, à la rame dorsale, deux courtes languettes 
triangulaires; la supérieure, un peu plus grande que l'inférieure, porte un , 
cirre dorsal un peu plus long qu'elle. A la rame ventrale, 2 lèvres courtes 
et larges entre lesquelles sortent les soies; une languette inférieure 
conique ; un cirre ventral plus court. Dans les régions moyenne et posté- 
rieure, la languette supérieure dorsale s'allonge énormément et porte, 
presque à son extrémité, un court cirre dorsal conique. Soies dorsales en 
arête homogomphe; ventrales supérieures en arête homogomphe et en 
serpe hétérogomphe ; ventrales inférieures en serpe hétérogomphe (e). 
Ce n'est qu'exceptionnellement que l'on rencontre 1-2 soies en arête hété- , 
rogomphe au faisceau ventral inférieur. — 2 longs cirres anaux. — Ile te- 
ronereis (jf non décrite. — //. 9 & lamelles et soies natatoires à partir 
du 20 e sétigère. 

L. 6 à 10 cm. — Coloration verte. 

A la côte, parmi les Algues calcaires. — Méditerranée (Naples, Monaco). 

P. (Arête) tenuisetis Fauvel. Fig. 140. — Fauvel 1915, p. 6, fig. 5; 
' 1916, p. 88, pi. vu, fig. 1-10; ix, fig. 15. 

Prostomium court, triangulaire. Antennes de la longueur des palpo- 
phores. Palpes allongés, subcylindriques. 4 yeux, la paire antérieure plus 
grande à cristallin plus large. Cirres tentaculaires antérieurs courts. — 
Mâchoires allongées, à 6 dents fines. Paragnathes (140, g) petits, pâles, 
translucides. I = 1 ; II -= amas triangulaires; III = amas transversal; 
IV = amas triangulaires; V = 0; VI = de chaque côté, un petit para- 
gnathe coupant; VII-VIII = plusieurs rangées irrégulières de petits et de 
moyens coniques. — Parapodes (a, b, d) : antérieurs, à la rame dorsale, 
cirre dorsal filiforme plus court que les languettes, 2 languettes coniques 
allongées, subégales avec, entre elles, un mamelon conique plus court 
dirigé en avant. Rame ventrale plus courte que la dorsale, à mamelon 
sétigère à 2 lèvres coniques inégales et à languette inférieure de la longueur 
de la plus grande, un cirre ventral plus court que la languette. Aux para- , 
podes postérieurs, les 2 rames sont plus écartées, presque de même lon- 
gueur, la languette dorsale est plus bossue à la base, le mamelon conique 
est rudimentaire, les cirres dorsaux et ventraux ont sensiblement la Ion- 



358 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



gueur des languettes correspondantes. Acicules clairs, transparents. 
Soies toutes homogomphes en arêtes longues ou courtes ou en serpe 
allongée aux pieds antérieurs (e, f). — Heteronereis ç? à 3 régions : 1°, 
24 sétigères, 7 premiers cirres dorsaux et 5 premiers ventraux renflés, 
cylindriques, à petit appendice conique ; 2° région moyenne à lamelles 
foliacées et soies natatoires ; 3° région postérieure non modifiée, à para- 
podes atoques (c). 
L. Environ 30 mm. Plus de 200 sétigères. — Décolorée dans l'alcool. 

Pélagique. — Un seul exemplaire pris de nuit à la surface dans le port de 
Syracuse. 




Fig. 140. — Perinereis {Arête) tenuiselis : a, 6 S pied x 30; b, pied antérieur X 40; c, 
parapode épitoque ç? x 30; d, parapode postérieur x 40; e, serpe homogomphe 
antérieure X 350; f, soie postérieure à longue serpe x 350; g, tête et trompe,, 
grossies. 



G. PLATYNEREIS Koberg. 
[Incl. Leontis Mgr. et Iphinereis Mgr.) 

Corps vermiforme, effilé postérieurement. 2 antennes. 2 palpes ovoïdes. 
4 yeux. — Trompe à paragnathes cornés, très petits, très serrés, rangés en, 
lignes pectinées. Ils manquent aux groupes I-II-V et parfois VI-VII-VIII- 
2 mâchoires cornées dentelées. — 4 paires de cirres tentaculaires. Segment 



POLYCHETES ERRANTES. — NEREIDAE 359 

buccal achète et apode. Parapodes biramés, sauf ceux des 2 premières paires. 
Cirres dorsaux et ventraux cylindriques. 2 cirres anaux. Soies composées en 
arête et en serpe. — Phase épitoque Heteronereis pélagique, cf. à premiers 
cirres dorsaux et ventraux très modifiés, en massue, les autres cirres dorsaux 
sont crénelés. Q à cirres dorsaux non crénelés. Lamelle au-dessus du cirre 
ventral non bilobée. 

1. Les groupes IV existent seuls PL coccinea, p. 360 

— Les groupes I— II et V manquent seuls (fig. 141, a, b) 

PI. Dumerilii, p. 359 



PI. Dumerilii (Audoujn etM.-EDWARDs). Fig. 141, a, f. — Fauvel 1916, 
p. 92. — Leontis Dumerilii Malmgren 1861, p. 168, pi. v, fig. 25 ; Cla- 
parède 1810, p. 44, pi. in-vi; Saint-Joseph 1888, p. 253, pi. xi, fig. 125- 
127. — Nereis zostericola Œrsted 18k3, p. 22, fig. 20, 29, 67, 70,71, 74. 
N. massiliensis Moquin-Tandon 1869. N. peritonealis Claparède 1868, 
p. 157, pi. ix, fig. 5. N. megodon Qoatrefages 1865, I, p. 514. N. agilis 
Keferstein 1862, p. 97, pi. vin, fig. 8-11. — Forme épitoque : Heterone- 
reis fucicola Œrsted I8k3, p. 19. H. Malmgreni Claparède 1868, p. 173, 
pi. xi, fig. 1. — Nereilepas variabilis Œrsted 1843, p. 20. — lphinereis 
fucicola Malmgren 1865, p. 175, pi. vi, fig. 29-30. 

Corps très effilé postérieurement. 70 à 90 sétigères. — Prostomium en 
cône tronqué, légèrement bilobé en arrière. 4 gros yeux en trapèze. 
Antennes subulées à peu près de la longueur des palpes ovoïdes, diver- 
gents. Segment buccal à peine plus long que le suivant. Cirres tentacu- 
laires très longs, les postérieurs atteignant le 10 6 -15 e sétigère. — Mâ- 
choires pâles, courtes, larges, à 5-20 dents. Paragnathes très petits, fins, 
pectines, parfois très pâles et difficiles à voir (141, a-b) : 1 = 0; II = 0; 
III = petit amas transversal à 2 rangs; IV == plusieurs rangées parallèles 
pectinées ; V = ; VI = de chaque côté, 1-2 arcs concentriques ; VII- 
VIII = 5 à 7 amas de 1 à 2 rangs chacun, petits et pâles (nombreuses 
variations). — Parapodes (c, d) : à la rame dorsale, 2 languettes coniques, 
triangulaires, subégales, divergentes et, entre elles, un petit mamelon 
sétigère conique. Cirre dorsal plus long que la languette supérieure qui 
renferme 2 grosses glandes foncées. A la rame ventrale, 2 lèvres obtuses 
et une languette un peu plus longue qu'elles. Un court cirre ventral. Aux 
pieds antérieurs, les languettes sont plus courtes, plus arrondies que dans 
les segments moyens et postérieurs où elles s'allongent et s'effilent davan- 
tage. Acicules noirs. Soies dorsales en arête homogomphe; ventrales 
supérieures en arête homogomphe et en serpe hétérogomphe ; ventrales 
inférieures en arête hétérogomphe et en serpe hétérogomphe. Serpes 
courtes, larges à bec recourbé (f). Dans la région postérieure, à la rame 
dorsale, 1-2 soies en serpe homogomphe à bec recourbé relié au tranchant 
(fig. 141, e). — 2 longs cirres anaux. — Heteronereis c? et $ pélagiques. 



360 



FACNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



Une forme épitoque Ç tubicole; une forme atoque à sexes séparés et une 
forme atoque hermaphrodite. 

L. 20 à 60 mm. — Coloration très variable, verdâtre, jaunâtre, rosée, 
rougeâtre, avec des chromatophores violets. 

Dragages côtiers et à mer basse parmi les Algues, dans un tube muqueux 
oujmerabraneux. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique. Méditerranée. (Cosmopolite.) 

PI. coccinea (Delle Chiaje). Fig. 141 g-n. — Fauvel 4°i4, p. 194, pi. 
xvn, fig. 1-13; 1916, p. 94', pi. vin, fig. 11-13. — Nereis coccinea Clapa- 
bède 1868, p. 154, pi. x, fig. 4. — Forme épitoque : ? Heteronereis Œrs- 
tedi, Quatrefages 1865, I, p. 571, pi. h, fig. 14-15, fig. 1-7. 




Fig. 141. — Plalynereis Dumerilii : a, b, tête et trompe, grossies; c, pied moyen X 
30; d, pied postérieur x 30; e, serpe homogomphe dorsale x 350; f, serpe hétéro- 
gomphe X 350. — PI. coccinea : g, région antérieure, grossie; h, pied antérieur x 
20; i, pied moyen x 20; k, pied postérieur x 20; 1, 4 6 parapode épitoque a" X 20; 
m, serpe homogomphe dorsale x 350; n, serpe hétérogomphe x 350. 



Corps effilé postérieurement. 75, à 80 sétigères. — Prostomium arrondi 
en avant, plus long que large. 4 yeux en carré. Antennes subulées. plus 
longues que les palpes qui sont gros, ovoïdes. Segment buccal plus long 
que le suivant. Cirres tentaculaires très longs, rigides, atteignant jusqu'au 



POLYCHÈTES ERRANTES. — NEREIDAE 361 

20 e -30° sétigère (141, g.) — Mâchoires courtes, larges, très gauches, trans- 
parentes, à 4-5 dents (7-9 chez les jeunes). Paragnathes pectiniformes, dis- 
posés sur plusieurs rangées obliques parallèles entre elles, aux groupes 
IV, les seuls qui existent. — Parapodes (h, i, k) : à la rame dorsale, 
2 languettes coniques subégales, écartées et un court mamelon sétigère. 
Cirre dorsal 4-5 fois plus long que les languettes. A la rame ventrale, 
2 courtes et larges lèvres, une conique et une arrondie de même longueur 
que la languette inférieure obtuse. Cirre ventral de même longueur. Aux 
pieds postérieurs, rame dorsale plus développée, à languettes plus aiguës. 
2 grosses glandes à la base du cirre dorsal. Acicules noirs. Soies dor- 
sales en arête homogomphe; ventrales supérieures en arête homogomphe 
et en serpe hétérogomphe ; ventrales inférieures en arête hétérogomphe et 
en serpe hétérogomphe. Serpes recourbées à bec renflé (n). Aux pieds pos- 
térieurs, une grosse serpe homogomphe dorsale à dent émoussée au ver- 
tex, à fdament reliant le bec au tranchant (m). — Heteronereis cf, yeux 
énormes, palpes rabattus à la face ventrale, cirres dorsaux 1 à 7 aplatis, 
falciformes, très grands (1), cirres ventraux 1-5 aplatis, falciformes. Muta- 
tion des pieds au 15 e sétigère. 

L. 3 à 12 cm. — Rouge vif tirant sur l'orangé. Dans l'alcool, brun rou- 
geâtre. 

Parmi les Algues (dans les Sargasses). Heteronereis pélagique. 

Atlantique (Açores, Mer des Sargasses) ; Méditerranée (Naples, côtes de Sicile). 

Nereidae incertae sedis. 

Nereis Cagliari Kisberg 1865, p. 169. — « Papillae pharyngis ordinum 1 et 
5desunt; 7 et 8 rel'ractae. Lobus cephalicus brevis, segmentis 2 proximis bre- 
vior, fronte brève, margine posteriore parum inciso ; oculi médiocres, anten- 
nae dimidiam partem lobi cephalici longiores; cirri tentaculares elongati; 
paris 3 : ii segmentum 7 superant; maxillae 12 deotatae, dentibus, antrorsum 
inclinatis, 6 conjunctis, papillae pharyngis ordinum 2 paucae, seriem sim- 
plicem; 3 seriem duplicem; 4 acervos obliquos; 6 acervum irregularem papillis 
7-8; 7 et 8 séries duplices, anteriorem papillis paucis validioribus, fingunt; 
cirri dorsuales médiocres nec terminales. » — Cagliari, Tiiouel. Mus. Holm. 

Nota. Cette espèce semble voisine de Nereis irrorata. 

Nereis longisetis Me' Intosii 1885, p. 222, pi. xxxv, fig. 4, xv a, fig. 12, 13, 19 ; — 
Fauvel 191b, p. 174 (?). — Prostomium plus long que large. 2 gros yeux anté- 
rieurs et 2 petits postérieurs. Antennes plus longues que les palpes ovoïdes, 
divergents. Mâchoires à 5 dents. Segment buccal plus long que le suivant. 
Paragnathes épars et peu nombreux. Parapodes antérieurs à lobes pointus qui 
deviennent plus longs dans les postérieurs. Cirre dorsal plus court que la lan- 
guette supérieure. Rame ventrale courte, à languette conique, à cirre court. 
Soies fortes et longues, les unes en arête homogomphe, les inférieures en 
arête plus courte hétérogomphe. Serpes hétérogomphes à long article cultri- 



362 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES EBRANTES 



forme. — L. 10 mm. (spécimen tronqué) sur 3 mm. — Devant' le Détroit de 
Gibraltar. 1.525 brasses. Vase à Globigérines. 

Perinereis Hedenborgi Kinberg 1865, p. 175. Probablement Perinereis cullri~ 
fera Grube. Alexandrie d'Egypte. 

Nereis imbecillis Grube (non Johnston) = Ceratonereis? Naples. 

N. fallax Quatrefages 1865, I, p. 534. Côtes de France. = Ceratonereis 
spec. (?). 

N. mierocera Quatrefages 1865, I, p. 512. Guéthary. Peut-être Nereis pelagica 
ou Nereis diversicolor (?). 

N. translucens Quatrefages 1865, 1, p. 515, Bréhat. Probablement Leptonereis 
glauca ou Platynereis Dumerilii. 

Heteronereis venusta Quatrefages 1865, I, p. 565. Côtes occidentales de 
France = Ceratonereis spéc. ou Platynereis Dumerilii (?) 

H. migratoria Quatrefages 1865, I, p. 568. St-Vaast-la-Hougue. Peut-être 
Nereis pelagica épitoque (?) 

D'autres espèces de Delle Chiaje et de Risso sont absolument impossibles à 
identifier et ne sont peut-être même pas des Néréidiens. 



F. NEPHTHYDIDAE Grube. 

(Nephthydiens.) 

Corps linéaire subtétragone, à nombreux segments courts. — Prostomium 
petit, polygonal. 4 antennes. Trompe exsertile portant des papilles bilobées 
terminales et des papilles molles. 2 mâchoires cornées. — l ef sétigère rudimen- 
taire. Parapodes biramés, à rames écartées portant des lamelles. Une branchie 
recourbée entre les 2 rames. 1 cirre ventral. Soies simples. — Un cirre anal. 

Remarques. La synonymie des Nephthydiens est fort embrouillée et n'a vrai- 
ment été précisée que dernièrement par Heinen et par Augener. 

La famille étant très homogène, toutes les espèces de Nephthysse ressemblent 
beaucoup à première vue et l'on n'arrive à les distinguer que par une étude 
attentive et détaillée des parapodes. Mais les pieds antérieurs et postérieurs 
différant souvent très sensiblement des pieds moyens, chez un même animal, il 
importe de ne comparer que ceux de même ordre. Sauf indication contraire, 
nous décrirons donc toujours des parapodes de la région moyenne, c'est-à-dire 
postérieurs au 20 e et antérieurs aux 30 derniers. 

Un parapode typique (fîg. 142, d) comprend deux rames très écartées, com- 
posées chacune d'un mamelon pédieux aplati, conique ou arrondi, simple ou 
bilobé, soutenu par un acicule dont la pointe est souvent recouverte d'une pla- 
que chitiueuse plus ou moins brillamment colorée en jaune ou en rouge. Ce 
mamelon pédieux est encadré entre deux lamelles, transparentes dont l'anté- 
rieure est ordinairement plus courte que la postérieure et simple ou bilobée. La 
lamelle postérieure ventrale est souvent beaucoup plus grande que la dorsale. 



POLYCHÈTES ERRANTES. NEPHTHYDIDAE 363 

Certaines espèces ont un mamelon pédieux bilobé et une lamelle antérieure 
simple et d'autres un mamelon entier avec une lamelle antérieure bilobée. Il 
est donc nécessaire de bien distinguer le mamelon de la lamelle, ce qui n'est 
pas toujours facile sur des préparations aplaties, éclaircies et très transparentes. 
En outre, les lamelles présentent, dans chaque espèce, des variations de 
forme et de taille assez étendues suivant les individus, ce qui explique les diver- 
gences entre les descriptions se rapportant cependant à des pieds de même 
ordre. 

Les branchies sont recourbées en faucille entre les 2 rames et pourvues 
d'un petit cirre à la base. Les soies sont réparties en 4 faisceaux disposés en 
éventail à la base des lamelles antérieures et postérieures. Elles sont sembla- 
bles aux deux rames, mais les antérieures diffèrent des postérieures. Ces soies 
sont toutes simples et ne présentent d'ordinaire que des différences peu accen- 
tuées d'une espèce à l'autre, de sorte que pratiquement elles ne fournissent 
pas de caractères spécifiques. Les soies antérieures sont courtes, presque 
droites, quadrangulaires, subulées et ornées, sur une de leurs faces, de petites 
barres transversales qui, vues de côté, donnent à ces soies l'aspect d'une cré- 
maillère d'engrenage (fig. 142, f, g, h). Les soies postérieures, généralement 
beaucoup plus longues, sont plus ou moins arquées et dentelées sur le bord. En 
réalité, ces denticulations sont produites par de petites plaquettes pectinées, 
imbriquées, fixées sur une des faces de la soie (i, k, 1). Ces plaquettes sont 
assez caduques et quand elles sont tombées la soie paraît lisse, ainsi que l'a 
fait remarquer de Saint-Joseph. Il y a donc là une cause d'erreur à éviter. 
Chez quelques espèces, il existe en outre des soies bifurquées en forme de lyre 
(fig. 147, f). 

Le prostomium présente un aspect différent suivant que la trompe est inva* 
ginée ou extroversée. Dans ce dernier cas, le prostomium se raccourcit, s'élargit 
transversalement et prend une forme pentagonale à côtés un peu arrondis 
(fig. 143, a,b ). Au repos, il est généralement plus long que large, plus ou moins 
rectangulaire en avant et terminé en écusson en arrière. Les yeux sont petits 
et profondément situés sous les téguments du 1 er sétigère. Aussi échappent-ils 
souvent à l'observation si l'on n'a soin de comprimer cette région de façon à 
appliquer les téguments sur la face dorsale du cerveau rougeâtre, bilobé, sur 
laquelle ils sont implantés. Ils peuvent disparaître dans l'alcool. La trompe se 
termine par 2 lèvres verticales garnies chacune d'une dizaine de papilles bifur- 
quées. Sa surface antérieure porte lî à 22 rangées de papilles molles, coniques, 
décroissant de grandeur d'avant en arrière (fig. 144, c). Chez certaines espèces, 
une papille impaire, plus longue que les autres, est insérée en avant, au milieu 
de la face dorsale. 

Les 2 mâchoires, en forme de petits crocs chitineux, sont à l'intérieur de la 
trompe et n'apparaissent jamais à l'extérieur. 

Certains spécimens, différant des autres par leurs soies plus longues et leurs 
lamelles un peu aberrantes, ont été considérés comme des variétés ou même des 
espèces différentes. Dernièrement, Augener (1912\ a émis l'hypothèse que ces 
Nephthys à longues soies représentent une forme épitoque. Ainsi, d'après cet 
auteur, la Nephthys longosetosa Œrsted serait la forme épitoque de la N. ciliata 
O. F. Mulleii, la N. caeca var. ciliataMc' Intosh serait celle de la JV. caeca. 

Cette hypothèse n'a rien d'invraisemblable, mais elle n'est pas démontrée, car 



364 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

on n'a pas encore suivi la transformation sur un même individu. D'ailleurs, j'ai 
recueilli au mois de septembre, à Cherbourg et à St-Vaast-la-Hougue, des 
N. Hombergii à maturité, bourrées d'œufs ou de sperme et qui ne présentaient 
aucune modification des pieds et des soies. Des iV. Ehlersi Heine», recueillies 
en même temps au même endroit, et également à maturité, ne différaient- pas 
des jeunes spécimens de cette dernière espèce décrits par Heinen. Elle n'est 
donc pas une forme sexuelle de N. Hombergiimais une simple variété de celle-ci. 

La famille des Nephthydiens ne comprend actuellement que le genreNep/ithys. 
Les'genres Portelia et Diplobranchus de Quatrefages étaient fondés sur des 
erreurs d'observation, ainsi que l'a démontré de Saint-Joseph. Quant aux genres 
Aglaophamus et Aglaopheme de Kinberg, ils ne reposent que sur des caractères 
insignifiants, tels que la présence de soies lyriformes qui ont été retrouvées 
depuis chez des Nephthys typiques. 

Les Nephthys vivent dans le sable propre ou vaseux et dans la vase à Zos- 
tères, depuis un niveau élevé jusqu'à une assez grande profondeur, au voisi- 
nage des côtes. Elles ont les mouvements extrêmement vifs, se déplacent pres- 
tement dans l'épaisseur du sable mouillé et nagent en ondulant rapidement dans 
un plan horizontal. 

En Normandie et en Bretagne, elles sont recherchées par les pêcheurs pour 
amorcer les lignes et désignées sous le nom de chatte. 



G. NEPHTHYS Cuvier. 

(Incl. Portelia Qfg., Diplobranchus Qfg., Aglaophamus Kbg., 

et Aglaopheme Kbg.) 

Prostomium subpentagonal ou rectangulaire. 2 petits yeux. 4 antennes cour- 
tes, coniques, insérées aux angles antérieurs et sur les côtés du prostomium. 
2 organes nucaux. Bouche longitudinale. — Trompe cylindrique ou ovoïde por- 
tant 12 ou 24 rangées longitudinales de papilles molles, coniques et terminée 
par 2 lèvres verticales garnies chacune de 10 papilles bifurquées. 2 mâchoires 
chitineuses en croc recourbé, invisibles à l'extérieur. — 1 er sétigère rudimen- 
taire avec cirre ventral subulé (cirre tentaculaire) et cirre dorsal plus ou moins 
développé. Parapodes biramés à rames très séparées comprenant chacune un 
mamelon pédieux conique ou arrondi, simple ou bilobé, une lamelle antérieure 
et une lamelle postérieure, un acicule et 2 faisceaux de soies simples disposées 
en éventail, les antérieures subulées, à barres transversales, les postérieures 
longues, à plaquettes denticulées, imbriquées. Branchies cirriformes, recour- 
bées en faucille entre les deux rames, avec un petit cirre à la base. Cirres ven- 
traux courts, coniques. — Un cirre anal impair. 

1. Trompe sans papilles ni mâchoires. Des soies lyriformes (fig. 147, 
a-f) N. inermis, p. 375 

— Tronipe à 14 rangées de papilles 2 

— Trompe à 22 rangées de papilles [fig. 142, c) 4 

2. 30 à 40 papilles par rangée. Un ergot cirriforme à la base de la 
lamelle postérieure ventrale (fig. 145, i). . . N. rubella, p. 373 



POLYCHETES ERRANTES. — XEPHTHYDIDAE 365 

— 10 à 24 papilles par rangée. Pas d'ergot à la lamelle postérieure 
ventrale (fig. 145, k) 3 

3. 10-13 papilles par rangée. Lamelle postérieure dorsale bilobée 
(fig. 145, k) N. Malmgreni, p. 371 

— 23-24 papilles par rangée. Lamelle postérieure dorsale simple, 
ogivale (fig. 145, d) N. agilis, p. 372 

4. Branchies larges, foliacées (fig. 146, h). . . N. paradoxa, p. 375 

— Branchies cirriformes (fig. 142, d) 5 

5. Des soies géniculées. Au tiers postérieur du corps, cirre bran- 
chial aussi long que la branchie (fig. 144, e). . N. cirrosa p. 369 

— Pas de soies géniculées. Cirre dorsal plus petit que la branchie 
(fig. 144, a) . . . 6 

6. Mamelons pédieux coniques (fig. 144, a) 7 

— Mamelons pédieux arrondis (fig. 143, c) 8 

— Mamelons pédieux bilobés (fig. 145, b) 9 

7. Rames très divergentes. Lamelles pédieuses très réduites (fig. 
146, b) N. hystricis, p. 373 

— Rames plus courtes, moins divergentes. Lamelles pédieuses plus 
développées (fig. 144, a) N. incisa, p. 369 

8. Lamelle antérieure dorsale profondément bilobée. Cirre dorsal 
du 1 er sétigère rudimentaire (fig. 143, c) . N. Hombergii, p. 367 

— Lamelle antérieure dorsale simple, rudimentaire. Cirre dorsal 
du 1" sétigère bien développé (fig. 143, g) . N. longosetosa, p. 367 

9. Mamelons pédieux profondément bilobés aux deux rames. La- 
melles postérieures courtes, dépassant à peine le pied. Une pa- 
pille impaire à la trompe (fig. 145, b). . . . N. ciliata, p. 371 

— Mamelon pédieux ventral peu ou pas bilobé. Lamelles posté- 
rieures grandes, ovales. Pas de papille impaire à la trompe 
(fig. 142, c, d) N. caeca, p. 365 

H. caeca Fadricius. Fig. 142. — Saint-Joseph 189 f i, p. 16, pi. i, fig. 14- 
18; Heinen 1911, p. 10, fig. l.N. bononensis Quatrefages 1865, p. 425. 
N. Œrstedi Quatrefages 1865, p. 427. N. margaritacea Quatrefages, 
1865, p. 423. Var. ciliata Me Intosh 1908, p. 13, pi. lxvi, fig. 3; Heinen 
1911, p. 13. — Portelia caeca Quatrefages 1865, p. 433. 

Corps moins tétragone que celui de N. Hombergii (142, a). 90 à 150 sé- 
tigères. — Prostomium pentagonal, plus long que large, à bord antérieur 
arrondi (b, c). 2 petits yeux brun très foncé. 4 antennes courtes, coni- 
ques, les postérieures rapprochées des antérieures et un peu plus grosses. 
Au 1 er sétigère, un cirre dorsal et un cirre ventral subégaux, aussi longs 
que l'antenne postérieure. — Trompe ovoïde à 22 rangées de 5-6 papilles 
coniques. Pas de papille impaire. — Parapodes (d) à rames peu écartées et 
de longueur peu différente. Mamelons pédieux larges, arrondis, simples, 
ou souvent plus ou moins nettement bilobés, surtout à la rame dorsale, 



366 



FAUNE DE FRANCE. POLTCHETES ERRANTES 



avec pointe de l'acicule dans l'échancrure. Lamelles antérieures simples, 
rudimentaires, presque nulles. Lamelle postérieure dorsale simple, élevée, 
arrondie dépassant bien le pied. Lamelle postérieure ventrale obovale, un 
peu plus grande que la dorsale. Cirre ventral court, conique. Acicules à 
pointe droite recouverte d'une plaque chitineuse jaune. Soies antérieures 
courtes. Soies postérieures longues, jaunes, peu arquées à plaquettes 
dentelées très accentuées. — Branchies du 4 e sétigère jusqu'à l'extrémité 
postérieure. Elles sont grandes, recourbées en faucille avec cirre digiti- 
forme assez long. — Un long urite impair. 

L. 15 à 25 cm. — Gris jaunâtre, irisé, foncé sur les côtés par les soies 
jaunes. Branchies rouges. 

A mer basse, dans le sable propre ou vaseux. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique. — Mers arctiques. 

Nota. — La variété ciliata (142, e) est caractérisée par des soies postérieures 
très longues, un mamelon pédieux dorsal à 2 lobes très inégaux et une la- 
melle postérieure dorsale plus courte (St-Andrews, Plymouth). Augener consi- 
dère cette forme comme l'état épitoque de iV. caeca. 




Fig. 142. — Nephthys caeca : a, 1/2 grandeur naturelle; b, tête x 5; c, trompe x 2; 
d, parapode moyen x 10; e, 40" pied de la variété ciliata; t, soie de la face anté- 
rieure du pied x 160; g, h, détails d'une soie antérieure à barres transversales, de 
face et de profil x 400; i, longue soie postérieure x 160; k, 1, soie postérieure à 
plaquettes, face et profil x 400. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — NEPHTHYDIDAE 367 

N. Hombergii Audouïn et M.-Edwards. Fig. 143, a-d. — Saint-Joseph 
1894, p. 3, pi. i, fig. 1-13; Hbinen 1911, p. 16, fig. 3-4. N. assimilis 
Malmghen 1865, p. 105, pi. xn, fig. 19. N. neapolitana Grubb 18k0, 
p. 71. N. scotopendroides D. Ch., Claparède 1868, p. 176, pi. xvi, fig. 1. 

— ?iV. CuPieri'QuATHEFAGEs 1865, p. 421. N. Ehlersi Heinen 1911, p. 34, 
pi. i, fig. 1-2. 

Corps nettement tétragone. 90 à 200 sétigères. — Prostomium penta- 
gonal à bord antérieur rectiligne. 2 petits yeux bruns. 4 antennes coni- 
ques subégales. Au 1 er sétigère, un cirre ventral (cirre tentaculaire) aussi 
long que la 2 e antenne et un cirre dorsal rudimentaire, souvent réduit à un 
simple bouton. — Trompe cylindrique, à 22 rangées de 2 à 4 papilles, les 
2 antérieures grandes, les 2 postérieures petites ou nulles (143, a). Une grande 
papille dorsale impaire, pas de papille ventrale impaire. — Parapodes 
(c, d) à rames très écartées. A la rame dorsale, mamelon pédieux arrondi, 
lamelle antérieure divisée, par une longue échancrure, en 2 lobes dont le 
plus rapproché du dos est digitiforme, lamelle postérieure arrondie, un 
peu plus longue que la rame. A la rame ventrale, mamelon pédieux 
arrondi, lamelle antérieure petite, plus ou . moins nettement bilobée, 
lamelle postérieure simple, ovale, allongée, beaucoup plus longue que la 
rame. Aux pieds antérieurs, jusqu'au 35°-40 6 , le mamelon dorsal porte un 
bouton cirriforme au-dessus de la pointe de l'acicule et le mamelon ventral 
en possède aussi un moins saillant. Cirre ventral court, conique. Soies 
antérieures des 2 rames courtes, soies postérieures jaunes, arquées, très 
finement denticulées, dépassant la lamelle. Acicules à pointe recourbée. 

— Branchies du 4" sétigère jusqu'aux derniers, grandes, recourbées en 
faucille, à petit cirre filiforme. — Un long cirre anal impair. 

L. 10 à 20 cm. — Gris rosé irisé ou blanc nacré, branchies rouges. 
Femelles à maturité roses. 

A mer basse, dans le sable pur ou vaseux, dans la vase à Zostères. Dra- 
gages côtiers. Très commune. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Nota. — La N. Ehlersi Heinen ne diffère du type que par le prostomium 
légèrement convexe, les papilles de la trompe plus nombreuses et la lamelle 
postérieure ventrale plus courte (e). C'est, au plus, une simple variété que j'ai 
retrouvée aussi aux environs de Cherbourg. 

N. longosetosa Œrsted [non Malmgren, nec Me' Intosh). Fig. 143, f-h. 

— Heinen 1911, p. 26, fig. 7; Faovel 191k, p. 201 (synonymie). N. 
emarginata Malm. 181k, p. 77, pi. i, fig. 1. N. Johnstoni Ehlers 1875, 
p. 38, pi. m, fig. 1-4. 

Corps effilé, subtétragone, 90 à 120 segments. — Prostomium en écus- 
son pentagonal à bord antérieur arqué. 2 petits yeux. 4 antennes subulées, 
subégales. Au 1 er sétigère, un cirre dorsal et un cirre ventral presque 
égaux et aussi longs que les antennes postérieures. — Trompe cylindroïde, 



368 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



à 22 rangées de 5-7 papilles allongées, les postérieures très petites; une 
longue papille dorsale impaire. — Parapodes (143, f, g, h) à rames moins 
écartées que l'épaisseur des rames. Mamelons pédieux arrondis, aplatis, 
le ventral plus large que le dorsal et parfois indistinctement bilobé. A la 
rame dorsale, lamelle antérieure étroite, rudimentaire, parallèle au ma- 
melon pédieux, lamelle postérieure arrondie simple ou parfois avec un 
petit lobe inférieur caché par le pied. A la rame ventrale, lamelle anté- 
rieure rudimentaire, lamelle postérieure grande, dirigée obliquement, 
bilobée plus ou moins nettement ou à bord inférieur sinueux, de forme et 
de taille assez variable. Aux pieds antérieurs, elle est plus courte, presque 
triangulaire, entière. Cirre ventral assez grand, et conique. Acicules à 
pointe droite, mousse. Soies antérieures nombreuses et fines. Soies pos- 
térieures longues à denticules et à plaquettes bien marquées. — Branchies 
à partir du 3 e sétigère jusqu'à l'extrémité postérieure. Elles sont minces, 
recourbées en faucille, à renflement basai peu marqué, à cirre dorsal 
mince. — Cirre anal impair aussi long que les 8-10 derniers sétigères. — 
Augener considère cette espèce comme la forme épitoque de la N. ciliata. 
• L. 5 à 10 cm. — Blanc jaunâtre. 




Fie. 143. — Xepkthys Hombergii : a, tète, et trompe x 5 ; b, prostomium ; c, 40\para- 
pode X 1"2; d, 70 e parapode X 12. — Var, Eklersi : e, parapode moyen (d'après Hei- 
nen). — jV. longosetosa : g, parapode antérieur x 12; f, h, parapode moyen, face 
antérieure et face postérieure x 12. 



POLYCHETES ERRANTES. NEPHTHYDIDAE 309 

Dragages côtiers sur fonds de sable ou de vase. — Mer du Nord (Ostende), 
Manche (côtes d'Angleterre, Iles anglaises), Atlantique. 

N. cirrosa Ehlers. Fig. 144, c-h. — Ehlers 1868, p. 624, pi. xxni. 
fig. 6-7, 37, 38; Saint-Joseph 189k, p. 23, pi. i, fig.' 19; Augener 1912, 
p. 199. — ? PorteUa rosea Quatrefages 1865,1, p. 431, pi. vu, fig. 12-15. 

Corps grêle, effilé. 90 à 95 segments. — Prostomium pentagonal à bords 
arrondis, plus long que large. 2 petits yeux, disparaissant dans l'alcool. 
4 antennes subulées, les postérieures éloignées des antérieures et un peu 
plus grandes. Au 1 er sétigère, un cirre ventral (tentaculairè) cylindrique, 
très rapproché de l'antenne postérieure et un - peu plus long. Cirre dorsal 
rudimentaire, réduit à un petit tubercule. — Trompe sub-cylindrique (144, 
c), à 22 rangées de 5-8 papilles, les postérieures très petites; une grande 
papille dorsale impaire, pas de papille ventrale impaire. — Parapodes (d, ej- 
à rames écartées, la dorsale un peu plus courte que la ventrale. Dans la 
région moyenne du corps, mamelon pédieux dorsal à 2 lobes très inégaux, 
celui de la base arrondi; lamelle antérieure courte, simple, lamelle posté- 
rieure simple, arrondie, dépassant le pied; à la rame ventrale, mamelon 
pédieux arrondi, avec un petit lobe inférieur peu marqué ; lamelle anté- 
rieure petite, ovale, redressée, lamelle postérieure ovale ou cordiforme, 
plus grande que la dorsale. Aux pieds antérieurs et postérieurs, les ma- 
melons pédieux des 2 rames sont arrondis, unilobés. Cirre ventral court, 
conique, aplati. Acicules jaunes, à pointe droite, mousse. Soies anté- 
rieures nombreuses, fines et dépassant les lamelles. Soies postérieures 
très longues, ondulées, très finement denticulées, presque lisses. En 
outre, à chaque rame, 12-15 soies plus courtes, géniculées (f), nettement 
denticulées sur le bord convexe. — Branchies du 4 e sétigère jusqu'à l'ex- 
trémité, postérieure. Elles sont minces, courbées en faucille avec, à la 
base, un cirre dorsal bien développé qui devient aussi grand que la 
branchie aux 30 derniers sétigères. — Un long cirre anal impair. 

L. 6 à 10 cm. — Blanc jaunâtre, soies jaunes, branchies rouge vif. 

A* mer basse, dans le sable pur ou vaseux. — Mer du Nord,, Manche, Atlan- 
tique (Le Croisic, Ile de Ré, Santander). 

N. incisa Malmgren. Fig. 144, a-b. — Malmgren 1865, p. 105, pi. xn, 
fig. 21; Heinen 1911, p. 23, fig. 6; Fauvel 191k, p. 198,' pi. xvm, fig. 3. 

Corps compacte, tétragone. 60 à 70 segments. — Prostomium enécus- 
son aussi long que large, à bord antérieur droit. 2 yeux (?). 4 antennes 
coniques, subégales, petites. Au 1" sétigère, cirre ventral (tentaculairè 
aussi long que l'antenne postérieure. Cirre dorsal conique, plus petit. — ) 
Trompe cylindrique, à 22 rangées de 3 à 5 papilles très petites, peu visi- 
sibles, et une très grande papille dorsale impaire. — Parapodes (144, a) 
à rames courtes très écartées (de 2 à 3 fois leur hauteur). Mamelons pé- 
dieux coniques, semblables aux deux rames. A la rame dorsale, lamelle 

'24 



370 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 144. — Nephthys incisa: a, parapode moyen, grossi. — Var. bilobata : b, 23° para- 
pode x 15. — A r . cirrosa : c, tête et trompe x 2 (imité d'Em-ERs); d, parapode moyen 
x 12; e, parapode postérieur x 12; f, soie géniculée x 150; g, h, détails d'une soie 
géniculée et d'une longue soie x 300. 



antérieure simple, courte, dirigée obliquement vers le bas; lamelle posté- 
rieure ovale, située plus dorsalement. A la rame ventrale, lamelle anté- 
rieure simple, courte, ovale; lamelle postérieure ovale, à peu près de 
même longueur. Les lamelles dorsales et ventrales dépassent peu ou pas 
les mamelons pédieux. Cirre ventral court et aplati, triangulaire. Acicules 
à pointe droite recouverte d'une plaque chitineuse. Soies antérieures 
courtes, brun-foncé, soies postérieures relativement courtes, faiblement 
arquées, presque droites, jaune foncé et finement denticulôes. — Bran- 
chies à partir du 6 e -8 e sétigère. Elles sont grandes, recourbées en faucille, 
à renflement basai peu marqué, à petit cirre dorsal triangulaire. — Cirre 
anal impair aussi long que les 5 derniers segments. 
L. 25 à 65 mm. — Blanc laiteux à reflets irisés. 

Dragages côtiers et profonds sur fonds de sable et de vase. 
Mer du Nord, Atlantique (Golfe de Gascogne, Santander, côtes du Portugal), 
Méditerranée (Corse, Sicile). 

»Var. bilobata Hewen. — Diffère du type par ses lamelles plus longues. Les 



POLYCHÈTES ERRANTES. NEPHTHYDIDAE 371 

antérieures, dorsales et ventrales, sont bilobées, à 2 lobes égaux arrondis. Les 
postérieures sont simples, ovales et dépassent le mamelon pédieux {144, b). 

N. ciliata (0. F. Muller). Fig. 145, a-b. — Ehlers 1808, p. 629, 
pi. xxiii, fig. 36; Heixen 1911, p. 21, fig. 5. N. borealis Œrstbd 18k3, 
p. '32. N. nudipes Ehlers 1868, p. 635, pi. xxiii, fig. 41. — Diplobran- 
chus ciliatus Quatrefages 1865, I, p. 429. 

Corps médiocrement effilé. 90 à 132 segments. — Prostomium pentago- 
nal, un peu plus long que large, à bord antérieur droit. 2 yeux réfrin- 
gents. 4 antennes subégales plus courtes que la demi-largeur du prosto- 
mium. Cirres tentaculaires du 1 er sétigère foliacés, pointus, de la taille des 
antennes. — Trompe cylindrique (145, a), à 22 rangées de 4-7 papilles; 
une longue papille dorsale impaire et rarement une ventrale impaire. — 
Parapodes (b) à rames écartées, la dorsale plus courte que la ventrale. A 
la rame dorsale, un mamelon pédieux divisé en 2 lobes arrondis par une 
profonde échancrure, une lamelle antérieure très basse, rudimentaire, 
simple et une lamelle postérieure simple à peu près de la longueur de la 
rame. A la rame ventrale, un mamelon pédieux à 2 lobes arrondis, une 
lamelle antérieure simple et petite et une lamelle postérieure ovale un 
peu plus longue que la rame. Cirre ventral long et conique. Acicules dont 
la pointe se trouve dans l'échancrure du mamelon pédieux. Soies anté- 
rieures courtes et fines, soies postérieures plus longues et plus nom- 
breuses. — Les branchies fortes, recourbées en faucille, occupent presque 
tout l'espace entre les deux rames; leur cirre dorsal est long et mince. 
Elles deviennent rudimentaires aux 30 derniers sétigères. — Long cirre 
anal impair. * 

L. 7 à 20 cm. — Coloration : dans l'alcool, blanc jaunâtre. 

Dragages côtiers ou profonds sur fonds de sable, d'argile ou de vase et à 
mer basse dans le sable vaseux. 
Mer du Nord, Manche (Boulogne, S'-Malo, Roscoiï). 

N. Malmgreni Théel. Fig. 145, k. — Théel 1879, p. 26, pi. i, fig. 17, 
n, fig. 17 ; Heinen 1911, p. 29, fig. 8. N. longisetosa (non Œrsted) . 
Malmgren 1865, p. 106, pi. xn, fig. 20. N. Grubei Me' Intosh 1908, 
p. 33. 

Corps atténué aux deux extrémités. 70 à 80 segments. — Prostomium 
aussi large que long, à bord antérieur droit. 2 yeux ('/). 4 anfennes coni- 
ques, courtes, subégales, rapprochées. Au 1 er sétigère, un cirre ventral 
et un cirre dorsal. . — Trompe à 14 rangées de 10-13 papilles de taille 
décroissant d'avant en arrière; pas de papilles impaires. — Parapodes 
(145, k) à rames écartées. Mamelons pédieux coniques, allongés, aux 
deux rames. Lamelles antérieures rudimentaires. Lamelle postérieure 
dorsale plus courte que la rame et divisée par une profonde échancrure 
en 2 lobes dont le supérieur est plus large et un peu plus court que l'in- 



372- 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



férieur. Lamelle postérieure ventrale simple, ovale et plus courte que la 
rame. Cirre ventral allongé et renflé à la base.- Acicules à pointe fine, 
recourbée. Soies antérieures longues. Soies postérieures nombreuses, 
ondulées, très longues, nettement denticulées. — Branchies nulles ou 
rudimentaire aux 10-15 premiers sétigères et aux 30 derniers. Dans Ja 
région moyenne (15 e -40 e ), elles sont cylindriques, très longues, enroulées 
en spirale vers l'intérieur, sans renflement à la base et pourvues d'un 
grand cirre conique dépassant l'extrémité du mamelon pédieux. — Un 
long cirre anal impair. 
L. 7 à 12 cm. — Coloration blanc jaunâtre. 

Fonds vaseux profonds. — Mer du Nord (côtes d'Angleterre); Atlantique 
(côtes du Portugal); Méditerranée (Candie et Phineka). 

N. agilis Langehhans. Fig. 145, c-g. — Langerhans 1819, p. 304, 
pi. xvi, fig. 39. 

Prostomium en écusson plus long que large. 2 gros yeux foncés, sans 
cristallin. 4 antennes longues, cylindriques, écartées (145 c). Au 1 er séti- 
gère, un cirre ventral (tentaculaire) plus grand, que l'antenne posté- 




Fig. 145. — Nephthys ciliçiia : a, tête et trompe (d'après Malmgren); b, parapode 
moyen X 10. — flï. agilis : c, tête, grossie; d, parapode; e, pointe de l'acicule ; f, g, 
soies, très grossies (d'après Langerhans). — .V. rubella : h, tête X 9 (d'après Michaelsen) ; 
i,. 38° parapode X 12. — -V. Malmgreni : k, parapode moyen x 10. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — NEPHTHYDIDAE 373 

rieure. — Trompe à 14 rangées de 23 à 24 papilles décroissant rapidement 
de taille d'avant en arrière. — Parapodes (d) à mamelons pédieux co- 
niques. Lamelles antérieures rudimentaires (?). Lamelle postérieure dor- 
sale grande, ogivale simple. Lamelle postérieure ventrale ovale, plus 
longue que le pied. Cirre ventral cylindrique. Acicules proéminents, à 
pointe fine, recourbée (e). Soies postérieures très longues, nettement 
denticulées (f, g). — Branchies cylindriques, enroulées vers l'intérieur, à 
grand cirre dorsal. 

Taille? — Une bande orangée au dos de chaque segment coupée par 
une bande longitudinale incolore. 

Habitat? — Atlantique (Madère); Méditerranée (golfe du Lïod, fide Pruvot). 

N. rubella Michaelsen. Fig. 145, h-i. — Michaelsen 1897, p. 19 et 108, 
pi. i, fig. 5-8; Heinen 1911, p. 31, fig. 9; Fauvel 191k, p. 196. 

Corps effilé postérieurement. 110 à 120 segments; — Prostomium pen- 
tagonal aussi large que long, à bord antérieur droit ou légèrement con- 
vexe, à côtés arrondis (145, h). 2 yeux réfringents. 4 antennes coniquos, les 
postérieures plus longues et plus minces que les antérieures. Au 1 er séti- 
gère, un cirre ventral (tentaculairej plus grand que l'antenne posté- 
rieure et un cirre dorsal plus petit, conique. — Trompe à 14 rangées de 
■30-40 papilles la couvrant presque entièrement. Pas de papille impaire. 
— Parapodes (i) à rames peu écartées et presque de même longueur. 
Mamelons pédieux coniques, pointus. Lamelles antérieures dorsales et 
ventrales découpées en 2 petits lobes ovales, inégaux, par une profonde 
échancrure. Lamelle postérieure dorsale à 2 lobes, un supérieur grand, 
arrondi très saillant et un inférieur également arrondi, mais beaucoup 
plus petit, plus court que le mamelon pédieux. Lamelle postérieure ven- 
trale ovale ou triangulaire dépassant peu ou pas le pied et avec un petit 
ergot cirriforme à la base de son bord supérieur. Cirre ventral grand, 
foliacé. Acicules à pointe fine, recourbée! Soies antérieures relativement 
longues. Soies postérieures très nombreuses, minces, longues et finement 
denticulées. — Les branchies, déjà bien développées au 3" sétigère, per- 
sistent jusqu'à l'extrémité postérieure. Elles sont longues, minces, en- 
roulées en spirale vers l'intérieur ou déroulées à l'extérieur, sans renfle- 
ment à la base, mais avec un grand cirre dorsal conique dépassant bien 
la pointe du mamelon pédieux. 

L. 6 à 8 cm. — Face dorsale brun rouge au rose chair clair, gouttière 
ventrale bleu sombre à la région antérieure. Soies brun clair. 

Sur fonds de vase ou de sable grossier de 37 à 1100 mètres de profondeur. 
Mer du Nord; Atlantique (golfe de Gascogne) ; Méditerranée (Messine). 

N. Hystricis Me' Intosh. Fig. 146, a-e. . — Me' Intosh 1908, p. 27, pi. lvii, 
fig. 8-9, lxvi, fig. 10; Fauvel 191k, p. 200, pi. xvm, fig. 1-2. 

Corps effilé, nettement tétragone. 70 segments environ. — Prostomium 



374 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 




Fia. 146. — Nephthys Hystricis : a. tête et trompe x 10; b, parapode postérieur X 12; 
c, parapode moyen x 12; d, pointe de l'acicule x 150; e, seetipn du corps dans la 
région postérieure. — N. paradoxa : i; prostomium, grossi ; g, tête et trompe d'après- 
Ehlers); h, parapode moyen x 10; i, parapode postérieur x 10. 



en écusson élargi, à bord antérieur arqué (146, a). 2 yeux (?). 4 antennes 
petites, coniques, subégales. Au 1 er sétigère, un petit cirre ventral conique, 
plus court que la rame et non dirigé en avant, un cirre dorsal analogue 
et plus petit. — Trompe cylindrique, relativement courte, à 22 rangées 
de 3 à 5 papilles de taille décroissante et une longue papille dorsale im- 
paire. — Parapodes (b-c) à rames très écartées, divergentes, surtout dans 
la région postérieure où elles sont de plus très longues et étroites, donnant 
à la section du corps un aspect en croix de Saint-André (e). Les deux 
rames sont semblables et presque de même longueur. Mamelons pédieux 
coniques. Lamelles antérieures et postérieures simples, ovales, presque 
de même longueur et dépassant peu le mamelon pédieux. Cirre ventral 
conique. Acicules à pointe fine recourbée, parfois recouverte d'une plaque 
chitineuse (d). Soies antérieures plus longues que le pied. Soies posté- 
rieures relativement courtes, jaune d'or bruni, arquées, à denticulations 
très fines, souvent peu marquées. — Les branchies commencent vers le 
9 e sétigère, sont bien développées sur une vingtaine de segments, puis 
elles diminuent de taille et disparaissent vers le 35 e -40 e sétigère.' Les plus 



POLYCHETES ERRANTES. NEPHTHYDIDAE 375 

grandes sont larges, courtes, recourbées en dehors en faucille, fortement 
ciliées, avec un cirre, dorsal assez large à la base. — Cirre anal im- 
pair (?). 
L. 30 à 45 mm. — Coloration blanc rosé. 

Dragages côtiers et profonds sur fonds de vase. 

Mer du Nord, Baie de Dublin, Atlantique (côtes d'Irlande, Baie du Croisic, 
Cap Finistère), Méditerranée (golfe de Bône). 

N. paradoxa Malm. Fig. 146, f-i. — Malm. 1874, p. 77, pi. i, fig. 2; 
Fauvel 191k, p. 199. N. pansa Ehlers 1875, p. 40, pi. in, fig. 1-2. 

Corps large, épais, de grande taille, à nombreux segments. — Prosto- 
mium en écusson pentagonal à bord antérieur droit ou légèrement con- 
cave. 2 yeux (?). k antennes courtes, coniques, les postérieures plus 
grandes qae les antérieures (146, f, g). Au 1" ' sétigère, cirre ventral 
épais, conique, presque de la taille de l'antenne postérieure. Cirre dorsal 
réduit à un simple tubercule conique. — Trompe subcylindrique, à 22 ran- 
gées de 4 à 6 papilles et une papille dorsale impaire, courte, située peu 
en avant des autres ; parfois, à la face ventrale, une courte papille impaire 
dirigée en arrière. — Parapodes (h-i) à rames courtes, très écartées. A 
la rame dorsale, mamelon pédieux arrondi, lamelle antérieure rudimen- 
taire, lamelle postérieure simple, arrondie, plus courte que le pied. A 
la rame ventrale, mamelon pédieux conique, lamelle antérieure rudimen- 
taire, lamelle postérieure simple, arrondie, plus courte que le pied. Aux 
pieds postérieurs, les mamelons des 2 rames sont coniques et plus poin- 
tus. Cirre ventral court, triangulaire. Acicules jaunes, à pointe droite, 
recouverte d'un capuchon chitineux foncé, mamelonné. Soies antérieures 
assez fines et dépassant le pied, soies postérieures peu fournies, minces, 
courtes et nettement denticulées. — Premières branchies vers le 8 e - 
10" sétigère, d'abord rudimentaires. Aux 25-30 derniers sétigères elles 
redeviennent rudimentaires, puis manquent. Dans la région moyenne, 
elles sont épaisses, larges, foliacées, triangulaires, ou recourbées en 
dehors, avec un petit cirre aplati, triangulaire. — Cirre anal impair 
aussi long que les 6 derniers sétigères. 

L. 15 à 20 cm, au moins. — Dans l'alcool, blanc jaunâtre. 

Sur fonds de vase à une assez grande profondeur. — Mer du Nord," Atlan- 
tique, au S.-O. de l'Irlande. — Atlantique Nord, Mers arctiques. 

N. inermis Ehlers. Fig. 147. — Ehlers 1887, p. 125, pi. xxxvm, 
fig. 1-6; Marenzeller 1901, p. 2 et 11. 

Corps mince, tétragone, très -effilé postérieurement. 150 segments. 
— Prostomium pentagonal à côtés arrondis. 2 (?) petites antennes laté- 
rales coniques. Pas d'yeux (?). Au 1" sétigère, un long cirre ventral 
(tentaculaire) et un très petit cirre dorsal. — Trompe sans papilles 



376 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 147. — Nephthys inermis : a, tête et trompe X 20; b, région postérieure x "20 
c, 95» pied x 30; d, 45 e pied x 30; e, longue soie simple x 450; f, soie lyriforme 
X 450 (d'après Ehlers). 



terminales bifides et sans papilles coniques (147, a). Pas de mâchoires. 
— Parapodes (c, d) à rames très écartées, divergentes, de même longueur. 
Mamelons pédieux coniques, très pointus. Lamelles antérieures nulles 
ou rudimentaires. Un petit tubercule saillant, arrondi,' à la base du fais- 
ceau de soies antérieures. Lamelle postérieure dorsale simple, lancéolée 
aiguë, dépassant le mamelon pédieux. Lamelle postérieure ventrale rudi- 
mentaire (?). Acicules à pointe droite. Soies antérieures courtes, dé- 
pourvues de barres transversales, finement ciliées. Soies postérieures 
de 2 sortes, les unes simples, longues, milices, finement denticulées (e), 
les autres plus courtes. bifurquées en forme de lyre à branches barbe- 
lées (f). Grand cirre ventral digitiforme, bien plus long que le marne-. 
Ion pédieux. — Branchies longues, minces, enroulées en spirale vers 
l'intérieur, à renflement basai et à grand cirre dorsal dépassant beau- 
coup le mamelon pédieux. — Un. cirre anal impair court et épais (b). 
L. 62 mm. — . Coloration blanchâtre. 

Dragages profonds. — Atlantique (Floride, cap Finistère); Méditerranée 
(Adriatique). 



POLYCHÈTES ERBANTES.- — SPHAERODOR1DAE 377 



F. SPHAERODORIDAE Malmgren 
(Sphaerodoriens.) 

Corps court et large, ou allongé cylindrique. — Prostomium peu distinct 
couvert de papilles dont 4 plus développées simulent des antennes. Deux ou 
4 yeux, sous les téguments. Segment buccal achète avec une paire de grandes 
papilles simulant des cirres tentaculaires. — Trompe inerme cylindrique ou 
globuleuse. Parfois un gésier en barillet strié. — Téguments couverts de petites 
papilles et portant en outre un certain nombre de grosses capsules sphériques 
formant des rangées transversales. — 'Parapodes uniramés, couverts de 
papilles dont une terminale et une plus volumineuse simulant un cîrre ventral. 
Soies simples ou composées. — Pygidium portant des papilles et un-cirre 
impair.- • - 

1. Corps allongé, 2 rangées longitudinales de capsules sphériques. 
Pas de gésier strié (fig. 148, a) G. Ephesia, p. 377 

— Corps court et large, plus de 2 rangées de capsules sphériques. 
Gésier en barillet strié (fig. 149, d).. . . G. Sphaerodorum, p. 379 • 

G. EPHESIA Rathre. 
[Bebryce et Pollicita Johnston.] 

Corps allongé, cylindrique. A la face dorsale, deux rangées longitudinales 
de capsules de la peau en forme de sphères terminées par une petite papille 
(fig. 148, b). (Cirres dorsaux modifiés.) — Segment buccal achète avec une 
paire d'appendices semblables. Prostomium portant 4 papilles allongées simu- 
lant 4 antennes. 4 yeux. — Trompe inerme, subcylindrique. Pas de gésier 
strié. — Parapodes uniramés, à soies simples ou composées. Une grande 
papille simulant un cirre ventral. — Pygidium avec 2 capsules sphériques. 

1. Soies simples (fig. 148, e) E. gracilis, p. 377 

— Soies composées (fig. 148, h) E. peripatus, p. 379 

E. gracilis Rathke. Fig. 148, a-f. — Saint-Joseph 189k, p. 38, pi. ni, 
fig. 51-54; Fauvel 1911, p. 15, pi. i, fig. 7-9;, L. Rudeuman 1911 (ana- 
tomie); Me' Intosh 1915, p. 47 (bibliographie). — Sphaerodorum flavum 
Œrsted 18W, p. 43, fig. 7, 92, 101. S. peripatus Johnston 1865 (non Cla- 
parède), p. 208. S. papillifer Moore 1909, p. 333, pi. xv, fig. 11-12. 

Corps filiforme (148, a), effilé en arrière. Environ 120 sétigères. — 
Prostomium arrondi, souvent invaginé dans les premiers segments, por- 
tant antérieurement 2 paires de grosses papilles frontales cylindriques 
simulant 4 antennes et de nombreuses papilles plus petites (b). 4 yeux 



378 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



réniformes placés sous la peau et paraissant plus ou moins en arrière, 
suivant l'état de contraction de la région antérieure. Segment buccal 
achète avec mamelons parapodiaux rudimentaires et cirres dorsaux glo- 
buleux. — Bouche ventrale, trompe exsertile, allongée, claviforme, 
couverte, de fines papilles lui donnant un aspect velouté. — Téguments 
couverts de fines papilles à la face dorsale et à la face ventrale. — Cirres 
dorsaux en forme de grosse capsule sphérique avec une petite papille 
mucronée. Mamelons sétigères courts, coniques, hérissés de papilles 
cylindro-coniques dont une beaucoup plus grosse, mucronée, insérée au 
tiers du parapode, joue le rôle de cirre ventral (c). Un seul gros acicule 
droit, incolore. Soies toutes simples, courtes, trapues, à extrémité falci- 
forme dont le bord concave de la lame et le renflement en forme de garde 
sont amincis et parfois finement denticulés (e, f). — Le pygidium porte 
deux sphères un peu plus grosses que les précédentes et un cirre anal 
impair. 

- L. 1 à 6 cm. — Jaune pâle antérieurement, puis jaune brunâtre dans la 
région intestinale ou jaune rosé, ou lilas. Cirres sphériques d'un blanc 
jaunâtre opaque. 

Fonds de roches ou de coquilles brisées et surtout fonds d'Algues calcaires. 
A mer basse dans les mares à Lithothamnion. 




Fie. 148. — Ephesia gracilis : a, légèrement grossie; b, région antérieure, grossie; 
c, parapode x 80; d, e, f, différentes sortes desoies X 400. — E.peripatus: g, para- 
pode x 80; h, i, k, soies composées x 400. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — SPHAERODORIDAE 379 

Mers arctiques, Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. — Paci- 
fique (?). Antarctique. 

E. peripatus Claparède [non Johnston). Fig. 148, g-k. — Saint-Joseph, 
189 f i, p. 41 ; Fauvel 1911, p. 17, pi. i, fig. 10-15. — Sphaerodorum peri- 
patus Claparèdb 1863, p. 50, pi. xi, fig. 8-18. S. abyssorum Hansen 1882, 
p. 37,. pi. vi, fig. 16-19. 

Corps filiforme, effilé en, arrière. Environ 50 sétigôres. — Prostomium 
arrondi souvent invaginé dans les premiers segments, portant antérieure- 
ment 2 paires de papilles frontales cylindriques simulant 4 antennes à 
peine plus développées que les papilles qui les entourent. 4 yeux réni- 
formes situés sous la peau. Segment buccal achète avec mamelons para- 
podiaux rudimentaires et cirres dorsaux globuleux. — Bouche ventrale, 
trompe exsertile, allongée, claviforme, couverte de -fines papilles. — Tégu- 
ments couverts de fines papilles à la face dorsale et à la face ventrale. — 
Cirres dorsaux en forme de grosse capsule sphérique à papille mucronée. 
Mamelons sétîgères courts, coniques, annelés, portant des papilles cylin- 
dro-coniques et terminés en pointe, une papille-conique, plus grosse que 
les autres, simule un cirre ventral, non mucroné (148, g). Un acicule. Soies 
composées à hampe transparente terminée en biseau, à article terminal en 
serpe plus ou moins allongée (h, i, k). — Pygidium portant deux cirres 
globuleux et un cirre anal impair. 

L. 20 à 50 mm. sur 2 à 3 mm. — Coloration blanc jaunâtre. 

Dragages et à mer basse dans les crampons de Laminaires. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. — Mer de Kara. 

G. SPHAERODORUM Œrsted 
(sensu Levinsen char, entend.) 

Corps court et large. Face dorsale avec plus de deux rangées de capsules de 
la peau en forme de sphère sans papilles. — Sogment buccal achète avec une 
paire d'appendices en forme de massue. Prostomium portant 4 papilles allon- 
gées simulant 4 antennes. Deux yeux (?). — Trompe inerme globuleuse. Gésier 
en barillet strié. — Parapodes uniramés, à soies composées. Une grande papille 
simulant un cirre ventral. — Pygidium portant de petites papilles. 

t . Six rangs de sphères dorsales et quatre rangs de sphères ven- 
trales (fig. 149, d) Sph. Claparedii, p. 379 

— Dixàdouzerangsdcsphèresdorsales(149,a).Sph.minutum('),p. 380 

S. Claparedii Greeff. Fig. 149, d-e. — Greeff 1866, p. 338, pi. vi ; 
Southern 191k, p. 89. 
Corps trapu (149, d). 8 à 16 sétigères. — Prostomium peu distinct cou- 

(1) Le Sph. Greeffîi Gubd est une espèce nominale qui n'a jamais été décrite. 



380 



FAUNE DE FRANCE- 



POLYCHETES ERRANTES 



vert de petites papilles dont 4 plus grandes dirigées en avant simulent des 
antennes, derrière elles s'en trouvent une ou deux un peu plus allongées. 
Deux yeux pourvus d'un cristallin. Segment buccal achète. — Trompe 
globuleuse, inerme. Gésier strié transversalement. — Téguments cou- 
verts de petites papilles arrondies. A la face dorsale, chaque segment porte 
une rangée ■ transversale de 6 grosses capsules sphériques, lisses, sans 
papilles, dont les deux externes remplacent les cirres dorsaux. L'ensemble 
forme donc 6 rangées longitudinales de sphères dorsales. A la face ven- 
trale, les papilles globuleuses sont plus petites, irrégulièrement distribuées, 
ou disposées sur 4 rangs longitudinaux. — Mamelons sétigères coniques, 
ridés, terminés par deux papilles allongées en massue (e) entre lesquelles 
sortent les soies composées; à article terminal en serpe allongée. — Pygi- 
dium portant de petites papilles et un cirre impair. 
L. 2 mm. — Blanc jaunâtre. Yeux brun rougeâtre. 

Dans les parcs à Huîtres, parmi les Algues, dans les dragages côtiers et à la 
surface. 

Manche (Dieppe, dans les parcs à Huîtres); Atlantique (côtes Ouest d'Ir- 
lande). 

S, minutum (Webster et Benedict). Fig. 149, a-c. — F auvel 191k, p. 96. 




Fig. 149.- — Spkaerodorum minutum : a, partie antérieure, face dorsale x 33; b, soies 
X 800 (d'après Southern); c, parapode x 150. — Sp. Claparcdii : d, face dorsale x20; 
e, parapode et soies x 200 (d'après Greeff). 



POLYCHETES ERRANTES. GLYCERIDAE 381 

pi. vu, fig.-19-2i; Southern 191h, p. 90. pi. ix, fig. 21. — Ephesia mi- 
nuta Wedster et Benedict 1887, p. 728, pi. iv, fig. 64-66. 

Corps trapu (149, a). 17 à 22 sétigères. — Prostomium rétréci en avant, 
couvert de petites papilles et portant 4 grandes papilles allongées simu- 
lant 4 antennes et une courte papille impaire. Segment buccal achète, 
avec 2 longues papilles dorsales cirriformes. 2 gros yeux à cristallin. — 
Trompe globuleuse, inerme. Gésier strié. — Téguments couverts de 
petites papilles arrondies. A la face dorsale, chaque segment porte une 
rangée transversale de 10-12 grosses capsules sphériques, lisses dont les 
deux externes jouent le rôle de cirres dorsaux. Ala face ventrale, il n'y 
a que de petites papilles disposées sans ordre. — Parapodes à mamelon 
sétigère allongé, annelé, couvert de papilles piriformes et terminé par 
deux grosses papilles allongées dont l'une simule un cirre ventral (c). 
Un acicule. 4-9 soies composées à article terminal .en serpe plus ou moins 
allongée. L'extrémité de la hampe est finement denticulée (b). — Pygï- 
dium portant 2 grosses papilles globuleuses et un long cirre impair cylin- 
drique. Anus dorsal. 

L. 2 à 4 mm., sur 1 mm. — Yeux brun rougeàtre. Œufs rouge pourpre. 

Dans les crampons de Laminaires; dragages sur fonds de sable et de 
coquilles; recueilli aussi'la nuit à la surface, au filet fin. 
Mers arctiques, Atlantique Nord (côtes d'Irlande et des États-Unis). 



F. GLYCERIDAE Grube. 
(Glycériens) 

Corps allongé, plus ou moins atténué aux extrémités, à nombreux segments, 
souvent bi ou tri-annelés. — Prostomium conique, annelé, terminé par 4 petites 
antennes. — Trompe exsertile, cylindrique, ou en massue, garnie de papilles et 
portant des mâchoires cornées plus ou moins nombreuses. — Parapodes bîra- 
més, sauf dans la région antérieure où ils peuvent être uniramés. Branchies 
composées, simples, ou nulles. Soies dorsales simples, ventrales composées. 
— 2 cirres anaux! 

1. 4 mâchoires. Corps non divisé en 2 régions (150, a). . . . 
G. Glycera, p> 383 

. — Mâchoires et paragnathes nombreux. Corps à 2 régions dis- 
tinctes, l'antérieure à pieds uniramés, la postérieure à pieds bi- 
ramés (fig. 154, a-c) • . . . 2 

2. Des chevrons en V à la base de la trompe (lig. 154, i-g). . . 
G. Goniada, p. 391 

— Pas de chevrons à la base de la trompe.. . . . G. Eone, p. 394 



382 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

Remarques. — La classification des espèces chez les Glycériens, en particu- 
lier dans le genre Glycera, repose sur l'emploi de caractères de valeur assez 
inégale. Les plus utiles sont tirés de la forme des parapodes, de la présence 
ou de l'absence de branchies et de leur structure, des mâchoires et de leurs 
appendices. Les soies fournissent peu de caractères distinctifs, vu leur 
grande analogie dans un même genre. Cependant les soies aciculaires dorsales 
de V Eone Nordmanni et de la Goniada emerita sont typiques et font exception 
à la règle (fig. 154, o, 155, m). Certains auteurs ont attaché «ne assez grande 
importance à la division superficielle du prostomium conique en pseudo- 
segments (fig. 150, b). Ces anneaux, ainsi que l'a démontré Gravier, ne corres- 
pondent nullement à une véritable segmentation et leur nombre n'a pas grande 
signification, car il est variable dans une même espèce. Ils sont d'ailleurs sou- 
vent fort difficiles à compter, car, suivant l'état de contraction, ils peuvent être 
presque effacés ou, au contraire, subdivisés en deux par un léger sillon. Ceci 
explique comment certains auteurs attribuent, par exemple, 11 anneaux au 
prostomium de telle Glycère et d'autres 22, soit le double. 

Les caractères tirés des branchies sont réellement importants. Malheureuse- 
ment, chez beaucoup de Glycères, ces organes sont rétractiles et lorsqu'ils 
sont rentrés à l'intérieur du pied, ce qui est trop souvent le cas chez les animaux 
conservés dans l'alcool, il est fort difficile, sinon impossible, d'en constater la 
présence. C'est pourquoi la même espèce a été souvent décrite sous deux nom^ 
différents suivant que les branchies étaient ou non apparentes. Tel est le cas 
de la Glycera Rouxii, en apparence abranche, dont on a fait la Gly. Goesi 
quand ses branchies étaient bien sorties. 

Ces branchies exsertiles peuvent être vésiculeuses, ou plus ou moins allon- 
gées, simples ou bifurquées (fig. 152, k, 153, g), mais dans ce dernier cas, 
lorsque la branchie n'est pas complètement dévaginée, une des branches reste 
encore incluse dans le parapode et l'aspect est alors celui d'une branchie 
simple. De Saiyt-Joseph lui-même s'y est trompé et nous avons pu constater 
sur de nombreux spécimens de sa Glycera Mesnili, recueillis au même endroit 
que le type, que cette Glycère possède en réalité des branchies bifurquées et 
qu'elle n'est autre que la Glycera unicornis. 

La forme de l'aileron chitineux qui renforce l'implantation des mâchoires 
dans la trompe fournit parfois des caractères utiles (fig. 150, d-e). Mais il ne 
faut pas perdre de vue que cet organe est susceptible de variations indivi- 
duelles dont l'étendue demanderait à être précisée par l'examen d'un grand 
nombre de spécimens. 

La forme, la structure et la répartition des papilles de la trompe sont parfois 
caractéristiques, comme chez les Gl. convoluta et Gl. tesselata, par exemple. 

La forme, la structure du parapode, le nombre et la disposition des lèvres 
des rames dorsale et ventrale, leurs dimensions respectives, fournissent des 
caractères de première importance et ils ont l'avantage d'être faciles à observer. 
Pour les utiliser avec fruit, quelques précautions sont nécessaires cependant. 
Il ne faut comparer que des parapodes de même rang, ceux du milieu du corps, 
de préférence, car leur forme se modifie un peu de l'avant à l'arrière. En règle 
générale, les 2 premiers sétigères ont des pieds rudimentaires, uniramés, dé- 
pourvus de cirre dorsal. Les parapodes postérieurs sont plus allongés, à lèvres 
effilées, de proportions relatives souvent différentes de celles des pieds moyens ; 



POLYCHÈTES ERRANTES. — CLYCERIDAE 383 

les branchies y font généralement défaut, ainsi parfois qu'aux pieds antérieurs. 
Chez les Goniades, à 2 régions du corps bien tranchées, les pieds de la partie 
antérieure sont uniramés, ceux de la région postérieure biramés, à rames très 
écartées. Parfois, une région intermédiaire établit une transition entre les 
deux. 

Dans ce dernier .genre, il existe des paragnathes chitineux dont le nombre 
et la disposition fournissent de bons caractères. 



G. OLYCERA Savigny. 
[Rliynchobolus Claparède.] 

Corps rond, atténué aux 2 extrémités, à segments bi ou tri-annelés. — Prosto- 
mium conique, annelé, terminé par 4 petites antennes en croix (150, b). — 
Trompe exsertile, cylindrique ou en massue, couverte de papilles. 4 mâchoires 
chitineuses en croc avec un aileron à la base. — 2 premiers sétigères unira- 
més, sans cirre dorsal. Tous les autres semblables, biramés, avec un cirre dor- 
sal globuleux, 2 lèvres antérieures, une ou 2 lèvres postérieures et un cirre 
ventral. Branchies simples ou composées, cylindriques ou globuleuses, rétrac- 
tiles ou non, manquant parfois complètement. Soies dorsales simples, ventrales 
composées. — 2 cirres anaux. . ■ 

1. Pas de branchies. Pieds à une ou 2 lèvres postérieures arrondies 
(fig. 150, c). 2 

— Des branchies non rétractiles. 2 lèvres postérieures inégales 
(fig. 150,1) 4 

— Des . branchies rétractiles. 2 lèvres postérieures subégales 
(fig. 152, i, k) 5 

2. Une seule lèvre postérieure arrondie (151, b) 3 

— 2 lèvres postérieures arrondies. Trompe à longues papilles 
(fig. 152, c) '. G. tesselata, p. 387 

3. Aileron des mâchoires peu ou pas échancré (fig. 151, a). . . . 
6. capitata, p. 385 

— Aileron des mâchoires nettement échancré (fig. 151, g). . . . 
6. lapidum, p. 386 

4. Corps blanc laiteux. Branchies courtes (fig. 150, 1). G. alba, p. 385 

— Corps rose chair. Branchies plus longues (fig. 150, g) . . . . 
G. convoluta, p. 388 

5. 2 lèvres postérieures ^arrondies. Branchies globuleuses (fig. 152, 
k). G. gigantea, p. 387 

— 2 lèvres postérieures pointues. Branchies allongées (fig. 153, a). 6 

6. Branchies simples (fig. 153, a) G. Rouxii, p. 389 

— Branchies bifurquées (fig. 153, g) G. unicornis, p. 389 

Gl. convoluta Keferstein. Fig. 150, a-h. — Saint-Joseph 1898, p. 27, pi. u, 
fig. 30-38. — (?) Gl. tridactyla Schmarda 1861, p. 97, pi. xxx, fig. 238. 



384 



FAUNE DE FRANCE. POLTTCHETES ERRANTES 



— Gl. convoluta var. uncinata Rioja 1918, p. 85, fig. 20. — Rhyncho- 
boius convolutus Claparède 1868, p. 186, pi. xvi, fig. 3. 

Corps rond, transparent, très effilé postérieurement (150, a). 120 à 
180 segments biannelés. — Prostomium conique à 14-16' anneaux (b). — 
Trompe assez courte, en massue, couverte de fines papilles cylindriques 
tronquées obliquement avec une sorte d'ongle chitineux transparent (f) ; 
quelques rares papilles arrondies. Aileron des mâchoires triangulaire 
avec un long prolongement d'un côté (d, e). — Parapodes (g, h) à 2 lèvres 
antérieures triangulaires ou en cône obtus,- sensiblement de même lon- 
gueur; 2 lèvres postérieures, la supérieure semblable aux antérieures, 
l'inférieure en court mamelon arrondi. Cirre dorsal en bouton globuleux 
en arrière de la base du pied.- Cirre ventral massif, plus ou moins trian- 
gulaire ou en cône tronqué. Branchie cylindrique, non rétractile, insérée 
au bord supérieur du pied et plus longue que les lèvres supérieures. 
2 acicules, l'inférieur plus robuste, souvent terminé en croc plus ou moins 
marqué (variété uncinata). Soies dorsales en un seul faisceau. 2 faisceaux 
de soies ventrales à long article finement denticulé, à hampe homogom- 




Fre. 150. — Glycera convoluta : a, grandeur naturelle; b, prostomium x 30; c, trompe 
x 5; d, mâchoire x 20; e, aileron de la mâchoire X 30; f, papilles de la trompe, 
face et profil x 250 ; g, 56" pied x 40; h, pied postérieur x 40. — Gl. alba : i, pa- 
pille de la trompe X 250; k, aileron x 30; 1, pied moyen x 40; m, pied postérieur 
X 40. 



POLYCHÈTES ERRANTES. GLYCERIDAE 385 

phe. Parapodes postérieurs plus ■ longs, à lèvres plus effilées, les derniers 
sans branchie. — 2 longs cirres anaux filiformes. 
L. 6 à 10 cm. — Rouge chair, rose nacré plus ou moins vif. 

A mer basse, dans le sable et le sable vaseux des herbiers de Zostères. Se 
roule en spirale au moindre attouchement. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. — Mer Rouge. 

61. alba Rathke. Fig. 150, i-m. — Malmgren 1865, p. 183, pi. xv, iig. 82; 
Saint-Joseph 1898, p. 344. Gl. branchiales Quatrefages 1865, II, p. 182. 
Gl. albicans Quatrefages 1865, II, p. 18G. 

Corps rond, très effilé postérieurement. 100 à 150 segments biannelés. 

— Prostomium conique, aigu, à 8-10 anneaux. — Trompe en massue, 
couverte de fines papilles cylindriques tronquées obliquement avec une 
sorte d'ongle chitineux transparent (150, i), mélangées de quelques pa- 
pilles rondes et d'autres coniques. Aileron des mâchoires triangulaire 
avec un long prolongement d'un côté (k). — Parapodes (1, m) à 2 lèvres 
antérieures triangulaires, allongées, subégales; 2.1èvres postérieures, la 
supérieure triangulaire, plus courte que les antérieures, l'inférieure en 
court mamelon arrondi. Cirre dorsal en bouton globuleux en arrière de la 
base du pied. Cirre ventral massif, triangulaire. Branchies cylindriques, 
non rétractiles, insérées au bord supérieur du pied et dépassant à peine 
les lèvres supérieures. 2 acicules, l'inférieur, plus robuste, terminé en 
pointe. Soies dorsales en un seul faisceau. 2 faisceaux de soies ventrales 
à long article finement denticulé, à hampe homogomphe. Parapodes pos- 
térieurs plus longs, à lèvres plus effilées, les derniers sans branchies. 

— 2 longs cirres anaux filiformes. 

L. 3 à 7 cm. — D'un blanc laiteux. Dans l'alcool, blanc jaunâtre. 

Dans le sable, à mer basse, et dans les dragages peu profonds. 

Mer du Nord; Manche (St-Vaast, St-Malo); Atlantique (Croisic, Pouliguen, 
Glénans). 

Nota. — Cette espèce, très voisine de la Gl. convoluta, ne s'en distingue que 
par sa coloration blanche, ses branchies plus courtes, ses lèvres pédieuses 
plus aiguës (?) et, d'après Arwidsson, par une structure différente de la mem- 
brane entourant la trompe à l'intérieur du corps. 

Gl. capitata Œrsted. Fig. 151, a-e. — Arwidsson 1898, p. 7, pi. i, 
fig. 1-7, iv, fig. 54; Fauvel 191k, p. 204. Gl. setosa Œrsted 18 r 43, 
p. 198, pi. vi, fig. 89, 95, 97. Gl. Mulleri Quatrefages 1865, II, p. 172. 

Corps élargi au tiers antérieur et effilé postérieurement. 140 à 170 seg- 
ments nettement triannelés, sauf les premiers. — Prostomium court, à 
8 anneaux. — Trompe longue, en massue, à 2 sortes de papilles, les unes 
nombreuses, longues, cylindriques, les autres courtes, ovoïdes. Aileron 
des mâchoires avec un long prolongement latéral et bord libre interne 
peu ou pas concave (151, a). — Parapodes courts (b, c), à 2 lèvres anté- 

25 



386 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



Heures coniques, la supérieure plus courte que l'inférieure. Une seule 
lèvre postérieure, courte, large, arrondie. Cirre dorsal petit, globuleux, 
inséré très au-dessus du pied auquel il est relié par une lamelle étroite. 
Cirre ventral large, conique. Pas de branchies. Soies ventrales réparties 
en 2 faisceaux. Elles sont toutes à peu près de même grosseur, à long 
article terminal (d, e). — 2 longs cirres anaux. 

. L. 30 à 60 mm. — Gris blanchâtre, légèrement teinté de rouge anté- 
rieurement. 

Dragages et à la côte dans le sable avec gravier et Algues calcaires. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique. — Mers arctiques, Antarctique, Pacifique. 

Nota. — La Gl. setosa, à longues soies et à parapodes effilés, est la forme 
épitoque de cette espèce. 

61. lapidum Quatrefages. Fig. 151, f-m. — Arwidsson 1898, p. 15, 
pi. i, fig. 7-8, iv, fig. 55. Gl. capitata Keferstein [non Œrsted) 1862, 
p. 105, pi. ix, fig. 17-27; Saint-Joseph 1898, p. 31, pi. n fig. 39-42. 
GL alba Johnston (non Rathke) 1865, p. 147, pi. ix, fig. 1-10. 

Corps élargi au tiers antérieur, effilé postérieurement. 60 à 170 seg- 




Fig. 151. — Glycera capitata : a, aileron x 40; h, pied moyen x 40; c, pied postérieur 
X 40 ; d, e, soies composées, médiane et inférieure x 250. — Gl. lapidum : t, ma- 

. choire x 30; g, aileron X 40; h, i, j, papilles de la trompe x 250; k, pied moyen 
X 40; 1, m, soies composées, médiane et inférieure x 250. 



POLYCHETES ERRANTES. — CLYCERIDAE 387 

ments triannelés. — Prostomium mince, conique, à 11 anneaux. — 
Trompe longue, en massue, à 2 sortes de papilles, les unes nombreuses, 
longues, cylindriques (151, h, i), les autres peu nombreuses, courtes, 
larges, ovoïdes (j). Aileron des mâchoires à long prolongement latéral et 
à bord libre interne à forte échancrure concave (f, g). — Parapodes courts 
(k), à 2 lèvres antérieures coniques, la supérieure plus courte que l'infé- 
rieure. — Une seule lèvre postérieure courte, large, arrondie. Cirre dorsal 
petit, globuleux, inséré très au-dessus du pied auquel il est relié par une 
étroite lamelle. Cirre ventral à extrémité pointue dirigée obliquement 
vers le bas. Pas de branchies. Soies ventrales réparties en 2 faisceaux, 
les supérieures et les inférieures plus fortes que les autres, à long article 
terminal (I, m). — 2 cirres anaux. 

L. 25 à 80 mm. — Blanc nacré ou gris blanchâtre. Dans l'alcool, brun 
plus ou moins foncé. 

Dragages côtiers et à mer basse dans le sable mélangé de gravier. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, (Méditerranée?). 

Nota. Cette espèce, très voisine de la Gl. capitata, n'en est sans doute qu'une 
simple variété plus méridionale. 

Gl. tesselata Gbube. Fig. 152, a-c. — Ehlebs 1808, p. 654, pi. xxiv, 
fig. 2, 33, 34; Fauvel 101k, p. 206, pi. xvut, fig. 7-9. — (?) Gl. Kœhleri 
Roule 1896, p. 451, fig. 6, 7, 8, 23, 27. 

Corps de petite taille, court, renflé antérieurement, très effilé posté- 
rieurement. 70 à 100 segments biannelés. — Prostomium allongé, conique, 
à 12-14 anneaux. — Trompe courte, globuleuse, couverte d'un grand 
nombre de longues papilles filiformes (152, a). Aileron des mâchoires à 
2 longues branches dont l'une porte, du côté interne, une apophyse assez 
marquée (b). — Parapodes à 2 lèvres antérieures longues, étroites, sub- 
égales et 2 lèvres postérieures beaucoup plus courtes, arrondies, égales 
entre elles (c). Cirre dorsal globuleux, peu éloigné de la base du pied. 
Cirre ventral assez long, conique, aigu. Pas de branchies. Soies ven- 
trales, réparties en 2 faisceaux. Files sont très longues, à articulation 
hétérogomphe, à article grêle finement épineux. — 2 longs et minces 
cirres anaux. 

L. 15 à 35 mm. — Taches blanches sur fond rose formant mosaïque. 
Dans l'alcool, brun plus ou moins foncé avec ornementation polygonale. 

Dragages côtiers et profonds, sur fonds de vase, sable, gravier, coquilles 
brisées et Bryozoaires. 

Atlantique (golfe de Gascogne); Méditerranée (Marseille, Cannes, Monaco); 
Adriatique. — Pacifique. 

61. gigantea Quatrefages. Fig. 152, d-k. — Quatrefages 1865, II, 
p. 183; Saint-Joseph iH9k, p. 22, pi. n, fig.' 20-29. Gl. fallax Quatre- 



388 



FAUNE DE FRANCE. — i POLYCHÈTES ERRAXTES 




Fig. 152. — Glycera lesselata : a, papille de la trompe x 150; b, mâchoire x 80; c. 
pied moyen X 50. — Gl. gigardea : A, papilles de la trompe x 150; e, J, aile rondes 
mâchoires x 30; g, soie composée x 250 ; h, pied moyen de la forme jeune x 40; i, k, 
pied moyen, face postérieure et face antérieure (les soies ne .sont pas figurées) X 20. 



pages 1865, II, p. 184, pi. ix, fig. 18. Gl. retractilis Quatrefages 1865, 
II, p. 185. Gl. folliculosa Ehlers 1868, p. 658. — Rhynchobolus siphono- 
stoma Claparède 1869, p. 182 (partim). 

■ Forme jeune : Glycera decorata Quatrefages 1865, II, p. 181. Gl. lapi- 
dum Ehlers {non Quatrefages) 1868, p. 652. Gl. Ehlersi Arwidsson 1808, 
p. 19 et Voit 1911, p. 98. 

Corps de très grande taille, très longuement effilé en arrière. 300 à 400 
segments biannelés'. — Prostomium grand, conique, souvenVtrès pointu, 
à 12-14 anneaux biannelés. — Trompe très longue, subcylindrique, à nom- 
breuses papilles allongées mélangées de papilles globuleuses, plus rares 
(152, d). Aileron' des mâchoires triangulaire, avec un prolongement d'un 
seul côté (e, f) . — Parapodes relativement courts, à 2 lèvres antérieures 
égales, digitiformes, terminées en pointe obtuse et 2 lèvres postérieures très 
courtes, arrondies, dont l'inférieure est un peu plus courte que la supé- 
rieure (h, i, k). Un cirre dorsal en bouton massif un peu plus long que 
large, peu distant de la base du pied. Cirreventral court, large, obtus. 
Branchie en forme de poche vésiculeuse arrondie, insérée à la face anté- 



POLYCHÈTES ERRANTES. — GLYCERIDAE 389 

rieure du pied, rétractile, souvent invisible sur les animaux conservés (k). 
Aux pieds antérieurs et postérieurs, et chez les jeunes, les 2 lèvres posté- 
rieures sont souvent confondues en une seule, ou à peine séparées par une 
faible échancrure (b). Un faisceau supérieur de soies simples et 2 faisceaux 
ventraux de soies à article finement épineux et crénelé (g). — 2 longs 
cirres anaux. 

L. 20 à 35 cm. — Rose nacré en avant, gris de lin en arrière. Dans 
l'alcool,- blanc jaunâtre ou cuivré. ' 

A mer basse, dans le sable entre les rochers ou sous les pierres. Dragages. 
Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 

61. Rouxii Audouin et M. -Edwards. Fig. 153, a-c. — Quatrefagbs 1865, 
11, p. 176. Gl. mitis Johnston 1865, p. 185. Gl. Goesi Malmgren 1867, 
p. 184, pi. xv, fig. 81 ; Arwidsson 1898, p. 22, pi. i, fig. 13-14. 

Corps linéaire, effilé postérieurement. 200 à 250 segments nettement* 
biannelés. — Prostomium conique allongé, à 10-12 anneaux peu nets. — 
Trompe longue, en massue, à papilles les unes coniques, les autres globu- 
leuses (153, c). Aileron des mâchoires triangulaire avec un prolongement 
latéral droit. — Parapodes allongés à 2 lèvres antérieures coniques, 
aiguës, de même longueur. 2 lèvres postérieures plus courtes, larges, apla- 
ties, la supérieure mucronée, un peu plus longue que l'inférieure qui est 
triangulaire et plus ou moins émoussée. Cirre dorsal assez gros, peu 
éloigné de la base du pied. Cirre ventral long, conique, pointu, réfléchi 
vers le bas. Branchie simple cylindrique, insérée au milieu de la face 
antérieure du pied, rétractile et souvent invisible sur les animaux conservés 
(a, b). Les parapodes postérieurs sont plus longs, à lèvres plus effilées, sauf 
la postérieure inférieure qui est arrondie et réduite (b). Soies dorsales 
simples, en 2 faisceaux. 2 faisceaux de soies ventrales robustes, à long ar- 
ticle denticulé. Extrémité de la hampe avec une lamelle en biseau denticulée 
(d) . — 2 longs cirres anaux. 

L. 10 à 20 cm. — Coloration rougeâtre. Dans l'alcool, jaunâtre qu brun 
cuivré avec, souvent, l'extrémité des parapodes plus foncée. 

A mer basse ou dans les dragages sur fonds de sable ou de vase molle. 
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. — Mers arctiques. 

61. unicornis Savigny. Fig. 153, e-i. — Audouin et M. -Edwards 183k, 
p. 243, pi. vi, fig. 13; Quatrefages 1865, II, p. 169. 67. Meckelii Audouin 
•et M. -Edwards 1834, p. 241, pi. vi, fig. 1-4. Gl. Mesnili Saint-Joseph 
1898, p. 339, pi. xix, fig. 146-148, xx, fig. 149-157. Gl. siphonostoma 
DELLECHiAJE(/>ar&7rc), — Rhynchobolus Meckelii Claparède 1868, p. 189. 

Corps rond, de très grande taille, finement effilé en arrière. 250 à 400 
segments biannelées. — Prostomium conique, pointu, à 10-12 anneaux. — 
Trompe en massue, couverte de papilles, les unes en cône obtus, les autres, 



390 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fis. 153. — Glycera Rouxii : a, pied moyen, face postérieure x 20; b, pied postérieur 
X 30 ; c, papilles x 300 ; d, soie composée X 350. — Gl. unicornis : e, papilles x 300 ; 
i, soie composée x 350; g, pied moyen, face antérieure x 20; h, pied postérieur 
x 30; i, pied moyen contracté, face postérieure x 30. 



plus rares, globuleuses (153, e). Aileron des mâchoires triangulaire, avec 
un prolongement d'un seul côté. — Parapodes à 2 lèvres antérieures 
triangulaires, pointues, mucronées, subégales (g). 2 lèvres postérieures de 
même forme mais plus courtes que les antérieures, la supérieure parfois 
un peu*plus longue que l'inférieure, surtout aux pieds postérieurs. Cirre 
dorsal eh bouton un peu plus long que large. Cirre ventral triangulaire. 
Branchies bifurquées à 2 divisions cylindriques, rarement 3, quelques-unes 
simples; insérées à la face antérieure du pied et très rétractiles. Les 
2 branches ne sont visibles que lorsqu'elles sont complètement dévaginées.. 
Sur les spécimens . contractés , les parapodes sont courts avec lèvres 
obtuses, les postérieures légèrement plus courtes que les antérieures (i)_ 
Soies dorsales formant 2 faisceaux. Deux faisceaux de soies ventrales à 
article finement épineux, à hampe avec une lamelle en biseau denticu- 
lée (f). — 2 longs cirres anaux. 

L. 12 à 35 cm. — Blanc rosé plus ou moins foncé avec, souvent, l'extré- 
mité des parapodes fortement pigmentée de brun. Dans l'alcool, blanc jau- 
nâtre ou brun cuivré. 



POLYCHETES ERRANTES. — GLYCEIUDAE , 391 

A mer basse, dans le sable vaseux. 

Manche (Plymouth, Chausey); Atlantique (Croisic, côtes de Vendée, Ile de 
Ré) ; Méditerranée (Naples). 

Glycères incertae sedis. 

Hemipodus septentrionales Roule 1896, p. 452, pi. xx et xxiv, fig. 4, 5 et 22. — 
Cette espèce, qui appartient bien au G. Glycera et non au G. Hemipodus, paraît 
être, soit une forme jeune de G. gigantea, soit une G. tesselata. 

Glycera dubia Blainville et Glycera polygona Risso, décrites d'une façon par 
trop sommaire, ne sont pas identifiables. 

G. G0N1ÀDA Audouin et M.-Edwards. 

Corps à 2 régions distinctes, la postérieure plus large, plus aplatie. — Pros- 
tomium conique, annelé, terminé par 4 petites antennes en croix. — Trompe 
cylindrique, couverte de papilles triangulaires. 2 grosses mâchoires chitineuses 
pluridentées et de nombreux paragnathes cornés. De chaque côté de la base 
de la trompe, une rangée longitudinale de chevrons chitineux en V. — Para- 
podes de la région antérieure uniramés, avec un cirre dorsal, 3 lèvres et un 
cirre ventral. Parapodes suivants biramés, avec un cirre dorsal, un mamelon 
dorsal, 3 lèvres ventrales et un cirre ventral. Pas de branchies. Soies dorsales 
simples. Soies ventrales composées. — 2 cirres anaux. 

1. Soies dorsales robustes, aciculaires (fig. 154, o). G.emerita, p. 391 

— Soies dorsales toutes capillaires 2 

2. 25 à 50 paragnathes en X (fig. 155, i). 2 lèvres à la rame dorsale 
(c) G. norvegica, p. 393 

— 3 paragnathes en X et 4 en Y. Une seule lèvre à la rame dorsale 
(fig. 154, e, c) G. maculata, p. 392 

G. emerita Audouin et M.-Edwards. Fig. 154, h-q. — Saint-Joseph 
189k, p. 33, pi. n, fig. 43-50; 1006, p. 162, pi. n, fig. 34-36; Fauvel 1914, 
p. 211, pi. xix, fig. 7-10. G. eremita Ehlers 1868, p. 718, pi. xxiv, fig. 
49-51. 

Corps divisé en 2 régions, une antérieure mince, cylindrique, une pos- 
térieure aplatie. 150 à 300 segments. — Prostomium conique à 8 anneaux 
et 4 courtes antennes (154, h). — Trompe cylindrique à 2 grosses 
mâchoires simples à 3-5 dents ; 25 à 55 paragnathes en X formant une 
ceinture complète; de chaque côté, à la base, 7 à 12 chevrons chitineux 
en V (i); papilles antérieures réniformes. — 60 à 70 premiers segments à 
parapodes uniramés (m) comprenant un cirre dorsal, un mamelon séti- 
gère à 3 lèvres pointues, dont 2 antérieures et une postérieure plus courte, 
un gros cirre ventral et un faisceau de soies toutes composées. Parapodes 
suivants tous biramés (n). A la rame dorsale, un gros cirre d'abord conique, 
puis foliacé, un mamelon conique avec 1 acicule et 2-3 grosses soies acicu- 
laires droites, émoussées (o), pas de lèvre postérieure. A la rame ventra'e, 



392 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



une lèvre postérieure et 2 lèvres antérieures subégales, brusquement atté- 
nuées en pointe allongée, un grand cirre ventral massif, un acicule et un 
faisceau de soies composées à hampe terminée par 4 pointes, 2 longues et 
2 courtes, à article inséré dans un plan perpendiculaire aux pointes de 
même longueur (p, q). Dans la région postérieure, les 2 rames sont très 
écartées. — 2 longs cirres anaux subulés. 
L. 35 à 360 mm. — Rose uniforme ou gris perle à reflets irisés. 

A mer basse dans le sable vaseux mélangé de cailloux et dans le sable à Zo- 
stères. Dragages. — Manche, Atlantique, Méditerranée. 

6. maculata Œrsted. Fig. 154, a, g. — Ehlers 1868, p. 704, pi. xxiv, 
fig. 36-48; Voit 1911, p. 110, fig. 8-9. 

Corps mince, peu atténué en arrière, à 2 régions distinctes, une anté- 
rieure cylindrique et une postérieure plus large et plus plate. Environ 
200 segments. — Prostomium conique à 10 anneaux et 4 petites antennes 




Fig. 154. — Goniada maculata : a, 15 e pied X 50; b, 37 e pied X 45; c, 48° pied x 35 
d, paragnathe en X x 155; e, paragnathe en Yx 155 (d'après Arwidssox) ; î , mâchoire 
très grossie (d'après Voit; ; g, tête et trompe x 10 (d'après Ehlers). — G. emerita t 
h, tête (d'après Mjlxe-Edwards); i, chevrons; k. mâchoire x 25 (d'après Ehlers); 

' 1, paragnathes x 60 (d'après Saint-Josephj; m, 50* pied X 60; n, 140" pied X 40; 
o, acicule et soies aciculaires dorsales x 80; p, q, hampe des soies composées, face 
et profil x 350. 



POLYCHÈTES ERRANTES. GLYCERIDAE 393 

minces. — Trompa cylindrique (154, g) à 2' grosses mâchoires simples à 
5-8 dents de taille décroissante (fj, 3 paragnathes ventraux en X et 4 dor- 
saux bidentés en Y (d, e), de chaque côté, à la base, 7-11 chevrons chitineux 
en V. 18 papilles arrondies au bord antérieur de la trompe et de nombreuses 
petites papilles cordiformes à sa surface. — 40 premiers sétigères à para- 
podes uniramés (a, b), à cirre dorsal aplati, à cirre ventral épais, obtus, à 
mamelon sétigère à une seule lèvre jusqu'au 18 e , ensuite à 2, puis 3 lèvres, 
vers le 33*. Un faisceau de soies toutes composées. A partir du 40 e séti- 
gère, parapodes nettement biramés (c). A la rame dorsale, un gros cirre 
aplati, un mamelon conique sans lèvre postérieure, un acicule et quel- 
ques soies capillaires, simples. A la rame ventrale, une lèvre postérieure 
large, courte lancéolée et 2 lèvres antérieures plus longues, plus poin- 
tues, subégales, un cirre ventral obtus, un acicule et un faisceau en éven- 
tail de soies composées. Aux derniers sétigères, les lèvres antérieures et 
le cirre ventral sont réduits à de courts mamelons. — 2 cirres anaux. 

L. 5 à 10 cm. — Dans l'alcool, brun jaunâtre plus ou moins foncé, pieds 
plus clairs. 

Mer du Nord, Manche (Salcombe). 

G. norvegica Œr9ted. Fig. 155, a-g. — Arvidsson 1898, p. 38, pi. n, 
fig. 29-30; Fauvel 191k, p. 209, pi. xix, fig. 1-6. G. eremita Me' Intosh 
1910, p. 466 (non Acd.-Edw.). 

Corps divisé en 2 régions, une antérieure cylindrique, une postérieure 
aplatie. 250 segments. — Prostomium conique à 8 anneaux et 4 courtes 
antennes. — Trompe cylindrique à 2 grosses mâchoires simples à 3-6 
dents; 25 à 50 paragnathes en X formant une ceinture complète (155, d, e) ; 
de chaque côté, à la base, 15 à 20 chevrons chitineux en V; papilles anté- 
rieures réniformes. — 33 à 37 premiers segments à parapodes uniramés 
(a) comprenant un cirre dorsal très développé, un mamelon sétigère à 
3 lèvres pointues dont 2 antérieures et une postérieure égales, un gros 
cirre ventral de même longueur, un acicule et un faisceau de soies toutes 
composées. Parapodes suivants tous biramés (b, c). A la rame dorsale, un 
gros cirre massif, devenant foliacé aux pieds postérieurs, un mamelon 
sétigère avec un acicule, une lèvre antérieure pointue, une postérieure 
obtuse plus courte et un faisceau de soies simples, longues, sinueuses, 
nombreuses. A la rame ventrale, une lèvre postérieure mucronée et 
2 lèvres antérieures coniques, subégales, plus longues et plus effilées, un 
cirre ventral conique ou piriforme, un acicule et un faisceau de soies 
composées à hampe terminée par 4 pointes, 2 longues et 2 courtes (f, g), 
à article denticulé inséré dans un plan perpendiculaire aux pointes de 
même longueur. Dans la région postérieure, les 2 rames sont très écartées. 
— 2 cirres anaux subulés. 

L. 15 à 30 cm. — Gris jaunâtre (dans l'alcool). . . 



394 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



Sable vaseux. Dragages. — Mer du Nord; Atlantique (Belle-Ile, cap Finis- 
terre) ; Méditerranée (côtes de Sicile). 




Fig. 155. — Goniada norvegica : a, 20" pied X 20; b, 40° pied x 20; c, pied postérieur 
X 20; d, paragnathes en X; e, mâchoire (d'après Voit); f, g, hampe des soies com- 
posées, face et profil x 350. — Eone Nordmanni : h, mâchoire ; i, paragnathes en X 
(d'après Arwidsson); k,pied antérieurx30; 1, pied postérieur x 30; m, soie aciculaire 
dorsale x 350; n, région antérieure grossie. 



G- EONE Malmgren. 

Corps à 2 régions distinctes, la postérieure plus large, aplatie. Prostomium 
conique, annelé, terminé par 4 antennes en croixr — Trompe exsertile, cylindri- 
que, garnie de papilles. 2 grosses mâchoires pluridentées et de nombreux pa- 
ragnathes cornés. Pas de chevrons en V, à la base. — Parapodes de la région 
antérieure uniramés, avec un cirre dorsal, un mamelon allongé et un cirre 
ventral. Parapodes suivants biramés, avec un cirre dorsal et un mamelon, à la 
rame dorsale: A la rame ventrale, une ou 2 lèvres et un cirre ventral. Pas de 
branchies. Soies dorsales aciculaires. Soies ventrales composées. — 2 cirres 
anaux. 



E. Nordmanni Malmgren Fig. 155, h-n. — Malmgren 1865, p. 409; 1867, 
pi. xii, fig. 64. — Glycinde Nordmanni Arwidsson 1898, p. 50, pi. m, 
fig. 45-47; Me' Intosh 1910, p. 469. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — EUNICIDAE 395 

Région antérieure cylindrique très effilée, postérieure plus large, 
aplatie, moins finement atténuée. Environ 150 segments. — Prostomium 
conique, très allongé, à 8-10 anneaux, 4 antennes filiformes, 2 petits 
yeux à la base et 2 à l'extrémité (n). — Trompe cylindrique couronnée de 
18 papilles, 2 grosses mâchoires inférieures simples, à 4-6 dents (2-3 
grosses et 2-3 petites) ; 20 à 29 paragnathes en X formant une ceinture 
complète (h, i). Pas de chevrons chitineux. — 36-37 premiers sétigères à 
parapodes uniramés (k) comprenant un grand cirre dorsal, un mamelon 
sétigère conique, un cirre ventral un peu plus long, un acicule et un fais- 
ceau de soies toutes composées. Parapodes suivants tous biramés (1). A 
la rame dorsale, un gros cirre triangulaire, un mamelon arrondi, plus 
court, un acicule et 2 à 3 grosses soies aciculaires terminées par un croc 
surmonté d'une lamelle pointue, transparente (m). A la rame ventrale, 
une grande lèvre lancéolée, et, aux pieds postérieurs, une courte lèvre 
postérieure arrondie, un cirre ventral triangulaire, un acicule et un fais- 
ceau de longues soies composées à article finement denticulé. — 2 cirres 
anaux aussi longs que les 12-15 derniers segments. 

L. 3 à 6 cm. — Rose pâle, blanc jaunâtre. Dans l'alcool, brunâtre. 

Fonds de sable et coquilles brisées, vase et sable vaseux. 
Mer du Nord (Ostende), Manche, Atlantique (Glénans). 



F. EUNICIDAE sensu Grube. 

(Euniciens Savigny; Leodicidae Treadwell.) 

Corps vermiforme généralement très allongé. — Prostomium distinct, tantôt 
nu, tantôt muni d'antennes en nombre variable (1 à 7) et de palpes. Les deux 
premiers segments apodes et achètes, sauf rares exceptions probablement plus 
apparentes que réelles. Parfois, une paire de cirres tentaculaires sur le 2 e seg- 
ment. — Parapodes uniramés ou sesquirèmes; cirre dorsal surmonté de bran- 
chies dans certains genres, rudimentaire ou nul dans quelques autres; cirre 
ventral parfois absent. Soies de formes très variées, simples ou composées. — 
Pygidium avec 2 ou 4 urites. — Trompe armée d'une mâchoire inférieure (labre) 
et d'une mâchoire supérieure composée de 2 ou 4 séries de pièces paires ou 
non, plus ou moins dentelées. Parfois, un tube membraneux. 

Remarques. — La famille des Euniciens renferme des formes très nombreuses 
et très variées, les antennes, les cirres, les branchies pouvant manquer totale- 
ment ou être au contraire très développés. On a donc dû la diviser en plusieurs 
tribus, ou sous-familles, que plusieurs auteurs élèvent même au rang de familles 
distinctes. Cependant, malgré leur diversité, toutes ces formes possèdent un 
système de mâchoires tout à fait spécial et caractéristique qui leur est commun. 



396 ' FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

Cet appareil, souvent très compliqué, est formé de pièces chitineuses, plus ou 
moins denticulées, qui ont reçu des noms assez .différents suivant les auteurs. 
On y distingue : 1° une mâchoire inférieure, ou labre, formée de 2 pièces plus 
ou moins allongées dont le bord antérieur est souvent calcaire; 2" une mâchoire 
supérieure- (Oberkiefer), composée de plusieurs pièces paires ou non. La pre- 
mière, ordinairement beaucoup plus grande que les suivantes, est la mandi- 
bule ('), M. I, {pince, forceps, Zangen) qui s'articule en arrière avec 2 ou 
3 supports {carriers, Trâger). Celles de la 2 e paire, M. II (Zafm, maxilles), sont 
généralement en forme de plaques dentelées assez grandes. Chez beaucoup d'Eu- 
niciens, la 3 e paire, M. III, est représentée seulement d'un côté par une plaque 
impaire. Les autres, M. IV et M. V,' sont plus ou moins développées; parfois 
réduites à un simple petit croc, ou absentes. En dehors des mâchoires, on remar- 
que encore souvent des plaques chitineuses, ou paragnathes, La formule den- 
taire s'écrit de la façon suivante : M. I = crocs; M. II = 6 + 7; M. 111=5 + # 0; 
M. IV = 5-8. Les chiffres de gauche indiquent le nombre des dents de la plaque 
de gauche, ceux de droite les dents correspondantes de l'autre; indique que 
la plaque fait défaut;. 5-7 + 8-10 signifie que le nombre des dents oscille, à 
gauche, entre 5 et 7 et, à droite, entre 8 et 10. Le nombre des dents est en effet 
loin d'être constant pour une espèce donnée. 

Aux Euniciens, se rattachent deux petites familles d'Annélides- aber- 
rantes profondément modifiées par leur parasitisme. Ce sont les Histrio- 
bdellidae et les Ichthyotomidae qui ne renferment chacune qu'une ou deux 
espèces. 

Les Histriobdellides ont d'abord été rangées parmi les Hirudinées, puis 
ensuite dans les Archiannélides. Mesnil et Caullery ont fait remarquer 
récemment la grande ressemblance de l'appareil maxillaire de VHistrio- 
b délia avec celui des Euniciens. 

Nous indiquons plus loin les raisons qui nous font rapprocher les Ich- 
thyotomidae des Euniciens. 

Tableau des genres. 

1. Prostomium sans antennes et sans palpes. Pas de cirres ventraux. 

Cirres dorsaux rudimentaires (fîg. 171, a, b, d) • . 

S. -F. Lumbrieonereïnae, 12 

— Prostomium avec des antennes 2 

2. Pas de cirres ventraux- Cirres dorsaux foliacés.. 3 antennes ( 2 ). 
(fig. 169, a, c) S.-F. Lysaretinae, 11 

— Des cirres ventraux. Cirres dorsaux non foliacés 3 

3. 2 antennes et 2 palpes cylindriques. Mâchoire supérieure formée 
de 2-4 séries longitudinales de pièces très petites et très nom- 
breuses (fig. 178, a, e) S.-F. Siaurocephalïnae, 10 

(1) Certains auteurs donnent au labre' e nom de mandibule. 

(2) Chez Iphitime, elles sont atrophiées. 



POLYCHÈTES ERRANTES.. — EUNICIDAE 397 

— 1 à 7 antennes. Palpes courts, globuleux. Mâchoires supérieures 

à pièces peu nombreuses, 4 à 5 paires (fig. 157, a, c) 4 

4. 7 antennes, 5 occipitales à cératophorc annelé et 2 frontales ovoï- 
des (fig. 163, a) S.-F.Onuphidinae, 8 

— 1 à 5 antennes occipitales. Pas d'antennes frontales ovoïdes 
(fig. 156, a) S.-F. Eunicinae, 5 

5. Des branchies. 5 antennes 6 

— Pas de branchies 7 

6. Des cirres tentaculaires (fig. 156, al. ... G. Eunice, p. 398 

— Pas de cirres tentaculaires (fig. 160, a). . G. Marphysa, p. 408 

7. 3 antennes. Pas de cirres tentaculaires (fig. 162, a) 

G. Lysidice, p. 411 

— 1 antenne. Pas de cirres tentaculaires (fig. 162, h) 

G. Nematonereis, p. 412 

8. Pas do cirres tentaculaires. Branchies cirriformes (fig. 167, a). . 

. . . , G. Hyalinoecia, p. 420 

— Des cirres tentaculaires (fig. 163, a) > 9 

9. Branchies spiralées (fig. 166, b) G. Diopatra, p. 419 

— Branchies pectinées ou cirriformes (fig. 163, C, d) 

G. Onuphis, p. 413 

10. Antennes et palpes très grands, plus ou moins articulés. Cirres 
dorsaux et ventraux bien développés (fig. 179, a, b) 

. ' G. Staurocephalus, p. 443 

— Antennes et palpes rudimentaires. Cirres dorsaux et ventraux 
très courts (fig. .180, a, c) G. Ophryotrocha, p. 449 

11. 3 antennes coniques, courtes, rabattues dans une gouttière dor- 
sale. Pas de branchies (fig. 169, a) G. Halla, p. 42a 

— Antennes rudimentaires ou nulles. Dès branchies (fig. 170, a). 
G. Iphitime, p. 427 

13. Formes parasites ou commensales 15 

— Formes libres. 13 

13. Des soies capillaires accompagnées de soies en croc ou de soies 
composées (fig. 171, h, i, q) . . . . G. Lumbriconereis, p. 429 . 

— Des soies capillaires limbées exclusivement 14 

14. Mâchoires III et IV réduites à des crocs. Une grosse soie acicu- 
laire en poinçon (fig. 174, c, f) G. Drilonereis, p. 435 

— Mâchoires III et IV en plaques dentelées. Pas de soies aciculai- 
res. 4 yeux en ligne transversale (fig. 175, a, d). G. Arabella, p. 438 

15. Labre assez développé, avec 2 petits rostres. Parasite des Sylli- 
diens (fig. 176, q) G. Labrorostratus, p. 440 

— Labre assez réduit, sans rostres. Parasite de la Bonellie et du 
Spio (fig. 176, d). . . . - G. Oligognathus, p. 441 



398 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



S.-F. EUNICINAE Kiaberg. 

2 palpes globuleux uni ou plurilobés. Une à 5 antennes occipitales. Pas d'an- 
tennes frontales. Pieds antérieurs non modifiés. Branchies pectinées ou, plus 
rarement, simples ou nulles. Des soies simples, des soies composées et des 
soies aciculaires. — Un labre à 2 pièces et 3 à 5 paires de mâchoires supé- 
rieures avec une pièce impaire. 

G. EDBICE Cuvicr. 
[Leodice Savigny, Eriphyle Kinberg]. 

Corps vermiforme, très long. 2 courts palpes bilobés. — 2 yeux (très rare- 
ment 4). 5 antennes lisses ou articulées. — Une paire de cirres tentaculaires 
insérés à la face dorsale du 2" segment. 1 er et 2 e segment apodes et achètes. 
Cirres dorsaux avec un faisceau de fins acicules à la base. Cirres ventraux 
courts, souvent renflés en bourrelet. Des branchies simples ou plus souvent 
pectinées. — Parapodes sesquirèmes. Des soies aciculaires, des soies simples, 
des soies pectinées et des soies composées. — 2 ou 4 urites.— Un labre à 2 piè- 
ces. Mâchoire supérieure avec une paire de mandibules, 2 ou 3 autres paires 
de pièces denticulées, une pièce impaire à gauche et parfois des paragnathes. 

Remarques. — Le genre Eunicc est très naturel et très homogène, mais les 
espèces en sont parfois fort difficiles à distinguer, beaucoup de caractères étant 
de peu de valeur vu leur grande variabilité. Il en est ainsi, par exemple, de la 
longueur relative des antennes et de leur articulation. Ces organes sont contrac- 
tiles, fragiles, rarement intacts et avec l'âge les articles terminaux se déta- 
chent. La forme des soies pectinées en spatule varie sur un même individu. 
Les soies composées sont rarement caractéristiques, la forme de leur serpe 
varie avec l'âge et avec le segment considéré. Les mâchoii'es sont souvent très 
semblables dans des espèces voisines et surtout le nombre des dents de leurs 
pièces est très variable. Un des meilleurs caractères est fourni par le numéro 
du segment où apparaissent les branchies et par leur développement, si l'on 
tient compte de l'âge de l'animal. La couleur des acicules paraît constante. 

Pour des raisons de priorité plus ou moins discutables, certains auteurs ont 
abandonné depuis quelques années le nom d'Eunice pour celui de Leodice. 
Le nom Eunice ayant été employé depuis près de cent ans par tous nos meil- 
leurs auteurs rentre sûrement dans les nominaconservanda dont le Congrès de 
Monaco avait proposé de rédiger la liste et nous le conserverons en attendant. 

î. Corps à 2 régions tranchées. Branchies commençant très loin de 
la tète , 2 

— Corps sans régions tranchées. Branchies commençant dans les 
premiers sétigères 3 



POLYCHETES ERRANTES. — EUNICIDAE 399 

2. Branchies toutes simples. Pas de soies aciculaires ni de soies 
pectinées (fig. 159, e-1) E. siciliensis, p. 405 

— Branchies bifurquées. Des soies aciculaires et des soies pecti- 
nées (fig. 160) E. schizobranchia, p. 407 

3. Acicules et soies aciculaires jaunes 4 

— Acicules et soies aciculaires noirs 6 

4. Soies aciculaires tridentées. Des barres transversales rouges au 
dos des segments (fig. 158, h, m) E. vittata, p. 404 

— Soies aciculaires bidentées (fig. 156, e) 5 

5. Branchies presque jusqu'à l'extrémité postérieure 

E. Harassii,p.399 

— Branchies manquant à la moitié, ou au tiers postérieur. . . . 
E. pennata, p. 400 

6. Antennes et cirres très nettement moniliformes. 1" branchie au 
3° sétigère (fig. 157, h) E.torquata, p. 401 

— Antennes et cirres plus ou moins nettement articulés (fig. 157; a). 7 

7. Longues antennes à articles cylindriques. Branchies à partir du 
4 e sétigère, elles manquent au tiers postérieur (fig. 159, a). . . 

. E. Œrstedii, p. 405 

— Antennes courtes, indistinctement annelées. l re branchie entre 

le 6° et le 10" sétigère. Branchies jusqu'à l'extrémité postérieure. 8 

8. Tube papyracé. 15-20 cent. Commensale des Polypiers- . . . . 
E. floridana, p. 402 

— Pas de tube papyracé. Galeries dans le sable et les rochers. Co- 
loration violette ou marron ponctué de blanc. E. Rousseaui, p. 403 

E. Harassii Audouin et M. -Edwards. Fig. 156, a-g. — Audouin et 
M. -Edwards 183k, p. 141, pi. m, fig. 5-7 et 10-11; Pruvot et Racovitza 
1805, p. 384, pi. xvii, fig. 48-58, xvm, fig. 69 [non Ehlers nec Clapa- 
rède) ; Fauvel 1914, p. 134. E. rubrocincta Ehlers 1868, p. 344, pi. xv, 
fig. 4-14. E. fasciata Me' Intosh 1010, p. 86 (pro parte). — ? E. Rissoi 
Quatrefages, 1865, p. 315. — ? Leodice punctata Risso 1826, p. 421. 

Palpes bilobés. Antenne impaire plus longue que les latérales, à 6-10 
articles cylindriques assez courts et peu marqués. — Segment buccal 2 
fois plus long que le suivant. Cirres tentaculaires à peine de la longueur 
du segment buccal, faiblement articulés et annelés ainsi que les premiers 
cirres dorsaux (156, a). Branchies à partir du 3" ou 4* sétigère, d'abord à 
un seul filament, puis jusqu'à 10-16, maximum vers le 14 e sétigère (b), en- 
viron 2 fois plus longues que les cirres dorsaux, redeviennent simples à 
l'extrémité postérieure du corps et ne manquent qu'aux 5-15 derniers seg- 
ments chez les adultes littoraux, aux 20-30 derniers chez les jeunes et 
ceux du large. — Soies en spatule pectinées avec, le plus souvent, un 
long filament d'un côté (g), parfois des deux côtés. Soie aciculaire jaune, 
bidentée, à demi-gaine bivalve, apparaissant vers le 27"-34 e sétigère (e). 



400 



FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 



Acicules jaunes. — 2 longs urites et, rarement, 2 autres très petits. — 
M. I = 1 -f 1 ; M. II = 5-6 + 5-7 ; M. III =6-8+0; M. IV = 4-6 -+- 6-8; 
M. V = 2 petites plaques chitineuses jaunes; M. VI = +0 (c). Labre à 
bord ondulé, blanc porcellané (d). 

L. 15 à 25 cm. — Coloration depuis le rouge violacé jusqu'au brun 
acajou avec, sur chaque segment, des taches blanches en losange, dont 
une sur la ligne médiane dorsale et une de chaque côté. Plusieurs taches 
blanches arrondies sur le segment buccal. Un mince collier blanc au 
1 er segment. Dans l'alcool, brun jaunâtre. 

A mer basse, sous les pierres et dans les Assures des rochers. Dragages lit- 
toraux, dans les vieilles coquilles et les pierres rongées. 
Manche, Atlantique, Méditerranée, Adriatique. 




Fig. 156. — Eunice Harassii : a, région antérieure, grossie; b, 25° pied x 12; c, mâ- 
choire supérieure, grossie; d, labre, grossi; e, soie aciculaire x 120; i, soie compo- 
sée x 250; g, soie pectinée x 400. — E. pennata : h, région antérieure, grossie; i, 
27 e pied x 12 •, k, mâchoire supérieure, grossie ; 1, labre, grossi ; m, soie pectinée 
x 400; n, soie composée x 250; o, soie aciculaire x 120. 



E. pennata (O. F. Muller). Fig. 156, h-o. — Fauvbl 1914, p. 136, pi. xi, 
fig. 8-9. E. norvegica Ehlers 1868, p. 347 {partim). E. heterochaeta 
Quatrefages 1865, p. 314. E. amphiheliae Roule 1896, p. 446, pi. xix, 
fig. 1 [partim). — Leodice norvegica Malmgren 1867, p. 178. 



POLYCHETES ERRANTES. — EUNICIDAE 401 

Palpes bilobés. Antennes indistinctement annelées ou longuement arti- 
culées, les moyennes deux fois plus longues que les externes. — Cirres 
tentaculaires lisses et dépassant à peine le segment buccal. Segment buc- 
cal 2-3 fois plus long que le suivant (156, h). 1" branchie au 3 e sétigère 
(rarement au 4* ou 5 e ), d'abord à un seul filament, puis à 8, 10, 12, parfois 
même 16, 17 filaments (i) ; elles cessent brusquement vers le 40" sétigère (30 e 
à 46"). — Acicules jaunes. Soie aciculaire jaune, bidentée, à capuchon (o), à 
partir du 40 e sétigère environ. Soies en spatule pectinées à côtés inégaux 
(m). — 4 urites, 2 grands dorsaux et 2 petits ventraux. — Labre à bord 
calcaire à 3 dents plus ou moins marquées (1). M. I.= 1 + 1 ; M. II = 6-8 
+ 7-10; M. III = 8-12 +0; M. IV = 3-8 + 8-10; M. V = petite plaque 
chitineuse; M. VI =0 (k). 

L. 6 à 15 cm. — Coloration Mans l'alcool, brun jaunâtre plus ou moins 
uniforme. 

Dragages profonds (100 à 2.000 mètres), commensale des Polypiers. 

Nota. Cette espèce, voisine de YE. Harassa, semble en être une forme de pro- 
fondeur, modifiée parle commensalisme. 

Mers arctiques ; Atlantique (golfe de Gascogne) ; Méditerranée (au large de 
Monaco); Adriatique. 

E. torquata Quatrefages. Fig. 157, h-o. — Quatrefages 1865, p. 312 ; 
Pruvot et Racovitza 1895, p. 389, pi. xvn, fig. 63-67, xvnr, fig. 70-75; 
Fauvel 191k, p. 140. E. Claparedii Quatrefages 1865, p. 652; Saint- 
Joseph 1906, p. 202, pi. rv, fig. 77. E. Laurlllardi Quatrefaces 1865, 
p. 314. 2?. flarassiï Ehlers (non Aud.-Edw.) 1868, p. 312-314, pi. xni, 
fig. 15-21. E. fasciata Ehlers 1897, p. 11. — ? E. annulicornis Johnston 
1865, p. 131-132. — ?? Leodice fasciata Risso 1826, IV, p. 421. 

Palpes bilobés. Antenne impaire aussi longue que les 4 premiers seg- 
ments et plus grande que les latérales. — Cirres tentaculaires égaux au 
segment buccal ou le dépassant légèrement (157, h). Segment buccal 
plus long que le suivant. Antennes, cirres tentaculaires et cirres dorsaux 
très nettement moniliformes. l re branchie au.3" sétigère, à un ou plusieurs 
filaments, ensuite jusqu'à 10-14 (i), maximum du 7° au 40 e sétigère. Elles 
sont plus courtes que les cirres dorsaux. Elles redeviennent simples, puis 
manquent aux 3 à 30 derniers sétigères. — Acicules noirs. Soie aciculaire 
noire, bidentée (à capuchon chez les jeunes) apparaissant vers le 25 e -38 e 
sétigère (n). Soies pectinées à 1 ou 2 longs filaments latéraux (m). 4 urites, 
. 2 longs et 2 courts, parfois 2 longs seulement. — Labre à bord oblique 
blanc, calcaire, plus ou moins distinctement dentelé (I). M. I = 1 + 1 ; M. 
11= 5-6+5-6; M. 111 = 6-7 + 0; M. IV = 3-5 + 8-10; M. V= 1+1; 
M. VI = + (k). 

L. 10 à 25 cm. — Couleur rouge brun, acajou, avec un collier blanc au 
4° sétigère et parfois un second au 1" sétigère. 



402 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



A mer basse, sous les pierres et dans les fentes de rocher, dans les Litno- 
thamnion. Dragages côtiers. 
Atlantique (Guéthary, Saint- Jean-de-Luz), Méditerranée, Adriatique. 




Fig. 157. Eunice floridana : a, région antérieure X 2; b, 31" pied x 12; c, mâchoire 
supérieure, grossie; d, labre, grossi; e, soie aciculaire x 120; f, soie pectinée x 
300; g, soie composée x 150. — E. torquata : h, région antérieure X 3; i, parapode 
antérieur x 12 ; k, mâchoire supérieure, grossie ; 1, labre, grossi ; m, soie pectinée 
X 400; n, soie aciculaire x 120; o, soie composée x 250. 



E. floridana (Pourtalès). Fig. 157, a-g. — Ehlers 1887, p. 88, pi. xxu, 
fig. 17; Fauvel 191k, p. 149, pi. i, fig. 5, 8, 11, xi, fig. 22-26. E. Gunneri 
Roule 1907, p. 33, pi. n, fig. 11. E. amphiheliae Roule 1896, p. 44& 
(pro parte). E.philocor allia Buchanan 1893, p. 173, pi. ix, fig. 2-6, x, fig. 
7-9, xi. — Leadice Gunneri Storm 1880, p. 92. 

Palpes bilobés. Antennes articulées, ou légèrement moniliformes à 
l'extrémité, la médiane atteignant, en arrière, jusqu'au 8 e -10 e sétigère, 
environ. Antennes externes 2 fois plus courtes. — Segment buccal 2 fois 1 
et demie à 3 fois plus long que le suivant (157, a). Cirres tentaculaires 
lisses, de la longueur du segment buccal ou le dépassant notablement. 
Cirres dorsaux subulés, lisses. Branchies commençant au 7 e -10 e sétigère, 
le plus souvent au 9 e , maximum 4-8 filaments du 13 e au 40% chez l'adulte (b). 
Elles manquent aux 3-4 derniers segments. •— Acicules noirs. Soies acicu- 



POLYCHÈTES ERRANTES. — EUNICIDAE 403 

laires noires, bidentées, à capuchon (e), apparaissant au 30 c -41 e sétigèrc, 
le plus souvent au 30 8 -32 6 . Soies pectinées à 1 ou 2 filaments latéraux (f). 
— Labre à bord antérieur oblique à 3 dents plus ou moins nettes (d). 
M. 1 = 1+1; M. II = 5-0+5-6; M. 111 = 7-10+0 ; M. IV s= 3-7+7-10; 
M. V = 1+1; M. VI = 1+1 (c). — 2 longs urites et parfois, en plus v 
2 très petits. — Tube papyracé. 

L. 10 à 20 cm. — Face dorsale rosée, brunâtre ou tachetée ou ponctuée- 
de brun acajou. Parfois un collier clair au 4 e sétigère. 

Dragages profonds. Commensale des Polypiers. 

Atlantique (Antilles, Açores, Irlande, golfe de Gascogne); Méditerranée- 
(golfe du Lion, Sta Maria di Leuca). 

E. Rousseaui Qcatrefages. Fig. 158, a-g. — E. Roussaei Quatrefages- 
1865, I, p. 309, pi. x, fig. 1-4; Fauvel 1911, p. 220, pi. vm. E. Rousseaui 
Pruvot et Racovitza 1895, p. 407, pi. xvi, fig. 38-47. E. gigantea Delle 
Chiaje /6'4i (non Savigny). E. maxima Quatrefages 1865, p. 330; 
Eulers 1808, p. 310. E. Kinbergi Ehxers 1868, p. 30G; Saint-Joseph 
1898, p. 254, pi. xiv, fig. 40-44. E. validissima Grube 1866, p. 67. — 
?E. macrobranchia Schmarda, Augener. 1918, p. 310. — Eriphyie capen- 
sis Kinberg 186'i, p. 561. 

Forme jeune : Eunice purpurea Grube 1866, p. 68. E. cingulata Cla- 
parède 1868, p. 134, pi. vu, fig. 1; 1810, p. 26. E. violacco-maculata 
Ehlehs 1881, p. 86, pi. xxiv, fig. 11-12, xxv, lig. 1-7. E. violacca Grube 
1861, p. 61 (non Grube 1856, p. 55). 

Palpes bilobés ou plurilobés. Antennes lisses ou articulées à l'extrémité 
chez les jeunes, subégales chez les vieilles, atteignant le 3"-4" sétigèrc 
(158, a). — Segment buccal aussi long que les 3 suivants réunis. Cirres 
tentaculaires subulés, lisses ou faiblement articulés à l'extrémité distale, 
souvent plus longs que le segment buccal. 1" branchie du 6 e au 10° séti- 
gère, le plus souvent au 8 e ou 9 e . Les premières simples jusqu'au 10"-12 e 
sétigère, ensuite composées jusqu'à l'extrémité du corps, sauf celles des 
derniers sétigères qui redeviennent simples. Maximum de filaments 15 à 
40, dès le 25 e -30 e sétigère (b). Cirres dorsaux subulés, lisses, sauf les 
premiers qui sont parfois faiblement articulés. — Acicules noirs. Soies 
aciculaires noires (f), bidentées, à capuchon chez les jeunes, apparais- 
sant à partir du 70 e -100* sétigère. Soies pectinées à dents peu nom- 
breuses, à filaments latéraux très inégaux (e). Soies composées à serpe 
bidentée (c). Soies capillaires minces, limbées, finement ponctuées (g). — 
2 ou 4 urites. 

L. jusqu'à 3 mètres, sur 30 mm., pieds compris. — Coloration, sur le 
vivant, brun marron moucheté de blanc et d'azur, collier blanc ou azuré 
au 4 e sétigère. Antennes et cirres annelés de brun et de blanc. Chez les 
jeunes, le corps est violet foncé avec collier blanc au 4° sétigère, antennes 
et cirres violets, annelés de blanc jaunâtre. Dans l'alcool, brun marron 



404 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



moucheté de blanc, antennes annelées de brun. Le collier disparaît sou- 
vent plus ou moins complètement. ' 

Dans de longues galeries creusées dans le sable caillouteux et entre les 
rochers. Parfois rejetée à la côte. Forme jeune dans les Éponges. 

Atlantique Nord et Sud (S'-Jean-de-Luz, Santander), Méditerranée (Banyuls, 
Naples, Monaco), Adriatique (Trieste, Rovigno). 




Fig. 158. — Eunice Rousseaui : a, région antérieure grandeur naturelle; b, 32" pied 

x 3; c, d, soies composées x 100; e, soiepectinée x 250; i, soie aciculaire x 150; 

g, soie capillaire limbée x 150. — E. vittata : h, région antérieure x 3; i, 40" pied 

X 20; k,. mâchoire supérieure, grossie; I, soie composée x 400; m, soie aciculaire 

. 150; x n, soie pectinéo x 400. / 



E. vittata (Delle Chiaje). Fig. 158, h-n. — Saint-Joseph 1898, p. 273, 
pi. xiv, fig. 55-59 et 1906, p. 204. E. limosa Ehlebs 1868, p. 348, pi. xv, 
fig. 15-22. 

Palpes bilobés. Antennes à base très courte, très indistinctement arti- 
culées, l'impaire bien plus longue que les moyennes (fig. 158. h), les 
externes moitié plus courtes. — Segment buccal 2 fois plus long que le 
suivant. Cirres tentaculaires un. peu plus longs que le segment buccal et 
vaguement articulés, ainsi que les premiers cirres dorsaux. Les suivants 
sont lisses. Branchies à partir du 3 e sétigère, d'abord à 1-3 filaments. 



POLYCHÈTES ERRANTES. — ECNICIDAE 405 

Maximum 14 filaments entre le 12 e et le 36 e sétigère (i). Elles cessent 
brusquement vers le 40 e -50% les dernières ont encore 4 filaments. — Aci- 
cules jaunes. Soies aciculaires jaunes, tridentées (m), à capuchon arrondi, 
apparaissant vers le 35 e -40 8 sétigère. Soies pectinées à un seul long fila- 
ment latéral (n). Serpes des soies composées bidentées, à capuchon 
pointu dépassant la serpe, à bord plissé (1). — 4 urites inarticulés, 2 longs 
et 2 courts. — Labre jaune clair, incrusté de calcaire, à 2 ou plusieurs 
dents. M. I =1+1; M. II =9+10; M. 111 = 9+0; M. IV = 10+13; M. 
V = 1+1 ; M. VI = 0+0 (k). 

L. 4 à 10 cm. — 3 raies transversales rouges au dos de chaque seg- 
ment, face ventrale brunâtre antérieurement, puis blanc nacré. 

Dragages côliers. — Atlantique (Brest. Concarneau, Glénans), Méditerranée. 
— Pacifique (Japon, Hawaï, Australie). 

E. Œrstedii Stimpson. Fig. 159, a-d. — Fauvel 191'i, p. 143, pi. x, fig. 
5-10. 

Palpes bien échancrés, bilobés. Antennes effilées, à longs articles 
cylindriques, la- médiane plus longue que les moyennes, les externes 
moitié plus courtes (fig. 159, a). — Segment buccal 2 1/2 à 3 fois plus 
long que le suivant. Cirres tentaculaires faiblement articulés à l'extrémité 
et plus longs que le segment buccal. Cirres dorsaux longs, lisses. Bran- 
chies à partir du 3 e ou 4 e sétigère, d'abord simples, puis à 2, 3 rarement 
5, 6 filaments (b), redeviennent simples vers 17 <- -32° sétigère et manquent 
au tiers ou à la moitié postérieure du corps. — Acicules noirs. Soies aci- 
culaires noires, bidentées, à capuchon, apparaissant vers le 30 e -36 e séti- 
gère. Soies pectinées à filaments latéraux généralement inégaux. — 2 
urites. — M. I = 1+1 ; M. II = 5-7+6-8; M. III = 7-9+0; M. IV — 6-8 
+10-13: M. V — 1+1 ; M. VI = 1+1. M. V et M. VI ne sont que de 
petites plaques chitineuses claires (c). 

L. 6 à 15 cm. — Dans l'alcool, jaunâtre. 

Dragages profonds, fonds de roches et de coquilles brisées ou de Polypiers. 
Atlantique (Açores, Banc de Se\ne, Santanderj; Méditerranée (Monaco). 

E. siciliensis Grube. Fig. 159, e-m. — Ehleus 18ôn, p. 353, pi. xvi, 
fig. 1-7; Saint-Joseph 1906, p. 205. E. adriatica Schmarda 1861, p. 124, 
pi. xxxn, fig. 257. E, Taenia Claparede 1S/Ï4 . p. 120,, pi. iv, fig. 11. 
E. ebranchiala Quatrefages, 1865, p. 316. E. valida Gravier 1900, 
p. 264, pi. xti, fig. 80-82. E. leucodon Ehlers 1901, p. 128, pi. xvi, 
fig. 1-10. 

Corps très allongé, à 2 régions distinctes, l'antérieure cylindrique, 
étroite, résistante, la postérieure molle, fragile, aplatie, à segments munis 
d'un bourrelet transversal saillant. Palpes bilobés, bien séparés (159, e). 
Antennes courtes, indistinctement articulées, de longueur peu différente. 



406 



FAUNE DE FRANCE. — ■ POLYCHETES ERRANTES 



— Segment buccal 2 fois plus long que le suivant. Cirres tentaculaires 
lisses, plus courts que le segment buccal. Cirres dorsaux lisses, cylin- 
driques et subulés, de longueur très variable. Branchies réduites à un 
seul filament, d'abord égales aux cirres dorsaux, puis plus longues (i-1). 
Elles n'apparaissent que vers le 60 e -100 e sétigère ou même plus en arrière 
et disparaissent aux 25-40 derniers. — Acicules noirs. Pas de soies aci- 




Fig. 159. — Eunice Oerstedii : a, région antérieure x 3; b, 19» pied x 10; c, mâ- 
choire supérieure x 8; d, soie composée X 150. — E. siciliensis : e, f, tête, face 
dorsale et face ventrale, grossie ; g, mâchoire supérieure, grossie ; h, parapode an- 
térieur x 15; i, un des premiers pieds branchifères X 15; k, pied moyen x 15; 1, 
pied postérieur x 15: m, soie composée x 400. 



culaires. Pas de soies pectinées. Soies composées à serpe bidentée à 
hampe pectinée (m). — 2 ou 4 urites inégaux. — Labre à 2 longues pièces 
fortement creusées en gouge, à bord calcaire blanc porcellané, très sail- 
lant (f). M . I = crocs ; M. II = 2-3 -f- 2-3 ; M. III = 1 -f . ; M. IV = 1 + 1 ; 
M. V = 1 + 1 ; M. VI = 2 paragnathes jaunes. Les pièces de la mâchoire 
sont foncées et bordées d'une ligne blanche plus ou moins large. 

L. 15 à 30 cm. — Région antérieure d'un blanc rosé ou brunâtre avec, 
parfois, un pointillé blanc sur la tête et le segment buccal. Région bran- 
chiale bleu ardoise ou vert foncé, derniers segments incolores. 



POLYCHETES ERRANTES. — EBNICIDAE 



407 



Dans des galeries sinueuses creusées dans les pierres calcaires ou dans 1 es 
Madrépores. 

Méditerranée (Port-Vendres, Banyuls, Marseille, Cannes, . Naples), Adria- 
tique, Atlantique. — Océan Indien, Pacifique et dans la région inteftropicale, 
tout autour du monde. 

E. schizobranchia Claparède. Fig. 160. — Claparède 1870, p. 30, pi. n, 
fig. 6; Fatjvel 1923, p. 301. 
Corps très long et très étroit à 2 régions distinctes, l'antérieure abran- 




Fig. 160. — Eunice schizobranchia : a, région antérieure, légèrement grossie; b, mâ- 
choire supérieure, grossie; c, labre, grossi; d, soie pectinée x 400; e, soie com- 
posée x 250; 1, soie aciculaire x 120; g, 30" pied x 15; h, 70" pied x 15; i, 121" 
pied x 12; k, pied postérieur x 15. 



che, presque cylindrique, la postérieure branchifère, aplatie. Palpes 
bilobés, bien séparés (160, a). Antennes lisses, courtes, de taille peu diffé- 
rente, guère plus longues que le segment buccal qui est 2-3 fois plus 
long que le suivant. — Cirres tentaculaires très courts. Cirrcs dorsaux 
lisses. Branchies commençant vers le60 e -70 e sétigère, d'abord simples sur 
les 40 à 50 segments suivants, puis doubles sur 20 à 25 et pectinées vers 
le 150 e sétigère, avec un maximum de 6-7 filaments vers le milieu du corps. 
Elles persistent jusqu'à l'extrémité postérieure (g-k). — Acicules noirs. 



408 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

Soies aciculaires minces, pâles, plus ou moins nettement bidentées (f),appa- 
raissant vers le 60 e segment. Des soies capillaires limbées, des soies- 
composées, à serpe bidentée (e) et des soies pectinées à côtés inégaux (d) r 
nombreuses et' assez fortes. — 2 urites. — Labre non creusé en gouge, à 
bord calcaire arqué peu ou pas dentelé (c). Mâchoires du type E. Harassîi 
(b). M. 1= crocs; M. II = 5 + 4; M. III = 5 + 0; M. IV = 4 + 5; M. 
V et M. VI = paragnathes chitineux. 

L. jusqu'à plus de 60 cm. sur 4 à 5 mm. de large. — Région antérieure 
gris perle, région postérieure sombre, ardoisée. 

Dragages côtiers (?). — Méditerranée (Naples). 

Nota. Cette espèce a dû être souvent confondue avec YE. siciliensis dont elle 
a l'aspect extérieur bien qu'elle en diffère profondément par ses soies, ses bran- 
chies et ses mâchoires. 



G. MARPHYSA Quatrefages 
[Nausicaa Kinberg, Nauphanta Kinberg] 

Prostomium arrondi ou bilobé à palpes massifs, en bourrelet. 2 yeux. 5 an- 
tennes. — Pas de cirres tentaculaires. 2 premiers segments apodes et achètes, 
Cirres dorsaux avec de fins acicules à la base. Cirres ventraux courts. Bran- 
chies simples ou pectinées. — Des soies simples capillaires, des soies pecti- 
nées, des soies composées à article en serpe ou cultriforme, des soies acicu- 
laires. — 2 ou 4 urites. — Un labre à 2 pièces. Mâchoire supérieure avec 1 paire 
de mandibules, 2 paires de mâchoires, une pièce impaire et parfois des para- 
gnathes. 

1. Des branchies sur la plus grande partie du corps 

. . . • M. sanguinea, p. 408 

— Branchies localisées sur une courte partie du corps 2 

2. Branchies pectinées à nombreux filaments (fig. 161, q). . . . 

. . . M. Bellii, p. 410 

— Branchies à 1 ou2 filets seulement (fig. 162, r). M. fallax, p. 410 

M. sanguinea (Montagd). Fig. 161, a-h. — Eunice sanguinea Audouin 
et M. -Edwards 183k, p. 147. — Marphysa sanguinea Ehlers 1868, p. 360, 
pi. xvi, fig, 8-11; Saint-Joseph 1888, p. 201, pi. viu,fig. 60. M. haemasoma 
Quatrefages 1865, I, p. 334. M. Leidii Quatrefages 1865, p. 337. 
M. furcellata Crossland 1903, p. 141, pi. xv, fig. 13-14. — Leodice opa- 
Una Savigny 1820, p. 51. — Forme jeune : Amphiro Johnsoni Langerhans,. 
Saint-Joseph 1888, p. 206. 

Corps large, aplati, très fragile, jusqu'à 300 sétigères et plus. Prosto- 
mium bilobé. 2 petits yeux, noirs. Antennes lisses ou faiblement ridées,, 
courtes, ' l'impaire un peu plus longue que les latérales. — Segment 
buccal 2 fois plus long que le suivant (161, a). Cirres dorsaux lisses, à 



POLYCHETES ERRANTES. — EUN1CIDAE 



400- 



peine plus longs que le pied. Cirres ventraux en tubercule obtus. Bran- 
chies d'abord simples, puis avec 4-7 filaments (b). Elles commencent vers 
le 16«-30 e sétigère et persistent presque jusqu'à l'extrémité postérieure. — 
Mamelons pédieux coniques. Acicules noirs. Soies aciculaires plus claires 
bidentées (g), à un nombre de segments très variable, parfois absentes. 
Soies réparties en 2 faisceaux, au supérieur, des soies capillaires aplaties 
et des soies pectinées, les unes à dents très fines et très nombreuses, les 
autres, surtout dans la région postérieure du corps, à dents beaucoup plus 



é^^sss 




Fiu. 161. — Marpkysa sanguinea : a, région antérieure, grandeur naturelle ; b, pied' 
moyen x 12; c, mâchoire supérieure, grossie; d, labre, grossi; e, f, 2 soies pecti- 
nées d'un môme pied moyen x 400; g, soie aciculaire x 120; h, soie composée 
cultriforme x "250. — M. Bellii : i, région antérieure x 5; k, mâchoire supérieure, 
grossie; 1, soie aciculaire x 120; m, soie composée x 400; n, soie pectinée x 
100; o, soie composée cultriforme x 250; p, pied moyen x 25; q, pied branchi- 
fère x 25. 



grandes et peu nombreuses (e, f). Soies du faisceau inférieur composées- 
à long article cultriforme (h). — 2 urites. — Labre à 2 pièces allongées non 
dentelées au bord antérieur (d). M. I = 1 + 1 ; M. II = 3-4 -f 3-4; M. III 
= 5-7 -f- 0; M. IV = 3 -f- 6-8; M. V = petites plaques chitineuses (c). 

L. jusqu'à 30-60 cm. — Corps gris rosé à reflets irisés. Branchies rouge 
vif. S'autotomise très facilement. 



410 FAUNE DE FRANCE. POLYCHETES ERRANTES 

Dans le sable vaseux des herbiers de Zostères et dans les fentes de rocher. 
Dans les dragages côtiers, jeunes spécimens parmi les coquilles brisées. 

Manche, Atlantique Nord et Sud, Méditerranée. — Océan Indien, Mer Rouge, 
Australie. 

Nota. La forme jeune (6 à 10 mm.) a des branchies simples, 3 antennes, 
4 yeux et des soies composées les unes cultriformes les autres à article bidenté, 
ces dernières disparaissent progressivement. 

M. Bellii (Audouin et M. -Edwards). Fig. 161, i-q. — Eunice Beîlii Au- 
docin et M.-Edwards 1834, p. 149, pi. h, fig. 1-4, 8-9. — Marphysa Bellii 
Saint-Joseph 1888, p. 204; Me' Intosh 1910, p. 448, pi. lv, fig. 5-6. — 
?M. Kinbergi Me' Intosh 1910, p. 451, pi. lxxiv, fig. 9. 

Corps filiforme, très long, jusqu'à 200-300 sétigères. Prostomiùm 
arrondi, non bilobé. 2 petits yeux. Antennes assez indistinctement anne- 
lées, dépassant peu le prostomiùm et de longueur peu différente. — Seg- 
ment buccal 2 fois plus long que le suivant (161, i). Longs cirres dorsaux 
subulés. Cirres ventraux en court mamelon conique. Branchies du 12*-15 e 
sétigère jusqu'au 35 e environ, très grandes, pectiniformes, à 10-18 fila- 
ments (q). — Mamelons pédieux coniques. Acicules noirs. Soies acicu- 
laires foncées bidentées, à capuchon, apparaissant vers le 35 e sétigère (1). 
Au faisceau supérieur, des soies capillaires limbées et des soies pecti- 
nées (n), au faisceau inférieur, des soies composées à serpe bidentée plus 
ou moins longue (m), accompagnées , dans le tiers antérieur du corps, de 
soies composées à long article cultriforme (o). — 4 urites, 2 longs et 2 
courts. — Labre à 2 longues pièces brunes à bord antérieur sinueux. M. I = 
1 + 1 ; M. II = 7 + 8; M. III = 7-8 + ; M. IV = 6 -f 8-9 ; M. V = 
petites plaques chitineuses (k). 

L. 10 à 20 cm. — Gris rosé ou ardoisé. Branchies rouge vif. 

A mer basse dans le sable vaseux et dans la vase à Zostères. 

Manche, Atlantique (Croisic, Ile de Ré, Santander), Méditerranée, Adriatique. 

Nota. La M. Kinbergi, dépourvue de soies en serpe bidentée, est peut-être une 
forme jeune de M. Bellii (?). 

M. fallax Marion et Bobretzky. Fig. 162, o-v. — Marion et Bobretzky 
1875, p. 13, pi. i, fig. 1 ; Saint-Joseph 1888, p. 205. 

Corps long et mince, plus de 70 sétigères. Prostomiùm arrondi, faible- 
ment bilobé. 2 yeux assez gros. Antennes lisses, coniques, subégales, 
dépassant peu le prostomiùm (fig. 162, o). — Segment buccal 2 fois plus 
long que le suivant. Cirres dorsaux coniques, inarticulés. Cirres ventraux 
pinniformes. Branchies à 1-2 longs filaments (r), elles apparaissent au 14 e - 
15° sétigère et disparaissent aux 15-20 derniers. — Mamelons pédieux 
coniques, Acicules jaunâtres. Soies aciculaires bidentées à partir du 17 e 
sétigère, environ. Au faisceau supérieur, des soies capillaires et des soies 
pectinées (t), au faisceau inférieur, des soies composées, les unes à serpe 



POLYCHETES ERRANTES. — EUNICIDAE 411 

bidentce, les autres à long article cultriforme (s, v), ces dernières man- 
quent aux 10-15 derniers sétigères. — 4 urites, 2 longs et 2 courts. — 
Labre à 2 ailerons latéraux (p) ; M. I == crocs; M. II = 4-6-}- 4-6 ; M. III r= 
6 + 0; M. IV = 4-f 7 (q). 

L. 15 à 40 mm. — Dos rouge clair ponctué de blanc, segment buccal 
rouge violacé, segment suivant très pâle. Cette coloration ressemble à s'y 
méprendre à celle de Lysidice Ninetta. 

Dragages côtiers. — Manche (Dinard) ; Atlantique (côte d'Irlande) ; Méditerra- 
née (Marseille Monaco). 



G. LYSIDICE Savigny (Ehlers char, emend.). 

Prostomîura bilobé à palpes massifs, en bourrelets. 2 yeux. 3 antennes. — Pas 
de cirres tenlaculaires. 2 premiers segments apodes et achètes. Des cirres dor- 
saux et des cirres ventraux. Pas de branchies. — Des soies simples capillaires, 
des soies pectinées, des soies composées à article en serpe, des soies aciculaires. 
— 4 urites. — Un labre à 2 pièces. Mâchoire supérieure avec une paire de man- 
dibules, 2 paires de mâchoires, une pièce impaire et des paragnathes. 

L. Ninetta Audouin et M.-Edwards. Fig. 162, a-g. — Audouin et M.-Ed- 
wabds 1834, p. 161, pi. mb, fig. 1-8; Ehlers 1868,$. 336, pi. xvi.fig. 12- 
16. L. ru fa Gosse 1853, p. 385. L. punctata Grube {non Risso) 1855, p. 95. 
L. Mahagoni Claparède 186k, p. 116, pi. 11, fig. 14. L. torquata Quatre- 
fages 1865, I, p. 376, pi. ix, fig. 19-20. L. brevicornis Kinberg 1857, 
p. 45, pi. xvii, fig. 28. — ? L. margaritacea Claparède 1868, p. 143, 
pi. vin, fig. 3. 

Corps cylindrique long et étroit, jusqu'à 150 à 200 sétigères. — Pros- 
■ tomium nettement bilobé et un peu aplati, palpes hémisphériques en cous- 
sin, unilobés. 2 gros yeux noirs ovales et parfois, chez les jeunes, 2 très 
petits yeux postérieurs. Les 3 antennes subulées, rétrécies à la base, plus 
courtes que le prostomium, sont presque égales (162, a). — Segment buc- 
cal 2 fois plus long que le suivant. Cirres dorsaux dépassant peu le pied. 
Cirres ventraux courts, renflés, à pointe obtuse (c, d). — Mamelon pédieux 
en cône aplati. Acicules foncés. Soies aciculaires bidentées, à capuchon, à 
partir du 15 e sétigère environ (f). Au faisceau supérieur, des soies capil- 
laires et des soies pectinées (e). Soies inférieures à serpe bidentée (g). — 
4 urites, 2 longs et 2 courts non articulés. — Labre à 2 pièces concaves très 
élargies en avant. M. I = crocs ; M. II = 4 + 4 ; M. III = 4 + 0; M. IV 
= 4 + 4; M. V = 2 petites plaques chitineuses. 

L. 5 à 15 cm. — Région antérieure rouge pointillée de blanc, 2', et par- 
fois 5° sétigère, blancs, corps rose, ç? à maturité orangé. 9 g" 3 violacé. 
Le collier peut manquer. Se décolore à peu près complètement dans l'al- 
cool. Cuticule irisée. 



412 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 



A mer basse dans les fentes de rocher et des Lithothamnion et dans les dra- 
gages côtiers, parmi les vieilles coquilles et les Serpules. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. — Océan Indien, Pacifique. 




Fig. 162. — Lysidice Ninetta : a, région antérieure x 4; b, mâchoire supérieure, 
grossie; c, parapode antérieur x 25; d, pied moyen x 25; e, soie pectinée x 
400; f, soie aciculaire x 300; g, soie composée x 400. — Nemaionereis unicornis : 
h, région antérieure x 6; i, pied antérieur X 150; k, pied moyen x 150; 1, soie • 
composée x 450; m, soie aciculaire x 300; n, soie pectinée x 450. — Marphysa 
fallax : o, région antérieure, grossie; p, labre, grossi; q, mâchoire supérieure, 
grossie; r, pied moyen, grossi; s, soie composée à yerpe bidentée, très grossie; t, 
soie pectinée, grossie; u, soie aciculaire, grossie; v, soie composée cultriforme, 
grossie (d'après Marion). 



G. NEMAT0NEREIS Schmarda. 
[Blainvillea Qtjatrefages-] 



Corps filiforme. — Prostomium arrondi. Pas de palpes. 2-4 yeux. Une seule 
antenne. — Pas de cirres tentaculaires. 2 premiers segments apodes et achètes. 
Des cirres dorsaux et des cirres ventraux. Pas de branchies. — Des soies 
simples capillaires, des soies pectinées, des soies composées à article en serpe, 
des soies aciculaires. — 4 urites. — Un labre à 2 pièces. Mâchoire supérieure 
avec une paire de mandibules, 2 paires de mâchoires, une pièce impaire. 

N. unicornis (GRUBE).Fig. 162, h-n.— Saint-Joseph 1888, p. 207; Me' In- 



. POLYCHBTES ERRANTES. — EUNICIDAE 413 

tosh 1910, p. 453, pi. uv, fig. 3, lxiii, fig. 5. N. pectinifera Quatrefages 
1865, 1, p. 372. N. Grubei Quatrefages 1865, I, p. 373. N. contorta Qua- 
trefages 1805, pi. vin, fig. 24-25. N. oculala Ehlers 1868, p. 374, pi. xvi, 
fig. 19-22. — Lumbriconereis unicornis Claparède 186 ! t, p. 572, pi. iv, 
fig. 2. — ? Blainvilha filum Quatrefages, 1865, p. 371. ? Bl. elongata 
Quatrefages 1865, p. -371. 

Corps cylindrique, long, mince, très tortillé, jusqu'à 300 à 400 sétigères. 
— Prostomium à bord antérieur largement arrondi. 2 gros yeux posté- 
rieurs et, chez les jeunes, 2 petits yeux antérieurs punctiformes. Antenne 
uniquo fusiforme, un peu plus courte que le prostomium (162, h). — Seg- 
ment buccal aussi long que le suivant. Cirres dorsaux subulés, renflés à 
la base, dépassant peu le pied. Cirres ventraux piriformes, courts (i, k). — 
.Mamelon pédieux en cône tronqué, aplati. Acicules foncés. Soies acicu- 
laires foncées, bidentées, à partir du 20* sétigère environ (m) . Au faisceau 
supérieur,- des soies capillaires limbées et des soies pectinées (n). Soies 
inférieures en serpe bidentée (1). — 4 urites, fusiformes, lisses, 2 longs et 
2 courts — Labre à 2 pièces allongées, élargies en avant et creusées en 
gouge. M. 1 = crocs; M. II = 4 + 5; M. 111= 4 + 0; M. IV =4 -f 6 ; 
M. V = 2 petites pièces chitineuses. 

L. 15 à 20 cm. — Rose pâle antérieurement, orangé ou verdâtre posté- 
rieurement. Cuticule irisée. 

A mer basse, dans le sable vaseux, sous les pierres et dans les fentes de 
rocher. Dragages eôtiers. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. — Océan Indien. 



S. -F. ONUPHIDIJSTAE Levinsek. 
(Onvphiaea Kiaderg.) 

2 palpes globuleux. 2 antennes frontales (palpes frontaux), 5 antennes occipi- 
tales. — Pieds antérieurs plus ou moins modifiés. Branchies simples, ou pecti- 
nées; ou spiralées. Des soies composées, ou pseudo-composées, aux premiers 
sétigères seulement. — 4 urites. — Un labre et 3-5 paires de mâchoires, avec 
une pièce impaire. 

G. ONUPHIS Audouin et M.-Edwards. 

Prostomium avec ou sans yeux, terminé par 2 gros palpes inférieurs ven- 
traux. 2 antennes frontales fusifoi-mes. 5 antennes occipitales à cératophore 
annelé, dont 2 antérieures et 3 postérieures plus longues. — Un seul segment 
.apode et achète (buccal) portant 2 cirres tentaculaires. Des cirres dorsaux 
■. cylindriques, des cirres ventraux subulés aux premiers segments, ensuite ré- 



414 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

duits à un bourrelet épais. Branchies simples ou pectinées. — Aux pieds anté- 
rieurs, des soies pseudo-composées. Des soies capillaires, des soies pectinées 
et des soies aciculaires. — 4 urites. — Un labre à 2 pièces. Mâchoire supé- 
rieure avec une paire de mandibules, 2-3 paires de mâchoires et une pièce 
impaire. — Tube membraneux, parfois libre, 

1. Branchies toutes simples (très rarement bifides). Tube libre, cou- 
vert de fragments de coquilles (fig\ 164, f). . 0. conchylega, p. 415 

— Branchies pectinées (fig. 163, d) 2 

2. Branchies dès le 1 er sétigère (fîg. 163, b.). . . 0. eremita, p. 414 

— Pas de branchies aux premiers sétigères 3 

3. Soies composées des premiers sétigères à article tridenté (fîg. 165, 

o) 0. quadricuspis, p. 418 

— Soies composées des premiers sétigères à article cultriforme, 
non dentelé 'fig. 165, e) 0. brevibrachiata, p. 417 




Fig. 63. — Onuphis eremita : a, région antérieure xi; b, l m sétigère x 15; c, 7 e sé- 
tigère x 15; d, pied moyen x 15; e, 16° pied x 15; î, pied postérieur x 15; g, mâ- 
choire supérieure x 15; h, soie aciculaire x 150; i, soie composée du 5-" sétigère- 
x 150; k, soie composée du 2 e sétigère X 150; 1, soie pectinée x 400. 



0. eremita Audouin et Milne-Edwards. Fig. 163. — Audouin et M. -Ed- 
wards 183k, p. 152, pi. m A, fig. 1-5; Facvel 1919, p. 385, fig. vi. 
O. Pancerii Claparède 1868, p. 128, pi. vin, fig. 1 ; 1870, p. 23, fig. 5 ; 



POLYCHÈTES ERnANTES. — EUNICIDAE 415 

Rioja 1918, p. 39, fig. 10. 0. simplex Grime 1811, p. 47. 0. basipicta Wil- 
ley 1005, p. 275, pi. iv, fig. 98-99. 0. landanaensis Acgener 1918, p. 339, 
pi. v, fig. 135-138, vi, fig. 197. — Diopatra simplex Grube 1840, p. 82. 
D. eremita Quatrefages 1865, 1, p. 344. 

Corps allongé, de largeur presque uniforme, plus de 200 sétigères. — 
Palpes globuleux, subsphériques. 2 antennes frontales ovoïdes, ou sub- 
cylindriques. 5 antennes occipitales à long cératophore annelé, à cérato- 
style lisse subulé, l'impaire atteignant le 4 e sétigère, les externes attei- 
gnant le 8 c -10 e . Pas d'yeux. — Segment buccal un peu plus court que le 
suivant, avec 2 cirres tentaculaires subulés, lisses, insérés sur son bord 
antérieur derrière les antennes latérales postérieures (163, a). Cirres 
dorsaux subulés aux premiers sétigères, ensuite renflés à la base. Du 4 e - 
5 e au 9 e -10° sétigère, un petit tubercule conique entre le mamelon séti- 
gère et la base du cirre dorsal (c). Cirres ventraux subulés aux 5-6 pre- 
miers sétigères ,b). l r ° branchie au 1 er sétigère. Branchies simples jus- 
qu'au 20°-22 e sétigère, puis pectinées, à 5-6 filaments, au maximum (d), 
redevenant simples à la partie postérieure du corps et manquant aux der- 
niers segments. — Lèvre pédieuse postérieure cirriforme très développée 
aux premiers sétigères, ensuite en forme de court mamelon conique à 
partir du 12 e -15 e (b, ci. — 4 urites lisses, 2 inférieurs courts et 2 supérieurs 
plus longs. — Aux 3-5 premiers sétigères, des soies capillaires et des 
soies composées à article terminal bidenté, ou plus souvent tridenté, avec 
parfois une 4 e dent intermédiaire très petite (i, k). Capuchon bivalve. Aux 
suivants, des soies capillaires Iimbées et des soies pectinées (1). 2. soies, 
aciculaires jaunes, bidentées, à capuchon, à partir du 10M2* sétigère 
(h). Acicules jaunes. Un faisceau de fins acicules capillaires à la base du 
cirre dorsal. — Labre allongé, chitineux, noirâtre, à bord transparent. M. I 
= crocs; M .II =6-7 + 8-9; M. 111 = 8-9 + 0; M. IV = 4 + 9-10; M. V= 
2 plaques chitineuses v 'g). — Tube membraneux, mince, incrusté de sable. 

L. 8 à 12 cm. — Violet métallique, face ventrale blanc nacré. Dans l'al- 
cool, gris jaunâtre, cuticule magnifiquement irisée ; des taches foncées sur 
le prostomium, le segment buccal et les cératophores des antennes, à la 
base des cirres dorsaux et sur les branchies. 2 taches brunes au bord pos- 
térieur de chaque segment. 

A mer basse, tube enfoncé dans le sable. 

Atlantique (La Rochelle, Noirmoutier, Santander, côtes du Sahara, du Daho- 
mey, du Congo); Méditerranée (Naples) ; Adriatique. — Océan Indien (Mada- 
gascar, Ceylan). 

0. conchylega Sars. Fig. 164. — Fauvel 191k, p. 127, pi. vin, fig. 1-18. 
O. Eschrichtii Œrsted 18k3, p. 172, pi. m, fig. 33, 41, 45. O. hypei~- 
borea Hansen 1882, p. 32, pi. iv, fig. 5-13. O. Jourdei Marion 1883, 
p. 44. O. britannica Me' Intosh 1910, p. 404, ,pl. li, fig. 6, lxiii, fig. 7. 



416 



FAUNE DE FRANCE. 



POLYCHETES ERRANTES 



— Northia conchylega Malmgren 1887, p. 180. — Nothria conchylega, 
Mc'Intosh 1885, p. 305. — Diopalra Eschrichti Grube 1851, p. 43. 

Corps presque cylindrique, plus de 150 sétigères. — Palpes en bourre- 
lets transversaux. 2 antennes frontales ovoïdes. 5 antennes occipitales à 
court cératophore annelé, à long cératostyle lisse, subulé ; les 2 posté- 
rieures latérales atteignant jusqu'au 5 e -6 e sétigère, la médiane un peu plus 




Fig. 164. Onuphis conchylega : a, b, région antérieure, face dorsale et face ventrale 
X 4; c, 1"* pied x 30; d, 8" pied x 00; e, 20° pied x 30; f, tube, grandeur naturelle ; 
g, soie pectinée x 400; h, soie aciculaire x 150; i, soie pseudocomposée x 150; k, 
soie à crochet du 2 8 sétigère x 100; 1, soie capillaire limbée X 100; m, soie capil- 
laire X 100. 



longue que les latérales (164, a, b). 4 yeux, 2 antérieurs très petits et 2 pos- 
térieurs beaucoup plus gros, à la base externe des antennes latérales. — 
Segment buccal presque égal au suivant ou plus court, avec 2 cirres ten- 
taculaires plus longs que lui, filiformes, insérés sur son bord antérieur, 
sur le côté, derrière les antennes postérieures latérales. Cirres dorsaux 
longs, subulés, aux premiers sétigères, égaux aux branchies vers le 18 e - 
20" sétigère, puis beaucoup plus courts et atrophiés vers le 30 e . Cirres 
ventraux subulés aux 2 premiers sétigères qui sont plus grands que les 
suivants et dirigés en avant, ensuite ils deviennent globuleux à partir du 



POLYCHÈTES EHBANTES. . — EUNICIDAE 417 

3 e sétigère (d, e). 1" branahie vers le 11 8 - 13 e sétigère. Lés branchies res- 
tent simples jusqu'à l'extrémité du corps (ou rarement bifides?). — Lèvre 
pédieuse postérieure cirriforrae jusqu'au 14* sétigère. 2 longs urites. Aux 

2 premiers sétigères (c), des soies capillaires aplaties et de grosses soies 
en croc, non composées (k), remplacées au. 3 e par des soies pseudo-com- 
posées à article unidenté, rarement bidenté (i). Aux pieds suivants, des 
soies capillaires bilimbées à région distale large, arquée (1, m), des soies 
pectinées (g) et, à partir du 9 e -12 e sétigère, des soies aciculaires bidentées, 
k capuchon (h). — Labre à bord calcaire, blanc porcellané, faiblement 
dentelé. M. I = crocs; M. II = 7 + 9; M. III = 8 -f- 0; M. IV = 5 -f 7; 
M. V = 1 + 1. — Tube membraneux, aplati, recouvert de graviers ou de 
larges fragments plats de coquilles, non fixé, l'animal le traînant avec lui 
sur le sol (f). 

L. 10 à 15 cm. — Coloration très variable; souvent 15-20 premiers seg- 
ments rayés transversalement de brun violacé en bandes d'abord très 
larges, puis de plus en plus étroites alternant avec le fond jaune blan- 
châtre. Des taches ferrugineuses à la base des pieds et des cirres dorsaux. 

Dragages côtiers et profonds sur fonds de sable et de vase. 
Mers arctiques, Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. 

0. brevibrachiata (Ehlers). Fig. 165, a-e. — Diopatra brevibrachiata 
Ehlers 1875, p. 49, pi. m, fig. 11-21. — Onuphis brevibrachiata Me' L\- 
tosh 1910, p. 408, pi. Lxm, fig. 8, 10, lxxv, fig. 6, lxxxiv, fig. 4. 

Palpes en protubérance aplatie. 2 antennes frontales épaisses globu- 
leuses. 5 antennes occipitales à court cératophore annelé, à cirrostyle plus 
long, subulé, les latérales postérieures atteignent le 3 e 'sétigère, l'impaire 
est un peu plus courte. Pas d'yeux (?). — Segment buccal un peu plus 
court que le suivant, avec 2 cirres tentaculaires fusiformes insérés sur 
son bord antérieur derrière les antennes latérales postérieures (165, a). 
Les 3 premières paires de parapodes plus grandes que les suivantes, 
rapprochées à la face ventrale et dirigées obliquement en avant. Cirres 
dorsaux fusiformes, puis subulés et plus longs. Cirres ventraux subulés 
aux 4 premiers sétigères. 1" branchie au 13M6 e sétigère. Branchies 
simples, puis pectinées à partir du 17 e sétigère avec 5-6 filaments au 
maximum (c). — Lèvre pédieuse conique jusqu'au 10" sétigère environ. Aux 

3 premiers pieds, il n'y a que des soies internes, sous l'acicule, puis jus- 
qu'au 19 e , des soies capillaires limbées et des soies composées à hampe 
renflée et à article cultriforme aigu (e). A partir du 20° sétigère, les soies 
simples sont plus courtes et les soies composées sont remplacées par 
2 soies aciculaires jaunâtres, bidentées, à capuchon. Des soies pectinées 
(d). Acicules antérieurs bruns à longue pointe fine. — Labre à bords anté- 
rieurs obliques, sinueux. M. I = crocs; M. II = 7 + 8; M. III = 7 + 0; 
M. IV = 5 -+-8; M. V = 2 petites plaques chitineuses. — Tube muqueux ? 

27 



418 



FAUNE DE FRANCE-. POLYCHETES ERRANTES 



L. 3 à 4 mm. de large. — Coloration dans l'alcool, brun jaunâtre clair, 
cirres et branchies blanchâtres. 

Dragages profonds sur fond de sable vaseux. 

Atlantique {au large des côtes d'Irlande, cap de Gatte, au large de Gibraltar). 

Nota, D'après Ehlehs, les branchies seraient spiralées (Diopatra), d'après 
Mo' Imtosh elles seraient pectinées (Onuphis). 




pectinée X 400; m, soie pseudo-composée x 400; n, soie aciculaire x 150; o, soie 
à crochet du 3 e sétigère x 150; p, soie capillaire limbée x 150. 

0. quadricuspis Sars. Fig. 165, f-p. — Me' Intosh 1910, p. 413, pi. lxiv, 
fig. 2, lxxv, fig. 8; Facvel 191k, p. 130, pi. ix, fig. 1-20. — Diopatra 
socialis Ehlers 1875, p. 46, pi. ni, fig. 5-10. 

Corps d'abord cylindrique, puis aplati, plus de 100 sétigères. — Palpes 
en bourrelets transversaux. 2 antennes frontales courtes, ovoïdes. 5 an- 
tennes occipitales à court cératophore, les 2 postérieures -latérales plus 
longues que les antérieures, atteignant jusqu'au -6 2 -7 e sétigère, l'impaire 
un peu plus courte. 2 yeux antérieurs très petits, manquant souvent. — 



POLYCHÈTES ERRANTES. — ECNICIUAE 419 

Segment buccal aussi long que le suivant, avec 2 cirres tentaculaires 
subulés plus courts que lui, insérés sur le côté, derrière les antennes laté- 
rales (f). Cirres dorsaux subulés d'abord égaux à la branchie, puis plus 
courts. Cirres ventraux subulés aux 5 premiers sétigères, ensuite globu- 
leux sur une vingtaine de segments (h, i, k), l re branchie du 6 s au 9 e séti- 
gère. Branchies pectinées à 2, puis 4 filaments vers le 10° sétigère. Elles 
redeviennent simples vers le 43". — Lèvre pédieuse postérieure cirri- 
forme aux 15 premiers sétigères. — Aux 5 premiers sétigères, des soies 
capillaires aplaties (p) et des soies composées à article tridenté, à capu- 
chon bivalve (o). Aux segments suivants, des soies capillaires et des soies 
pectinées (1). Soies aciculaires jaunes, bidentées, à capuchon (n), à partir 
du lOMy sétigère. — 4 urites, 2 longs et 2 courts. — Labre à bord blan- 
châtre irrégulièrement dentelé. M. I = crocs; M. II = 7 + 8; M. III = 
8 -f ; M. IV = 4-6 -f- 7-8; M. V — 2 petites plaques chitineuses (g). — 
Tube membraneux cylindrique ou aplati incrusté de vase ou de petits 
débris de coquilles. 

L. 40 à 60 mm. — Coloration gris pâle ou brun rougcâtre, sans bandes 
transversales. 

Dragages profonds sur fond de sable vaseux. 

Atlantique (au large des côtes d'Irlande et à l'entrée de la Manche). 

G. DIOPATRA Audouiiv et M.-Edwards s. strie, 

Prostomium sans yeux. 2 gros palpes inférieurs mamelonnés. 2 antennes 
frontales saillantes, 5 antennes occipitales' à cératophore annelé, dont 2 anté- 
rieures et 3 postérieures, plus longues. — Un seul segment apode et achète 
(buccal) portant 2 cirres tentaculaires. Des cirres dorsaux cylindriques et des 
cirres ventraux subulés aux premiers segments, les suivants en bourrelet épais. 
Branchies très grandes, spiralées. -— Aux pieds antérieurs, des soies pseudo- 
composées. Aux suivants, des soies simples, des soies pectinées et dea soies 
aciculaires. — 4 urites. — Un labre à 2 pièces. Mâchoire supérieure avec une 
paire de mandibules, 3 paires de mâchoires et une pièce impaire. — Tube 
membraneux. 

D. neapolitana Delle Chiaje. Fig. 166, a-h. — Ehlers 1868, p. 285. 
pi. xii, fig. 6-20; Claparèoe 1868, p. 122, pi. vi, fig. 4; Saint-Joseph 
1898, p. 243, pi. xni, fig. 31-33, xiv, fig. 34-39. D. cupraea Delle 
Chiaje {non Bosc) 1825, p. 393, pi. xvn, fig. 9-16. D. gallica Quatre- 
fages 1865, I, p. 338, pi. xvn, fig. 1-3. — ? D. Baeri Ghube 18W, p. 80, 
fig.- 4. 

Corps d'abord cylindrique, puis aplati, très fragile, jusqu'à 200 à 300 
sétigères. — Palpes globuleux mucronés. 2 antennes frontales fusiformes, 
très rapprochées l'une de l'autre. 5 antennes occipitales à cératophore 
annelé plus court que le cératostyle. Les 3 postérieures subégales, attei- 



420 FAUNE DE FIIANCE. POLYCHETES ERRANTES 

gnant le6 e -8 sétigère. Pas d'yeux véritables. — Segment buccal de 
même longueur que le suivant, portant, sur son bord antérieur, 2 cirres 
tentaculaires fusiformes aussi longs que lui, insérés sur les côtés, derrière 
les antennes latérales postérieures (fig. 166, a). Cirres dorsaux allongés. 
Cirros ventraux subulés aux 5 premiers sétigères, puis plus courts et 
réduits à des bourrelets vers le 25 e sétigère. — Les 4 premières paires 
de parapodes plus grandes que les suivantes et plus rapprochées du 
milieu de la face ventrale. Lèvre pédieuse postérieure cirriforme sur la 
plus grande partie du corps. Branchies à partir du 4 e -5° sétigère, très 
grandes, à très nombreux filets insérés sur plusieurs tours de spire autour 
d'un axe central (b) ; maximum vers le 25 e sétigère, elles diminuent ensuite 
jusqu'au 50° environ et disparaissent vers le 60 e -70 e (c). — Aux 4-5 pre- 
miers sétigères, des soies simples, aplaties (g), limbées et des soies 
pseudo-articulées bidentées à capuchon pointu (f). Aux suivants, des soies 
simples bilimbées et des soies pectinées à 6-9 grosses dents (d). A partir 
du 19 e -25°, des soies aciculaires jaunes, très grosses, bidentées, à capu- 
chon (e). Acicules jaunes, nombreux, à pointe fine coudée (h). — 4 urites, 
2 longs et 2 courts. — Labre à 2 pièces minces très élargies en avant, à 
2 dents sinueuses. M. I = crocs; M. II = 7-8 + 8-10; M. III = 7-8 + 0; 
M. IV = 7-8 + 8-10; M. V = 2 plaques chitineuses foncées. — Tube 
membraneux, cylindrique, dépassant le sable de quelques centimètres. 
La première portion (10 à 15 cm.) est coriace, très épaisse, recouverte de 
sable et de vase, et hérissée de débris de coquilles et de Zostères. 

L. 15 à 50 cm. — Corps jaune pâle, cuticule à reflets irisés bleus ou verts, 
dos et pieds pointillés de blanc ; branchies rayées de lignes vertes en spi. 
raie. Dans l'alcool, jaunâtre, tacheté de brun. 

A mer basse, tube enfoncé profondément dans le sable vaseux. 
Atlantique ^Arcachon, Saint-Jean-de-Luz, Santander; côtes occidentales 
d'Afrique); Méditerranée (Naples, Païenne). — Océan Indien, Mer Rouge. 

G. HYAL1N0ECIA Malmgren. 

Prostomium avec ou sans yeux, terminé par 2 gros palpes inférieurs ventraux. 
2 antennes frontales fusiformes. 5 antennes occipitales à cératophore annelé, 
dont 2 antérieures et 3 postérieures plus longues. — Un seul segment apode et 
achète (buccal) dépourvu de cirres tentaculaires. Des cirres dorsaux cylin- 
driques, des cirres ventraux subulés aux premiers segments, ensuite réduits 
à un bourrelet épais. Branchies ordinairement simples. — Aux pieds antérieurs, 
des soies en croc, simples, pseudo-composées ou articulées. Des soies capil- 
laires, des soies pectinées et des soies aciculaires. — 2 ou 4 urites, — Labre à 
2 pièces. Mâchoire supérieure avec une paire de mandibules, 2-3 paires.de 
mâchoires et une pièce impaire. — Tube membraneux ou corné, parfois libre. 

1. Soies des premiers sétigères simples. Tube libre, corné, trans- 
parent H. tubicola, p. 421 



POLYCHETES EHHANTES. — EUNICIDAE 



421 



— Soies des premiers sétigères composées (fig. 167, d). Tube 
membraneux, plus ou moins incrusté de sable 2 

2. V e branchie au 1 er sétigère (fig. 167, b). . . H. Fauveli, p. 424 

— 1" branchie au 2° sétigère (fig. 168). . . H. Brementi, p. 424 

— 1" branchie au 4"-5 e sétigère. 2 lignes longitudinales foncées 
(fig. 167, i; H. bilineata, p. 422' 

— 1'" branchie au 7" sétigère. Coloration rougeâtre uniforme. . 
H. bilineata, var. rigida, p. 424 




Fig. 166. — 'Diopatra neapolitana : a, région antérieure x 3; fi, parapode branchifère, 
10" sétigère x 10; c, pied moyen x 10; d, soie pectinée x 150; e, soie aciculaire x 
150; f, soie à crochet du 3° sétigère x 150; g, soie capillaire hispidex 100; h.acicule 
géniculé x 60. — Hyattnoecia lubicola : i, région antérieure (d'après Mc'Intosii); 
k, pied moyen x 100; 1, 12" pied x 100 ; m, 1" sétigère x 60 ; n, soie pectinée x 400 ; 
o, soie aciculaire x 400; p, soie à crochet ,du 1" sétigère x 250; q, soie capillaire 
limoée x 250. 



• H. tubicola (0. F. Muixeii). Fig. 166, i-q. — Malmgben 1867, p. 181, 
pi. ix, iig. 49; Me' Intosh 1910, p. 419. — Onuphis tubicola Ehlehs 1868, 
p. 297, pi. xii, fig. 21-24, xiii, fig. 1-14. 0. sicula Quathefages 1865, 
p. 352. — Northia tubicola Johnston 1865, p. 136. 

Corps relativement court, rectiligne, 80 à 130 sétigères environ. — 
2 gros palpes globuleux. 2 antennes frontales ovoïdes. 5 antennes occi- 



422 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

pitales à court cératophore annelé. Les 2 antérieures courtes, les posté' 
rieures latérales environ un tiers plus, longues, atteignant le ^-lO* sétigère 
l'impaire un peu plus longue que les latérales. 2 taches oculaires asse: 
grosses contre le côté interne de la base des antennes postérieure! 
latérales (manquent parfois). — Segment buccal presque égal au suivan 
(166, i). l ie branchie au 22 e -26 e sétigère. Branchies toutes simples, cirri 
formes, d'abord très petites, puis plus longues que 1 le cirre dorsal qu 
diminue beaucoup vers le 30° sétigère (k). Elles ne manquent qu'au? 
4-12 derniers sétigères. Cirre ventral subulé aux 3 premiers sétigères 
(1, m). Lèvre pédieuse postérieure cirriforme jusqu'au 13 e -16 e sétigère 
puis très atténuée vers le 20 e . — Pygidium à 2 longs urites filiformes, noi 
articulés. — Aux 2 premiers sétigères, des soies capillaires et des soies 
en croc recourbé, bidenté, simples (p), ou pseudo-articulés (chez les 
jeunes), à 2 valves. A partir du 3 e 'sétigère, des soies capillaires courtes 
largement limbées (q) et des soies pectinées (n), puis 2 soies aciculaires 
jaunes, bidentées, à capuchon (o). Acicules jaunes et un faisceau de fins 
acicules capillaires à la base du cirre dorsal. — Labre à 2 pièces allongées 
avec 2 ailerons antérieurs blancs. M. I = crocs ; M. II = 13 -f- 13 ; M. III = 
8 -f 0; M. IV = 4-7 + 6-8; M. V = 1 -f- 1. — Tube libre, corné, trans- 
parent, cylindrique, arqué, ressemblant à un cosseau de plume, ouven 
aux deux extrémités et muni de valves internes en forme de mitre. 

L. 6 à 12 cm. — Coloration : dans l'alcool, jaunâtre, irisé, sans taches 
pigmentaires. 

Dragages assez profonds sur fonds de sable et de graviers. 
Mers du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. — Pacifique. 

H. bilineata Baird. Fig. 167, i-q. — Baird 1870, p. 358; Fauvel 191k 
p. 132 ; Rioja 1918, p. 44, fig. 11. //. sicula Me' Intosh [non Quatrefages 
1910, p.'417. H. Grubiï (Marenzeller) Saint-Joseph 1888, p. 193, pi. vin 
fig. 57-58. H. rubra Langerhans 1879, p. 292, pi. xv, fig. 27; Fauvel 191k, 
p. 133. H. rigida Claparède 1868, p. 131, pL vin, fig. 2. — Onuphit 
Grubii Marenzeixee. 1886, p. 13. O. conchylega Grube [non Sars) 1869, 
p. 86. 

Corps long et mince, aplati dans la région moyenne et postérieure, 
200 sétigères environ. — 2 gros palpes en coussin transversal. 2 antennes 
frontales oviformes. 5 antennes occipitales à cératophore annelé asses 
long, à cératostyle lisse, subulé; les 2 antérieures 2-3 fois plus courtes 
que les postérieures qui atteignent jusqu'au 6 e -8 e et même 17 e -21 e sétigère. 
l'impaire un peu plus courte que les latérales (167, i). Une tache oculi- 
forme à la base externe de chaque antenne latérale postérieure et, parfois. 
2 très petits points oculiformes en arrière des antennes frontales. — 
Segment buccal aussi iong que le suivant. l re branchie au 4 e , rarement au 
5 e sétigère. Branchies cirriformes, toutes simples, de la taille du cirre 
dorsal ou un peu plus longues (1), au moins 50 paires. Elles manquent au 



POLYCHETES ERRANTES. — EUNICIDAE 



423 



tiers postérieur du corps. Cirre ventral subulé aux 5 premiers sétigères, 
ensuite globuleux (k). Lèvre pédieuse postérieure cirriforme aux 9 pre- 
miers sétigère9. — Pygidium à 4 urites, 2 longs et 2 courts. — Aux 
5-6 premiers sétigères, des soies capillaires limbées et des soies com- 
posées à article bidenté ou tridenté à capuchon (o, p) ; aux suivants, des 
soies capillaires finement limbées, des soies pectinées (m) et, à partir du 
8 e -12 8 sétigère, 2 soies aciculaires jaunes bidentées, à capuchon (n), plu- 
sieurs acicules jaunes, ceux des segments postérieurs à pointe fine en 
baïonnette. Fins acicules à la base du cirre dorsal. — Labre transparent 
allongé, enX. M. 1 = crocs; M. 11=8+9; M. III = 9 + 0; M. IV = 
5-8 + 6-9; M. V = 1 + 1. — Tube mince, membraneux recouvert de 
sable' fin, ou de débris de coquilles. 

L. 5 à 7 cm. — Coloration rosée, avec une bande transversale rougeâtre 
sur le prostomium et 2 longues bandes longitudinales rougeâtres s'éten- 
dant sur toute la partie antérieure du corps. A partir du 5 e sétigère, une 




Fia. 167. — Hyalinoccia Fauveti : a, région antérieure x 4; b, 1" sétigère X 40; c, 
pied moyen x 40; d, e, soies composées du 1 er sétigère x 90; f, soie pectinée x 210 
g, soie aciculaire x 210; h, acicule géniculé x 210 (d'après Rioja). — //. bilineata 
i, région antérieure x 20 (d'après Rioja); k, 1" sétigère x 45; 1, 5 a pied x 45 
m, soie pectinée x 400; n, soie aciculaire X 150; o, p, soies composées du 1" et du 
5 e sétigère x 400 Var. Grubii : q, soie composée x 400. , 



424 FAUNE DE FRANCE. POLYCHKTES ERRANTES 

grosse tache brune arrondie à la face postérieure de la base de chaque 
parapode. 

Dans le sable, à mer basse et dans les dragages. 

Var. Grubii Marenzeller. — Soies composées des premiers sétigères plus 
nettement tridentées (q). Légèrement rosé sous le ventre, coloré en brun clair 
sur le dos par trois bandes brunes qui se réduisent à une seule à partir du 
35 e segment. Dents des mâchoires moins nombreuses. 

Var. rigida Claparède. — l re branchie au 7 e sétigère. Soies composées des 
premiers sétigères bidentées. Coloration acajou, une tache violette à la base des 
branchies à partir du 5M0 8 sétigère. 

Manche (Saint-Malo, Dinard, Bréhat, Plymouth); Atlantique (golfe de Gas- 
cogne, Santander, côtes d'Irlande, Madère) ; Méditerranée (Naples). 

H. Fauveli Rioja. Fig. 167, a-h, — Rioja 1918, p. 45, fig. 12 a-i. 

Corps long et mince, aplati postérieurement. 2 gros palpes globuleux 
en coussin transversal. 2 antennes frontales ovoïdes. 5 antennes occipi- 
tales à cératophore annelé assez long, à cératostyle lisse, subulé. Les 
2 antérieures 2 fois plus courtes que les postérieures latérales, à- céra- 
tostyle à peu près égal au cératophore qui compte 15 à 20 anneaux. Les 
postérieures latérales atteignent, en arrière, le 7 e sétigère, l'impaire est 
un peu plus longue (167, a). Une tache oculiforme à la base interne de 
chaque antenne occipitale antérieure. — Segment buccal un peu plus court 
que le suivant. l rt branchie au 1 er sétigère. Branchies toutes simples, cir- 
riformes, à peu près égales au cirre dorsal subulé ou plus longues (b, c). 
Cirre ventral subulé aux 6 premiers sétigères. — Lèvre pédieuse postérieure 
cirriforme aux segments antérieurs (b). Aux 6 premiers sétigères, des 
soies capillaires et des soies falcigères à article bidenté ou tridenté, à 
capuchon (d, e), aux suivants, des soies capillaires et des soies pectinées, 
puis, vers le 20 e , 2 soies aciculaires jaunes, bidentées (g). Plusieurs aci- 
cules jaunes, fragiles, à pointe géniculée en baïonnette (h). Fins acicules 
à la base du cirre dorsal. — Mâchoires semblables à celle de H. Bre- 
menti (?). — Tube inconnu. 

L. 32 mm. sur 2 mm. — Corps rosé avec, à chaque segment, des taches 
violet foncé, arrondies aux 7 premiers sétigères, dédoublées aux sui- 
vants, puis linéaires comme chez H. Brementi. 

Dans le sable. — Atlantique (Santander, un seul exemplaire). 

H. Brementi Faovel. Fig. 168. — Fauvel 1916, p. 5, fig. 2, 3. 

Corps long et mince, aplati postérieurement, rigide, plus de 70, séti- 
gères. — 2 gros palpes globuleux en coussin transversal. 2 antennes 
frontales ovoïdes ou subcylindriques. 5 antennes occipitales à long cé- 
ratophore annelé, à cératostyle lisse. Les 2 antérieures 5-6 fois plus 
courtes que les postérieures, à cératostyle subulé à peu près de la 



POLYCHETES ERRANTES. — EUMCIDAE 



425 




Fio. 168. — Hyatinoecia Brementi : a, région antérieure x 12 ; J>, 3 segments moyens, 
face dorsale x 12; c, parapode du I e ' sétigèrex 60; d, pied moyen x 60; e, 6* pied 
X 60; i, 9" pied X 60; g, mâchoire supérieure x 60; h, soie pectinée X 400; i, soie 
aciculaire x 150; k, 2 soies composées du 1" sétigère x 400; m, soie capillaire 
supérieure X 400. 

longueur du cératophore, les postérieures à très long cératostyle, attei- 
gnant jusqu'au 14M9 8 sétigère. Une petite tache oculiforme près du 
côté interne de la base de chaque antenne occipitale antérieure et une 
autre au côté externe de la base de chaque antenne latérale postérieure. 
— Segment buccal plus court que le suivant (168, a). 1" branchie au 
2" sétigère. Branchies toutes simples, cirriformes, existant jusqu'au 60 e - 
70 e sétigère (e, f). Cirre ventral subulé aux 6 premiers sétigères, en- 
suite globuleux. Lèvre pédieuse postérieure cirriforme aux li premiers 
sétigères (e, f). Aux 6 premiers sétigères, des soies capillaires et des 
soies falcigères à article terminal tridenté, à capuchon bivalve (k, 1). 
Aux suivants, des soies capillaires (m) et des soies pectinées (h) et, à 
partir du ll e -21 <> , 2 soies aciculaires jaunes, bidentées à capuchon (i). 2-3 
acicules jaunes, les postérieurs à pointe fine en baïonnette. Acicules 
capillaires à la base des cirres dorsaux. — Labre à 2 pièces allongées, 
transparentes, à partie centrale foncée. M. I = crocs; M. II = 7-8 -f- 8; 
M. III = 8 + 0; M. IV = G + 9-10; M. V = 2 plaques chitineuses pâles 
(g}. — Tube inconnu. 



426 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

L. 25 à 35 mm., sur 1,5 mm. — Aux 6 premiers segments, 2 grosses 
taches brunes arrondies, aux suivants, 4 taches : une grosse à la base 
de chaque pied et 2 plus petites rangées transversalement; plus en ar- 
rière, il s'y joint, en outre, une bande transversale brune au-dessus de 
taches médianes plus allongées (b). 

Dragages côtiers. — Méditerranée (environs de Monaco). 



S.-F. LYSARETINAE Kinberg. 

Pas de palpes distincts. 3 antennes. — Très grands cirres dorsaux aplatis. 
Pas de branchies. Soies simples. — 4 urites. — Mandibules denticulées. 
Mâchoires plus ou moins symétriques. 

G. HALLA Costa. 
[Lysarele Kinberg; Plioceras Quatrefages; Cirrobranchia Ehlers]. 

Prostomium ovale ou conique. 4 yeux. 3 antennes postérieures, lisses, par- 
fois cachées sous le rebord du segment buccal. Organes nucaux évaginables . 
— 2 segments apodes et achètes. Pas de cirres tentaculaires. Cirres dorsaux 
.grands, foliacés. Pas de cirres ventraux. — 4 urites. — Soies toutes simples. Des 
soies aciculaires. Labre à 2 pièces. Mandibules denticulées à la base., 2 très 
longs supports. 5 paires,- de mâchoires, dont une asymétrique. 

H. parthenopeia (Délle Chiaje). Fig. 169. — Lysidice parthenopeia 
Delle Chiaje 1828, II, p. 175. — Plioceras euniciformis Quatrefages 
1865, I, p. 380. . — Cirrobranchia parthenopeia Ehlebs 1868, p. 408, 
pi. xvn, fig. 25-34, xvm, fig.. 27-30. — Halla parthenopeia Claparède 
1868, p. 137, pi. vin, fig. 3. 

Corps très atténué en avant, aplati postérieurement, très long, jus- 
qu'à 700 à 800 sétigères. — Prostomium court, ovale (fig.. 169, a). 
2 yeux antérieurs et 2 postérieurs plus petits. 3 petites antennes fusi- 
formes, subégales, insérées au bord postérieur du prostomium et pou- 
vant se rabattre dans une gouttière triangulaire creusée dans les deux 
premiers segments et à la partie ' antérieure de laquelle sont situées 
2 fossettes nucales évaginables. — Segment buccal un peu plus étroit 
et plus long que le suivant. A la face ventrale, il est plissé longitudi- 
nalement et prolongé en avant sous le prostomium qu'il enchâsse (b). 
Cirres dorsaux très grands, allongés, épais mais aplatis et rétrécis à la 
base en forme de couperet, avec un faisceau interne de fins acicules. 
Parapodes à 2 lèvres, une antérieure courte, obtuse et une postérieure 
plus longue, pinniforme, redressée (c). — 4 courts urites fusiformes subé- 



POLYCHETES ERRANTES. 



EUNICIDAE 



427 



gaux. — Acicules jaune pâle. Soies aciculaires claires, bidentées, à ca- 
puchon (f). Soies toutes simples, capillaires, les unes finement hispides, 
les autres limbées (g, h). — Labre à 2 pièces chitineuses, noirâtres, 
élargies en avant (d). M. 1 = mandibules en longue plaque fortement 
denticulée, asymétriques, celle de droite, beaucoup plus petite, en forme 
de manipule; M. Il, M. III, M. IV en plaque denticulée terminée par un 
petit croc; M. V = 2 petits crocs unidentés. 4 paires de paragnathes. 
2 longs supports filiformes renflés en avant (e). 

L. Jusqu'à 50-80 cm. — Coloration orangée, cirres dorsaux rouges. 
Cuticule irisée. Dans l'alcool, jaune orange ou brun noirâtre, irisé. Teint 
l'alcool en brun violacé. 

Au voisinage des*côtes. — Méditerranée (Naples, Gènes), Atlantique 
(Cadiz). 




Fig. 169. — Halla parthenopeia : a, b, région antérieure face dorsale et face ventrale, 
grandeur naturelle; c, un pied moyen x 4; d, labre x 8; e, mâchoire supérieure x 
8; f, soie aciculaire x 200; g, soie capillaire supérieure hispide x 150; h, soie 
capillaire limbée X 150. 



G. IPHITIME Marepvzeller. 



Prostomium à appendices nuls ou rudimentaires. Pas d'yeux. — 2 segments 
apodes et achètes. Pas de cirres tentaculaires. Grands cirres dorsaux foliacés, 
Pas de cirres ventraux. Branchies simples ou ramifiées. — 2 urites. — Des 
soies simples et des soies composées. — Labre à 2 pièces allongées réunies 
par une barre transversale. Une paire de mandibules à longs supports. 2 paires 
de mâchoires. 



428 



FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 




Fig. 170. — Iphitime Cuenoti : a, face dorsale x 6; b, extrémité postérieure X 20; c, 
extrémité antérieure X 20; d, parapode, grossi; e, appareil maxillaire X 150; f, 
soie simple x 600; g, soie composée x 600. 



I. Cuenoti Fauvel. Fig. 170. — Fauvel 191k, p. 34, fig. 1. 

Corps court, trapu, atténué postérieurement, environ 60 sétigères (170, 
a). — Prostomium arrondi avec 2 très petits boutons latéraux ovoïdes 
(palpes rudimentaires ?) (c). — 2 premiers segments achètes plus étroits 
que les suivants. Grands cirres dorsaux ovales, allongés, aplatis (d). 
Mamelon sétigère à 2 lobes, un inférieur court arrondi et, un supérieur 
pinniforme, plus long, redressé. Branchies simples, cirriformes, sur un 
petit nombre de segments (12 e au 21 e ). — Pygidium arrondi avec 2 courts 
urites divergents (b). — 2 faisceaux de soies. Les supérieures, simples à 
extrémité élargie puis recourbée en croc (f) ; les inférieures composées, à 
courte serpe unidentée (g). — Labre à 2 longues pièces foncées, réunies par 
une barre transversale échancrée en demi-cercle. Mandibules en pince à 
2 longs supports accolés. Deux paires de mâchoires unidentées et 2 paires 
de paragnathes chitineux, jaunes (e). 

L. 12 mm. — Coloration (?). 

Sur un Hydraire fixé sur le dos d'une jeune Maia squinado. 

Atlantique Cau large d'Arcachon, un seul exemplaire recueilli par M. Cuénot). 



POLYCHETES ERRANTES. — EUNICIDAE 429 



S.-F. LUMBRICONEREINAE Grube 

Pas de palpes. Pas d'antennes. Prostomium plus ou moins conique. — Cirres 
dorsaux rudimentaires ou nuls. Pas de cirres ventraux. Pas de branchies. — 
Soies simples ou composées ou en crochets. — 4 urites. — Un labre. 3-5 paires 
de mâchoires, sans pièce impaire. 

G. LUMBRICONEREIS Blainvule (Grube rev.) 
[Lumbrineris Aud.-Edw. ; Zygolobus Grube], 

Corps très long, cylindrique, de largeur uniforme. — Prostomium conique 
ou globuleux, sans yeux ni appendices. — 2 premiers segments apodes et 
achètes. Cirres dorsaux nuls ou réduits à une petite protubérance plus ou 
moins distincte. Pas de cirres ventraux. Pas de branchies. — Parapodes à 2 
lèvres inégales. Des acicules, souvent un faisceau de lins acicules dorsaux 
capillaires. Des soies simples limbées et des soies à crochet simples ou com- 
posées. — Un labre à 2 pièces. Mâchoire supérieure avec une paire de mandi- 
bules non dentelées et 3 paires de mâchoires. Pas de pièce impaire. 

1 . Pas de soies composées 2 

— Des soies composées (fig. 171, q) 6 

2. Prostomium conique ou ovale (fig. 171, a, b) 3 

— Prostomium globuleux, arrondi (lig. 172, g) 5 

3. Mâchoires de la A" paire pcctinées (fig. 173, c) 

L. paradoxa, p. 434 

— Mâchoires de la 4 e paire unidentées (fig. 171, f) 4 

4. Soies à crochet à partir du l cr -5° sétigère. Acicules jaunes . . 
L. impatiens, p. 429 

— Soies à crochet à partir du 22 e -35 8 sétigère. Acicules noirs. . 
L. fragilis, p. 430 

5. Labre abord antérieur denticulé (fig. 173, n) 

.' L. labrofimbriata, p. 434 

— Labre à bord antérieur non denticulé. . L. funchalensis, p. 434 

6. Prostomium globuleux. Serpes courtes, (fig. 172, g, i) . . . 

. L. coccinea, p. 432 

— Prostomium conique ou ovoïde (fig. 171, m) 7 

7. Soies composées à serpe plus ou moins longue (fig. 171, q). . 
L. Latreilli, p. 431 

— Soies composées à serpe très courte, hampe plus ou moins. . 
renflée (fig. 172, c) L. gracilis, p. 432 

L. impatiens Claparèce. Fig. 171, a-i. — Claparède 1868, p. 145, pi. 
ix, fig. 2, 1870, p. 24, pi. v, fig. 4; Saint-Joseph 1808, p. 279, pi. xv, fig. 



430 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 

62-68. L. breviceps Ehlers 1868, p. 388. — ? L. hibernica Me' [ntosh 
1910, p. 383, pi. Lxn, fig. 3. — ? Zygolobus laurentianus Grube 1863, 
p. 40, pi. iv, fig. 3. — Lumbrinerus fragilis Delle Chiaje (non Muller). 

Prostomium cylindro-conique. 2 organes nucaux en fossette cachés par 
le bord antérieur du 1 er segment. Segment buccal plus long que le sui- 
vant qui forme, à la face ventrale, 4 sillons longitudinaux l'entaillant 
(fig. 171, a, b). Parapodes à mamelon sétigère à 2 lobes, l'antérieur court, 
arrondi, le postérieur plus long, conique, cirriforme, et redressé aux 
pieds de la région moyenne. — Acicules jaunes. Un faisceau de fins aci- 
cules dorsaux (c, e). Pas de soies composées. Des soies capillaires 
arquées, limbées aux 40-85 premiers sétigères (h). Des soies simples à 
crochet à partir du l er -5 e sétigère (i). Celles des 45 premiers sétigères à 
longue lame dissectrice et à rostre incliné à 3-4 denticules, les suivantes à 
lame dissectrice plus courte,, plus arrondie. — 4 courts urites. — Labre 
en forme de corset à stries parallèles noirâtres en demi-cercle (g). M. I 
= crocs lisses à courts supports lancéolés ; M. II = 4+4-5 ; M. III = 
2+2; M. IV =1-1 (f). 

L. jusqu'à 30 à 40 cm. et plus de 500 segments. — Coloration rose 
pâle uniforme. Irisé. Teint l'alcool en rouge lilas. 

A mer basse, dans le sable propre ou légèrement vaseux. 

Mer du Nord ; Manche ; Atlantique ; Méditerranée. — Mer Rouge. 

L. fragilis (O. F. Muller). Fig. 171, k-1. — Malmgren 1867, p. 177, pi. 
xv, fig. 83; Ehlers 1868, p. 395; Faovel 1014, p. 154; Me' Intosh, 1910, 
p. 372. L. borealis Kinberg 186k, p. 568. 

Prostomium conique, pointu (171, k). — Segment buccal un peu plus 
long que le suivant qui forme, à la face ventrale, 4 sillons longitudinaux 
l'entaillant. Parapodes à mamelon sétigère à 2 lobes, l'antérieur court, 
arrondi, le postérieur plus long, conique, cirriforme, redressé aux pieds 
de la région moyenne. — Acicules noirs. Un faisceau de fins acicules dor- 
saux. Pas de soies composées. Des soies capillaires arquées, limbées, 
aux 60-100 premiers sétigères. Des soies simples à crochet à partir du 
22 e -35 e sétigère. Celles de la région postérieure à lame dissectrice plus 
courte, plus arrondie que les antérieures. — Pygidium en bouton ter- 
minal quadrilobé. — Labre en forme de corset à stries parallèles noi- 
râtres en demi-cercle, à bord antérieur blanc porcellané. M. I = crocs 
lisses à courts supports lancéolés; M. II = 4-f-4; M. III = l-(-l (ou 
2+1) ; M. IV =1+1 (1). 

L. 15 à 25 cm. — Coloration brun irisé. Dans l'alcool, gris irisé. 

Dragages sur fond de sable vaseux. 

Mers arctiques; Atlantique (golfe de Gascogne, entrée de la Manche); Médi- 
terranée (Alger, Monaco). 



POLYCIIETES EHRANTES. — EUNfCIDAE 



431 




Fio. 171. — Lumbriconereis impatiens : a, b, tête, face dorsale et face ventrale x 4; 
c, pied antérieur x 100; d, pied moyen x 100; e, pied postérieur x 100; f, 
mâchoire supérieure x- 15; g, labre x 15; h, soie capillaire limbée x 150; i, soie 
à crochet postérieure x 150. — L. fragilis : k, tête x 4; 1, M. III et M. IV x 15. — 
L. Latreilli : m, tête x 4; n, 10 e pied x 100; o, pied moyen x 100; p, soie capil- 
laire x 200; q, soie composée antérieure x 300; r, soie à crochet x 300. 



L. Latreilli Audouin et M.-Edwards. Fig. 171, m-r. — Saint-Joseph 
1898, p. 276, pi. xv, fig. 60-61; Me' Intosh 1910, p. 376, pi. lxii, fig. 9. 
L. Edwardsi Claparède 1863, p. 58, pi. xiv, fig, 14-22. L. (ingens Kefebs- 
tein 1862, p. 102, pi. ix, fig. 1-9. L. Nardonis Grube, Ehlers 1868, 
p. 380, pi. xvi, fig. 23-30, xyii, fig. 1-2. L. Japonica Marenzeller 1879, 
p. 137, pi. v, fig. 3. — Zygolobus Edwardsii Claparède 186k, p. 575, 
Z. Grubianus Claparède 186k, p. 575, pi. iv, fig. 4. — Notocirrus Ed- 
wardsi Quatrefages 1865, I, p. 370. 

Prostomium conique (171, m.). 2 organes nucaux évaginables. — Seg- 
ment buccal moitié plus long que le suivant qui forme des plis longitu- 
dinaux à la face ventrale. Parapodes à mamelon sétigère à 2 lobes, l'anté- 
rieur court, arrondi, le postérieur plus long, conique; cirriforme et 
redressé aux pieds de la région moyenne (n,o). — Acicules jaunes. Un fin 
acicule dorsal recourbé. Aux 40-60 premiers sétigères, des soies simples 
'arquées limbées, en outre, aux 20-25 premiers, des soies composées falci- 
gères à capuchon, à article assez long, à rostre denticulé (q); aux suivants, 



432 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

des soies à crochet simples (r) avec les soies capillaires (p) et ensuite rien 
que des soies à crochet. — Pygidium avec 4 courts urites inégaux. — Labre 
en forme de corset à bord antérieur plus ou moins nettement dentelé. 
M. I = crocs lisses à courts supports lancéolés ; M. II = 4-5 -)- 4-5; 
M. 111 = 2 +2; M. IV =1+ 1( 4 ). 

L. 5 à 15 cm. — Coloration rose, rouge ou brun plus ou moins foncé 
à reflets métalliques. Teint l'alcool en rouge et s'y décolore complètement. 

A mer basse dans le sable vaseux, dans les Zostères et sous les pierres, dans 
la vase noire. Dragages côtiers. 

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée. — ' Océan Indien, mer 
Rouge, golfe Persique, Pacifique. 

L. gracilis Ehlers. Fig. 172, a-f. — Ehlers 1868, p. 393, pi. xvn, 
fig. 6-10; Me' Intosh 1910, p. 385, pi. lxii, fig. 4, lxxxh, fig. 6; 
Rioja 1918, p. 58, fig. 14. 

Prostomium ovoïde, obtus (172, a). Organes nucaux sous le bord anté- 
rieur du 1 er segment. — Segment buccal de même longueur que le sui- 
vant qui forme, à la face ventrale, 4 sillons longitudinaux. Parapodes à 
mamelon sétigère à 2 lobes, l'antérieur en forme de courte papille conique, 
le postérieur plus grand, triangulaire, oblique (e, f). — Acicules pâles. Des 
soies capillaires simples, arquées, limbées'aux 30-40 premiers sétigères. 
Des soies composées à hampe un peu renflée, à serpe courte, à rostre 
finement denticulé, à lame dissectrice arrondie, aux 10-15 premiers séti- 
gères (c). Ensuite, des soies simples à crochet, à rostre à 4-5 grandes 
dents, à courte et à large lame dissectrice (à). Aux pieds postérieurs, ces 
crochets subsistent seuls. — Pygidium à 4 urites inégaux. — Labre trans- 
parent, rétréci en arrière, à bord antérieur élargi, dentelé. M. I = crocs 
lisses à court support lancéolé ; M. II = 4 -{- 4; M. III = 1 -f-1 ; M. IV 
= 1 + 1 (b). 

L. 30 à 50 mm., très grêle, avec 178 segments. — Coloration gris irisé, 
piqueté de très petits points foncés. 

A mer basse, dans la vase entre les pierres et dans le sable fin. Dragages. 
Mer. du Nord; Manche (St-Vaast, Plymouth); Atlantique. 

Nota. Cette espèce ne diffère de laZ. coccinea que par son prostomium moins 
globuleux et par sa coloration. 

L. coccinea Renieri. Fig. 172, g-n. — Pruvot et Racovitza 1895, p. 374, 
pi. xvi, fig. 21-37; Saint-Joseph 1898, p. 279. — Lumbrineris vasco Qua- 
trefages, 1865, p. 364. 

Prostomium globuleux, rond, aussi long que les 2 ou 3 premiers seg- 
ments. 2 organes nucaux en fossette (172, g). Segment buccal 2 fois plus 
long que le suivant qui forme, à la face ventrale, des bourrelets longitu- 
dinaux. Parapodes à mamelon sétigère court, à 2 lobes, un antérieur. 

(1) Les mâchoires sont semblables à celles de L. impatiens. \ 



POLYCHETES ERRANTES. — EUNICIDAE 



433 



arrondi et un postérieur cirriforme, plus ou moins redressé aux pieds de 
la région moyenne (m, n). — Acicules jaunes, à pointe conique. Un fais- 
ceau dorsal de fins acicules capillaires. Des soies capillaires arquées, lim- 
bées, jusqu'au 30 e -40" sétigère environ (1). Du 1" au 10«-25 e sétigère, des 
soies composées à serpe très courte terminée en crochet ayant 5-6 dents 
au sommet et une gaine bivalve à contour sinueux (i);.aux pieds suivants, 
des soies simples en crochet à 5-6 dents au sommet à gaine courte (k). Ces 
soies subsistent seules aux pieds postérieurs. — Pygidium à 4 urites iné- 
gaux. — Labre à 2 pièces allongées, élargies en avant, translucides. M. 1 = 
crocs lisses à court support foncé ; M. II = 4-6 + 4-0; M. III = 2 -f- 2 ; 
M. IV = l + l(h). 

L. 5 à 17 cm. et jusqu'à 140 sétigères.- — Coloration rouge orange à 
jaune orange pâle. Pigment soluble dans l'alcool avec fluorescence bleue. 

A la côte, sous les pierres, et dans les dragages parmi les Serpules, les Bryo- 
zoaires et les vieilles coquilles. 
Manche, Atlantique, Méditerranée. 




Fio. 172. — Lumbriconereis gracilix : a, tête x 10; b, mâchoire supérieure x 30; c, 
soie composée x 500; d, soie à crochet x 500; e, pied antérieur x 100; f, pied 
postérieur x 100. — L. coccinea : g, région antérieure x 10 ; h, mâchoire supérieure 
x 40; i, soie composée x 100; k, soie à crochet x 400; 1, soie limbée x 250; m, 
pied antérieur X 100; n, pied postérieur x 100. — L. funchalensis : o, soie à cro- 
chet x 400; p, soie capillaire limbée x 400; q, pied antérieur x 100; r, pied moyen 
X 100. 

as 



434 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

L. funchalensis Kinberg. Fig. 172," o-r. — Langerhans Î87Q, p. 297 r 
pi. xvi, fig. 29; Saint-Joseph 1906, p. 213. 

Prostomium globuleux, rond, plus long que les 2 premiers segments. 
Segment buccal plus court que le suivant. Parapodes à lobe digitiforme 
bien. accusé (fig. 172, q, r). — Acicules clairs ou foncés. 3 fins acicules 
dorsaux. Aux 12-20 premiers .sétigères, des soies capillaires limbées à 
pointe filiforme (p) et des soies simples à crochet à gaine bivalve, à 4-8 
denticules au vertex (o). Aux suivants, rien que des soies à crochet. Pas de 
soies composées. — Pygidium à 4 urites, 2 dorsaux cylindriques et 2 ven- 
traux, larges, épatés. — Labre à 2 pièces allongées élargies en avant et' 
veinées de noir. M. I = crocs lisses; M. 11.= 4 -f- 5; M. III = 2 -f- 2 r 
M. IV = 1 + 1. " 

L. 15 à 60 mm., jusqu'à 150 sétigères. — Coloration rouge orangé. 

A la côte, parmi les Algues et les Lithothamnion. Dragages côtiers. 
Atlantique (Madère, Açores, St-Jean-de-Luz) ; Manche (Roscoff) ; Méditerranée- 
(Cannes, St-Raphaël). 

Nota. Cette espèce, qui ne se distingue de la L. coccinea que par l'absence' 
de soies composées en est peut-être une forme jeune. 

L. labrofimbriata Saint-Joseph. Fig. 173, i, n. — Saint-Joseph 1888, 
p. 215, pi. vin, fig. 65-71. 

Prostomium arrondi, avec 2 petits yeux chez les jeunes (fig. 173, i). — 
Segment buccal et suivant égaux. Aux 34 premiers sétigères, un acicule r 
3 soies simples à large limbe uni (k), 2 soies simples à capuchon et à cro- 
chet à 4 dents au vertex, un fia acicule aboutissant à un rudiment- de 
cirre dorsal. Aux suivants, 3 soies simples à crochet et un acicule. Pas de 
soies composées. — Pygidium à 4 urites, 2 gros dorsaux et 2 ventraux 
très petits. — Labre à bord antérieur portant de petites dents doubles 
(n); il reste rudimentaire chez les adultes. M. I = crocs lisses à court, 
support; M. II = 5 + 6; M. 111 = 2 + 2; M. IV = 1 + 1 (1, m). 

L. 3 à 21 mm. — Coloration : (?) 

Dans les vieilles coquilles d'Huîtres draguées. — Manche (Dinard). 

L. paradoxa Saint-Joseph. Fig. 173, a-h. — Saint-Joseph 1888, p. 217 r 
pi. vm, fig. 72-73, ix, fig. 74-76; Fabvel 1914, p. 156, pi. xi, fig. 1-7. 

Prostomium ovale allongé. — Segment buccal égal au suivant qui forme, 
à la face ventrale, 4 bourrelets longitudinaux (173, a-b). Parapodes petits, 
à lobe antérieur arrondi, à lobe postérieur cirriforme. — Un seul acicule, 
jaune, à chaque pied. Pas de fins acicules dorsaux. Dans les 20 premiers 
sétigères environ, des soies simples largement limbées (e) et une soie à 
crochet bidentée à capuchon bivalve (f, g). Postérieurement, des soies à 
crochet avec, parfois, une seule soie limbée. Pas de soies composées. — 
Pygidium en forme de ventouse, sans papilles . — Labre à 2 pièces allon- 



POLYCHETES ERRANTES. — EUNICIDAE 



435 




Fig. 173. — Lumbriconereis paradoxa : a, b, région antérieure, face dorsale et face 
ventrale x 15; c, mâchoire supérieure x 60; d, labre x 60; e, soie capillaire x 
150; t, g, soies à crochet x 150; h, soie géniculée, limbée. — L. labrofimbriala : i, 
embryon x 45; k, soie limbée x 500; 1, mâchoire supérieure du jeune x 120; m, 
mâchoire supérieure de. l'adulte, côté droit x 70; n, labre du jeune x 200. 

gées, divergentes, à extrémité antérieure noirâtre, renflée (d). M. I = 2 
grands crocs lisses à longs supports. M. II = 3-5 -f- 9 ; M. III = de chaque 
côté, une grosse dent pointue, recourbée, à expansion aliforme, accom- 
pagnée d'une râpe ponctuée de noir; M. IV = de chaque côte, une râpe 
chitineuse ponctuée de noir portant sur son bord libre une dizaine de 
dents fines disposées comme celles d'un peigne (c). 

L. 14 à 17 mm. 93 sétigères. — Coloration gris sale piqueté de fins 
points noirs. 

Dragages sur fond de sable, gravier et coquilles brisées. 
Manche (Dinard); Atlantique (Açores). 



G. DRIL0NEREIS Claparède. 

Corps long cylindrique. — Prostomium sans appendices. Parfois des yeux 
sur le segment buccal. 2 premiers segments apodes et achètes. Cirres dorsaux 
réduits à un petit tubercule. Pas de cirres ventraux. Pas de branchies. — Para- 



436 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHETES ERRANTES 

podes à 2 lèvres inégales. Des acicules et un faisceau de fins acicules dorsaux. 
Pas de soies composées. Des soies simples limbées etune grosse soie~aciculaire. 
— Un petit labre pouvant manquer parfois. Mâchoire supérieure avec une paire 
de mandibules avec ou sans denticules à la base et 2 longs supports filiformes ; 
une paire de mâchoires dentelées et 2 ou 3 autres réduites à de simples crocs. 

1. 5 paires de mâchoires. Grand prostomium allongé (fig. 174, i). 

Dr. macrocephala, p. 436 

— 4 ou 5 paires de mâchoires. Prostomium lancéolé, aplati, plus 

petit (fig. 174, b) Dr. filum, p. 436 

D. filum (Claparède). Fig. 174, a-h. — Claparède, 1870, p. 35, pi. n, 
fig. 4; Saint-Joseph 1888, p. 227, pi. ix, fig. 90-91; Fauvel, 1919, p: 389. 
D. longa Webster; Me' Intosh 1910, p. 393. D. versicolor Grube 1878, 
p. 56. — Lumbriconereis filum Claparède 1868, p. 144, pi. ix, fig. 1. 

Corps cylindrique mince, à très nombreux sétigères. — Prostomium 
lancéolé aplati souvent marqué d'une dépression longitudinale (174 a, b). 
2 organes nucaux plus ou moins foncés. Parfois des yeux (?). — Segment 
buccal égal au suivant et non entaillé à la face ventrale, où il forme des 
plis longitudinaux ne se prolongeant pas sur le 2 e segment (a). Parapodes 
d'abord simples mamelons obtus aux pieds antérieurs, ensuite à 2 lobes, 
un antérieur arrondi, un postérieur conique obtus, plus long (h). Un rudi- 
ment de cirre dorsal réduit à un simple bouton. — Acicules jaunes, nom- 
breux, terminés en longue et fine pointe capillaire dépassant les tégu- 
ments et simulant un faisceau de soies filiformes (g). Un faisceau dorsal 
de fins acicules inclus. Pas de soies composées. Des soies capillaires ar- 
quées, à double limbe, convergent à tous les pieds (e). Une énorme soie 
aciculaire ventrale jaune, terminée en poinçon obtus (f). — Le labre, 
formé de 2 plaques foncées presque triangulaires, manque assez souvent 
(d). M. I'= 2 grands crocs parfois dentelés à la base, 2 très longs supports 
filiformes noirs et souvent une pièce ovale ou hexagonale (c); M. II en 
plaques à 6-10 dents fines surmontées d'un croc plus gros ; M. III = 1-3 
-j- 1-3 ; M. 1Y = 1 + 1 ; M. V = 1 + 1 °u manquent. 

L. 8 à 16 cm. — Coloration jaune, rosé, ou gris verdàtre fortement 
îrisè. 

A mer basse dans le sable vaseui, souvent associé à Audouinia tentaculata. 
Dragages. 

Mer du Nord; Manche (Dinard); Atlantique (côtes de Bretagne, île de Ré, 
Santander, Amérique); Méditerranée (Naples, Sicile). — Mer Rouge, golfe Per- 
sique, îles Gambier. 

D. macrocephala Saint-Joseph. Fig. 174, i-m. — Saint-Joseph 1888, 
p. 225, pi. ix, fig. 86-89. ' 

Prostomium très grand, allongé, obtus (fig. 174, i). — Le segment 
buccal, égal au suivant, porte 4 yeux, 2 antérieurs plus gros, plus écartés 



POLYCHETES ERRANTES. — KUNICIDAE 



437 








Fia. 174. — Drilonereis filum: a, b, région antérieure, face dorsale et face ventrale, 
grossie; c, mâchoire supérieure, grossie; d, labre grossi; e, soie capillaire Iimbée 
x 150; f, soie aciculaire en poinçon x 100; g, pointe de l'acicule x 400; h, para- 
pode x 10.— Dr. macroccphala : i, tête X 12; k, mâchoire supérieure x 35; 1, labre 
x 45; m, soie aciculaire X 120. 



et 2 postérieurs plus petits. Parapodes'avecun processus allongé et un 
cirre dorsal rudimentaire avec 2 très fins acicules. — 2 à 4 acicules. Soies 
simples, limbées, sans aileron crénelé, toutes semblables. Une grosse 
soie aciculaire à pointe arquée (m). — Labre à 2 pièces brun clair, obtuses 
en avant, pointues en arrière (1). M. 1 = 2 mandibules en demi-cercle, dont 
une avec 3 denticulesà la base, 2 longs supports filiformes; M. 11 = 4 + 6; 
M. 111=1 + 1;M. IV=si + l;M. V = 1 + 1 (k). 
L. 20 mm., avec 84 segments. — Coloration? ' 

Dans de vieilles coquilles draguées. . 
Manche (Dinard). Un seul spécimen connu. 

Aota. C'est peut-être une forme jeune de Dr. filum? 



438 FAUNE DE FRANCE. — POLYCHÈTES ERRANTES 



G. ARABELLA Grube. 
[Notocirrus Claparède ('); Aracoda Schmarda; Maclovia Grube]. 

Gorps long, cylindrique. — Prostomïum sans appendices. Des yeux. — 

2 premiers segments apodes et achètes. Cirres dorsaux réduits à un tubercule 
conique. Pas de cirres ventraux. — Parapodes à 2 lèvres inégales. Des acicules 
et un faisceau de fins acicules dorsaux. Pas de' soies composées. Des soies 
simples linlbées.— Labre à 2 pièces massives, juxtaposées. 4-5 paires de mâchoires 
dont une paire de mandibules dentelées à la base ou en plaque denticulée, 

3 paires de mâchoires dentelées plus ou moins asymétriques et une paire 
de petits crocs. 2 longs supports filiformes et souvent un 3 e plus court. 

1. Mandibules en pinces dentelées à la base (fig. 175, d). . . . 

A. iricolor, p. 438 

— Mandibules en plaques denticulées (fig. 175, 1) 

A. geniculata, p. 439 

A. iricolor (Montagu). Fig. 175, a-h. — Nereis iricolor Montagu 180k, 
p. 82. — Arabella iricolor Me' Intosh 1910, p. 396, pi. liv, fig. 4. A. Iri- 
color Ehlers 1868, p. 399-405. A. quadristriata Ehlers 1868, p. 399, 
pi. xvii, fig. 15-24. A. S l -Hilairii Saint-Joseph 1906, p. 214. A. opalina 
Verrill, Webster 1879, p. 142. — Aracoda multidentata Ehlers 1881, 
p. 112, pi. xxxiv, fig. 8-9, xxxv, fig. 1-4. — Lumbriconereis splendida 
Leidy 1855, p. 10. L. quadristriata Grube 18'iO, p. 79. L. Iricolor 
Johnston 1865, p. 142, fig. 22. — Lumbrineris gigantea ■ Quatrefages 
1865, 1, p. 360. L. dubia Quatrefages 1865, p. 363. L. maculata Quatre- 
fages 1865, p. 365. — Maclovia gigantea Saint-Joseph 1888, p. 230, 
pi. ix, fig. 92-95. M. iricolor Fauvel 1914, p. 159. — Notocirrus Hilairii 
Claparède 1868, p. 150, pi. ix, fig. 4. N. tricolor Me' Intosh 1885, p. 236. 
— Oenone maculata Milne-Edwards 184°, pi. xi, fig. 4. 

Corps rond, aminci en avant et en arrière; jusqu'à 400 sétigères. — 
Prostomium conique obtus avec 4 yeux en rangée transversale au bord 
postérieur (175, a, b). — Segment buccal égal au suivant et formant, à la 
face ventrale, 4 plis longitudinaux ne s'étendant pas sur le 2 e segment. 
Parapodes à 2 lobes, un antérieur court, arrondi et un postérieur conique 
obtus, cirriforme. Cirres dorsaux en forme de bonnet phrygien, très 
petits et peu distincts dans la région postérieure et chez les jeunes, plus 
nets dans la région antérieure (e, 1). — Acicules jaunes, nombreux, sou- 
vent terminés en pointe capillaire dépassant le pied. Un faisceau dorsal de 
fins acicules inclus. Soies toutes simples, courtes, fortes, géniculées, les 
unes à limbe étroit, les autres avec aileron denticulé à la base du limbe 
(g, h). — Pygidium à 4 courts urites. — Labre noir, à 2 pièces échancrées 

(1) Les Notocirrus de Schmarda sont des Lumbriconereis. 



POLYCHETES ERRANTES. 



EUNICIDAE 



439 



à angle droit (e). M. I = 2 grands crocs denticulés à la base, 2 longs 
supports filiformes noirs et une pièce linéaire impaire (d); M. II = 
6-7 + 12-14, inégales, asymétriques; M. 111 = 6 + 4-6; M. IV = 5-6 + 0; 
M.V = 1 + 1. 

L. jusqu'à 50 ou 60 cm. — Gris rosé ou gris foncé irisé. Parfois 4 rangées 
longitudin